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Le G8 promet la guerre et l’austérité dans un contexte de division

31 mai

par Stefan Steinberg pour WSWS

A la fin de leur sommet de deux jours dans la station balnéaire de Deauville, les dirigeants du G8 ont exigé une intensification des programmes d’austérité partout dans le monde. Ils ont aussi réitéré leur détermination à renverser par la force militaire les régimes non coopératifs.

Il existe un lien étroit entre ces deux ordres du jour. Confrontées à la crise économique la plus grave depuis les années 1930, les principales puissances impérialistes sont en train de laminer tous les acquis sociaux gagnés par les travailleurs durant la période d’après-guerre. Elles sont parfaitement conscientes qu’un tel programme provoquera le genre d’opposition de masse déjà rencontré en Egypte, en Tunisie, en Grèce, au Portugal et plus récemment, en Espagne. La classe ouvrière aux Etats-Unis elle aussi est une fois de plus en train de bouger.

La réaction des gouvernements de par le monde est de renforcer leur propre appareil militaire afin de gérer l’opposition intérieure grandissante à l’encontre de leur politique tout en menant un nombre croissant de guerres coloniales à durée indéterminée et destinées à repartager le monde et ses ressources.

Les moyens de sécurité massifs mis en place lors du sommet témoignent de la militarisation de la vie sociale. Pour un coût de 200 millions d’euros, les armées de policiers, de soldats et d’agents spéciaux déployés à Deauville avaient pour but de protéger du monde extérieur les participants aux sommets.

Dans le même temps, alors que les principaux gouvernements impérialistes s’accordent sur la nécessité d’imposer un programme d’austérité et de militarisme, ils sont profondément divisés quant à la manière de concilier de telles mesures avec leurs propres intérêts nationaux. Derrière la photo officielle affichant des sourires, des embrassades et des poignées de mains,il y a eu de violents conflits. Cela apparaissait clairement dans les pourparlers du sommet consacré à la crise financière internationale.

Les dirigeants européens ont été soumis à d’intenses pressions de la part des pays non européens qui les ont invités à mettre de l’ordre chez eux et à prendre des mesures efficaces afin d’enrayer la crise de l’euro qui s’intensifie.

Le chef de cabinet adjoint du premier ministre japonais, Tetsuro Fukuyama, a dit aux journalistes: « De nombreux dirigeants ont souligné que le problème de la dette en Europe, la hausse des prix du pétrole, des denrées alimentaires et des matières premières, ainsi que la surchauffe des économies émergentes faisaient partie des facteurs qui font valoir une pression à la baisse sur l’économie mondiale. »

A leur tour, les délégués américains au sommet ont mis en garde que la crise continue de la dette européenne influençait à la baisse la valeur de l’euro par rapport au dollar et menaçait l’industrie d’exportation américaine.

Les dirigeants européens ont réagi aux critiques internationales en intensifiant la pression sur le gouvernement grec pour l’application d’une nouvelle série de mesures d’austérité et de privatisations. Les préoccupations quant à l’aggravation de la crise de la dette en Grèce – maillon le plus faible de la chaîne des pays européens lourdement endettés – viennent après les avertissements émis par les membres dirigeants de la Banque centrale européenne à savoir qu’une défaillance ou une restructuration de la dette grecque déclencherait une réaction en chaîne ayant des effets catastrophiques pour le système bancaire européen et international. Une vaste portion des dettes de la Grèce, de l’Irlande, du Portugal et de l’Espagne, totalisant un montant de près de 2 milliers de milliards de dollars environ, est détenue par les banques européennes.

Au début de cette semaine, le premier ministre grec, George Papandreou, n’avait pas réussi à obtenir le soutien des dirigeants de l’opposition pour une nouvelle série de mesures de rigueur. Dans le contexte de protestations et de manifestations presque quotidiennes en Grèce à l’encontre de nouvelles réductions du niveau de vie et des emplois, les investisseurs craignent que le gouvernement grec ne revienne sur sa promesse de lancer des attaques supplémentaires à l’encontre de la population laborieuse.

La Grèce est devenue un banc d’essai pour le genre de mesures d’austérité que les gouvernements européens sont déterminés à appliquer dans leur propre pays. De la même manière, l’exemple grec prouve qu’une telle politique pousse le pays dans une récession encore plus profonde en ne faisant qu’aggraver ses problèmes économiques. Les élites européennes sont partagées quant à la meilleure manière de procéder, et des couches de l’élite financière et politique allemande insistent fortement pour une restructuration de la dette grecque.

La dette européenne est à la fois éclipsée en termes absolus et en termes relatifs par la dette américaine envers le reste du monde. Le gouvernement américain, quant à lui, est déterminé à appliquer des coupes sociales historiques dans les programmes de santé et de la retraite, dont Medicare et Medicaid. Derrière le dos de la population américaine, les Partis démocrate et républicain sont en train d’élaborer un mécanisme précis sur la manière d’effectuer ces coupes sociales.

