Archive | janvier, 2012

La fin de l’histoire et le dernier homme

31 jan

par SD pour Lignes Stratégiques

C’est l’un des livres les plus marquants des années 90. Il a certainement défini l’esprit d’une époque, celle de la démocratie triomphante et du nouvel ordre mondial, à l’heure où l’adversaire soviétique disparaissait. La question qu’il pose est fondamentale pour l’avenir de l’ordre international.

Pourtant, c’est peut être cette valeur d’icône qui fait aujourd’hui le plus de tords à l’ouvrage de Francis Fukuyama. En effet, la fin de l’histoire est bien plus que le témoignage de l’esprit d’une époque. Écrasé par son titre et les images associées (le maintien de la paix, le consensus de Washington, le droit international et les droits de l’homme), le livre est pourtant d’abord et avant tout une réflexion de philosophie politique.

A ce titre, il conserve encore aujourd’hui toute sa pertinence et son actualité. En effet, le projet de Fukuyama est de démontrer que l’histoire a un sens et une fin. L’aboutissement ultime du processus historique doit être la démocratie libérale et capitaliste qui seule est capable de satisfaire les aspirations fondamentales de l’homme, c’est alors la fin de l’histoire car il ne peut plus exister de nouvelles formes politiques.

C’est un projet passablement ambitieux que Fukuyama tente de démontrer en deux temps. Dans une première partie il va chercher un sens à l’histoire. Deux facteurs clefs démontrent, pour lui, que l’histoire a nécessairement un sens : la guerre et la science. Les États ont pendant des siècles vécus dans un état d’insécurité permanente. Pour survivre il fallait s’adapter et notamment, dès qu’une innovation entrainait in fine un avantage militaire pour l’un, tous les autres devaient suivre sous peine de disparition. Puis à partir du XVème (Lire la suite…)

L’opinion publique n’existe pas

31 jan

par Pierre Bourdieu

Je voudrais préciser d’abord que mon propos n’est pas de dénoncer de façon mécanique et facile les sondages d’opinion, mais de procéder à une analyse rigoureuse de leur fonctionnement et de leurs fonctions. Ce qui suppose que l’on mette en question les trois postulats qu’ils engagent implicitement. Toute enquête d’opinion suppose que tout le monde peut avoir une opinion ; ou, autrement dit, que la production d’une opinion est à la portée de tous. Quitte à heurter un sentiment naïvement démocratique, je contesterai ce premier postulat. Deuxième postulat : on suppose que toutes les opinions se valent. Je pense que l’on peut démontrer qu’il n’en est rien et que le fait de cumuler des opinions qui n’ont pas du tout la même force réelle conduit à produire des artefacts dépourvus de sens. Troisième postulat implicite : dans le simple fait de poser la même question à tout le monde se trouve impliquée l’hypothèse qu’il y a un consensus sur les problèmes, autrement dit qu’il y a un accord sur les questions qui méritent d’être posées. Ces trois postulats impliquent, me semble-t-il, toute une série de distorsions qui s’observent lors même que toutes les conditions de la rigueur méthodologique sont remplies dans la recollection et l’analyse des données.

On fait très souvent aux sondages d’opinion des reproches techniques. Par exemple, on met en question la représentativité des échantillons. Je pense que dans l’état actuel des moyens utilisés par les offices de production de sondages, l’objection n’est guère fondée. On leur reproche aussi de poser des questions biaisées ou plutôt de biaiser les questions dans leur formulation : cela est déjà plus vrai et il arrive souvent que l’on induise la réponse à travers la façon de poser la question. Ainsi, par exemple, transgressant le précepte élémentaire de la construction d’un questionnaire qui exige qu’on « laisse leurs chances » à toutes les réponses possibles, on omet fréquemment dans les questions ou dans les réponses proposées une des options possibles, ou encore on propose plusieurs fois la même option sous des formulations différentes. Il y a toutes sortes de biais de ce type et il serait intéressant de s’interroger sur les conditions sociales d’apparition de ces biais. La plupart du temps ils tiennent aux conditions dans lesquelles travaillent les gens qui produisent les questionnaires. Mais ils tiennent surtout au fait que les problématiques que fabriquent les instituts de sondages d’opinion sont subordonnées à une demande d’un type particulier. Ainsi, ayant entrepris l’analyse d’une grande enquête nationale sur l’opinion des Français (Lire la suite…)

Notes sur la transaction « or contre pétrole »

30 jan

par Philippe Grasset pour Dedefensa

La nouvelle de la possibilité de l’achat de pétrole iranien par de l’or indien (et éventuellement d’autres pays) a rencontré un écho discret. C’est, dans notre système du bloc BAO, le signe de l’importance explosive de la chose. Nous mettons en perspective les implications explosives de cette idée que l’Inde n’a pas démentie. Il s’agit de l’effet d’une politique nihiliste et aveugle du bloc BAO. Il s’agit d’une perspective qui menace le Système.

Les affirmations sous forme de révélations de DEBKAFiles (le 23 janvier 2012) sur la possibilité de transaction en or pour l’achat du pétrole iranien par l’Inde, éventuellement par la Chine, éventuellement avec la possibilité de transactions entre l’Iran et la Russie en or également, ont provoqué peu de réactions visibles, – ou, disons, lisibles à ciel ouvert. Le caractère de la source (DEBKAFiles), qui a une faible visibilité de type « médiatique », permet effectivement cette discrétion.

D’autre part, le « la » dans la matière d’une telle « visibilité » est donné par la presse anglo-saxonne (le système de la communication anglo-saxonne), fidèlement suivie par la presse du groupe européen dans le bloc BAO. Le bloc BAO n’a pas intérêt à ébruiter, ne serait-ce que la possibilité d’une telle méthodologie, d’où la pusillanimité et la rareté des réactions. La discrétion de la chose n’implique nullement que la « nouvelle » (même au niveau de la possibilité) n’est pas importante ; c’est au contraire le signe indubitable qu’elle est très importante, sinon explosive dans ses implications. Il y a des silences qui renvoient plus à l’anxiété de la Chute qu’à la politesse de la discrétion.

Pour autant, on peut ajouter quelques éléments au dossier initial… (Voir notre Bloc-Notes du 25 janvier 2012.)

L’Inde prudente mais qui ne dit pas « non »

Du côté indien, un ton apaisant, ambiguë, mais qui s’attache surtout à la formule « ni, ni », – ni confirmation, ni démenti, – qui est, dans les normes de la communication, une forme de confirmation qu’il y a (Lire la suite…)

Iran : suspects habituels et mémoires sélectives

29 jan

par Robert Fisk pour The Independent via Common Dreams

« Le président israélien nous avertit aujourd’hui que l’Iran est sur le point de produire une arme nucléaire. Le ciel nous en préserve. Pourtant, nous journalistes, ne mentionnons pas que Shimon Peres, alors Premier ministre, avait dit exactement la même chose en 1996. » Robert Fisk, le correspondant au Moyen Orient de The Independent, rappelle non sans alacrité quelques vérités d’évidence apparemment sorties du radar de nombreux médias occidentaux.

