Le monde est-il trop grand pour échouer ?


par Noam Chomsky pour TomDispatch.com

Les contours de l’ordre mondial.

« Qui possède le monde ? »

Le soulèvement de démocratie dans le monde arabe a été une démonstration spectaculaire de courage, de dévouement et de l’engagement pris par les forces populaires – coïncidant, fortuitement, avec un remarquable soulèvement de dizaines de milliers de personnes en soutien avec les travailleurs et la démocratie à Madison (Wisconsin) et d’autres villes américaines. Si les trajectoires de révolte au Caire et à Madison se sont croisées, elles étaient cependant dirigées dans des directions opposées : au Caire vers l’obtention de droits élémentaires refusés par la dictature, à Madison vers la défense des droits qui avaient été acquis au prix de luttes longues et difficiles et sont maintenant sous de sévère attaque.

Chacun est un microcosme de tendances dans la société mondiale, suivant des courses variées. Il est sûr d’y avoir des conséquences considérables de ce qu’ont lieu tant dans le cœur industriel se délabrant dans le pays le plus riche et le plus puissant dans l’histoire humaine, et dans ce que le président Dwight Eisenhower appelait « le secteur stratégiquement le plus important dans le monde » – « une prodigieuse source de puissance stratégique » et « probablement le gain économique le plus lucratif dans le monde dans le domaine de l’investissement étranger », selon les termes du département d’État dans les années 1940, un gain que les États-Unis avaient l’intention de garder pour eux-mêmes et ses alliés dans le déroulement du Nouvel Ordre Mondial de cette journée.

Malgré tous les changements depuis, il y a lieu de supposer que les décideurs d’aujourd’hui adhèrent essentiellement au jugement de l’influent conseiller du président Franklin Delano Roosevelt, A.A. Berle que du contrôle des réserves énergétiques incomparables du Moyen-Orient, on obtiendrait un « contrôle substantiel du monde ». Et de ce fait, cette perte de contrôle menacerait le projet de domination mondiale qui a été clairement énoncée au cours de la Seconde Guerre Mondiale, et qui a tenu face aux changements majeurs dans l’ordre mondial depuis ce jour.

Dès le début de la guerre, en 1939, Washington a prévu qu’il mettrait fin avec les États-Unis dans une position d’une puissance écrasante. Les spécialistes de la politique étrangère et de hauts fonctionnaires du département d’État se sont rencontrés à travers les années de guerre afin de mettre au point des plans pour le monde de l’après-guerre. Ils ont délimité une « Grande Aire » que les États-Unis devaient dominer, y compris l’hémisphère occidental, l’Extrême-Orient et l’ancien Empire britannique, avec ses ressources d’énergie au Moyen Orient. Comme la Russie a commencé à broyer les armées nazies après Stalingrad, les objectifs de la « Grande Aire » se sont étendus à une grande partie de l’Eurasie que possible, au moins son cœur économique en Europe occidental. Au sein de la région de la « Grande Aire », les États-Unis maintiendraient une « puissance incontestée », avec une « suprématie militaire et économique », tout en assurant la « limitation de tout exercice de souveraineté » par les États qui pourraient interférer avec ses conceptions mondiales. Les plans de guerre prudents ont été rapidement mis en œuvre.

Il a toujours été reconnu que l’Europe pourrait choisir de suivre un cours indépendant. L’OTAN a été partiellement destinée à contrer cette menace. Aussitôt que le prétexte officiel pour l’OTAN s’est dissout en 1989, l’OTAN a été élargie à l’est en violation des promesses verbales données à Mikhaïl Gorbatchev. C’est devenu depuis une force d’intervention de conquête états-unienne, avec une portée allant à l’extrême, a expliqué clairement le Secrétaire général de l’OTAN Jaap de Hoop Scheffer, qui a informé lors d’une conférence de l’OTAN que les « troupes de l’OTAN doivent garder les pipelines qui transportent le pétrole et le gaz pour l’Occident » et plus généralement pour protéger les routes maritimes utilisées par les pétroliers et autre « infrastructure cruciale » du système énergétique.

Les doctrines de la « Grande Aire » donnent clairement une licence à l’intervention militaire à volonté. Cette conclusion a été clairement formulée par l’administration Clinton, qui a déclaré que les États-Unis ont le droit de recourir à la force militaire, d’assurer « un accès désinhibé aux principaux marchés, approvisionnement en énergie et ressources stratégiques » et doit maintenir d’énormes forces militaires « déployées en avant » en Europe et en Asie « afin de façonner les opinions du peuple à notre sujet » et « pour former les événements de forme qui auront une incidence sur notre vie et notre sécurité ».

