Le réveil de l’Asie au sein d’un monde multipolaire


par Philippe Raggi pour Realpolitik.tv

« C’est uniquement lorsque la Chine et l’Inde se développeront que l’on pourra affirmer que  le siècle de l’Asie est venu. Si la Chine et l’Inde renforcent leur coopération, l’unité de l’Asie, la stabilité et la prospérité seront au rendez-vous, le monde sera en paix et fera plus de progrès. » Deng Xiaoping, cité par Sun Yuxi, Ambassadeur de Chine en Inde le 31 mars 2006, in People’s Daily Online.

Quand au début des années 1990, Charles Krauthammer a popularisé la notion de « moment unipolaire »[1] – suivi, on s’en souvient, par Francis Fukuyama et sa théorie sur la fin de l’Histoire – c’était vite oublier que l’homme existait encore avec sa capacité à changer les choses du monde. C’est ce qui est advenu, dans l’après guerre froide, quand l’hégémon américain à perdu de sa superbe, dans cette éclosion d’acteurs géopolitiques jusqu’à lors étouffés dans les coalitions du monde bipolaire américano-soviétique.

Depuis la chute de l’URSS en 1991, nous sommes entrés dans une phase nouvelle dans les relations internationales, ce qui a pu faire accroire que le temps de la paix perpétuelle, de la démocratie, des droits de l’homme et du libéralisme économique était arrivé. Très vite, nous nous sommes aperçus qu’il n’en était rien, que la marche du monde faisait éclore des forces régionales et nationales en dehors du monde occidental, en un mot que l’Histoire était toujours là, agissant de ses forces souvent invisibles, irréfragables, que les civilisations n’étaient pas mortes, déployant dans le temps long – cher à Fernand Braudel – leurs tendances lourdes.

Deux géants ont gardé de manière intangible le cap du développement, focalisant de plus en plus – et à force raison – les attentions : l’Inde et la Chine, l’éléphant et le dragon [2]

C’est un peu une billevesée aujourd’hui que de dire que l’Asie devient le centre des affaires du monde. Il faut pourtant regarder les faits et les apprécier – sans basculer dans un prospectivisme échevelé, tant la géopolitique « est un savoir segmentaire dont la première caractéristique est de s’interdire les prophéties [3] ».

Un déplacement du centre de gravité géopolitique

De la même manière que l’on a pu parler du XXème siècle comme étant celui des Etats-Unis, le début du XXIème siècle peut être vu comme celui de la Chine et de l’Inde. La hiérarchie mondiale que nous connaissions depuis la fin de la seconde guerre mondiale et qui s’est surtout mise en place dans les années 60/70, la fameuse hiérarchie de la Triade Etats-Unis/Europe/Japon, est très fortement remise en question [4].

La montée en puissance de ces deux pays conduit immanquablement à une nouvelle donne dans les relations internationales, modifiant d’une manière définitive les institutions et les pratiques issues de la seconde guerre mondiale. Henry Kissinger constate ce glissement du centre de gravité des affaires internationales, de l’Atlantique au Pacifique et à l’Océan Indien ; un glissement qu’il qualifie tout simplement de révolution[5].  Paradoxalement, poursuit-il, cette redistribution de puissance s’opère vers une partie du monde où les nations conservent encore les caractéristiques des Etats traditionnels européens.

Leviers géopolitiques

En plus d’être un immense marché, la Chine possède un siège permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU et son arsenal nucléaire est reconnu par le Traité de non-prolifération. Elle possède une des premières armées du monde [6] et elle fait à présent partie de l’Organisation Mondiale du Commerce, jouant un rôle très important.

La Chine est de plus en plus présente à l’échelle régionale asiatique. Lors du Tsunami de décembre 2004, elle a déboursée des sommes très importantes pour l’aide aux pays sinistrés. Un signal fort de la volonté chinoise d’affirmer sa prééminence sur la scène asiatique.

L’Océan Indien charrie plus de la moitié du commerce énergétique mondial, et la Chine et l’Inde sont les deux plus gros marchés en développement du monde en matière d’énergie. C’est donc là que résident les enjeux géopolitiques futurs et cette demande en énergie est un facteur majeur dans la modélisation de la politique étrangère et de défense de ces deux pays.

