Archive | février, 2012

Le détournement des pouvoirs de l’ONU par l’OTAN

28 fév

par Robert Bridge pour Russia Today

Dans son dernier article en date avant les élections, le Premier ministre Vladimir Poutine définit la niche idéologique de la Russie dans un “monde changeant”, en discutant les défis modernes auxquels Moscou doit faire face sur la scène internationale.

Poutine a insisté sur le fait que la Russie va établir ses propres buts et intérêts, plutôt que de suivre les décisions imposées par quelqu’un d’autre. Quant aux buts de sa politique étrangère, ils sont stratégiques plutôt qu’à court terme.

“Nous devrons sans aucun doute continuer nos efforts actifs et constructifs pour renforcer la sécurité mondiale, pour éviter la confrontation et de neutraliser effectivement les défis tels ceux de la prolifération nucléaire, des crises et conflits régionaux, du terrorisme et de la drogue. Nous ferons tout ce que nous pourrons pour aider la Russie à obtenir le dernier avantage technologique et aider nos commerces à se positionner décemment sur le marché mondial”.

D’après Poutine, la position de la Russie à l’égard du nouvel ordre mondial émergeant est basée sur de nouvelles réalités géopolitiques et sur l’idée que tout tumulte non nécessaire doit être évité.

Qui diminue la confiance ?

Vladimir Poutine a également insisté sur le fait que la stabilité internationale est impossible à imaginer sans une sécurité indivisible pour toutes les nations, le respect du droit international ou quand une force disproportionnée est utilisée.

“Ceci ne suit pas la logique du développement moderne et est basé sur les stéréotypes de la mentalité de bloc. Tout le monde sait ce à quoi je fais référence. C’est l’expansion de l’OTAN, incluant le déploiement de nouvelles structures militaires et le plan du bloc soutenu par les Etats-Unis de créer un bouclier anti-missile en Europe… et ce dans la proximité immédiate des frontières de la Russie.”

Il a aussi expliqué que les droits de l’Homme, si nécessaires soient-ils, ne doivent pas être un prétexte pour diminier la souveraineté nationale.

“La protection des droits de l’Homme, quoi qu’il en soit, devient de la pure démagogie, quand elle est utilisée comme excuse pour une violation présomptueuse de la souveraineté nationale et si les droits de l’Homme sont protégés de manière sélective par des forces armées étrangères et si en ‘protégeant ces droits’, elles violent les droits de nombreuses autres personnes, incluant le droit le plus sacré d’entre tous, le droit à la vie.”

Ici, Poutine a fustigé l’OTAN et son goût pour “l’exportation de la démocratie à coups de missiles”. Il a dit que personne n’a le droit de détourner les prérogatives et le pouvoir des Nations-Unies, particulièrement quand cela en vient à utiliser la force contre des nations souveraines.

“Il semble que les pays de l’OTAN, et particulièrement les Etats-Unis, ont développé une compréhension très singulière de la sécurité, qui est fondamentalement différente de notre point de vue. Les Américains sont obsédés par l’idée d’acquérir et de maintenir une invulnérabilité absolue pour eux-mèmes, ce qui de manière incidentelle, est une utopie complète, à la fois pour des raisons technologiques et géopolitiques.” (Lire la suite…)

The Global Intelligence Files

28 fév

Aujourd’hui, Wikileaks a lancé la publication des « Global Intelligence Files » (petits papiers du renseignement mondial), plus de 5 millions d’emails de la société de renseignement privée Stratfor, basée au Texas. Les emails couvrent une période allant de juillet 2004 à fin décembre 2011. Ils révèlent le fonctionnement interne d’une entreprise qui annonce être un service de renseignement privé, mais qui fournit des services de renseignement confidentiels à de grandes entreprises, comme Dow Chemical Corporation à Bhopal (Inde), Lokheed Martin, Northrop Grumman, Raytheon, ainsi qu’à des agences gouvernementales, telles que le Département de la Sécurité intérieure des États-Unis (DHS), les « Marines » et l’Agence du renseignement pour la défense (DIA). Les emails dévoilent le réseau d’informateurs de Stratfor, sa structure de financement, les techniques de blanchiement d’argent et les méthodes psychologiques employées, par exemple :

« Vous devez réussir à le contrôler. Ce contrôle pourra être d’ordre financier, sexuel ou psychologique… Cela est destiné à lancer notre discussion sur la prochaine étape vous concernant. » — George Friedman, PDG, à Reva Bhalla, analyste chez Stratfor, le 6 décembre 2011, à propos de la façon de tirer parti d’un informateur Israélien fournissant des informations sur l’état de santé d’Hugo Chavez, président du Venezuela.

Les données contiennent des informations confidentielles à propos des attaques du gouvernement des États-Unis contre Julian Assange et WikiLeaks, ainsi que les efforts de Stratfor pour renverser WikiLeaks. Plus de 4 000 emails font mention de WikiLeaks ou de Julian Assange. Les emails révèlent également le système de « porte tambour » en place dans les sociétés de renseignement privées aux États-Unis. Les gouvernements et sources diplomatiques du monde entier offrent à Stratfor un accès anticipé à la politique et aux événements mondiaux en échange d’argent. Les « Global Intelligence Files » révèlent la façon dont Stratfor a recruté un réseau mondial d’informateurs, payés via des comptes bancaires en Suisse et des cartes de crédit pré-payées. Stratfor dispose à la fois d’informateurs déclarés et secrets, incluant notamment des employés gouvernementaux, du personnel travaillant dans les ambassades ainsi que des journalistes du monde entier.

Ces données montrent comment fonctionnent les agences de renseignement privées, et comment celles-ci prennent pour cible des individus pour le compte de leur clients, que ce soit des entreprises ou des gouvernements. Par exemple, Stratfor a surveillé et analysé les activités en ligne d’activistes basés à Bhopal, dont les « Yes Men », pour le compte du géant américain de la chimie Dow Chemical. Les activistes demandent réparation pour la catastrophe de gaz impliquant Dow Chemical et Union Carbide en 1984 à Bhopal, en Inde. La catastrophe a causé des milliers de morts, plus d’un demi-million de blessés, et des dégâts à long terme sur l’environnement. (Lire la suite…)

Notes sur l’“amitié” USA-Israël

27 fév

par Philippe Grasset pour Dedefensa

Dans une grosse décade, autour du 5 mars, le président Obama reçoit son “ami”, le Premier ministre Benjamin “Bibi” Netanyahou. Il s’agit d’une nouvelle passe d’armes entre les deux amis, unis dans leur opposition à l’Iran par une querelle épouvantable et quasiment sanglante.