Les tensions croissantes entre les principaux pays du G8 ont également été révélées pour ce qui est du deuxième point principal à l’ordre du jour du G8 – la politique impérialiste en Afrique du Nord. A la fin du sommet, le président américain Barack Obama, son homologue français, Nicolas Sarkozy et le premier ministre britannique David Cameron, ont tous exprimé leur détermination à poursuivre leur campagne irresponsable pour forcer le dirigeant libyen, Mouammar Kadhafi, à quitter le pouvoir.

Mardi dernier, les forces de l’OTAN, dirigées par des avions de combat britanniques ont mené leur plus intensive campagne de bombardement en Libye depuis le début de la campagne de l’OTAN il y plus de deux mois. La Grande-Bretagne s’apprête à envoyer des hélicoptères d’attaque Apache, et la France a dit vouloir faire de même. Selon un article paru dans le journal The Guardian, les hélicoptères Apache sont, pour les alliés de l’OTAN, le moyen le plus efficace de tuer Kadhafi.

Toutefois, lors de déclarations faites à la fin du sommet, Obama ainsi que Cameron ont clairement fait comprendre qu’ils s’attendaient à ce que d’autres pays, dont l’Allemagne, qui s’est abstenue de soutenir la campagne de la Libye, payent l’addition de leurs aventures militaires en aidant à financer les intérêts commerciaux américains et britanniques visant à ouvrir les économies des principaux pays d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient.

L’émergence d’un axe Etats-Unis/Grande-Bretagne/France comme la force majeure de la campagne de l’OTAN contre la Libye a modifié l’équilibre des forces internationales. Des commentateurs allemands ont été prompts à souligner, qu’au cours de son récent voyage en Europe, Obama n’avait délibérément pas prévu dans son calendrier l’Allemagne, principale économie du continent.

Obama avait commencé son voyage en Irlande avant de se rendre en Grande-Bretagne où il a célébré la traditionnelle « relation spéciale » existant entre les deux partenaires transatlantiques. A la suite de sa visite en France et des séances de photos avec le président français au sommet de Deauville, Obama a survolé l’Allemagne pour atteindre sa dernière escale, la Pologne, voisin oriental le plus proche de l’Allemagne.

Afin de satisfaire les intérêts de l’élite financière internationale, les principales puissances impérialistes du monde recourent de plus en plus à une politique de contre-révolution sociale dans leur pays et de guerre à l’étranger. C’est ce qui est ressorti de la dernière réunion des pays du G8. Au cours de l’application de leur programme, les principales puissances et les blocs de pouvoir entrent de plus en plus en confrontation les uns avec les autres.

Les divisions internationales qui ont causé deux guerres mondiales au siècle passé ré-émergent dans le contexte d’une intensification de la crise économique internationale. La seule alternative progressiste est l’unification de la classe ouvrière européenne, américaine et mondiale sur la base d’une perspective socialiste internationale.

Stefan Steinberg

à lire également sur le même sujet :

- La Russie et la Chine défient l’OTAN

- Chaos sur les marchés financiers

Article original : Amidst divisions, G8 meeting pledges austerity and war

Source : WSWS

Qui se soucie au Moyen-Orient de ce que dit Obama ?

31 mai

par Robert Fisk pour The Independent

Le président Obama a démontré qu’il était piteux dans ses relations avec le Moyen-Orient, et le monde arabe lui tourne le dos avec mépris. L’avenir du Moyen-Orient sera déterminé sans l’influence américaine.

Ce mois-ci, au Moyen-Orient, le Président des Etats-Unis a été déconsidéré. Qui plus est, le prestige de l’Amérique dans cette région est au plus bas depuis la rencontre en 1945 entre Roosevelt et le Roi Abdul Aziz sur l’USS Quincy, sur le Grand Lac Amer.[1]

Tandis que Barack Obama et Benjamin Netanyahou ont joué leur farce à Washington – avec Obama qui rampait, comme d’habitude – les Arabes se sont attelés aux affaires graves consistant à changer leur monde, en manifestant, en combattant et en mourant pour les libertés qu’ils n’ont jamais possédées. Obama a parlé pour ne rien dire sur le changement au Moyen-Orient – et sur le nouveau rôle de l’Amérique dans la région. C’était pathétique. « Qu’est-ce c’est que cette histoire de rôle ? » m’a demandé un ami égyptien ce week-end. « Croient-ils toujours que nous nous soucions de ce qu’ils pensent ? »

