Une histoire du terrorisme (documentaire)


 « Les civils ont été pris pour cibles, de ce fait les lois qui régissaient les conflits armés ont volé en éclats. Viser les civils permet de médiatiser une cause tout en faisant pression sur le pouvoir en place. » Michaël Prazan.

Chaque jour, en Irak, en Afghanistan, une bombe explose, faisant une, plusieurs voire des dizaines de victimes. La pratique s’est banalisée depuis le 11 septembre 2001. Aucune société, aucun territoire le plus reculé au monde ne peut aujourd’hui affirmer qu’il ne sera pas, un jour ou l’autre, confronté à un acte terroriste. Mais si chacun comprend intuitivement ce qu’est un attentat terroriste, le définir est plus complexe. Qu’est-ce que le terrorisme ? Comment le distinguer d’un acte de résistance ou d’un acte de guerre ? Pour le comprendre, il faut revenir à ses origines, tracer son histoire. C’est l’objectif de cette série documentaire qui retrace minutieusement une histoire de la terreur, ses moyens, ses cibles et ses objectifs, dans le monde depuis ses origines à nos jours. Mêlant images d’archives et interviews, cette série se veut une référence sur une des questions les plus cruciales de notre époque. Elle donnera la parole aux acteurs de cette histoire : anciens terroristes, juges, avocats et enquêteurs. Il mettra en évidence les influences idéologiques, les liens entre les différentes organisations, les échanges de savoir-faire.

Acte 1 : les années de libération (1945-1970)

Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, les empires coloniaux des grandes puissances se soulèvent. En 1946, l’attentat du King David par l’Irgoun entraîne la création de l’état d’Israël. En Algérie, des bombes tuent des civils tandis que, dans le même temps, les Frères musulmans d’Egypte appellent au djihad contre l’Occident. En 1967, Guevara émet l’idée d’une révolution mondiale. Des théories de la terreur sont alors élaborées comme dans « Les Damnés de la terre » de Franz Fanon préfacé par Jean-Paul Sartre. Plusieurs organisations d’extrême gauche cherchent alors un foyer qui verra naître la révolution. Aux Etats-Unis, les Black Panthers se considèrent colonisés de l’intérieur et sont criminalisés par le FBI. Mais avec la mort de Guevara s’achève l’euphorie révolutionnaire.

Acte 2 : les années de poudre (1970-1989)

En 1972, un attentat suicide est perpétré à l’aéroport de Lod, en Israël. Cette attaque est revendiquée par le Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP). Celui-ci a ouvert, depuis le début des années 70, des camps d’entraînement où s’exercent des groupes armées venus du monde entier. Toujours en 1972, aux Jeux olympiques de Munich, le Fatah massacre la délégation israélienne. Quelques années plus tard, le Vénézuélien Carlos forme son propre groupe après avoir été exclus du FPLP. En Iran, la République islamique voit le jour et l’ayatollah Khomeiny sacrifie des bataillons d’enfants kamikazes qu’il lance dans le conflit avec l’Irak. C’est à ce moment que naît, au Liban, le Hezbollah.

Acte 3 : les années jihad (1989-2011)

De 1989 à 2011, retour sur l’histoire du terrorisme dont le 11 Septembre 2001 est le point d’orgue. Dès 1987, alors que la guerre en Afghanistan fait toujours rage, le FBI enquête sur les filières de recrutement des combattants arabes en partance pour cette région. La guerre contre les Etats-Unis est déjà dans les plans des jihadistes. En 1993, les chefs de la Jamma al-Islamiya égyptienne perpètrent un premier attentat contre le World Trade Center. Dans les territoires où les musulmans réclament leur indépendance, telles que la Bosnie ou la Tchétchénie, les théoriciens du jihad tentent de mettre en place de nouvelles lignes de front. A leur tête, Oussama Ben Laden et Ayman al-Zawahiri concentrent leurs attaques contre les Etats-Unis.