Les mêmes principes ont dirigé l’invasion de l’Irak. Comme l’échec états-unien d’imposer sa volonté en Irak devenait immanquable, les objectifs réels de l’invasion pourraient ne plus être dissimulés derrière la jolie rhétorique. En novembre 2007, la Maison Blanche a publié une Déclaration de Principes, exigeant que les forces américaines doivent rester indéfiniment en Irak et engager l’Irak à privilégier les investisseurs américains. Deux mois plus tard, le président Bush a informé le Congrès qu’il rejetterait la législation qui pourrait limiter le stationnement permanent des forces armées américaines en Irak ou « le contrôle états-unien des ressources pétrolières de l’Irak » – demande que les États-Unis devaient abandonner peu de temps après, face à la résistance irakienne.

En Tunisie et en Égypte, les récents soulèvements populaires ont remporté des victoires impressionnantes, mais comme la Fondation Carnegie (en anglais : Carnegie Endowment for International Peace, ndt) a rapporté que tandis que les noms ont changé, les régimes demeurent : « un changement d’élites dirigeantes et du système de gouvernance est toujours un but lointain ». Le rapport traite des barrières internes à la démocratie, mais ignore les plus externes, qui sont comme toujours significatifs.

Les États-Unis et leurs alliés occidentaux sont sûrs de faire tout ce qu’ils peuvent pour empêcher une démocratie authentique dans le monde arabe. Pour comprendre pourquoi, il est seulement nécessaire d’examiner les études de l’opinion arabe menées par les organismes du scrutin états-uniens. Bien qu’à peine rapportés, ils sont certainement déjà connu des planificateurs. Ils révèlent par une écrasante majorité, les arabes considèrent les États-Unis et Israël comme les principales menaces auxquelles ils doivent faire face : les États-Unis sont si considérés par 90 % des Egyptiens, et dans la région généralement par plus de 75 %. 10 % des arabes considèrent l’Iran comme une menace. L’opposition à la politique états-unienne est tellement forte qu’une majorité estime que la sécurité serait améliorée si l’Iran avait des armes nucléaires – en Égypte, 80 %. D’autres chiffres sont similaires. Si l’opinion publique devait influencer les politiques, non seulement les États-Unis ne contrôleraient plus la région, mais en seraient expulsés, avec ses alliés, sapant les principes fondamentaux de dominance mondiale.

La main invisible du pouvoir

Le soutien à la démocratie est le domaine des idéologues et propagandistes. Dans le monde réel, l’aversion des élites pour la démocratie est la norme. La preuve est accablante que la démocratie est soutenue dans la mesure où elle contribue à des objectifs sociaux et économiques, une conclusion à contre-cœur concédée par la plus sérieuse érudition.

Le mépris des élites pour la démocratie a été révélé dramatiquement dans la réaction aux expositions de WikiLeaks. Ceux qui ont reçu le plus d’attention, avec des commentaires euphoriques, étaient des câbles rapportant que les arabes soutiennent la position états-unienne sur l’Iran. La référence était aux dictateurs dirigeants. Les attitudes du public ont été passées sous silence. Le principe directeur a été énoncé clairement par le spécialiste du Moyen-Orient de la Fondation Carnegie, Marwan Muasher, anciennement un haut fonctionnaire du gouvernement jordanien : « Il n’y a rien de mal, tout est sous contrôle ». En bref, si les dictateurs nous soutiennent, quoi d’autre pourrait avoir de l’importance ?

La doctrine de Muasher est rationnelle et vénérable. Pour mentionner juste une affaire qui est fortement pertinente aujourd’hui, dans la discussion interne en 1958, le président Eisenhower a exprimé des inquiétudes face à « la campagne de haine » contre nous dans le monde arabe, pas par des gouvernements, mais par le peuple. Le Conseil de Sécurité Nationale (NSC) a expliqué qu’il y a une perception dans le monde arabe que les États-Unis soutiennent les dictatures et bloquent la démocratie et le développement afin de garantir un contrôle sur les ressources de la région. En outre, la perception est fondamentalement exacte, le NSC a conclu, et c’est ce que nous devrions faire, en s’appuyant sur la doctrine de Muasher. Les études menées par le Pentagone après les attentats du 11 septembre ont confirmé que la même [perception] vaut aujourd’hui.

Il est normal pour les vainqueurs d’expédier l’histoire à la poubelle et pour les victimes de la prendre au sérieux. Peut-être quelques brèves observations sur cette importante question peuvent être utiles. Aujourd’hui n’est pas la première fois que l’Égypte et les États-Unis sont confrontés à des problèmes similaires et se déplacent dans des directions opposées. C’était également vrai au début du XIXe siècle.

