Un blog d'analyses géopolitiques et de culture stratégique

Archive pour janvier 2011|Page d'archive mensuelle

Papa vend des armes : les surprenants VRP de la guerre (vidéo)

Dans Armement, Géostratégie le 30 janvier 2011 à 22:01

Synopsis M6 : Le commerce des armes de guerre ne connaît pas la crise. Partout dans le monde, il fait vivre des familles entières, en France 160 000 personnes travaillent pour les usines d’armement. Une industrie qui cultive le secret, et qui n’a pas toujours bonne réputation.

Mitrailleuses, bazookas, fusils d’assaut : des lignes d’assemblage jusqu’aux foires internationales de la guerre, les employés de ces entreprises se battent pour décrocher de nouveaux contrats. Quels sont les secrets de cette profession si particulière ? Des missiles aux avions de combats, peuvent-ils vendre leur dangereux arsenal à tous les États ?

En marge des ventes légales prospèrent aussi des filières parallèles : le marché noir des armes de guerre. L’une de ses figures la plus célèbre s’appelle Viktor Bout. Ce Russe longtemps insaisissable a inspiré à Hollywood le film Lord of war. Nous l’avons rencontré dans sa prison en Thaïlande. Quelles sont ses révélations sur les dessous du business des armes ?

France, 2009, 65′

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Interview du réalisateur Stéphane Malterre

Peut-on éteindre l’Internet ?

Dans Internet, Liberté d'Expression le 25 janvier 2011 à 17:10

par Stéphane Bortzmeyer pour OWNI

La question d’une censure totale d’Internet fait peur mais c’est plus la censure locale qu’il faut craindre. Pour Stéphane Bortzmeyer, c’est en renforçant les infrastructures qu’on améliorera la résistance du réseau.

« Si la question est compliquée, c’est parce que l’Internet n’est pas un objet unique et localisé dans l’espace, qu’on peut détruire facilement. C’est plutôt une espèce vivante. Chaque individu est très vulnérable, on peut le tuer et, si on est suffisamment dénué de scrupules, on peut même en tuer beaucoup. Mais éradiquer l’espèce entière est plus difficile. L’Internet peut être blessé mais le tuer nécessitera beaucoup d’efforts. » Stéphane Bortzmeyer

Ce jeudi 27 janvier, l’Epitech organise une intéressante conférence sur le thème « Peut-on éteindre l’Internet ? ». Je ne pourrais malheureusement pas y aller alors je livre mes réflexions ici.

Le sujet fait évidemment allusion à un certain nombre de cas connus : projet étasunien de doter le Président d’un gros bouton rouge pour éteindre l’Internet, pannes spectaculaires comme celle due à l’attribut 99 de BGP ou celle du DNS chinois, « attaques accidentelles » comme celle de Pakistan Telecom contre YouTube ou celle de China Telecom, mesures liberticides prises par des États qui trouvent l’Internet trop libre (filtrage systématique, allant jusqu’au détournement du DNS en Chine, loi LOPPSI en France, etc), tentatives (assez ridicules, surtout en France) de faire taire WikiLeaks. Tous ces faits mènent à se poser des questions : si un excité du menton veut censurer Internet, est-ce possible ? Une attaque par les chinois rouges et communistes peut-elle nous priver de services indispensables à la vie humaine, comme Facebook ? La prochaine bogue dans IOS ou Windows va t-elle stopper tout l’Internet ?

Il n’a pas manqué d’articles sensationnalistes sur ce thème. Selon eux, l’Internet serait tellement fragile que deux ou trois lycéens dans leur garage, a fortiori une organisation comme Al-Quaida, pourrait tout casser. Par exemple, lors de la bavure de China Telecom en avril 2010, on a vu apparaitre une quantité d’articles ridicules sur la soi-disant vulnérabilité de l’Internet (par exemple sur Fox News ou Computer World). Ces articles sensationnalistes ont évidemment eu plus de succès que la froide technique.

À l’opposé de ce discours apocalyptique « on va tous mourir », on voit des neuneus se présentant comme hackers qui prétendent que l’Internet est invulnérable, que les puissants de ce monde n’arriveront jamais à le censurer, et qu’on ne peut pas arrêter le libre flot de l’information.

Qu’en est-il vraiment ? Peut-on éteindre l’Internet ou pas ? Est-il très robuste ou très fragile ? Ces questions n’ont pas de réponse simple. Si on me presse pour fournir une réponse binaire, je dirais « On ne peut pas éteindre complètement l’Internet. Besson et Mitterrand rêvent, ils n’ont pas ce pouvoir. Et l’Internet, très résilient, résistera toujours aux pannes comme celle de l’attribut 99. ». Mais la vraie réponse mériterait d’être bien plus nuancée.

Car tout dépend de l’objectif qu’on se fixe en disant « éteindre l’Internet ». Il est très difficile de couper l’Internet pendant une longue période. Mais des attaques réussies l’ont déjà sérieusement perturbé pendant plusieurs minutes, avant que les protocoles et les humains ne réagissent. L’Internet n’est pas invulnérable. Une des meilleures raisons pour lesquelles la question « Peut-on éteindre l’Internet ? » n’a pas de réponse simple est qu’il est très facile de perturber l’Internet (BGP, par exemple, n’offre pratiquement pas de sécurité et il n’en aura pas de si tôt), mais très difficile de faire une perturbation qui dure plus de quelques heures (dans tous les cas existants, la réaction a pris bien moins de temps que cela).

