L’autre visage de l’Arabie Saoudite (documentaire)


par Saïd Ahmiri pour le MecanoBlog

Dans le documentaire « La Maison des Saoud » de Jihan El Tahri, nous pouvions suivre l’histoire de l’Arabie Saoudite et son évolution à travers ses cinq rois à travers les thématiques majeures qui fondent la politique intérieure et internationale du pays : l’Islam, le pétrole, les relations spéciales avec les Etats-Unis et la question palestinienne. En bref, ce qui est politiquement correct à dire. Le documentaire « L’autre visage de l’Arabie Saoudite » dépeint une toute autre réalité.

« L’Arabie de la Maison des Saoud, c’est une « dictature monarchique absolutiste rétrograde, pays de la charia, de la torture systématique des opposants, de la corruption généralisée, des assassinats ciblés, de l’esclavage des travailleurs immigrés, de la persécution des chétiens et base du terrorisme international d’Al-Qaïda ». »

Cette autre réalité, c’est celle de la théocratie criminogène, pure et dure dirigée d’une main de fer par la monarchie absolue des Saoud, gérontocrates moyen-âgeux et vassaux des Etats-Unis appelant ses savants religieux à lancer fatwa sur fatwa contre quiconque pour servir leurs intérêts, et sous le couvert de l’« Islam wahhabite » rigoriste, sectaire et intolérant à l’égard des chrétiens et des juifs, contrairement à ce qu’il est écrit dans le Coran. Aucune autre religion que leur « Islam wahhabite » n’est tolérée en Arabie Saoudite, cet « Islam wahhabite » qu’il convient de rappeler qui n’est en aucun cas celui de la majorité et qui est condamné par de nombreux musulmans. L’Arabie Saoudite, c’est aussi et surtout, en empruntant les mots d’International News, le « pays de la charia, de la torture systématique des opposants, de la corruption généralisée, des assassinats ciblés, de l’esclavage des travailleurs immigrés, de la persécution des chétiens… », terre d’exportation de djihadistes au Pakistan contre l’URSS envahissant l’Afghanistan et « base du terrorisme international d’Al-Qaïda ».

Lorsque leurs intérêts connaissent un danger ou subissent une menace, les « infidèles et croisés », les « chrétiens et les juifs » ne dérangent plus les Saoud et leurs sages wahhabites appelant parfois au meurtre, comme lorsque l’Irak a envahi le Koweït, permettant au premier allié, les États-Unis, d’utiliser la Terre Sainte de l’Islam pour aller combattre d’autres arabes, d’autres musulmans. Idem en ce qui concerne le programme nucléaire de l’autre théocratie du Moyen-Orient, l’Iran. Idem contre les révolutions arabes au Bahreïn, au Yémen, en Libye avec le Qatar dans un rôle plus grand et aujourd’hui en Syrie. Aujourd’hui, beaucoup de personnes pensent que la survie de la Maison des Saoud à la tête de l’Arabie ne repose plus que sur une alchimie géopolitique fragilisée.

Mais malgré d’importantes recettes grâce à la manne pétrolière qui n’a favorisé qu’une élite de l’Arabie Saoudite, les premières victimes sont les Saoudiens. « En Arabie Saoudite, on se suicide pour fuir la pauvreté ». Trad Al Asmari est un blogueur et un militant saoudien des droits de l’Homme. Il a tourné un court-métrage sur la pauvreté en Arabie Saoudite

Dans notre société, on dit souvent que si la personne qui s’est suicidée avait été réellement croyante, elle ne serait pas passée à l’acte; mais je n’adhère pas à cette explication. Pour moi, il est urgent de parler de ce problème car les responsables politiques n’en parlent pas. En Arabie saoudite, il n’y a pas de statistiques fiables concernant le nombre de chômeurs ou de personnes vivant sous le seuil de pauvreté…

