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Sarkozy : « L’Europe doit être plus ambitieuse. » La France à l’avant-garde de la lutte anti-terrorisme

Dans France, Nicolas Sarkozy le 31 août 2010 à 11:07

par Nicolas Gros-Verheyde pour Bruxelles2

Le discours aux ambassadeurs de Nicolas Sarkozy, cru 2010, était un discours d’offensive à l’international. Sarkozy s’est voulu largement ambitieux pour l’Europe, estimant qu’elle devait cesser d’être « naïve » et devenir une « puissance économique globale », appelant même à ce qu’elle utilise au besoin ses armes économiques. Il s’est voulu explicatif sur l’Afghanistan (nous y resterons « aussi longtemps qu’il faudra »), offensif sur l’Iran, décrit comme un ennemi. Mais, surtout, il a voulu placer dans la France à l’avant-garde de la lutte anti-terroriste mondiale, dans une posture très Georges Bush 2001.

« La France est prête à s’engager sur des projets concrets » après avoir imposé le Traité au Lisbonne aux Français, expulsé tous les Roms, augmenter l'âge des retraites...

Une ambition pour une Europe, puissance globale

L’Europe doit cesser d’être naïve…

Pour Nicolas Sarkozy, l’Europe est encore trop gentille et fluette dans ses relations internationales. « Avec 500 millions de citoyens et une puissance économique qui représente 30 % du PIB mondial, plus de 35 % du total mondial des investissements directs à l’étranger et même près de 60 % du total de l’aide publique au développement, l’Union européenne a en mains les cartes nécessaires pour s’imposer comme une puissance économique globale. (…) Nous n’avons aucun complexe à avoir. Mais n’hésitons pas à jouer de cela, avec exigence et avec fermeté pour nous ouvrir des marchés jusqu’à présent trop fermés ! » Et le président de ne pas hésiter à « dénonce(r) une certaine naïveté européenne dans les relations commerciales ».

… et utiliser les armes économiques

« N’hésitons pas à nous battre pour imposer le respect des règles d’une concurrence loyale ! Ce n’est pas du protectionnisme. » plaide-t-il. « N’hésitons pas à combattre le dumping fiscal, le dumping social et le dumping environnemental ! On ne peut pas continuer à imposer à nos industriels et à nos agriculteurs des règles, qui s’imposent à ceux qui produisent en Europe, et dont l’on exonèrerait à ceux qui produisent hors d’Europe, puisque l’on continuerait à importer des produits fabriqués sans respecter aucune règle sociale et aucune règle environnementale. Dire cela ce n’est pas porter atteinte à la liberté du commerce, c’est simplement demander à l’Europe d’engager ses négociations commerciales avec moins de naïveté. »

Une Europe de la défense calibrée sur les défis nouveaux

« L’Europe ne peut pas en rester aux seules questions économiques, quelle que soit leur importance » tempête-t-il. « Il y a toutes les questions de sécurité et de défense. On ne défendra pas l’Europe avec des murailles de procédures et des bataillons en papier ». Et de presser les Européens à prendre la mesure des défis nouveaux : la sécurité des mers, de l’espace et du cyber-espace. « Face aux menaces contre nos intérêts vitaux, nous avons la dissuasion nucléaire. Mais face aux défis nouveaux, les Européens prennent du retard, alors qu’il leur faut aussi participer à la sécurité des mers, essentielle pour notre commerce, à la sécurité de l’espace et, désormais, du cyber-espace. »

Des projets-franco-britanniques à venir

On peut remarquer qu’aucun projet concret n’est esquissé. « La France est prête à s’engager sur des projets concrets » note le président simplement. Et si propositions il y a c’est tout autant en bilatéral qu’au niveau de l’UE. « J’ai entendu les déclarations de nos alliés britanniques sur la coopération bilatérale avec la France. Nous en discuterons avec eux sans tabou et nous prendrons des décisions importantes en novembre lors du prochain Sommet franco-britannique. »

Un accord avec la Russie

Avec la Russie, précise Sarkozy, il y a des « intérêts communs (à) développer ». Là encore, la France entend être motrice. Elle « fera dès le mois prochain (NB: septembre) des propositions précises concernant les rapports de la Russie avec l’Union européenne et avec l’OTAN, ou dans le cadre de l’OSCE qui tiendra son sommet début décembre à Astana. »

Dégraisser l’OTAN

Sur l’OTAN, le dégraissage du mammouth (comme aurait dit Allègre quand il parlait de l’Education nationale) s’avère une tâche prioritaire : « Il faudra réformer nos structures, les dégraisser, les adapter à la nouvelle donne internationale ». Mais le président ne précise pas outre-mesure les relations avec l’UE : « Les nouvelles menaces appellent une relation renouvelée et plus étroite de l’OTAN avec l’Union européenne. »

La France reprend le flambeau de la lutte anti-terroriste

Un arc de crise du Pakistan au Sahel

Le président français décrit ainsi un « arc de crise qui s’étend des frontières du Pakistan aux confins du Sahel, en passant naturellement par l’Iran et le Proche-Orient ». Un arc qui ressemble furieusement à la théorie américaine de l’arc de crises évoqué par Zbigniew Brzezinski en 1978 (lire le Times de 1979), repris par Georges Bush dans son « axe du mal » puis un axe du terrorisme et dans le plan développé par le Pentagone en 2004 visant à disposer de bases autour d’un « arc de crises ».  Les mêmes mots, les mêmes pays sont ainsi décrits.

« La lutte contre le terrorisme demeure une priorité absolument majeure – explique le président. Toutes les analyses confirment que, depuis 2001, la capacité d’Al Qaïda de lancer des attaques dévastatrices contre les pays occidentaux a été fortement réduite. En revanche, Al Qaïda et ceux qui s’en réclament ont accru leur emprise dans certains Etats, dans un arc qui va du Pakistan au Mali. Chaque pays fait face à une situation spécifique. Il n’y a pas aujourd’hui de coordination opérationnelle entre les groupes qui agissent d’un bout à l’autre de cet arc de crise. Mais si la situation devait se dégrader, le risque serait immense de voir apparaître une chaîne continue liant les bases terroristes de Quetta et du Sud-afghan à celles du Yémen, à celles de la Somalie et à celles du Sahel. Il y a là une véritable préoccupation d’un arc de crise du terrorisme. »

La France prend le relais de la lutte anti-terroriste

Voilà pour l’analyse. Coté action, Nicolas Sarkozy promet toute son  aide « sans réserve » aux «gouvernements qui lui en font la demande à former, équiper, renseigner les forces mobiles dont ils ont besoin pour éliminer des groupes qui menacent de déstabilisation tout le Sahel ». Evoquant l’Algérie, le Maroc,  la Tunisie et la Libye, il ajoute : « leur combat contre le terrorisme est le nôtre, car leur sécurité ne peut être séparée de la nôtre ».

Nicolas Sarkozy a aussi promis « accentuer son effort en Somalie, en réponse aux demandes de l’Union africaine ». Car « La victoire (des milices islamistes des Shebab) à Mogadiscio transformait la Somalie en base de départ d’Al Qaïda, ce serait une catastrophe. Cela achèverait de déstabiliser toute une région déjà fragilisée par les déchirements du Soudan. »

Un ennemi : l’Iran

Mais l’ennemi, « au cœur de cet arc de crise », est connu, c’est « l’Iran ». Un Iran (qui) « alimente la violence et l’extrémisme dans la région et représente aujourd’hui la principale menace à la sécurité internationale dans un domaine majeur qui est celui de la prolifération ». Et Sarkozy de prévenir. « Si un accord crédible ne pouvait être conclu (sur le nucléaire), alors l’isolement de l’Iran s’accroîtrait inexorablement et face à une menace qui se préciserait, il faudrait aussi nous organiser pour protéger et défendre les Etats qui se sentiraient menacés. »

Au passage, Sarkozy endosse le cas Sakineh comme celui de la France, “la France considère qu’elle en a la responsabilité“.

En Afghanistan, chacun doit assumer ses responsabilités

Foin de « catastrophisme » en Afghanistan, le président veut remettre les choses à leur place : les Talibans « forts dans le Sud et dans l’Est », le « reste du pays (sans) violences majeures ». Cela semble un tantinet optimiste… En tout cas, le chef des Armées réaffirme : « La France restera engagée en Afghanistan, avec ses alliés, aussi longtemps que nécessaire et aussi longtemps que le souhaitera le peuple afghan. » Mais il dresse aussi un avertissement : chacun doit « assumer pleinement ses responsabilités ».

Il dresse ainsi la feuille de route des « alliés » : 1) « défendre les Afghans dans les régions où les Talibans menacent », 2) « former des forces de sécurité afghanes aptes à combattre par elles-mêmes », 3) « apporter à la population une aide civile adaptée à ses véritables besoins ». « Ce que la France fait dans sa zone de responsabilité, Kapisa et Surobi » ajoute-t-il. Autrement dit, à chacun de faire pareil.

Le gouvernement afghan, de son coté, « doit améliorer la gouvernance du pays, combattre la corruption, combattre la drogue et sans doute proposer la réconciliation à ceux qui renoncent à la violence et coupent tout lien avec Al Qaïda en respectant les institutions afghanes, (enfin) se préparer sérieusement à prendre en charge la sécurité des provinces et districts (…) jugés assez stables ».

Quant au Pakistan, il doit « vaincre le terrorisme chez lui » et avoir « moins (…) d’ambigüité sur l’engagement des forces pakistanaises contre le terrorisme ».