Rendre compte correctement est l’une des tâches les plus difficiles pour un journaliste – et ça l’est rarement plus que dans le cas de l’Iran. L’Iran, la terrible menace de la révolution islamiste. L’Iran chiite, protecteur et manipulateur du Terrorisme Mondial, de la Syrie au Liban, du Hamas au Hezbollah. Ahmadinejad, le Calife fou. Et, bien sûr, l’Iran nucléaire, se préparant à détruire Israël avec un champignon atomique de haine antisémite, prêt à fermer le détroit d’Ormuz – au moment où les forces occidentales (ou israéliennes) attaqueraient.

Étant donné la nature du régime théocratique, l’affreuse répression de ses adversaires après les élections en 2009, sans parler de ses gisements pétroliers énormes, toute tentative de ramener un peu de bon sens dans la présentation des faits doit aussi comporter un avertissement préalable de santé publique : bien évidemment, non, l’Iran n’est pas un endroit plaisant. Mais…

Prenons la version israélienne qui, malgré les preuves constantes que ses services de renseignement sont à peu près aussi efficaces que ceux de Syrie, continue d’être claironnée par ses amis en occident, aux rangs desquels les plus serviles sont les journalistes. Le président israélien nous avertit aujourd’hui que l’Iran est sur le point de produire une arme nucléaire. Le ciel nous en préserve. Pourtant, nous journalistes, ne mentionnons pas que Shimon Peres, alors Premier ministre, avait dit exactement la même chose en 1996. C’était il y a 16 ans. Et nous ne rappelons pas plus que le Premier (Lire la suite…)

Tout ce qui brille est … du pétrole !

29 jan

par Pepe Escobar pour Asia Times Online

Dans son discours sur l’état de l’union, le Président des Etats-Unis Barack Obama a dit : « Qu’il n’y ait aucun doute : l’Amérique est déterminée à empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire et je ne rejetterai aucune option pour atteindre cet objectif ».

Dans le monde réel, cela signifie que Washington est prêt à entrer en guerre – la guerre économique est déjà en cours – contre un pays qui a ratifié le Traité de Non-Prolifération et qui, selon l’Agence Internationale à l’Energie Atomique et le dernier rapport d’estimation des services de renseignements américains, ne cherche pas à fabriquer une arme nucléaire.

Obama a également déclaré : « Ce régime est plus isolé qu’il ne l’a jamais été ; ses dirigeants se retrouvent face à des sanctions paralysantes, et tant qu’ils fuiront leurs responsabilités, cette pression ne se relâchera pas ».

« Isolé ? » Pas vraiment ; voir « Le Mythe d’un Iran isolé » (Asia Times Online du 18 janvier 2012). Et ce n’est pas la direction iranienne qui est sujette à des sanctions paralysantes ; c’est la majorité absolue des 78 millions d’iraniens appauvris qui en paieront le prix.

Cliquer sur « cc » pour les sous-titres en français. (Lire la suite…)

Nucléaire iranien : les options militaires des Etats-Unis

26 jan

Par Konstantin Bogdanov pour RIA Novosti

Les Etats-Unis rassemblent des unités navales près des côtes iraniennes et depuis novembre dernier beaucoup de rumeurs circulent dans le monde sur une opération militaire imminente contre l’infrastructure nucléaire iranienne. Quels seront les points communs et les différences entre cette guerre hypothétique et les opérations déjà connues en Irak et en Yougoslavie ? Quels buts pourrait-elle poursuivre et quelles pourrait être les conséquences ?

Eviter le contact

Si une opération était lancée, l’attaquant tenterait d’éviter au maximum le contact, en optant pour les frappes aériennes et en utilisant des missiles de croisière, en s’appuyant sur les données des moyens de renseignement puissants et la supériorité générale en termes de moyens de gestion de troupes interarmées sur le théâtre d’opérations extérieures.

Les alliés ne lanceront certainement pas d’opération terrestre. Les Etats-Unis ne disposent ni des forces ni du soutien politique de la nation à cet effet. L’Iran est un adversaire très coriace, et il serait très difficile de le combattre au sol (en comparaison avec l’Irak en 1991 ou en 2003). Il faudrait être un politicien suicidaire – et ce n’est pas le cas d’Obama – pour organiser le rapatriement ininterrompu de cercueils de soldats américains à la veille de la présidentielle de novembre.

C’est la raison pour laquelle on ne devrait pas assister à une invasion terrestre. La seule exception pourrait consister à projeter (Lire la suite…)

Restrepo : one platoon, one valley, one year (vidéo)

25 jan

Une plongée dans l’horreur de la guerre, dans l’un des endroits les plus dangereux d’Afghanistan.

Synopsis : « Guerre asymétrique », une appellation étrange pour le néophyte. C’est pourtant ainsi que les polémologues et autres spécialistes qualifient la plupart des conflits dans lesquels sont aujourd’hui engagées les forces armées occidentales : l’Afghanistan, l’Irak et bien d’autres.

Il n’existe pas de définition communément admise de cette expression. Pour simplifier, c’est une guerre “du faible au fort”, qui oppose des forces étatiques (une armée « classique ») à des combattants difficilement identifiables qui utilisent des techniques de combat non-conventionnelles : attentats, « perfidie », guerilla, etc.  Jusqu’à preuve du contraire, elles sont souvent synonymes d’embourbement. Il est difficile de vaincre un ennemi qui ne porte pas d’uniforme et se confond avec les populations civiles…

Armadillo (publié prochainement, ndlr) et Restrepo, deux documentaires sortis cette année, pemettent de mieux comprendre la réalité des guerres d’aujourd’hui. Le premier est norvégien le second américain. Les réalisateurs, des « embedded » (c’est à dire des journalistes embarqués avec les forces armées) ont suivi dans leur quotidien des soldats en Afghanistan.

De mai 2007 à juillet 2008, quinze soldats américains ont été catapultés dans la vallée de Korengal, dans le Nord-Est de l’Afghanistan, afin d’y établir un nouveau poste de garde stratégique, qui devait éventuellement permettre de stabiliser ce secteur reconnu comme étant l’un des plus chauds de la région. Entourés d’ennemis, les hommes de ce régiment ont tenu le fort et effectué de nombreuses missions capitales pour le compte de leur pays. Mais certains d’entre eux n’ont jamais eu la chance de (Lire la suite…)

« Anonymous » dévoile comment hacker les centrales énergétiques israéliennes

24 jan

par Matt Liebowitz pour Security News Daily

Anonymous a publié ce qui semble être des détails sur le système SCADA servant au contrôle des industries israéliennes, une cyber-attaque qui marque l’entrée de ce groupe politiquement motivé dans la bataille entre hackers israéliens et saoudiens qui a déjà abouti à la publication de milliers de numéro de carte de crédit et informations personnelles.

Un nouveau compte Twitter, @FuryOfAnon, a posté un message hier (11 janvier) qui dit : « Pour qui veut prendre son pied avec les systèmes SCADA israéliens ». Est inclus dans le message un lien Pastebin [application web permettant à des utilisateurs de télécharger du texte] montrant ce qui est supposé être 10 adresses IP [adresses internet] et login [identification d’utilisateurs] pour accéder au système israélien de contrôle et d’acquisition de données (SCADA).