Il y a déjà eu plusieurs épisodes remarquables dans la séquence actuelle (depuis décembre 2011, que la “crise iranienne” a commencé à se transformer en “crise haute”). Celui-ci est particulièrement gratiné et s’est concrétisé autour du jugement de Netanyahou, “fuité” vers Haaretz, que le général Dempsey, président du comité des chefs d’état-major US, est un “serviteur de l’Iran” (ou “un valet de l’Iran”).

Le terrain était bien préparé par l’échec de la énième mission US pour tenter de modérer Netanyahou, par le directeur du NSC et conseiller d’Obama pour la sécurité nationale Tom Donilon, en visite en Israël. Selon DEBKAFiles du 20 février 2012 :

« Le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche Tom Donilon a fait face à un Premier ministre acrimonieux Benyamin Netanyahou durant les deux heures d’une conversation orageuse à Jérusalem, dimanche le 19 février, selon les vastes dernières nouvelles des sources américaines haut placées à Washington. »

Cette attaque contre Dempsey est bien plus qu’un fait symbolique ou périphérique dans ce nouvel épisode de la querelle USA-Israël. Il a une dimension opérationnelle précise et renvoie à un aspect fondamental du problème du nucléaire iranien.

L’intervention de Dempsey

Apprécions, à l’avantage de la diffusion et de l’influence du site russe, que c’est par la reprise de l’information d’Haaretz par Russia Today, le 21 février 2012, que la nouvelle s’est le mieux diffusée, y compris aux USA…

« Le président du Comité des chefs d’États-majors interarmées le général Martin Dempsey a fait des nouvelles au cours de cette semaine en appelant l’attaque menée par Israël sur l’Iran d’idiote si elle était tentée dans un proche avenir. [...] Le général Dempsey a dénoncé une attaque sur l’Iran dans un proche avenir comme étant « déstabilisante » et « non prudente » en parlant à CNN pendant le week-end à l’égard de l’Amérique et l’effort d’Israël d’empêcher Téhéran de développer une tête nucléaire. Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a abordé à présent cette déclaration lui-même, en mettant en question les intentions de l’officiel des États-Unis.

Netanyahou suggère maintenant que les États-Unis adoptent des politiques qui favoriseront l’Iran et non pas leur allié historique : Israël. Le journal israélien Haaretz (« Le Pays ») rapporte que le Premier ministre Netanyahou avait des mots durs pour le commandant du JCS, disant que ses commentaires officiels sur la remise en cause de n’importe quelle attaque sont des remarques qui « ont servi les Iraniens ». [...] « Les Iraniens voient qu’il y a une controverse entre les États-Unis et Israël et que les Américains s’opposent à une action militaire. Cela réduit la pression sur eux », ajoute un officiel israélien haut placé au journal. » (Lire la suite…)

Les pays riches en faillite ? (vidéo)

26 fév

Voici une soirée Thema d’Arte diffusée au tout début de la crise financière en 2008. Elle se compose de deux documentaires à propos de l’endettement de l’état américain, qui a financé ses cadeaux fiscaux aux plus riches en creusant la dette, mais aussi celui des consommateurs, conduits à emprunter toujours plus à cause de l’effondrement de leur pouvoir d’achat…

Quelques citations extraites du premier documentaire :

« Depuis 6 ans, ce pays est dirigé par des gens viscéralement hostiles à l’état-providence, et très favorables aux catégories à haut revenu. Ils ont littéralement bousillé le système fiscal en faveur des plus riches. Ils y sont arrivés par petites étapes qui n’avaient pas l’air bien méchantes prises séparément, mais qui globalement ont eu un effet très néfaste. Il disaient « on baisse les impôts pour tout le monde », ce qui n’était pas tout à fait vrai car ils réduisaient surtout les tranches d’imposition des plus riches. Le systèmes fiscal a donc subi de grands changements, très favorables à tous ceux qui gagnent plus de 500.000 dollars par an, et beaucoup moins à ceux qui ont un revenu de 40.000 dollars par an. Ceux là n’en profitent pratiquement pas. »

Paul Krugman, éditorialiste au New York Times.

« En réalité, les bas salaires sont aujourd’hui plus de 30% inférieurs à ce qu’ils étaient il y a 30 ans. (…) Les enfants sont moins bien lotis que leurs parents. Et ce qui s’est passé plus récemment est encore plus inquiétant. Ces 5 dernières années, ce ne sont pas seulement les plus bas revenus qui sont touchés, mais les revenus moyens. (…) En regardant les PIB, on se dit que la France ou l’Europe s’en sortent moins bien que les Etats-Unis. Il est très important d’examiner les bons chiffres. Ca marche très bien pour Bill Gates, mais la vraie question est de savoir comment s’en sort la majorité des Américains. Aujourd’hui, ils vivent moins bien qu’il y a 5 ans. Et ce que je dis là ne prend même pas en compte le sentiment d’insécurité, le fait que 50 millions d’Américains n’ont aucune couverture médicale. »

Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie 2001.

« C’est le pays le plus riche de toute l’histoire de l’humanité. Et pourtant, depuis presque 3 décennies, les salaires et les niveaux de vie stagnent pour la plupart des Américains. C’est véritablement une crise de l’emploi, une crise des bons emplois. Ce n’est pas comme si on était incapable de créer des emplois aux Etats-Unis, il y a du travail à profusion. Mais ce ne sont pas de bons jobs. Ils ne permettent pas de gagner suffisamment pour vivre, fonder une famille et acheter une maison. On ne peut plus avoir un niveau de vie de classe moyenne comme quand on travaillait chez Ford ou General Motors. On ne peut pas envoyer ses enfants à l’université si on travaille à Wall Mart. C’est pourquoi on assiste à une sorte de glissement. General Motors était le symbole par excellence de l’entreprise américaine, et aujourd’hui c’est Wall Mart. Et cela va au-delà du symbole car General Motors était le plus gros employeur américain et aujourd’hui c’est Wall Mart qui l’est devenu. C’est pourquoi la vraie question qui se pose à nos dirigeants et à laquelle nous sommes tous confrontés, c’est: sommes-nous capable de survivre dans une économie de type Wall Mart? Pouvons-nous procurer au gens le niveau de vie souhaité avec des salaires comme ceux de Wall Mart? Non, je ne crois pas, la réponse est claire, ce n’est pas possible. »

Mark Brenner, économiste.

