Des Tribunaux Islamiques à Al-Shabaab : mythe et réalité de la menace islamiste en Somalie


par Stéphane Mantoux pour Historicoblog

La prise de Mogadischio en juin 2006 par l’Union des Tribunaux Islamiques a brutalement ramené sur le devant de la scène un pays, la Somalie, que le monde occidental cherchait un peu à oublier depuis la mission des Nations Unies de 1992-1995 -en particulier les Etats-Unis, traumatisés par les pertes subies lors d’une opération spéciale au coeur de la capitale les 3-4 octobre 1993 (objet du fameux film La Chute du Faucon Noir de Ridley Scott, inspiré du livre de Mark Bowden). Depuis lors, la Somalie fait l’objet d’interventions directes et indirectes des Etats-Unis pour lutter contre ce que ceux-ci estiment être la menace d’un Etat islamiste s’installant sur les décombres du pouvoir somalien éclaté depuis 1991, et la chute du dictateur Siad Barre. Avec l’accroissement massif de la piraterie depuis 2007, un autre facteur d’inquiétude est venu s’ajouter au sujet de la Somalie, vue comme un « repaire de flibustiers » et une menace grave pour le commerce maritime mondialisé. Pourtant, une analyse sommaire de la situation montre que le constat est beaucoup plus nuancé ; c’est ce que nous allons présenter ici dans cette petite synthèse qui n’a pas l’ambition d’être exhaustive.

L’ascension des Tribunaux Islamiques (2002-2006)

Drapeau de l'Union des Tribunaux Islamiques, qui est aussi celui du mouvement al-Shabaab

Le Gouvernement Fédéral de Transition (GFT) somalien, reconnu internationalement depuis octobre 2004 et l’élection de son président Abdullahi, installé d’abord à Nairobi, au Kenya, puis à Baidoa, en Somalie, n’avait pas pu s’installer dans la capitale, encore aux mains des seigneurs de guerre locaux. Déchiré par des querelles de personnes, il ne disposait pas, par ailleurs, de force armée digne de ce nom. Ce sont les seigneurs de guerre somaliens, héritiers de la décomposition de l’Etat à partir de la chute du dictateur Siad Barre en 1991, qui faisaient la loi dans le pays, en s’appuyant sur les gangs de jeunes souvent drogués, les mooryaans, tout en réalisant des bénéfices juteux par toute une série de trafics (commerce du khat, plante euphorisante locale, en particulier).

C’est pour réagir à la décomposition de la Somalie que s’étaient créés, en 1996, les premiers Tribunaux Islamiques, fédérés au sein de l’Union des Tribunaux Islamiques (UTI) depuis 2002, alors dirigée par Cheikh Sharif Cheik Ahmed [1]. Le recrutement clanique de l’UTI se fait essentiellement chez les Hawiyé, et quelque peu chez un autre clan, les Haber Gidir. Or les Hawiyé se trouvent aussi dans le GFT somalien, et le clan est surtout présent en Somalie centrale. La ligne politique de l’UTI est d’ailleurs, au départ, assez floue : des modérés y côtoient des proches d’Al Qaida. Le succès des Tribunaux Islamiques est dû, au départ, à une volonté de remise en ordre de la société somalienne, certes d’après les principes de l’islam : lutte contre le banditisme, les rivalités de clans, une sorte de solidarité horizontale qui semble bien prendre, au départ. Son action est particulièrement appréciée dans les quartiers nord de Mogadischio.