Les systèmes industriel de contrôle d’installations, dont l’industrie nucléaire et les usines de traitement des eaux utilisent des systèmes SCADA pour contrôler et automatiser le fonctionnement des équipements. L’infâme ver [virus informatique] Stuxnet a pénétré le système SCADA dans une usine de traitement du combustible nucléaire iranien en juillet 2010. Depuis lors, les gouvernements de nombreux pays sont à l’affût des signes d’attaques à venir.

Les fuites par FuryOfAnon surviennent un jour après qu’un hacker israélien se faisant appeler Omer Cohen, (nom hacker « 0xOmer »), ait affiché les noms, numéros de carte de crédit, numéros de téléphone et adresses électronique de plus de 400 Saoudiens. Cette attaque s’est voulue une riposte contre un hacker saoudien, « (Lire la suite…)

L’Iran « impliqué dans le 11 septembre » selon un tribunal newyorkais

24 jan

par Thomas Rabino

Alors que le programme nucléaire iranien reste au centre des préoccupations de l’Agence internationale de l’énergie atomique et du Conseil de sécurité, un nouveau volet de sanctions s’abat sur le pays. En parallèle, les Etats-Unis et leurs alliés agitent la menace d’un embargo pétrolier. Voici vingt ans, l’Irak subissait le même sort, jusqu’au renversement de Saddam Hussein en avril 2003.

Au-delà de l’impact stratégique de ces mesures, c’est la désignation répétée de l’Iran comme « ennemi mondial numéro Un » qui interpelle : à long terme et sur le plan de l’inconscient collectif, notamment américain, on peut se demander quelles traces laissera cette diabolisation, responsable en grande partie du soutien populaire à la guerre de 2003. Face à un adversaire supposément redoutable et imprévisible, les propos de Barack Obama précisant que « toutes les options sont sur la table » ne préparent-ils pas de facto son opinion à une action militaire ? Au-delà de leur poids dans la partie de « poker-menteur » engagée contre l’Iran, ces paroles participent d’un lent processus de persuasion. Dans cette même logique, celle d’une transformation plus ou moins volontaire des esprits en faveur d’un consensus pro-guerre, un « lien Iran-11 septembre » est depuis peu lourdement évoqué dans les médias américains. (Lire la suite…)

Les vrais fossoyeurs du capitalisme : la face obscure du miracle indien

23 jan

par Arundhati Roy pour Common Dreams via Znet

La romancière Arundhati Roy voit dans le palais démesuré construit par l’homme le plus riche du pays, le symbole des maux qui gangrènent la société indienne : corruption généralisée, concentration des pouvoirs dans les mains de quelques grandes familles dont rien ne semble pouvoir contrôler la puissance, tandis que des centaines de millions de déshérités, parfois spoliés au bénéfice des grands groupes privés, continuent de subir une précarité extrême.

Est-ce une maison, un temple érigé à la gloire de l’Inde nouvelle, ou un entrepôt rempli de ses fantômes ? Depuis que Antilla a été bâti dans Altamount Road, à Bombay, exsudant une atmosphère de mystère et de tranquille menace, les choses ont changé. « Nous y sommes », me dit l’ami qui m’a conduit ici. « Fais preuve de respect devant nos nouveaux maîtres. »

Antilla appartient à l’homme le plus riche de l’Inde, Mukesh Ambani. Je me suis renseignée : c’est l’habitation la plus chère jamais construite, comptant 27 étages, trois hélipads, neuf ascenseurs, avec des jardins suspendus, des dancings, des gymnases, six étages de parking, et 600 employés. Rien ne m’avait préparée au choc provoqué par cette pelouse verticale, ce mur d’herbe tenu par une structure métallique. L’herbe était par endroit jaunie, et des portions rectangulaires s’en étaient détachées. Visiblement, la théorie du « ruissellement » [de la richesse des plus fortunés vers le bas - ndt ] n’avait pas produit les résultats escomptés. (Lire la suite…)

Le conflit israélo-palestinien expliqué sans langue de bois

23 jan

par Philippe-Justin Schneider

Un nouvel ouvrage sur le conflit israélo-palestinien, « Le Conflit Israélo-Palestinien, des origines cananéennes de la Palestine à sa demande d’adhésion à l’ONU », vient de sortir aux éditions « Le Retour aux Sources ». Son auteur, Jean-François Goulon, traducteur émérite et engagé, livre une version très différente, très riche et très bien documentée de la version « officielle » généralement présentée dans les médias.

L’originalité de ce livre est de livrer de nombreux extraits d’auteurs rarement ou jamais traduits en français, qui ne mâchent pas leurs mots pour s’exprimer sur ce conflit meurtrier. Parmi ces auteurs, Benny Morris, Illene Beatty, Martin Buber, Noam Chomsky, Norman Finkelstein, Sami Hadawi, Ilan Pappé, Don Peretz, Edward Saïd ou Tony Judt.

On retrouve également l’incontournable réponse du Général de Gaulle sur la guerre de 1967, qu’il donna lors de sa conférence de presse à l’Elysée, le 27 novembre 1967 et sa fameuse réplique, « un peuple d’élite, sûr de lui-même et dominateur ».

Beaucoup d’autres surprises attendent le lecteur qui découvrira un article du leader politique du Hamas, Khaled Meshaal, écrit pour le Guardian, ou un article du célèbre commentateur britannique spécialiste du Proche-Orient, Robert Fisk, ou encore une analyse inattendue du Mahatma Gandhi.

En quatrième de couverture, la couleur politique de cet ouvrage est annoncée sans (Lire la suite…)

A qui les USA font-ils le plus confiance : à Israël ou à l’Iran ?

17 jan

par Philippe Grasset pour Dedefensa

Tout le monde fait grand tapage à propos de la décision prise d’annuler le grand exercice israélo-américaniste Austere Challenge 12, qui devait commencer le 15 janvier et qui est reporté… Jusqu’à quand ? Une version officielle-officieuse, reprise par certains médias, est que l’exercice aura finalement lieu cet été. La version officielle du report de l’exercice, encombrée de précisions un peu contradictoires de diverses sources, est suffisamment nébuleuses pour qu’on n’y comprenne pas grand’chose ; article exemplaire à cet égard, celui de Reuters, du 15 janvier 2012, bon exemple de cet imbroglio sans prétentions, et sans beaucoup de conviction non plus.

• La version qui domine, incontestablement, est celle de DEBKAFiles, du même 15 janvier 2012 (aussitôt relayée, – trois heures plus tard, – par les Iraniens de PressTV.com, le 15 janvier 2012). DEBKAFiles clame sans la moindre réserve qu’il y a une solide mésentente entre les USA et Israël. Au reste, DEBKAFiles cite des officiels israéliens déclarant officiellement qu’il y a certainement des divergences entre USA et Israël, qui vont même en deçà des questions opérationnelles d’une possible attaque (« … dans une interview matinale à la radio [… le vice-premier ministre israélien Moshe Yaalon] a dit que les États-Unis hésitaient sur des sanctions contre la banque centrale d’Iran et le pétrole de crainte d’une flambée des prix du pétrole… »). Pour DEBKAFiles, l’affrontement USA-Israël n’éclate pas, il “devient public”, signifiant par là qu’il n’est pas nouveau (ce que DEBKAFiles avait déjà signalé). Voici les points de désaccords opérationnels, selon le site israélien :

« 1.) Le président Obama croit qu’il met en (Lire la suite…)

Changement de régime dans la Fédération de Russie ? Pourquoi Washington veut « finito » avec Vladimir Poutine

16 jan

par F. William Engdahl pour Global Research

Washington veut manifestememt en finir avec Poutine, « C’est assez ! » est le message un peu comme le Kefaya, « Assez ! » du mouvement égyptien au printemps dernier. Hillary Clinton et ses amis ont apparemment décidé que la possibilité d’avoir le prochain président russe en la personne de Poutine, est un obstacle majeur à leurs plans. Peu par contre comprennent pourquoi. La Russie aujourd’hui, de concert avec la Chine et l’Iran dans une certaine mesure, forme l’épine dorsale, même faible, du seul axe de résistance efficace à un monde qui serait dominé par la seule super-puissance mondiale.