Une 2e conférence sur l’aide à la Palestine

Souhaitant se réinsérer dans le jeu du Moyen-Orient, dont pour l’instant la France est exclue, et où l’Europe joue un rôle mineur, Sarkozy estime que « Un accord de paix, dont tout le monde connaît les paramètres, peut être signé dans le délai d’un an » et propose d’accueillir la 2e conférence d’aide au peuple palestinien à Paris « pour financer l’achèvement de la construction de l’économie et des structures du futur Etat » et d’organiser le deuxième sommet de l’Union pour la Méditerranée à Barcelone fin novembre.

Voir le discours

Source : Bruxelles2

Mauvais réveil pour l’Occident ? (vidéo)

Dans Economie le 30 août 2010 à 23:51

L’essoufflement des divers plans économiques avec l’argent public pour “tenter” de mettre un terme à la crise financière a commencé à se manifester et certaines agences de notation n’osent plus le cacher. La reprise était-elle un coup de bluff ? Après la grave crise de l’euro qui n’est pas encore terminée avec la discipline budgétaire qui sera imposée à l’ensemble des pays de l’UE, la fin de la crise du dollar provoquera-t-elle la transformation de la crise financière en krach ? Brève analyse d’Hervé Juvin sur la situation économique en cette rentrée de septembre 2010.

Source : Realpolitik.tv

Deux minutes avant minuit ?

Dans Géopolitique, Géostratégie le 29 août 2010 à 01:44

par Tony Karon pour TomDispatch

Coupure à travers le pseudo débat des médias sur les aventures de la bombe iranienne.

Barack H. Obama cédera-t-il au chantage d'Israël ?

La marche de l’Amérique dans la désastreuse guerre en Irak a commencé dans les médias, où une invasion d’un pays arabe par les Etats-Unis non provoqué a été présentée comme une option politique légitime, puis débattue comme étant une option prudente et nécessaire. Maintenant, une propagande similaire des médias sur l’Iran gagne de l’élan.

Le mois dernier, Joe Klein, éditeur du Time, a été averti que des sources au sein de l’administration Obama ont raconté que le bombardement des installations nucléaires iraniennes était de « retour sur la table ». Dans une interview sur CNN, l’ancien directeur de la CIA, l’amiral Mike Hayden, a parlé d’une dynamique confrontation « inexorable », en prétendant que le bombardement était une option plus viable pour l’administration Obama qu’elle ne l’avait été sous George W. Bush. Le plat de résistance dans le roulement de tambour d’alertes à la bombe iranienne, est, toutefois, venue d’un article, « The Point of No-Return », de Jeffrey Goldberg mise en ligne sur le site de l’Atlantic Monthly. Goldberg est un influent journaliste dans les cercles pro-israéliens aux Etats-Unis, ayant également accès aux coulisses du pouvoir d’Israël. Parce que les sanctions ont été peu efficaces pour forcer à nouveau l’Iran à mettre un terme à son projet d’enrichissement d’uranium, Goldberg a invité les lecteurs à croire qu’il y avait plus d’une chance pour qu’Israël lance une attaque militaire contre l’Iran d’ici l’été prochain.

Son article, qui a suscité un débat considérable dans la blogosphère et dans les médias traditionnels, était certainement un article particulier. Après tout, malgré le ton dramatique qu’il a déployé, y compris des vives descriptions sur le plan de bataille israélien, et sa tendance à peindre l’Iran comme un nouveau Auschwitz, il a également précisé que bon nombre de ses principales sources israéliennes estiment que l’Iran pourrait lancer des armes nucléaires contre Israël, seulement si elle les a acquises.

Néanmoins, Goldberg averti, qu’en cas d’absence prochaine d’un abandon iranien, Israël voudrait quand même lancer cette guerre pour l’été 2011 et, à son tour, aurait la garantie de plonger la région dans le chaos. Le message : l’administration Obama devrait mieux en faire plus pour faire face à l’Iran ou Israël agira comme un fou.

Ce n’est pas perdu pour bon nombre de ses détracteurs progressives que, lorsqu’il est venu soutenir une éventuelle invasion de l’Irak en 2002, Goldberg s’est avéré être efficace dans le lobbying de l’Amérique libérale, en particulier par l’intermédiaire de ses rapports de « preuve » des liaisons de Saddam Hussein et Al-Qaïda. Tandis que maintenant, il se présente lui-même comme un interlocuteur qui n’a aucun point de vue. Dans son récent article de l’Atlantic Monthly, il professait une « profonde ambivalence paralysante » sur la question d’une attaque militaire sur l’Iran et par la suite, dans les entrevues à la radio, il a prétendu être « personnellement opposé » à une action militaire.

Faut-il toujours considérer les Etats-Unis comme le gendarme du monde ?

Son article, cependant, est opportunément ignoré sur certaines incohérences évidentes à ce que ses sources israéliennes lui ont révélé. En outre, il exclue des perspectives de dirigeants israéliens qui pourraient contester son récit dans lequel l’État juif sent qu’il y a plus aucune autre alternative au lancement d’une chevaleresque attaque militaire. Une telle attaque, comme il l’a présentée, pourrait limité l’espoir de faire plus que brièvement suspendre le programme nucléaire iranien, peut-être à un coût catastrophique, et ainsi, les dirigeants israéliens agiraient uniquement de la sorte parce qu’ils croient que les « goyim » ne souhaitent plus empêcher un autre Auschwitz. Ou comme mon ami Paul Woodward, rédacteur en chef du site War in Context, résume si brillamment le message israélien à l’Amérique : « Vous devez faire ce qui nous est impossible, car si vous ne le faites pas, nous le ferons. »

Goldberg insiste sur le fait qu’il est simplement l’instigateur d’un débat sur la façon de contrer l’Iran et que ce débat est déjà en cours sur ses conditions – c’est-à-dire, comme son prédécent article sur la guerre en Irak, selon un sens fabriqué de la crise et des termes arbitraires.

Vendredi dernier, le New York Times a rapporté que l’administration Obama avait convaincu Israël qu’il était inutile de se précipiter sur la question. Si l’Iran décide de construire une arme nucléaire (ce que l’Iran n’a pas fait), il devrait, d’après ce que les officiels de l’administration ont souligné, rapidement exprimé ses intentions claires en expulsant les inspecteurs de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) qui surveillent régulièrement ses activités nucléaires et quitter le Traité de Non-Prolifération (TNP). Après cela, il faudrait encore une autre année ou plus pour assembler sa première arme.

En d’autres termes, en dépit de l’horaire hystérique des deux minutes avant minuit de Goldberg, il n’y a aucune urgence que ce soit de débattre d’une action militaire contre l’Iran. Et puis, bien entendu, se pose la question des lieux à bombarder ou non dans les prémisses de guerre. Peut-être, après toutes ces années d’obsessionnelle manie nucléaire de l’Iran, c’est trop demander un moment de tranquillité d’esprit sur la question de l’Iran et de la bombe. Si, toutefois, nous n’avons plus que quelques années pour penser cela, commencons par poser trois questions cruciales, dont chacune d’entre-elles préfèreraient-elles être à éviter ou à ignorer par nos débatteurs ?

1. Est-ce que les États-Unis ont-il le droit de lancer des guerres d’agression, sans provocation, au mépris du droit international et d’un consensus international, simplement sur la base de ses propres soupçons sur les intentions futures d’un autre pays ?

Ou pour le dire crûment, comme les anciens employés du Conseil de Sécurité Nationale Flint Leverett et Hillary Mann Leverett l’ont dit : est-ce que les États-Unis ont le droit d’attaquer l’Iran car il enrichit de l’uranium ?

L’idée que les États-Unis aient le droit de prendre une telle démarche catastrophique basée sur les imaginations délirantes bibliquement inspirées par les extrémistes israéliens – Goldberg a déjà suggéré que le Premier ministre Netanyahou croit que l’Iran est la réincarnation des Amalécites selon les récits bibliques, ennemis mortels des anciens Hébreux qui les frapperaient – ou simplement pour conserver un monopole israélien sur la force nucléaire au Moyen-Orient est aussi bizarre comme téméraire. Même débattre de la possibilité de lancer une attaque militaire sur les installations nucléaires iraniennes comme une question de politique rationnelle, en l’absence de toute agression iranienne ou même de preuves solides que les dirigeants iraniens ont l’intention de mener leur propre version de guerre agressive, donne une respectabilité justifiée à ce qui devrait autrement être considérée comme des étapes au-delà des limites d’une discussion rationnelle de la politique étrangère.

Peut-être que quelqu’un dans notre serre chaude de médias pourrait prendre un instant pour demander pourquoi, en dehors des États-Unis et Israël, il n’y a aucun support – nada, zéro, que dalle – pour une action militaire contre l’Iran (vous remarquerez ici que les considérations de Bernard Kouchner ne sont pas prises en compte par l’auteur de l’article, ndt). Dans le monde de Goldberg, ce n’est peut-être rien de plus que la bête éternelle de l’antisémitisme élevant encore sa tête insupportable sous la forme de mépris pour la montée des Amalek, des Haman, des Torquemada, des Hitler. Une lecture plus sobre de la situation internationale suggère, toutefois, que la majeure partie de la communauté internationale ne partage tout simplement pas une vue alarmiste que le programme nucléaire iranien représente.

En effet, il est remarquable que, dans le monde de Goldberg, les arabes et les Iraniens ne parlent jamais. Les arabes, nous dit-on, souhaitent secrètement qu’Israël ou les États-Unis bombardent les installations nucléaires de l’Iran de peur que l’acquisition d’armes nucléaires enhardisent leurs rivaux persans. Ils sont, telle que l’histoire la raconte, tout simplement pas capable de le dire en public. Bien entendu, lorsque les dirigeants arabes expriment publiquement leur opposition à l’idée d’une autre guerre lancée au Moyen-Orient, elles sont ignorées dans le débat de Goldberg.