1/7

2/7

3/7

4/7

5/7

6/7

7/7

« Notre pays s’enfonce dans les ténèbres du Moyen Âge »

26 fév

par Mikis Theodorakis

« Un complot international est en cours, visant à mener à terme la destruction de mon pays. Les assaillants ont commencé en 1975, avec comme cible la culture grecque moderne, puis ils ont poursuivi la décomposition de notre histoire récente et de notre identité nationale et aujourd’hui ils essaient de nous exterminer physiquement par le chômage, la famine et la misère. Si le peuple grec ne se soulève pas pour les arrêter, le risque de disparition de la Grèce est bien réel. Je la vois arriver dans les dix prochaines années. Le seul élément qui va survivre de notre pays sera la mémoire de notre civilisation et de nos luttes pour la liberté. » Le compositeur grec Mikis Theodorakis, ancien résistant et héros de la lutte contre le régime des colonels, aujourd’hui âgé de 87 ans, lance un appel à l’opinion internationale.

Il est évident que ces deux grandes plaies auraient pu être évitées si les dirigeants des deux parties politiques pro-américains n’avaient pas été infiltrés par la corruption. Cette richesse, produit du travail du peuple grec, était ainsi drainée vers les coffres-forts de pays étrangers. Les politiciens ont essayé de compenser cette fuite d’argent par un recours à des emprunts excessifs qui résultaient en une dette publique de 300 milliards d’euros, soit 130% du PNB (Produit National Brut).

Par cette arnaque, les étrangers gagnaient doublement : d’une part, par la vente d’armes et de leurs produits et d’autre part, par les intérêts sur l’argent prêté au gouvernement (et non pas au peuple). Comme nous l’avons vu, le peuple grec était la principale victime dans les deux cas. Un seul exemple suffira pour vous convaincre : en 1986, Andreas Papandreou a emprunté un milliard de dollars à une banque d’un grand pays européen. Les intérêts de cet emprunt n’ont été remboursés qu’en 2010 et ils s’élevaient à 54 milliards d’euros.

L’année passée, M. Juncker a déclaré qu’il avait remarqué lui-même l’hémorragie financière massive de la Grèce qui était due aux dépenses excessives (et forcées) pour l’achat de matériel de guerre – de l’Allemagne et la France en particulier. Et il a conclu que ces vendeurs nous conduisaient à un désastre certain. Hélas, il a avoué qu’il n’a rien fait pour contrecarrer cela, afin de ne pas nuire aux intérêts des pays amis !

En 2008, la grande crise économique est arrivée en Europe. L’économie grecque n’a pas été épargnée. Cependant, le niveau de vie qui était jusque-là assez haut (la Grèce se classait parmi les 30 pays les plus riches du monde), est resté pratiquement inchangé, malgré une augmentation de la dette publique. La dette publique ne se traduit pas nécessairement par une crise économique. La dette des grands pays tels que les États-Unis et l’Allemagne sont estimées à des milliers de milliards d’euros. Les facteurs déterminants sont la croissance économique et la production. Si ces deux facteurs sont positifs, il est possible d’emprunter auprès des grandes banques à un taux d’intérêt inférieur à 5%, jusqu’à ce que la crise soit passée. (Lire la suite…)

La crise syrienne vue de Damas

26 fév

par Alexeï Pilko pour pour RIA Novosti

La crise actuelle en Syrie peut être qualifiée sans exagération d’événement international le plus important. Une immense région, où se croisent les intérêts de nombreux pays, dont la Russie, les Etats-Unis, la Chine et les pays de l’UE, est en pleine transformation. Pas à pas, le Moyen-Orient se transforme en un chaudron où la pression atteint des valeurs critiques. Compte tenu des informations controversées publiées par les médias dans le monde (s’appuyant généralement sur tout, sauf sur des sources fiables), il serait intéressant de bénéficier d’informations sur les événements en Syrie émanant directement des représentants officiels à Damas, qui ont accepté de s’entretenir avec l’auteur de ces lignes.

La majorité des médias mondiaux, qui couvrent les événements en Syrie, soulignent que le gouvernement de Damas s’est retrouvé isolé sur le plan international et ne peut compter que sur le soutien de la Russie, qui s’explique par des motivations mercantiles. Toutefois, selon les représentants officiels, la situation est loin d’être aussi dramatique. Ils font remarquer que la récente visite en Syrie du vice-ministre chinois des Affaires étrangères Zhai Jun prouve la volonté de Pékin, tout comme celle de Moscou, de soutenir le régime de Bachar al-Assad.

On peut également noter l’activité de l’Iran, objet d’une forte pression internationale, qui considère la Syrie comme son avant-poste dans le monde arabe. Téhéran a déjà réalisé deux manœuvres symboliques en envoyant ses navires en Méditerranée.

Il est à noter que l’Egypte, qui officiellement ne sympathise guère avec Damas (et a même rappelé son ambassadeur dans la capitale syrienne), a autorisé à chaque fois le passage des navires militaires iraniens par le canal de Suez. Cela montre qu’il est prématuré de parler d’une condamnation formelle de la Syrie par le plus grand pays du monde arabe. Il faut simplement faire la différence entre la rhétorique officielle d’un gouvernement et les actions qu’il entreprend réellement.

D’autant plus que dans les conversations confidentielles, les représentants officiels syriens laissent entendre que le pays établit des relations particulières avec l’Irak, sensible aux actions engagées pour la stabilisation de la situation en Syrie. L’apparition au Moyen-Orient, après le retrait des troupes américaines du territoire irakien, d’une « triple alliance » (Iran-Irak-Syrie) est tout à fait probable. Sachant que la majorité de la population de l’Irak est chiite et que l’influence iranienne dans ce pays s’est renforcé ces dernières années, un tel scénario ne paraît pas surréaliste. Oman apporte également un certain soutien à Damas.

Selon les représentants officiels syriens, notamment Najah al-Attar, vice-présidente syrienne, et Fayçal Meqdad, vice-ministre syrien des Affaires étrangères (qui ont rencontré le groupe d’experts russe, dont l’auteur de ces lignes faisait partie), la Turquie, le Qatar et Israël sont les principaux « sponsors » de la pression internationale exercée sur la Syrie. Ainsi que les Etats-Unis qui se trouvent derrière ces pays. (Lire la suite…)

Le vote sur la Syrie à l’ONU considéré comme une étape vers l’intervention militaire

22 fév

par Chris Marsden pour WSWS

Le soutien de l’Assemblée Générale des Nations-Unies de l’appel de la Ligue arabe au président syrien Bachar al-Assad de quitter le pouvoir pour des raisons « humanitaires » rapproche un peu plus d’une intervention militaire. Le vote adopté par 137 voix contre12, avec 17 abstentions, est non contraignant mais donne le feu vert de l’ONU à la proposition de la Ligue arabe en faveur d’un changement de régime qui avait été bloqué au Conseil de Sécurité par la Russie et la Chine.