Chez nous, c’est le ministère des Affaires sociales qui s’occupe de la pauvreté. Malheureusement, les aides ne dépassent pas les 700 ou 800 riyals par personne [environ 150 euros] et celles-ci ne sont délivrées qu’aux familles qui n’ont aucune ressource. Or les cas de suicides touchent le plus souvent les petits fonctionnaires, dont les salaires ne dépassent pas les 1000 ou 1200 riyals [180 ou 200 euros]. C’est le salaire que touchent par exemple les agents de police qui sont plus de 100 000. C’est ridicule dans un pays où la visite médicale coûte près de 500 riyals ! De plus, les foyers saoudiens comptent en moyenne sept ou huit membres, qui vivent tous avec un seul salaire. Ajoutez à cela le coût du loyer, car 65 % des Saoudiens, selon les chiffres officiels, ne sont pas propriétaires de leur habitation. La notion de salaire minimum n’existe pas non plus dans mon pays, à cause du nombre important de travailleurs étrangers qui y vivent – près de 9 millions.

Les violentes inondations de 2011 touchant La Mecque durant le pélérinage et, particulièrement, Jeddah, capitale économique du Royaume où des milliers d’habitants durent être évacués, à cause en partie d’un système d’égouts déficient générant un immense lac, fait d’excréments et à proximité de la ville la menaçant à tout instant de l’inonder, et d’autres infrastructures défectueuses tels que des ponts et des routes qui se sont effondrés, ont également mis le doigt sur les responsabilités politiques dans la faillite du programme d’assainissement et les travaux de drainage de la ville. Un projet qui est resté à l’état de projet pendant plusieurs années, malgré les promesses. De l’argent et de la main d’oeuvre, l’Arabie Saoudite n’en manque certainement pas mais le coupable, c’est la corruption. Après le drame et la mobilisation des habitants de Jeddah, notamment sur Facebook, les autorités ont interdit toute manifestation de rue. Le bilan des inondations de 2011 faisait état de 120 morts, des milliers de blessés, plus de 350 personnes déclarées portées disparues, plus de 8000 maisons ont été endommagées et 7000 voitures détruites dans les intempéries. Plus d’une septantaine de responsables et d’entrepreneurs ont été arrêtés dans le cadre de la commission d’enquête formée sur ordre du roi Abdallah ben Abdel Aziz et présidée par le prince Khaled al-Fayçal, le gouverneur de La Mecque. 800 millions d’euros, c’est le coût des travaux. Une bouchée de pain comparée aux quelques 2000 milliards de dollars que la Maison des Saoud a reçu des revenus du pétrole entre 1973 et 2002, selon le rapport virulent de feu Laurent Murawiec, néoconservateur français.

La contestation croissante par le peuple saoudien de la politique pro-américaine des vassaux Saoud, de la présence américaine sur le territoire et des guerres et opérations de contre-terrorisme à l’encontre des pays musulmans (Afghanistan, Irak, Pakistan, Somalie, Indonésie, etc) sont des sources de conflit interne inquiétant Washington. Mais, que légèrement à vrai dire. En visite à Abou Dhabi fin février 2011, le secrétaire américain à l’Energie Steven Chu avait déclaré, « je pense que nous allons avoir des relations continuelles avec l’Arabie Saoudite », et a souligné que les relations étroites entre les Etats-Unis et sa principale « station service » moyen-orientale, qui remontent aux années 1940, allaient se perpétuer. Leurs relations sont interdépendantes.

Selon la version officielle des attentats du 11 Septembre 2001, quinze des dix-neufs pirates de l’air étaient de nationalité saoudienne. Cette donnée aurait soi-disant remis en question les relations américano-saoudiennes à Washington à l’époque où les néoconservateurs occupaient la Maison Blanche. Il est dit que depuis cette prétendue « révélation », les Etats-Unis chercheraient la diversification en réduisant leurs approvisionnements de pétrole saoudien et favorisant l’Afrique et l’Asie. Dans les faits, la réalité est à nouveau tout autre. Les Etats-Unis n’ont rompu strictement aucun lien avec le Royaume qui demeure un allié indispensable économiquement et stratégiquement. Il en va de même pour l’Arabie Saoudite qui profite de l’énorme manne pétrolière et de la sécurité militaire depuis le Pacte de Quincy.

