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Quelques interventions de Paul Ariès à « Ce soir ou jamais » (vidéo)

Dans Vidéo le 31 juillet 2010 à 16:51

WikiLeaks : La divulgation de documents confidentiels expose la guerre impérialiste en Afghanistan

Dans AfPak, Analyse, Asie Centrale, Géopolitique, Géostratégie, Guerre contre le Terrorisme, Guerre d'Afghanistan, Guerre de l'Énergie, Guerre de l'Information, GWOT le 31 juillet 2010 à 11:08

par Alex Lantier pour WSWS

Dimanche, le site internet WikiLeaks a mis en ligne 91.731 documents militaires américains sur l’occupation de l’Afghanistan par l’OTAN et les Etats-Unis couvrant la période de janvier 2004 à décembre 2009. Le moment de la publication avait été choisi pour coïncider avec la parution d’articles concernant ces révélations dans le New York Times, le quotidien britannique Guardian et le l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, qui tous avaient reçu ces documents il y a plusieurs semaines.

Les documents montrent clairement que l’occupation de l’Afghanistan est une sale guerre impérialiste. La résistance populaire et les manifestations de protestation sont noyées dans le sang, les escadrons de la mort américains agissent en toute liberté et sous le couvert d’un blackout médiatique, et Washington et l’OTAN collaborent avec une étroite élite de seigneurs de guerre et d’officiers afghans corrompus.

Les documents avaient été diffusés au moment où le gouvernement afghan confirmait qu’une attaque à la roquette de l’OTAN avait tué la semaine passée plus de 50 civils, en grande partie des femmes et des enfants, dans le district de Sangin dans la province de Helmand.

Les documents de WikiLeaks confirment l’ampleur massive de la répression par l’OTAN et les Etats-Unis. Selon la propre classification de l’armée américaine, qui minimise le rôle joué par les Etats-Unis et l’OTAN, la divulgation fait état de 13.734 rapports d’actions positives (« friendly action ») par les forces de l’OTAN et des Etats-Unis. Le nombre des attaques afghanes — il y 27.078 rapports concernant des « tirs ennemis » et 23.082 d’« accidents d’explosion » — ébranle les affirmations selon lesquelles la résistance afghane serait l’oeuvre de quelques terroristes d’al-Qaïda. Il y a 237 rapports de manifestations populaires contre l’occupation afghane ou contre les autorités afghanes contrôlées par les Etats-Unis.

Ces documents en soi ne seraient qu’une petite sélection parmi les millions de dossiers américains que WikiLeaks a dans ses bases de données. Les documents qui viennent d’être publiés montrent toutefois clairement que l’armée américaine juge les victimes afghanes comme étant sans importance et qu’elle compte sur les médias occidentaux pour dissimuler l’ampleur des meurtres aux populations des pays de l’OTAN et d’ailleurs.

Selon un rapport, le 28 mars 2007 des forces néerlandaises avaient ouvert le feu sur Chanartu, un village dans la province de Kandahar qui aurait été attaqué par les talibans. L’armée avait tué quatre villageois afghans et en avait blessé sept autres dans une opération qualifiée de « justifiée ». Le rapport dit que le gouvernement néerlandais s’était « engagé dans une campagne proactive de relations publiques pour empêcher toute retombée politique en Afghanistan et aux Pays-Bas », expliquant qu’autrement les soldats hollandais pourraient « hésiter » à tirer à l’avenir sur des Afghans. Les meurtres furent classés comme ayant été le résultat de forces « ennemies ».

Les documents, rédigés du point de vue de l’armée américaine dans le feu de l’action, sous-estiment souvent le nombre de victimes afghanes. Par exemple, le bombardement de Kunduz en septembre 2009 — lorsque des officiers allemands avaient fait appel au bombardement aérien américain des camions-citernes remplis d’essence, tuant 142 Afghans, en grande majorité des civils — est classé comme ayant causé la mort de 56 insurgés.