De même, il est très facile de planter un service donné. Même pas besoin de pirates chinois pour cela. Une erreur de configuration, et un service fondamentalement stratégique est inaccessible. Pour beaucoup de simples utilisateurs, de ceux qui ne travaillent pas quotidiennement sur l’Internet, « Facebook est en panne » n’est pas très différent de « l’Internet est en panne ». Mais, pourtant, pendant de telles pannes, tout le reste de l’Internet fonctionne (et même mieux, les tuyaux étant moins encombrés). Si on peut comprendre que Jean-Kevin Michu ressente douloureusement l’arrêt de son service favori, les analystes qui prétendent produire un discours sérieux sur l’Internet devraient un peu raison garder et ne pas parler de « vulnérabilité de l’Internet » à chaque fois que Twitter a une panne.

Sur Internet, la censure locale est facile, la censure totale l’est beaucoup moins

Il est aussi très facile de rendre l’utilisation de l’Internet plus difficile. Tous les censeurs du monde ont appris que couper complètement l’accès était irréaliste. En revanche, le rendre difficile, imposer aux utilisateurs l’emploi de mesures de contournement complexes, est possible. Cela ne découragera pas l’informaticien déterminé et compétent, mais cela peut gêner tellement l’utilisateur ordinaire qu’il renoncera à certains usages. C’est le pari d’organisations répressives comme l’Hadopi, qui sait très bien que les geeks continueront à télécharger quoi qu’il arrive, mais qui compte sur le fait que 95 % de la population ne les suivra pas. Et cela marche dans certains cas. Les censeurs ne sont hélas pas sans dents.

Enfin, on peut aussi noter qu’il est très facile d’éteindre l’Internet en un lieu donné. Chez moi, je peux couper l’accès à ma famille facilement. Dans un pays donné, on peut empêcher l’accès Internet. Cela se fait en Birmanie ou en Corée du Nord. En Tunisie, la mise en place du système de censure connu sous le nom d’« Ammar404 » avait été précédé d’une coupure complète de l’Internet pendant six mois, bloquant tous les usages légitimes. Il a fallu une révolution pour mettre fin au système de filtrage installé à cette occasion. C’est une coupure complète dans le monde entier qui est très difficile mais un dictateur local a toujours des possibilités.

Arrivé à ce point, certains lecteurs trouvent peut-être que je suis trop prudent et qu’il devrait être quand même possible de répondre en deux mots à une question aussi simple que « peut-on éteindre l’Internet ? ». Mais, si la question est compliquée, c’est parce que l’Internet n’est pas un objet unique et localisé dans l’espace, qu’on peut détruire facilement. C’est plutôt une espèce vivante. Chaque individu est très vulnérable, on peut le tuer et, si on est suffisamment dénué de scrupules, on peut même en tuer beaucoup. Mais éradiquer l’espèce entière est plus difficile. La résistance de l’Internet aux pannes et aux attaques n’est pas celle d’un blockhaus passif, qu’on peut toujours faire sauter, avec suffisamment d’explosifs. C’est la résistance d’une espèce vivante, et intelligente (les professionnels qui font fonctionner l’Internet réagissent, corrigent, modifient, et rendent la tâche difficile pour les censeurs et les agresseurs, comme l’a montré la mobilisation autour de WikiLeaks). L’Internet peut être blessé mais le tuer nécessitera beaucoup d’efforts.

Renforçons l’Internet

Une autre raison pour laquelle je ne donne pas de réponse ferme est que je ne suis pas trop intéressé par les débats pour observateurs passifs, regardant l’incendie en se demandant gravement s’il va être éteint ou pas. Je préfère travailler à améliorer la situation. Peut-on améliorer la résilience de l’Internet, sa résistance aux censeurs, aux pannes, et aux attaques diverses ? Et là, la réponse est claire : oui, on peut. On peut analyser les vulnérabilités, travailler à repérer les SPOF et à les supprimer, chercher les dépendances cachées qui risqueraient de faire s’écrouler un domino après l’autre, etc. Là, un travail est possible et nécessaire. Pendant que la loi LOPPSI impose un filtrage de l’Internet et donc diminue sa résistance aux pannes (le système de filtrage ralentit, perturbe et, d’une manière générale, ajoute un élément supplémentaire qui peut marcher de travers), d’autres efforts essaient de rendre l’Internet plus fiable. Par exemple, trop de liaisons physiques sont encore peu redondantes et une seule pelleteuse peut couper plusieurs câbles d’un coup.

Plus sérieux, trop de choses dans l’Internet dépendent d’un petit nombre de logiciels, ce qui fait qu’une bogue a des conséquences étendues. Trop de routeurs utilisent IOS et une seule bogue plante des routeurs sur toute la planète. Comme dans un écosystème où il n’y a pas de variété génétique, un germe peut faire des ravages. Autre exemple, le système ultra-fermé de Skype n’a qu’un seul logiciel, le leur, et une seule bogue peut l’arrêter complètement. Ce point illustre d’ailleurs l’illusion qu’il y aurait à essayer de rendre l’Internet plus robuste par des moyens matériels, comme plus de machines, ou logiciels, comme de passer le DNS en pair-à-pair. L’exemple de Skype, qui repose largement sur des techniques pair-à-pair, montre que ces techniques ne protègent en rien si une erreur dans le logiciel plante tous les pairs en même temps.

