La révolution arabe et la reconquête de l’identité


par Abdelaziz al-Hays pour Al Jazeera

On considère la révolution populaire arabe qui s’est déroulée en Tunisie et en Égypte, comme étant la révolution de masses la plus importante qui ait eu lieu à l’époque contemporaine après les révolutions française, bolchevique et iranienne. Aujourd’hui, dans le monde arabe, on assiste à une approbation populaire générale de cette révolution en raison de son opposition à l’injustice. Elle est aussi considérée comme un passage obligé après une phase de « blocage » par laquelle est passée la société arabe. Elle est également unanimement acceptée car elle est l’expression de la voix des masses ; voix qui est restée très longtemps dans l’attente.

« La libération des gens et leur éloignement des dimensions autoritaires et idéologiques sont les plus grands bénéfices de la révolution populaire arabe. C'est le meilleur moyen de retrouver leur identité. C'est l'expression directe de leur volonté et de leur nature. »

L’élite et les masses

L’idée de l’expression des masses par elles-mêmes est le plus important problème qui se présente à nous. Ancrée dans l’imaginaire arabe et islamique, l’image négative des masses et du peuple en général a été bouleversée par cette révolution. Notre histoire arabe est une histoire des « élites ». De nombreuses pages de notre patrimoine littéraire, qu’il n’est pas utile de citer, rabaissent les masses et le grand public. Elles les décrivent comme étant de la « racaille », des « rebuts » ou uniquement comme des « petites gens ». Ces pages de notre patrimoine littéraire ont peu fait l’éloge des masses comme le fit Ali ibn Abi Talib, qu’Allah soit satisfait de lui, lorsqu’il dit : « Le peuple de la communauté est le pilier de la religion, ce qui rassemble les musulmans et l’arme pour combattre les ennemis ».

Cette représentation négative du peuple existait aussi en Occident. Le philosophe anglais Thomas Hobbes fut le premier à avoir étudié le terme « peuple » dans son livre Le Citoyen (1). Il dit au sujet du peuple qu’il est composé de « barbares », en raison de leur amour de la guerre, et que le mal fait partie de sa nature. Au XIXème siècle, le philosophe hollandais, Spinoza exposa une autre idée. En parlant du peuple, il utilisa le terme « foule » qu’il considère, dans son Traité théologico-politique (2), comme un être doté d’une grande puissance.

D’autres études ont porté sur le concept de « foule ». A la fin du XIXème siècle, l’historien français Gustave Le Bon considérait dans ses deux livres Psychologie des foules et Psychologie des révolutions (3), que les masses étaient une entité désorganisée et irrationnelle. Selon lui, cette entité avait une tendance à avoir une conduite irréfléchie et était encline à l’extrémisme. Cette position de Gustave Le Bon et l’enthousiasme qu’il mit à défendre cette orientation grandirent à mesure qu’il approfondissait son étude sur l’impact dévastateur de la frénésie des masses sur les sociétés. Les cent années qui ont suivi la Révolution française ont été marquées par une succession de révolutions douloureuses. Aujourd’hui, l’Occident a développé des instruments politiques et d’information qui donnent sa place à l’opinion publique et qui font d’elle un acteur influent et souverain.

Actuellement, l’expression du sentiment populaire arabe et sa pensée s’accomplissent par le biais d’appareils modernes et démocratiques. C’est le plus grand bénéfice attendu après la révolution populaire. Par ce cadeau populaire, les masses auront conscience d’elles-mêmes, de leur force et du fait qu’elles sont une entité à part entière. Cette entité est dotée d’une existence et elle est capable de porter elle-même ses idées, de les exprimer et de les mettre en œuvre. La grandeur de la révolution arabe va s’épanouir si elle représente ses masses, si elle devient leur voix et s’il ne se reproduit pas ce qui est arrivé lors des révolutions arabes des années 1950. Ces révolutions exprimaient les orientations des élites militaires et n’avaient de révolution de « masses » que le nom.

Les exemples de la Tunisie et de l’Égypte ont démontré le désir insatiable des masses arabes de s’exprimer par elles-mêmes. Les appareils de l’autorité et les élites, qui recouraient aux relations de force et de favoritisme, se basaient sur le rejet violent de l’identité et de l’intérêt du peuple. Ils considéraient que prendre parti pour des intérêts « particuliers» nécessitait de prendre position contre l’intérêt « général ». L’élite ne tenait compte que de son opinion et méprisait l’avis « général ».