Les documents contiennent d’innombrables rapports de civils tués par balle pour s’être approchés de véhicules de l’OTAN ou pour ne pas s’être arrêtés à un point de contrôle. Deux situations survenues en 2008 sont relatées où des forces de l’OTAN ont mitraillé un car — l’une des situations impliquant des troupes françaises, blessant huit personnes et l’autre des troupes américaines, faisant 15 victimes.

Il y a aussi un nombre de cas où les forces de l’OTAN ont réprimé des manifestations, souvent en étroite coopération avec les autorités afghanes locales. Le 11 mai 2005, une unité de Marines avait fait état de manifestations à Jalalabad, en Afghanistan oriental. Après des demandes d’assistance émanant du gouverneur régional, Din Mohammed, les Marines ont recouru à des « AH-64 [hélicoptère d’attaque tout temps Apache] pour une démonstration de force. »

Sous couvert d’un soutien aérien, les forces afghanes et de l’OTAN étaient intervenues contre les manifestants. Bien que l’armée américaine a rapporté que 37 civils afghans ont été tués et 10 autres blessés, elle classa la manifestation de Jalalabad comme un « événement sans combat » par des « forces neutres ».

Tenue dans le secret, la TF 373 montre que des "black ops" ont lieu en Afghanistan. Photo : US Air Force

Les documents révèlent aussi l’existence de la Task Force 373 — un escadron de la mort secret, fortement armé composé de forces spéciales et qui montent des opérations sur l’ensemble de l’Afghanistan, en cherchant à assassiner les dirigeants talibans. Dans la nuit du 11 juin 2007, lors d’une tentative de capturer le commandant taliban Qarl Ur-Rahman près de Jalalabad, la Task Force 373 fut surprise par une patrouille de police afghane amie qui, dans la nuit, avait pointé une torche dans leur direction. La Task Force réclama un raid aérien mené par l’avion gunship AC-130 qui bombarda les policiers. Sept policiers afghans furent tués et quatre blessés.

Une semaine plus tard, la Task Force 373 avait lancé une autre mission contre Abu Laith al-Libi dans la province de Paktika. Le projet était de tirer une salve de six missiles sur le village de Nangar Khel où al-Libi était supposé se cacher puis d’y envoyer des troupes pour attaquer le village. Bien qu’ils n’aient pas trouvé al-Libi, ils se rendirent compte que la frappe de missiles avait tué six adultes, qu’ils qualifièrent de combattants talibans et huit enfants afghans dans une madrasa [établissement d’enseignement].

Le 4 octobre 2007, la Task Force avait attaqué des forces talibanes dans le village de Laswanday, à 6 miles seulement de Nangar Khel. Durant une interruption des combats les talibans s’esquivèrent. La Task Force 373, fit néanmoins appel au bombardement aérien, en tuant six civils, quatre hommes, une femme et une jeune fille. Deux adolescentes et un garçon ainsi que 12 soldats américains furent blessés. L’on soupçonne que quelques villageois afghans furent exécutés vu qu’un des hommes avait été retrouvé avec les mains ligotées derrière le dos.

Les forces de la coalition avaient tout d’abord publié un communiqué affirmant que les forces américaines avaient tué plusieurs militants talibans. Une unité américaine s’était rendue dans le village et avait cherché à rejeter la responsabilité pour les morts sur les villageois. Selon les rapports qui ont été divulgués, elle « soulignait que la responsabilité de la mort des innocents incombait aux villageois qui n’avaient pas tenu tête aux insurgés et à leurs activités anti-gouvernementales. »

Les documents révèlent aussi des pertes aériennes de plus en plus importantes de l’OTAN, dont nombre de drones et même d’avions avec pilote, dont au moins un avion de combat F-15 perdu au-dessus de l’Afghanistan. Dans un rapport d’avril 2007, l’armée américaine mentionne que le gouvernement iranien avait acheté des missiles anti-aériens portables du gouvernement algérien pour les donner aux insurgés afghans. Ce fait n’avait jamais été rapporté auparavant.