Extrait de l’interview du roi Abdallah II de Jordanie par Fareed Zakaria :

Roi Abdallah II : J’ai toujours dit que revenir sur la question principale est le problème israélo-palestinien, car toutes les routes dans notre partie du monde, tous les conflits conduisent à Jérusalem.

Aujourd’hui, l’Iran est mise elle-même comme les défenseurs de la cause palestinienne. Il y a plusieurs jours, Oussama ben Laden dans son message enregistrée aux États-Unis a à nouveau souligné la souffrance des Palestiniens. C’est l’injustice envers le peuple palestinien qui permettent à d’autres acteurs des Etats et des acteurs non étatiques à assumer le rôle d’être les défenseurs des Palestiniens.

Si nous résolvons ce problème, je pense que nous pourrons commencer à détendre tous les autres points de pression à l’intérieur du Moyen-Orient.

Fareed Zakaria : Mais vous en Jordanie, pouvez-vous vivre avec un Iran doté d’une arme nucléaire ?

Roi Abdallah II : Si nous résolvons le problème israélo-palestinien, pourquoi les Iraniens voudraient dépenser autant d’argent sur un programme militaire ? Cela n’a aucun sens.

Je veux dire, le pays a des défis sociaux. Il a des défis économiques. Pourquoi distribuer une enveloppe dans l’obtention d’un programme militaire ? Pour quelle raison ? Si vous permettez de résoudre le problème [israélo-palestinien], vous n’avez pas besoin de poursuivre ce chemin.

Fareed Zakaria : Personnes à Washington n’écoutent ce que vous dites, « ils sont fixés sur l’Iran ».

Roi Abdallah II : Le Président Obama a dit quelque chose qui était très, très critique sur l’avenir du Moyen-Orient. Il a dit que, pour la première fois – et je pense qu’il devrait se passer de nombreuses décennies – que l’Amérique veut voir une résolution du conflit israélo-palestinien, parce qu’il est dans l’intérêt vital de la sécurité nationale des États-Unis.

Combien de temps encore, combien de massacres encore avant la fin de l'impunité d'Israël ?

De même, leur rejet par Washington que la sécurité spéciale d’Israël doit être exemptée de toute discussion dans la création d’un Moyen-Orient dénucléarisé reste en dehors des limites de l’histoire du débat sur l’Iran. Et ne vous attendez pas à voir une quelconque mention de l’enquête annuelle sur l’opinion publique arabe de l’Université du Maryland faisant autorité. Après tout, elle a récemment signalé que, contrairement aux affirmations d’un monde arabe tremblant sous la menace du nucléaire iranien, 57 % de l’opinion publique arabe pense actuellement qu’une arme nucléaire iranienne serait une bonne chose pour le Moyen-Orient !

L’idée que le régime iranien puisse exister pour n’importe quelle autre raison que pour détruire Israël est largement ignorée évidemment. Assez bizarrement, les Iraniens ne participent effectivement pas beaucoup au débat américain (au-delà des citations des déclarations à la « Mad Mullah » par certains dirigeants iraniens qui souhaitent qu’Israël disparaîtrait). La relation entre Israël et la République islamique, longue, nuancée comme expliqué par Trita Parsi, auteur de « Treacherous Alliance : The Secret Dealings of Israel, Iran, and the United States », est tout simplement ignoré. De plus, c’est dans chacune des indications données par les dirigeants iraniens qu’ils disent n’avoir aucune intention d’attaquer Israël ou tout autre pays. En fait, dans le débat de Goldberg, la politique intérieure des États-Unis et d’Israël est comprise comme un facteur important des futures décisions ; l’Iran, avec le Mouvement Vert (opposition iranienne dirigée par les candidats à l’élection présidentielle de 2009 Mir Hossein Moussavi et Hojjat ol-Eslam Mehdi Karoubi qui est issue de la révolution colorée, ndt) actuellement supprimé, est réputé ne posséder aucune politique intérieure à tous les niveaux, uniquement des mauvais mollahs.

2. Même si l’Iran était en train d’acquérir les moyens de construire une arme nucléaire, est-ce que cela deviendrait une raison légitime ou prudente pour lancer une guerre ?

Si l’Iran poursuit réellement la capacité de construire des armes nucléaires, ses dirigeants pourraient être alors en réponse à un environnement stratégique dans lequel deux de ses principaux adversaires, les États-Unis et Israël, et deux de ses « tantôt amis, tantôt adversaires », la Russie et le Pakistan, ont des arsenaux nucléaires substantielles. Par tous les comptes sobres, le niveau de sécurisation de l’Iran est principalement axé sur la survie de son régime. Certains officiels militaires et du renseignement israéliens ont été cités dans les médias d’Israël disant que la motivation de l’Iran dans la recherche d’une arme nucléaire serait principalement en vue d’une menace d’intervention états-unienne visant le changement du régime.

La plupart des États ne recherchent pas des systèmes d’armes comme une fin en soi, et la plupart des États hiérarchisent leur propre survie. C’est à cette fin qu’ils acquièrent des systèmes d’armes – à protéger, améliorer ou faire progresser leur propre position stratégique, ou jusqu’à se donner une chance contre de plus puissants rivaux. En d’autres termes, les conflits pour le combustible des armes nucléaires sont plus dangereux que les armes elles-mêmes, et le problème de ces armes ne peut être résolu séparément de ces conflits.

Un Iran qui serait bombardé afin de détruire son programme nucléaire émergera probablement avec de l’expérience beaucoup plus dangereuse pour les États-Unis et leurs alliés dans les décennies à venir que d’un Iran qui avait des armes nucléaires à portée de main. Le seul moyen de diminuer le risque d’une escalade dans la confrontation avec l’Iran est à régler directement le conflit entre Téhéran et ses rivaux et à chercher un modus vivendi qui géreraient leurs intérêts conflictuels.

Malheureusement, un tel dialogue entre Washington et Téhéran a à peine commencé, même si, au milieu des avertissements alarmistes, Goldberg et autres insistent que ce dialogue soit réduit afin d’éviter que les Iraniens « jouent sur le temps ».

3. Est-ce que l’Iran développe réellement des armes nucléaires ?

Non. C’est la conclusion de la CIA, de l’AIEA dont les inspecteurs sont à l’intérieur des installations nucléaires iraniennes et de la plupart des agences de renseignement du monde, y compris les Israéliens. Le renseignement états-unien croit premièrement que l’Iran utilise un programme nucléaire civil pour assembler une grande partie de l’infrastructure qui pourrait, à l’avenir, être utilisée pour créer une bombe, et deuxièmement que l’Iran puisse également poursuivre les travaux théoriques sur la conception d’une telle arme.

Les grandes puissances pèsent-elles réellement les graves conséquences régionales et mondiales en cas de bombardement de la centrale nucléaire de Bushehr ? En d'autres termes, est-ce que le jeu en vaut la chandelle ?

Toutefois, les spectres de Washington et de son établissement de défense ne pensent pas que l’Iran développe actuellement des armes nucléaires, ni que son leadership a pris la décision ultime de le faire. En fait, le consensus semble être que les matières nucléaires iraniennes ne seront pas utilisées à des fins militaires, mais qu’ils s’arrêteront à ras de la « breakout capacity » – l’habilité, également disponible, par exemple, au Japon, à s’activer relativement rapidement pour construire une telle arme. Actuellement, selon le New York Times qui le rapporte, le délai pour les « breakouts », si tout s’est bien passé (et cela ne se peut pas), serait d’environ un an, après laquelle l’Iran aurait suffisamment de matière fissile pour une bombe. (Les Israéliens, par comparaison, auraient 200 à 400 armes nucléaires dans leur programme non déclaré, les Pakistanais entre 70 et 90 et les États-Unis plus de 5000). En outre, une force de dissuasion nucléaire crédible nécessiterait la production de pas une, pas deux bombes, mais d’un certain nombre, qui permettrait d’être testées.

Pour l’ex-directeur de la CIA, Hayden, une telle « breakout capacity » serait « comme un facteur de déstabilisation leur permettant effectivement d’avoir une arme ». C’est un bond logique qui est difficile à supporter, sauf si vous pensez qu’il est utile de lancer une guerre pour empêcher l’Iran, au pire, d’acquérir un atout défensif qui pourrait empêcher de l’attaquer.

Les activités d’enrichissement de l’Iran sont, bien entendu, une violation des résolutions du Conseil de Sécurité des Nations-Unies assorties de sanctions. Celles qui ont été imposées pour demander à l’Iran de suspendre son programme d’enrichissement jusqu’à ce qu’il ait satisfait concernent les préoccupations soulevées par les inspecteurs de l’AIEA sur sa conformité avec les exigences de divulgation et de transparence du TNP – surtout lorsque l’Iran est venu aux aspects de son programme, qui ont été développés en secret, soulevant des soupçons sur leur utilisation ultérieure.

Trois ans avant d’avoir été en mesure de tester une arme nucléaire, la Corée du Nord s’était retirée du TNP et avait expulsé les inspecteurs de l’AIEA. L’Iran demeure toujours dans le traité. Alors même que l’engrenage sur son programme nucléaire continue, des efforts renouvelés sont déployés pour négocier un accord de confiance afin d’échanger l’uranium enrichi iranien contre des barres de combustible produites en dehors du pays pour alimenter un réacteur de Téhéran qui produit des isotopes médicaux.

