par SD pour Lignes Stratégiques
C’est l’un des livres les plus marquants des années 90. Il a certainement défini l’esprit d’une époque, celle de la démocratie triomphante et du nouvel ordre mondial, à l’heure où l’adversaire soviétique disparaissait. La question qu’il pose est fondamentale pour l’avenir de l’ordre international.
Pourtant, c’est peut être cette valeur d’icône qui fait aujourd’hui le plus de tords à l’ouvrage de Francis Fukuyama. En effet, la fin de l’histoire est bien plus que le témoignage de l’esprit d’une époque. Écrasé par son titre et les images associées (le maintien de la paix, le consensus de Washington, le droit international et les droits de l’homme), le livre est pourtant d’abord et avant tout une réflexion de philosophie politique.
A ce titre, il conserve encore aujourd’hui toute sa pertinence et son actualité. En effet, le projet de Fukuyama est de démontrer que l’histoire a un sens et une fin. L’aboutissement ultime du processus historique doit être la démocratie libérale et capitaliste qui seule est capable de satisfaire les aspirations fondamentales de l’homme, c’est alors la fin de l’histoire car il ne peut plus exister de nouvelles formes politiques.
C’est un projet passablement ambitieux que Fukuyama tente de démontrer en deux temps. Dans une première partie il va chercher un sens à l’histoire. Deux facteurs clefs démontrent, pour lui, que l’histoire a nécessairement un sens : la guerre et la science. Les États ont pendant des siècles vécus dans un état d’insécurité permanente. Pour survivre il fallait s’adapter et notamment, dès qu’une innovation entrainait in fine un avantage militaire pour l’un, tous les autres devaient suivre sous peine de disparition. Puis à partir du XVème (Lire la suite…)