Le conseiller à la sécurité nationale à la Maison-Blanche, James L. Jones, a dénoncé la diffusion des documents par WikiLeaks en disant que Washington « condamnait fortement la divulgation de documents confidentiels par des individus et des organisations qui pourraient mettre en danger la vie des Américains et de nos partenaires et menacer notre sécurité nationale. »

Il a poursuivi « WikiLeaks n’a pas cherché à nous contacter au sujet de ces documents – le gouvernement des Etats-Unis a appris par les médias que ces documents seraient mis en ligne. »

Alors que le gouvernement américain est le plus directement concerné par les documents jusque-là divulgués, beaucoup d’autres pays doivent être préoccupés par le matériel supplémentaire qui pourrait être diffusé. Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, affirme disposer d’un matériel considérable sur les positions en Afghanistan de tout pays dont la population dépasse un million d’habitants, c’est-à-dire toutes les principales puissances mondiales.

L’occupation de l’Afghanistan est largement impopulaire dans le monde entier.

Lors d’une conférence de presse lundi à Londres, Julian Assange a dit qu’il avait reçu dernièrement de sources militaires davantage de « matériel de haute qualité ». Le Guardian a remarqué : « Washington craint d’avoir peut-être perdu même bien plus de matériel hautement sensible, y compris des archives contenant des dizaines de milliers de messages câblés originaires d’ambassades américaines de par le monde et concernant des contrats d’armement, des négociations commerciales, des réunions secrètes et des positions non censurées d’autres gouvernements. »

Assange est soumis à des pressions intenses de la part des Etats-Unis et de gouvernements alliés. Le Pentagone a proposé d’envoyer des enquêteurs pour le rencontrer en « territoire neutre » et discuter avec lui de ses sources, mais Assange a refusé. Après l’arrestation de l’analyste du renseignement militaire américain de 22 ans, Bradley Manning, le 26 mai à la base d’opération avancée Hammer à 22 miles en dehors de Bagdad, Assange a décidé de se cacher.

Manning est actuellement détenu dans une prison militaire américaine au Koweït.

Au début du mois. le gouvernement australien avait brièvement saisi le passeport d’Assange en lui disant qu’il pourrait être annulé. Assange est Australien.

Le Guardian a écrit que le journaliste « Daniel Ellsberg qui avait divulgué les documents du Pentagone a dit qu’il pensait qu’Assange pourrait bien se trouver physiquement en danger ; Ellsberg et deux autres anciens dénonciateurs ont mis en garde que des agences américaines pourraient « faire tout leur possible pour punir en guise d’exemple » le fondateur de WikiLeaks ».

Le Guardian affirme, qu’après une chasse à l’homme, ils avaient trouvé Assange dans un café à Bruxelles où il s’était rendu pour s’adresser au parlement européen. Il a accepté qu’une équipe de journalistes du Guardian puissent accéder aux rapports qui avaient également été envoyés au New York Times et au Spiegel.

A la question quant à sa sécurité lors de la conférence de presse au Frontline Club de Londres, Assange a dit : « Comme nous le savons tous, le Royaume-Uni est un Etat de surveillance. » Il a poursuivi en disant qu’il pensait avoir un soutien politique au Royaume-Uni de façon à qu’il serait difficile « qu’on m’arrête ou qu’on m’emprisonne. Je ne peux pas m’imaginer que cela puisse se passer dans ce pays, à moins qu’il y ait une erreur de communication entre la bureaucratie et la direction politique », à savoir que la police ou l’armée britannique décide de violer l’autorité du gouvernement.

En fait, la principale division n’est pas tellement entre le gouvernement pro-guerre de Cameron en Grande-Bretagne et l’appareil d’Etat mais entre les masses de la population laborieuse sur le plan international qui rejettent la guerre et les gouvernements et les forces de sécurité qui sont déterminés à la mener.

