la Guerre de la Liberté


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La Guerre de la Liberté

« Bonjour, je suis fermement opposé à cette décision car aujourd’hui la FCC renforce la nouvelle élite des médias avec des degrés d’influences inacceptables sur les idées et les informations dont notre société et notre démocratie dépendent. Cette décision donnera à quelques corporations les clés du dialogue civil, un plus grand contrôle sur le choix de la musique, des divertissements et de l’information, et un pouvoir absolu sur ce que le public regarde, lit et entend. La dérégulation de la radio nous donne des enseignements précieux. Quand nous avons dérégulé les radios, nous avons pu constaté des conséquences énormes et pour la plupat sans précédent. La diversité musicale a souffert, la standardisation de la musique a enterré les artistes locaux et originaux qui ont de plus en plus de mal à être diffusés. Les lignes éditoriales sont devenues partiales. La compétition a disparu dès lors que quelques compagnies se sont partagées le marché. Cette expérience devrait nous terrifier considérant que nous risquons de causer à la télé et aux journaux les mêmes ravages qu’à la radio. Cette décision autorisera les grosses compagnies à racheter les journaux locaux et à exercer une influence énorme par le contrôle de 3 chaînes de télé, 8 stations de radio, le câble plus le journal déjà acquis à la cause. Cette décision autorisera les grosses chaînes de télé à racheter les plus petites, leur donnant le contrôle d’un incroyable 80 à 90% de l’audience télévisuelle. Où est le souci de proximité, de diversité et de compétition ? Je vois de la centralisation, pas de la proximité. Je vois de l’uniformité, pas de la diversité. Je vois du monopole, de l’oligopole, pas de la compétition. 90% des chaînes du câble sont aux mains des mêmes géants qui possèdent les chaînes de télé et le système du câble. Plus de chaînes, c’est bien, mais si elles appartiennent toutes aux mêmes personnes, cela n’encourage ni la proximité, ni la diversité, ni la compétition. Et ceux qui pensent qu’Internet à lui seul va nous sauver de ce destin, feraient bien de réaliser que ceux qui détiennent les clés d’Internet sont les mêmes géants qui contrôlent radios, télés, journaux et câble. Les réactions du public face à cette décision est d’un niveau jamais vu à la FCC. Dans les 750 000 commentaires que l’on a reçus, il y a une quasi unanimité contre ce projet : 99,9%. »

Discours du commissaire Michael Coops de la FCC (Federal Communications Commission), le 2 juin 2003 paru dans le documentaire Orwell se retourne dans sa tombe.

Visant explicitement l’empire du magnat Rupert Murdoch propriétaire du New York Post, Wall Street Journal, la chaîne Fox News aux États-Unis et le journal The Times au Royaume-Uni, c’est avec cette introduction avant-gardiste, reflet d’une obscure et obscurantiste époque médiatique qui sombre dans la globalisation despotique en marche vers une dictature mondiale, que j’ouvre ce billet sur le noble combat de la liberté d’expression et la survie de l’un de ses derniers remparts touchant un maximum de personnes à travers le monde, Internet. Pour ma part et sans vouloir ternir le courage des journalistes de la presse indépendante, les livres étant l’autre ultime bastion de dévoiler en profondeur les faciès de la vérité, rien que la vérité qui dérange les élites.

429078442_4316eea154L’histoire de la liberté d’expression se souviendra toujours de la semaine noire du 11 au 17 mai 2009 qui aura notamment vu Hadopi : le projet de loi Création et Internet adopté par 53% des voix de l’Assemblée Nationale, le licenciement arbitraire par la direction de TF1 de l’un de ses employés anti-Hadopi suite à un e-mail du cabinet de la ministre de la Culture et de la Communication Christine Albanel, mettant en évidence de potentiels liens entre la chaîne privée du groupe Bouygues, dont le dirigeant Martin Bouygues fut le témoin du second mariage de Nicolas Sarkozy, et le gouvernement de François Fillon, ainsi que la suppression du compte à Dailymotion du chroniqueur critique LLP alias Le Libre Penseur quelques jours après que le film  » The Obama Deception  » du réalisateur, scénariste, acteur et producteur américain Alex Jones ait été censuré aussi bien sur le site communautaire d’hébergement américain Youtube que Dailymotion créé en mars 2005 par les parisiens Benjamin Bejbaum et Olivier Poitrey. Dans le même registre d’intimidation de la démocratie française d’Émile Zola à l’époque de l’affaire Dreyfus, nous pourrions même rajouter l’empêchement du bus Dieudonné de déposer sa liste antisioniste au ministère de l’Intérieur par 7 cars de CRS sur les Champs-Élysées. J’accuse la ministre de l’Intérieur, de l’Outre-Mer et des Collectivités territoriales, madame Michèle Alliot-Marie de s’être rendue complice, tout au moins par faiblesse d’esprit, d’une des plus grandes iniquités du nouveau millénaire.