Face à l’opposition de Moscou et de Beijing, et compte tenu de la position stratégique de la Syrie au Moyen-Orient en tant qu’allié de l’Iran, Washington, Paris et Londres doivent avancer avec précaution. Toutefois, l’intervention dispose maintenant du « visage arabe » tant souhaité par le gouvernement Obama, d’une légitimité conférée par l’ONU et de l’autorité implicite de la doctrine de la « responsabilité de protéger » en vertu de laquelle la guerre avait été menée contre la Libye.

Plutôt qu’une intervention directe, de nombreuses figures politiques, des journaux et des organismes politiques préconisent d’armer l’Armée syrienne libre oppositionnelle en guise d’étape préparatoire et en proclamant des « zones tampon » et des « couloirs humanitaires ». Ceci requerrait un bombardement de l’OTAN piloté par un ou plusieurs mandataires locaux dirigés par la Turquie et les Etats du Golfe.

Le ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé, a dit mercredi que la France avait déjà entamé des négociations avec la Russie au sujet d’une nouvelle résolution du Conseil de Sécurité de l’ONU sur la Syrie dans le but de créer des couloirs humanitaires. L’idée qui avait déjà été avancée de « couloirs humanitaires permettant aux ONG d’atteindre les zones qui font l’objet de massacres absolument scandaleux devraient être reprise au Conseil de Sécurité », a-t-il dit sur France Info.

Au Sénat américain, une résolution bipartisane fut déposée vendredi appelant le gouvernement Obama à fournir à l’opposition syrienne « un substantiel soutien matériel et technique ».

Ecrivant le 7 février dans le Guardian, Ian Black et Julian Borger ont souligné que le Conseil de sécurité nationale d’Obama a dit être en train de préparer un « décret présidentiel » consistant en « un décret-loi autorisant comme politique optionnelle des actions secrètes ».

La Turquie qui partage une longue frontière avec la Syrie et à partir de laquelle opèrent les directions de l’opposition politique et militaire, le Conseil national syrien (CNS) et l’Armée syrienne libre (ASL), aurait à jouer un rôle majeur dans une éventuelle attaque militaire. Sinan Ülgen, un ancien diplomate turc travaillant pour le Carnegie Endowment for International Peace, a dit qu’Ankara s’était déjà positionné pour conduire une force régionale soutenant une opération de l’OTAN. La Turquie avait « brûlé ses ponts » en misant « fortement sur un changement de régime », a-t-il affirmé.

Le Qatar, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et la Jordanie apporteraient tous leur soutien, y compris une formation militaire et des armes, comme ils l’avaient fait dans le cas de la Libye. (Lire la suite…)

Les sanctions contre l’Iran aveuglent les temps qui changent

22 fév

par Yazan al-Saadi pour Al Akhbar

L’image d’un Iran isolé au bord du désastre économique à cause des sanctions croissantes perd toute crédibilité à la lumière de la multiplication des liens politiques et commerciaux iraniens avec les puissances mondiales non occidentales.

Selon un reportage exclusif de Reuters, au début du mois, des acheteurs iraniens n’ont pas pu payer les 144 millions de dollars états-uniens qu’ils devaient pour une cargaison de 200 000 tonnes de riz en provenance d’Inde. D’autres rapports similaires de Reuters ont suivi, un affirmant que les commerçants asiatiques commençaient à prendre leurs distances avec la République islamique et un autre suggérant que des commerçants pakistanais « prenaient peur » de faire des affaires avec l’Iran. Un troisième rapport disait que l’Iran troquait de l’or et du pétrole contre des denrées de première nécessité, ce qui montrait les immenses difficultés que le pays traversait.

Cette série de reportages a suivi la mise en place par le président états-unien Barack Obama de nouvelles sanctions plus sévères contre le gouvernement iranien visant à geler les avoirs iraniens aux Etats-Unis et à pénaliser les transactions des banques et institutions financières iraniennes. La décision d’Obama a été accompagnée de sanctions unilatérales de l’Union Européenne contre le secteur pétrolier iranien qui constitue presque 90 % des revenus de la République islamique. Pour les officiels iraniens, ces actions ne sont qu’une simple « guerre psychologique ».

Les commentateurs et les observateurs européens et nord-américains notamment, analysent les faits soulignés par Reuters comme le signe qu’il n’y a pas que les nations et les entreprises occidentales qui veulent isoler l’Iran et qui souhaitent que les sanctions soient efficaces. Les difficultés du marché de l’alimentation et la dévaluation du rial iranien qui ont causé une hausse exponentielle du prix des denrées de base sont salués comme les premiers résultats des pressions destinées à forcer l’Iran à arrêter sa course supposée vers la bombe nucléaire.

Mais la vision d’un Iran isolé et s’écroulant progressivement sous le poids d’une guerre économique pourrait fort bien n’être qu’une illusion. (Lire la suite…)

Israël attaquera-t-il l’Iran ? Pas avant l’élection présidentielle américaine

20 fév

par Mark Weisbrot pour Common Dreams

« Beaucoup de gens voient en Obama un faible – il a été dépassé par ses généraux en Afghanistan, par Wall Street sur la réforme de la finance, etc. Mais malheur à ceux qui essaieraient d’interférer avec sa réélection. Il les écraserait. Et une guerre avec l’Iran – peu importe qui la commencerait – serait bien trop risquée en année électorale. » Tribune de Mark Weisbrot, co-directeur du Center for Economic and Policy Research.

Le New York Times a fait état la semaine dernière d’une intéressante conversation téléphonique, en janvier dernier, entre le président Obama et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou. Selon ces informations, M. Obama a tenté de convaincre Netanyahou – avec un certain succès – que le moment n’était pas propice à une action militaire contre l’Iran.

Le New York Times indique que « de hauts responsables israéliens, y compris le ministre des Affaires étrangères et le chef du Mossad, se sont rendus à Washington ces dernières semaines pour défendre leur point de vue » : l’Iran atteindrait très bientôt le point où des bombardements ne pourraient plus détruire son programme nucléaire. L’argument est qu’une fois que l’Iran aura transféré suffisamment d’équipements et de matériaux dans des installations souterraines inexpugnables, ceux-ci ne pourraient plus être détruits, même en employant les bombes les plus puissantes. De sorte qu’Israël doit attaquer rapidement, ne disposant peut-être que d’un délai de quelques mois, ont affirmé ces officiels israéliens.

Une campagne massive de propagande est en cours sur les grands médias, à destination de ceux qui ne suivent pas de près cette question. L’Iran, dont même le secrétaire à la Défense des États-Unis, Leon Panetta, a reconnu qu’il ne construisait pas une arme nucléaire, est dépeint comme la désirant ardemment. Pourquoi donc ? Ils pourraient ainsi atomiser Israël, devenant alors la première nation sur Terre à se suicider en masse, puisqu’Israël dispose de suffisamment d’armes nucléaires pour tuer plusieurs fois tous les iraniens. Cela prend donc tout son sens si l’on suppose que le suicide de masse est en l’Iran l’aspiration nationale la plus profonde.

