Islam, antéchrist et jambon beurre: voyage au coeur de la machine anti-Islam (vidéo)


Synopsis Télérama : Depuis les attentats de New York en 2001, la paranoïa de certains Américains envers les musulmans ne cesse de croître. Celle-ci est notamment alimentée par des réseaux profitant de ce terreau pour propager des idées d’extrême droite. Ainsi, l’organisation « Stop the Islamisation », qui relaie moult rumeurs, comme celle annonçant la construction par les djihadistes d’une mosquée sur les ruines du World Trade Center. L’organisation a maintenant ses propres ramifications en Europe, entretenant un climat de haine. En France aussi, la peur de l’Islam a généré des manifestations regrettables. En 2010, sous prétexte qu’il n’était plus possible d’acheter du jambon dans un quartier parisien, une opération « apéro saucisson et pinard » était ainsi organisée.

Le 22 juillet dernier, avant de massacrer soixante-dix-sept personnes à Oslo et sur l’île d’Utoeya, l’extrémiste norvégien Anders Behring Breivik a pris soin de diffuser sur Internet un délirant manifeste de 1 500 pages contre l’islamisation de l’Europe, où il appelait à mener la guerre contre la « colonisation musulmane ». Réalisée quelques mois avant la tragédie norvégienne, l’enquête de Paul Moreira dans les réseaux islamophobes vient éclairer crûment cette mouvance internationale unie par la haine des musulmans. « Des centaines de ghettos suivent déjà la charia et plus la loi française », a-t-on pu lire dans le manifeste de Breivik à propos de la France.

De fait, avec un sens certain de l’info choc, Paul Moreira récapitule, dès l’ouverture de son enquête, quelques-unes des affirmations mensongères colportées pour entretenir la peur : une mosquée célébrant le triomphe des djihadistes serait en construction sur les ruines du World Trader Center, une coalition islamo-bolchevique oeuvrerait pour s’emparer du pouvoir aux Etats-Unis, etc. Portant comme à son habitude sa caméra dans les plaies de nos sociétés, il ne se conten­te pas de démonter les manipulations de ces activistes racis­tes (en décortiquant notamment le faux témoignage sur la vie à Barbès, bidonné par le Bloc identitaire), il se confronte aussi à leurs arguments lors d’interviews avec certaines figu­res inter­nationales de l’islamophobie, dont la terrifiante Pamela Geller, à l’origine de Stop islamization of America.

Son film souligne aussi comment cette haine, nourrie aux Etats-Unis par le traumatisme du 11 Septembre et des deux côtés de l’Atlantique par la crise économique, irrigue aujourd’hui certains discours politiques au-delà des milieux extrémistes. De cette peur naîtra la tragédie, rappelle Paul Moreira à certains de ses interlocuteurs. La fusillade du 22 juillet lui a, hélas, donné raison.

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