Finalement, le dominant « se connaît et connaît les autres » comme le dit Pierre Bourdieu dans ses recherches de socio-politique. Dans ce modèle des rapports de force et de contrôle, le dominant est celui qui classifie les gens, qui définit leur position et qui nuance leur identité.

Tunisie… L’identité d’une élite ou l’identité d’une société ?

Dans le monde arabe, la Tunisie était le meilleur modèle de processus d’aliénation identitaire mis en œuvre. Quelle usurpation et quelle marginalisation de l’identité arabo-islamique peuvent être plus profondes que celles mises en œuvre par le Président Habib Bourguiba qui buvait du jus d’orange devant les gens pendant le mois de ramadan (4) ? Ou lorsqu’il demanda d’abandonner le hajj qui épuisait les ressources financières du pays ? Ou lorsqu’il exprima explicitement son mépris pour la langue arabe ?

Après l’indépendance de la Tunisie, Habib Bourguiba avait été condamné par les chouyoukh de la Zitouna et par le Vieux-Destour, pour sa lutte contre les symboles de l’arabité et de l’islam. Sous le slogan de la « modernisation », Bourguiba travailla à détruire les piliers de cette identité arabo-islamique. Il abolit les tribunaux islamiques et promut l’enseignement « francophone ».

De même, il prit la tête du bataillon de ceux qui, sortis des universités françaises, ont dirigé le mouvement national puis les institutions de l’État tunisien moderne. Cette élite œuvrait à la rupture de tout contact avec les racines de la personnalité tunisienne fondée sur l’identité arabe et islamique. En revanche, cette élite était disposée à embrasser et à encourager tous les éléments identitaires qui rentraient en opposition avec les piliers de cette personnalité tunisienne.

Débutée en 1987, l’ère de Ben Ali fut accompagnée d’un simulacre d’ouverture politique démocratique, de respect des droits de l’homme et de croissance économique. La vérité apparut rapidement. Le pays, son identité et la voix de son peuple entra dans une nouvelle phase d’aliénation. En Tunisie, le Général Ben Ali mit en place une politique fondée sur une tyrannie sécuritaire et répressive. Il gérait le pays directement par le biais de son immense dispositif de sécurité alors que son prédécesseur Habib Bourguiba s’appuyait en premier lieu sur son parti.

De par son caractère arabo-islamique, l’identité tunisienne fut une cible au cours de son histoire post-indépendance. Professeur de sociologie politique à l’Université de Tunis el-Manar, Salim Labid l’explique dans son livre L’identité : l’islam, l’arabité, la tunisianité : « L’identité en Tunisie, à travers les nombreuses phases de son histoire contemporaine, a incarné un véritable champ de bataille entre l’élite issue des masses qui s’assimile à l’identité arabo-islamique, comme si assimile le peuple, et une élite qui construit son identité à partir d’éléments qu’elle sélectionne elle-même. Ces éléments peuvent être la francophonie, la méditerranéité, l’africanité, la romanité ou l’identité carthaginoise mais pas l’identité arabo-islamique ». (p.20)

Il faut mettre l’accent sur la dimension islamique et arabe de la personnalité tunisienne car cette dimension a été l’objet d’attaques et de politiques de marginalisation. En réalité, l’identité du peuple tunisien ou égyptien repose sur un héritage historique profond qui lui garantit le droit à la différence et l’expression naturelle de ses composantes. La manifestation d’une identité n’exige pas obligatoirement le refus d’une autre.

Cependant, utiliser des identités en opposition avec une autre identité était, et continue d’être, une méthode pratiquée par le despotisme. Dans un pays qui ne tient pas compte des organisations des droits de l’homme et des institutions civiles et qui ne présente aucune démocratie effective, on remarque que les liens et les relations fondés sur l’identité deviennent un facteur de corruption plutôt qu’un facteur de richesse et de diversité. Contrairement à ce qu’il se passa en Tunisie, il y eut en Égypte une exploitation politique par les gouvernements d’Hosni Moubarak et d’Anouar el Sadate, de la dimension « islamique » de l’identité égyptienne.