Des historiens économiques ont soutenu que l’Égypte était bien placé pour procéder à un développement économique rapide en même temps que les États-Unis l’étaient. Tous deux avaient une agriculture riche, y compris de coton, le carburant au début de la révolution industrielle – quoiqu’à la différence de l’Égypte, les États-Unis aient du développer la production de coton et une main d’oeuvre par la conquête, l’extermination et l’esclavage, avec des conséquences qui sont évidentes tout de suite dans les réserves pour les survivants et les prisons qui se sont rapidement développées depuis les années Reagan pour abriter le population superflue laissée par la désindustrialisation.

Une différence fondamentale était que les États-Unis avaient l’indépendance et étaient donc libre d’ignorer les prescriptions de la théorie économique, livré à l’époque par Adam Smith en termes plutôt comme ceux prêchés aux sociétés en développement aujourd’hui. Smith a vivement exhorté les colonies libérées de produire les principaux produits pour l’exportation et d’importer des produits finis britanniques supérieurs et certainement de ne pas tenter de monopoliser les marchandises cruciales, particulièrement en coton. Peu importe le tracé, Smith a averti que cela « ferait obstacle au lieu d’accélérer l’augmentation supplémentaire de la valeur de leur production annuelle et pourrait entraver au lieu de promouvoir le progrès de leur pays vers la vraie richesse et la grandeur ».

Ayant gagné leur indépendance, les colonies étaient libres d’ignorer son conseil et de suivre le tracé de développement guidé d’un État indépendant de l’Angleterre, avec des tarifs élevés afin de protéger l’industrie d’exportations britanniques, les premiers textiles, plus tard l’acier et d’autres et d’adopter les nombreux autres dispositifs pour accélérer le développement industriel. La République indépendante a aussi cherché à obtenir un monopole du coton afin de « placer toutes les autres nations à nos pieds », et particulièrement l’ennemi britannique, comme les présidents jacksoniens l’ont annoncé lors de la conquête du Texas et de la moitié du Mexique.

Pour l’Égypte, un tracé comparable était interdit par la puissance britannique. Lord Palmerston a déclaré que « aucune idée de justice [vers l’Égypte] ne devrait à subir de tels intérêts grands et primordiaux » de la Grande-Bretagne en préservant son hégémonie économique et politique, exprimant sa « haine » pour l’« ignorant barbare » Muhammad Ali qui a osé chercher une voie indépendante et le déploiement de la flotte et de la puissance financière de la Grande-Bretagne pour mettre fin à la quête de l’Égypte pour l’indépendance et le développement économique.

Après la Seconde Guerre Mondiale, lorsque les États-Unis ont remplacé la Grande-Bretagne comme hégémon mondial, Washington adopté la même position, précisant clairement que les États-Unis ne fourniraient aucune aide en Égypte, à moins qu’il ait adhéré aux règles standards pour les faibles – dont les États-Unis continuent à violer, imposant des tarifs élevés pour barrer le coton égyptien et provoquant un manque de dollar débilitant. L’interprétation usuelle des principes du marché.

Il n’est guère étonnant que la « campagne de haine » contre les États-Unis qui a concerné Eisenhower était fondée sur la reconnaissance que les États-Unis soutiennent les dictateurs et bloquent la démocratie et le développement, comme le font ses alliés.

Dans la défense d’Adam Smith, il convient d’ajouter qu’il a reconnu ce qui serait arrivé si la Grande-Bretagne a suivi les règles de l’économie saine, maintenant appelé « néolibéralisme ». Il a averti que si les investisseurs, les marchands et les fabricants britanniques se tournaient vers l’étranger, ils pourraient en tirer profit mais l’Angleterre souffrirait. Mais il a estimé qu’ils seraient guidés par un parti pris patriotique, comme si par une main invisible l’Angleterre serait épargnée les ravages de la rationalité économique.

Le passage est difficile à rater. C’est en l’occurrence la célèbre expression « main invisible » dans « La Richesse des Nations » (The Wealth of Nations). L’autre principal fondateur de l’économie classique, David Ricardo, a tiré des conclusions similaires, espérant que le parti pris patriotique entraînerait les propriétaires « à être satisfait avec le faible taux de profits dans leur propre pays, plutôt que de chercher un emploi plus avantageux pour leur richesse en nations étrangères » des sentiments que, a-t-il ajouté, « je devrais être désolé de voir affaiblis ». Leurs prédictions de côté, les instincts des économistes classiques étaient justes.