« Le 20 juillet 2010, l’économiste en chef de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE), Fatih Birol, a raconté au Wall Street Journal que la Chine avait dépassé les États-Unis en devenant le numéro un des consommateurs d’énergie dans le monde. » Michael T. Klare [6]. Pour 2009, la consommation d’énergie de la Chine était de 2,25 milliards de tonnes d’équivalent pétrole, contre 2,17 milliards pour les Etats-Unis. Dans les deux prochaines années, la Chine devrait rester la première destination pour les exportations d’or noir saoudien. Actuellement, 24 % des importations pétrolières des Etats-Unis proviennent de l’Afrique et 20 % de la Péninsule Arabique dont 13 % de l’Arabie Saoudite.

Second exportateur de pétrole dans le monde après la Russie, le Royaume dispose d’environ 80 champs pétrolifères et gaziers rassemblés dans la zone à majorité chiite. Le nombre de puits d’exploration forés a dépassé le millier de puits. Les réserves de pétrole prouvées de l’Arabie Saoudite varient selon les sources de 259 à 266,7 milliards de barils, soit à peu près un quart des réserves mondiales prouvées. Le Royaume produit environ 3 milliards de barils par an, et environ 9 millions bpj. Plus de la moitié de ses réserves sont concentrés dans seulement quatre champs, et plus de la moitié de sa production provient d’un seul champ, Ghawar. En 2005, la compagnie nationale Saudi Aramco (Arabian American Oil Company) a affirmé que les réserves saoudiennes permettent de maintenir sans difficulté une production journalière de 10,5 à 11 millions bpj et que ce rythme peut être augmenté à 15 millions bpj pendant une période de 50 ans. L’Agence Internationale de l’Énergie (AIE) a prédit que la production de pétrole saoudienne doublera au cours des deux prochaines décennies, prévoyant une extraction de 7 milliards de barils par an en 2020.

Très conversé, le gigantesque gisement de Ghawar surnommé le « roi des rois », près du golfe Persique, est considéré comme étant le plus grand gisement pétrolier au monde. Ce super-géant fournit près de la moitié de la production saoudienne, jusqu’à 5 millions bpj avec des pics à 60 et 65 %. Ghawar a déjà produit 60 milliards de baril et en produit encore environ 2 milliards par an. Beaucoup d’experts spéculent sur ses réserves estimées. Dans les années 1970, les estimations portaient à 170 milliards de barils et 60 milliards ont déjà été pompées. Personne n’est en mesure de prédire avec exactitude les réserves récupérables restantes de ce gisement unique au monde. L’hypothèse pessimiste avance la fourchette de 34 milliards de barils, et celle optimiste à 43 milliards. Une certitude, Aramco, propriétaire du gisement de Ghawar, injecte de plus en plus d’eau et creuse de plus en plus de puits pour pomper les dernières gouttes.

Une autre source de conflit, cette fois externe, réside dans la croissance de la présence chinoise au Moyen-Orient. 40 % des importations de pétrole de la Chine proviennent du Moyen-Orient. Tandis que les échanges avec les Etats-Unis se sont légèrement réduits ces dernières années, la coopération bilatérale entre l’Arabie Saoudite et la Chine n’a cessé de croître. L’Arabie Saoudite est le principal exportateur de pétrole vers la Chine avec un volume de 1,04 millions de barils par jour (bpj) devant l’Iran, le sultanat d’Oman, l’Angola, la Russie et une vingtaine d’autres pays.

Dans le contexte particulier de future coopération militaire et de transfert de technologies de pays du Moyen-Orient avec l’Iran, la normalisation, à nouveau en berne des relations irano-égyptiennes, laisse craindre l’hypothèse d’un prétexte justifiant la poursuite de la militarisation avancée de la Péninsule arabique et au-delà. L’Arabie Saoudite, en perte de crédibilité dans plusieurs pays arabes, ne peut se permettre de jouer la carte de l’immobilisme face à l’« ennemi chiite » qui semble bel et bien déterminé à combler la perte d’influence des impérialistes états-uniens à l’agonie par l’entremise de ses vassal saoudien et allié israélien. C’est un facteur géostratégique qui détermine entre autres l’absence totale d’actions au Bahreïn et au Yémen de la part du « monde libre », afin de garder Manama et Sana’a dans le giron du Royaume.