Égypte… Un cadeau tombé du ciel entre les mains des puissants

Dés l’arrivée de Sadate au pouvoir, l’Égypte prit un nouveau tournant qui se manifesta par l’alliance avec les États-Unis et la politique d’« ouverture » économique sur le modèle libéral (infitah). Ces deux traits n’ont pas profité à l’Égypte comme elle l’envisageait. Au lieu de cela, seule une partie des élites et des secteurs bien déterminés de la société égyptienne en retirèrent des bénéfices. D’une manière générale, ces deux orientations furent des facteurs d’affaiblissement pour le peuple égyptien.

D’un point de vue économique, au début des années 1980, l’Égypte avait connu un taux de croissance intérieure de 8%, fait sans précédent dans l’histoire du pays. Cette croissance économique ne profita pas au pays dans son ensemble. Le peuple se plaignait des dysfonctionnements administratifs et de la main mise d’un parti unique qui assurait la promotion d’éléments qu’il avait choisis.

Dans la seconde moitié des années 1980, le taux de croissance des revenus intérieurs baissa fortement tout comme le taux de migration et les prix du pétrole. Cet aspect économique eut un impact sur l’ensemble du pays. Il fit baisser le niveau de vie et il provoqua une fracture entre le peuple et la direction politique du pays avec ses orientations stratégiques. Malgré ces problèmes, les classes supérieures et certains secteurs privés, proches du pouvoir, mirent en place une politique qui leur profitait. Depuis cette période, l’Égypte devint un pays sans égal en ce qui concerne le « service des riches », comme le fit remarquer le penseur égyptien Galal Amin.

Ces dernières années, l’Égypte a été témoin de la pire version de cette politique favorable aux classes supérieures. Si le pays n’avait pas vécu cette révolution, il serait devenu le passager contraint du train de la mondialisation économique « néo-libérale » que défendait ardemment Jamal Moubarak et son entourage. Cette nouvelle économie transforme l’identité du pays, brise les structures de production et étrangle les classes subalternes qui représentent 40% de la population.

L’Égypte et sa politique dépendent des hommes d’affaires ou de la « nouvelle garde » comme les a nommés le Centre de recherches américain Carnegie au mois de septembre dernier. Le Centre a constaté que les hommes d’affaires égyptiens jouent un rôle important au niveau de la prise de décisions politiques.

Les « gangs » politiques se sont mis d’accord avec les « gangs » économiques pour piller l’économie du pays et les aides extérieures. On estime que le montant de l’argent détourné s’élevait, au milieu des années 1990, à environ 300 milliards de dollars. L’alliance avec les États-Unis n’a pas été un facteur de force pour l’Égypte comme c’est toujours le cas pour quiconque accepte les conditions étasuniennes.

Des rapports ont démontré que l’administration d’Obama veillait depuis le début à ne faire aucune critique publique du Gouvernement de Moubarak au sujet de ses lacunes dans les domaines de la démocratie et des droits de l’homme. Le régime de Moubarak n’était pas capable de refléter l’identité du peuple car ce régime était dépourvu d’identité. C’était un régime de « nature personnelle », sans structure, ne pouvant pas évoluer dans quelque direction que ce soit. Il n’était ni démocratique ni même totalitaire comme l’indique Maysa al-Jamal dans son livre L’élite politique en Égypte (p. 220).

Libération de l’autorité étatique et de la tutelle de l’opposition

La caractéristique spécifique de la transformation actuelle réside dans son intransigeance. Les masses s’expriment par elles-mêmes simplement et directement : « gouvernement corrompu alors va t’en !… » C’est ainsi que dans un premier temps le mouvement des masses a pris les choses en main. Le mouvement se restructure d’après la nouvelle situation dans laquelle il gouverne sans les élites ou leurs semblables ; que ce soient les élites de l’autorité ou celles de l’opposition.

En réalité, les élites sont de véritables élites lorsqu’elles sont une source nutritive et un serviteur des masses. Non pas lorsqu’elles s’alimentent sur le compte de ces masses et qu’elles font d’elles un champ dont elles disposent comme elles le souhaitent. De par sa qualité de grand processus de transformation, la révolution des masses recommence la formation d’élites. Elle les crée à nouveau dans un cadre stable à partir d’objectifs réalistes et concrets qui sont liés, dans un premier temps, au bien des gens.

La libération des gens et leur éloignement des dimensions autoritaires et idéologiques sont les plus grands bénéfices de la révolution populaire arabe. C’est le meilleur moyen de retrouver leur identité. C’est l’expression directe de leur volonté et de leur nature.