Le 8 Décembre, plusieurs jours après que les résultats des élections légilsatives russes furent annoncés, montrant une chute brutale dans la popularité du parti politique du Premier ministre Poutine “Russie Unifiée”, Poutine accusa les Etats-Unis et spécifiquement la ministre des Affaires étrangères américaine Hillary Clinton d’exciter les manifestants de l’opposition et leurs manifestations contre les résultats des élections. Poutine déclara : (Lire la suite…)

« Piss soldiers » d’Afghanistan : à quoi s’attendait l’armée US avec le Web ?

16 jan

par Thomas Rabino pour Rue89

Révélée le 12 janvier, la vidéo de quatre Marines urinant sur les cadavres d’Afghans a suscité l’indignation. En temps de guerre, ce type de comportement n’a pourtant rien d’inédit.

Mais, à l’instar du scandale d’Abou Ghraib (Irak) en 2004, les images sont à l’origine du choc, plus que les faits eux-mêmes : cette profanation filmée synthétise la barbarie et la modernité qui caractérisent la « guerre contre la Terreur », lancée en 2001 dans la foulée des attentats du 11 Septembre.

Un ennemi déshumanisé et animalisé

Il n’est pas rare de constater que des hommes, souvent jeunes, plongés dans un contexte de guerre et une escalade de la violence, finissent par perdre de vue les normes morales et sociales qui régissent une société : comme toujours depuis que les conflits requièrent la mobilisation de larges pans de la société, le discours politique, médiatique et militaire de l’après-11 Septembre a déshumanisé l’ennemi, invariablement présenté comme une « menace pour la civilisation ».

En 2002, George W. Bush affirmait par exemple, dans son discours sur l’état de l’Union, la nécessité d’« éliminer les parasites terroristes ». Une fois capturés, les présumés « parasites » étaient expédiés à Guantanamo ou dans une autre zone de non droit, et parqués dans des cages de 3 m², comme des bêtes.

Au même moment, Donald Rumsfeld, alors secrétaire à la Défense, constellait ses interventions d’appels à « tuer » – pas moins de neuf fois dans un discours de 35 minutes en décembre 2001, avant que le (Lire la suite…)

Jusqu’à quand trouvera-t-on des excuses à Israël ?

15 jan

L’intellectuel défunt Edward Saïd a dit, comme chacun sait, que “la manière dont on excuse Israël pour tout ce qu’il fait est unique au monde“.

Ces excuses sont devenues encore plus la norme aujourd’hui qu’à l’époque du professeur Saïd. La lâche décision du journal Haaretz cette semaine d’enlever de son site Web, quelques heures après sa parution, un article traitant du racisme épouvantable d’Israël contre les noirs, n’a pas empêché deux journaux majeurs, le Financial Times (FT) et le New York Times de parler de ce phénomène révoltant. Le timing était parfait, car il correspondait au 20ième anniversaire de la révocation de la résolution 3379 de l’ONU qui stipulait que le Sionisme était une forme de racisme et de discrimination raciale.

En dépit des intentions affichées, les commentaires du FT et du NYT n’étaient pas aussi clairs et forts qu’ils auraient dû l’être. Les deux auteurs ont fait les déclarations d’usage sur la démocratie israélienne et faisaient penser à des nageurs qui veulent nager sans se mouiller.

Dans un éditorial intitulé “La liberté en Israël” le FT a manifesté la même ambivalence inquiétante. Il a bien montré qu’il y avait une opposition clé dans l’histoire moderne d’Israël entre ceux qui placent la démocratie par dessus tout et ceux qui veulent construire un Etat juif avant tout. Mais dans la même émission de voix, il affirme que le Likoud est traditionnellement un grand défenseur de la démocratie et que son leader actuel, Benyamin Netanyahou devrait rappeler cette tradition à ses collègues.

Si Monsieur Netanyahou suivait l’avis du FT, ce serait l’histoire de la paille et de la poutre. Cette semaine le Premier ministre israélien a soutenu une loi de la Knesset visant à interdire l’appel à la prière de toutes les mosquées d’Israël. (Lire la suite…)

La Turquie et Sarkozy

12 jan

par Léon Camus pour Geopolintel

La France dans le collimateur de la Turquie néo-ottomane. Pénalisation de la contestation du génocide arménien, chômage, désindustrialisation, récession… le génie politique sarkozyste est à l’œuvre ! La France de 2012 fait grande pitié. Il y a trente ans, les Japonais rachetaient discrètement nos industries, puis vinrent les Indiens et les Chinois, maintenant ce sont les fonds souverains qataris qui rachètent quelques gros lambeaux de nos splendeurs défuntes… Nous ne parlons évidemment pas ici du PSG !

Jusqu’en 1999, la France parvenait encore, bon an mal an à équilibrer ses importations avec ses exportations. À présent, chaque mois, le déficit de la balance commerciale atteint 7 mds d’€. Et ça ne s’arrêtera pas là ! Or que fait le président Sarkozy pour remédier au mal, ralentir le déséquilibre de la balance commerciale et au-delà, limiter la casse de nos industries ? Rien si ce n’est désobliger gravement l’un de nos partenaires commerciaux vitaux, la Turquie en l’occurrence, jusqu’à la rupture diplomatique ou presque, pour une « stupide » affaire de génocide dont la négation devrait être pénalisée si le Sénat marche dans la combine (pardonnez ces expressions un peu désinvoltes, mais elles sont le mieux adaptées à décrire le comportement des élites inversées de la Ve République finissante)… Car il n’y avait évidemment rien de plus urgent à faire dans le contexte de crise majeure et de récession qui est le nôtre à cet instant précis de grande incertitude ?

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Comment l’austérité tue l’Europe

11 jan

par Jeff Madrick pour New York Review of Books

« Nous sommes confrontés à une théorie économique datant d’avant la grande dépression des années 1930. Comment l’UE peut-elle à ce point mésinterpréter les leçons de l’histoire et traiter avec mépris les enseignements de John Maynard Keynes ? » constate Jeff Madrick, dans cette tribune publiée par la New York Review of Books, où il passe en revue l’échec des politiques de rigueur menées en Grande Bretagne, en Irlande et en Espagne. En ignorant l’enseignement de Keynes, en imposant l’austérité en temps de crise, « les décideurs européens ne vont pas résoudre la crise financière mais l’aggraver, et des millions de personnes auront à en souffrir inutilement, » se désole-t-il.