Et c’est vrai. L’échec d’Obama à soutenir les révolutions arabes, avant qu’elles ne soient toutes terminées, a fait perdre aux Etats-Unis le peu de crédit qu’il leur restait dans la région. Obama est resté silencieux sur le renversement de Ben Ali, il n’a rejoint le chœur de mépris contre Moubarak que deux jours avant sa fuite, il a condamné le régime syrien – qui a tué un plus grand nombre de ses citoyens que tout autre dynastie au cours de ce « Printemps » arabe, à l’exception de l’effrayant Kadhafi – mais en faisant bien fait savoir qu’il serait heureux de voir Assad survivre, il a agité son poing chétif face à la piteuse cruauté du Bahreïn et il reste incroyablement muet sur l’Arabie saoudite. En plus, il se met à genoux devant Israël. Faut-il alors s’étonner que les Arabes tournent le dos à l’Amérique, non pas de rage ou de colère, ni avec des menaces ou de la violence, mais avec mépris ? Ce sont les Arabes et leurs congénères musulmans du Moyen-Orient qui prennent désormais eux-mêmes les décisions.

La Turquie est furieuse contre Assad parce que ce dernier a promis à deux reprises de s’exprimer sur les réformes et les élections démocratiques – et il n’a pas respecté sa parole. Le gouvernement turc a envoyé par deux fois des délégations à Damas et, selon les Turcs, Assad a menti au ministre turc des Affaires étrangères lors de la deuxième visite, insistant sans détours sur le fait qu’il rappellerait les légions de son frère Maher et leur ferait quitter la rue des villes syriennes. Il ne l’a pas fait. Les tortionnaires continuent leur travail.

Voyant les centaines de réfugiés sortir en grand nombre de Syrie et affluer à la frontière septentrionale du Liban, le gouvernement turc a maintenant tellement peur que ne se répète la marée de kurdes irakiens, qui se sont massivement réfugiés en submergeant leur frontière à la suite de la guerre du Golfe en 1991, qu’il a élaboré un plan secret en vue d’empêcher les Kurdes de Syrie de s’installer par milliers dans les régions kurdes du sud-est de la Turquie. Les généraux turcs ont donc préparé une opération qui prévoit d’envoyer plusieurs bataillons de soldats turcs en Syrie, afin d’y établir une « zone de sécurité » pour les réfugiés syriens à l’intérieur du califat d’Assad. Les Turcs sont prêts à avancer bien au-delà de la ville frontalière syrienne d’Al Qamishli – peut-être jusqu’à mi-chemin de Deir el-Zour (le vieux champ de la mort désertique de l’Holocauste arménien de 1915, mais il ne faut pas le dire) – pour procurer un « refuge sûr » à ceux qui fuient les massacres dans les villes syriennes.

Pendant ce temps, les Qataris tentent d’empêcher l’Algérie de ravitailler Kadhafi en chars et véhicules blindés – ce fut l’une des raisons pour lesquelles l’émir du Qatar, le plus sage de tous ces oiseaux dans le golfe Persique, a rendu visite au président algérien, Abdelaziz Bouteflika, la semaine dernière. Le Qatar est engagé auprès des rebelles libyens à Benghazi : ses avions survolent la Libye et la Crète et – ce qui n’a pas été divulgué à ce jour – des officiers qataris conseillent les rebelles dans la ville de Misrata, dans l’ouest de la Libye. Mais si des blindés algériens étaient en effet remis à Kadhafi pour remplacer le matériel qui a été détruit lors des frappes aériennes, cela rendrait compte des progrès ridiculement lents de la campagne que l’OTAN mène contre Kadhafi.

Bien sûr, tout dépend du réel contrôle que Bouteflika a sur son armée – ou si le « pouvoir » algérien, qui inclut beaucoup de généraux corrompus et secrets, font l’affaire. L’équipement algérien est supérieur à celui de Kadhafi et, pour chaque char perdu, Kadhafi pourrait donc obtenir un modèle amélioré pour le remplacer. Au Sud de la Tunisie, l’Algérie et la Libye partagent une frontière de désert de 1.200 kilomètres, une voie d’accès facile pour faire transiter ces armes.

Mais les Qataris s’attirent également le venin d’Assad. La focalisation d’Al Jazeera sur l’insurrection syrienne – avec sa mise en images des morts et des blessés, qui est beaucoup plus dévastatrice que tout ce que les informations télévisées occidentales édulcorées oseraient diffuser – a conduit la télévision d’Etat syrienne à cracher tous les soirs à la face de l’Emir et de l’Etat du Qatar. Le gouvernement syrien vient de suspendre jusqu’à 5 milliards d’euros de projets d’investissements du Qatar, dont un projet de la Compagnie d’électricité et des eaux du Qatar.