Cheikh Ahmed, le leader modéré de l’UTI, au 12ième Sommet de l’Union Africaine

L’UTI va réussir à prendre le contrôle de la Somalie en raison de la crainte des Américains, qui depuis les attentats du 11 septembre voient le pays comme un foyer potentiel d’islamisme radical. La CIA prétend y avoir repéré plusieurs proches de Ben Laden -par exemple le Comorien Fazoul Abdallah Mohamed, qui avaient organisé les attentats contre les ambassades américaines en Tanzanie et au Kenya en 1998. Les Américains s’inquiètent également des liens suspects entre certains milieux d’affaires somaliens et des organisations financières douteuses des pays du Golfe : les avoirs de la principale compagnie somalienne, al-Barakat, sont d’ailleurs gelés assez rapidement. Basées à Djibouti, au camp Lemonier, les forces spéciales américaines surveillent de près la Somalie, formant les troupes des alliés américains de la région (Ethiopie au premier chef), tout en utilisant des milices somaliennes pour enlever les personnes jugées proches d’Al Qaida. Le président du GFT, élu en octobre 2004, a d’ailleurs été volontairement appuyé par les Américains car il était proche de l’Ethiopie… Pour contrer une menace islamiste qu’elle juge de plus en plus dangereuse avec la formation de l’UTI, la CIA finance et arme une coalition des seigneurs de guerre baptisée, en février 2006, du titre ronflant d’Alliance pour le Rétablissement de la Paix et Contre le Terrorisme (ARPCT). Les services secrets américains utilisent en particulier le paravent que constitue la société privée de sécurité Select Armor [2]. Le but est en réalité d’éradiquer l’UTI, qui ne s’y trompe pas et passe à l’offensive le 20 février 2006. Après trois mois de violents combats, Modagichio tombe aux mains de l’UTI le 16 juin. Il est significatif que cette intervention plus marquée des Américains arrive alors que la politique des Etats-Unis en Irak est violemment critiquée, au vu de la dégradation de la situation sur le terrain [3].

La guerre civile en Somalie se complique encore par l’intervention des voisins de la Corne de l’Afrique. L’Ethiopie et l’Erythrée, ennemis jurés depuis que la seconde s’est séparée de la première en 1993 après la lutte victorieuse de la rébellion érythréenne et la chute du régime du colonel Mengistu, se sont affrontées militairement entre 1998 et 2000. Le conflit larvé entre les deux Etats se traduit par un soutien apporté par chacun à l’un des deux camps en présence chez le voisin somalien. Comme l’Ethiopie soutient depuis le début le GFT somalien, l’Erythrée, pourtant Etat laïque, arme régulièrement l’UTI. On sait par ailleurs que d’autres Etats participent à l’approvisionnement en armes des deux camps : l’Arabie Saoudite soutient l’UTI, tandis que l’Egypte et le Yémen aident au contraire le GFT.

Hassan Dahir Aweys, le fondamentaliste à la tête de l'UTI à la mi-2006.

La presse internationale évoque alors une « talibanisation » rampante de la Somalie, à tort, car le contexte n’est pas du tout le même dans ce pays déchiré depuis 1991 qu’en Afghanistan. Si l’UTI est dirigée, à partir de la mi-2006, par le fondamentaliste Hassan Dahir Aweys, il n’en reste pas moins que son influence est limitée par le clanisme très fort encore présent en Somalie, qui avait d’ailleurs beaucoup coûté au dictateur Siad Barre, et qui a joué aussi dans la guerre civile déclenchée en 1991 jusqu’à aujourd’hui. L’UTI ne bénéficie pas d’un véritable soutien extérieur et les Hawiyés ne représentent que 20 % à peine de la population. Il semble aussi que les « durs » plus proches d’Al Qaïda n’est pas véritablement le contrôle de l’organisation de l’UTI.

Une présence d’Al Qaida en Somalie ?

En Somalie, l’islam est arrivé dès les VIIème-VIIIème siècles de notre ère, surtout par le contact des marchands arabes. Aujourd’hui, 98 % de la population est musulmane. L’islam somalien se caractérise par la présence de confréries soufies, en particulier la Qaadiriya et l’Ahmediya. Le sunnisme orthodoxe est la norme, avec un clergé en général proche des élites dirigeantes. Il a fallu attendre la guerre civile consécutive à la chute de Siad Barre en 1991 pour voir l’islam véritablement jouer un rôle important en politique. Le mouvement Al-Ittihad, un des principaux groupes armées de la guerre civile somalienne, avait d’ailleurs été mis sur la liste des organisations terroristes par les Etats-Unis en 1998 ; on peut le considérer comme un surgeon des Frères Musulmans. Il avait des liens avérés avec la mouvance Al Qaïda.

Que dire d’ailleurs de la présence d’Al Qaïda en Somalie ? Il semblerait que les premiers éléments soient arrivés sur place en février 1993, depuis Peshawar, au Pakistan. Ils auraient même joué un rôle dans les attaques conduites contre les troupes de l’ONU et les Américains cette année-là. Plus vraisemblablement, la Somalie de l’immédiat après-Siad Barre était un excellent point de recrutement pour l’organisation, qui a surtout fourni de l’entraînement à certains Somaliens, fonctionnant un peu comme un camp de forces spéciales. Les membres d’Al Qaïda se heurtent d’ailleurs au problème clanique : leurs convois sont souvent attaqués, et le message a du mal à passer auprès d’une population soucieuse d’abord de se protéger contre les clans voisins. Il est intéressant de voir que l’organisation islamiste se heurte au même problème que les Américains : elle n’arrive pas à cerner le contexte local, et le discours salafiste grippe devant la question de l’enseignement soufi, très développé en Somalie. Elle arrive cependant à conquérir certains secteurs, en particulier le port de Ras Kamboni, sur l’Océan Indien, proche de la frontière avec le Kenya dans le sud du pays ; ce sera d’ailleurs l’un des bastions de l’UTI. Des camps d’entraînement y sont installés pour des volontaires étrangers, non sans opposition locale d’ailleurs [4].