En 1994, la consommation totale de pétrole des pays asiatiques est devenue équivalent à celle des Etats-Unis. En 2004, la Chine dépassait le Japon. L’Asie ne disposant pas de ressources énergétiques suffisantes, ni diversifiées, à son développement, cela conduira à des changements géopolitiques majeurs. Déjà, cette volonté de diversification se traduit aujourd’hui par l’intéressement des Chinois au Venezuela, au Gabon ou encore au Congo.

Suite à la dernière crise économique mondiale, l’on a pu observer que la Chine et l’Inde avaient bien résisté. Les relations économiques entre les deux pays sont excellentes tout en ne se reflétant pas encore au niveau politique. Le déficit de confiance entre les deux pays est à présent l’obstacle principal à une mutuelle coopération ; l’épine pakistanaise (Pékin soutient officiellement Islamabad [7]) rend encore impossible un authentique et total rapprochement entre la Chine et l’Inde.

Aujourd’hui, la Chine et l’Inde sont devenus les plus gros utilisateurs de téléphones portables et d’ordinateurs. Cependant les programmes qu’ils utilisent sont américains. Ensemble, Inde et Chine peuvent mettre un terme à ce monopole américain dans le domaine des logiciels ; c’est un axe de coopération qui est déjà évoqué par les deux pays.

Manifestement, la Chine et l’Inde sont amenés à se rencontrer de plus en plus dans l’Océan Indien ; de l’attitude qu’ils auront l’un par rapport à l’autre, se décidera la stabilité régionale et mondiale. La Chine, qui se développe plus rapidement que l’Inde, « manifeste une volonté de puissance plus déterminée [8] ». On observe effectivement que « la Chine opère un retour important à la maritimité [9] » ; cela se manifeste par le fameux « collier de perles chinois » tout autour de l’Océan Indien (voir carte ci-dessous).

La Chine, depuis l’ouverture de 1978 et la libéralisation de l’économie de Deng Xiaoping,  s’est concentrée sur sa croissance économique, en faisant le pari de la durée. En effet, les Chinois considèrent qu’ils ont le temps avec eux ; de plus, la conscience de la supériorité de la civilisation chinoise est bien établie. « Rome et la Chine présentent des caractéristiques similaires, notamment, d’une part, des structures économiques et politiques très sophistiquées et, d’autre part, une reconnaissance, largement admise, de la supériorité culturelle du centre, assurant cohésion et légitimité. [10]» En Chine, ce sont les Hans qui maintiennent cette cohésion depuis des millénaires.

la stratégie maritime chinoise du collier de perles (collier = réseau, perles = bases navales et sous-marines)

Des atouts chinois et indiens

L’Inde et la Chine passent, sous nos yeux, d’acteurs régionaux au rang de puissances mondiales. En 2025, près des 2/3 de la population mondiale vivra en Asie. A la même date, la production mondiale aura doublé par rapport à 2005 et la Triade USA/UE/Japon aura cessé de dominer économiquement le monde. Parallèlement, le groupe constitué de la Chine, de l’Inde et de la Corée pèsera alors aussi fort que celui de l’UE, cette dernière n’étant plus le premier exportateur mondial.

La Chine est actuellement le plus grand créancier des Etats-Unis avec deux mille milliards de dollar, ce qui fait d’elle le plus grand actionnaire de l’économie américaine et, consécutivement, de l’économie mondiale. Chaque année, l’écart entre la Chine, les Etats-Unis et le Japon diminue. Dans moins de 30 ans, le PNB chinois dépassera le PNB américain [11].

Certains analystes tempèrent pourtant ce formidable essor, disant qu’il « est loin d’être certain que la Chine parvienne à maintenir, pendant les vingt ans qui viennent, ses taux de croissance spectaculaires [12] ». Néanmoins, en termes de poids économique dans le système mondial, la Chine dépassera les Etats-Unis à l’horizon 2020.

Si l’Inde a pris son essor plus tardivement que la Chine, elle n’a pas atteint le même poids  économique. Son développement, son libéralisme, ont démarré dans les années 1980, mais ce sont surtout les réformes économiques entreprises par le Ministre des Finances indien Manmohan Singh[13], à partir de 1991, qui ont propulsé l’Inde au rang des pays se développant les plus vite au monde.

La force de l’Inde réside dans le fait que c’est un Etat de Droit similaire à celui des pays occidentaux[14]. C’est un membre ancien du GATT et de l’OMS ; elle a sur son sol de nombreuses entreprises privées étrangères de haute technicité et elle a su développer une Silicone Valley indienne (Bangalore). L’Inde a, par ailleurs, une des quatre armées des plus puissantes du monde.