Cependant, la plupart des experts estiment que l’Iran ne cherche pas à construire des armes nucléaires, mais seulement à obtenir la capacité à les produire. C’est là une capacité que partagent le Brésil, l’Argentine, le Japon, et d’autres pays disposant de réacteurs nucléaires civils – et qui sont à même de produire des armes nucléaires dans un délai de quelques mois. L’Iran, comme ces autres pays – et contrairement à Israël – est en conformité avec le Traité de Non-Prolifération des armes nucléaires, et le resterait, même s’il acquérait une telle capacité. (Lire la suite…)

2012, année de tous les périls ?

20 fév

par Joseph Stiglitz

Joseph Stiglitz commente les récents déboires de l’économie états-unienne, qui sonnent comme un réveil pénible pour les tenants du « rêve américain ». C’est grâce au statut particulier du dollar que Washington jouit encore d’une autorité disproportionnée au regard de ses capacités économiques objectives. Jusqu’à présent, les Etats-Unis réussissaient à dissuader militairement toute contestation de leur rente. Néanmoins leur position est de moins en moins tenable, que ce soit moralement ou militairement, face aux puissances émergentes. Dans cette perspective, le double véto russe et chinois du 4 février sonne comme un rappel au principe de réalité. Un rééquilibrage est inéluctable, et c’est aux conséquences géopolitiques de ce réajustement économique que nous allons assister en 2012 selon le prix Nobel d’économie.

2011 restera l’année au cours de laquelle beaucoup d’Étasuniens, pourtant généralement optimistes, ont commencé à perdre espoir. Le président Kennedy avait déclaré que la marée montante soulève tous les bateaux ; mais maintenant qu’elle descend, les Étasuniens réalisent que non seulement les plus gros bateaux ont eu la chance d’être portés bien plus loin, mais que les plus petits ont été réduits en morceaux.

Pendant une courte période, des millions de personnes pensaient à plus ou moins juste titre qu’elles pouvaient peut-être réaliser le « rêve américain ». Maintenant ce rêve aussi s’efface. Les Étasuniens qui avaient perdu leur emploi en 2008 ou 2009 ont épuisé toutes leurs économies en 2011. Ils n’ont plus droit au chômage. Les gros titres des journaux annonçant de nouvelles embauches, mais pas suffisamment pour accueillir les nouveaux entrants sur le marché du travail, n’ont guère de sens pour les chômeurs âgés de 50 ans sans grand espoir de retrouver jamais un travail.

Les gens d’âge moyen qui pensaient qu’ils ne resteraient que pendant quelques mois sans emploi réalisent maintenant qu’ils ont été mis en fait à la retraite de force. Les étudiants nouvellement diplômés qui doivent rembourser des prêts d’étude s’élevant à des dizaines de milliers de dollars ne trouvent pas de travail. Des personnes qui ont dû demander l’hospitalité à des parents ou amis sont devenues SDF. Les maisons achetées lors du boom immobilier et remises sur le marché n’ont pas trouvé acquéreur ou ont été vendues à perte. Plus de sept millions de familles américaines ont perdu leur maison.

Le talon d’Achille du boom financier de la dernière décennie est maintenant apparent en Europe aussi. Les hésitations sur la conduite à tenir à l’égard de la Grèce et le choix de l’austérité par les principaux pays du continent ont coûté cher à l’Europe l’année dernière. L’Italie a été frappée par la contagion. En Espagne, le chômage qui se rapprochait déjà de 20 % au début de la récession a continué à progresser. On a même commencé à envisager l’impensable : la fin de l’euro. (Lire la suite…)

Comment la Chine peut battre les Etats-Unis ?

20 fév

par Yan Xuetong

Avec l’influence croissante de la Chine sur l’économie globale et sa capacité toujours plus importante de projeter une puissance militaire propre, la rivalité entre les Etats-Unis et la Chine est inévitable. Les dirigeants des deux pays affirment de façon optimiste que cette rivalité peut être gérée sans créer des problèmes qui pourraient menacer l’ordre mondial. La majeure partie des analystes et des experts n’est pas si radicale. En admettant que l’Histoire ne puisse être d’aucune aide, l’émergence de la Chine constitue néanmoins un beau défi pour les Etats-Unis. Les puissances émergentes cherchent à acquérir une plus grande autorité sur la scène mondiale, et les puissances en déclin acceptent rarement de passer la main sans combattre. Et vu les différences entre les systèmes politiques chinois et états-uniens, les pessimistes pourraient penser qu’il y a une possibilité de guerre encore plus élevée !

Politiquement, je suis réaliste. Les analystes occidentaux ont décrit mes opinions politiques comme « bellicistes », et il est vrai que je n’ai jamais surestimé l’importance de l’éthique dans les relations internationales. Mais le réalisme ne signifie pas que les politiques ne devraient se préoccuper que de la puissance économique et militaire. En réalité, l’éthique peut jouer un rôle clef pour déterminer la compétition internationale entre les forces politiques, en établissant un ordre entre vaincus.

Je suis venu à cette conclusion en étudiant les théoriciens politiques de la Chine ancienne, comme Guanzi, Confucius, Mencius et Tchouang-Tseu. Ce sont des écrivains de la période précédant la dynastie Qin, avant que le Chine ne fût unifiée comme Empire, il a 2000 ans à un moment où les petits Etats luttaient sans trêve pour des avantages territoriaux.

Ce fut sans doute la plus grande période de la pensée chinoise, diverses écoles étaient entrées en compétition pour la suprématie idéologique et l’influence politique. Pourtant tous étaient d’accord sur un point crucial : la clef de l’influence internationale est la politique de puissance ; et la caractéristique centrale du pouvoir politique était un leadership conscient de l’importance de l’éthique. Les leaders qui ont agi en accord avec les normes éthiques, autant que possible, sont en général sortis victorieux de la compétition pour le leadership, à long terme.

La Chine a été unifiée en 221 avant Jésus-Christ par le roi de Qin, souverain impitoyable. Mais son court règne n’a pas été marqué par le succès comme celui de l’empereur Wu de la dynastie Han, qui repose sur un mélange de réalisme légaliste et de pouvoir « soft » confucéen pour gouverner la Chine pour plus de 50 ans, de 140 à 86 avant l’ère chrétienne.