De la chute des Tribunaux Islamiques à la résistance d’al-Shabaab (2006-2010) : « la guerre islamiste n’aura pas lieu » ?

A la mi-décembre 2006, l’UTI contrôle près de la moitié de la Somalie : seuls le Puntland, le Somaliland et la zone centre-sud de la Somalie, autour de la ville de Baidoa, échappent à son emprise. Le GFT somalien, installé près de Baidoa, ne survit que grâce à l’appui des troupes éthiopiennes, contre lesquelles Daweys lance le djihad, et tient un discours qui n’est pas sans rappeler les ambitions de « Grande Somalie » du dictateur Siad Barre qui avait mené à la guerre de l’Ogaden (1977-1978) contre l’Ethiopie. L’UTI revendique aussi un soutien aux deux mouvements de rébellion de l’Ogaden, le Front de Libération de la Somalie Occidentale, création de Siad Barre, et le Front de Libération Nationale de l’Ogaden ; le Front de Libération Oromo, un autre mouvement rebelle d’une province éthiopienne, basé à Asmara en Erythrée, serait lui aussi soutenu par l’UTI. Les Américains et les Ethiopiens, en décembre 2006, affirment que l’UTI est désormais contrôlée par la mouvance radicale al-Shabaab, un mouvement qui regroupe des jeunes gens dont la plupart ont été formés en Afghanistan ou ont combattu au sein des divers théâtres d’opérations de « l’internationale islamiste », si l’on peut dire. L’UTI revendique en tout cas un pouvoir fort et centralisé pour la Somalie : elle s’est imposée en dehors de Mogadischio d’abord par la force militaire plutôt que par le ralliement politique, comme le montre la conquête du port de Kismayo.

L’UTI commet alors l’erreur d’envoyer ses miliciens attaquer les troupes du GFT à Baidoa, c’est à dire en fait les soldats éthiopiens. L’armée éthiopienne, largement soutenue par les Américains, balaye assez rapidement ses adversaires [5], qui, au lieu de mener une guérilla urbaine à Mogadischio dans le pur héritage somalien, choisissent d’abandonner la capitale pour se réfugier au sud du pays. Il faut dire que le soutien populaire dans la capitale à l’UTI était large, mais pas très prononcé. Les habitants étaient reconnaissants du retour à l’ordre, d’une politique de nettoyage et de la réouverture du port et de l’aéroport, mais quelque peu mécontents de certains édits islamiques promulgués par l’UTI. Celle-ci se replie donc sur le port méridional de Kismayo, avant d’en être chassée par l’armée éthiopienne ; la plupart des membres de l’organisation survivent alors à la frontière avec le Kenya, traqués par les soldats éthiopiens et par des forces spéciales américaines opérant depuis l’autre côté de la frontière.

Dans la première moitié de 2007, à Mogadischio, le TFG tente de rétablir son autorité mais se heurte à de nombreuses difficultés. Il a en effet exclu le sous-clan Ayr des Haber Gidir des responsabilités, car c’est le sous-clan d’Aweys, le fondamentaliste leader de l’UTI. Par ailleurs, les Shabaab mènent quant à eux une véritable guérilla urbaine dans la capitale contre les troupes du TFG et les Ethiopiens. Les 1 600 soldats ougandais de la force de maintien de la paix de l’Union Africaine expédiée sur place sont aussi pris pour cible. Les leaders du mouvement Shabaab, aidés par des combattants étrangers, sont d’ailleurs les principaux responsables des attaques : ils introduisent de nouvelles tactiques, attentats-suicides, engins explosifs improvisés, assassinats ciblés, qui sont alors inconnues en Somalie. En janvier 2007, les Américains réalisent plusieurs frappes avec des appareils AC-130 gunships à Ras Kamboni et près de la frontière kenyane pour éliminer certains des dirigeants extrémistes des Shabaab et de l’UTI. Un détachement américain, baptisé Task Force 88, coopère étroitement avec les Ethiopiens pour traquer les personnages importants de l’islamisme radical somalien. Les appareils américains sont d’ailleurs vraisemblablement basés en Ethiopie. Début juin 2007, un destroyer américain effectue une frappe tactique dans la région semi-autonome du Puntland, au nord-est du pays, contre un groupe d’Al-Qaida suspecté de se cacher dans les montagnes environnantes.