Il est significatif de noter qu’aucun des organes de presse qui ont rapporté la nouvelle n’a appelé à s’opposer à la guerre en Afghanistan. Au lieu de cela, l’éditorial du Guardian a réclamé son extension indéfinie. Il a écrit que les révélations faites dans les documents de WikiLeaks signifiaient que « l’Afghanistan n’est pas comme un cadeau emballé avec des rubans roses que les Etats-Unis ou la Grande-Bretagne sont sur le point de remettre à un gouvernement national souverain à Kaboul. »

Des sections de l’establishment politique américain insistent pour utiliser le matériel de WikiLeaks en effectuant un virage tactique dans le politique belliqueuse Etats-Unis et de l’OTAN à l’égard de l’Afghanistan et du Pakistan. Le sénateur américain John Kerry a publié une déclaration, disant : « Quelle que soit la manière illégale dont ces documents sont devenus publics, ils soulèvent de sérieuses questions quant au réalisme de la politique américaine envers le Pakistan et l’Afghanistan. Ces politiques sont dans une phase critique et ces documents pourraient très bien souligner les enjeux et rendre plus urgents les ajustements nécessaires à leur mise en adéquation. »

Kerry préside présentement les auditions du Comité des Affaires étrangères du Sénat sur la guerre en Afghanistan.

La fuite des documents secrets a été accompagnée par une campagne menée dans la presse américaine afin de dénoncer le soutien du gouvernement pakistanais de factions de seigneurs de guerre afghans opposés au régime Karzaï à Kaboul. La discussion a tourné autour du rôle joué par le lieutenant général Hamid Gul, l’ancien patron du renseignement militaire pakistanais – l’Inter-Services Intelligence (ISI).

Le New York Times a écrit: « Le lieutenant général Hamid Gul a dirigé l’ISI entre 1987 et 1989, à une époque où les espions pakistanais et la CIA avaient fait front commun pour aider les milices afghanes qui combattaient les troupes soviétiques en Afghanistan. Après l’arrêt des combats, il avait maintenu ses contacts avec les anciens moudjahidin qui éventuellement finiront par se transformer en talibans. »

Le New York Times poursuit en disant, « plus de deux décennies plus tard, il semblerait que le général Gul est toujours en activité. Les documents montrent qu’il a travaillé sans relâche pour réactiver ses anciens réseaux, en recourant à des alliés connus tels Jalaluddin Haqqani et Gulbuddin Hekmatyar dont les réseaux forts de milliers de combattants sont responsables de nombreuses vagues de violence en Afghanistan. »

Le gouvernement américain accuse à présent le Pakistan, qu’il reconnaît publiquement comme étant l’un de ses nombreux alliés, de soutenir les forces afghanes combattant les Etats-Unis. Ces accusations soulignent l’hypocrisie de base de l’intervention américaine en Afghanistan. Il n’est pas question de combattre l’islamisme ou le terrorisme de droite mais de défendre les intérêts stratégiques américains et de contrôler l’équilibre des pouvoirs sur un continent asiatique changeant rapidement.

Alors qu’il confronte une opposition populaire de masse à l’occupation américaine en Afghanistan, Washington a été en mesure de façonner un accord entre les factions appuyées par le Pakistan et réunissant Hekmatyar, Haqqani, et les talibans d’un côté, et les forces de l’Alliance du Nord soutenant le régime de Karzaï à Kaboul, de l’autre. Ces dernières ont historiquement été soutenues par le rival régional du Pakistan, l’Inde, ainsi que la Russie. Toutefois, un virage de l’impérialisme américain pour affronter le Pakistan comporte d’immenses dangers, notamment une confrontation avec la Chine, l’allié du Pakistan le plus puissant dans la région.