Le 31 janvier 2011, le Wall Street Journal titrait : « L’Espagne rate son objectif de réduction du déficit et décide de coupes budgétaires. » Des forces impitoyables, libérées par une piètre logique économique, sont à l’œuvre en ce début de nouvelle année. L’Union européenne est devenue la proie d’un cercle vicieux où l’augmentation de l’endettement conduit à des mesures d’austérité radicales, qui à leur tour affaiblissent davantage la conjoncture économique et donnent lieu à de nouvelles décisions de coupes dans les dépenses publiques – encore plus dommageables – et de relèvement des impôts. La crise de la dette européenne a commencé avec la Grèce, et l’économie du pays reste à ce jour la plus durement frappée de l’Union européenne. Mais cette crise s’est inexorablement étendue à l’Irlande, au (Lire la suite…)

Le déclin des États-Unis

11 jan

par Noam Chomsky pour Philosophers for Change

Dans le numéro de l’été 2011 du Journal de l’American Academy of Political Science nous pouvons lire qu’il est « habituel » de dire que les États-Unis « sont sur le déclin, leur triste fin étant proche, alors qu’il y a encore quelques années ils pouvaient de l’avis général se pavaner de par le monde comme un colosse à la puissance incomparable et à l’ascendant indiscutable ». C’est effectivement un sujet habituel, une idée largement partagée, non sans raison. Une observation de la politique étrangère des États-Unis et de son influence dans le monde, ainsi que de la santé de son économie interne et de ses institutions, suggère en effet que ces commentaires sont justifiés. Le déclin a en fait commencé peu après la Deuxième Guerre Mondiale, la puissance états-unienne étant alors à son sommet ; la belle rhétorique et le triomphalisme des années 1990 relevaient plutôt de l’auto-satisfaction. Au demeurant, le corollaire qui accompagne généralement ces commentaires – le pouvoir va se déplacer vers la Chine et l’Inde – est très douteux. Ce sont des pays pauvres avec de graves problèmes internes. Le monde devient certainement plus divers, mais malgré le déclin états-unien on ne voit aucun compétiteur capable de prendre le pouvoir hégémonique global.

Jetons un coup d’œil sur l’histoire récente. Lors la Deuxième Guerre Mondiale les planificateurs états-uniens avaient prévu qu’à la fin de la guerre les États-Unis allaient se trouver dans une position dominante. (Lire la suite…)

La « Meurtre S.A. » de Barack Obama opère dans le monde entier

9 jan

par Joseph Kishore pour WSWS

L’administration Obama a construit un vaste appareil ayant pour but l’exécution d’assassinats et comprenant des engins volants sans pilote (drones), opérés par la CIA et l’armée. Ce réseau de « machines à tuer » est géré dans le secret, derrière le dos du peuple américain et virtuellement en dehors de tout contrôle de la part du Congrès américain.

Le programme dans le cadre duquel opèrent ces « drones » a fait l’objet d’un article publié par le Washington Post le 28 décembre et intitulé « Sous Obama, l’émergence d’un appareil mondial du meurtre par drone ». Si l’article est de présentation plutôt discrète, ce qu’il montre n’en est pas moins effrayant : un gouvernement s’est arrogé le droit de tuer n’importe qui dans le monde sans même se soucier d’une apparence de légalité. On a déjà tué de cette façon des milliers de personnes.

Selon le Washington Post, ce ‘programme drones’, « comprend des dizaines de sites secrets dont deux sites principaux opérationnels sur la côte Est, des cockpits virtuels de l’US Air Force dans le Sud-Est et des bases clandestines dans six pays sur deux continents. »

Selon les conclusions d’une étude du Bureau du Budget du Congrès américain, les Etats-Unis ont 775 drones ‘Predator’ et autres, plus un nombre inconnu de drones opérés par la CIA et faisant partie d’opérations secrètes. Les assassinats ont jusqu’à présent eu lieu dans au moins trois pays, en dehors des guerres en Irak et en Afghanistan. Le drone abattu (piraté, ndlr) récemment au dessus de l’Iran indique cependant des opérations bien plus étendues.

Un des premiers actes d’Obama en tant que président a été d’ordonner une attaque de drone Predator au Pakistan. 240 attaques ont été effectuées depuis contre ce pays, entraînant la mort de milliers de personnes, pour la plupart des civils. Quelque quinze attaques ont été effectuées au Yémen et d’autres encore en Somalie.

Le quotidien donne une description des « listes de sujets à assassiner » compilées par la CIA et le Joint Special Operation Command (JSOC) de l’armée américaine, sans que les critères utilisés pour la sélection des personnes ciblées soient rendus publics. La liste de la CIA est apparemment plus courte que celle de l’armée, ce que certains de ceux qui sont impliqués dans le programme de drones attribuent au fait qu’elle a eu moins de temps pour la dresser. Selon certains responsables, « l’Agence finira par rattraper le temps perdu. »

Parmi les gens assassinés, se trouvent trois citoyens américains, dont Anwar Al-Awlaki qui fut tué le 30 septembre et son fils de 16 ans, tué lui, par le JSOC quelques semaines plus tard. Tous deux furent tués au Yémen. Le Washinton Post affirme que le jeune Awlaki n’était pas la cible prévue. Ce « citoyen américain sans implication passée avec Al-Qaïda » était au contraire une « victime non intentionnée. »

Pour expliquer l’augmentation des assassinats par drone, le journal mentionne la fermeture officielle de programmes de détention et la fin des transferts à Guantanamo Bay. Cela laissait « peu d’options mis à part les attaques par drones… » En d’autres mots, au lieu d’enfermer des ‘terroristes’ présumés dans des camps et des centres de torture, l’administration Obama s’est dit qu’il serait simplement plus efficace de les tuer en secret.

Ces deux programmes différents sont soi-disant contrôlés par diverses commissions du Congrès. Mais, précise le Post, « aucune de ces commissions n’est en mesure de comparer les listes de sujets à abattre de la CIA et de la JSOC ou même de parvenir à une compréhension générale des règles selon lesquelles chacune de ces listes est fabriquée. »

Les dirigeants des deux fractions parlementaires sont tout à fait complices car les responsables des commissions sur les services de renseignement et l’armée acceptent de limiter ce qui peut être discuté publiquement. « Le fait qu’un président de leur parti ait monté une machine aussi efficace dans le but d’éliminer de façon ciblée des gens suspectés de terrorisme ne trouble pas outre mesure les dirigeants démocrates. »

Le président Lyndon Johnson, arrivé au pouvoir à la suite de l’assassinat de John F. Kennedy, avait en son temps admis que la CIA avait monté une entreprise qu’il appela, dans une remarque restée fameuse, une « damnée ‘Meurtre S.A.’ dans les Caraïbes ». Celle-ci avait plusieurs fois tenté d’assassiner le dirigeant cubain Fidel Castro. Le gouvernement Nixon fut lui, impliqué dans de nombreux complots d’assassinat. Cela avait contribué aux enquêtes à des fins de destitution qui conduisirent finalement à sa démission. Des enquêtes menées par la Commission Church du Sénat américain dans les années 1970 ont finalement conduit à un ordre exécutif interdisant officiellement la pratique de l’assassinat.

Les actes de l’administration Obama et la vaste augmentation des pouvoirs secrets de la CIA et de l’Armée dépassent de loin les crimes commis à cette époque.