Les masses se concentrent autour de critères généraux que les gens acceptent. De même, elles éliminent les différences idéologiques, qui peuvent exister en leur sein, comme les normes relatives à la liberté, au respect, à la démocratie et à la justice sociale. D’un point de vue politique, l’intérêt personnel n’est plus aussi important et central qu’il a pu l’être pour l’élite gouvernante liée aux puissances occidentales. De même, ce que veut l’Occident d’un régime arabe n’est plus aussi important tant que l’autorité réside dans la rue et que l’opinion est celle du peuple.

Des fenêtres furent ouvertes aux arabes durant le siècle passé depuis la chute du califat, la fin du colonialisme, l’effondrement de l’Union Soviétique et la coopération politique avec les États-Unis. Les arabes n’ont pas utilisé ces évènements dans le but d’un changement démocratique dans la région. Au contraire, c’étaient des ouvertures exploitées par des élites despotiques et des idéologies fermées.

Néanmoins, aujourd’hui, les caractéristiques d’une pénétration globale du corps social par les idéaux des masses se manifestent dans les pays arabes. Cela, après que les forces de la tyrannie aient épuisé leur énergie et leurs astuces et après l’apparition d’un nouvel ordre « social » conscient des effets du despotisme dans son pays.

Nous pouvons déclarer qu’actuellement les gens ont gagné le droit de s’exprimer par eux-mêmes. Les masses ne sont plus seulement des « majorités silencieuses » comme les décrivit Jean Baudrillard. Il disait à leur sujet qu’elles avaient une énergie négative qui absorbait seulement ce que lui injectaient les élites. Elles ne sont plus aujourd’hui, comme le pensait Abu al-Ala al-Maari « le bataillon des muets », otage de l’esprit des autres.

Abdelaziz al-Hays

à lire également sur le même sujet :

Les deux phases des révolutions arabes

Notes

(1) Cf. Hobbes Thomas, Le citoyen ou les fondements de la politique, Paris, Ed. Flammarion, 1993
(2) Cf. Spinoza Benedictus de, Traité théologico-politique, Paris, Ed. Flammarion, 1997
(3) Cf. Le Bon Gustave, Psychologie des foules, Paris, PUF, 2003 – La Révolution française et La psychologie des révolutions, Kessinger Publishing, 2010
(4) En mars 1964, en plein mois de ramadan, Habib Bourguiba but ostensiblement, à la télévision, un verre de jus d’orange en pleine journée. En février 1961, il avait appelé ses concitoyens à ne pas observer le jeûne du ramadan afin de mieux affronter et combattre le sous-développement.

Traduction : Souad Khaldi

Source : Al Jazeera

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16 réponses à “La révolution arabe et la reconquête de l’identité

  1. bonjour mr !
    votre érudition est grande …votre élocution et savoir s’exprimer …
    mais pour savoir ce qui réellement se cache dans la «  »révolution du monde arabe ???
    là …….. absolument tout média ment et cache la vérité …
    c’est la démocratie …c’est ceci ou celà …on verra bien et la réalité se fera un jour ou l’autre..

    l’arabité …?? je suis pas d’accord , comme moi je suis chrétien de naissance , et j’ai rien à foutre de ce fanatique juif de jésus !
    j’ai pas envie de croire en cette secte et en la jérusalem celeste ..
    ____si les berbères et descendants d’afrique du nord …qui ont combattus , pour ne pas laissé rentrer hez eux les cavaliers fou de médine …reconnaissent leur dominateur et se tournent vers la mecque qui est la ville de leur perte d’identité ???

    grand bien leur fasse ..
    si ils ont gardé aussi la religion de l’empire ottoman qui les as traité comme des déchéts ??
    grand bien leur fasse …

    ____________________________

    les religions sont des fléaux encore pire que la politique , car les 3.religions , ont fait bien plus de morts et de souffrance que même l’amour du fric pourrie , et la domination territoriale ou l’espace vital
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    on sait comment doivent se taire , les gens qui du magreb veulent penser ou se sentir autre !

    moi je me tourne pas vers jérusalem ou le mensonge de ce rebelle juif fanatique
    les religions ont ce truc en commun , qu’elles véhiculent leur culte pour le lieu d’origine !
    comme pour la secte de mahommet , le pélerinage quasi -obligatoire à la mecque ; et le fait de prier 5.fois par jour en cette direction ( sic )
    et aussi que le coran est écrit avant tout et que la lague arabe est la vrai langue de dieu , et «  »celle qui faut obligatoirement parler pour prier … ( double sic !)

    mr je suis loin d’avoir votre culture ; mais j’en suis pas pour autant un amateur de bière et de foot ; j’essais de me cultiver , et de comprendre à travers l’histoire , et bien d’autre lectures auto-didactes …
    regardez ce qu’à fait la religion par exemple dans les européens ou magrébins qui sont de religion juive (qui n’est pas une race ) mais une confrérie d’idée !