(Article original paru le 27 juillet 2010)

à voir également :

- Des soldats américains s’excusent pour une tuerie en Irak

- Ne touchez pas à WikiLeaks !

- Les révélations du site Wikileaks : Rapports explosifs sur la guerre en Afghanistan

- Afghanistan : un ennemi nommé Pakistan

- Wayne Madsen est méfiant sur l’affaire WikiLeaks (vidéo)

Source : WSWS

Géopolitique de l’Afghanistan – volet 2 (vidéo)

Dans Vidéo le 30 juillet 2010 à 19:12

Dans le cadre de la crise afghane, ce pays ne fait plus face à un grand jeu bipolaire. Les changements géopolitiques actuels ainsi que l’apparition de nouveaux intérêts amènent la présence de plusieurs pays dans ce cœur du monde eurasiatique. L’étude d’Aymeric Chauprade apporte un éclaircissement sur les enjeux et la situation de l’Afghanistan.

voir la suite : Realpolitik.tv

volet 1 : Géopolitique de l’Afghanistan – volet 1 (vidéo)

Géopolitique du Moyen-Orient par Webster Tarpley (vidéo)

Dans AfPak, Analyse, Asie Centrale, Attentats de Bombay, Axe du Mal, États-Unis, Censure, CIA, Cyberespace, Cybersécurité, Espionnage, Faucons de Washington, Géopolitique, Géostratégie, George Soros, Guerre contre le Terrorisme, Guerre d'Afghanistan, Guerre de l'Énergie, Guerre de l'Information, Guerres Cybernétiques, Guerres Electroniques, GWOT, Hacker, Hamid Karzaï, Inde, Internet, ISAF, la Maison Blanche, Manipulation, NSA, OTAN, Pakistan, Pentagone, Piratage Informatique, République Islamique d'Iran, Renseignement, Robert Gates, Waziristan, Web 2.0 le 29 juillet 2010 à 22:30

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Wayne Madsen est méfiant sur l’affaire WikiLeaks (vidéo)

Dans AfPak, Asie Centrale, Asif Zardari, États-Unis, CIA, Cyberespace, Cybersécurité, DARPA, Espionnage, Faucons de Washington, Guerre contre le Terrorisme, Guerre d'Afghanistan, Guerre de l'Information, Guerres Cybernétiques, Guerres Electroniques, GWOT, Hacker, Hamid Karzaï, Internet, ISAF, Manipulation, Néoconservateurs, Néoconservatisme, Neocons, NSA, OTAN, Pakistan, Pentagone, Piratage Informatique, Renseignement, Talibans, TTP, Vallée de Swat, Waziristan, Web 2.0 le 28 juillet 2010 à 21:35

S’agit-il d’une manipulation dont le dessein serait un contrôle d’internet type Big Brother ou ce sont de véritables révélations par WikiLeaks ? Les fuites de documents secrets semblent être bien suspectes pour Wayne Madsen, John Young et également pour Webster Tarpley.

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à lire également :

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Top Secret America : Une Amérique pas si secrète

Dans États-Unis, Barack H. Obama, Blackwater, CIA, Donald Rumsfeld, Espionnage, George W. Bush, la Maison Blanche, NSA, Pentagone, Renseignement, Robert Gates, Sécurité, Société Militaire Privée le 28 juillet 2010 à 10:29

Le Washington Post publie une enquête sur l’évolution de la communauté du renseignement US qui peine à étonner, tant par la nature des informations publiées que par l’analyse qui en est faite.



Signée par les éminents journalistes Dana Priest et William M. Arkin, l’enquête journalistique “Top Secret America” fait l’objet d’un mini-site dédié hébergé par le Washington Post, agrémenté de graphiques interactifs et d’une cinématique d’introduction. Réalisé au cours des deux dernières années, ce reportage vise à décrire les développements et l’expansion du renseignement américain depuis le 11 septembre 2001.