« “Spengler” estime que l’Arabie, qui soutenait ben Laden en échange d’une relative inactivité terroriste contre elle, a déterminé que ce soutien devenait, dans la nouvelle situation au Moyen-Orient, plus dommageable qu’avantageux. “Spengler” s’en explique. Tout cela n’a rien à voir, ni avec les USA, ni avec l’œuvre de justice que poursuit cette grande puissance depuis 9/11. Tout cela a à voir avec les remous formidables du monde arabo-musulman, avec l’Iran, dont l’Arabie a une peur bleue, avec le Pakistan, dont l’Arabie veut s’attacher les services dans son travail urgent de renforcement. L’Arabie veut un soutien militaire direct du Pakistan, en engageant des soldats pakistanais dans sa Garde Nationale, voire en envisageant de demander un accès au nucléaire pakistanais ».

Aussi contre-productif que les sanctions onusiennes contre l’Iran, l’usage ou ce qu’il convient de nommer l’exploitation étatique du terrorisme « islamiste » dans une période de soulèvement populaire dans les pays à majorité musulmane. Nous avons pu lire quantité d’avis sur la prétendue volonté du cheikh Oussama Ben Laden de pousser ou d’inciter le monde musulman à la réunification, au rigorisme et à la radicalisation de son « antagonisme » vis-à-vis du monde occidental, donnant ainsi du crédit à la méprisable théorie huntingtonienne du choc des civilisations. Le monde arabo-musulman lui a dit non, et ne s’est pas engagé sur cette pente dangereuse n’en déplaise au néoconservatisme occidental et à toute la galaxie de mouvements d’extrême-droite d’Occident au Moyen-Orient. Le fier monde arabo-musulman a opté pour le combat pacifiste, honorable et respectable. Nul être humain en ce bas monde ne peut prétendre le contraire sans chercher à généraliser et par-dessous tout nourrir l’amalgame injurieux : « musulman = intégriste = terroriste ».

L’ère de l’après-Oussama venant de débuter, dans le cadre de la soudaine recrudescence des activités terroristes imputées à de mystérieux groupuscules « salafistes », il est très intéressant et tout autant utile de se pencher sur la question classique et inévitable : « à qui profite le crime ? » Des attentats qui sont forcément liés à l’imaginaire réseau tentaculaire d’Al-Qaïda selon les perceptions occidentales et la bonne vieille rhétorique médiatique, ces mêmes voix cherchant à convaincre les masses abrutisées de l’existence d’une mythique puissance communautaire internationale.

Des activités comme l’attentat de Marrakesh au Maroc, « Cette ville [qui] est depuis toujours une obsession pour les djihadistes salafistes. Pour eux, c’est une ville symbole de débauche. La littérature islamiste en parle comme de la nouvelle Sodome et Gomorrhe, la ville qu’il faut détruire. Ils dénoncent une « invasion » de « mécréants » occidentaux. » ou les différentes violences confessionnelles à l’encontre des coptes d’Egypte, l’attaque de l’église des Deux Saints à Alexandrie le jour de la Saint-Sylvestre 2011, l’incendie de l’église du village de Sool et les récentes incendies des deux églises à Imbaba, un quartier du Caire, durant le weekend du 7 et 8 mai 2011. Selon le Blog Copte, « Les manifestants protestaient contre les salafistes et non les musulmans en disant : « Les salafistes se comportent comme un groupe de voyous (baltagueyas) qui détiennent une arme dans une main et le Coran dans l’autre », dit Mina Hanna, l’un des manifestants. Certains manifestants pensent que l’Arabie Saoudite soutient les salafistes en Egypte. « Nous n’avons jamais été comme ça, tout cela est prévu par les Saoudiens », déclarait Ashraf Tarek, un des manifestants. »