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Rappel, encore un.

La liberté d’opinion et d’expression est généralement considérée comme une liberté fondamentale de l’Homme. Elle est citée à l’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme comme suit : « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. »

De même, dans la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen de 1789  à l’article 11 : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. »

Et pour l’Europe, dans la Convention européenne des droits de l’Homme, Conseil de l’Europe de 1950, à l’article 10 : « 1 Toute personne a droit à la liberté d’expression. Ce droit comprend la liberté d’opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu’il puisse y avoir ingérence d’autorités publiques et sans considération de frontière. Le présent article n’empêche pas les États de soumettre les entreprises de radiodiffusion, de cinéma ou de télévision à un régime d’autorisations. »

« 2 L’exercice de ces libertés comportant des devoirs et des responsabilités peut être soumis à certaines formalités, conditions, restrictions ou sanctions prévues par la loi, qui constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité nationale, à l’intégrité territoriale ou à la sûreté publique, à la défense de l’ordre et à la prévention du crime, à la protection de la santé ou de la morale, à la protection de la réputation ou des droits d’autrui, pour empêcher la divulgation d’informations confidentielles ou pour garantir l’autorité et l’impartialité du pouvoir judiciaire. »

Est-ce que ces droits inaliénables à la démocratie élémentaire s’appliquent également dans le cadre actuel de la Guerre au Terrorisme que livre l’OTAN, et principalement les États-Unis au reste du globe, en particulier l’Eurasie si riche en ressources énergétiques ? Est-ce que ces prémices de non-droit à la liberté d’opinion et d’expression en France représentent l’aube de l’édification d’une version européenne du Patriot Act avant l’ensemble des pays occidentaux d’Europe et de leurs alliés des continents africain, asiatique et océanien ? Dans l’immédiat, ce ne sont pas les plus importantes questions à se poser, pas plus que le pourquoi d’un tel contrôle néfaste des supports de communication trouvant autant ses nombreuses réponses dans l’introduction se résumant à l’influence élitiste et l’endoctrinement public que dans la phrase :  » Si les masses savaient, si on ne leur cachait pas la vérité, elles se révolteraient.  » reprise d’un article de Clovis Casadue paru récemment sur Mecanopolis et dans de nombreux autres sites et blogs, Agoravox, Alterinfo ou encore la Voix des Opprimés, mais dans quel but inavouable cette influence élitiste exerce-t-elle cette régulation autocratique, une véritable mainmise de l’information ? Est-ce pour l’argent ? L’audimat ? La contrevérité ? L’audimat faisant de l’argent, ce serait peut-être bien cette dernière option d’hypocrisie médiatique cherchant froidement à dissimuler des secrets lourds en conséquences gouvernementales qui pourrait à la fois appuyer les réponses de la précédente énigme du pourquoi d’un tel contrôle néfaste que répondre aux vraies raisons recherchées par le gouvernement fantôme de la planète, l’aveuglement de la population mondiale, le musellement des libertés individuelles, les mécanismes antirévolutionnaires de répression systématique et de rejet instinctif de l’opposition, l’esclavage cérébral mais avant tout et surtout, la peur. L’obscurantisme par excellence pour une meilleure gouvernance unilatérale. Des méthodes dictatoriales dignes des plus sombres heures de la Gestapo et du KGB.

 
« Et j’en appelle à tous les gouvernements, aucun d’entre-nous n’en sortira (de la crise financière) en faisant sa propre politique dans son coin, isolé de ce que font les autres. Aucun. Nous avons besoin du dynamisme de chacun, pour deux choses. La première, trouver un nouveau système de régulation. Ce sera l’enjeu du sommet de Londres. Et je puis vous dire une chose. L’Europe aura une position commune, et forte. Et je puis vous dire une deuxième chose. Nous n’accepterons pas un sommet qui ne décidera pas. Et je puis vous dire une troisième chose. On ira ensemble vers ce Nouvel Ordre Mondial. Et personne, je dis bien personne ne pourra s’y opposer. Car à travers le monde, les forces au service du changement sont considérablement plus fortes que les conservatismes et les immobilismes. Nous voulons de la transparence. »

Extrait du discours de Nicolas Sarkozy, le 16 janvier 2009.