Carte de la bataille de Ras Kamboni (janvier 2007)

En mars 2008, les Etats-Unis franchissent un cap dans la lutte contre Al-Shabaab en mettant le groupe sur la liste des organisations terroristes à travers le monde. En mai, une frappe de missiles tue le leader de l’organisation, Aden Hayshi Ayro. Le 26 octobre 2008, le GFT et le principal mouvement de résistance, l’Alliance pour la Re-Libération de la Somalie (ARS) -le nouveau sigle de ralliement de l’UTI- concluent un accord de paix qui prévoit aussi le départ des troupes éthiopiennes. En janvier 2009, le Cheikh Ahmed, dirigeant modéré des Tribunaux Islamiques, est élu président de la Somalie. On peut alors penser que c’est un gage de stabilisation pour le pays, les Tribunaux Islamiques étant respectés par une bonne partie de la population ; ceci étant, deux des 11 tribunaux islamiques penchent du côté des radicaux, dont celui dirigé par Aweys. A la mi-septembre 2009, les forces spéciales américaines réussissent à tuer un autre responsable important des Shabaab, Saleh Ali Nahan, un vétéran des attentats de 1998 au Kenya et en Tanzanie, et qui avait aussi participé à l’attentat de Mombasa en 2002 contre un appareil israëlien. Ceci étant dit, le gouvernement somalien peine encore à s’imposer, de par l’absence d’armée régulière, de forces de police et de justice qui transcenderaient les luttes claniques. Cependant, le départ des troupes éthiopiennes a permis d’ôter un prétexte utilisé par les Shabaab pour rallier la population somalienne à la lutte contre « l’envahisseur chrétien ».

La principale menace pour les Américains réside bien, en fait, dans le groupe Al-Shabaab (littéralement « la jeunesse ») créé en 2004 dans le but de partir, d’abord, à la reconquête du sud somalien. L’organisation a réussi à s’imposer dans plusieurs parties du sud et du centre de la Somalie. La plupart des attaques les plus violentes lui sont dues ; elle disposerait d’un vivier de 7 000 combattants. Le but d’Al-Shabaab est d’installer un Etat islamique en Somalie, régi par la charia, et de chasser les envahisseurs étrangers, Ethiopiens ou Américains. Plus de 450 combattants étrangers auraient rejoint, au total, le mouvement Al-Shabaab en Somalie. Le groupe est très présent dans le Puntland, mais aussi près de Baidoa et Kismayo. Autre groupe combattant à côté d’Al-Shabaab : Hizbul-Islam, lui aussi frange extrêmiste de l’UTI, mais qui a perdu beaucoup de son importance depuis la disparition de son chef. Les deux groupes, très installés dans le sud somalien, se sont d’ailleurs régulièrement affronté par les armes. Al-Shabaab, à l’avenir incertain depuis la disparition de son chef, cherche désormais à s’implanter dans les deux régions autonomes du Somaliland et du Puntland, fragilisées par des crises politiques. Al-Shabaab a souffert, de fait, de la politique menée dans les villages « libérés » au sud de la Somalie : loi islamique draconienne, châtiments corporels terrifiants, sans parler de certaines attaques politiquement malhabile (bombardement de la cérémonie de remise de diplôme de l’université Benadir le 3 décembre 2009, par exemple). En outre, elle a promu des dirigeants de clans originaires du nord de la Somalie dans le sud, tout en cherchant à imposer le salafisme contre le soufisme, ce qui n’a pas été sans provoquer des heurts avec la population locale. La force actuelle du mouvement Al-Shabaab témoigne davantage, en fait, de la faiblesse persistante du gouvernement central somalien [6].

Globalement, néanmoins, le phénomène Al Qaida reste marginal en Somalie ; il suffit à l’organisation d’avoir recruté un petit noyau de fidèles pour mener à bien ses opérations sur place. L’exagération rhétorique des Américains sur la menace islamiste en Somalie ne fait que servir les intérêts de ce petit groupe de combattants fanatisés, trop heureux de bénéficier de la couverture médiatique ainsi fournie.

Piraterie et djihad : une connexion inexistante ?