Les faiblesses de l’Inde résident, entre autre, dans son conflit avec son voisin pakistanais. Elle est, certes, un partenaire de l’ASEAN et membre de l’East Asian summit mais ses liens institutionnels avec l’Asie orientale et du Sud-Est sont minimes ; l’Inde n’est pas encore un participant à part entière sur la scène régionale asiatique.

Certes, contrairement à la Chine, l’Inde ne bénéficie pas totalement encore de la reconnaissance mondiale de sa puissance. Cependant elle cherche à y remédier. Le fait qu’elle cherche à avoir un siège permanent au Conseil de Sécurité de l’ONU est un bon exemple ; de même sa présence régulière comme invité au G8. L’Inde puissance d’Asie du Sud, se transforme aujourd’hui en une puissance asiatique et elle a des ambitions mondiales.

Il y a des facteurs de convergence entre l’Inde et la Chine, et ceci ne peut qu’inquiéter les Américains. Indiens et Chinois sont d’accord pour défendre ensemble l’idée d’un monde multipolaire, pour affirmer le respect du droit international et donc de la souveraineté des états, pour refuser un « leadership » mondial américain. D’ores et déjà, depuis 2005, les deux pays ont opéré un rapprochement militaire et effectuent des manœuvres communes [15].

Etats-Unis vs Chine

« En Asie, deux types d’ajustements définiront la diplomatie du XXIème siècle : les relations entre les grandes puissances asiatiques (Chine, Inde, Japon et probablement l’Indonésie) et comment les Etats-Unis et la Chine interagiront ensemble. [16] »

L’Eurasie demeure le seul théâtre sur lequel un rival potentiel de l’Amérique pourrait éventuellement apparaître ; sur ce théâtre, à partir des années 1990, on a vu apparaître de manière centrale dans la littérature stratégique et géopolitique américaine, la préoccupation de la Chine. La plupart des Think tanks américains fourmillent de travaux en ce sens, tant la Chine apparaît comme le premier défi à leur suprématie mondiale. Cependant, si la Chine est sans conteste un rival, elle n’en n’est pas pour autant un ennemi inévitable.

Aujourd’hui, où il est de plus en plus difficile de séparer l’économique du stratégique, la Chine apparaît comme le rival à la fois économique et militaire des Etats-Unis. En conséquence, de nouveaux rapports géopolitiques naissent ou vont advenir, modifiant totalement l’ordre du monde. Quand le Président Barack Obama a annoncé au sommet du G20 à Pittsburg que le G20 remplacera le G8, il reconnaissait implicitement que l’ordre mondial que nous connaissions  avait vécu.

Quand une puissance nouvelle apparait et que décline la puissance de celui qui dirigeait jusqu’à lors, une rivalité stratégique s’ensuit logiquement et un affrontement – pouvant conduire jusqu’à la guerre – devient inévitable. C’est ce qui s’est passé entre la Grande Bretagne et l’Allemagne entre 1870 et 1903 (la Mer contre la Terre), conduisant au premier conflit mondial. Mais toutes ces transitions entres puissances ne se terminent pas nécessairement par une guerre. Entre 1918 et 1945, la Grande Bretagne a ainsi passé le relai aux Etats-Unis, sans qu’il n’y ait eu de conflit.

Le Japon est l’allié des Etats-Unis depuis 1945 et le développement de puissance chinois peut perturber les termes de cette alliance. Zbigniew Brzezinski précise que « les Etats-Unis doivent se prémunir contre l’éventualité d’un développement de l’axe sino-japonais [17] » ; et l’ex-conseiller du Président des États-Unis Jimmy Carter d’ajouter qu’un « tel axe déstabiliserait la région et provoquerait le désengagement des Etats-Unis. [18]»

Mais ce que les stratèges américains craignent surtout, c’est que l’interdépendance entre les pays exportateurs de pétrole du Moyen-Orient et la Chine ne favorise des rapprochements politiques. Pour prévenir une telle suprématie chinoise, souligne Aymeric Chauprade, les Américains ont mis en place une stratégie s’articulant sur différents volets : le contrôle de la dépendance énergétique chinoise, bien sûr ; mais aussi, l’encerclement de Pékin par la mise en place d’une sorte de ceinture pro-américaine ; également, la refondation d’un Moyen-Orient orienté vers Washington ; puis, le désir de relations plus étroites entre les Etats-Unis et l’Inde ; enfin, la volonté de neutraliser la capacité de dissuasion chinoise (bouclier anti-missile).