Au milieu de tous ces événements énormes et épiques – le Yémen lui-même peut encore se révéler être le plus grand bain de sang de tous, tandis que le nombre de « martyrs » syriens a maintenant dépassé les victimes des escadrons de la mort de Moubarak il y a cinq mois – est-il surprenant, alors, que la comédie de MM. Netanyahu et Obama semble à ce point hors de propos ? En effet, la politique d’Obama vis-à-vis du Proche-Orient – quelle qu’elle soit – semble parfois si confuse qu’elle est à peine digne d’être étudiée. Bien sûr, le président américain soutient la démocratie – pour admettre ensuite que cela pourrait entrer en conflit avec les intérêts américains. Dans cette merveilleuse démocratie appelée Arabie saoudite, les États-Unis sont maintenant en train de persévérer avec un contrat d’armement de 50 milliards d’euros et aident les Saoudiens à développer une nouvelle force d’ « élite » pour protéger le pétrole et les futurs sites nucléaires du royaume. D’où la peur d’Obama d’énerver l’Arabie Saoudite, dont deux des trois frères à sa tête sont désormais si invalides qu’ils ne peuvent plus prendre de décisions sensées – malheureusement, il se trouve que l’un des deux est le roi Abdallâh – et qu’ils on la volonté de permettre au régime enclin aux atrocités de la famille Assad de survivre. Bien sûr, les Israéliens préféreraient de loin que la « stabilité » de la dictature syrienne se poursuive : vous savez, mieux vaut le sombre califat que les islamistes haineux qui pourraient émerger des ruines. Mais cet argument est-il vraiment assez bon pour qu’Obama le soutienne, lorsque le peuple syrien meurt dans les rues pour le genre de démocratie que le président américain affirme qu’il veut voir dans la région ?

L’un des éléments les plus futiles de la politique étrangère américaine au Moyen-Orient est l’idée fondamentale que les Arabes sont en quelque sorte plus stupides que le reste d’entre nous (certainement plus que les Israéliens), qu’ils sont plus déconnectés de la réalité que l’Occident et qu’ils ne comprennent même pas leur propre histoire. Ainsi, ils doivent être sermonnés, réprimandés et cajolés par La Clinton et ses semblables – autant que leurs dictateurs l’ont fait et continuent de le faire, des figures paternelles guidant leurs enfants dans la vie. Mais les Arabes sont beaucoup plus lettrés que ceux de la précédente génération : des millions d’entre eux parlent parfaitement l’anglais et comprennent trop bien la faiblesse politique et le manque de pertinence dans les paroles du président américain. En écoutant le discours de 45 minutes qu’Obama a prononcé ce mois-ci – le « coup d’envoi » de quatre jours entiers de mots ambigus et de poudre aux yeux par l’homme qui a tenté de tendre la main au monde musulman au Caire il y a deux ans, puis qui n’a rien fait – on aurait pu penser que le président américain était à l’origine de la révolte arabe, alors qu’il est resté assis sur le banc de touche, apeuré.

Un effondrement linguistique intéressant s’est produit dans le langage du président au cours de ces quatre jours décisifs. Le jeudi 19 mai, il a évoqué la poursuite de la construction des « implantations » israéliennes. Le lendemain, Netanyahou l’a sermonné sur « certains changements démographiques qui ont eu lieu sur le terrain ». Puis, quand Obama s’est adressé, dimanche, au lobby américain AIPAC (American Israel Public Affairs Committee), il avait lâchement adopté la propre expression grotesque de Netanyahou. Maintenant, lui aussi parle de « nouvelles réalités démographiques sur le terrain ». Qui pourrait croire qu’il parlait des colonies juives, internationalement reconnues comme illégales, construites sur des terres volées aux Arabes lors de l’un des plus gros hold-up dans l’histoire de la « Palestine » ? Le retard dans l’instauration de la paix sapera la sécurité d’Israël, a annoncé Obama – apparemment pas au courant que le projet de Netanyahou consiste à retarder et retarder et retarder jusqu’à ce qu’il n’y ait plus de terre pour un Etat palestinien « viable », que les États-Unis et l’Union européenne souhaiteraient soi-disant voir.

Puis nous avons eu droit à un verbiage sans fin sur les frontières de 1967. Netanyahou dit qu’elles sont « indéfendables » (même si elles semblent avoir été assez défendables pendant les 18 années qui ont précédé la Guerre des Six Jours), puis Obama – oublieux du fait qu’Israël doit être le seul pays au monde à avoir une frontière terrestre orientale mais ne sait pas où elle se trouve – a dit qu’il a été mal compris quand il a parlé de 1967. Ce qu’il dit n’a pas d’importance. George W Bush a cédé, il y a des années, quand il a remis à Ariel Sharon une lettre déclarant que l’Amérique acceptait les « grands centres de population israéliens déjà existants » au-delà des frontières de 1967. Pour ces Arabes prêts à écouter la harangue molle d’Obama, ce fut une courbette de trop. Ils ne pouvaient tout simplement pas comprendre cette réaction au discours que Netanyahou à prononcé devant le Congrès US. Comment les politiciens américains ont-ils pu se lever et applaudir Netanyahou 55 fois – je dis bien 55 fois – avec plus d’enthousiasme que les parlements en chewing-gum d’Assad, de Saleh et des autres ?

