Trente ans de guerre au nom de Dieu (documentaire)


Après la chute de l’empire soviétique, on ne parle plus de « Guerre Froide » mais de « choc des civilisations ». Marx a laissé sa place à Dieu. Ce nouveau schéma n’a pas donné naissance à un monde unifié mais à une nouvelle rupture basée sur des concepts religieux qui n’ont parfois rien à envier aux luttes ancestrales. La religion a remplacé les concepts idéologiques dans les guerres d’aujourd’hui. Les chrétiens, juifs et musulmans s’affrontent au nom du Bien avec, comme jadis, Jérusalem en ligne de mire… Le réalisateur raconte dans ce film en deux parties l’histoire contemporaine de Dieu en politique.

Synopsis d’Anne-Laure Fournier : L’année 1979 marque le retour de la religion au cœur de la politique. En pleine guerre froide, Ronald Reagan met Dieu au cœur de son discours lors de sa campagne électorale. Jean-Paul II, premier pape polonais de l’histoire, franchit le rideau de fer et apporte son soutien aux opposants du régime soviétique. L’URSS envahit l’Afghanistan, mais se heurte aux moudjahidines, qui se battent au nom de l’Islam. « Au cours des deux premiers tiers du XXe siècle, l’Islam a perdu son rôle politique et a laissé sa place aux nationalismes, essentiellement aux nationalismes arabes, explique Bruce Riedel, expert du Moyen-Orient à la CIA. A partir de 1979-1980, les choses ont commencé à changer. Le nationalisme arabe a déçu dans tout le Moyen-Orient et il a été remplacé par les forces de l’Islam radical. »

Dans un monde bipolaire, les Etats-Unis capitalistes voient en l’Afghanistan l’opportunité d’affaiblir leur ennemi communiste, en soutenant les mouvements de l’Islam politique naissant. La stratégie va se révéler efficace, mais les effets seront pervers. En Iran, en février 1979, l’ayatollah Khomeyni, chef spirituel chiite, rentre au pays après le départ du shah et quinze ans d’exil. Les généraux iraniens qui prévoyaient de l’assassiner se ravisent au dernier moment, encouragés par les Etats-Unis et l’Europe, prêts à soutenir la première république islamique de l’histoire en échange du pétrole, véritable enjeu de la région. Mais, aussitôt élu, le chef de la révolution dénonce l’impérialisme occidental comme principal ennemi. Le 4 novembre, 52 otages américains sont retenus par des étudiants iraniens. Ils seront libérés 444 jours plus tard, au moment de l’investiture de Reagan, élu avec le soutien des fondamentalistes évangélistes.

Jérusalem, trois fois sainte

La politique étrangère des Etats-Unis est désormais sous l’influence de ces héritiers des premiers colons américains, dont le mythe de la Terre promise, remis au goût du jour, s’incarne dans la formule du puritain John Winthrop : « la Cité de Lumière sur la colline ». Une idée de « peuple élu », que l’on retrouve à la base du judaïsme, et de « paradis », promis par les islamistes. « Le fondamentalisme… ce n’est pas un retour, précise Jean-François Colosimo, historien des religions, c’est l’avènement d’un nouveau système ! » Jérusalem, la ville sainte des trois religions, concentre tous les regards et les tensions.

Israël, qui a annexé la Cisjordanie et Jérusalem au terme de la guerre des Six-Jours, du 5 au 10 avril 1967, a enflammé les haines. « La plupart des intellectuels israéliens, gauche et droite mêlées, à cette époque, ont soutenu la conquête, l’occupation, explique l’historien Shlomo Sand, historien à Tel-Aviv. Ils ont cru qu’on pouvait bâtir un Grand Israël de la Jordanie jusqu’à la mer. » Dans cette région du monde, rappelle Jean-François Colosimo, « qui a la terre à l’origine, et qui a l’origine a le pouvoir ». Contre le sionisme religieux — différent du sionisme laïque ayant préludé à la création de l’Etat d’Israël —, la résistance palestinienne s’est organisée dans les camps où se sont réfugiés les Palestiniens, principalement en Jordanie et au Liban. La décision, le 30 juillet 1980, de déclarer Jérusalem « capitale éternelle et indivisible » d’Israël est condamnée par l’ONU, mais dans le silence américain. « Chacun qui lit la Bible sait que cette terre nous appartient, affirme la présidente de Women for Israel’s Tomorrow, Nadia Matar. Nous, religieux et non-religieux, savons que cette terre nous a été donnée par Dieu… La vraie guerre, ce n’est pas pour les territoires occupés, c’est l’Islam contre le monde judéo-chrétien, la civilisation occidentale. »

Mourir au nom de Dieu

C’est aussi la vieille opposition entre sunnites et chiites, couplée à celle entre monde arabe et persan, qui va entraîner les huit années du conflit Irak-Iran. Pour préserver ses ressources en pétrole, l’Occident n’hésite pas à soutenir dans un premier temps Saddam Hussein pour affaiblir Khomeini, qui veut le leadership du mouvement islamique international et mobilise sa population au nom de la « guerre sainte ». La guerre laisse exsangues les deux pays, mais déjà la première guerre du Golfe se profile, quelques mois après la chute du mur de Berlin, qui va changer la face du monde…

Les opinions exprimées par les intervenants n’engagent que leur auteur et ne représentent pas nécessairement celles de la rédaction du MecanoBlog.

Première partie : 1979 – 1989

Seconde partie : 1989 – 2009

2 réponses à “Trente ans de guerre au nom de Dieu (documentaire)

  1. La vidéo est très contestable, car elle veut nous faire croire que depuis 20 ans, les affrontement sont des guerres de religion voire de civilisation.
    Or depuis 20 ans, les guerres ont toujours eu le même agresseur les États-Unis,son allié privilégié Israël. et l’Europe Occidentale Tous les massacres qu’ils ont perpétré ont été faits dans un seul but de mettre la main sur les ressources de la planète. Ainsi ils ont mené des guerres coloniales pour s’assurer la conquête de la planète pour leur seul profit.

    La religion a été le moyen de cacher la face hideuse de l’impérialisme.

    La religion a été utilisée pour mettre sur le même plan agresseur et agressé. Ceci a constitué une vaste opération de mystification des peuples, car les agresseurs ont ajouté perfidement qu’ils faisaient la guerre au nom de la « liberté » et de la « démocratie » pour enfoncer le clou pour ceux qui n’avaient pas compris.

  2. On a bien compris que tout est fait au nom de dieu car les USA sont une nation théocratique et non laique. Il est d’ailleurs dangereux de se dire « athée » ou laique, ce sont deux gros mots là-bas. Si tu crois pas en dieu mieux vaut le cacher. Et c’est pratique car ca donne un gout de guerre de civilisation « leurs valeurs chrétiennes » étant les meilleures, selon l’élite face aux autres. Un moyen de légitimer toutes les guerres dites humanitaires. faite le bonheur des peuples à leur insu .Nous revoilà en pleine logique des Croisades ..Les communistes ayant pour eux disparus « officiellement » mais par ailleurs à cause de l’injustice flagrante de l’ultra-libéralisme néo-conservateur, les valeurs « communistes » seront de retour. Qu’ils comptent pas s’en sortir comme celà …Ils ont trop de sang sur les mains. Un jour il faut payer le prix du sang.

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