Il n’y a pas de solution magique au problème de la résilience de l’Internet. Mais il faut accroître sa diversité, qui permettra de faire face aux menaces du futur.

Stéphane Bortzmeyer

Article initialement publié sur le blog de Stéphane Bortzmeyer

Source : OWNI

La Chine va-t-elle manger le monde ? (vidéo)

Dans Chine, Géoéconomie le 25 janvier 2011 à 16:28

Hier, surnommée l’usine du monde, aujourd’hui, considérée comme étant la banque du monde, la locomotive de l’économie mondiale, est-ce que la Chine représente-t-elle réellement ce péril jaune ? Entre la réalité et les spéculations, souvent entretenues par des préjugés, qu’en est-il exactement de l’émergence de l’Empire du Milieu au XXIe siècle ? Y a-t-il des volontés impérialistes dans les coulisses du pouvoir à Pékin ? La Chine va-t-elle manger le monde ?

“Comment va le monde ?” Chaque mois, un rendez-vous avec la géo-économie, par Hervé Juvin, pour realpolitik.tv. Enregistré le 20/01/2011.

à lire également sur la Chine :

- « Zou Chuqu » : la Chine et le pétrole

- Les services secrets chinois

- Chine : l’Empire du Milieu tente de canaliser la pression intérieure vers la scène internationale

- La Chine, les Etats-Unis et la question nord-coréenne

- La guerre des empires

- La Chine et quelques uns de ses voisins

- De l’arrogance à l’inquiétude

- La guerre du Pipelineistan de la Chine

- La superpuissance de l’énergie du XXIe siècle

L’Afrique et le Moyen-Orient dans la Matrice

Dans Censure, Guerre de l'Information le 23 janvier 2011 à 17:17

par Charles Bwele pour Alliance Géostratégique

Ne sous-estimons jamais le rôle majeur des technologies de l’information et des médias sociaux dans les révoltes populaires… surtout quand elles ont lieu en Afrique et au Moyen-Orient où les marchés de la téléphonie mobile et de l’internet enregistrent des croissances à deux chiffres.

« À l’ère de Facebook, de Youtube, de Twitter et de Wikileaks, les ennemis de l’information ouverte n’ont plus le sommeil tranquille... » Charles Bwele

Dans les grandes et moyennes villes d’Afrique et du Moyen-Orient, adolescents et jeunes adultes sont à l’affut du dernier smartphone à la mode, en quête permanente d’un mobile made in China/India ou d’un produit local d’assemblage intégrant de nouvelles fonctions : caméra, baladeur FM/audio/vidéo, navigateur internet, webmail, messagerie instantanée, média social, etc. Dans des régions où les infrastructures télécoms et le courrier postal relèvent souvent de la préhistoire ou de la science-fiction, l’usage combiné de la téléphonie mobile et de l’internet n’est guère un luxe.

Dans les cybercafés d’Abidjan, de Douala, du Caire ou d’Amman, on voit des rangées de cybernautes concentrés sur leurs écrans d’ordinateurs pendant que leurs téléphones mobiles ne cessent de biper. À la moindre brutalité policière, des centaines de vidéophones entrent aussitôt en action pour filmer la scène. Pour les autorités, la contestation d’un incident grave ou d’une réalité macabre devient d’autant plus difficile lorsque la preuve par l’image circule sur la toile.

À l’ère de Facebook, de Youtube, de Twitter et de Wikileaks, les ennemis de l’information ouverte n’ont plus le sommeil tranquille…

La convergence média inhérente aux smartphones (téléphonie, internet, radio, audio, vidéo, médias sociaux) et les coûts décroissants d’accès à la téléphonie mobile et à l’internet contribuent à une élevation drastique du degré de connectivité des populations urbaines. Fortes de leurs ordinateurs de poche, elles vivent une véritable révolution technico-sociétale en-dessous de la couverture radar des médias internationaux… et des chancelleries occidentales.

NB : Un téléphone mobile conçu en 2010 est plus puissant qu’un ordinateur portable fabriqué en 1990

La chute du régime Ben Ali était donc relativement prévisible à tout observateur attentif de l’univers cyberculturel tunisien. Outre des facteurs savamment expliqués par les blogs alliés EGEA, la Plume & le Sabre, Mon Blog Défense et Cyberstratégie Est-Ouest (transition démographique, transition sociale, économie émergente, etc), la révolution du jasmin a bénéficié d’un environnement technologique hautement favorable : la Tunisie figure dans le peloton de tête des pays africains les mieux équipés en infrastructures télécoms/internet, et drainant d’énormes vagues d’étudiants sci-tech et d’entrepreneurs techno venues de toute l’Afrique. Malgré une cyber-censure féroce, les Tunisiens sont très probablement les citoyens les plus connectés d’Afrique et/ou du monde arabe. D’où une redoutable capacité de mobilisation des masses et une infoguerre permanente opposant gouvernement et cyberactivistes.