    ____ ils s’auto proclament , 2.000 ans après ….les vrais et seuls à pouvoir revendiquer la palestine …
    et cette folie ??? c’est au nom de leur dieu , qu’il la justifie …puis de là …………..

    celà ré active , les souffrances et en fait ce qui ce passe car le monde arabe a pris feu …

    pour ma part , je rêve pas ; mais si un jour les hommes veulent être «  » » » »frères «  » »??
    alors il faudra ce séparer de cet intrument nationaliste et quia fait tant de mort ; les 3.religions ..
    http://eretik.canalblog.com

  2. Es-Salam Aleikom,

    Merci pour cette analyse intéressante et pertinente sur nombre de points. Néanmoins, il serait intéressant de la compléter avec l’étude du cas libyen: bien que le processus de révolution soit encore non abouti là-bas ne voit-on pas une caractéristique intéressante, à savoir que loin des luttes en partie identitaires tunisienne et égyptienne, les Libyens, de par l’Etat maintenu complètement sans aucune structure par Kaddhafi depuis plus de 40ans (la représentativité parlementaire n’existant pas en Libye), l’identité libyenne, arabo-berbéro-musulmane, n’est pas le facteur de dissension entre les masses et les élites, qui ne se différencient les unes des autres que par la puissance financière et influentielle des clans et non par les références identitaires.

    A cet égard, la Libye est peut-être, sûrement, le pays le plus opaque aux observateurs étrangers, pour qui il est si difficile de pénétrer les rouages de cette identité arabo-berbéro-musulmane.

  3. bonjour mr
    merci de me répondre !
    tout d’abord voyez vous je vais me présenter
    je ne suis pas un homme qui a étudié sur les bancs d’école du systèmme laïque , ou des cathéchisme ; et encore moins des médresas !
    j’ai toute ma vie cherché et lus encandidat libre ..j’ai quiité l’école à 14.ans et déjà bien avant j’écoutais plus l’instititeur et ses ânneries ….
    ________________________

    je suis né à bizerte , que j’ai quiité presque bébé à 6. ans et suis de sang français et sicilien /grec
    _____________________

    par contre je fus routier et j’ai passé ma vie en orient et à lire durant 35.ans …
    je vous cite =

    «  » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » »
    bien que le processus de révolution soit encore non abouti là-bas ne voit-on pas une caractéristique intéressante, à savoir que loin des luttes en partie identitaires tunisienne et égyptienne,
    ( en partie , car eux aussi sont manipulés )
    les Libyens, de par l’Etat maintenu complètement sans aucune structure

    (il y avait des structure , malgré tout , on voit des images à présent )

    par Kaddhafi depuis plus de 40ans (la représentativité parlementaire n’existant pas en Libye), l’identité libyenne, arabo-berbéro-musulmane, n’est pas le facteur de dissension entre les masses et les élites, qui ne se différencient les unes des autres que par la puissance financière et influentielle des clans et non par les références identitaires.

    sur des documentaires de la TNT j’ai vu des écrits sur des murs lybiens et pas mal de symbôles berbères «  »du trait avec les 2….1/2.cercles «  » et une écriture non arabe …donc je pense que une partie de la population , fait ressortir son particularisme ( malgré tout )

    A cet égard, la Libye est peut-être, sûrement, le pays le plus opaque aux observateurs étrangers, pour qui il est si difficile de pénétrer les rouages de cette identité arabo-berbéro-musulmane.

    mr , pour vous répondre , moi celui qui n’as aucun savoir validé par aucune autre école que celle de la vie ……..

    c’est pas seulement pour les observateurs étrangers , que la vision peut être opaque !
    c’est pour tout le monde lybiens ..tunisiens ..et autre endroit du monde dit «  »arabo -musulman «  »

    car , sur terre , nous sommes tous dirigés dans l’opacité la plus totale …..