« Tout individu notoirement ennemi de l’organisation sociale ou politique de son pays, et, d’avantage encore, tout groupe d’individus contraint de se déclarer dans cette catégorie est connu de plusieurs services de renseignements. De tels groupes sont constamment sous surveillance. Leurs communications internes et externes sont connues. Ils sont rapidement infiltrés par un ou plusieurs agents, parfois au plus haut niveau de décision, et dans ce cas aisément manipulables. Cette sorte de surveillance implique que n’importe quel attentat terroriste ait été pour le moins permis par les services chargés de la surveillance du groupe qui le revendique, parfois encore facilité ou aidé techniquement lorsque son exécution exige des moyens hors d’atteinte des terroristes, ou même franchement décidé et organisé par ces services eux-mêmes. Une telle complaisance est ici tout à fait logique, eu égard aux effets politiques et aux réactions prévisibles de ces attentats criminels. »

Quand bien même certaines actions relèvent de l’oeuvre de fanatiques religieux extrémement doués pour éviter de tomber dans les mailles du filet des agences de renseignement et n’étant pas financés par un quelconque Etat, elles ne sont en aucun cas la représentation de l’opinion du monde arabo-musulman. Pour illustrer ce refus à la violence et l’indignation à l’égard de l’usage du terrorisme, le vendredi 13 mai 2011, des milliers de manifestants investissaient à nouveau la célèbre place Tahrir pour proclamer « l’unité nationale » en scandant à l’unisson « Musulmans, chrétiens, une seule main, une seule nation ! »

« Rappelons-nous que nous pouvons accomplir ces choses non pas seulement pour des raisons de richesse ou de puissance, mais à cause de ce que nous sommes : une seule nation bénie de Dieu, indivisible et vouée à la liberté et à la justice pour tous », déclarait Barack H. Obama lors de l’annonce de la mort d’Oussama Ben Laden. De même que sa « mort » ne sera aucunement un contrecoup majeur perturbant les attaques de drone en Af/Pak et au Yémen – dans le cadre stricte de la guerre contre le terrorisme islamiste – ainsi que les opérations d’assassinat, de capture et de chasse à l’homme des escadrons de la mort du Pentagone et de la CIA, continuant ainsi de violer en toute impunité autant la souveraineté territoriale que les « droits de l’Homme ». Au nom des sacro-saints intérêts galvaudant la question de sécurité nationale, toute hégémonie qui se respecte se réservera toujours le droit de piétiner le droit international. Cela n’a pas commencé avec Ben Laden, cela ne s’arrêtera pas après Al-Qaïda, ni même avec la fin de la Maison des Saoud.

1/3

2/3

3/3

A lire également sur l’Arabie Saoudite :

Nos terroristes

L’imposture de Washington sur les « droits de l’Homme »

Pourquoi le Bahreïn n’est pas la Syrie

Guerre de l’ombre en Syrie

Notes sur les fausses menaces et les vrais dangers

L’islamisme et l’Empire, un flirt qui perdure

Notes sur les collabos musulmans de l’Occident

Les Etats-Unis planifient un renforcement militaire dans le Golfe persique pour compenser le retrait de l’Irak

Décoder le casse-tête d’Obama au Bahreïn

Bahreïn et Yémen : « Silence, on tue. »

L’automne des patriarches

Arabie Saoudite : quelle stratégie au Yémen ?

Le Yémen plonge-t-il dans la guerre tribale ?

Le président du Yémen s’enfuit en Arabie Saoudite

Le Yemen, encore un triomphe catastrophique

Washington veut toujours garder la main

8 réponses à “L’autre visage de l’Arabie Saoudite (documentaire)

  1. …. Ce n’arrivera même pas après la fin des US …. Celà arrivera quand le dernier des Tartuffe, des Téklo [« la bataille de St Sébastien », d’Henry Verneuil , (1968 ) ] sera mis hors d’état de nuire !… Ou selon la formule de Lénine, « quand nous aurons pendu le dernier capitaliste avec la corde qu’il nous aura vendu !… »

  2. Pingback: Bahreïn, plongée dans un pays interdit (documentaire) « MecanoBlog·

  3. Pingback: La véritable histoire qui se joue en Syrie (documentaire) | MecanoBlog·

  4. Oui ! c’est le vrai visage… et il est le meilleur amis de « l’occident » .

  5. … Simple !! remplacer la couleur verte du drapeau par le noir .