Quoiqu’il en soit, le moment unipolaire américain est inéluctablement arrivé. De la façon dont les Etats-Unis vont réagir à cette montée chinoise, en découlera le sort du monde.

photos satellite de la construction secrète d'une base navale nucléaire souterraine sur l'île de Hainan

La Chine renversera-t-elle l’ordre existant ?

« Le retour d’une Chine sûre d’elle-même est certainement l’un des facteurs géopolitiques les plus importants pour le XXIème siècle. [19] »

La montée de la Chine et de l’Inde renforcera le rôle des nations dans les relations internationales, donnant, peut-être, un exemple à suivre aux pays de la vielle Europe. Les états resteront des acteurs géopolitiques majeurs, incontournables et, parallèlement, nous assisterons à un réajustement au sein des organisations internationales.

Il en résultera une compétition, des défis nouveaux, « un monde que nous n’avons jamais encore vu [20]», en un mot, une nouvelle donne géopolitique. En effet, en prenant conscience du poids qu’elle représente, la Chine essayera naturellement d’utiliser son influence grandissante pour refonder les règles et les institutions du système international à l’aune de ses intérêts.

La Chine a sans doute la capacité de se hisser à la tête du monde mais cependant, comme le dit Aymeric Chauprade, « elle n’a pas de programme de transformation des peuples, ni de projet universaliste, du moins à l’heure actuelle ». En cela elle diffère de l’hégémon américain. Ce que l’on a pu constater jusqu’à présent, c’est que la Chine joue parfaitement le jeu des instances internationales et elle ne les remet pas en cause. Elle ne menace pas l’ordre du monde, elle cherche juste à faire valoir ses intérêts, ce qui est parfaitement légitime. Pékin a déjà remporté des victoires, comme celles sur les réformes au sein du FMI lesquelles donnent plus de place et une voix plus importante à la Chine [21].

Ce que l’on observe aussi, c’est que la Chine mène son commerce avec l’Inde, la Russie et le Brésil dans les propres devises de ses partenaires. De plus, avec la proposition du Gouverneur de la Banque Centrale chinoise de créer graduellement une unité de réserve « alternative », se dessine la question de la suprématie du dollar dans les transactions mondiales.

Dans cette transformation du monde, la Chine et l’Inde ne seront pas les seuls à grimper dans l’échelle de la puissance géopolitique ; d’autres pays comme la Russie [22], le Brésil et vraisemblablement l’Indonésie seront de la partie.

Alors qu’il y avait des rivalités importantes entre la Chine et la périphérie du Sud-Est asiatique, ces dernières années la Chine et l’ASEAN se sont rapprochées fortement. L’attractivité semble l’emporter sur les dynamiques de rivalité. Il est clairement annoncé aujourd’hui que le développement des relations entre l’ASEAN d’une part, et la Chine et l’Inde d’autre part, « sera un jeu gagnant-gagnant, toutes les économies en bénéficiant [23] ».

Parallèlement, des changements se feront de plus en plus sentir dans les relations qu’entretient l’ASEAN avec les Etats-Unis, le Japon et les autres puissances. L’ASEAN en tant que communauté veut parvenir à un équilibre dans ses rapports avec la Chine et l’Inde. Cette organisation souhaite d’ailleurs parvenir à la création d’une Communauté Economique de l’ASEAN (AEC) à l’horizon 2020.

Quant au Japon, il devra définir, dans un proche avenir, son attitude vis-à-vis de la Chine, son partenaire économique numéro un : agir contre ou avec elle. Un choix dans lequel les américains interviendront nécessairement, avec les implications stratégiques que l’on peut imaginer.

Un autre pays sera aussi touché par cette montée chinoise : le Pakistan. En effet, Islamabad va se retrouver très bientôt à la croisée des chemins, devant opter soit pour la Chine avec laquelle il est en transaction économique et stratégique, soit pour les Etats-Unis, son allié traditionnel de la guerre froide.

Incertitudes géopolitiques

La montée en puissance de la Chine et de l’Inde ne peut être observée de façon neutre et les Etats-Unis réagiront d’une manière ou d’une autre.

Trois « modèles » se présentent en réponse [24]. Le premier, pouvant être qualifié de « réaliste classique », est développé par Nicolas Machiavel dans ses Discours sur la première décade de Tite-Live. Machiavel avançait que lorsqu’un état est confronté à un tel défi de puissance, les régimes prospères n’ont empruntée qu’une seule voie, celle de la guerre préventive.