Les chiffres sont au centre du reportage Top Secret America, qu’il s’agisse du montant des contrats alloués à des compagnies privées, du nombre d’agences chargées d’une même mission ou du nombre de sous-traitants employés par une institution. Malgré cette pléthore de chiffres, la base de données ne recèle pas de grandes découvertes pour qui s’intéresse au renseignement US, étant fondée presque exclusivement sur des informations publiées lors des signatures de contrats sur des sites gouvernementaux ou sur ceux des sociétés concernées.

Si l’effort visant à créer un recensement exhaustif des sous-traitants du renseignement américain est louable, ce listing ne se suffit pas à lui-même, en l’absence d’une mise en contexte suffisante. L’argumentaire du reportage ne se révèle pas aussi complet que la base de données qui l’accompagne, reposant principalement sur quelques chiffres et affirmations choc.

“850 000 individus détenant une accréditation Top Secret”

Ce chiffre impressionnant est présenté dès la vidéo d’introduction et ne fait pas réellement l’objet d’explications. Il est tout d’abord à mettre en rapport avec l’effectif global de la communauté du renseignement, du gouvernement américain et des forces armées US, institutions qui font toutes usage plus ou moins régulièrement de documents classifiés. Les principales agences de renseignement américaines comptent environ 100 000 employés, le FBI plus de 30 000, le DHS regroupe plus de 200 000 effectifs au sein de plusieurs agences, les forces armées américaines comptent un total de 1.4 millions de personnels d’active. Plusieurs ministères américains ont également accès à des documents classifiés, notamment ceux de la justice, des finances, des affaires étrangères et de l’énergie. Le congrès et le sénat américain compte également un certain nombre de ces accréditations, au même titre que les administrations locales dans chacun des cinquante états. S’il est certain que tous les fonctionnaires de ces administrations ne disposent pas d’une accréditation Top Secret, il serait également inexact de laisser penser que ce passe-droit est désormais plus répandu dans le secteur privé qu’au sein du gouvernement fédéral.

L’augmentation des accréditations de niveau “top secret” n’est pas seulement liée à l’externalisation, mais également aux multiples effets de la surclassification. Les services de renseignement américains sont connus pour leur recours quasi-systématique à la classification, pour tous types de données. Les informations les plus sensibles ne sont plus les seules à recevoir le tampon Top Secret, mais également toutes les données connexes, des plus petits détails techniques, aux tâches administratives ou logistiques ayant un vague lien avec le recueil ou l’analyse du renseignement. Ce verrouillage généralisé nécessite donc de tous les acteurs de disposer des accréditations adéquates, obtenues après des vérifications poussées (screening), voire des entretiens et des enquêtes complémentaires. Il est également à noter que l’obtention d’une telle accréditation permet de consulter ponctuellement un document Top Secret si les circonstances l’exigent et non d’avoir un accès sans restriction à tous les documents de cet échelon.

Pour de nombreux contrats, y compris les moins sensibles, les agences exigent désormais des sous-traitants accrédités, afin d’éviter le moindre risque. Ceci renforce encore l’augmentation du nombre des autorisations et a donné naissance à des sociétés spécialisées dans le recrutement d’employés autorisés Top Secret.

“2 000 compagnies sous-traitant pour le renseignement”

Là encore, le chiffre est fourni sans beaucoup d’explications, l’enquête préférant s’attarder sur la multiplication des contrats et ce qu’elle considère comme une croissance sans fin de la communauté du renseignement, à travers l’externalisation. Pourtant, nombre de ces entreprises sous contrat ne prennent pas part au travail de renseignement, mais se voient déléguer des tâches de soutien, de maintenance ou de R&D.