  6. La Syrie sous la bourrasque du « terrorisme wahhabite »

    Une guerre confessionnelle qui dure depuis 1580 ans
    Dans cet acharnement saoudien, émirati et qatari sur la Syrie meurtrie, se profile une phobie et une peur de voir leurs peuples réagir négativement à leurs actions contre la Syrie. La vérité est aujourd’hui là ! Une révolte non médiatisée par la presse arabe voir le jour en Arabie Saoudite. La population saoudite minoritairement chiite et « leurs terroristes islamistes Wahhabite » se retournent contre leurs dirigeants pour leur demander aussi la liberté et les réformes qu’elles voudraient imposer aux syriens. Le « printemps arabe » est aussi valide et valable dans le pays du « gardien des lieux saints de l’Islam ».
    De tous les bouleversements apportés par « le printemps arabe », c’est l’agitation persistante dans la province orientale de l’Arabie saoudite, qui abrite une importante minorité chiite, et détient 90% des réserves pétrolières du pays, qui pourrait se révéler être le plus grand bouleversement dans les mois à venir. Quand le prophète Mohammed (QSSL) est mort en 632, les tensions intestinales sur qui devrait diriger la communauté islamique, ont émergé et ont persisté. D’une part, ceux qui étaient en faveur d’une succession ont promu la personne la plus qualifiée sur la base de la sagesse, de la bonne conduite, la dévotion et de la compétence. Ce groupe est connu sous le nom de sunnites.
    Les chiites, pour leur part, pensaient que le pouvoir ne peut être exercé que par les membres de la famille du Prophète. Contrairement aux sunnites, ils voyaient la famille et la descendance du prophète Mohammed (QSSL) comme divinement inspirés et infaillibles. Disons qu’Ali était le gendre du Prophète Mohammed (QSSL), et le plus apte à la succession.
    Aujourd’hui, la plupart des musulmans du monde sont des sunnites (environ 80%), même certains pays qui prétendent faire partie de la communauté islamique sunnite, le sont que partiellement, mais les chiites sont majoritaires en Iran, en Irak et au Bahreïn, et d’importantes concentrations de chiites vivent au Liban, Koweït, Qatar, Émirats arabes unis, Yémen et, peut-être plus important encore, en Arabie Saoudite.
    Leur nombre est estimé à entre 1,5 et 2 millions de personnes, les chiites en Arabie saoudite représentent 10% de la population nationale, et ont connu une discrimination généralisée depuis la fondation du Royaume d’Arabie Saoudite à 1932.
    En ce qui concerne le domaine religieux ils ont l’interdiction de pratiquer leur foi en public, ont des restrictions sur la construction de mosquées, et subissent parfois des attaques sur leurs centres d’apprentissage et autres lieux de rassemblement, pourtant tous les deux obéissent à dieu et à Mohammed (QSSL) ?
    Sur le plan politique, les chiites ont été empêchés d’agir en qualité ministres, sont exclus des forces armées et de la police tandis que la province de l’Est a été gouverné par une administration dominée par les musulmans sunnites (qui forment la majorité de 90% en Arabie Saoudite).
    Socialement, ils sont considérés comme des hérétiques par une grande partie de la population, une attitude qui a été encouragée par les clercs ultraconservateurs appartenant à la branche wahhabite de l’islam sunnite qui domine en Arabie Saoudite.
    Inspiré par le « Printemps arabe », les manifestants chiites se font de plus en plus entendre en exigeant que les autorités mettent un terme à leur position marginalisée.
    Les manifestations sporadiques ayant débuté pacifiquement en Février 2011 ont tourné à la violence, plus récemment, au début d’Août dans la ville orientale de Qatif après que des manifestants aient affronté la police.
    Une douzaine de personnes ont été tuées, ce bilan est relativement faible en rapport à la violence qui a eu lieu en Egypte en Libye, pour ne pas mentionner les massacres en cours en Syrie avec l’aide des sunnites arabes , le conflit pourrait dégénérer, ce qui pose de sérieux défis pour les autorités saoudiennes et l’économie mondiale.