Selon le philosophe chinois de l’antiquité, Tchouang-Tseu, il y a trois types de leadership (Lire la suite…)

Notes sur Fox et Fox dans le Golfe

18 fév

par Philippe Grasset pour Dedefensa

Est-ce l’homonymie accidentelle qui attire notre attention sur l’U.S. Navy et son rôle dans un éventuel affrontement avec l’Iran et, surtout, dans sa mission autour du détroit d’Ormouz ? D’une part, il y eut l’amiral William Fox Fallon (Fox, pour “renard”, comme surnom), nommé chef de Central Command en janvier 2007 ; d’autre part, il y a le vice amiral Mark Fox, actuel commandant de la Vème Flotte de l’U.S. Navy, basée à Bahreïn.

Dimanche dernier, le second Fox, Mark Fox, faisait quelques déclarations martiales dans son quartier-général de Bahreïn. (Selon PresssTV.com, le 13 février 2012 et le 14 février 2012.)

« « Nous avons construit une vaste gamme d’options à donner au président et nous sommes prêts… Nous sommes prêts aujourd’hui », a déclaré dimanche le vice-amiral Mark Fox au quartier général de la 5ème Flotte à Manama. Fox a dit qu’il a pris au sérieux les capacités militaires de l’Iran comme étant « capable de porter un Coup » aux forces américaines dans le Golfe Persique. [...]

« Nous avons observé avec intérêt leur développement des fusées de longue portée et de courte portée, missiles balistiques de moyenne et longue portée et bien sûr… le développement de leur programme nucléaire. » [...] « Ils ont augmenté le nombre de sous-marins… ils ont augmenté le nombre d’embarcation d’attaque rapide », [...] « certains des petits bateaux ont été équipés avec une grande ogive qui pourrait être utilisés comme un dispositif d’explosif suicide (vedettes-suicides, ndlr). Les Iraniens ont un large inventaire de mines… » »

Il y a Fox et Fox

Ce nom de Fox rappelle donc l’amiral Fallon, dit Fox pour les amis (et ses ennemis bureaucratiques qui le jugèrent bien vite aussi insaisissable qu’un renard). Le 17 janvier 2007, Fox Fallon, nommé à Central Command, était présenté comme un indiscutable fauteur de guerre, amis des neocons, partisan d’une attaque contre l’Iran. Sa nomination ne faisait aucun doute : elle annonçait une attaque contre l’Iran… Le 17 mai 2007, Fox Fallon était absolument catalogué comme adversaire d’une attaque contre l’Iran. Il s’employa effectivement, à plusieurs reprises, à sécuriser son dispositif pour rendre quasi impossible une telle attaque, jusqu’à faire manœuvrer ses porte-avions dans le Golfe (et en dehors du Golfe) pour empêcher une telle attaque. (Lire la suite…)

« Le drapeau de la barbarie économique flotte sur la source de notre civilisation. » (vidéo)

18 fév

1/3

2/3

3/3

à lire et à voir également sur l’insurrection sociale mondiale et la crise de la dette :

- La Peau de la Grèce

- Une vague d’émeutes à venir en Europe ?

- Comment l’austérité tue l’Europe

- Quand le capitalisme souffre, il faut sacrifier la démocratie

- Prise de pouvoir à la BCE

- Bataille pour la survie de l’Europe ?

- Grèce : le « plan d’aide » provoque suicides, drogue et HIV

- Le dépeçage de la Grèce

- Les civilisations meurent-elles par suicide ?

- La crise de l’Europe

- Le G8 promet la guerre et l’austérité dans un contexte de division

- Debtocracy / Xpeokpatia (vidéo)

- Krach : les dessous de la crise économique mondiale (vidéo)

Notes sur les fausses menaces et les vrais dangers

16 fév

par Saïd Ahmiri pour le MecanoBlog

Dans notre but de partager quelques réflexions et quelques questionnements par notre perception des événements s’inscrivant toujours directement dans la volonté profonde d’être du MecanoBlog de vous fournir une certaine vision de la compréhension de la nature du Système, de ses mécanismes modifiant ses structures fondamentales et le tropisme du système international, mutant d’un unipolarisme vers un multipolarisme, nous reprendrons ici et résumerons très brièvement les trois nouvelles de la crise syrienne developpées, ce 13 février 2012, par Dedefensa [1] pour ensuite tâcher d’analyser deux points considérés intéressants, le premier étant l’évolution antinomique d’Al-Qaïda et la seconde sur l’élasticité des menaces existentielles pour Israël. Nous concluerons ce développement de notre opinion par l’état de dislocation géopolitique mondiale et du désordre régnant dans les relations internationales en absence de tout système dirigeant ces relations internationales en s’appuyant sur les crises syrienne et iranienne ainsi que sur l’interventionnisme humanitaire.

Ces trois nouvelles, résumées très brièvement, sont :

• Al-Qaïda proclame qu’il est absolument engagé dans la lutte pour la chute du régime Assad.

• la Ligue Arabe ne présente pas un caractère d’unanimité de ses membres : l’Irak, l’Algérie, le Liban et l’Egypte sont en désaccord avec, ne le cachons pas, la volonté de l’Arabie Saoudite, du Qatar et de la Jordanie d’entrer en guerre contre la Syrie/de chasser les chiites pro-iraniens au pouvoir.

• Israël ne peut déclarer ouvertement qu’il est quelque part « partisan » du régime Assad et craint surtout l’après-Assad avec l’avènement d’un pouvoir islamiste au sommet de l’Etat, et peu importe si cela signifie la chute d’un allié de l’Iran.

Al-Qaïda 2.0

Le premier point intéressant qui n’est certainement pas une nouveauté puisque nous avons déjà pu le constater durant la guerre de Libye, c’est la convergence d’intérêts de la nébuleuse Al-Qaïda avec les intérêts du bloc BAO, du moins à court terme en s’attaquant aux vieux régimes arabes et non-alignés au bloc BAO. L’international djihadiste post-Ben Laden, que nous désignerons par « nouvelle Al-Qaïda » pour la distinguer de l’« Al-Qaïda originelle » de l’ère Ben Laden, ne semble plus manifester cette aura diabolique en comparaison avec toute la véhémence dégagée à l’égard de l’« Al-Qaïda originelle » durant presque dix années d’« intense persuasion » des médias traditionnels et par le travail de communication des psychopolitiques occidentales lorsque cela concernait les campagnes afghane et irakienne des Etats-Unis, puisque les intérêts de la « nouvelle Al-Qaïda » vont dans le même sens que les intérêts du bloc BAO, et par extension du Système.