    et même nous français qui prônons la liberté nous sommes en grande souffrance et sous oppression et dictat de lois inadaptées ..
    c’est ainsi dans le monde entier….
    internet est un outil qui là , nous permet de discuter ; mais à présent nous sommes fichés …………

    nous vivons tous sous surveillance …les peuples et les dirigeants sont loin de penser la même chose !
    et même monsieur , aux niveaux des croyances , les 3.religions qui animent les masses !

    croyaient que les dirigeants , en soi ???
    ils en ont rien à faire de tout ce là !
    même chez les «  » »peuples dit arabo/musulman  » ce n’est qu’un outil du pouvoir pour dominer et asservir …

    ce que je reproche au monde arabo /musulman ,avec mon pardon et respect pour votre culture …

    c’est que les masses ne se rendent pas compte , qu’elles veulent ré-activer l’islam , s’en servent pour agiter les masses et fair peur à leurs frères …

    c’est là un grand tord (selon moi ) car l’islam ; tout comme la chrétienté , et la loi mosaïque est aussi une sorte de dictat et de lieu où se camouflent plein de chefs qui sont aussi des dictateurs aussi infâme que le kadaf »
    et autre despote , qui mettent leur fils à leur place au bout de 40.ans de partie unique …

    l’occident est plus subtile ; mais personne n’est dupe , ici aussi monsieur …les divers peuples sont soumis dans une main de fer (mais avec un guant de velours )
    on nous étrangle , et aucune information , est vrai ; tout est faux …si il y a bien une chose qui nous rapproche c’est que partout dans le monde athée chinois /occidental pseudo laïc / monde arbao/türk / et autres juifs y compris !!

    NOUS SOMMES DOMINES ….PAR UNE MINORITE QUI NOUS PRESSE COMME DES CITRONS …ET SE MOQUE AUSSI BIEN DU PATRIOTISME QUE DE LA RELIGION ….

    tout les dés sont faussés ; et pour moi , rien n’est comme le disent les médias ……………une révolution ….non orchestrée et spontanée ….
    vraiment !!!!
    monsieur ; ils nous prennent pour des ânes

    celà reste mon avis ! en aucune manière je ne saurais l’imposer et dire comme tous  » je dis la vérité «  » »
    mais j’ai viellis et mon avantage est que ma seule école est celle de la vie !
    jean-jacques
    respects à vous mr !

  4. Bonjour Monsieur Jean-Jacques,

    Merci pour votre réponse. Je commencerai juste par une petite correction: je ne suis pas un « monsieur » mais une « demoiselle » 🙂 c’est ma faute il est vrai que j’aurais du expliciter un peu mieux mon identité.

    Pour ce que vous dites sur le sujet, l’information est certes comme vous le dites largement opaque mais quand on parle d’un sujet comme l’identité, ce n’est pas réellement relevant, car l’identité n’est pas quelque chose qui vient du sommet pour arroser les masses, l’identité EST la masse et les idéaux et références dans lesquelles elle se retrouve globalement. La seule question ici, c’est ensuite de pouvoir permettre à cette identité de s’exprimer à voix haute, de vivre dans un environnement, dans un Etat qui reflète cette identité, avec des élites qui sont représentatives.

    Dans le cas de l’Egypte et la Tunisie, l’Etat adopte une forme tellement étrangère à l’identité de la masse que la masse de s’y reconnais pas et les révolutions ont un aspect important de réappropriation des identités. Dans le cas Libyen, il me semble que l’organisation entre tribus ayant prévalu sur toute structure d’Etat, l’identité est restée globalement inchangée… enfin c’est bien sûr avis personnel!

    Pour ce qui est de la question religieuse, et là ca reste mon avis personnel, une part importante de l’identité est incarnée dans la religion et dans le rapport à la religion. Il suffit de ce constat pour accepter que la religion ne peut pas être l’ennemi d’un peuple, seule la mauvaise « utilisation » de la religion peut l’être. L’homme naît avec un sentiment religieux instinctif, et le bannir de toute l’humanité ou toute une population, c’est courir à notre perte. Un individu peut prendre individuellement la décision de se détacher de toute religion et très bien le vivre en choisissant sa propre voie morale, mais à l’échelle de toute une population, je ne crois pas cela vraiment exportable… les populations qui ont « tué Dieu » n’ont fait que le remplacer par des idoles matérialistes… l’argent érigé en dieu!