    L’Arabie saoudite produit actuellement plus de 9 millions de barils de pétrole par jour (environ 12% de la production mondiale). Une perturbation même mineure verrait la flambée des prix du pétrole à des niveaux qui rendraient toute chance de reprise économique mondiale très difficile, voire impossible, à réaliser.
    Comme avec les autres manifestations de tension entre sunnites et chiites au Moyen-Orient, rien de tout cela à voir avec de véritables différences religieuses, le fossé s’enracine plutôt du fait de préoccupations politiques.
    La présence des chiites remet en cause les fondements wahhabites de l’Etat théocratique qui a servi d’identité obligatoire, reliant les dirigeants saoudiens à l’ensemble de la population. En tant que tel, céder aux demandes chiites menace l’ordre politique.
    Le plus important est le facteur pétrole. L’Arabie saoudite est le premier exportateur mondial de pétrole.
    L’Etat saoudien a réussi à soudoyer son peuple avec une variété d’avantages en échange de leur obéissance et a ainsi contribué à étouffer toute révolte potentielle au cours des années.
    Après la chute de Ben Ali en Tunisie et Moubarak en Egypte, les dirigeants saoudiens ont annoncé un programme de dépenses de 130 milliards de dollars qui seraient utilisés pour augmenter les salaires des employés du gouvernement, premier employeur du pays et construire 500.000 logements pour les pauvres.
    La demande de mettre fin à la discrimination chiite, au moins du point de vue des dirigeants saoudiens, est considérée comme une tentative déguisée pour contrôler la province de l’Est et son pétrole.
    Ce point de vue persiste malgré le fait que les récentes manifestations n’ont pas insisté sur le désir d’autonomie (même si certains militants chiites ont proposé des réformes dans le passé, comme une constitution et une assemblée législative de la province de l’Est)
    Sans surprise, les autorités saoudiennes n’ont rien fait pour changer le statu quo et ont continué à investir des milliards dans l’équipement militaire, des avions de chasse et des chars, qui pourrait être utilisé pour réprimer une rébellion.
    Bien que l’opposition chiite soit faible, elle a également une carte en main potentiellement dévastatrice: l’accès aux réseaux d’oléoducs vitaux qui pourraient facilement être attaqués si leur sort reste inchangé. Si et quand cela arrivera, il y aura plus à perdre que la hausse du prix du pétrole.
    Les dictateurs arabes sunnites continuent encore à souffler sur le feu de braises, après la Tunisie, l’Egypte, le Yémen, c’est maintenant le tour de la Syrie multiconfessionnelle, maintenant Un vent mauvais continue de souffler sur le pays des chams. C’est la Syrie qui est maintenant sous la bourrasque du vent sunnite. Le monde sait que Bachar El Assad est la dernière charnière à faire sauter pour lancer le monde arabo-musulman dans une guerre punique contre les minoritaires de « l’Islam radical ». Nos cousins les juifs et les occidentaux ont soufflé sur les braises des révoltes arabes en Libye et en Egypte, sans que les sunnites sachent savoir ce qu’ils faisaient. Ils ont agit par romantisme, sous l’effet d’une émotion. Du jour au lendemain ils ont tourné le dos et même pris les armes contre leurs frères musulmans et pouvoirs en place, qu’ils avaient pourtant courtisée durant des décennies. Il est toujours tentant de prendre le parti de ceux qui manifestent contre le régime autoritaire des sunnites , de ceux qui se révoltent contre les injustices et la pauvreté, de ceux qui mépris l’Islam radical et minoritaire. Partout, on trouve toujours une majorité pour contester le pouvoir. Il s’agit souvent d’une masse hétéroclite qui ne partage qu’un seul but commun : renverser le pouvoir. Mais après ? Il y a toujours un après, comme nous sommes en train de le constater en Tunisie, en Lybie et en Egypte où les islamistes ont hérité du pouvoir. Lors de toute révolte ou de toute révolution, il faut toujours se demander : qui