Les assassinats extra-judicaires sanctionnés par l’Etat sont une métastase de la « guerre à la terreur » menée sur tout le globe, un élargissement d’une criminalité internationale qui comprend le lancement de guerres d’agression, l’emprisonnement indéfini et la torture. Ils sont devenus une importante composante de la politique militaire américaine. Celle-ci comprend aussi la guerre en Libye qui s’est conclue par l’assassinat, soutenu par les Etats-Unis, de Mouammar Kadhafi. Obama a fait du meurtre extra-judicaire de Oussama ben Laden un des hauts faits et un des événements charnière de son administration.

La violence sans frein et l’abolition de la démocratie sont deux aspects d’un même processus. Les révélations du Washington Post suivent de deux semaines à peine le passage du National Defense Authorization Act. Cette loi donne, pour la première fois explicitement, un sceau d’approbation parlementaire à la détention militaire indéfinie de citoyens, américains ou non, selon le bon vouloir du président. La loi abolit dans les faits le recours d’habeas corpus et les garanties constitutionnelles d’application régulière de la loi.

L’administration qui préside à cette affirmation de pouvoirs quasi dictatoriaux, dirigée par Obama, est pour l’essentiel une alliance entre de puissants intérêts financiers et l’appareil militaire et des services de renseignements.

Ce gouvernement de la réaction extrême jouit du soutien déterminant d’une partie de la classe moyenne argentée qui, sur la base de la politique identitaire, s’est réconciliée avec une politique qui va au-delà même de celle de l’administration Bush. Tout est bon et même « progressiste » du moment que c’est un président afro-américain qui le fait.

La conduite d’un réseau destiné à exécuter des gens n’a rencontré qu’une objection de pure forme de la part de journaux comme La Nation et d’autres gens et partis de « gauche » qui soutiennent le Parti démocrate. Un commentateur libéral, Ta-Nehisi Coates, un des principaux rédacteurs en chef du magazine Atlantic, fit en réponse à l’article du Washington Post, ce commentaire réjoui: « Les drones sont l’arme parfaite de la démocratie. On obtient tout le mérite d’avoir tué les ennemis du pays et on ne porte pas le blâme de pertes militaires. Le massacre occasionnel d’un garçon de 16 ans est certes regrettable, mais pratiquement sans conséquence du point de vue politique. »

La défense des droits démocratiques, la défaite de l’impérialisme américain, la lutte contre l’inégalité sociale dépendent de la formation d’un mouvement politique de masse de la classe ouvrière sur la base d’un programme socialiste. Ce mouvement entrera directement en conflit avec l’administration Obama, le Parti démocrate et ses apologues « gauche ».

Joseph Kishore

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Article original : Obama’s global Murder, Inc.

Source : WSWS

Le colonel Wilkerson met en garde contre les guerres d’Obama et l’effondrement économique

7 jan

Alors que les rumeurs se font persistantes sur le fait que ce seraient les Etats-Unis qui pourraient passer à l’attaque contre l’Iran plutôt qu’Israël, les cercles militaires et du renseignement américain sont activement opposés à la guerre et aux dérives périlleuses de la présidence Obama. Après le général Hoar, ancien chef du CENTCOM, qui avait mis en garde dans les colonnes du magazine EIR contre le danger de conflit généralisé au Moyen-Orient, c’est le colonel Wilkerson, ancien chef de cabinet du secrétaire d’Etat Colin Powell qui répudie la politique belliciste et liberticide d’Obama. Dans cette interview du 22 décembre avec notre collègue Jeffrey Steinberg de l’EIR (le magazine international fondé par l’économiste américain Lyndon LaRouche), Lawrence Wilkerson révèle aussi que ce qui préoccupe profondément les cercles d’officiers auxquels il appartient, c’est l’effondrement économique ; il a insisté sur l’impératif pour les citoyens de reprendre les commandes, de virer l’oligarchie et d’orienter l’économie vers l’avenir.

Jeffrey Steinberg : Mon Colonel, permettez-moi de vous poser d’emblée des questions sur la situation stratégique. D’abord, Israël menace de bombarder les installations nucléaires iraniennes. Est-ce vraiment le moment de déclencher une nouvelle fois la guerre au Moyen-Orient ? Et quelles seraient les conséquences d’une telle attaque ?

Col. Lawrence Wilkerson : D’abord, ce n’est surtout pas le bon moment pour une nouvelle guerre en Asie occidentale – ou Moyen-Orient pour utiliser le terme courant. Nous venons apparemment d’en terminer une et déjà tout s’effrite ; nous sommes impliqués dans une autre sans aucune fin en vue – la guerre en Afghanistan – et dans une guerre globale « anti-terroriste » qui s’étend depuis la Corne de l’Afrique jusqu’en Somalie, partout au Maghreb et ailleurs en Afrique – et pour ce que j’en sache, partout au monde. Une quatrième guerre, je n’en vois pas l’utilité.

Israël représente un facteur incalculable. Du point de vue militaire Israël n’a pas les moyens de faire beaucoup de mal à l’Iran. Elle a tout juste la capacité opérationnelle pour entreprendre des raids aériens à longue portée et pourrait lancer quelques bombes sans faire beaucoup de mal. Ce serait une piqûre de moustique. Que ferait l’Iran face à cela ? Enverrait-il des missiles sur Tel Aviv, Haïfa ou ailleurs en Israël ? Et nous, comment réagirions-nous ?

Ici ce que l’on craint est qu’Israël fasse sa piqûre de moustique sachant que nous allons le suivre pour aller bien plus loin encore. Israël ne peut faire grand-chose en soi mais nous serions probablement partants pour aller beaucoup plus loin dans son sillage.

Deuxièmement nous n’avons pas besoin d’une nouvelle guerre en Asie occidentale.

Steinberg : Un tel conflit lancé à l’initiative d’Israël pourrait-il déclencher un conflit plus vaste voire même global ? Les Russes et les Chinois ont posé leur véto à l’ONU contre une éventuelle zone d’exclusion aérienne et toute tentative d’un scénario de type « libyen » contre la Syrie. Les tensions sont énormes même à une échelle plus grande, au niveau mondial. La situation pourrait-elle devenir hors de contrôle au moment où l’économie mondiale est si fragilisée ?

Wilkerson : Je ne suis pas sûr de voir la situation de la manière précise dont vous venez de la décrire. A mon sens le cours des évènements depuis dix ans est celui-ci : la Chine, et en moindre mesure la Russie, le Brésil, la Turquie, l’Inde, etc., prennent à grandes enjambées les devants sur nous et aussi sur l’Europe car nous sommes embourbés dans des conflits au point que nous ne savons même plus où nous avons posé les pieds !

Actuellement nous transférons une richesse inouïe vers l’Asie : vers l’Asie occidentale sous forme de pétrodollars ; vers les parties orientales de l’Asie, la Chine, l’Asie du Sud-Est, la Corée etc., en raison de leur capacité productive et du fait que nous payons pour cette capacité productive. A ainsi lieu devant nos yeux l’un des plus grands transferts de richesse de toute l’histoire.

