« Je maintiendrai la Grèce dans la zone euro. »


par Alexis Tsipras

Qu’il n’y ait aucun doute, mon mouvement – Syriza – s’est engagé à maintenir la Grèce dans la zone euro.

« Une époque peut être considérée comme finie lorsque ses illusions de base sont épuisées. » Arthur Miller

Le président Barack Obama avait raison quand il a dit vendredi dernier: « Faisons maintenant tout notre possible pour croître, quitte à verrouiller un plan à long terme pour stabiliser notre dette et nos déficits, et commencer à les faire diminuer d’une manière constante et sensée. » Cela vaut pour mon pays, aussi. La nécessité d’accorder à la Grèce une chance de croissance réelle et de nouvel avenir est maintenant plus largement acceptée que jamais.

Je crois fermement que nous obtiendrons un mandat démocratique clair du peuple de la République hellénique dimanche prochain. Avec ce mandat, nous prendrons des mesures immédiates pour mettre fin aux systèmes politique et réglementaires grecs, qui sont corrompus et inefficaces et qui ont ravagé notre économie au cours des dernières décennies. Le peuple de Grèce attend également de nous que nous prenions la responsabilité immédiate d’enrayer la crise humanitaire qui affecte notre pays.

Syriza est aujourd’hui le seul mouvement politique en Grèce qui peut assurer la stabilité économique, sociale et politique à notre pays. La stabilisation de la Grèce à court terme bénéficiera à la zone euro dans un moment critique de l’évolution de la monnaie unique. Si nous ne changeons pas de voie, l’austérité menace à coup sûr de nous contraindre à sortir de l’euro.

Seule Syriza peut garantir la stabilité grecque, parce que nous ne portons pas le bagage politique des partis de l’establishment qui ont conduit la Grèce au bord de la ruine. C’est pour cette raison que les électeurs soutiennent notre engagement à tirer notre pays du gouffre. Nous allons mettre la Grèce sur une nouvelle voie de croissance par un gouvernement transparent. Une Grèce rénovée contribuera à refonder une Europe plus proche, plus unie. Les développements du week-end en Espagne confirment que la crise est paneuropéenne et que la façon dont elle a été traitée jusqu’à présent a été totalement inefficace.

Le peuple de Grèce veut remplacer le vieux Mémorandum d’entente (signé en mars avec l’UE et le Fonds monétaire international), qui a échoué, par un « plan national de reconstruction et de croissance ». Cela est nécessaire à la fois pour éviter une crise humanitaire en Grèce et pour sauver la monnaie commune.

Les problèmes fiscaux systémiques de la Grèce sont, en grande partie, un problème de faibles recettes publiques. Une myriade  d’allégements fiscaux et d’exemptions accordés aux intérêts particuliers par les administrations précédentes, avec un taux d’imposition effectif faible sur les revenus des particuliers et du capital, expliquent en grande partie le problème. Tout comme la méthode très inefficace de recouvrement de l’impôt.

Selon Eurostat, la Grèce est en-dessous de la moyenne des recettes publiques en pourcentage du produit intérieur brut de 4 %. Le système politique bipartisan a passé des décennies à ignorer complaisamment le besoin urgent d’une réforme fiscale efficace. Il a concentré ses efforts de recouvrement des impôts sur la seule source fiscale épuisable : les ménages à faibles et moyens revenus.

Conformément à notre plan pour la reconstruction et la croissance, nous nous sommes engagés à suivre un programme de stabilisation fiscale pragmatique et socialement juste. Ce programme s’articule comme suit : stabilisation des dépenses publiques à environ 44 % du PIB et réorientation ces dépenses pour s’assurer qu’elles sont faites à bon escient; augmentation des revenus de la fiscalité directe aux niveaux européens  moyens (plus de 4 % du PIB) sur une période de quatre ans, et réforme du régime fiscal de manière à identifier la richesse et le revenu de tous les citoyens, et à répartir équitablement le fardeau de la fiscalité.

Le manque de transparence financière prévaut, alors même que les banques grecques ont été recapitalisées par des prêts de la troïka (l’UE, le FMI et la BCE). Nous ferons en sorte que les banques viables soient recapitalisées dans la transparence et d’une manière entièrement compatible avec l’intérêt public. C’est la seule façon de s’assurer que le système financier dans son ensemble retourne  à la pleine stabilité.

Arthur Miller a écrit qu’« une époque peut être considérée comme finie lorsque ses illusions de base sont épuisées. » L’illusion de base d’une bonne gouvernance sous l’ancien régime du système bipartisan a été épuisée. Il est maintenant tout à fait incapable d’assurer le retour de notre pays à la croissance et à la pleine participation à la zone euro. Dimanche prochain nous allons faire entrer la Grèce dans une nouvelle époque de croissance et de prospérité.

Cette nouvelle époque commence lundi prochain.

Alexis Tsipras

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Article original : I will keep Greece in the eurozone

Traduction : Fausto Giudice فاوستو جيوديشي pour Tlaxcala

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Une réponse à “« Je maintiendrai la Grèce dans la zone euro. »

  1. En clair, à part quelques mesurettes de « recapitalisation » de banques ( qui s’en sont mises pleines les poches !…) , c’est une nouvelle fois la population qui va se faire à nouveau pressurer !… Pas un mot sur les privilégiés notoires ( armateurs, clergé …) ni surtout sur le sur-armement du pays … qui de toute évidence doit servir contre les Grecs … qui n’ont pas oublié que les comptes de la guerre civile ( 1945-47 ) ne sont toujours pas soldés !…

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