Le deuxième est le modèle (réaliste conventionnel) proche de celui de George Kennan et mis en place durant la guerre froide ; c’est la stratégie du containment. Il consiste à ne pas attaquer son adversaire, à ne pas opérer un travail de sape à son encontre, cela se révélant trop coûteux. A la place, il s’agit de créer un rideau de fer pour empêcher l’adversaire de nuire.

Le dernier modèle de réponse à ce changement de gravité des affaires du monde est le modèle internationaliste libéral ; c’est le modèle kantien, développé plus tard par Norman Angell, et il consiste à démocratiser les pouvoirs émergeants. Selon les inspirateurs de ce modèle, la démocratie assure la création d’une union pacifique et une absence de conflit. Il s’agit en fait de développer l’interdépendance économique des puissances émergeantes, cette interdépendance développant le coût d’un conflit éventuel au point où la guerre comme option ne peut plus être envisagée.

Toutefois, compte tenu de la multiplicité des antagonismes, des acteurs, des situations, aucun de ces modèles ne se manifestera de manière exclusive et pure ; c’est bien plutôt une réponse mêlant différents éléments des trois modèles qui verra vraisemblablement le jour durant la première moitié du XXIème siècle ; mais le monde sera néanmoins autre, tout autre que celui dans lequel nous vivons. Par ailleurs, le fait qu’il n’y aura aucune réponse-modèle pure, fera que les dynamiques géopolitiques resteront bien vivantes, ceci dans un monde immanquablement multipolaire.

Le tout étant de savoir si cela relève d’une chance que d’être les témoins de ces changements, puisque cela se déroule sans que les dirigeants européens – et français en particulier –  ne semblent avoir la volonté d’être des acteurs de ce jeu. Si se poursuivait cette inaction européenne, alors est arrivé « ce qui de toute façon devait advenir et notre malheur a été de naître à ce moment où devait se produire un tel désastre »[25].

Notes

[1] Cf. Foreign Affairs, Vol. 70, n° 1, America and the World, pp. 23-33.

[2] Pour reprendre le titre de l’ouvrage de Robyn Meredith, The Elephant and the Dragon : The Rise of India and China and What It Means for All of Us, publié chez W. W. Norton (2007).

[3] François Thual, Géopolitique des conflits identitaires, p.169. Editions Ellipses (1995).

[4] Cf. Aymeric Chauprade, conférence prononcée le 24 mars 2005, à l’Hôtel national des Invalides.

[5] The real debate we need, in khaleej Times du 14 avril 2008.

[6] Ceci est à tempérer parl’obsolescence technique du matériel utilisé par l’Armée Rouge.

[7] Officiellement car Pékin a révisé sa posture diplomatique de soutien indéfectible au Pakistan.

[8] Ashley J. Tellis, dans son chapitre India in Asian Geopolitics in Rising India, p.122 in Friends and Foes. Essays in honnour of Prof. M.L. Sondhi; Prakash Nanda Editions (2007).

[9] Aymeric Chauprade et François Thual, Dictionnaire de géopolitique ; Editions Ellipses (1999).

[10] Zbigniev Brzezinski, Le Grand échiquier, p.41 ; Bayard Editions (1997).

[11] Même si, par habitant, il n’en représentera seulement que le quart.

[12] Zbigniev Brzezinski, Op. cit., p.207.

[13] Il allait devenir Premier ministre en 2004.

[14] C’est de plus un état stable.

[15] En 1962, les deux pays se faisaient la guerre pour des litiges frontaliers.

[16] Henry Kissinger, The real debate we need, in khaleej Times du 14 avril 2008.

[17] Brzezinski, Op. cit., p.85 ; Bayard Editions (1997).

[18] Op. cit., p.235.

[19] Aymeric Chauprade et François Thual, Dictionnaire de géopolitique.

[20] Ashley J. Tellis, Op. cit. p.110.

[21] Réunion du FMI à Singapour en Septembre 2006.

[22] Mais un facteur crucial vient grever la Russie : la chute de sa population active d’ici dix ans.

[23] Rapport spécial consécutif au séminaire « East Asia’s New Stage of Economic Integration » de l’Organisation du commerce extérieur du Japon (JETRO) du 26 juin 2006.

[24] Cf. Ashley J. Tellis, Op. cit.

[25] François Guichardin, Avertissements politiques, p.125 ; le Cerf (1988).

Source : Realpolitik.tv

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