Et qu’est-ce que le Grand Orateur a voulu dire lorsqu’il a déclaré que « chaque pays a le droit de se défendre », mais que la Palestine serait « démilitarisée » ? Ce qu’il voulait dire était qu’Israël continuerait d’attaquer les Palestiniens (comme en 2009, par exemple, quand Obama est resté traîtreusement silencieux), tandis que les Palestiniens devraient encaisser ce qui leur arriverait s’ils ne se comportent pas selon les règles – car ils n’auraient pas d’armes pour se défendre. Quant à Netanyahou, les Palestiniens doivent choisir entre l’unité avec le Hamas ou la paix avec Israël. Tout cela était très étrange. Quand il n’y avait pas d’unité, Netanyahou nous disait à tous qu’il n’y avait pas d’interlocuteur palestinien parce que les Palestiniens étaient désunis. Pourtant, quand ils s’unissent, ils sont disqualifiés des pourparlers de paix.

Bien entendu, plus longtemps vous vivez au Moyen-Orient plus le cynisme y est grand. Je me souviens, par exemple, d’un voyage que j’ai effectué à Gaza au début des années 80, alors que Yasser Arafat dirigeait son petit Etat de l’OLP à Beyrouth. Soucieux de détruire le prestige d’Arafat dans les territoires occupés, le gouvernement israélien décida d’apporter son soutien à un groupe islamiste à Gaza qui s’appelait le Hamas. En fait, j’ai vu de mes propres yeux le chef du Commandement-Sud de l’armée israélienne négocier avec les responsables barbus du Hamas, en leur donnant la permission de construire plus de mosquées. Il est juste de dire, bien sûr, que nous étions également occupés ailleurs à l’époque, en encourageant un certain Oussama Ben Laden pour combattre l’armée soviétique en Afghanistan. Mais les Israéliens n’ont pas renoncé au Hamas. Ils ont ensuite tenu une autre réunion avec cette organisation en Cisjordanie : cette histoire fit la une du Jerusalem Post, le lendemain. Mais il n’y a pas eu le moindre reproche de la part des Américains.

Puis il y a cet autre moment dont je me rappelle au cours de ces longues années. Les membres du Hamas et du Djihad islamique – tous palestiniens – ont été, au début des années 90, jetés de l’autre côté de la frontière israélienne dans le sud du Liban, où ils ont passé plus d’un an à camper sur le versant glacé d’une montagne. Je leur ai rendu visite de temps en temps et, à une occasion, j’ai mentionné que je me rendrai le lendemain en Israël. Immédiatement, l’un des hommes du Hamas a couru jusqu’à sa tente et est revenu avec un carnet. Il m’a donné les numéros de téléphone de trois hauts responsables politiques israéliens – dont deux sont toujours aujourd’hui en place – et, quand je suis arrivé à Jérusalem, j’ai appelé ces numéros qui se sont tous avérés corrects. En d’autres termes, le gouvernement israélien avait été en contact personnel et direct avec le Hamas.

A présent, le récit a été complètement déformé. Le Hamas sont les super-terroristes, les représentants d’ « al-Qaïda » dans la direction palestinienne unifiée, les hommes du mal qui feront en sorte que la paix n’aura jamais lieu entre les Palestiniens et les Israéliens. Si seulement c’était vrai, le véritable al-Qaïda serait plus qu’heureux d’en endosser la responsabilité. Mais ce n’est pas vrai. Dans le même contexte, Obama a déclaré que les Palestiniens auraient à répondre aux questions sur le Hamas. Mais pourquoi le devraient-ils ? Qu’est-ce Obama et Netanyahou pensent à propos du Hamas, qui serait désormais sans intérêt pour eux. Obama met en garde les Palestiniens de ne pas demander un Etat à l’ONU en septembre prochain. Mais pourquoi pas, grands dieux ? Si les peuples d’Egypte, de Tunisie, du Yémen, de Libye et de Syrie – nous attendons tous la prochaine révolution (La Jordanie ? Encore le Bahreïn ? Le Maroc ?) – peuvent se battre pour la liberté et la dignité, pourquoi les Palestiniens ne le pourraient-ils pas ? Sermonnés pendant des décennies sur la nécessité que la protestation soit non-violente, les Palestiniens choisissent de s’adresser à l’ONU avec leur appel à la légitimité – seulement pour être rembarrés par Obama.