est en embuscade ? A qui va profiter le vide du pouvoir ? Les islamistes sont eux mêmes parcourus par des courants plus ou moins intégristes, mais il y a toujours un grand danger de voir le religieux se mêler de politique. Les mouvements religieux sont, en effet, toujours tentés par une idéologie dogmatique, incompatible avec la liberté. Il y a fort à craindre, qu’après avoir connu des régimes autoritaires laïcs, la Lybie, et surtout l’Egypte, héritent de régimes théocratiques qui tournent le dos à la modernité. Les pouvoirs en place à Tunis, à Tripoli ou au Caire n’étaient pas parfaits, mais ils laissaient un peu d’air au peuple. Nous pouvons craindre que les islamistes, s’ils se laissent aveugler par leurs dogmes, asphyxient totalement les citoyens.
    Le triomphe du croissant chiite au Moyen-Orient
    Pour tenter de comprendre ce qui se passe à Damas, en Syrie, il est nécessaire de rappeler l’animosité, pour ne pas dire la haine, entre les deux grands courants qui traversent le monde musulman : d’une part les sunnites, très largement majoritaires, qui dominent l’Arabie Saoudite et l’Egypte ; d’autre part les chiites, majoritaires en Syrie, et qui représentent 90% des musulmans d’Iran. Le Hezbollah Libanais est aussi d’obédience chiite. Or, l’Iran et la Syrie sont des alliés stratégiques et politiques. Par conséquent, tout ce qui affaiblit la Syrie, affaiblit l’Iran! Nous assistons donc à une alliance de fait entre l’occident et les monarchies sunnites de L’Arabie Saoudite et du Golfe qui n’ont rien de démocratiques. Les uns et les autres rêvent d’abattre l’Iran. Les media occidentaux relayent sans réfléchir les informations en provenance de la chaîne de télévision Al Jazeera au Qatar, lui aussi Sunnite. L’Afrique du Nord qui est d’obédience sunnite, elle aussi est complice avec l’Arabie Saoudite contre le croissant moyen-oriental chiite.
    Ce qui se passe en Syrie n’est pas le combat du bien contre le mal, comme voudraient nous le faire croire les media occidentaux. Il s’agit d’une guerre civile, avec des arrières pensés religieuses, et manipulée de l’étranger par des apprentis sorciers. Nos media oublient de dire qu’au moins la moitié de la population Syrienne ne désire pas le départ d’Assad et a peur de ceux qui prendront le pouvoir. Il faut être singulièrement naïf pour croire que ceux qui en Syrie ont pris les armes contre le pouvoir veulent y installer la démocratie. Qui leurs procurent des armes ? Les islamistes sunnites sont en embuscades et cueilleront le pouvoir comme un fruit mûr. Les chrétiens, encore influents en Syrie, y seront persécutés… A l’époque de l’Empire Ottoman, le meurtre d’un Persan chiite était plus méritoire que celui de 70 chrétiens ! Qui est derrière les rebelles Syriens?
    *Reproduction autorisée avec mention du lien original Abrahms vous propose un article d’Y.Mérabet (ASFIR)

  7. L’ Arabie, c’est où dites, ce sont les dunes de sable à l’infini qui ont recouvert le royaume magique de Saba, parcouru par des bédouins crasseux à qui l’Occident a construit des palais de cristal !…Et quand la caste vient s’offrir un congé à Ibiza, ce n’est pas du thé et de la camomille qu’ils absorbent !…

    C’est donc un univers d’imposteurs , de sangsues qui veulent parasiter les protagonistes de la Bataille de l’Enérgie … et qui n’ont pas de leur pays qu’un milieu de furoncles, très douloureux et près à éclater !… Comme maintenant, les guerres qu’ils financent doitvent les avoir criblés de dettes, la Révolution, comme en France, devrait se déclencher avec l’annonce de la banqueroute frauduleuse du régime, et comme celui-ci n’a aucune légitimité culturelle à l’extérieur des enceintes des z’élites, le mouvement devrait être fulgurant !… Ensuite, le mouvement révolutionnaire devrait créer un dialogue entre les classes moyennes et « défavorisées » ( les esclaves ! ) et la « classe » des étrangers, puisque , comme dans les émirats, la population est majoritairement étrangère et privée de tout droit !…

Les commentaires sont fermés.