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Le droit à la parole

Dès le début du discours prononcé par le président iranien Mahmoud Ahmadinejad lors de la conférence sur le racisme Durban II qui s’est tenue à Genève notamment boycottée par le pays de la liberté, les États-Unis, les représentants de 23 nations de l’Union Européenne se sont levés et ont quitté la salle en donnant au monde un bel exemple pitoyable de ce que représente la liberté d’expression en 2009. Mais avant cette conférence lors du World Economic Forum qui s’est tenu à Davos le 29 janvier 2009 et malgré tous les enjeux économiques unissant la Turquie et Israël, il y a eu un autre cas analogue de non-respect à la liberté d’expression avec le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan qui a, tel un show pytoresque pour les uns, une preuve de solidarité à l’égard du peuple palestinien pour les autres voir un héros du peuple turc, claqué la porte au WEF après que son temps de parole fut réduit à 12 minutes par le modérateur du forum tandis que le président israélien Shimon Peres avait eu droit à 25 minutes. Autre cas emblématique dans l’émission Ripostes abordant le réintégration de la France dans le commandement de l’OTAN fut celui du sénateur de l’Essonne Jean-Luc Mélenchon et le député atlantiste Pierre Lellouche dans un débat houilleux où le sénateur essayant tant bien que mal de finir ses phrases, sans cesse coupé par le député, dit alors : « Puisque qu’on ne peut pas parler, voilà, parlez tout seul monsieur Lellouche. Vous ressemblez à ceux que vous défendez ! ». Après avoir été traité par deux fois d’être alligné à la CIA qui rétorqua plusieurs fois au sénateur d’être un « Pauvre type ! », je cite Pierre Lellouche : « On serait au 19ième siècle, je vous provoquerais en duel et je vous flinguerais ! Et ce serait mérité ! ». On pourrait tirer comme conclusion hâtive de ces deux dernières phrases menaçantes du grossier député Lellouche sa possible préférence barbare pour l’emploi des armes plutôt qu’un sage dialogue avec le respect mutuel d’écoute d’autrui et de liberté d’expression et d’opinion. De 2004 à 2006, Pierre Lellouche fut le président de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN et depuis mars 2009, le député est le représentant spécial de la France pour l’Afghanistan et le Pakistan.

Internet dans la ligne de mire

Force est de constater que l’étroit lien ancestral d’Internet et le DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency) ne tient plus qu’à censure-internetune prise à Washington DC pour à nouveau reprendre une image mécanopolicienne du confrère Régis Mex dans sa traduction de l’article  » La prise de l’Internet sera bientôt débranchée  » paru sur le site PrisonPlanet, il devient de plus en plus urgent de se battre contre les restrictions des libertés individuelles avec la même ardeur contre la pornographie infantile que le pouvoir d’achat, ou métaphoriquement un Taliban en Afghanistan, mais en même temps pour en retirer un bien d’un mal, ce sont vers les réunions privées, les échanges secrets de données, les débats à huit clos et autres rassemblements anonymes que ces désastreuses restrictions poussent inéxorablement. Paradoxalement, priver le citoyen de ses derniers moyens d’expression risque bel et bien de conduire le monde à une nouvelle élévation du niveau d’insurrection bouillante, peut-être même est-ce là la goutte d’eau qui fera déborder le vase et à ces mots, j’en entend déjà penser :  » Vivement que cela arrive !  » Il est hélas fort dommage de réaliser à quel point critique nous, humbles internautes, en sommes arrivés pour rédiger ce genre d’articles nécessaires pour la survie et l’utopique demande d’une mise sous tutelle indépendante de ce formidable outil de communication mondiale, de partage de sagesses notoires. Aussi regrettable que devoir crier une fois de plus :  » Aux armes ! Citoyens ! C’est la guerre de la liberté !  »

Ahmiri Saïd

Sources : Karlzéro.tv, Mecanopolis, Wikipedia.

Une réponse à “la Guerre de la Liberté

  1. 1- D’un côté, nous avons une industrie culturelle déclinante n’assumant pas le proxénétisme économique et la pandémie infantilisante qu’elle exerce sous le regard de son débiteur. Celui-ci est à la fois une fondation philanthrope de gestion nationale et une entreprise d’import/export.
    2- De l’autre côté, nous avons une infinité de niches de population n’ayant rien à voir les unes avec les autres, mais faisant front par principe de précaution. Nous prouvant par la même occasion à quel niveau de léthargie se trouvent nos sociétés occidentales pour qu’un luxe devienne une lutte nécessaire.
    3- Au centre, se trouve le gros du troupeau qui n’a pas d’avis et fait preuve d’intelligence situationniste ou d’indifférence banale sur ce combat qui est à la fois d’avant-garde et d’arrière-cour.
    4- Dans toutes les batailles, il y a des pertes acceptables. Mais comme nous ne prenons plus plaisir à nous salir les mains avec une de ces barbaries ancestrales, les invectives servent de nos jours de courroux médiatique ou de Hit Combo virtuel pour le bonheur des voyeurs générationnels et des lâches éternels.
    5- Quand on pratique l’affrontement constant ou la paix commémorative pour occuper son temps, c’est que l’on est plus en mouvement. Alors la guerre civile des flux a-t-elle un sens ?
    La suite ici :
    http://souklaye.wordpress.com/2009/03/13/creation-internet-et-insultes-gratuites/

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