Et que feront la Chine, l’Inde et la Russie, et d’autres encore ? Ils vont calmement prendre les devants alors que nous, nous nous embourbons jusqu’au cou dans des conflits ! C’est une « fin d’empire » pour nous à moins que nous ne nous réveillions et nous rendions compte que nous sommes en train de dilapider sur les marges d’empire toute notre puissance ; ensuite que nous nous sommes reposés sur une base économique et financière viciée de fond en comble et qu’il faille y remédier ; et troisièmement que cet instrument qu’est la guerre et tout ce qui est d’ordre militaire en général n’est aucunement la réponse à tous les problèmes du monde !

Certes, ces aspects sont complémentaires. Mais à moins d’avoir une base économique solide comment voulez-vous que nos forces armées soient solides ? Ainsi même cette « puissance à l’état brut » qui semblerait être le seul instrument à notre disposition ces jours-ci va se déliter et se casser à moins que nous ne mettions de l’ordre dans notre économie. Voilà la priorité numéro un du pays : mettre de l’ordre dans notre économie. Une nouvelle guerre en Asie occidentale non seulement n’y fera rien mais ne servira qu’à empirer les choses.

Steinberg : Récemment le Sénateur Carl Levin [D-Mich.] a souligné que l’Administration Obama avait fait insérer dans la nouvelle National Defense Authorization Act des dispositions autorisant les forces armées à enfermer des gens, y compris des citoyens américains, sur le territoire des Etats-Unis et ce, pour une durée indéterminée. N’est-ce pas là une violation des principes constitutionnelles de notre République – sans même parler de l’assassinat au Yémen d’al-Awlaki ?

Wilkerson : Cela commence avec le Patriot Act , une loi draconienne, qui montre bien comment et surtout depuis la Deuxième Guerre Mondiale, nous réagissons de manière démesurée à pratiquement tout et particulièrement à toute menace que nous considérons – à tort – comme existentielle.

Oui, tout cela a commencé avec le Patriot Act et la peur, puis l’exploitation politique de la peur suite aux attentats du 11 septembre 2001. Une bonne décennie plus tard le Congrès se retrouve à voter cela, ce qui ne laisse pas d’étonner ! C’est le retour à l’époque de la Reconstruction pour les forces armées : nous éliminons le principe de posse comitatus [*] en sommant nos forces armées d’agir comme forces de maintien de l’ordre sur le plan national. Quelle idiotie !

Ceux qui ont voté pour, ou qui ont applaudi la mise en œuvre d’une telle loi, une bonne décennie après les attentats du 11 septembre 2011, ne l’ont pas fait parce qu’ils craignaient les « terroristes ». Ils l’ont fait en raison de ce que des mouvements comme Occupy Wall Street pourraient faire émerger. Je n’y vois aucune autre explication : ils s’inquiètent de ce que le peuple américain lui-même pourrait vouloir entreprendre, face aux super-riches qui dirigent maintenant ce pays.

Ainsi, ces gens prennent des mesures afin de se protéger bien en amont. Qui sont « ces gens » ? Le Congrès, la Maison Blanche, le gouvernement, ceux qui dirigent le pays ! Une oligarchie dirige en fin de compte ce pays : des multinationales, l’industrie pétrolière, agro-alimentaire, pharmaceutique, qui tiennent dans leurs poings le pouvoir de forcer le pays à aller dans leur sens. Aucune autre explication ne me vient ! Sinon, comment expliquer ce retour à l’époque de la Reconstruction, à la loi martiale utilisée aux fins du maintien de l’ordre ?

Steinberg : Une érosion est observée depuis l’époque de l’Administration Bush avec le Patriot Act , et maintenant avec ce Président, censé d’ailleurs détenir un diplôme de droit constitutionnel de Harvard. Et pourtant Obama a lancé la guerre en Libye sans aval du Congrès. Il aurait formé, semble-t-il, une équipe à la Maison Blanche qui prend la décision d’imposer la peine capitale à des citoyens US à l’étranger ; désormais les forces armées pourront être déployées dans la rue, ou dans nos prisons, afin d’empêcher que notre peuple ne se soulève. Ces délits suffisent-ils à votre avis pour lancer une procédure de destitution du Président ? Que fait le Congrès ?

Wilkerson : Sans parler de l’insupportable réitération du prétexte de la « sécurité nationale » dans les tribunaux de l’Article III [c’est-à-dire les tribunaux placés sous la protection de l’article III de la Constitution, afin de les rendre indépendants de la branche exécutive, ndt]. L’Administration ou ses acolytes telles la Central Intelligence Agency (CIA) ou la National Security Agency (NSA), peuvent désormais entreprendre pratiquement tout ce qu’elles veulent ! A l’encontre des citoyens américains, à l’encontre de qui que ce soit, sans rendre de comptes à qui que ce soit car le gouvernement arrivera devant un tribunal de l’Article III en arguant de la « sécurité nationale », et les griefs du plaignant seront balayés ! Quelle idiotie ! Ce n’est pas comme cela qu’une république démocratique fédérale est censée fonctionner !

Vous avez raison de dire que ces choses devraient être vues pour ce qu’elles sont – des délits – et le Congrès devrait pour une fois se tenir droit dans ses baskets et dire à l’Administration : « Holà ! Nous sommes une branche séparée possédant des droits égaux à ceux du gouvernement et nous ne sommes pas d’accord ! ». Alors que le Congrès se contente de dire : « Faîtes, et nous fonctionnerons comme chambre d’enregistrement ! » Quelle honte !

Steinberg : Au Yémen, Anwar al-Awlaki ainsi qu’un autre citoyen américain viennent d’être assassinés sans procès aucun (et plus tard son fils par un drone), trois citoyens américains tués de la sorte. Combien de citoyens américains ont pu être assassinés ?

Wilkerson : Tuer des citoyens américans – quels que fussent leurs crimes, aussi épouvantables fussent-ils – sans application régulière de la loi, est une violation de la Constitution des Etats-Unis franche et massive. Il y a des gens dans ce gouvernement – et je sais qu’il y avait dans l’Administration précédente puisque j’y ai servi – qui auraient préféré qu’aucun des dix Amendements à la Constitution n’eût été voté car ces Amendements constituent des obstacles à un pouvoir sans limite !

Je ne sais pas ce qu’on a fait contre ça, alors que c’est clairement anticonstitutionnel ! Mais le Congrès qui est censé contrôler la branche exécutive, et les tribunaux, qui sont censés déterminer la conformité d’un acte avec la Constitution, sembleraient être transformés en laquais de l’Administration ! Que faire ? A qui s’en remettre ? Je vous le dis : il faut miser sur le peuple !

Steinberg : Un élément de la National Defense Authorization Act semble être dirigé contre le peuple américain précisément au moment où des manifestations éclatent partout et où des voix se font entendre exigeant un changement fondamental dans le gouvernement.

Wilkerson : Lorsque nous avons rompu avec l’Angleterre au XVIIIème siècle nous avions dit : « Le pouvoir des gouvernements ainsi que leur autorité reposent sur le consentement de ceux qu’ils gouvernent ». C’est-à-dire sur nous, sur le consentement du peuple ! Si nous ne faisons pas entendre notre voix, si nous n’obligeons pas nos députés et notre Président à tendre l’oreille, non seulement cela continuera, mais cela ne peut qu’empirer !