Au sujet de cette « Tunisie 2.0 », Fabrice Epelboin (Readwriteweb.fr) a eu le ton juste :

« A l’intérieur du pays, tout se passe sur Facebook. […] le géant américain si tancé pour ses atteintes aux libertés, est là bas le seul espace de liberté. Adolescents, lycéens, étudiants, homme de la rue, universitaires, journalistes, avocats, écrivains : tout le monde est sur Facebook.

Imaginez que vous croisiez, en France et sur Facebook, la plupart des grands professeurs d’universités, des avocats de renom, des poètes célèbres, des icones culturelles de la scène locale… Imaginez la richesse de la vie qui s’y développerait… Ajoutez à cela l’angoisse, la paranoïa, l’obligation de cacher son identité de peur d’être reconnu et harcelé, le soupçon permanent d’un délateur potentiel, caché parmi un groupe, la coupure de l’accès à votre compte Facebook comme une épée de Damoclès, qui peut vous couper de tout contact culturel et social (autre que la télévision d’Etat, bien sûr), et vous avez une idée de ce à quoi ressemblait Facebook en Tunisie jusqu’ici [...]

Sur Facebook, bien avant la révolution tunisienne, une vie culturelle prolifique s’est déployée malgré un climat littéralement étouffant [...]

Pour les Tunisiens, Facebook a non seulement été leur seul espace de liberté d’expression dans un cadre public et semi public, mais il a aussi été un espace de rencontre avec d’autres personnes, dont ils partagent les goûts et la langue sans partager la nationalité. Il a aussi probablement été une alternative au rêve de l’exil pour les plus jeunes, qui comme tous ceux de cette génération, se prennent à imaginer un monde où des règles si naturelles sur internet auraient cours dans la vraie vie. [...]

Facebook a très profondément structuré la société tunisienne, en grande partie parce qu’il n’y avait rien d’autre pour le faire, et il aura à l’avenir un rôle essentiel dans le développement de cette nation ».

N’oublions point que le siècle des lumières, la révolution française et la révolution industrielle doivent beaucoup à l’impression et à la diffusion en masse d’encyclopédies, de pamphlets et de manuels scientifiques.

En Iran, en Arabie Saoudite, en Egypte, en Côte d’Ivoire et au Zimbabwé, l’irruption des médias sociaux favorise l’émergence de sociétés civiles et soumet les régimes politiques à une pression constante, à de profondes contradictions internes, et ce, malgré leurs résistances tous azimuts. À mesure que la téléphonie mobile et l’internet inonderont l’Afrique et le Moyen-Orient, les autocraties délirantes et leurs multiples mécènes seront régulièrement embusqués par de violentes éruptions populaires.

Charles Bwele

Le blog de Charles Bwele : Electrosphère

Source : Alliance Géostratégique

Wall Street célèbre les profits record

Dans Crise Économique, Crise Financière le 23 janvier 2011 à 16:31

par Tom Eley pour WSWS

« Plus d'une fois, j'ai pensé à Rahm Emanuel qui disait: "Il faut savoir profiter d'une bonne crise", en nous servant de la catastrophe économique croissante pour faire des changements et des sacrifices qui auraient été impossibles dans un autre environnement. » Steven Rattner

Le bilan, publié vendredi, des profits de JPMorgan Chase pour 2010 est devenu l’occasion, pour la ploutocratie américaine, de célébrer le retour du bon vieux temps d’avant le krach de Wall Street de 2008. Jamie Dimon, le PDG de JPMorgan, a résumé les sentiments de l’élite financière lorsqu’il a déclaré que les profits record de la banque étaient la preuve d’une « reprise économique à grande échelle », et ajoutant, « je crois que l’avenir est extrêmement prometteur ».

Que Dimon puisse s’exprimer ainsi au beau milieu de la pire crise sociale depuis la Grande Dépression, sans répercussion au gouvernement ou dans les médias, est une indication de l’immensité du gouffre qui sépare les aristocrates modernes du peuple.

De telles remarques – dans un contexte où le taux de chômage officiel avoisine les 10 pour cent, la pauvreté et la sous-nutrition augmentent rapidement, un nombre record de maisons sont saisies par les banques, la richesse des ménages est ravagée par l’effondrement du prix des maisons, les salaires sont en baisse, les fermetures d’écoles et les coupes dans les services sociaux se répandent à la grandeur du pays – ne peuvent venir que de quelqu’un qui est sait hors de tout doute qu’il a l’administration Obama, les deux partis politiques, le Congrès et toutes les autres institutions officielles dans sa poche.

L’annonce de JPMorgan marquait le début du dévoilement d’une série de rapports financiers qui devraient montrer que 2010 a été une année record pour les banques et les sociétés des États-Unis.

Le géant bancaire a rapporté que ses profits ont augmenté de 48 pour cent par rapport à 2009 et de 47 pour cent lors du quatrième trimestre de 2010 par rapport à la même période l’année précédente. Pour l’année, JPMorgan a fait des bénéfices totalisant 17,4 milliards de dollars, soit l’équivalent du produit intérieur brut de la Bolivie. Sa performance du quatrième trimestre a fait grimper la valeur des actions des autres grandes banques, y compris Bank of America, Citigroup et Wells Fargo, qui devraient publier leurs résultats financiers pour 2010 cette semaine.