Comme l’attestent les événements en Libye et cet appel, dans une vidéo de huit minutes, du « successeur d’Oussama ben Laden », Ayman al-Zawahiri, « aux musulmans de Turquie, d’Irak, du Liban et de Jordanie de rejoindre l’opposition syrienne dans leur volonté d’évincer le président Bashar el-Assad, d’aider les rebelles syriens » et poursuivant en « invitant les Syriens à ne pas compter sur les gouvernements occidentaux et arabes souhaitant imposer un nouveau régime subalterne à l’Occident », la nouvelle orientation stratégique d’Al-Qaïda post-Ben Laden ou « nouvelle Al-Qaïda » de s’ingérer dans les révolutions arabes se distingue totalement de l’« Al-Qaïda originelle ». (Lire la suite…)

L’islamisme et l’Empire, un flirt qui perdure

16 fév

par Fethi Gharbi pour le MecanoBlog

Le ciel du « printemps arabe » s’assombrit par l’ouest. Les belles et éphémères éclaircies des révoltes tunisienne et égyptienne  se rembrunissent. Face à l’imminence de ce grain dévastateur, une bonne partie de l’intelligentsia arabe continue de baigner dans sa léthargie légendaire, confondant le présent avec le passé, obsédée par son fantasme du retour au sein maternel.

Qui ne se souvient de la « grande révolte arabe » contre l’empire ottoman agonisant ?! L’historie serait-elle un éternel recommencement ?!

Il y a tout juste cent ans, hypnotisés par l’Occident, manipulés par les Français et les Britanniques, les arabes de la péninsule aidaient à porter le coup de grace aux Ottomans. Leur nationalisme fougueux fut savamment exploité par les grandes puissances de l’époque et se transforma en piège mortel. Mais il n y avait pas que les arabes qui fussent instrumentalisés ; usant du même stratagème, les puissances occidentales ont oeuvré à exacerber le nationalisme turc tout en poussant la communauté chrétienne à la révolte. C’est en dressant les ethnies et les confessions les unes contre les autres que l’Occident parvient à faire imploser l’empire ottoman. Le rêve naïf de libération arabe a vite viré au cauchemar à la suite des accords franco-britanniques de Sykes-Picot. Balkanisé, le Proche-Orient ne se relèvera plus et continue jusqu’à nos jours à être miné par les dissensions internes, confessionnelles, ethniques et politiques entretenues par Londres, Paris et Washington.

Ayant failli aux promesses faites à Hussein ibn Ali, chérif de la Mecque, les Britanniques et les Français  s’employèrent après la Première Guerre Mondiale à dépecer et à coloniser le Proche et Moyen-Orient. Une anecdote riche en significations a marqué les péripéties de cette guerre coloniale : juste après l’occupation de Damas par l’armée française, le Général Gouraud, confondant francs et français, se rendit devant le tombeau de Saladin et prononça cette phrase demeurée célèbre : « Nous voici de retour ». Presque mille ans d’histoire n’ont pas suffit aux Occidentaux de digérer la défaite des croisés envahisseurs face à Salah Eddine. Cette attitude revancharde continue à alimenter l’imaginaire occidental et sert depuis des siècles de substrat idéologique à tous les projets coloniaux visant l’ Orient.

Dès la fin du XVIIIème siècle, les arabes répondaient à l’expansion européenne et à la domination ottomane en empruntant deux cheminements opposés. C’est au moment même où Mohammed Ali mettait en œuvre un projet de rénovation de l’Égypte considéré par les historiens comme l’amorce de la renaissance arabe (Nahda) que se répondait en Arabie le courant salafiste, le wahhabisme. (Lire la suite…)

Le « Non » russe

15 fév

par Graham Usher pour al-Ahram

Depuis New York, Graham Usher s’interroge sur le pourquoi du veto de la Russie et de la Chine au Conseil de sécurité sur la résolution concernant la Syrie, et sur ce qui peut la remplacer.

La résolution des Nations Unies de soutenir le plan de paix de la Ligue arabe était l’effort le plus déterminé du Conseil de sécurité pour répondre à la crise en Syrie. Il se trouve aujourd’hui en ruines.

Le 4 février, la Russie et la Chine ont opposé leur veto à la résolution. Ils l’ont fait en dépit du vote favorable des 13 autres membres du conseil avec droit de vote. Cette résolution était parrainée par 10 Etats arabes, alors que les militants de l’opposition [syrienne] parlent d’un assaut des plus meurtriers par le régime contre la ville rebelle de Homs, faisant des dizaines, voire des centaines de morts.

Le double veto équivalait à un « permis de tuer », a déclaré l’opposition du Conseil National Syrien (CNS). Un leader de l’armée rebelle syrienne [ALS] a dit que désormais « seules les options militaires sont sur la table », faisant craindre une guerre civile armée.

Les diplomates aux Nations Unies étaient à peine moins frustrés. L’ambassadrice des Etats-Unis s’est déclarée « dégoûtée » par le veto, les Britanniques « consternés » et les Français ont critiqué les deux Etats qui se seraient rendus eux-mêmes « complices de la politique de répression » menée par le régime de Bachar Al-Assad.

La colère arabe et occidentale était compréhensible. Non seulement le Maroc et les Etats occidentaux au sein du Conseil avaient réuni un consensus régional et international en appui à la résolution. (Lire la suite…)

Territoires palestiniens : le « spatiocide », une politique coloniale

15 fév

par Sari Hanafi

Ces vingt dernières années, le conflit arabo-israélien est considéré comme un conflit de « basse intensité », sur la base d’une typologie qui se contente de prendre en compte le nombre de morts et de blessés. Cette typologie est trompeuse puisque, selon d’autres critères, en dépit du nombre relativement bas de morts et de blessés, le conflit est en voie d’intensification. C’est le cas dans un domaine en particulier, celui de l’espace et de la terre : les Palestiniens vivent la dépossession, l’occupation, la destruction de leur espace de vie – ce que j’appelle un « spatiocide ».

Depuis le mythe sioniste d’« une terre sans peuple pour un peuple sans terre », la politique des gouvernements israéliens successifs a consisté à s’approprier des terres en ignorant ses habitants. Le mythe fondateur a été perpétué et, dans sa forme la plus moderne, peut être vu comme une politique qui vise à acquérir le plus de terres avec le moins d’habitants possible. L’invisibilité institutionnalisée des Palestiniens est entretenue par les pratiques coloniales quotidiennes d’Israël.

Par exemple, certaines parties du mur de séparation israélien en Cisjordanie sont construites spécifiquement pour supprimer la présence visuelle des villages palestiniens.  En outre, cette invisibilité forcée entretient le système israélien qui ne vise ni à tuer, ni à assimiler les Palestiniens. Demander aux Palestiniens d’Israël d’être loyal envers l’État ne leur a jamais permis d’accéder à une citoyenneté égale; alors que la légende israélienne considère Jérusalem comme sa « capitale éternelle unifiée », rien n’est fait pour assimiler les 250.000 Palestiniens de la ville.

Dans cet article, j’avance l’idée que le projet colonial d’Israël est « spatiocide » (par opposition à un génocide), parce qu’il vise les terres avec pour objectif de provoquer un inévitable transfert volontaire de la population palestinienne, en convoitant d’abord l’espace où les Palestiniens vivent.