Ce recours accru par les agences de renseignement à des sous-traitants privés est notamment lié aux baisses de crédits qui ont suivi la fin de la guerre froide. La CIA en particulier, a subi une véritable cure d’amaigrissement, les services jugés les moins utiles subissant des réductions de moyens, voire des fermetures, entraînant perte de compétences et retards technologiques. Peu après le 11 septembre, la CIA a du très rapidement remonter en puissance, recevant d’importants crédits à cet effet. L’agence entreprit alors d’externaliser une part de ses activités de soutien, parmi lesquelles l’intendance, la maintenance ou encore la sécurité, afin de concentrer le recrutement et la formation de ses employés à son cœur de métier: la collecte et l’analyse du renseignement.

Dans le même temps, la CIA a également signé de nombreux contrats de R&D et investi directement dans des compagnies spécialisées dans les NTIC et les technologies ISR, afin de rattraper son retard et de contrer la concurrence de la NSA. L’agence centrale avait également perdu du terrain en matière d’opérations clandestines et de renseignement humain, au point que ces activités se voyaient souvent accaparées par le SOCOM, qui bénéficiait du soutien de Donald Rumsfeld. Là encore, le secteur privé fut mis à contribution et la CIA eu recours au service de plusieurs SMP, notamment Blackwater, avec qui l’Agence mène encore des opérations en AfPak.

De la même manière, les autres agences de renseignement ont externalisé plusieurs secteurs de leur activité afin de réserver leurs effectifs au commandement et à l’analyse du renseignement. La logistique, le recueil et le traitement des informations les moins sensibles, la traduction et la R&D sont parmi les activités qui font l’objet d’une privatisation plus ou moins soutenue selon les services.

“Trop d’agences, trop d’informations”

Ces problématiques sont soulevées au cours du reportage, mais les auteurs ne semblent pas chercher à y apporter des réponses. Le monde du renseignement américain n’est pas exempt d’imperfections, de rivalités, de cloisonnements et de redondances, mais ces reproches assez classiques ne font pas l’objet d’un argumentaire solide dans Top Secret America.

Le nombre d’agences chargées du renseignement peut sembler élevé mais découle de réponses apportées en leur temps à des besoins spécifiques. Ces agences, créées pour la plupart après la seconde guerre mondiale, opèrent dans des champs d’action qui leur sont propres: renseignement extérieur (CIA), lutte contre les trafics (DEA, ATF), protection d’autorités (Secret Service), renseignement intérieur (DHS), renseignement militaire (DIA, MI), enquêtes criminelles et contre-espionnage (FBI, DoJ). D’autres agences ou sous-agences se concentrent chacune sur un type de renseignement précis, qu’il s’agisse d’imagerie (NRO), d’interceptions de communications (NSA), de renseignement géospatial (NGA), etc. Si les relations interagences sont parfois problématiques et si les opérations de plusieurs agences tendent parfois à se chevaucher, la fusion des services ne constitue pas toujours une solution viable.

La communauté du renseignement doit bien évidemment se réformer et progresser dans la coopération et le partage de l’information, mais la fusion ou l’intégration au sein d’une nouvelle chaîne hiérarchique entraîne une inévitable période d’inertie et des frictions internes qui ne peuvent être négligées. De plus, un gain d’efficacité n’est pas toujours garanti.

Enfin, Top Secret America n’échappe pas au cliché représentant des agences de renseignement submergées par des flots d’informations peu utiles qu’elles ne pourraient contrôler et qui les empêcheraient de réfléchir. Si les services de renseignement font face à une multiplication des flux d’informations à traiter, il ne leur est pas permis d’ignorer des sources d’information et ils sont contraints de se doter des technologies et des process adéquats à leur exploitation. Une évidence pointée par Clay Shirky: “It’s not information overloard. It’s filter failure.”

Source : Zone d’Intérêt

Cyber-guerre : l’inquiétude des Etats-Unis (vidéo)

Dans Analyse, États-Unis, Chine, CIA, Corée du Nord, Cyberespace, Cybersécurité, Espionnage, France, Géostratégie, Google, Guerres Cybernétiques, Guerres Electroniques, Hacker, Internet, NSA, Piratage Informatique, Russie, Web 2.0 le 28 juillet 2010 à 09:47

Si la vidéo n’est plus disponible, vous pouvez la visionner ici.

