La Crise de la Civilisation (documentaire)


Le phénomène d’enchaînement de crises, ou « chaîne crisique » pour reprendre les termes de Dedefensa, sont devenus une dynamique évidente et quasiment implacable et instoppable. La crise de la civilisation, et par corollaire l’effondrement du Système, ne s’expriment pas avec des dates précises car ça n’a pas commencé à telle date et ne s’achèvera pas avec tel ou tel événement attendu, ni avec des espaces bien définis dans un monde mondialisé fait d’interconnexion et d’interpénétration et qui tend à absolument tout globaliser comme dans ce désir d’uniformisation des sociétés. Certains épisodes voire certaines sagas, en cours pour la plupart, comme la guerre contre le terrorisme, la crise financière, la crise iranienne, les révolutions arabes, etc., ne pouvant se démarquer du reste ont eu pour effet de l’accélérer ou de très rarement la ralentir.

« Ce n’est pas une crise de plus, ou une série de crises de plus. Nous ne parlons pas ici de l’ampleur du phénomène, de son importance politique, etc. Nous entendons parler le moins possible de géopolitique, d’économie, de stratégie, parce qu’à notre sens ces facteurs ne tiennent que des rôles secondaires dans le phénomène. Nous entendons parler du système de la communication et de la psychologie d’une part, des forces de la métahistoire et de l’évolution du Système d’autre part. […] Ce qui se passe, […] c’est l’“eschatologisation” des crises humaines. Il s’agit d’un raccourci pour compléter notre présentation du phénomène en signalant que ces crises en apparence humaines échappent aux hommes.

[…] Celle-ci, la “crise de la civilisation” en général, est une crise dont nombre de caractères, si pas tous les caractères sont fondamentaux, à ce point qu’ils nous paraissent être d’une certaine façon “ultimes”, – si bien que l’on pourrait parler d’une “crise ultime” et, d’un point de vue presque objectif, débarrassé de l’urgence de l’instinct de survie, – d’une “crise sublime” en ceci qu’elle rassemble tous les mystères de l’humanité et de l’espèce. Il nous semblait intéressant, de ce fait, de tenter d’en approcher le point central de fusion plutôt qu’évoquer les possibilités de sauvegarde (certains diraient “rédemption”), parce que ce “point central” rassemble ce qu’il y a à la fois de plus profond et de plus réel dans notre crise d’une part ; parce que son évocation suggérera évidemment, sinon imposera, par logique antinomique, les “possibilités de sauvegarde” d’autre part, comme le mal suscite le bien par nécessité antinomique, – ce qui est exactement le cas, finalement. La conjonction de la profondeur et de la réalité de la crise rapproche de la vérité de la crise.

… En d’autres mots et à la lumière de ce caractère total de la crise, nous nous attachons à déterminer et à identifier ce qu’on nomme “le mal”, ce qui est “la source de tous les maux” dans cet épisode historique fondamental. Nous le faisons en écartant soigneusement toute dimension morale, parce que la dialectique de la morale, devenue un outil de fonctionnement du pouvoir comme outil du “mal” « est devenu le piège dialectique quasiment achevé de notre civilisation aux abois ».

D’autre part, ce qui nous invite à procéder de la sorte est le constat que nous avançons sans la moindre hésitation que la manifestation fondamentale de cette civilisation arrivée au point où elle se trouve, se fait sous la forme d’un “système” extrêmement élaboré et complexe, dont nous parlons souvent et qui est le principal objet de notre étude. Ce “système” a l’unicité, la puissance, l’universalité qui en font la source de toutes choses dans le chef d’une civilisation dont on peut dire qu’elle est une “contre-civilisation” ; par conséquent, il rassemble en lui tous les caractères imaginables et concevables aujourd’hui de ce qui serait “le mal”, à un degré tel qu’à cause de cela on peut parler d’une “contre-civilisation” pour définir l’état de notre civilisation ; cette situation à ce point, enfin, que notre système « a quelque chose d’absolu qui justifie qu’on le désigne comme “le mal”». Cela est pour nous une vérité évidente, plus lumineuse qu’aveuglante. »

Philippe Grasset, Notes sur “la source de tous les maux”

Synopsis : « The Crisis of Civilization » du réalisateur Dean Puckett soutient que les changements climatiques, la raréfaction des réserves pétrolières, les pénuries alimentaires, l’instabilité économique, le terrorisme international et la course à l’armement sont en réalité les différents symptômes de la fin imminente de la civilisation industrielle.

Basé sur le livre du Dr Nafeez Mosaddeq Ahmed intitulé « A User’s Guide to the Crisis of Civilisation: And How to Save it », ce documentaire nous livre une  critique puissante d’un système politique, économique et idéologique ayant échoué et des perspectives réjouissantes d’un monde meilleur. Nafeez Mosaddeq Ahmed est spécialiste du terrorisme international, auteur du livre « La Guerre contre la vérité » aux Editions Demi-Lune. Il est à la tête de l’Institute for Policy Research & Development de Brighton. Son livre, « La Guerre contre la liberté : 11 Septembre, désinformation et anatomie du terrorisme », est un bestseller qui lui a valu la plus haute distinction littéraire italienne, le Prix de Naples. Titulaire d’une maîtrise à l’université du Sussex, il y prépare actuellement un doctorat en Relations Internationales. Chroniqueur politique pour la BBC, Nafeez Ahmed a été élu expert mondial pour la guerre, la paix et les affaires internationales par le Freedom Network de l’International Society for Individual Liberty en Californie. Il a récemment commenté l’annonce de la mort d’Oussama Ben Laden le 2 mai 2011. Vous pouvez voir son interview ici et lire ici son article « Nos terroristes ».

Dean Puckett, est également l’auteur de « The Elephant in the Room », un documentaire sur le Mouvement pour la Vérité sur le 11/9 élu meilleur film-documentaire au Festival du Film indépendant de Londres en 2008 et adapté en français par ReOpen911.

à lire et à voir également sur la crise de la civilisation :

 Analyse du « Choc des Civilisations » de Samuel Huntington

« La fin de l’histoire et le dernier homme » de Francis Fukuyama

« Le Grand Échiquier » de Zbigniew Brzezinski

« Impérialisme et savoir »

Orient contre Occident

Démondialisation : le débat interdit ?

2030, la fin de la mondialisation ?

De la réduction des têtes au changement des corps

Collapse (vidéo)

L’encerclement : La démocratie dans les rets du néolibéralisme (vidéo)

Après l’hégémonie : propositions pour un monde multipolaire (vidéo)

Publicités