Les « menaces » iranienne et chinoise

Le soulèvement de démocratie dans le monde arabe est parfois comparé à l’Europe orientale, en 1989, mais pour des raisons douteuses. En 1989, le soulèvement de démocratie était toléré par les Russes et pris en charge par les puissances occidentales en accord avec la doctrine standard : il s’est manifestement conformé aux objectifs stratégiques et économiques et était donc une réalisation noble, énormément honorée, contrairement aux luttes en même temps « pour défendre les droits fondamentaux du peuple » en Amérique centrale, selon les termes de l’archevêque assassiné du Salvador, parmi les centaines de milliers de victimes des militaires des forces armées et formées par Washington. Il n’y n’avait aucun Gorbachev dans l’Occident tout au long de ces terribles années, et il n’y en a aucun aujourd’hui. Et la puissance occidentale reste hostile à la démocratie dans le monde arabe pour de bonnes raisons.

Les doctrines de la « Grande Aire » continuent de s’appliquer aux crises contemporaines et aux affrontements. Dans les cercles d’élaboration des politiques occidentales et commentaires politiques, la menace iranienne est considérée comme posant le plus grand danger pour l’ordre mondial et par conséquent doit être l’objectif principal de la politique étrangère américaine, avec l’Europe traînant derrière.

Quelle est exactement la menace iranienne ? Une réponse faisant autorité est fournie par le Pentagone et le renseignement états-unien. Dans le rapport sur la sécurité mondiale l’année dernière, ils indiquent clairement que la menace n’est pas militaire. Ils concluent que les dépenses militaires de l’Iran sont « relativement faibles par rapport au reste de la région ». Sa doctrine militaire est strictement « défensive, conçue pour ralentir une invasion et forcer une solution diplomatique aux hostilités ». L’Iran a seulement « une capacité limitée de projection de force au-delà de ses frontières ». En ce qui concerne l’option nucléaire, « le programme nucléaire iranien et sa volonté de garder ouverte la possibilité de développer des armes nucléaires sont un élement central de sa stratégie de dissuasion ».

Le régime théocratique brutal est sans doute une menace pour son propre peuple, quoiqu’il ait à peine un grade supérieur aux alliés américains à cet égard. Mais la menace se trouve ailleurs et est de mauvaise augure en effet. Un élément est la capacité dissuasive potentielle de l’Iran, un exercice illégitime de souveraineté qui pourrait porter atteinte à la liberté d’action états-unienne dans la région. Ce qui saute aux yeux est pourquoi l’Iran chercherait une capacité de dissuasion ; un regard sur les bases militaires et les forces nucléaires dans la région suffit à l’expliquer.

Sept ans plus tôt, l’historien militaire israélien Martin van Creveld a écrit que « le monde a vu comment les États-Unis ont attaqué l’Irak, ce qu’il en sorti, il s’est avéré que rien du tout. Si les Iraniens n’avaient pas essayé de construire des armes nucléaires, ils seraient fous », particulièrement lorsqu’ils sont sous la menace constante d’une attaque en violation de la Charte des Nations Unies. S’ils le font reste une question ouverte, mais peut-être aussi [une menace].

Mais la menace de l’Iran va au-delà de la dissuasion. Elle cherche également à étendre son influence dans les pays voisins, le renseignement états-unien et le Pentagone le soulignent et de cette façon pour « déstabiliser » la région (en termes techniques du discours de politique étrangère). L’invasion américaine et l’occupation militaire des voisins de l’Iran est de la « stabilisation ». Les efforts de l’Iran pour élargir son influence sont de la « déstabilisation », donc manifestement illégitime.

Cet usage est devenu une habitude. L’éminent analyste de la politique étrangère James Chace a utilisé correctement le terme « stabilité » dans son sens technique lorsqu’il a expliqué que, pour atteindre la « stabilité » au Chili il était donc nécessaire de « déstabiliser » le pays (en renversant le gouvernement élu de Salvador Allende et en installant la dictature du général Augusto Pinochet). D’autres préoccupations concernant l’Iran sont tout aussi intéressantes à explorer, mais peut-être cela suffit pour révéler les principes directeurs et leur statut dans la culture impériale. Comme les planificateurs de Franklin Delano Roosevelt ont souligné à l’aube du système mondial contemporain, les États-Unis ne peuvent tolérer « tout exercice de souveraineté » qui interfère avec ses desseins mondiaux.

Les États-Unis et l’Europe sont unis pour punir l’Iran pour sa menace à la stabilité, mais il est utile de rappeler comment ils sont isolés. Les pays non alignés ont vigoureusement soutenu le droit de l’Iran d’enrichir de l’uranium. Dans la région, l’opinion publique arabe même favorise fortement les armes nucléaires iraniennes. La grande puissance régionale, la Turquie, a voté contre la dernière proposition de sanctions initiée par les États-Unis au Conseil de Sécurité, avec le Brésil, le pays le plus admiré du Sud. Leur désobéissance a conduit à la censure aiguisée, pas pour la première fois : la Turquie a été âprement condamnée en 2003 lorsque le gouvernement a suivi la volonté de 95 % de la population et a refusé de participer à l’invasion de l’Irak, démontrant ainsi sa faible étreinte de démocratie, style occidental.

