Le Principe du Pouvoir : La Propagande (documentaire)


« La guerre ne salit pas l’idéal, c’est l’idéal qui purifie la guerre. » Alain Jacobzone

« The Power Principle » est une série documentaire en trois volets réalisée par Scott Noble, à qui l’on doit déjà l’excellentissime « PsyWar : L’esprit est le véritable champ de bataille ». Ce second volet est intitulé « Propagande » et, toujours dans le cadre du monde bipolaire de la Guerre Froide et de sa confrontation des empires capitaliste des États-Unis contre celui communiste de l’URSS, ce documentaire développe « l’ensemble des actions psychologiques influençant la perception publique des événements, des personnes ou des enjeux, de façon à endoctriner ou embrigader une population et la faire agir et penser d’une manière voulue. » Craignant que les intérêts de la corporacratie soient menacés par des désirs de démocratie, les impérialistes états-uniens ont peint la soi-disant menace soviétique comme une « conspiration internationale » mettant en péril « leur » démocratie. Tout État basculant dans le socialisme pouvait ainsi devenir un État communiste, par conséquent un potentiel allié de l’URSS et de facto un ennemi de « leur » démocratie, des États-Unis et du monde libre.

Cette seconde partie de la trilogie « The Power Principle » montre de nombreux documents déclassifiés dont le fameux rapport NSC 68. Ce document arguait notamment que l’URSS avait pour stratégie systématique de diffuser le communisme dans le monde entier, et il recommendait que le gouvernement états-unien adopte des moyens pour juguler sa diffusion, voire une politique d’endiguement afin de contenir le communisme au sein de l’URSS. Ce qui se traduisait entre autres par une guerre contre le Tiers-Monde. La télévision devint le parfait outil de propagande. Hollywood est devenue la plus grande machine de propagande du Pentagone. Dans les années 1950, la CIA lançait l’opération Mockingbird pour influencer les médias aux États-Unis et à l’étranger. La menace d’une guerre nucléaire était omniprésente grâce à de petits clips vidéos. Cette propagande nourrissait un consentement populaire justifiant de considérables dépenses militaires, permettant au complexe militaro-industriel de gagner en puissance et en influence, au point d’influer sur les décisions politiques à la Maison Blanche. Noam Chomsky, intervenant à nouveau dans ce volet, parle de l’endoctrinement comme d’une réalité qu’il est « urgent de comprendre […] mais plus facile à déceler dans les sociétés totalitaires que dans les systèmes de « lavage de cerveau au nom de la liberté » auxquels nous sommes soumis et que nous servons de façon plus ou moins consciente ». Bien évidemment dans cette confrontation à l’échelle mondiale, Washington n’était pas le seul à user d’actions psychologiques, Moscou avait aussi son bataillon de « Psywarriors » s’adonnant à de la propagande américanophobe.

Tout comme dans le premier volet consacré à « l’Empire », de nombreuses personnalités interviennent tout au long du documentaire. Voici une brève présentation par ordre d’apparition avec leur site/blog entre parenthèses lorsqu’il ou elle en possède un :

Christopher Simpson est un professeur de journalisme et auteur respecté et reconnu internationalement pour son expertise en théorie de la propagande, la démocratie et les médias. Il a remporté des prix nationaux pour le journalisme d’investigation, l’écriture historique et la littérature. Il a notamment écrit « Blowback », « Science of Coercion », « Universities and Empire » et « National Security Directives of the Reagan and Bush Administrations ».

William Blum est un écrivain et journaliste d’investigation très connu sur le web. Le MecanoBlog a notamment publié plusieurs de ses articles dont un entretien. Très critique à l’égard de la politique étrangère états-unienne, il a été cité par Oussama Ben Laden recommandant à tous les Américains de lire « Rogue State: A Guide to the World’s Only Superpower ». Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont « Mythes de l’Empire », « L’État voyou » et « Les Guerres scélérates » ont été traduit en version française. (Killing Hope)

Howard Zinn (décédé le 27 janvier 2010) était un célèbre historien, politologue et professeur au département de science politique de l’Université de Boston pendant plus de décennies. Antifasciste et pacifiste reconnu, il a été un acteur de premier plan du mouvement des droits civiques et opposé à l’invasion et l’occupation de l’Irak en 2003, il a écrit plusieurs livres à ce sujet. Auteur de nombreux ouvrages traduits en français pour certains tels que « La Mentalité américaine : au delà de Barack Obama », « Désobéissance civile et démocratie » et « La bombe. De l’inutilité des bombardements aériens », son ouvrage « Une histoire populaire des États-Unis » fut un bestseller. (Howard Zinn)

