CS : Aux origines du sionisme chrétien (vidéo)


Comprendre l’actualité du conflit Israelo-Palestinien ne peut se faire sans la compréhension de l’histoire de ce conflit. Depuis la fin du Moyen Age, une seule lecture de cette histoire domine en Occident : celle des historiens de la Bible. La thèse principale sur laquelle repose le travail des historiens bibliques considère que « l’Ancien Royaume d’Israël » est une vérité historique absolue et incontestable et insiste sur l’existence d’une affiliation directe entre ce vieux Royaume et l’actuel Etat d’Israël, qui n’en serait que la continuité.

Cette continuité puriste et exclusive a donc besoin, pour exister, d’écarter toute autre continuité qui lui serait concurrente et qui oterait de sa légitimité, en l’occurrence une continuité de l’histoire palestinienne. Selon cette optique, l’histoire de la région ne peut être qu’exclusivement israélienne, tout comme la région elle-même doit être exclusivement israélienne.

La revendication de la propriété de la terre dégénère donc en une revendication d’en posséder l’histoire. Posséder le pouvoir de décréter que ceci est « vrai » et ceci est « faux ». Confisquer la terre ne peut donc passer sans en confisquer l’histoire, qui à son tour ne peut se faire sans confisquer le langage et les mots, et c’est là que nous entrons dans la dimension politique de l’affaire qui est une autre question.

 Pour ces historiens, la Torah et la Bible Chrétienne sont considérées comme références fiables dont on peut tirer des vérités historiques, et les évènements qui sont cités doivent impérativement etre corroborés par les fouilles et études archéologiques. La recherche archéologique a donc un but fixé à l’avance : celui d’affirmer et prouver l’authenticité du texte religieux. Si elle ne le valide pas, elle est invalidée à son tour, quel que soit son objectivité et son sérieux.

Quand l’histoire, plus généralement la science, se mêle avec les dogmes religieux, il n’est donc pas étrange que le fait historique et le fait religieux soit les deux revers d’une même médaille et que ceux qui nous défendent de contester le dogme religieux auquel ils croient soient les mêmes qui nous défendent de contester la lecture historique qui en dérive. Actuellement, cette lecture se trouve meme contestée par des historiens israéliens à l’image de Shlomo Sand, Ilan Pappé, etc… qui sont par ailleurs des figures importantes du mouvement des « nouveaux historiens » qui fait polémique en Israel et ailleurs.

Ce documentaire, essentiellement basé sur les documents des archives britanniques, français, russes, turques, retrace l’influence majeure que ce genre de lectures de l’histoire du Moyen-Orient a eu sur la genèse de l’idéologie sioniste chrétienne, qui est apparue des décennies et des décennies avant que le sionisme juif ne prenne naissance, et les liens étroits qu’elle a entretenu avec l’idéologie colonialiste occidentale depuis le 18ème siècle

C’est une approche profonde de l’histoire de ce conflit qui continue à faire actualité, qui tire son originalité du recours méthodique à des éléments des archives occidentales, auxquels on ne fait meme pas référence dans les documentaires occidentaux traitant de la question, lesquels reprennent généralement l’histoire depuis l’année 1948, ne font qu’étaler la chronologie de ses évènements « clés » et n’osent que rarement la creuser plus profondément.

Première partie (Wat.tv)

Deuxième partie (Wat.tv)

Pour creuser le sujet : -« Comment le peuple juif fut inventé » – Shlomo Sand -« L’invention de l’Ancien Israel : mise sous silence de l’histoire Palestinienne » – Keith Whitelam (The Invention of Ancient Israel : The Silencing of Palestinian History) -« La Bible dans l’Histoire : comment les historiens crèent le passé ? » Thomas L. Thompson (The Bible in History : How Writers Create a Past)

Source : http://www.alterinfo.net/Documentaire-d-Aljazeera-Aux-origines-du-sionisme-chretien-videos_a40160.html

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