  5. alors bonjour mademoiselle …

    je comprends votre réponse , ce qui ne veux pas dire que j’y adhère , ou que je la réfute …
    selon moi (qui ne suit rien qu’un individu isolé )

    l’identité est aussi une belle chose , et paradoxalement un beau piège ….

    les mots que l’ont emploie, même nous là sur nos discours ne peuvent exprimer , toute la subtilité de la vie ;
    le langage est comme un piège , en plus je n’ai pas mademoiselle ; votre érudition scolatique …

    je suis ici d’un autre mode de voir les choses et concepts et je les ai rejetés , avec un effort sur humain et des larmes de sang (mentalement )..bon …quand vous dîtes «  » »
    Dans le cas de l’Egypte et la Tunisie, l’Etat adopte une forme tellement étrangère à l’identité de la masse que la masse de s’y reconnais pas et les révolutions ont un aspect important de réappropriation des identités » » » »
    vous avez mille fois raison….
    il est évident que l’ont doit se soulever contre l’oppression …
    mais alors que je ne suis pas pro arabo/ceci ou celà ..
    pensez vous que , il règne dans le monde des hommes , et ce peu importe l’endroit sur la planète , une bonne situation ??

    certes il y en a de moins pire ……….

    mais les familles dominantes (que vous appellez L’ ETAT ….que ce soit en ces pays citées …. ou en france ou ailleurs dans le monde ; qu’ont elles en commun avec la masse ????

    _______________________________

    hop ! je viens de penser «  »me prendrait -elle pour un communiste ? » » »
    là je vous le dis , je suis un hérétique , ni de de ceci …ni de celà … ni anarchiste ….je pense avoir ce que j’ai vu et j’essaie de commetre le moins d’erreur !
    _____________ donc mademoiselle ; les différences entre caste dominantes (rois /président / imam/clergé vaticanesque / théocratie juive /communisme /etc..& etc…)
    rend les castes dominates perverties et pourries , totalement…
    ____________________________

    je critique pas les actes de ces nations ; car celà va être à nous aussi en occident de foutre en l’air ces mêmes guignols pourris qui du haut de leur stature légifèrent , et nous disent = ceci est bon …et ceci est mauvais ..
    il est dur aussi chez nous de vivre ; car l’oppression n’as pas la même forme elle est plus subtile …chez nous ; c’est apparement moins brutal …
    mais pour me rapprocher de vos dires ; pensez vous que pour pas citer le président actuel de la france …
    il est en commun des choses avec la masse ??
    _______________

    rien qu’un faux bourgeois un peu chic , déjà ne peut supporter le peuple , même de sa propre identité …
    et pourrait si la possibilité lui été donné «  » »DEVENIR UN TYRAN ET DESPOTE «  »

    je dis pas la vérité … car la vérité est un leurre …
    _______________________________________

    peut être la solution serait un moindre mal ??
    ………………………………………………….

    pour répondre à = je vous cite =
    «  » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » »
    Pour ce qui est de la question religieuse, et là ca reste mon avis personnel, ( oui je le respecte )
    une part importante de l’identité est incarnée dans la religion et dans le rapport à la religion.
    ( j’en ai parlé au début de mes commentaires …. si le bèrbère veut aller à la mecque et se tourner vers cette ville étrangère ???
    c’est sa vision des choses …
    c’est un leg des puissants (comme de ce du début de notre discussion )
    si , pour parler d’identité ; ils pensent qu’il est préférable de se tourner vers ceux qui les ont conquis ??
    c’est leur affaire !

    pour ma part …
    mon identité , est pas dans la conquête de ce juif rebelle et de la fondation de la chrétienté …
    je refuse totalement de me tourner vers la jérusalem ou la pseudo terre sainte ….
    comme je me tourne vers rien ni personne !
    ____________________________________

    Il suffit de ce constat pour accepter que la religion ne peut pas être l’ennemi d’un peuple, seule la mauvaise « utilisation » de la religion peut l’être.
    ( là aussi ; tant de choses à dire )