Après avoir lu tous les « Palestine Papers » qu’Al-Jazeera a révélés, il ne fait aucun doute que les négociateurs officiels de la « Palestine » feront tout pour produire une sorte de mini-État. Mahmoud Abbas, qui a réussi à écrire un livre de 600 pages sur le « processus de paix » sans mentionner une seule fois le mot « occupation », pourrait même s’infléchir sur le projet onusien, craignant l’avertissement d’Obama que ce serait une tentative d’ « isoler » Israël et donc de délégitimer l’Etat d’Israël – ou « l’État juif », comme le président américain l’appelle maintenant. Mais Netanyahou fait plus que quiconque pour délégitimer son propre Etat : en effet, il ressemble de plus en plus à ces bouffons arabes qui ont jusqu’à présent jonché le Moyen-Orient. Moubarak a vu une « main étrangère » dans la révolution égyptienne (l’Iran, bien sûr). Pareil pour le Prince héritier du Bahreïn (l’Iran de nouveau). Tout comme Kadhafi (al-Qaïda, l’impérialisme occidental, choisissez), et aussi Saleh du Yémen (al-Qaïda, le Mossad et l’Amérique). Et également Assad de la Syrie (l’islamisme, probablement le Mossad, etc.). Et tout comme Netanyahou (l’Iran, assez naturellement, la Syrie, le Liban, à peu près n’importe qui auquel l’on peut penser, à l’exception d’Israël lui-même).

Mais tandis que ces absurdités se poursuivent, les plaques tectoniques ont des soubresauts. Je doute beaucoup que les Palestiniens restent silencieux. S’il y a une « intifada » en Syrie, pourquoi pas une troisième Intifada en « Palestine » ? Pas une lutte de kamikazes mais des protestations massives regroupant des millions de personnes. Si les Israéliens sont obligés d’abattre les quelques centaines de manifestants qui ont tenté – et réussi dans certains cas – à traverser la frontière israélienne il y a près de deux semaines, que feront-ils lorsqu’ils se retrouveront face à des milliers ou des millions. Obama dit qu’aucun Etat palestinien ne doit être déclaré à l’ONU. Mais pourquoi pas ? Qui se soucie au Moyen-Orient de ce que dit Obama ? Pas même, semble-t-il, les Israéliens. Le Printemps arabe deviendra bientôt un été chaud et il y aura un automne arabe aussi. Mais alors, le Moyen-Orient aura peut-être changé à tout jamais. Ce que dit l’Amérique n’a aucune importance.

Robert Fisk

Note

[1] : Le Grand Lac Amer est un lac d’eau salée situé entre les parties nord et sud du Canal de Suez, en Égypte.

à lire également sur le même sujet :

- La fin des Etats-Unis

- Le monde est-il trop grand pour échouer ?

- Le Yémen plonge-t-il dans la guerre tribale ?

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- L’échiquier syrien

- La guerre éclatera-t-elle cet été au Moyen-Orient ?

Article original : Who cares in the Middle East what Obama says ?

Traduction : JFG

Le Yémen plonge-t-il dans la guerre tribale ?

31 mai

par Abou Anaïs pour Les Rivages des Syrtes

Le 22 mai, pour la troisième fois, le chef de l’Etat yéménite Ali Abdallah Saleh, menacé par un mouvement de contestation populaire déclenché au mois de février, a failli à sa promesse de signer  le plan de sortie de crise proposé par les Etats membres du Conseil de Coopération des Etats Arabes du Golfe (CCEAG) prévoyant sa démission et la formation dans les 30 jours d’un nouveau gouvernement.

Le 22 mai est la date de commémoration de la réunification des deux Yémen, réalisée entre le Nord et le Sud en 1990 ; le 22 mai 2011 marque le franchissement d’une étape décisive pour l’avenir du régime de Saleh. Coutumier de la pratique : promettre puis se rétracter, le président Saleh ne semble pas, cette fois ci,  avoir pris l’exacte mesure de la crise.

Le 23 mai, la crise s’intensifiait brutalement conduisant à de violents affrontements entre des milices tribales et les forces de sécurité dans le quartier d’al-Hasaba dans le nord de Sana’a :

le complexe résidentiel de Sadiq al-Ahmar (photo ci-dessus), chef de la confédération tribale des Hashed, rallié à la contestation en mars, était la cible de tirs de missiles et de mortiers au moment même où s’y tenait une ultime tentative de médiation conduite par des chefs de tribus et  des représentants du président Saleh dépêchés auprès du cheikh al-Ahmar. Le chef de la médiation, le général Ghalib al-Ghamish, chef des services de renseignement (Office de Sécurité Politique), blessé par des tirs, a désormais rejoint l’opposition ; de nombreux cheikhs, également mandatés par Saleh, ont été tués ou blessés par les forces de sécurité loyales au président.

Les combats qui se sont rapidement propagés dans et hors de la capitale ont provoqué depuis cet événement la mort de centaines de personnes et se sont traduits par l’occupation de bâtiments officiels par les milices tribales, notamment le ministère de l’Intérieur et la radio d’état.

