Uribe, narco-trafic et charniers…


par Danielle Bleitrach pour Changement de société

Le 7 août prend fin le gouvernement le plus corrompu qu’a eu la Colombie, aux mains de personnage le plus ténébreux, Álvaro Uribe Vélez, ainsi qu’il apparait de manière documentée dans le texte que nous transcrivons ci-dessous, extrait d’ un rapport élaboré par l’avocat espagnol Enrique Santiago Romero. Anne Cauwel à qui nous devons déjà un texte lumineux sur haïti et qui vit désormais en Amérique latine nous adresse ce texte qu’elle a traduit pour Changement de société qui remet les pendules à l’heure sur une de ces véritables ordures politiques que l’Union Européenne, managée par les Etats-Unis ne cesse de soutenir au point de lui accorder le « droit » de participer à la Commission qui est censée juger de ce qui s’est passé avec la flotille de Gaza. Je ne sais pas quelle faute ou quel crime les communistes au pouvoir dans l’ex-URSS ont pu commettre mais plus je fouille dans les poubelles de l’histoire et la manière dont on nous manipule je me dis que la contre-révolution « démocratique » néolibérale fut et reste un crime généralisé.

Non seulement l’entourage d’Uribe, y compris ses enfants, a été désigné comme responsable de toutes sortes de délits contre la morale, la loi et la Constitution, mais le gouvernement dans son ensemble s’est proposé de manipuler l’opinion publique – dans le style de Goebbels – pour qu’une part importante des Colombiens ait une perception dénaturée de son mandat, en faisant croire que l’immensité des scandales dont le gouvernement a été le protagoniste n’affectaient pas à son bon gouvernement.

Le temps se chargera de faire apparaitre ce délit atroce qui a consisté à manipuler l’esprit des citoyens et révèlera en pleine lumière l’infamie commise contre la Colombie pendant ces dernières huit années. Le train de l’histoire conduira Uribe à la Cour Pénale Internationale et s’accomplira ce que Jorge Eliécer Gaitán disait dans la Manifestation du Silence qui s’est déroulée sur la Place de Bolivar en février 1948 : « Malheur à ceux qui dans le Gouvernement cachent derrière la bonté des mots l’impiété à l’égard des hommes de leur peuple, parce qu’ils resteront marqués par l’ignominie dans les pages de l’histoire ! »

Gloria Gaitán

Álvaro Uribe Vélez, « précurseur de l’ Etat Narcotrafiquant »

Álvaro Uribe Vélez a été dénommé « précurseur de l’ Etat Narcotrafiquant » par l’un des centres de recherche les plus importants en matière de trafic international de stupéfiants, « The Narco News » (http: // www.narconews.com), depuis qu’en 1997 et 1998, les douaniers des États-Unis en Californie ont arrêté trois avions suspects à destination de la Colombie qui, comme les douaniers le découvrirent, transportaient 50 tonnes de permanganate de potassium, un composant chimique nécessaire dans la fabrication de la cocaïne.

Selon un document signé par le chef de la DEA Donnie R. Marshall le 3 août 2001, les avions se rendaient à Medellín, Colombie, au nom d’une entreprise appelée GMP Produits Chimiques. Les 50 tonnes du composant chimique destinées à GMP étaient suffisantes pour fabriquer 500 tonnes d’hydrochlorate de cocaïne, d’une valeur de 15 milliards de dollars. Conformément au rapport de 2001 de la DEA, le patron de GMP Produits Chimiques était Pedro Juan Moreno Villa, chef de campagne et ex-secrétaire de gouvernement lorsqu’Uribe était Gouverneur d’Antioquia. De 1995 à 1997, Moreno était secrétaire de gouvernement et bras droit d’Uribe. Pendant ces années, selon le chef de la DEA Marshall, « entre 1994 et 1998, GMP a été le plus grand importateur de permanganate de potassium en Colombie ».

De 1980 à 1982, la première charge publique d’Álvaro Uribe a été Directeur de l’agence d’Aéronautique Civile de Colombie. Virginia Vallejo, dans son livre « En Aimant Pablo, en détestant Escobar », rend compte de la relation entre Uribe et Pablo Escobar et note qu’Uribe comme directeur de l’Aéronautique Civile a joué un rôle clef pour l’octroi de permissions massives de vol accordées au Cartel de Medellín, sans lesquelles le cartel n’aurait jamais pu faire ses envois immenses de drogue aux Etats-Unis et n’aurait jamais pu accumuler son immense fortune. Uribe a eu pour second César Villegas quand il était directeur de l’Aéronautique Civile. Or celui-ci a été condamné à 5 ans de prison pour ses liens avec le Cartel de Cali puis assassiné pour taire son témoignage. (journal « el Tiempo » de Colombie 17/03/2002).