Après son méfait au Conseil de Sécurité de l’année dernière, la Turquie a été avertie par un haut diplomate des affaires européennes d’Obama, Philip Gordon, qu’elle doit « concrétiser son engagement de partenariat avec l’Occident ». Un érudit avec le Conseil des Relations Etrangères a demandé, « Comment gardons-nous les Turcs dans leur sillon ? » – suivant les ordres comme de bons démocrates. Lula au Brésil a été averti dans un titre du New York Times que ses efforts avec la Turquie pour fournir une solution à la question de l’enrichissement d’uranium à l’extérieur de la structure du pouvoir états-unien était une « tache sur l’héritage du leader brésilien ». En bref, faire ce que nous disons, ou sinon.

Une position collatérale intéressante, efficacement supprimée, est que l’accord Iran-Turquie-Brésil a été approuvé à l’avance par Obama, probablement sur l’hypothèse qu’elle échouerait, fournissant une arme idéologique contre l’Iran. Lorsqu’elle a réussi, l’approbation a tourné à la censure, et Washington enfoncé par une résolution du Conseil de Sécurité si faible que la Chine signa facilement – et est maintenant réprimandée de se soumettre à la lettre de la résolution, mais pas les directives unilatérales de Washington – dans le dernier numéro des Foreign Relations, par exemple.

Alors que les États-Unis peuvent tolérer la désobéissance turque, quoique avec consternation, la Chine est difficile à ignorer. La presse avertit que « les investisseurs et les commerçants de la Chine comblent maintenant un vide en Iran comme les entreprises de nombreux autres pays, notamment en Europe, se retirent du marché », et en particulier, elle étend son rôle dominant dans les industries énergétiques de l’Iran. Washington réagit avec une pointe de désespoir. Le département d’État a averti la Chine que si elle veut être acceptée par la communauté internationale – un terme technique se référant aux États-Unis et quiconque arrive à être d’accord avec ça – alors elle ne doit pas « contourner et éluder des responsabilités internationales qui sont claires » : à savoir, suivre les ordres états-uniens. La Chine est peu susceptible d’être impressionnée.

Il y a aussi beaucoup de préoccupations concernant la menace militaire chinoise croissante. Une étude récente du Pentagone a averti que le budget militaire chinois s’approche d’« un cinquième de ce que le Pentagone a dépensé pour opérer et mener les guerres en Irak et en Afghanistan », une fraction du budget militaire des États-Unis, bien entendu. L’expansion des forces militaires de la Chine pourrait « refuser la capacité des navires de guerre américains à opérer dans les eaux internationales au large de sa côte », a ajouté le New York Times.

C’est-à-dire, au large de la côte de la Chine; on n’a pas encore proposé que les États-Unis devraient éliminer les forces militaires qui refusent les Caraïbes aux navires de guerre chinois. Le manque de compréhension de la Chine pour les règles de civilité internationale est illustré par ses objections aux plans du porte-avions à propulsion nucléaire avancée George Washington de se joindre à des exercices navals à quelques miles au large de la côte de la Chine, avec la capacité présumée de frapper Pékin.

En revanche, l’Occident comprend que ces opérations américaines sont toutes menées pour défendre sa propre sécurité et la stabilité. Le libéral New Republic exprime sa préoccupation que « la Chine a envoyé dix navires de guerre dans les eaux internationales au large de l’île japonaise d’Okinawa ». C’est en effet une provocation – à la différence du fait, non mentionné, que Washington a converti l’île en une importante base militaire en dépit des protestations véhémentes par le peuple d’Okinawa. Ce n’est pas une provocation, sur le principe standard que nous possédons le monde.

La doctrine impériale profondément enracinée à part, il y a lieu pour les voisins de la Chine de s’inquiéter de sa montée en puissance militaire et commerciale. Et même si l’opinion arabe soutient un programme nucléaire iranien, nous ne devrions certainement pas le faire ainsi. La littérature sur la politique étrangère est pleine de propositions quant à la façon de contrer la menace. Une façon évidente est rarement discutée : travailler pour établir une zone exempte d’armes nucléaires (ZEAN) dans la région. La question s’est posée (de nouveau) lors de la Conférence du Traité de Non-Prolifération (TNP) au Siège des Nations Unies en mai dernier. L’Égypte, titulaire de la Chaire des 118 nations du Mouvement des Non-Alignés, a appelé à des négociations sur une ZEAN au Moyen-Orient, comme il avait été convenu par l’Ocident, y compris les États-Unis, à la conférence sur l’examen du TNP en 1995.