Le New York Times a écrit que, « Dans toute la compagnie, les banquiers s’attendent à engranger les bénéfices » de « l’année la plus profitable de l’histoire de JPMorgan ». Des 102 milliards de dollars et plus en revenus, quelque 28,1 milliards de dollars ont été réservés pour les employés et « la plupart seront distribués en bonus ». Les employés de la division des services bancaires d’investissement de JPMorgan ont obtenu un revenu moyen de 370.000 $ en 2010, tandis que les hauts dirigeants « peuvent s’attendre aussi à recevoir des chèques de plusieurs millions de dollars en bonus ».

Les profits records du secteur financier surviennent dans le contexte plus large de la hausse marquée des bénéfices des sociétés, qui auraient selon les analystes augmenté de 27,1 pour cent au quatrième trimestre, soit presque le triple de la croissance médiane des bénéfices depuis 1988. Cela vient s’ajouter à la croissance record des bénéfices rapportée pour les trois premiers trimestres de 2010 (une augmentation de 37, 51 et 92 pour cent respectivement par rapport aux trimestres de l’année précédente).

Pour la très grande majorité de la population, les records à considérer sont bien différents. Le taux de chômage officiel a été supérieur à 9 pour cent pendant 20 mois consécutifs, soit la plus longue durée de ce type depuis la Grande Dépression. Le prix des maisons a chuté de 26 pour cent depuis juin 2006, battant le record de la baisse de 25,9 pour cent qui a eu lieu durant la dépression entre 1928 et 1933. La richesse des ménages a chuté précipitamment, et le taux de pauvreté officiel est aussi élevé qu’il l’était au milieu des années 1960.

Dès le premier jour, la politique de l’administration Obama a été d’utiliser la crise économique pour procéder à une vaste restructuration des rapports de classe en faveur de l’élite financière. En excluant toute mesure sérieuse pour donner du travail aux chômeurs, Obama a supervisé le transfert de milliers de milliards de dollars aux banques, est intervenu pour bloquer la législation limitant les bonus aux banques renflouées à même l’argent des contribuables, et a donné le coup d’envoi d’une campagne de réductions des salaires à travers le pays en imposant une réduction de 50 pour cent des salaires des travailleurs de l’automobile nouvellement embauchés dans le cadre du plan de sauvetage gouvernemental de General Motors et Chrysler.

L’administration a refusé de fournir une aide significative aux États et aux localités ayant de lourds déficits budgétaires dus à la récession, appuyant tacitement les suppressions d’emplois, de salaires et de pensions pour les enseignants et autres employés du secteur public et les coupes sauvages dans les services sociaux.

La Réserve fédérale a maintenu les taux d’intérêt à près de zéro, et a imprimé par voie électronique des centaines de milliards de dollars afin de fournir du crédit pratiquement gratuit aux entreprises puis d’augmenter les bénéfices des sociétés et favoriser les marchés boursiers. Depuis mars 2009, les indices boursiers américains ont grimpé de près de 80 pour cent. Les sociétés américaines ont amassé un magot de plusieurs milliards de dollars grâce aux subventions gouvernementales et à leur propre réduction des coûts, tout en refusant, sans se heurter à une opposition du gouvernement, d’utiliser leur montagne d’argent pour embaucher des travailleurs et accroître la production de base.

Les politiques du gouvernement ont permis aux grandes banques de resserrer leur emprise sur l’économie. Selon les données de la Réserve fédérale, seulement cinq banques, soit Bank of America, JPMorgan Chase, Citigroup, Wells Fargo et Goldman Sachs, contrôlent désormais 8,6 trillions de dollars d’actifs, soit 13,3 pour cent de la totalité des holdings des sociétés financières. Les trois plus grandes banques commerciales contrôlent 33 pour cent de tous les dépôts des États-Unis et plus de la moitié de toutes les commissions sur les prêts hypothécaires.

Dans son livre Overhaul, Steven Rattner, l’initié de Wall Street choisi par Obama pour diriger son Auto Task Force, reconnaît carrément la manipulation de la crise financière de 2008 et 2009. « Plus d’une fois, j’ai pensé à Rahm Emanuel (le chef d’état-major de la Maison-Blanche) qui disait: “Il faut savoir profiter d’une bonne crise”, en nous servant de la catastrophe économique croissante pour faire des changements et des sacrifices qui auraient été impossibles dans un autre environnement », écrit-il.

Les attaques sur la classe ouvrière sont sur le point d’être intensifiées. Les politiques de droite d’Obama ont mené à un fiasco électoral pour le Parti démocrate lors des élections de novembre. Des dizaines de millions d’électeurs jeunes ou de la classe ouvrière, qui avaient voté pour Obama lors des élections de 2008, ne se sont pas rendus aux urnes. La réponse de l’administration a été d’aller encore plus à droite et, au nom d’une politique bipartite, a mené ses politiques propatronales de manière encore plus effrontée.

Les votes étaient à peine comptés que la Commission nationale pour la réforme et la responsabilité fiscale mise en place par Obama proposait des coupures dans l’aide sociale, dans Medicare et Medicaid, des licenciements et des baisses de salaire pour les fonctionnaires du gouvernement et de nouvelles taxes sur les biens de consommation et l’assurance-maladie des salariés – tout cela combiné avec des baisses drastiques dans les impôts payés par les entreprises et sur le revenu des riches.