En 1961, dans le célèbre discours d’adieu de Dwight Eisenhower, celui-ci pointait du doigt le « complexe militaro-industriel » ; or nous avons tendance à oublier que la seule chose qui pourra sauver la République face à l’abus d’un pouvoir aussi immense est l’existence « de citoyens alertes et bien-informés ». De tels citoyens existent-ils encore de nos jours ?

Steinberg : Notre peuple est abruti par les mass-médias et a perdu la connexion avec la réalité. Mais depuis quelques années, et surtout après l’éclatement de la bulle en 2007-2008, nombreux sont ceux qui réalisent que notre République a atteint un point de rupture.

Wilkerson : Pour ma part, je vais scruter les élections 2012 au Congrès et à la Maison Blanche ainsi que tous les préliminaires car nous verrons sans doute des choses qui auraient déclenché l’hilarité des commentateurs politiques il y a deux ans à peine. Des choses très surprenantes peuvent arriver. (…)

Nous avons détruit dans le passé des partis politiques tandis que de vieux partis se sont transformés en nouveaux. Il ne faudra pas s’étonner de voir cela arriver bientôt.

Steinberg : Curieusement, quelques membres du Congrès proches du Tea Party ainsi que Occupy Wall Street soutiennent également l’urgence de revenir à la loi Glass-Steagall, afin de démanteler et mettre en banqueroute cette oligarchie financière.

Wilkerson : La réponse est claire et nette : il faut que les banques fassent ce que les banques sont censées faire. C’est-à-dire s’entretenir avec vous et moi d’hypothèques, de la création d’une PME, nous aider pendant toute la durée de l’hypothèque ou la vie de la PME, ou que sais-je. Alors que nous avons permis à des gens de Goldman Sachs ou ailleurs de jouer avec l’argent du contribuable. Qu’ils fassent leurs jeux de hasard, qu’ils se précipitent au casino pour jouer – mais pas touche à l’argent du contribuable ! Laissons-les mettre en péril leur propre fric, sans l’assurance que lorsque ça explosera – et ça finit toujours par exploser – que nous irons les renflouer.

D’abord, il faut remettre l’économie réelle sur les rails, permettre aux américains de la classe moyenne de s’en sortir – prendre cette mesure afin que ce ne soit plus l’oligarchie qui détienne le pouvoir politique.

Steinberg : Vous aviez parlé au début du retrait américain d’Irak, laissant une situation instable. Quelles sont les perspectives ?

Wilkerson : En 2004 et 2005 nous écoutions au Département d’Etat des experts venus des différentes branches de gouvernement ainsi que des universitaires qui disaient : « Peu importe que nous restions en Irak un an ou deux ou 20 ans, ou un siècle. Dès que nous partirons, la guerre civile éclatera. »

Et effectivement, l’éventualité n’est que trop réelle de voir la guerre civile éclater. Le [Premier ministre] Maliki n’a pas eu la décence d’attendre quelques instants avant de consolider son pouvoir ; les Sunnites n’ont pas apprécié et restent puissants. Le Awakening Movement [mouvement d’éveil] à lui seul le démontre. Ce jour même, il y a eu de nombreux morts à Bagdad lors d’attenants perpétrés par des Sunnites contre ce gouvernement shiite.

Tous ces Américains qui ont déjà oublié la guerre du Vietnam devraient réaliser que lorsqu’il faut créer des Etats notre talent est loin d’être exceptionnel. Dès que les Américains s’en vont à l’étranger combattre des monstres ils se transforment généralement en monstres eux-mêmes, pour emprunter les mots de John Quincy Adams ; nous devrions sans doute éviter de le faire à l’avenir, non seulement pour des motifs financiers mais surtout parce que nous n’avons pas beaucoup de talent – j’irai jusqu’à dire que nous sommes particulièrement mauvais.

D’ailleurs l’histoire nous prouve qu’aucun pays n’a de talent en ce sens.

Le Dr David Kilcullen a étudié 300 rébellions. Dans 80% des cas ce sont les insurgés qui ont gagné – [rires] – tandis que le gouvernement a été vaincu !

Steinberg : Effectivement !

Wilkerson : Lorsqu’un gouvernement ne combattait pas seul, ou n’avait qu’une aide indirecte depuis l’étranger, pratiquement toujours ce gouvernement a perdu alors qu’une puissance étrangère avait pris le contrôle de la contre-rébellion pour le compte de ce gouvernement en place.

Lorsqu’une puissance étrangère intervient contre une rébellion dans un autre pays les chances de succès sont infinitésimales : le Vietnam, la Somalie, l’Irak, l’Afghanistan… quand apprendrons-nous la leçon ?

Steinberg : Vous connaissez d’autres officiers en retraite, des officiers du renseignement… Comment revenir à notre tradition républicaine véritable ?

Wilkerson : Mes anciens collègues, dont quelques uns sont toujours en activité, que ce soit dans le gouvernement ou en tant que conseillers du gouvernement, ou encore en tant qu’universitaires sont avant tout préoccupés par l’état de l’économie. Qu’ils soient militaires ou universitaires, ils comprennent que sans une économie orientée sur l’avenir il n’y a rien du tout ! Le bien-être de classes entières de la population disparaît. Pendant les huit ans de la présidence du républicain Eisenhower, celui-ci avait fixé le taux d’imposition à 90% sur les Américains les plus riches – un bon Républicain, hein ! [Rires]

Lors de toutes les réunions du Conseil national de sécurité (NSC), Eisenhower disait que si la vaste majorité de la population n’a pas accès à un emploi utile et bien payé, n’a pas de perspective d’avenir, n’est pas persuadée que ses enfants auront un avenir meilleur encore, ne fait pas d’effort en vue d’un tel objectif et en vue de l’avenir, jamais vous n’aurez un sens de bien-être psychologique voire spirituel. Sans cela, sans une économie s’appuyant sur des fondations bien solides, on est perdu !

Voilà ce qui préoccupe mes collègues en ce moment.

Steinberg : Permettez-moi de vous remercier, vous qui avez un emploi du temps chargé et qui intervenez activement dans une mobilisation contre la guerre, mobilisation conduite par quelques citoyens les mieux-informés. J’espère continuer cette discussion bientôt.

Wilkerson : C’est moi qui vous remercie de l’invitation.

La carrière militaire du Colonel Lawrence Wilkerson s’étend sur 31 ans ; il a servi au Vietnam, dans le Pacifique et a enseigné au Navy War College et à la Marine Corps University. En 1989 il fut nommé Chef d’Etat Major auprès du Général Colin Powell vers la fin du mandat de ce dernier comme National Security Advisor. Wilkerson a également été Chef d’état major pour le Général Powell auprès du Joint Chiefs of Staff (Etat Major Inter-armées) et lorsque le Général Powell était Secrétaire d’Etat. Très opposé à la Guerre d’Irak, il n’a eu de cesse de s’opposer publiquement à l’actuelle guerre en Afghanistan ainsi qu’aux violations de la Constitution américaine que ce soit au moment de l’Administration Bush ou de celle d’Obama.

Note

[*] Suite à la Guerre de Sécession aux USA, et à la période de Reconstruction, la loi dite Posse Comitatus Act fut votée en 1878 afin que les forces armées cessent d’intervenir aux fins du maintien de l’ordre et afin qu’elles soient déployées aux seules fins de la défense des frontières.

Source : Solidarité & Progrès