Rien de tout cela sera facile, bien entendu. Les deux principaux partis tentent d’imposer leurs propres conditions, mutuellement exclusives sur toute affaire : Washington veut que l’Iran renonce à son droit garanti par le TNP d’enrichir son propre uranium parce que cela signifie également le potentiel de produire du matériel pour créer la bombe ; l’Iran n’a aucune intention de renoncer à ce droit. Des piliers de longue date de la sobriété de la politique étrangère comme le sénateur John Kerry et Colin Powell, ancien président du Comité des chefs d’États-majors interarmées et secrétaire d’Etat, ont publiquement estimé que la position états-unienne est intenable.

Suggérer que l’actuel programme nucléaire iranien représente la sécurité équivalente à une horloge cochant jusqu’à minuit est calculée avec une hystérie qui ne porte aucun rapport avec la réalité. Ah, dit Goldberg, mais le point est que les Israéliens pense que c’est le cas. Oui, rétorque l’ancien analyste de l’Iran du Conseil de Sécurité Nationale Gary Sick, maintenant à l’Université de Columbia, mais les Israéliens et certains Américains ont revendiqué que l’Iran était juste à quelques années de posséder une arme nucléaire depuis 1992.

Les prémisses du débat seulement initiées par l’article de Goldberg sont manifestement fausses. Plus important, elles sont remarquablement dangereuses, depuis qu’il a sauté les trois questions fondamentales énoncées ci-dessus et passé directement à l’argumentation du cas de la guerre au milieu de visions d’anéantissement. Cette campagne de panique n’est pas une invention de Goldberg. Elle est avec nous depuis longtemps. Goldberg est simplement le véhicule présent pour une conversation américaine initiée par d’autres, parmi eux ceux connus dans les années Bush comme néocons, qui ont longtemps rêvé d’une guerre avec l’Iran et sont déjà, comme Juan Cole l’a récemment indiqué, en train de planifier une telle guerre sous une future administration républicaine, si pas plus tôt.

De même, parmi les Israéliens, le Premier ministre Netanyahou, en particulier, estime que les Américains sont politiquement faibles d’esprit ; il a dit à un groupe de colons israéliens dans une vidéo qui est apparue récemment : « Je sais ce qu’est l’Amérique. L’Amérique est une chose que vous pouvez déplacer très facilement, déplacez-la dans la bonne direction. Et ils ne seront plus sur notre chemin ».

A travers Goldberg, le leader israélien et ses collaborateurs cherchent à « déplacer l’Amérique dans la bonne direction » avec de sombres histoires d’Auschwitz et Amalécites, et de Netanyahou lui-même comme un otage, dans le sens freudien, d’un père féroce et funeste qui ne tolère aucun spectacle de faiblesse face aux menaces perçues par les Juifs. Les sources de Goldberg, y compris Netanyahou, disent clairement qu’ils ne croient pas que l’Iran voudrait attaquer Israël. Au lieu de cela, ils avertissent qu’une arme nucléaire iranienne pourrait enhardir le Hamas et le Hezbollah, bien que la logique tenue est en effet peu solide. Après tout, si l’Iran ne veut pas attaquer Israël sur ses propres terres avec une arme nucléaire, pourquoi le ferait-il afin de défendre ses alliés insurgés ?

Le Ministre de la défense israélien Ehud Barak a suggéré qu’une arme nucléaire iranienne pourrait inviter les meilleures et les plus brillants Israéliens à émigrer, parce qu’ils sont des personnes intelligentes qui peuvent avoir une bonne vie eux-mêmes n’importe où dans le monde. En effet, et c’est exactement ce qu’ils ont fait depuis de nombreuses années. Quelques 750 000 Juifs israéliens vivent maintenant à l’étranger – un Israélien sur six – précisément parce que l’antisémitisme n’est plus une menace pour la vie juive dans la majorité du monde industrialisé. Rien de tout cela n’a à voir avec une bombe iranienne. Il a à voir avec la frustration du leadership israélien que 63 % des Juifs du monde entier ont choisi de vivre ailleurs.

Malgré la prédiction d’incitation à la panique de Goldberg, il y a beaucoup de raisons de croire que, pour toutes ses paroles en l’air et menaces, Israël, en fait, ne veuille pas bombarder l’Iran l’année prochaine – ou à tout moment. Mais est-ce que les Israéliens souhaitent-ils voir les États-Unis s’en prendre à leur principal ennemi régional ? Vous pariez qu’ils le voudraient. En effet, Netanyahou insiste sans cesse sur le fait que les États-Unis ont l’obligation de prendre l’initiative de faire face à l’Iran.

Il est manifestement clair dans l’article de Goldberg que les Israéliens tentent de créer un climat dans lequel les États-Unis sont enfoncés sur le chemin de l’escalade, ajoutant de plus en plus de sanctions et gardant « toutes les options sur la table » au cas où les sanctions ne fonctionneraient pas.

Dans un excellent commentaire qui démantèle la logique de l’argument de Goldberg, David Kay – l’Américain qui a servi comme inspecteur du CSNU en quête d’armes de destruction massives en Irak après l’invasion états-unienne – laisse entendre que :

« Israël est engagé dans une guerre psychologique avec l’administration Obama – et il s’agit seulement d’une partie qui concerne l’Iran… Au-delà de l’Iran, ce qui est probablement d’une plus grande importance pour l’actuel gouvernement israélien est d’éviter que l’administration Obama le pousse dans un choix entre les colonies et des arrangements territoriaux avec les Palestiniens qu’Israël n’est pas disposé à faire et les dommages permanents à ses relations avec les États-Unis. Gonflant le programme nucléaire iranien, la nécessité d’une action militaire précoce est un bon outil de marchandage… Si les États-Unis veulent éviter une imminente attaque israélienne, ils doivent faire des concessions à Israël sur la question palestinienne. »

Créant un sentiment de crise sur le front de l’Iran, le rétrécissement des options états-uniennes dans l’esprit du public et excluant une véritable discussion de politique américaine envers l’Iran peuvent servir à plusieurs fins pour divers groupes intéressés. Prises ensemble, cependant, elles réduisent toutes discussions à une question : quand exercer cette option militaire conservée « sur la table », compte tenu de l’invraisemblable d’une cession iranienne ? La finalité du débat est de planter, dans l’esprit du public, l’idée qu’une marche de guerre avec l’Iran, comme l’amiral Hayden le mentionne sur CNN, « semble inexorable, n’est-ce pas ? »

Inexorable – uniquement si le média permet lui-même d’être dupe une deuxième fois.

Tony Karon est un éditeur senior de Time.com où il analyse les conflits moyen-orientaux et d’autres. Il blogue sur son propre site Rootless Cosmopolite.

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Article original : Two Minutes to Midnight ?

Traduction : Saïd Ahmiri pour le MecanoBlog

Les prétextes de Greenpeace pour fuir le Golfe du Mexique

Dans Pétrole le 27 août 2010 à 20:39

Pourquoi Greenpeace tourne le dos à la marée noire du Golfe du Mexique ?

Depuis le début de la marée noire dans le Golf du Mexique, tout le monde s’étonne du silence assourdissant de Greenpeace sur le sujet. Organisation prompte à dénoncer les plus petites comme les plus grandes causes, Greenpeace se limite volontairement ou pas à la mise en place d’un concours de singerie du logo de BP. Les seules activistes et pour le coup les seules activités « indépendantes » immédiatement sur le terrain se résument à un groupe de jeunes étudiants défilant avec des banderoles et des pancartes sur les plages de Floride. Quelle résonance ! Quelle prise de risque ! Nous sommes loin des zodiacs qui caméra au poing et au péril de leurs occupants, barrent la route des thoniers et autres transports de matières fissiles !

Non décidemment, Greenpeace est certainement investie dans une cause autrement plus noble : la défense des orangs-outans en Indonésie. Voilà une cause importante. Qui de Nestlé, Kraft ou Unilever n’a pas eu droit à son clip « amateur » sur Youtube dénonçant à fort renfort de sang cette ignominie que représente la déforestation de l’Indonésie. Et maintenant encore plus fort, Greenpeace passe à la vitesse supérieure en produisant un rapport ce mois-ci dénonçant l’exploitation à des fins de production de pâte à papier, de la tourbière d’Indonésie ; tourbière qui à double titre doit être protégée puisqu’elle représente une importante réserve de CO2 et le « dernier refuge » des tigres de Sumatra !

La France et les sociétés françaises, jusqu’alors épargnées, ont aussi droit d’être ses suppôts de la déforestation criminelle. Cette déforestation est autrement plus criminelle que les millions d’animaux (oiseaux, poissons, batraciens etc.) tués par la marée noire sur les côtes du Texas ; de l’Alabama et des zones humides de Floride. Les sociétés Carrefour, Auchan, les magazines Elle et Marie-Claire sont complices de cette déforestation en s’approvisionnant en papier dans la société Asian Pulp and Paper (APP), filiale de Sinar Mas. Tel est l’objet du brûlot de Greenpeace.

Dans sa bataille aveugle contre APP/Sinar Mas, aussi producteur d’huile de palme (tiens la revoilà !), Greenpeace oublie la contribution par APP aux 216.000 hectares sanctuarisés pour les tigres de Sumatra.

Dans sa bataille aveugle, Greenpeace émet un rapport mettant en cause Carrefour au moment même de la présentation de ses résultats aux actionnaires et ce dans un contexte de concurrence acharnée entre les grands de la distribution sur la zone de l’Indonésie, la Malaisie et Singapour. Coïncidence fâcheuse :

  • le territoire même traité par le rapport de Greenpeace « Pulp the Planet »,
  • le moment le plus propice pour une déstabilisation de Carrefour.