Obama a ensuite, grâce au 111e Congrès contrôlé par les démocrates, put mettre en ouvre un programme fiscal qui élargissait davantage les baisses d’impôts de la période Bush sur les revenus des Américains les plus riches et qui réduisait radicalement le taux d’imposition sur la propriété immobilière des multimillionnaires. La Maison-Blanche a aussi indiqué qu’elle était prête à mettre de l’avant le programme de la grande entreprise en installant l’ancien secrétaire au commerce de l’administration Clinton et cadre de JPMorgan Chase, William Daley, comme nouveau secrétaire général de la Maison-Blanche.

L’écroulement du système capitaliste fait émerger à la surface de plus en plus en plus clairement les divisions fondamentales de classe dans la société. C’est aux États-Unis que le gouffre entre l’élite dirigeante et les masses de travailleurs est le plus marqué. L’administration Obama, le Congrès, l’establishment de la grande entreprise ou les médias font à peine semblant de s’inquiéter de la souffrance des chômeurs et de la destruction de l’avenir de toute une génération de jeunes de la classe ouvrière et plusieurs de la classe moyenne.

L’administration Obama démontre la banqueroute de toutes les affirmations selon lesquelles des réformes peuvent être obtenues en faisant pression sur le Parti démocrate. Quant aux syndicats, ils ont fonctionné à travers la crise plus que jamais comme des agents des entreprises et du gouvernement, redoublant d’efforts pour supprimer la résistance des travailleurs aux attaques sur leur niveau de vie. L’insolence ouverte et l’indifférence de l’aristocratie financière sont, en elles-mêmes, un indicateur des immenses luttes sociales à venir. La question cruciale est le développement de la direction révolutionnaire et de la perspective nécessaire pour unifier la classe ouvrière et la mobiliser afin de renverser le système de profit et construire le socialisme.

Le Parti de l’égalité socialiste tient une série de conférences publiques en avril pour discuter de la lutte pour le socialisme aujourd’hui. Nous encourageons tous ceux et celles qui voient la nécessité d’une telle lutte à s’inscrire aux conférences et à venir y assister.

Tom Eley

Source : WSWS

Pourquoi les prix de l’uranium explosent sur les marchés (vidéo)

Dans Analyse, Géoéconomie, Géopolitique le 20 janvier 2011 à 19:13

Les prix de l’uranium explosent sur les marchés. Est-ce normal ? Quelles sont les production et consommation mondiales d’uranium pour les centrales nucléaires ? Quels seront les pays gagnants ou perdants ? Qu’est-ce qui peut se passer, si la production d’uranium ne peut pas augmenter aussi vite que les besoins ? Dans un avenir très proche, y aura-t-il assez d’uranium pour satisfaire la demande ou… est-ce que cela se traduira par d’autres guerres de l’énergie comme avec le pétrole et le gaz ?

Michael Dittmar apporte son éclairage.

à lire également sur le même sujet :

- Le nucléaire empêche le développement du renouvelable

- START 3 : Les véritables enjeux de cet accord nucléaire

- La Chine fait main basse sur l’uranium d’Areva au Niger

- De SALT aux ZEAN : 40 ans de désarmement nucléaire

- Apocalypse, année zéro ?

Source : Watts2000

Les manifestations de masses en Tunisie et la perspective de la révolution permanente

Dans Géopolitique le 19 janvier 2011 à 18:24

par le Comité de rédaction du World Socialist Web Site (WSWS)

Les événements de Tunisie marquent un tournant dans les affaires mondiales. Après des décennies de réaction triomphante et de répression de la lutte des classes, le déclenchement des manifestations de masses et la fin des 23 ans de pouvoir répressif de Zine El Abidine Ben Ali signalent l’émergence d’une nouvelle ère de troubles révolutionnaires.

 

« Les conditions sociales qui ont entraîné ces événements en Tunisie prédominent dans tout le Maghreb et dans le Moyen-Orient, et affectent également de plus en plus la classe ouvrière des pays capitalistes avancés, dans un contexte de crise économique mondiale et d'offensive brutale de la part des banques et des multinationales. »

 

Les masses tunisiennes ne sont cependant qu’à la première étape de leur lutte. Comme on le voit déjà clairement avec la poursuite de la violence militaire sous le nouveau président par intérim, la classe ouvrière est confrontée à des risques immenses. La question cruciale d’un programme et d’une direction révolutionnaires n’est pas résolue. Sans le développement d’une direction révolutionnaire, un autre régime autoritaire s’installera inévitablement pour remplacer celui de Ben Ali.

Le déploiement rapide et soudain du mouvement de masse qui a fait tomber Ben Ali est objectivement très significatif. Ce que les puissances occidentales louaient régulièrement comme l’un des régimes arabes les plus stables, un bastion du capitalisme et des intérêts de l’impérialisme américain et européen en Afrique du Nord, s’est révélé en quelques semaines isolé, faible et pourri jusqu’à la moelle.

L’étincelle qui a mis le feu aux poudres sociales qui s’accumulaient depuis longtemps sous la surface de la vie politique a été l’auto-immolation d’un diplômé qui ne parvenait pas à trouver d’emploi stable et avait été privé par les autorités de son maigre moyen de subsistance, la vente de légumes. Cet événement tragique a focalisé la colère de millions de jeunes et de travailleurs concernant le chômage, la pauvreté et l’inégalité sociale généralisés, ainsi que par le despotisme et la corruption de l’élite dirigeante.