Ainsi, sur le mouvement de contestation populaire porté par la jeunesse et une coalition de partis d’opposition, revendiquant un caractère pacifique, se greffe désormais une lutte armée entre les élites au sein de l’appareil d’Etat mettant aux prises le clan présidentiel et la deuxième famille la plus puissante du Yémen, celle des al-Ahmar, longtemps alliée à Saleh, devenue plus distante mais surtout forte de l’appui de nombreuses tribus.

S’ils en furent accusés par le clan présidentiel, les membres de la famille al-Ahmar n’ont pas joué de rôle décisif dans le lancement de la contestation en janvier ; les al-Ahmar, ont saisi le moment opportun pour s’y rallier et solder une rivalité croissante avec le chef de l’Etat et son entourage.

Sadiq al-Ahmar, cible de l’attaque du 23 mai, est le cheikh suprême (cheikh al-macheikh) de la confédération des Hashed depuis la mort, en décembre 2007, de son père ‘Abdallah bin Hussein al-Ahmar. Cheikh ‘Abdallah cumulait les fonctions de chef de la confédération tribale, de président du Parlement, de chef et fondateur du parti islamiste d’opposition al-Islah (« La Réforme »). Proche des intérêts saoudiens,  il avait réussi tout au long de sa carrière politique à façonner un modus vivendi efficace avec le président Saleh et le parti au pouvoir, le Congrès Populaire Général (CPG), au point d’apparaître comme un des soutiens les plus nécessaires au maintien au pouvoir de Saleh.

Le pacte conclu entre le président et le chef d’une opposition qui n’en avait plus que l’apparence a  été progressivement rompu par ses 10 fils face à l’imminence d’une succession présidentielle au sein de la famille Saleh, au profit d’Ahmed ‘Ali ‘Abdallah Saleh, fils aîné du chef de l’Etat. Depuis la rupture, le président Saleh, issu de la tribu des Sanhan, membre de la confédération des Hashed, qualifie désormais les 10 frères  du qualificatif des « les al-Ahmar », leur déniant toute individualité et méprisant leur capacité à dépasser le seul statut de fils de leur père. Depuis le 26 mai 2011, ils font l’objet d’un mandat d’arrêt au chef de rébellion armée contre l’Etat.

Sadiq al-Ahmar, chef de la confédération tribale la plus puissante du Yémen, était jusqu’en mars 2011, député élu au sein du parti présidentiel et porte-parole du Parlement. Il est sans doute le dernier des frères à avoir rejoint le mouvement contestataire ; il est aujourd’hui l’un de ses chefs.

Un de ses frères, Hamid, homme d’affaires multimillionnaire, avait longtemps été pressenti par leur père pour prendre la tête de la famille ; avant de mourir le cheikh ‘Abdallah en avait décidé autrement.  Privé de la fonction prestigieuse de chef de la confédération, Hamid a développé ses affaires (téléphonie, banque, médias…), s’est impliqué au sein du parti d’opposition al-Islah dont il est député depuis 1993 avant de déclarer dès 2006, lors de l’élection présidentielle, son opposition à Saleh et son souhait de le voir destitué. Hamid n’a jusqu’ici été impliqué dans le mouvement de contestation à Saleh qu’au titre de financier.

Hussein al-Ahmar, ancien membre du parti au pouvoir, est désormais responsable de la mobilisation et de la préparation opérationnelle des tribus du gouvernorat d’Amran, fief de sa famille et bastion des Hashed, situé au nord de la capitale. Grâce à l’appui des tribus locales, Hussein est désormais maître du gouvernorat.

Désormais engagés dans une lute armée, les al-Ahmar savent pouvoir compter sur l’appui de milices tribales mais ils ne peuvent se prévaloir du soutien obligé des initiateurs du mouvement de protestation.

Certains d’entre eux sont attachés au maintien du caractère pacifique de la lutte contre le régime et peu désireux de se voir confisquer leur « révolution »; les autres seront plus faciles à convaincre puisqu’ils sont proches ou appartiennent au parti  al-Islah. Les premiers seront difficilement persuadés qu’une prise de pouvoir au profit des al-Ahmar puisse se solder par la fin du système clientéliste et tribal.

Une composante discrète d’al-Islah, forcément engagée dans la contestation mais jusqu’ici occultée par les éléments les plus radicaux du parti, devrait gagner en visibilité et se mettre en avant : les Frères Musulmans (« canal historique » pour les distinguer des Frères plus connus qui sont proches du salafisme) que ne manqueront pas d’inspirer leurs homologues égyptiens et d’aider les financements offerts par Hamid al-Ahmar.