Cette situation n’a pas échappé au 1er concurrent de Carrefour dans cette région lequel Dairy Farm Group se positionne immédiatement comme repreneur éventuel des filiales de Carrefour en Malaisie, Singapour et Taiwan conformément à la fuite d’informations « secrètes » précisant que Carrefour s’apprêterait à se séparer de celles-ci. Cette information provient, bien entendu, d’une source confidentielle… anonyme. Double coïncidence désormais !

Dairy Farm Group appartient au groupe Jardines lequel fait partie intégrante des activités financières de la famille Kewsky ; famille originaire d’écosse ayant fait fortune en Asie du Sud Est depuis 1855 notamment pendant la guerre de l’opium. Ce n’est donc plus le combat désintéressé de Greenpeace pour sauver les tourbières d’Indonésie, mais plutôt la lutte de pouvoir entre les 2 plus grosses entreprises de distribution du Sud Est asiatique. Force est de constater qu’en faisant courir le bruit sur les filiales malaisiennes et taiwanaises, Dairy Farm group attaque sur le bastion historique de l’implantation de carrefour dans cette région du monde :

  • 1ère filiale créée en Asie, Taïwan en 1989,
  • 1ère filiale créée dans le Sud Est asiatique, Malaisie en 1994.

La stratégie est donc de :

  • fragiliser Carrefour sur les territoires où Dairy farm est leader avec 102 hypermarchés Giant en Malaisie, pour mieux
  • attaquer sur le territoire de prédilection de Dairy Farm à savoir la Chine où l’expansion de Carrefour est de notoriété publique.

Greenpeace mentionne dans sa mission qu’elle est une organisation indépendante… des pouvoirs politiques et économiques mais omet de :

  • combattre BP dans le Golf du Mexique alors que Shell fait partie de ses actionnaires donateurs,
  • mentionner les sociétés sud-est asiatiques dans le brûlot « Pulp the Planet » alors la force commerciale internationale de APP possède forcément des clients sur son « home market »,
  • informer des implications « directes » autrement plus importante de la famille Kewsky dans la destruction du biotope d’Asie du Sud Est depuis leur implantation en 1855, lesquelles implications sont ressorties pendant la campagne des Torries fortement financée par la famille Kewsky.

L’ « indépendance » de Greenpeace qui vise à attirer l’attention sur une micro-question en vue de cacher la « Big Picture » est pour le moins suspecte et éthiquement condamnable.

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Source : Knowckers

Barack Obama : une terrible déception

Dans Guerre contre le Terrorisme le 26 août 2010 à 11:01

par Pierre R. Chantelois

« Les États-Unis ont fait la sourde oreille face aux appels répétés de la communauté internationale, notamment de hauts responsables des Nations unies, leur déconseillant d’établir le dangereux précédent consistant à juger dans le cadre d’un procès inique une personne qui aurait commis des "crimes de guerre" alors qu’elle était mineure. »

« Nous allons assister au premier procès d’un enfant soldat dans l’histoire moderne », a déclaré, auprès du juge militaire Patrick Parrish, l’avocat d’Omar Khadr, le lieutenant-colonel Jon Jackson. « Il n’existe aucun doute que M. Khadr a été soumis à des traitements dégradants », a poursuivi l’avocat. « Quand le président Obama a été élu, j’ai cru que nous allions fermer le livre de Guantanamo et des tribunaux d’exception, mais à la place, le président a décidé d’ajouter un nouveau chapitre, triste et pathétique, à ce livre », a observé l’avocat de l’enfant-soldat, Omar Khadr,maintenant âgé de 23 ans.

Le système judiciaire d’exception a été créé, en 2006, par l’administration Bush, pour juger les détenus de Guantanamo, également connue sous le nom de JTF-GTMO (Joint Task Force Guantanamo). Le 26 octobre 2001, le président George Walker Bush signe le USA Patriot Act (« United and Strenghtening America by Providing Appropriate Tools Required to Intercept and Obstruct Terrorism »),voté par le Congrès à une très large majorité, qui autorise la détention sans limite et sans chef d’accusation depuis 2001. Cette loi remet en force la notion de « combattants hors-la-loi » (unlawful combatants) pour déférer devant des juridictions militaires d’exception l’ensemble des ressortissants étrangers accusés de « terrorisme », ainsi que les membres présumés d’al-Qaida capturés hors du territoire américain (décret présidentiel du 13 novembre 2001).

Il convient de rappeler que dans le préambule de la constitution des États-Unis de l’Amérique du Nord, il est écrit :

Nous, le peuple des États-Unis, afin de former une union plus parfaite, d’établir la justice, d’assurer la tranquillité intérieure, de pourvoir à la défense commune, d’accroître le bien-être général, et d’assurer pour nous, comme pour notre postérité, les bienfaits de la liberté, nous faisons, nous ordonnons et établissons cette constitution pour les États-Unis d’Amérique.

Barack Obama, dès son arrivée à la Maison Blanche, avait tenu ses promesses en annonçant la fermeture de ce camp de prisonniers de l’armée américaine. En effet, lLe 22 janvier 2009, il avait signé un décret présidentiel ordonnant la fermeture du camp dans un délai d’un an. Depuis, il a fait volte-face. « Rien n’empêche dans le droit américain de traduire un mineur en justice », a souligné David Iglesias, porte-parole de l’accusation dans le procès d’Omar Khadr, en expliquant que le ministère public n’hésiterait pas à demander une peine de prison à vie si le jeune homme est reconnu coupable des faits qui lui sont reprochés. Il faut savoir également que cinq autres détenus – soupçonnés d’avoir joué un rôle important dans les attentats du 11 septembre – sont en attente de procès : retenus sans inculpation, ils ignorent s’ils seront jugés par un tribunal militaire ou civil. Entre 2002 et décembre 2008, 779 personnes sont passées par cet établissement dont cinq se sont suicidées.

Et c’est devant ce tribunal d’exception que le juge militaire américain, le colonel Patrick Parrish, a déclaré – dans un premier temps – recevables les « aveux » que l’accusé dit avoir faits sous la contrainte et décidé – dans un second temps – qu’« il n’y a aucune preuve crédible que l’accusé ait été torturé (…) même si on utilise une définition large (de la notion de torture) en tenant compte de l’âge de l’accusé ». Les aveux dans lesquelles le Canadien reconnaît avoir lancé la grenade « sont fiables, possèdent assez d’éléments probants, ont été livrés volontairement et ne résultent pas de la torture ou de mauvais traitements  », conclut le juge.

Pour Rob Freer, spécialiste des États-Unis à Amnesty International, « les États-Unis ont fait la sourde oreille face aux appels répétés de la communauté internationale, notamment de hauts responsables des Nations unies, leur déconseillant d’établir le dangereux précédent consistant à juger dans le cadre d’un procès inique une personne qui aurait commis des ” crimes de guerre ” alors qu’elle était mineure. […] Le juge militaire a mis environ 90 secondes pour statuer, sans fournir d’explications, que n’importe laquelle des déclarations faites par ce jeune détenu pendant cette période peut être utilisée contre lui ».

Il semblerait que le juge Parrish ait volontairement ignoré le fait que la réforme très contestée des tribunaux militaires d’exception de Guantanamo, préparée par l’administration Obama et votée par le Congrès à l’automne 2009, prévoyaiit et prévoit toujours qu’ « aucune déclaration obtenue sous la torture ou par un traitement cruel, inhumain ou humiliant, qu’elle ait été obtenue sous couvert de la loi ou non, ne peut être admise par une commission militaire ». Devant ce même juge, un des interrogateurs avait pourtant raconté avoir inventé un scénario de viol pour l’impressionner. Denis Edney, avocat civil canadien du jeune homme, a déclaré aussitôt la décision du juge Parrish connue : « C’est une honte. Le juge Parrish doit retourner à l’école apprendre les bases du droit et de l’humanité ». Radhika Coomaraswamy, émissaire des Nations unies pour les enfants dans les conflits armés, rejette ce tribunal militaire d’exception : « Les normes concernant la justice des enfants sont claires : les enfants ne doivent pas être jugés par des tribunaux militaires ».

En juin 2006, la Cour suprême des États-Unis déclarait illégales les procédures judiciaires d’exception mises en place à Guantánamo. Pour Human Rights Watch, qui avait fortement soutenu les premières initiatives de Barack Obama, « la poursuite du recours aux tribunaux militaires d’exception est une grave erreur. En raison de leur procédure de niveau inférieur, et de leur lourd passif, Human Rights Watch ne croit pas que les décisions prises par ces tribunaux seront considérées comme légitimes, aussi bien à l’intérieur des États-Unis qu’internationalement ».

Les effets se font lourds sur la réputation de Barack Obama. Richard Hétu, correspondant de La Presse à New York depuis 1994, rapporte quelques détails d’une entrevue qu’accordait au journal The Hill le porte-parole de la présidence américaine Robert Gibbs. Ce dernier s’en prenait à la gauche professionnelle américaine qui critique le président : « J’entends ces gens dire qu’il est comme George Bush. Ces gens ont besoin d’être soumis à des tests antidopage. Je veux dire, c’est fou ». Comme le précise Richard Hétu, The Hill fait notamment allusion, dans son article, aux retards concernant la fermeture de Guantanamo.

Pour bien intentionné qu’il fut, Barack Obama, qui avait promis d’interdire la torture, de fermer Guantanamo ou de garantir la transparence de son gouvernement, n’a pas cessé de modifier substantiellement et progressivement son plan de match jusqu’à l’abandonner parfois.