Les conditions sociales qui ont entraîné ces événements en Tunisie prédominent dans tout le Maghreb et dans le Moyen-Orient, et affectent également de plus en plus la classe ouvrière des pays capitalistes avancés, dans un contexte de crise économique mondiale et d’offensive brutale de la part des banques et des multinationales.

Il est significatif que les forces islamistes n’aient joué pratiquement aucun rôle dans les manifestations des masses. Ce qui vient sur le devant de la scène partout dans le monde, ce sont les questions sociales fondamentales et de classe qui dominent la vie politique et économique et supplantent toutes les questions secondaires et tertiaires de religion, d’ethnie et de nationalité.

La chute de Ben Ali a causé un choc à la bourgeoisie de la Tunisie et du reste du monde arabe, ainsi qu’aux Américains et à l’impérialisme mondial. Ce qui a été encore plus  inquiétant pour eux est le déclenchement de manifestations massives dans l’Algérie voisine et, plus à l’Est, en Jordanie.

Il est certain que les scènes de dizaines de milliers de travailleurs et de jeunes défiant l’armée et la police pour se répandre dans tout Tunis et exiger la fin de la dictature donnent des sueurs froides aux banquiers et aux spéculateurs de New York, Paris, Francfort et d’autres centres de la finance impérialiste. Quand il est question de corruption et de détournement arbitraire de la richesse, aucune élite dirigeante au monde ne peut égaler celle des États-Unis.

La réponse des États-Unis et de l’Europe aux événements tunisiens a été outrageusement cynique et hypocrite. Toutes les capitales impérialistes étaient parfaitement au courant de la corruption monumentale du régime de Ben Ali.

L’un des facteurs qui a le plus contribué à la propagation des manifestations a été la publication par WikiLeaks de télégrammes diplomatiques de l’ambassade américaine à Tunis décrivant le régime tunisien, en termes cinglants, comme une kleptocratie et une dictature. Le rôle de ces télégrammes dans le déclenchement des troubles sociaux en Tunisie aide à comprendre la réponse hystérique de la classe dirigeante américaine aux révélations de WikiLeaks.

Les États-Unis comme l’Europe ont choisi de subordonner les crimes du régime tunisien à leurs intérêts économiques et géostratégiques. L’Union européenne, et en particulier la France, ex-puissance coloniale, ont établi des liens économiques très forts avec la Tunisie. Les États-Unis avaient augmenté leur aide militaire et politique à la dictature en échange de son soutien à la « guerre contre le terrorisme » de Washington.

Ces relations politiques et militaires exposent les promesses creuses des Américains et des Européens quand ils prétendent défendre les droits de l’homme et la démocratie.

La semaine dernière encore, la ministre des affaires étrangères américaine, Hillary Clinton, déclarait à une chaîne de télévision par satellite arabe que les États-Unis ne  « prendraient pas parti » dans la crise tunisienne. Ce n’est que lorsqu’il est apparu clairement que l’allié de plusieurs dizaines d’années était sur le point de sombrer que le gouvernement américain a changé de discours, affirmant soutenir les manifestants et faisant la morale au régime à cause de sa violence excessive.

L’attitude véritable de la classe dirigeante américaine envers le mouvement des masses tunisiennes est une hostilité implacable, comme l’indique un commentaire de Jackson Diehl, membre du comité de rédaction du Washington Post, vendredi, « La menace la plus imminente qui pèse sur les intérêts américains au Moyen-Orient, n’est cependant pas la guerre, mais la révolution. »

Il ajoute : « La violence a déjà migré vers l’Algérie et les spéculations vont bon train dans les médias arabes quant à savoir où apparaîtra le prochain “scénario tunisien” : en Égypte ? en Jordanie ? en Libye ? Tous ces pays sont menacés par l’augmentation rapide des cours mondiaux de la nourriture et du carburant ; les Nations unies ont prévenu la semaine dernière d’un “Choc des prix des denrées alimentaires. »

Les événements de la semaine dernière en Tunisie ont une fois de plus révélé l’immense pouvoir social et potentiel révolutionnaire de la classe ouvrière. Mais la faiblesse cruciale du mouvement de masse tient à l’absence d’une perspective, d’un programme et d’une direction révolutionnaires clairs.

Cela permet à la bourgeoisie locale et à ses soutiens impérialistes de se regrouper et de forger de nouveaux moyens d’écraser l’opposition et de défendre le capitalisme tunisien. Le départ de Ben Ali ayant enlevé la cible la plus directe de la colère populaire, le régime tunisien est déjà en train de mener la contre-offensive. Sous couvert de « gouvernement d’unité » et d’élections à venir, l’état d’urgence et le couvre-feu restent en place et la police et l’armée continuent à abattre et arrêter les opposants au régime.

L’émergence d’une lutte révolutionnaire rend encore plus critique la question de la conscience, de la perspective et du programme politiques. L’histoire de la Tunisie et de tout le Moyen-Orient donne une confirmation éclatante de la stratégie révolutionnaire mondiale élaborée par Trotsky et la Quatrième Internationale sur la base de la perspective de la révolution mondiale.