Il ne faut pas oublier non plus que la question des Tribunaux Islamiques, et in fine de l’islamisme en Somalie, est liée aussi à celle de la piraterie, et de sa recrudescence depuis la chute de l’UTI en décembre 2006 [7]. Les Tribunaux Islamiques avaient en effet lancé une grande campagne de nettoyage des « nids de pirates » le long des côtes somaliennes qu’ils contrôlaient.

le détroit de Bab-el-Mandeb, entre la Mer Rouge et le Golfe d'Aden

Après l’intervention éthiopienne, la piraterie a repris ses droits et s’est même développée : en 2008, plus de 130 navires avaient été attaqués, faisant du golfe d’Aden et du détroit de Bab-el-Mandeb une des régions les plus dangereuses du monde pour le commerce maritime. Le 8 avril 2009, la tentative d’abordage du navire américain Maersk Alabama était la première subie par les Etats-Unis depuis plus de deux siècles. Les pirates, très bien renseignés, diversifient d’ailleurs le type de prises et étendent leur champ d’action géographique par l’utilisation de « vaisseaux-mères ». On estime en 2009 qu’il y avait plus de 1 200 pirates basés sur les côtes somaliennes, en particulier celles du Puntland, la région semi-autonome du nord-est, où la piraterie est une tradition depuis longtemps (autour du port d’Eyl, aujourd’hui, en particulier). La plupart des pirates appartiendrait au clan Majarteen, le même que celui de l’ancien président du GFT somalien Abdullahi, qui fournissait d’ailleurs les quelques troupes de ce dernier. Quatre groupes principaux de pirates opèrent en Somalie : le National Volunteer Coast Guard autour de Kismayo, le Marka Group, au sud de Mogadischio, et celui du Puntland. Le plus important et le plus organisé militairement parlant est celui des Somali Marines, qui préfèrent d’ailleurs se dénommer « Défenseurs des Eaux Territoriales Somaliennes » . Le groupe opère depuis Mogadischio jusqu’au Puntland, au nord.

Pour l’instant les contacts entre le mouvement Al-Shabaab et les pirates ne semblent pas très étroits, malgré le fait que le premier aurait formé plus de 2 500 Somaliens sur les côtes. Le risque d’apparition d’un djihad sur les mers existe bel et bien, mais il ne s’est pas encore matérialisé.

Bibliographie :

Napoleon A. BAMFO, « Ethiopia’s invasion of Somalia in 2006 : Motives and lessons learned », African Journal of Political Science and International Relations, Volume 4, février 2010.

Mohamed IBRAHIM, « The Geopolitical Implications of the Somali « Islamic Courts » . Activities in the Horn of Africa. », mai 2009.

André LE SAGE, « Somalia’s Endless Transition : Breaking the Deadlock. », Institute for National Strategic Studies National Defense University, n°257, juin 2010.

Roland MARCHAL, « Somalie : un nouveau front antiterroriste ? », Les Etudes du CERI n°135, juin 2007.

Gérard PRUNIER, « Liaisons dangereuses de Washington en Somalie », Le Monde Diplomatique, septembre 2006.

David H. SHINN, « Al-Qaeda in East Africa and the Horn », Journal of Conflict Studies, été 2007.

Gerrie SWART, « Pirates of Africa’s Somali Coast : on terrorism’s brink ? », South African Journal of Military Studies, volume 37, n°2, 2009.

Notes

[1] Gérard PRUNIER, « Liaisons dangereuses de Washington en Somalie », Le Monde Diplomatique, septembre 2006.

[2] Mohamed IBRAHIM, « The Geopolitical Implications of the Somali « Islamic Courts » . Activities in the Horn of Africa. », mai 2009.

[3] Roland MARCHAL, « Somalie : un nouveau front antiterroriste ? », Les Etudes du CERI n°135, juin 2007.

[4] David H. SHINN, « Al-Qaeda in East Africa and the Horn », Journal of Conflict Studies, été 2007.

[5] Napoleon A. BAMFO, « Ethiopia’s invasion of Somalia in 2006 : Motives and lessons learned », African Journal of Political Science and International Relations, Volume 4, février 2010.

[6] André LE SAGE, « Somalia’s Endless Transition : Breaking the Deadlock. », Institute for National Strategic Studies National Defense University, n°257, juin 2010.

[7] Gerrie SWART, « Pirates of Africa’s Somali Coast : on terrorism’s brink ? », South African Journal of Military Studies, volume 37, n°2, 2009.

Source : Historicoblog

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