L’Association américaine de défense des libertés civiles (Aclu) ne se montre guère, dans un rapport dévastateur, tendre envers l’administration Obama qui « risque d’établir une nouvelle norme conforme aux pires choix de l’ère Bush » en matière de sécurité nationale. Pour bien intentionné qu’il fut, Barack Obama, qui avait promis d’interdire la torture, de fermer Guantanamo ou de garantir la transparence de son gouvernement, n’a pas cessé de modifier substantiellement et progressivement son plan de match jusqu’à l’abandonner parfois. « Malheureusement la situation s’est répétée à chaque fois pendant les premiers 18 mois de cette administration : une importante réussite a été suivie par un recul », déplore l’ACLU. Le choix de la détention illimitée sans procès pour une cinquantaine de détenus de Guantanamo est inacceptable même si l’ACLU reconnaît à l’administration « le mérite d’avoir libéré 67 prisonniers » de Guantanamo.

En janvier 2010, Michel Colomès, dans une analyse qu’il signait dans l’hebdomadaire Le Point, écrivait : « il pourrait y avoir pour Obama une bonne occasion de montrer qu’il est un vrai démocrate et de se distinguer des pratiques douteuses de son prédécesseur : que les jugements d’une justice, qui ne serait plus d’exception, mais rendue au nom de la justice américaine ordinaire, fassent le tri entre les détenus qui peuvent s’amender au prix d’une légère sanction, voire être libérés, et ceux qui doivent être condamnés lourdement pour leur participation au terrorisme. Les tribunaux d’exception, quels que soient les pays qui les mettent en pratique, ont toujours des échecs exceptionnels ».

Pour ce grand pays qui donne des leçons de justice et de démocratie, pour ce président qui a jeté une vaste lumière d’espoir et de paix sur le monde, pour cet homme qui vient des minorités visibles et qui a gravi un à un les échelons de la réussite au-delà des adversités sociales, l’occasion est ratée. Hélas !

Au Canada, le gouvernement Harper souhaitait extrader Abdullah Khadr, âgé de 29 ans, frère d’Omar Khadr, vers les États-Unis qui l’accusent d’avoir obtenu des armes au nom d’Al-Qaïda. Abdullah Khadr était détenu au Canada depuis le 17 décembre 2005, après son retour du Pakistan. Le magistrat Chris Speyer a indiqué que les autorités américaines n’avaient pas respecté toutes les règles dans ce dossier. « La somme des violations des droits humains est à la fois choquante et injustifiable », a écrit le juge Speyer dans sa décision. Et le juge de poursuivre : « compte tenu de cette faute grave, il ne peut y avoir un cas plus clair qui mérite un arrêt des procédures ». C’est pour ces raisons que le juge a ordonné la libération d’Abdullah Khadr.

Alex Neve, secrétaire général d’Amnistie internationale Canada, juge grave le comportement du premier ministre Stephen Harper et de son gouvernement : « Le refus borné du gouvernement de protéger les droits fondamentaux d’Omar Khadr n’est plus seulement embarrassant. Sur la scène internationale, la position du Canada comme pays qui défend les droits de la personne universels est devenue une moquerie ». Amir Attaran, professeur de droit à l’Université d’Ottawa, se montre très pessimiste : « Les Américains sont disposés à utiliser des preuves obtenues sous la torture, poursuit-il, découragé. Ils sont disposés à utiliser des preuves provenant de témoignages qui ont été modifiés ou altérés après les faits. C’est digne de la fiction. Ça n’arrive pas dans les vrais tribunaux. Et finalement, dans les pays civilisés, les enfants ne sont pas traînés en justice pour des crimes de guerre. [...] Peu importe quand le procès débutera, la seule certitude qu’on peut avoir, c’est que les États-Unis, en allant de l’avant, violeront les exigences d’équité et de transparence nécessaires à tout processus judiciaire dans le monde civilisé ».

Et Stephen Harper se fait complice de ces dénis de justice.

à lire également sur le même sujet : Un enfant de 9 ans torturé à Guantanamo

Source : AgoraVox

Les métaux rares, l’arme économique du XXIème siècle ?

Dans Guerre Économique le 26 août 2010 à 10:20

par Eve Pesesse pour Knowckers.org

Avec une concentration de production de 10 des matières premières critiques sur 14 et des mesures restrictives quant à leur exploitation et exportation importantes, la Chine est sans conteste la préoccupation principale de l'Union européenne.

Les matières premières minérales stratégiques, bien que nécessaires en très petites quantités, sont indispensables au développement de produits technologiques sophistiqués. Elles s’appellent indium, palladium, gallium ou encore antimoine et se trouvent aujourd’hui partout, du simple téléphone portable, de l’iPad jusque dans nos avions en passant par la voiture électrique. Si les pays occidentaux en sont très friands, ils n’ont en revanche aucun contrôle sur leur approvisionnement.

La plupart de ces métaux sont des sous-produits, extraits de gisements d’où sortent d’autres minerais à titre principal, et nécessitent des procédés de raffinage et traitement métallurgique complexes. La difficulté et le coût élevé de production conduisent souvent à une forte concentration du savoir-faire et des installations nécessaires à ces procédés. Il en résulte que les entreprises exploitantes se trouvent souvent en position de quasi-monopole, quand ce ne sont pas les États miniers eux même.

A l’instar de la crise de 2000 du Tantale dont le cours a été multiplié par dix suite à l’explosion des téléphones portables, l’inélasticité de la production des métaux rares ainsi que leur production très concentrée créent deux goulots d’étranglement critiques susceptibles de mener à de graves crises d’approvisionnement futures.

L’Union Européenne s’est penchée sur cette problématique et a nommé un groupe d’experts chargé de plancher sur la question. Leur rapport a été publié début juin avec des résultats alarmants.

Le développement économique de l’Union Européenne menacé par l’approvisionnement en matières premières critiques.

Le comité d’experts, présidé par la commission européenne, a étudié 41 matières premières minérales indispensables au développement des nouvelles technologies à l’horizon 2030, notamment dans l’amorce du virage éco-responsable de l’Europe.

Parmi les matières premières étudiées, 14 ont été qualifiées de critiques car présentant un risque d’approvisionnement élevé en conjonction avec une importance économique croissante. La production de ces matières critiques est concentrée en un nombre restreint de pays producteurs à savoir la Chine, la Russie, la République Démocratique du Congo et le Brésil.

L’Europe se trouve ainsi dans une situation de dépendance quasi-totale avec une moyenne de 95% d’import de ces 14 matières premières critiques en 2006, et avec un faible taux de recyclage et peu d’options de substituabilité.

L’inquiétude est d’autant plus grande que le rapport projette que la demande de ces matières premières va exploser dans les 20 prochaines années, proportionnellement à l’évolution des nouvelles technologies. Ainsi la demande de gallium pourrait être multipliée par 20 et celle de l’indium par 8 d’ici 2030.

La sonnette d’alarme est donc tirée et bien que le groupe d’experts maintienne un discours politique neutre dans son rapport, l’opposant principal dans cet enjeu économique de demain est clairement identifié. Avec une concentration de production de 10 des matières premières critiques sur 14 et des mesures restrictives quant à leur exploitation et exportation importantes, la Chine est sans conteste leur préoccupation principale.

La stratégie offensive chinoise

Plus que préoccupante, la Chine agace, la Chine dérange. Refusant de jouer le jeu du commerce international, la Chine applique une stratégie commerciale, fiscale et d’investissement destinée à se réserver l’exploitation exclusive de ses ressources avec la mise en place de nombreuses mesures restrictives, telles que les taxes, quotas, subsides et règles d’investissements restrictives. Étant donné leur position dominante de fournisseur, ces restrictions influent sur les prix mondiaux mais faussent également la concurrence mondiale des industries en aval.

Carte des principales réserves de métaux rares

Les mesures mises en place par la Chine sont en violation de plusieurs articles du GATT, mais également de plusieurs des engagements qu’elle a pris dans le cadre de son protocole d’adhésion à l’OMC. Des consultations y ont été entamées par l’Union Européenne sur ce point avec la Chine.N’ayant pas abouti,  l’Union Européenne s’est adressée à l’organe de règlement des différends de l’organisation.

Les demandes de consultation avec la Chine ont été déposées le 23 juin 2009 à l’OMC. Le 29 mars 2010, la composition du groupe spécial de règlement des différends a été arrêtée par le directeur général, soit 9 mois plus tard. Malgré son importance stratégique, Le dossier n’a pas avancé à ce jour.

En revanche, la Chine a depuis annoncé de nouvelles restrictions drastiques concernant les terres rares, matière première critique dont ils détiennent 97% de la production mondiale. L’exploitation sera désormais centralisée et restreinte à quelques grandes sociétés nationales avec des quotas d’exportation ne dépassant pas les 25% de la production et une interdiction de délivrer toute nouvelle licence d’exploitation. En somme, la Chine installe un monopole total sur une matière première indispensable au niveau mondiale, au vu et su de tous.

Une guerre totale à armes inégales

En sus des discussions entamées à l’OMC, l’Union Européenne étudie des pistes de résolution visant à réduire les risques d’approvisionnement en matières premières. Outre la mise en place de mesures stratégiques pour l’amélioration de l’accès aux ressources primaires, leur recyclage et les recherches pour des produits de substitution qui sont très longues et complexes à mettre en place, les deux grands axes passent par la mise en place de pressions sur la Chine via l’OMC et le développement de coopérations bilatérales avec l’Afrique.

Sauf que la Chine ne se bat pas avec les mêmes armes que l’Union Européenne. Les grands champs de batailles d’hier sont les conflits économiques d’aujourd’hui et la Chine l’a bien compris. Aussi ont-ils déjà investis l’Afrique pour la question des matières premières et se jouent-ils des règles internationales, conscients de leurs faiblesses.