Quand dans « Tranquilandia » (l’Opération Yarí) la police et l’armée colombienne ont désactivé le plus grand laboratoire de fabrication de cocaïne trouvé jusqu’à ce jour en Colombie, ils mirent la main sur un hélicoptère Hughes 500, immatriculé HK 2704 X, propriété d’Aerofotos Amortegui Ltda, entreprise qui appartenait à la famille Uribe. Álvaro Uribe prétend que cet hélicoptère avait été vendu auparavant mais qu’il avait oublié de déclarer la vente.

L’Agence d’Intelligence de la Défense des États-Unis a élaboré une fiche sur Álvaro Uribe, elle porte le numéro 82 dans cette Agence. Voyons ce que dit la fiche d’intelligence en question (l’original peut être consulté dans http: // www.gwu.edu / nsarchiv/NSAEBB/NSAEBB131/index.htm :)

 »Confidentiel. Septembre 1991. Rapport classé Confidentiel. Département de Défense des Etats-Unis. (DIA : Defense Intelligence Agency).

82. Álvaro Uribe Vélez. Homme politique colombien et sénateur qui se consacre à collaborer avec le Cartel de Medellín à de hauts niveaux gouvernementaux. Uribe a été lié à des affaires relatives à la drogue aux États-Unis. Son père a été assassiné en Colombie à cause de ses connexions avec les trafiquants de drogues. Uribe a travaillé pour le Cartel de Medellín et est un ami personnel de Pablo Escobar Gaviria. (Uribe) a participé à la campagne politique d’Escobar pour gagner le poste de parlementaire suppléant de Jorge Ortega. Uribe a été l’un des hommes politiques qui depuis le Sénat a attaqué toutes les formes du Traité d’Extradition (de la Colombie avec les États-Unis) (…) « Il est reconnu qu’Uribe a participé au montage et à l’exécution de meurtres perpétrés par les paramilitaires colombiens, comme dans le cas du « meurtre de El Aro » commis en 1997, dans laquelle, comme le relate le journal de Miami, le « New Herald », dans son édition du 6 août 2009, Álvaro Uribe a organisé le meurtre avec les dirigeants des AUC (Auto-défense Unie de Colombie) et par la suite il a personnellement félicité les paramilitaires qui avaient assassiné, avec des scies électriques, au moins 15 paysans sans défense, meurtre pour lequel la Cour Interamericaine des Droits de l’Homme a condamné la Colombie.

Le groupe paramilitaire les « Douze apôtres » aurait eu pour siège la ferme « La Carolina », dans le département d’Antioquia, dont les frères Uribe Vélez sont co-propriétaires. Le frère du Président a été interrogé par le ministère public en 1997 pour les délits de séquestration, d’extorsion et de meurtre commis par les « Douze apôtres » entre 1993 et 1994. Le groupe paramilitaire a été accusé d’avoir assassiné 50 personnes, et d’avoir commis un massacre après lequel les corps de quatre personnes ont été trouvés et deux autres restent disparus. Pour ce cas une demande a été présentée à la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme.

Luís Camilo Osorio a confirmé que le frère du président Uribe avait été l’objet d’une enquête officielle en 1999, mais il a aussi indiqué que la même année son cas avait été définitivement archivé. Osorio, actuel ambassadeur de Colombie au Mexique, a été objet de diverses enquêtes pour avoir favorisé, lorsqu’il était Procureur Général de la Nation, les intérêts des paramilitaires.

Données tirées d’ un article d’Enrique Santiago Romero, avocat espagnol expert en droit international, responsable des services juridiques de l’Institut d’Études Politiques pour l’Amérique latine et l’Afrique (IEPALA). Il a fait partie de l’équipe juridique qui a déposé la plainte qui, le 13 octobre 1998, a conduit la justice espagnole à solliciter l’arrestation, à Londres, de l’ex-dictateur chilien Augusto Pinochet et d’autres ex-militaires chiliens et argentins responsables de l « Opération Condor ».

 Membre de la Mission Internationale d’Observation de la Fédération Internationale de Droits de l’homme (FIDH) et du RÉSEAU CIFCA, sur la situation des Droits de l’homme au Honduras après le coup d’État. Juillet 2009. Il a été secrétaire de la Commission Espagnole d’Aide aux Réfugiés, CEAR. Il a assisté en qualité d’observateur au referendum présidentiel en Venezuela, en août 2004, dans une délégation d’ONG’s et d’organisations sociales d’Espagne.

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Source : changement de société

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