Noam Chomsky qu’on ne présente plus. (Chomsky Info)

Nancy Snow est professeur de communications à l’Université d’État de Californie où elle enseigne des cours avancés de premier et de deuxième cycles en communication persuasive, médias globaux, communications politiques et de rédaction d’opinions et de communication internationales. Experte de la propagande, elle est auteur et co-éditeur de sept livres dont « Propaganda, Inc. and Information War » son premier livre traduit en arabe, japonais, portugais et farsi (langue d’Iran), « War, Media and Propaganda » et « The Arrogance of American Power ». (Nancy Snow)

Michael Parenti est un historien, politologue et professeur en sciences politiques. Intellectuel renommé, grand expert de l’impérialisme et critique de la culture qui a écrit sur ​​des sujets scientifiques et populaires. Il a enseigné dans des universités américaines et internationales et a été conférencier invité devant des auditoires de campus et communautaire. Il a joué un rôle actif dans les luttes politiques, et dans divers mouvements anti-guerre. Il a publié plus d’une vingtaine d’ouvrages dont « The Anti-Communist Impulse » en 1970, « To Kill a Nation: The Attack on Yugoslavia » en 2000 et « L’horreur impériale : Les États-Unis et l’hégémonie mondiale », son premier livre traduit en français contenant deux chapitres additionnels dans la version française. (Michael Parenti Political Archive)

William I. Robinson est un professeur de sociologie à l’Université de Californie de Santa-Barbara. Ses travaux portent sur l’économie politique, la globalisation, le matérialisme historique et l’Amérique Latine. Il est membre de l’« Union des Journalistes Nicaraguéens » ainsi que de l’« International Parliamentary and Civil Society Mission to Investigate the Political Transition in Iraq ». (William I. Robinson)

Russ Baker est un journaliste d’investigation et commentateur politique. Ses thèmes récurrents sont la politique, le secret et les abus de pouvoir. Ses récents écrits ont porté sur les élites de la finance, l’extraction des ressources, et les opérations militaires de renseignement, et leur silencieuse influence sur les affaires politiques et économiques nationales et mondiales. Aux Etats-Unis, il écrit pour le New Yorker, Vanity Fair, le New York Times, The Nation, le Los Angeles Times, le Washington Post, le Village Voice, Esquire, Slate et Salon. Il est également publié dans diverses presses à l’étranger comme The Guardian au Royaume-Uni, Der Spiegel en Allemagne, La Repubblica en Italie, etc., dont vous retrouverez les archives sur son site. Il est aussi l’auteur d’un ouvrage intitulé « Family of Secrets », basé sur 500 interviews et des milliers de documents à propos de la dynastie Bush et les forces obscures autour d’elle. (WhoWhatWhy)

John Stauber est un écrivain américain et un activiste politique, auteur de plusieurs ouvrages sur la propagande gouvernementale, les intérêts privés et les relations publiques. Il est le fondateur du Center for Media and Democracy.

Morris Berman est un historien de la culture et la science et critique social. Il a professé dans de nombreuses universités américaines et européennes. Il a écrit une trilogie sur l’évolution de la conscience humaine – « The Reenchantment of the World » (1981), « Coming to Our Senses » (1989) et « Wandering God: A Study in Nomadic Spirituality » (2000) – et ses récents ouvrages comme « Dark Ages America: The Final Phase of Empire » publié en 2006 ou « Why America Failed: The Roots of Imperial Decline. » en 2011 se penchent sur le déclin des États-Unis, un sujet récurrent du MecanoBlog. (Dark Ages America)

Peter Phillips est professeur de sociologie à l’Université de Sonoma et directeur du « Project Censored » dont le MecanoBlog en a déjà parlé à propos des chiffres controversés sur les pertes civiles durant la guerre d’Irak. Il enseigne la censure des médias, la sociologie d’enquête, la sociologie du pouvoir, la sociologie politique et la sociologie des médias. Il a publié onze éditions de « Censored: Media Democracy in Acton from Seven Stories Press ». Il publie des articles dans plusieurs journaux et sites d’information alternatifs comme Z magazine, Free Inquiry, Counterpunch, Common Dreams, Buzzflash ou encore Dissident Voice.

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