La délicatesse du président Saleh, ordonnant aux forces de sécurité de tirer sur des chefs tribaux engagés dans une médiation dont il aurait pu tirer profit, n’a pas eu les effets escomptés par ce stratège brutal en fin de parcours,  jusqu’ici accoutumé à provoquer avec succès des divisions entre tribus, puisque désormais des tribus indécises ou spectatrices sont déterminées à prendre les armes : Hashed, Bakil, Mur’ad, Yafi‘…

Deuxième famille en importance au sein des Hashed, la famille Abou Shouwarib qui tire son prestige de l’aura de son ancien chef, aujourd’hui décédé, Mujahid Abou Shouwarib s’est rallié aux al-Ahmar ; son chef a été blessé lors de l’attaque du 22 mai. L’autre confédération la plus importante du Yémen, celle des Bakil, moins puissante mais numériquement plus importante, s’est également ralliée en la personne de son chef cheikh Najial-Shayif ; ralliement également d’une de ses grandes familles, les Abou Louhoum, dont un des chefs a été tué.

L’assaut donné contre la résidence de Sadiq al-Ahmar a provoqué la mort d’une dizaine de chefs de tribus : Mohammed bin Mohammed Abou Louhoum, Naji Ahmed al-Tahefi, ‘Abdallah Mabkhout al-Darhani, Sadiq Qa’aban, Mouqbil Hassan Garoun… blessé les autres, provoquant l’appel à la vengeance de leurs tribus respectives. Des tribus jusqu’ici, certes opposées au maintien au pouvoir de Saleh, sans être véritablement impliquées aux côtés des al-Ahmar sont désormais précipitées dans la bataille, appellent à la désertion de leurs membres dans les forces de sécurité ou l’armée, déclarent légitime l’assassinat du président Saleh pour venger leurs morts.

Autre acteur essentiel de la rébellion, le général « déserteur » ‘Ali Mohsen Saleh al-Ahmar, demi-frère du chef de l’Etat ou pour le moins apparenté à lui, mais par contre sans lien de parenté avec la famille al-Ahmar, est le maitre d’une force de frappe militaire dont le rôle sera déterminant : la 1ère division blindée (mieux connue sous la dénomination al-firqah, « la division »). Après avoir fait défection, en mars,  avec de nombreux officiers généraux, ‘Ali Mohsen ne semble pour l’heure pas avoir engagé ses troupes dans les combats, se contentant de protéger les contestataires dans la capitale. Néanmoins, il ne pourra qu’intervenir si ses troupes venaient à être la cible des tirs des unités demeurés fidèles au régime ou pour protéger les membres de sa tribu qui ne manqueront pas de quitter leur fief de Khamir (‘Amran) pour rejoindre Sana’a.

Son rôle politique sera plus difficile à cerner : honni par la population ; ancien bras séculier du régime ; chiite zaïdite de naissance devenu sunnite radical, proche des Frères Musulmans et des salafistes ; homme d’affaires corrompu (trafic de carburant…) ; un pédigrée qui rendra difficile l’illusion d’un changement de régime.

De son côté, le président Saleh peut compter sur l’appui de son entourage familial proche et d’une partie de la tribu des Sanhan  qui ont  noyauté de nombreuses structures de l’appareil de sécurité et de défense :

  • Ahmad ‘Ali ‘Abdallah Saleh, son fils, chef de la Garde républicaine (garde prétorienne de 12 000 hommes) et commandant des forces spéciales (3 000 hommes rattachés au ministère de la défense) ; fils aîné jusqu’ici pressenti pour lui succéder à la tête de l’Etat ;
  • Tareq Mohammed ‘Abdallah Saleh, neveu du président, chef de la sécurité présidentielle ;
  • Yahya Mohammed ‘Abdallah Saleh, neveu du chef de l’Etat, chef des forces de la sécurité centrale (ministère de l’intérieur), bureau de la sécurité nationale chargé de la lutte antiterroriste ;
  • Mohammed Saleh al-Ahmar, demi-frère du président, chef d’état-major des  forces aériennes.

Depuis quelques jours, les unités de la Garde Républicaine et les avions de chasse de l’armée de l’air constituent le fer de lance de la contre-offensive lancée par le régime contre les tribus. Leur allégeance au pouvoir central n’a néanmoins rien d’indéfectible, l’exemple d’Ali Mohsen en témoigne ; le 26 mai un commandant important de la Garde Républicaine, unité la plus dévouée au régime, a appelé à la désertion ; l’appel des chefs tribaux devrait accélérer le mouvement. Les premières victoires tactiques de la rébellion ne manqueront pas non plus de provoquer des défections ; le 27 mai, les rebelles se sont emparées de la base de la 26ème brigade de la Garde Républicaine au nord de Sana’a…

Désormais confronté à une singulière conjonction de mouvements d’opposition tous déterminés à le faire chuter : mouvement de contestation civile, opposition politique constituée, tribus, rebelles houthistes au Nord du pays, sécessionnistes au Sud, rebelles des forces armées ; le maréchal-président Saleh compte ses jours à la tête du pays et réussit lui aussi une singulière conjonction : « Ils me haïssent et ne me craignent plus ». (Ali Abdallah Saleh selon Cicéron – De Officiis).

Abou Anaïs

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Source : Les Rivages des Syrtes