La Chine possède aujourd’hui l’avantage du choix des armes et de l’initiative de l’attaquant. Ils s’inscrivent dans une temporalité différente de la nôtre et frappent efficacement lorsque nous peinons à lever le bouclier pour nous défendre, alourdi par le poids de nos structures peu efficientes.

L’Union Européenne, première puissance mondiale par le PIB, avance une fois encore en ordre dispersé, face à une armée disciplinée et formée aux méthodes de combat de notre siècle. Quand les dirigeants européens prendront-ils le temps de lire Sun-Tzu pour comprendre que la lutte est inégale et qu’il faut changer de stratégie ?

à lire également sur le même sujet : L’Afghanistan et ses minerais stratégiques

Source : Knowckers.org

Israël et l’explosion d’anti-islamisme

Dans Islamophobie le 25 août 2010 à 10:43

par MJ Rosenberg pour Political Correction

Sarah Palin : « Et puis quoi ensuite ? »

Je ne sais pas pourquoi cela m’a surpris que la Droite américaine – y compris le parti Républicain- ait décidé que pour réussir il fallait utiliser les Musulmans comme boucs émissaires. Après tout cela n’a rien de neuf.

Je me souviens qu’après le 11 septembre, le journaliste Charles Krauthammer qui est maintenant un des démagogues anti-islamistes les plus diserts, a presque littéralement bondi de colère dans ma synagogue de Chevy Chase, Maryland, quand le rabbin a dit qu’il était important de ne pas faire l’amalgame entre les attaques terroristes et les Musulmans en général.

C’était à Yom Kippour, la jour le plus saint de l’année, mais cela n’a pas empêché Krauthammer de clamer qu’il n’était pas d’accord avec le rabbin. Parce que, selon lui, Israël et l’Amérique étaient en guerre avec les Musulmans et qu’ils allaient gagner cette guerre.

C’était choquant, non seulement parce que l’explosion de Krauthammer était complètement déplacée mais aussi parce que cet homme critiquait en fait le rabbin pour ne pas avoir exprimé de la haine envers les Musulmans le Jour du Grand Pardon.

L’année suivante le rabbin venu d’Israël fit un sermon sur l’Intifada qui faisait alors rage en Israël et en Cisjordanie.

Il donna un sermon insensé, faisant, les larmes aux yeux, le lien entre l’intifada et l’holocauste et vice-versa. Je me souviens avoir pensé “En fait ce type est en train de rendre les Palestiniens responsables des souffrances de ses parents pendant l’holocauste“. Cela m’a paru si ridicule que je me suis dit que quelque chose avait dû m’échapper.

Puis il est arrivé à la fin de son sermon et je n’ai jamais oublié de qu’il a dit. Il a cité les paroles de l’Ecclésiaste : “Il y a un temps pour tout. Un temps pour naître, et un temps pour mourir ; un temps pour planter et un temps pour récolter… Un temps pour pleurer et un temps pour rire ; un temps pour faire le deuil et un temps pour danser…

Puis il a levé les yeux et ajouté : “Maintenant le temps est venu de haïr“.

J’ai d’abord pensé que je n’avais pas bien entendu. Il ne pouvait pas appeler la congrégation à haïr. Il y avait des dizaines d’enfants dans la pièce. Ce n’était pas possible.

Mais si. Je dois reconnaître, et c’est tout à leur honneur, que la plupart des personnes à qui j’ai parlé en sortant de la synagogue étaient horrifiées. Même les gens de droite étaient mal à l’aise à l’idée de faire de la haine une vertu. Mais le rabbin, lui, était irréductible. Je lui ai envoyé un Email de protestation et il m’a répondu qu’il était sûr de ses convictions. Charmant.

On peut se demander ce que le Moyen-Orient a à voir avec l’ignoble explosion d’islamophobie (ou plutôt de haine de l’Islam) qui semble avoir envahi des pans entiers de ce pays.

La réponse est que ça a tout à voir. Car bien que la haine soit dirigée contre les Arabes Américains (ce qui est pire encore), on la justifie en invoquant le 11 septembre, une attaque perpétrée par des Musulmans du Moyen Orient.

Cette haine est étayée par la haine des Musulmans et des Arabes qui s’est couramment exprimée (ou clamée dans des haut-parleurs installés sur le toit des voitures), Au nom de la défense d’Israël pendant des décennies. Observez simplement ce qui se passe au Congrès, où les libéraux de New York, Floride, Californie et ailleurs ne manquent jamais une occasion d’expliquer que quoi que fasse Israël il a raison de le faire et quoique fasse les Musulmans ils ont tort de le faire.

Peut-on raisonnablement affirmer qu’une rhétorique aussi spécieuse n’a aucune influence sur l’opinion publique ? Pour le moins, elle donne aux préjugés anti-arabes et/ou anti-musulmans une légitimité que d’autres formes de haine n’ont plus. Ceux qui haïssent les noirs américains ou les Juifs, par exemple, ont le sentiment qu’ils doivent affirmer qu’ils ne les détestent pas du tout. Ce n’est pas le cas avec les musulmans qu’on peut vilipender en toute impunité.

Et dans ce domaine les libéraux sont pires que les conservateurs parce qu’ils excluent les Musulmans et les Arabes (et maintenant les Turcs) de l’approche humanitaire qu’ils ont pour tous les autres groupes. Les conservateurs, eux, combinent leur dénigrement systématique des Arabes avec une xénophobie générale comme le prouve leur politique d’émigration.

Les libéraux, de leur côté, ne rejettent que les Musulmans. Ils le font d’une manière active -par exemple en défendant tout ce que les Israéliens font aux Arabes avec un enthousiasme véhément. Et aussi d’une manière passive, en refusant de manifester la moindre sympathie aux Musulmans qui souffrent et meurent du fait des Israéliens – comme les 432 enfants palestiniens tués pendant la guerre de 2009 de Gaza.

Les libéraux se joignent aux conservateurs quand il s’agir de courir au Parlement et au Sénat pour défendre les Israéliens de toute accusation (souvenez-vous comme ils ont automatiquement attaqué le rapport Goldstone sur les crimes de guerre à Gaza sans se soucier des horreurs que Goldstone décrivait). Et puis ils lisent les arguments que l’AIPAC (lobby sioniste NdT) leur fournit pour les aider dans leurs prises de parole et qui récapitulent toutes les horreurs que les Arabes ont commises pendant que les Israéliens leur tendaient constamment la main à la manière de Gandhi. Ce serait drôle si les conséquences de tout ceci n’étaient pas si terribles.

Pourquoi toute cette haine n’affecterait-elle pas également la perception des Arabes Américains ? La haine déborde invariablement, exactement comme la haine d’Israël parfois déborde jusqu’à rejoindre le vieil antisémitisme traditionnel pur jus.

En un mot, on remue là un brouet de sorcière et cela produira sans nul doute de la violence. Mais les sorcières ne sont pas toutes de droite. Il y a autant de libéraux qui tournent la cuillère dans le pot pour faire plaisir à quelques uns de leurs donateurs.

Je ne dis pas qu’il ne faut pas blâmer Beck et Limbaugh (animateurs d’émissions et leaders de droite très influents NdT) pour toute cette haine mais n’oubliez pas de blâmer aussi vos hommes politiques favoris de droite comme de gauche. A l’exception de quelques uns (vraiment très peu) ils ne valent guère mieux.

MJ Rosenberg est spécialiste des affaires étrangères pour le site Media Matters Action Network qui s’est donné pour mission de dénoncer les erreurs et partis pris des politiciens conservateurs dans les médias et promouvoir les idées progressistes aux USA.

Article original : Israel & The Anti-Muslim Blow-Up

Traduction : D. Muselet

Source : Le Grand Soir

Les dangers de la rivalité qui s’accroît entre les Etats-Unis et la Chine

Dans Géostratégie le 24 août 2010 à 22:20

par Peter Symond pour WSWS

La secrétaire d’Etat Hillary Clinton et le secrétaire à la Défense Robert Gates dans la zone démilitarisée de la péninsule coréenne. Les nouvelles manoeuvres militaires américano-sud-coréennes ne sont qu'une énième intimidations des Etats-Unis à l'égard de la Chine, allié de la Corée du Nord.

Au cours du mois dernier, le gouvernement Obama a repris et accentué sa position de confrontation envers la Chine. Après un brève interruption en mai et juin, durant laquelle Washington cherchait à s’assurer le soutien de Beijing pour une nouvelle série de sanctions onusiennes contre l’Iran, les Etats-Unis ont délibérément attisé les tensions avec la Chine dans une série de mesures agressives en Asie de l’Est et du Sud-Est.

Prenant la parole lors d’un forum sur la sécurité de l’Association des nations d’Asie du sud est (ASEAN) le 23 juillet, la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton s’est rangée de façon provocatrice avec le Vietnam et d’autres pays d’ASEAN dans leurs conflits territoriaux avec la Chine au sujet de la Mer de Chine méridionale. Beijing avait dit à deux hauts représentants américains en mars dernier qu’il considérait la Mer de Chine méridionale comme un de « ses intérêts majeurs. » Néanmoins Clinton a ignoré le message et a appelé à « un accès ouvert » aux eaux auxquelles prétend la Chine, une démarche qualifiée par le ministre des Affaires étrangères chinois Yang Jichi de « quasi attaque contre la Chine. »

Plusieurs jours plus tard, Les Etats-Unis ont commencé un exercice naval majeur conjoint avec la Corée du Sud en Mer du Japon malgré les objections de la Chine. Ces manoeuvres qui étaient présentées comme une riposte à l’allégation du naufrage par la Corée du Nord d’un vaisseau sud-coréen en mars impliquaient 20 navires de guerre sud-coréens et américains dont un énorme porte-avions, l’USS George Washington. Le Pentagone annonce à présent qu’un autre exercice naval aura lieu avec la Corée du Sud dans le courant de cette année dans la Mer Jaune, plus près encore de la Chine.