Le soutien international est si écrasant que Obama a formellement été d’accord. C’est une belle idée, Washington a informé la conférence, mais pas maintenant. En outre, les États-Unis ont clairement fait comprendre qu’Israël doit être exempté : aucune proposition ne peut appeler le programme nucléaire israélien à être placé sous les auspices de l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique (AIEA) ou pour la divulgation d’informations concernant les « activités et installations nucléaires israéliennes ». Voilà pour cette méthode de traitement de la menace nucléaire iranienne.

La privatisation de la planète

Alors que la doctrine de la « Grande Aire » prévaut toujours, la capacité de la mettre en œuvre a diminué. Le sommet de la puissance des États-Unis a été après la Seconde Guerre Mondiale, quand ils avaient littéralement la moitié de la richesse du monde. Mais cela a naturellement décliné, comme d’autres économies industrielles se sont remises des dévastations de la guerre et de la décolonisation qui a suivi sa voie agonisante. Au début des années 1970, la part des États-Unis de la richesse mondiale avait chuté jusqu’à environ 25 %, et le monde industriel était devenu tripolaire : Amérique du Nord, Europe et Asie de l’Est (alors basé au Japon).

Il y avait aussi un changement brusque de l’économie américaine dans les années 1970, vers la financiarisation et l’exportation de la production. Une variété de facteurs a convergé pour créer un cercle vicieux de concentration radicale des richesses, principalement dans la fraction supérieure de 1 % de la population – surtout des PDG, gestionnaires de fonds spéculatifs (hedge-fund) et d’autres de ce genre. Cela nous amène à la concentration du pouvoir politique, donc des politiques gouvernementales visant à accroître la concentration économique : les politiques fiscales, les règles de gouvernance d’entreprise, la déréglementation et bien plus encore. Pendant ce temps, les coûts de campagnes électorales sont montés en flèche, conduisant les parties dans les poches de capitaux concentrés, de plus en plus financiers : les Républicains de manière réfléchie, les Démocrates – qui ont à présent l’habitude d’être des Républicains modérés – non loin derrière.

Les élections sont devenues une charade, dirigées par l’industrie de relations publiques. Après sa victoire de 2008, Obama a remporté un prix de l’industrie pour la meilleure campagne de marketing de l’année. Les cadres étaient euphoriques. Dans la presse financière, ils ont expliqué qu’ils avaient commercialisé les candidats comme d’autres produits depuis Ronald Reagan, mais 2008 était leur plus grand achèvement et pourrait modifier le style dans des salles de conseil d’administration. On s’attend à ce que l’élection de 2012 coûte 2 milliards de dollars, principalement par financement corporatif. Guère étonnant qu’Obama choisisse des dirigeants d’entreprise pour des postes supérieurs. Le public est fâché et frustré, mais tant que le principe de Muasher prévaut, cela importe peu.

Tandis que la richesse et le pouvoir se sont étroitement concentrées, pour la plupart de la population les revenus réels ont stagné et les gens y sont arrivés avec des heures de travail accrues, la dette et l’inflation des actifs, régulièrement détruites par les crises financières qui ont débuté vu que l’appareil de régulation a été démantelé à partir des années 1980.

Rien de tout cela n’est problématique pour les plus riches, qui bénéficient d’une police d’assurance gouvernementale appelée « trop grande pour échouer ». Les banques et les entreprises d’investissement peuvent effectuer des transactions risquées, aux récompenses élevées, et lorsque le système s’effondre inévitablement, ils peuvent courir à l’État-providence pour un sauvetage (ou renflouement) par le contribuable, saissisant leurs copies de Friedrich Hayek et Milton Friedman.

Cela a été le processus régulier depuis les années Reagan, chaque crise plus extrême que la précédente – c’est-à-dire, pour la population publique. Aujourd’hui, le chômage réel est à des niveaux de dépression pour une grande partie de la population, tandis que Goldman Sachs, un des principaux architectes de la crise actuelle, est plus riche que jamais. Elle vient tranquillement d’annoncer 17,5 milliards de dollars en rémunération pour l’an dernier, avec le PDG, Lloyd Blankfein recevant un bonus de 12,6 millions de dollars, tandis que son salaire de base a plus que triplé.

Il ne faudait pas attirer l’attention sur de tels faits. Par conséquent, la propagande doit chercher à blâmer les autres, ces derniers mois, les travailleurs du secteur public, leurs gros salaires, les retraites exorbitantes, et ainsi de suite : toute fantasie, sur le modèle de l’imagerie reaganienne des mères noires étant conduites dans leur limousine pour prendre des chèques d’allocations – et d’autres modèles qui n’ont pas besoin d’être mentionnés. Nous devons tous nous resserrer la ceinture ; c’est-à-dire, presque tout.