Cette politique implique une synergie de trois stratégies. D’abord, elle comprend « l’annihilation de l’espace », pour paraphraser Kenneth Hewitt (1983) : un processus semblable à ce qu’a connu l’Europe durant la Seconde Guerre mondiale (destruction de Dresde, Hiroshima, colonies de peuplement dans le Nord-Ouest de la France), même si dans le cas d’Israël, cette tactique joue véritablement un rôle de premier plan et non pas secondaire.

La deuxième stratégie est le nettoyage ethnique, pour reprendre les termes d’Ilan Pappé (2006) qui a démontré comment le nettoyage ethnique n’est pas simplement un crime lié aux circonstances de la guerre, (Lire la suite…)

Les fous de la vitesse doivent mourir

14 fév

par Linh Dinh pour Dissident Voices

Les Nations Unies viennent juste de publier un rapport intitulé « Une population résiliente, une planète résiliente : un avenir qu’il vaut la peine de choisir ». Rédigé par le groupe de haut niveau sur la soutenabilité mondiale, il affirme que la planète est au bord du précipice, dévastée qu’elle est par une exploitation sauvage. Pour éviter une désastre environnemental, économique, social et politique, nous devons adopter le paradigme du développement soutenable. Une coopération universelle sans précédent est nécessaire pour sauver la terre et sa population.

Le groupe fait 56 recommandations visant à éradiquer la pauvreté ; à réduire les inégalités ; à établir la démocratie et protéger les droits humains dans le monde entier ; à faire progresser l’égalité des sexes ; à garantir l’accès universel à une contraception abordable et sans danger ainsi qu’à d’autres droits qui touchent à la sexualité et à la reproduction et aux services de santé ; à financer un fond international pour l’éducation qui permette à tous les enfants du monde d’accéder au moins à l’école primaire avant 2015, et à l’éducation supérieure avant 2030 ; à promouvoir la participation à part entière des femmes dans l’économie en mettant en place des politiques économiques qui la favorise ; à instaurer des taxes qui encouragent les choix de soutenabilité ou découragent les autres ; à entamer une « révolution pour toujours verte » pour au moins doubler la production tout en réduisant drastiquement l’utilisation des ressources et en mettant un terme à la destruction de la biodiversité, la réduction de la terre arable, la diminution les ressources en eau et leur contamination ; à coordonner la gestion des ressources en eau des pays sans oublier que l’eau sert à de multiples fonctions : la boisson, l’hygiène publique, l’agriculture, l’industrie et l’énergie ; à coordonner la gestion de la mer et des côtes entre les différents pays pour protéger les écosystèmes ; à garantir l’accès universel à une énergie soutenable abordable ; à fournir aux populations, en particulier celles qui vivent dans des endroits reculés, un accès aux technologies y compris les télécommunications internationales et la transmission à large bande avant 2025 ; à garantir que tous les citoyens jouissent d’un minimum de sécurité.

Et ça continue comme cela mais je m’arrêterai ici bien que je n’aie mentionné que la moitié des objectifs listés par ce panel d’experts, objectifs qui sont tous salutaires mais cependant inatteignables sur cette terre et en particulier sous ce système de gouvernance mondiale dominé par d’agressifs pays militarisés à visée impérialiste. En d’autres termes, la tendance actuelle n’est pas à plus de justice (Lire la suite…)

La Peau de la Grèce

14 fév

par Karine Berger pour Alternatives Economiques

« Tu aimerais, dis, une petite fille à trois dollars, disais-je à Jack. – Shut up, Malaparte. – Ce n’est pas cher après tout, une petite fille pour trois dollars. Un kilo de viande d’agneau coûte bien plus cher. » Curzio  Malaparte décrit en 1945 l’incommensurable honte d’être vainqueur et la dérive d’une Italie prête à se vendre, sans grande résistance, à ses nouveaux maîtres.

Ce soir, c’est la Grèce qui subit cette humiliation infinie. Et c’est l’Europe toute entière qui peut faire sienne ce précepte de « La Peau » : « Quand on est lâche, il faut être lâche jusqu’au bout ».

La succession des  « plans » supposés sauver la Grèce a jusqu’ici été ponctuée par si peu de sincérité qu’elle en devient difficile à résumer (voir ici).

Pour faire très court :

  • un premier plan à 110 milliards (2 mai 2010) qui a été partiellement versé par tranches, prolongeant au fur et à mesure les échéances de l’an dernier, en transformant la dette privée en dette vis-à-vis des Etats européens et du FMI (il reste encore 200 milliards détenus par le privé et sur lesquels ont lieu les appels) ; en pratique, ce plan a à peine permis d’accompagner le gonflement parallèle de la dette…
  • un deuxième plan à 130 milliards (y compris hair cut volontaire par les banques européennes qui est négocié sous le volet PSI) dont aucune tranche n’est encore versée et qui fait  l’objet du marchandage actuel : soit la Grèce accepte un certain nombre de mesures (le psychodrame avec la troika a porté sur un effort supplémentaire de 350 millions !) soit elle fait défaut en mars car elle n’aura pas les 14 milliards nécessaires à son échéance.

Au total, il faut comprendre que l’argent versé n’a pas (encore) remboursé des emprunts existants de la Grèce. (Lire la suite…)

Le désarroi de la puissance : les Etats-Unis vers la « guerre permanente » ?

12 fév

par Arnaud Blin

L’époque anti-westphalienne

L’histoire des relations internationales, comme l’économie mondiale, opère selon des cycles. Ces « cycles géopolitiques » pourrait-on les appeler, voient se succéder des périodes de crises et des périodes de stabilité, qui généralement (mais pas systématiquement) se traduisent respectivement par des périodes de guerre et de paix. Il arrive aussi que ces cycles laissent place à de rares périodes combinant à la fois la crise et la stabilité : ce fut le cas lors de la Guerre Froide avec le problème posé par la menace nucléaire, facteur à la fois de crise extrême (illustré par l’épisode des fusées à Cuba) et aussi de stabilité négative (stratégie des représailles massives, « équilibre de la terreur »).

Le système « westphalien »

Le système des relations internationales tel qu’on l’a connu au cours des trois derniers siècles fut établi au lendemain de la Guerre de Trente Ans (1618 – 1648) par les traités de Westphalie (1648). La paix de Westphalie et le système « westphalien » qui en découla introduisirent les concepts directeurs des relations internationales modernes : l’équilibre des puissances, l’inviolabilité de la souveraineté nationale et le principe de non-ingérence dans les affaires d’autrui. Ces principes gouvernent la politique des nations depuis cette époque. (Lire la suite…)