    L’homme naît avec un sentiment religieux instinctif,
    (en quelque sorte , c’est selon moi légèrement différent , la nature humaine , a une disposition à la quête d’une grandeur et comme d’un respect , vers l’immensité du ciel , le soir devant les étoiles , il reprend son humilité , et ressent des chose )

    et le bannir de toute l’humanité ou toute une population, c’est courir à notre perte. Un individu peut prendre individuellement la décision de se détacher de toute religion et très bien le vivre en choisissant sa propre voie morale, mais à l’échelle de toute une population, je ne crois pas cela vraiment exportable… les populations qui ont « tué Dieu » n’ont fait que le remplacer par des idoles matérialistes… l’argent érigé en dieu!

    mademoiselle ; si vous permettez …
    je suis contre toute personne qui me dira la règle commune ; il est évident qu’il faut faire une distinction , entre ne pas croire au dieu des religions établies ; ou des sectes ………..

    et directement , adorer l’argent roi ..
    je pense pas ; que vous ayez ressentie , par exemple en moi , un adorateur du fric ; ou une de ces îdoles …………

    j’ai mes règles intrinsèques , mon respect , et souvent des pensées pour les choses humbles et immenses qui nous entourent ……….

    il m’arrive souvent de rentrer en moi , pour sentir la grandeur des choses faites par «  »la nature «  » pour employer un autre mot …
    mais pour moi une personne qui ose prétendre que une portion de terre est sainte !
    qu’il faut prier vers tel pays …. en telle langue …etc …..

    je vous laisse imaginer ….

    les choses des hommes finiront par murir , aussi bien en occident , qu’en orient …..j’espère que nous n’aurons pas besoin de passer par trop d’horreurs pour le comprendre …………….

    ce que vous pouvez être sur ; mademoiselle ; c’est que mes règles m’interdisent de faire la justice de je ne sais pas qui !!!!

    un simple individu , un morceau du monde …qui ne s’identifie pas trop
    jean-jacques

    «  » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » » »

  6. Monsieur Jean-Jacques,

    Je suis malheureusement un peu pressée par le temps je n’aurai malheureusement pas le loisir de répondre à l’ensemble de votre intervention, juste une partie.

    Je voulais revenir à votre dernière partie:
    —————————–
    je pense pas ; que vous ayez ressentie , par exemple en moi , un adorateur du fric ; ou une de ces îdoles …………

    j’ai mes règles intrinsèques , mon respect , et souvent des pensées pour les choses humbles et immenses qui nous entourent ……….
    ————————————
    Justement Monsieur je n’ai pas ressenti chez vous cette « adoration du fric » et je vous conçois totalement à échelle individuelle, humaniste et plaçant votre direction morale dans autre chose que Dieu ou le fric, à savoir par exemple les valeurs d’amour du prochain, ou de partage, etc.

    MAIS, ce que je pense possible à échelle individuelle, je pense que transposé à un grand groupe d’individus (une nation par exemple) il y a pour moi un problème flagrant, comme le prouvent les exemples historiques des peuples qui ont essayé de bannir complètement Dieu (par ex URSS). Les échanges « usuels » des membres de la collectivité ne se font plus avec une conception au moins en partie spirituelle, mais totalement matérielle. Encore une fois si à l’échelle des individus un individu peut avoir une spiritualité et une moralité athée et une forme très élevée d’humanisme (j’ai des amis athée dont j’admire la capacité à aimer l’homme), à l’échelle d’un grand groupe humain ca ne peut dériver que vers une sorte de matérialisme souverain qui régule complètement les rapports entre individus.

    C’est en ca que je pense que la religion élève l’humain au-dessus de sa condition: elle lui donne une possibilité de connaître la transcendance.

  7. les systèmes de ce malade soviètiques , sont des dictats absolues , d’ailleurs nous étions vers les époques où tous les peuples de la terre s’entretué ; hitler , mussolini et le reste ..
    il est à souhaiter que celà ne se réalise plus

    ni dans la forme d’aucune intransigeance dictatoriale ..laïque / religieuse / patriotique …

    il est bien que les peuples soient libres et heureux ,
    pour ma part !
    en tant que occidental et ancien chrétien …. je pense qu’on vêcu les sytèmes démocratiques (tels qu’ils sont employés )

    les systèmes théocratiques (car la vie interieure est au libre choix de la personne morale )

    le gourdin préhistorique ( à la poubelle ) avec la famille des bombes et armes ….
    il faudrait ré -inventer … une sorte de société , avec des valeurs moins basées sur l’usure et le profit (esclavagisme )

    et surtout , aucune pression psychologique ou physique et encore moins sur la personne de la «  » »FEMME «  » »

    un jour peut être …???
    jean-jacques

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