Les enseignants sont une cible particulièrement bonne, comme partie de l’effort délibéré de détruire le système d’éducation publique du jardin d’enfants à travers les universités par la privatisation – à nouveau, c’est bon pour les riches, mais un désastre pour la population, aussi bien pour la santé de l’économie à long terme, mais c’est l’une des externalités qui est mise de côté dans la mesure où les principes du marché prévalent.

Une autre excellente cible, toujours, est les immigrants. Cela a été vrai partout dans l’histoire des États-Unis, même plus encore en temps de crise économique, exacerbée maintenant par un sentiment que notre pays est emmené loin de nous : la population blanche deviendra bientôt une minorité. On peut comprendre la colère des personnes lésées, mais la cruauté de la politique est choquante.

Qui sont les immigrants ciblés ? Dans l’est du Massachusetts, où j’habite, beaucoup sont Maya fuyant le génocide dans la région montagneuse guatémaltèque commis par les tueurs préférés de Reagan. D’autres sont des victimes mexicaines de l’ALENA (Accord de libre-échange nord-américain) de Clinton, l’un de ces rares accords gouvernementaux qui a réussi à nuire à des travailleurs dans les trois pays participants. Comme l’ALENA a été enfoncé par le biais du Congrès malgré l’opposition populaire en 1994, Clinton a également lancé la militarisation de la frontière des États-Unis-Mexique, précédemment assez ouverte. Il avait été entendu que les « campesinos » (paysans) mexicains ne peuvent pas rivaliser avec l’industrie agroalimentaire américaine fortement subventionnée, et que les entreprises mexicaines ne survivraient pas à la concurrence avec les multinationales états-uniennes, à qui l’on doit accordé le « traitement national » en vertu des accords de libre-échange trompeur, un privilège a accordé seulement aux sociétés-personnes (comprendre la société en tant qu’une personne physique, ndt), pas ceux de chair et de sang. Sans surprise, ces mesures ont engendré un afflux massif de réfugiés désespérés et l’hystérie grandissante anti-immigrant par les victimes des politiques d’État-corporatisme au pays.

Le même semble se produire en Europe, où le racisme est probablement plus rampant qu’aux États-Unis. On ne peut seulement que regarder avec étonnement, comme l’Italie qui se plaint du flux de réfugiés en provenance de la Libye, la scène du premier génocide post-Première Guerre Mondiale, dans l’est libéré pour l’instant, des mains du gouvernement fasciste de l’Italie. Ou quand la France, aujourd’hui encore le principal protecteur des dictatures brutales dans ses anciennes colonies, parvient à négliger ses horribles atrocités en Afrique, alors que le président français Nicolas Sarkozy avertit d’un air mécontent de l’« afflux d’immigrants » et Marine Le Pen qui objecte qu’il ne fait rien pour l’empêcher. Je n’ai pas mentionné la Belgique, qui peut gagner le prix de ce qu’Adam Smith a appelé « l’injustice sauvage des Européens ».

La montée des partis néofascistes dans une grande partie de l’Europe serait un phénomène effrayant même si nous ne devions pas nous rappeler ce qui est arrivé sur le continent dans un passé récent. Imaginez juste la réaction si les Juifs étaient expulsés de la France à la misère et l’oppression et puis témoin de la non-réaction lorsque que cela arrive aux Roms, également victimes de l’Holocauste et la population la plus brutalisée d’Europe.

En Hongrie, le parti néofasciste Jobbik a obtenu 17 % des voix lors des élections nationales, ce n’est peut-être pas étonnant lorsque les trois quarts de la population sentent qu’ils sont moins bien lotis que sous le régime communiste. Nous pourrions être soulagés que, en Autriche, la droite radicale de Jörg Haider n’a remporté seulement que 10 % des suffrages en 2008 – si ce n’était le fait que le nouveau Parti de la Liberté (Freedom Party), se déjouant des manoeuvres de l’extrême-droite, a remporté plus de 17 %. Cela fait froid dans le dos de rappeler que, en 1928, les Nazis ont gagné moins de 3 % des suffrages en Allemagne.

En Angleterre, le Parti National Britannique et la Ligue de Défense Anglaise, l’ultra-droite raciste, sont des forces majeures. (Ce qui se passe en Hollande vous ne le savez que trop bien.) En Allemagne, la complainte de Thilo Sarrazin sur les immigrants détruisant le pays fut un best-seller galopant, tandis que la chancelière Angela Merkel, bien que condamnant le livre, a déclaré que le multiculturalisme a « complètement échoué » : les Turcs importés pour faire le sale boulot en Allemagne ne parviennent pas à devenir blonds aux yeux bleus, de vrai Aryens.