Comme l’a expliqué Trotsky, en opposition au Stalinisme, à la sociale-démocratie et au nationalisme bourgeois, à l’ère de l’impérialisme, la bourgeoisie des pays ayant un développement capitaliste retardé est incapable de mener à bien les tâches de la révolution démocratique. Faible et dépendante, entravée par des liens innombrables avec l’impérialisme étranger et les forces féodales locales, la bourgeoisie de pays comme la Tunisie est mille fois plus craintive et hostile envers la force révolutionnaire de la classe ouvrière qu’elle ne l’est envers l’impérialisme.

L’histoire de la Tunisie depuis son indépendance en 1957 (26 mars 1956, ndlr) est un exemple classique de la justesse de ce diagnostic historique. La bourgeoisie nationale a dirigé le pays d’une main de fer, imposant la pauvreté aux masses tout en ouvrant l’économie tunisienne à l’exploitation des banques impérialistes et des multinationales. C’est tout aussi vrai de l’Algérie, où le Front de libération nationale, qui avait mené la lutte anti-coloniale dans les années 1960, s’en prends aujourd’hui aux travailleurs qui manifestent et impose une politique “libérale” au bénéfice de l’élite dirigeante corrompue et des banques et multinationales étrangères.

Les divers mouvements nationalistes, y compris ceux qui se présentaient par le passé comme quasi-socialistes, collaborent aujourd’hui avec l’impérialisme pour opprimer leur propre peuple. Ni le Ba’athisme, ni le Nassérisme, ni l’Organisation de libération de la Palestine ni la variante libyenne n’ont été capables d’apporter une réponse aux problèmes d’une authentique indépendance de l’impérialisme, du chômage, de la pauvreté et de l’arriération économique.

La réponse de la Ligue arabe aux événements de Tunisie a été d’appeler au « calme » et à la « stabilité » – c’est à dire à la fin du mouvement de masse. Kadhafi en Libye a ouvertement défendu Ben Ali contre les manifestants et mis en garde contre une nouvelle révolution bolchevique.

Les appels à une prétendue « révolution démocratique » – mis en avant sous diverses formes par des groupes pseudo-gauches européens – sont une impasse. Ils veulent que les travailleurs fassent pression sur le régime pour qu’il accorde plus d’influence aux partis de l’opposition officielle et aux syndicats. Cependant, aucune de ces organisations n’a cherché à monter une lutte contre le régime ou contre sa politique de droite. L’Union générale tunisienne du travail (UGTT), qui soutenait Ben Ali dans les deux dernières élections présidentielles, a officiellement approuvé ses “réformes” libérales.

Le seul programme viable pour la classe ouvrière et les masses opprimées de Tunisie de l’ensemble du Maghreb et du Moyen-Orient est le programme mis en avant par le Comité international de la Quatrième Internationale pour une révolution socialiste. Ce n’est que par la lutte indépendante de la classe ouvrière, conduisant toutes les sections opprimées de la société contre la bourgeoisie locale et l’impérialisme, que les droits démocratiques et sociaux peuvent être gagnés et que l’égalité sociale peut être établie comme fondement de la vie politique.

Cette lutte ne peut être conduite simplement à l’échelle nationale. Des partis trotskystes doivent être construits dans toute l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient pour unifier les masses travailleuses sous la bannière des États socialistes unis du Moyen-Orient et du Maghreb, faisant partie de la révolution socialiste mondiale.

Cette lutte doit être consciemment reliée aux luttes montantes des travailleurs des pays capitalistes avancés dont beaucoup comptent de larges populations de travailleurs arabes d’Afrique du nord et du Moyen-Orient.

Ce n’est que sur cette base internationaliste que les divisions entre religions, nationalités et ethnies – sans cesse agitées par l’impérialisme et la bourgeoisie – pourront être dépassées et que la puissance sociale de la classe ouvrière pourra être mobilisée pour mettre fin à la domination impérialiste.

Le CIQI a créé le World Socialist Web Site pour servir d’organe quotidien afin de rendre compte des développements politiques sur toute la planète et de les analyser pour fournir la perspective nécessaire aux luttes de la classe ouvrière internationale. Nous lançons un appel aux lecteurs du WSWS en Tunisie et dans tout le Moyen-Orient pour qu’ils nous contactent. Nous appelons tous ceux qui cherchent à mettre fin à la dictature et à l’exploitation en Tunisie et dans toute la région à engager la lutte pour la création de sections du Comité international de la quatrième Internationale.

le Comité de rédaction du World Socialist Web Site

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Source : WSWS

Jacques Attali prédit la révolution en France (vidéo)

Dans Analyse, Géopolitique le 15 janvier 2011 à 17:35

Lors d’une Conversation d’avenirs (1-12-2010) avec la journaliste Stéphanie Bonvicini, Jacques Attali livre ses réflexions sur l’avenir d’un pays, d’une industrie, d’une ressource, d’un conflit , d’un comportement, d’une culture.

Quelles seront les forces et les faiblesses de la France à l’avenir ? Sa démographie, son économie, sa classe politique, son rayonnement à l’étranger, sa jeunesse, ses villes, ses femmes, sa culture, sa gastronomie, ses ressources naturelles, scientifiques, technologiques, intellectuelles… ?

Source : Public Sénat

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