La semaine dernière, le gouvernement Obama a divulgué les détails d’un pacte nucléaire en cours de négociation avec le Vietnam et qui ouvrirait la voie à la vente de la technologie américaine de réacteur nucléaire à Hanoï. Après avoir déjà soutenu le régime vietnamien concernant la Mer de Chine méridionale, ce marché nucléaire représente un signe de plus d’un alignement stratégique plus étroit entre les deux pays et dirigé contre la Chine. Comme prévu, cette action a provoqué la colère de Beijing qui a accusé Washington d’avoir « deux poids, deux mesures » ce qui « remet en cause l’ordre international actuel. »

La carte des revendications territoriales maritimes en Mer de Chine.

Derrière ces tensions, il y a des changements profonds dans l’équilibre mondial des forces. La croissance économique rapide de la Chine ces deux dernières décennies qui a fait d’elle cette année la deuxième plus importante économie mondiale derrière les Etats-Unis et devant le Japon, perturbe les relations au sein de l’Asie et dans le monde entier. Les Etats-Unis ont réagi à leur propre déclin économique historique par le recours à la puissance militaire pour essayer de s’assurer la domination des régions riches en énergie d’Asie Centrale et du Moyen-Orient, et de contrer la Chine par des alliances et des partenariats allant du Japon et de la Corée du Sud en passant par l’Asie du Sud-Est vers l’Inde, le Pakistan et l’Afghanistan.

La crise économique mondiale de 2007-2008 a fortement exacerbé les rivalités entre ces deux puissances. Initialement, confronté au danger d’une crise financière, le gouvernement Obama avait cherché l’aide de Beijing. Etant le plus grand débiteur au monde, les Etats-Unis dépendent fortement des rentrées d’argent en provenance de la Chine. Mais avec l’accalmie temporaire de la tourmente financière, Washington a commencé à faire pression sur Beijing sur une série de questions, dont celle de la réévaluation de la monnaie chinoise, et d’initiatives concernant le commerce et le changement climatique. Dans le même temps, Washington a commencé à intervenir activement dans la région Asie-Pacifique.

la poupée Hillary Clinton (made in China)

En juillet dernier, la secrétaire d’Etat américaine Clinton a dit en toute franchise à un sommet d’ASEAN en Thaïlande que les Etats-Unis étaient « de retour en Asie », une référence aux critiques à l’égard du précédent gouvernement Bush concernant sa négligence de l’Asie. Clinton a indiqué une nouvelle offensive diplomatique lorsqu’elle a dit aux reporters: « Je sais qu’un grand nombre de voisins de la Chine ont exprimé des inquiétudes [quant à l'accroissement de son influence], donc nous voulons renforcer nos relations avec de nombreux pays de l’Asie de l’Est et du Sud-Est. »

Les implications dangereuses de l’accroissement de frictions entre les Etats-Unis et la Chine ont été présentées lors d’une conférence à Sydney le 4 août par John Mearsheimer, professeur de science politique à l’université de Chicago, conférence intitulée « Le défi de la Chine face à la puissance de l’Amérique en Asie. » Invité en Australie par le Centre for International Security Studies de l’université de Sydney, Mearsheimer, analyste perspicace et fin de la politique étrangère, a dressé un portrait sombre des perspectives pour la paix en Asie et par extension dans le monde. Il a dit à un auditoire très nombreux d’étudiants, de responsables de la politique étrangère et de diplomates que du fait de son expansion économique extraordinaire, la Chine chercherait à devenir une puissance régionale et à exclure d’Asie ses rivaux potentiels, utilisant les mêmes méthodes impitoyables auxquelles les Etats-Unis avaient eu recours pour garantir leur prédominance dans l’hémisphère occidental, c’est-à-dire l’Amérique du Nord, Centrale et du Sud.

« Les Australiens devraient s’inquiéter de l’émergence de la Chine, » a déclaré Mearsheimer, « car il est probable que cela conduira à une compétition intense pour la sécurité avec la Chine et les Etats-Unis, et comporte un potentiel considérable de guerre. De plus, la plupart des voisins de la Chine, dont l’Inde, le Japon, Singapour, la Corée du Sud, la Russie, le Vietnam et aussi bien sûr l’Australie, se joindront aux Etats-Unis pour contenir la puissance de la Chine. Pour dire les choses crûment : la Chine ne peut pas accroître son influence de manière pacifique. »

Mearsheimer a exclu que toutes intentions pacifiques et expressions de bonne volonté pourraient éviter le conflit. Inévitablement, ce qu’un pays considère être une escalade militaire défensive est perçu par ses rivaux comme une dangereuse possibilité d’agression. Du point de vue des dirigeants chinois, a-t-il expliqué, il est tout à fait rationnel d’accroître les forces militaires d’un pays pour défendre ses intérêts dans le monde. En se fondant sur l’expérience récente, a déclaré Mearsheimer, les dirigeants chinois « vont presque certainement conclure que les Etats-Unis sont le pays belliciste et dangereux. Après tout, les Etats-Unis ont été en guerre durant 14 années sur 21 depuis la fin de la Guerre froide. Ce qui veut dire les deux tiers du temps. Et il ne faut pas oublier que le gouvernement Obama semble envisager une nouvelle guerre contre l’Iran. »

L’expansion économique de la Chine en tant que plus grande plate-forme mondiale de travail à bon marché a nécessité une vaste expansion de ses importations de matières premières de tous les coins du globe. Plus de la moitié de son pétrole et de son gaz qui lui sont essentiels est importé, principalement du Moyen-Orient et d’Afrique. Pour cela la Chine est déterminée à s’assurer ses routes maritimes à travers l’Océan Indien en passant par la Mer de Chine méridionale en construisant une force maritime capable de sillonner les océans [blue water navy.] Les Etats-Unis sont tout aussi déterminés à ne pas la laisser faire et à maintenir leur propre prédominance navale.

Mearsheimer a expliqué que l’Australie, qui a jusqu’ici essayé de garder un équilibre entre ses intérêts économiques en tant qu’exportateur majeur de minerais à la Chine et son alliance de longue date avec les Etats-Unis, serait inévitablement attirée dans le conflit entre les Etats-Unis et la Chine. Pour passer de l’Océan Indien à la Mer de Chine méridionale, a-t-il dit, le trafic maritime chinois n’a que trois options : Le détroit de Malacca, contrôlé dans les faits par Singapour, un allié étroit des Etats-Unis, ou les détroits de Lombok et Sunda traversant l’archipel indonésien, dont tous deux sont situés tout juste au nord de l’Australie. « Les mesures que la Chine prend pour neutraliser la menace que représente l’Australie pour ses voies maritimes … poussera certainement Canberra à travailler étroitement avec Washington pour contenir la Chine. »

Mearsheimer a reconnu avec une certaine candeur qu’il trouvait ses propres conclusions « franchement déprimantes. » De plus, bien qu’il fût en train d’envisager l’impact de l’expansion de la Chine pour les deux décennies à venir, il existe des conséquences immédiates. Les Etats-Unis ont déjà démontré durant les vingt dernières années leur volonté de lancer des actions militaires agressives, notamment en Irak et Afghanistan, pour poursuivre leurs intérêts contre leurs rivaux. L’ensemble de la vision stratégique du Pentagone consiste à empêcher l’émergence d’une puissance, amie ou ennemie, capable de défier la suprématie militaire américaine. Les dernières mesures du gouvernement Obama en Asie font partie d’une stratégie visant précisément à préempter l’expansion de la Chine en contrant son influence régionale et en créant des obstacles majeurs à son expansion militaire.

Le conflit Etats-Unis-Chine a des parallèles historiques significatifs. Au début du vingtième siècle, l’émergence de l’Allemagne comme puissance capitaliste dynamique avait attisé une compétition et une rivalité profondes avec l’empire britannique et d’autres puissances majeures, ce qui avait provoqué deux guerres mondiales dévastatrices. Dans les années 1930 et 1940, la montée du Japon et son besoin de marchés et de matières premières l’avait mis en rivalité avec les Etats-Unis et les intérêts grandissants de l’impérialisme américain en Asie. Il est significatif que l’extension de la Seconde guerre mondiale au Pacifique en 1941 a été déclenchée lorsque les Etats-Unis ont imposé un blocus sur le pétrole qui a menacé de paralyser le Japon. Depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, et comme Beijing en est tout à fait conscient, l’armée américaine cherche à maintenir sa capacité à bloquer l’approvisionnement à ses rivaux actuels et potentiels.

Au moment où le capitalisme sombre dans sa pire crise économique depuis les années 1930, le danger se profile à l’horizon de rivalités entre grandes puissances sur les questions de marchés, de matières premières et de position stratégique, ce qui menace une fois de plus de se transformer en conflagration mondiale catastrophique, impliquant cette fois des pays en possession de l’arme nucléaire. L’unique force sociale capable d’empêcher une telle guerre est la classe ouvrière internationale, se mobilisant de façon unifiée à l’échelle mondiale pour abolir le système capitaliste et sa division dépassée du monde en Etats nations rivaux et en la remplaçant par une économie mondiale démocratiquement organisée et rationnellement planifiée. Telle est la perspective socialiste internationaliste avancée par le Comité international de la Quatrième Internationale et ses sections de par le monde.

(Article original paru le 12 août 2010)

Source : WSWS

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