Ceux qui ont un sens de l’ironie peuvent se rappeler que Benjamin Franklin, une des figures marquantes du Siècle des Lumières, a averti que les colonies fraîchement libérées devraient se méfier de permettre aux Allemands d’immigrer, parce qu’ils étaient trop basanés ; les Suédois aussi. Jusqu’au XXe siècle, les mythes risibles de pureté anglo-saxonne étaient communs aux États-Unis, y compris parmi les présidents et autres personnalités de premier plan. Le racisme dans la culture littéraire a été un rang d’obscénité ; c’est bien pire dans la pratique, il va sans dire. Il est beaucoup plus facile à éradiquer la polio que cette peste horrifiante qui régulièrement devient plus virulente en temps de détresse économique.

Je ne veux pas mettre fin sans mentionner une autre externalité qui est rejetée dans les systèmes de marché : le sort de l’espèce. Le risque systémique dans le système financier peut être réparé par le contribuable, mais personne ne viendra à la rescousse si l’environnement est détruit. Qu’il doive être détruit est proche d’un impératif institutionnel. Les dirigeants d’entreprise qui mènent des campagnes de propagande pour convaincre la population que le réchauffement climatique anthropogénique est une mystification libérale comprennent parfaitement comment grave est la menace, mais ils doivent maximiser les profits à court terme et la part de marché. S’ils ne le font pas, quelqu’un d’autre le fera.

Ce cercle vicieux pourrait bien s’avérer mortel. Pour voir comment grave est le danger, regarder tout simplement le nouveau Congrès aux États-Unis, propulsé au pouvoir par des fonds financiers et la propagande. Presque tous sont négationnistes climatiques. Ils ont déjà commencé à couper les financements pour les mesures qui pourraient atténuer la catastrophe environnementale. Pire encore, certains sont de vrais croyants; par exemple, le nouveau chef d’un sous-comité sur l’environnement qui a expliqué que le réchauffement climatique ne peut pas être un problème, parce que Dieu a promis à Noah qu’il n’y aurait pas une autre inondation.

Si de telles choses se produisaient dans certains petits pays éloignés, nous pourrions rire. Pas quand ils se produisent dans le pays le plus riche et le plus puissant dans le monde. Et avant que nous rions, nous pourrions également garder à l’esprit que l’actuelle crise économique n’est claire en aucune petite mesure à la foi fanatique en de tels dogmes comme l’hypothèse de l’efficience du marché et en général ce que le lauréat du prix Nobel Joseph Stiglitz, il y a 15 ans, a appelé la « religion » que les marchés connaissent le mieux – laquelle a empêché la Banque centrale et les économistes de faire attention à 8 mille milliards de dollars hébergeant la bulle qui n’avait aucun fondement du tout dans les principes de bases économiques, et qui a dévasté l’économie lorsqu’elle a éclaté.

Tout cela et bien plus encore, peuvent aller de l’avant tant que la doctrine de Muashar l’emporte. Tant que la population générale est passive, apathique, détournée vers le consumérisme ou à la haine des personnes vulnérables, alors le puissant peut faire comme il lui plaît, et ceux qui survivent vont rester à contempler le résultat.

Noam Chomsky

Noam Chomsky est professeur émérite d’Institut au MIT (Massachusetts Institute of Technology) département de linguistique et de la philosophie. Il est l’auteur de nombreux oeuvres politiques à succès. Ses plus récents ouvrages sont une nouvelle édition de Power and Terror, The Essential Chomsky (édité par Anthony Arnove), une collection de ses écrits sur la politique et sur la langue des années 1950 à nos jours, Gaza in Crisis, avec Ilan Pappé, et Hopes and Prospects, aussi disponible en audiobook. Cet article est une adaptation d’une discussion à Amsterdam en mars.

Lectures et documentaires conseillés sur les sujets abordés :

De l’émergence d’un nouveau monde arabe (1/2)

Golfe / Armement : Autant en emporte le vent (1/2)

Golfe / Armement : Autant en emporte le vent (2/2)

1932 (vidéo)

The Corporation (vidéo)

Entre décadence et destruction, notre civilisation va devoir choisir

De SALT aux ZEAN : 40 ans de désarmement nucléaire

Le côté obscur de l’histoire des États-Unis

Article original :  Is the World Too Big to Fail ?

Traduction : Saïd Ahmiri pour le MecanoBlog

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14 réponses à “Le monde est-il trop grand pour échouer ?

  1. Pour enfoncer le clou pour le dérèglement de l’économie, vous pouvez rajouter les livres suivants :
    – « Les mensonges (innocents)de l’économie » de J. K. Galbraith
    – « l’esprit de Philadelphie » de Alain Supiot

    Fultrix.

    • Merci. Les liens publiés sont des articles ou des documentaires disponibles sur le site, et non des livres. 😉

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