Afghanistan : un ennemi nommé Pakistan

Dans 11 Septembre 2001, AfPak, Al Qaïda, Analyse, Asie Centrale, Asif Zardari, Ayman al-Zawahiri, États-Unis, Bagram, Barack H. Obama, Ben Laden, CIA, Contre-Insurrection, Cyberespace, Cybersécurité, David Petraeus, Désinformation, Espionnage, Europe, Faucons de Washington, Géopolitique, Géostratégie, George W. Bush, Guerre contre le Terrorisme, Guerre d'Afghanistan, Guerre de l'Énergie, Guerre de l'Information, GWOT, Hacker, Hamid Karzaï, Internet, ISAF, ISI, la Maison Blanche, le Grand Echiquier, Manipulation, NSA, OTAN, Pakistan, Pentagone, Piratage Informatique, Robert Gates, Stanley McChrystal, Talibanistan, Talibans, Tehreek-e-Taliban Pakistan, TTP, UE, Union Européenne, US Army, Vallée de Swat, Waziristan, Zbigniew Brzezinski le 27 juillet 2010 à 22:24

par Charles Bwele pour Alliance Géostratégique

Wikileaks en irritera certainement plus d’un entre Washington et Bruxelles : le canard enchaîné de la toile a publié plus de 90 000 documents confidentiels – issus des armées et des services de renseignements américains – détaillant les vices (à peine) cachés et la désastreuse évolution du conflit afghan… à des années-lumières des réconfortants discours officiels.

Déjà accusée de part et d’autre de l’Atlantique de manquer de clarté et de fermeté dans sa conduite de guerre, notamment par le Général Desportes qui s’est également fait taper sur les doigts par son gouvernement, l’administration Obama est désormais confrontée à une criante vérité qui sape les fondations de ses stratégies Af-Pak passées, futures, et surtout profondément contradictoires.

Apparemment, par crainte d’une cécité informationnelle comparable à celle précédant les attentats du 11 septembre, les services de renseignements américains ont littéralement versé dans une méticulosité voire un zèle en matière de rapports et d’archivages. Les observateurs attentifs de la scène géostratégique ne les blâmeront point. D’ores et déjà, les quotidiens The Guardian, The New York Times et Der Spiegel ont produit des synthèses et des analyses valant largement le détour. Pour ma part, j’en retiens quatre éléments clés :

1. Les services secrets pakistanais sont l’incontournable et fidèle allié des Talibans « Af-Pak » : régulières réunions secrètes, assassinats de hauts fonctionnaires afghans, approvisionnement en armes, soutien financier, conseil stratégique et tactique dans la lutte anti-FIAS. Le Pakistan peut-il encore être désigné comme « allié » ? Dans tous les cas, la stabilisation tant prônée ici et là n’est pas pour demain.

2. Surnommée « The Black Unit », la Task Force 373 a pour but de capturer ou de neutraliser des lieutenants Talibans / Al-Qaïda en Afghanistan. Composée de soldats de la Delta Force et de l’US Navy Seals, elle n’est intégrée à aucune chaîne de commandement de la FIAS, elle ne reçoit ses ordres que du Pentagone et ne rend des comptes et des rapports qu’à celui-ci. La TF 373 dispose d’une Joint Prioritized Effects List dans laquelle figurent des leaders talibans / Al-Qaïda, des barons de la drogue et des faiseurs / poseurs de bombes. Wikileaks fait aussi état de leurs tragiques bavures dont l’une qui causa la mort de six écoliers afghans alors que les soldats croyaient viser Abou Layth Al Libi, membre d’Al-Qaïda.

3. Les Talibans disposent de MANPADS (lance-missiles portables) à guidage infrarouge, un fait qui a longtemps été « omis » par les services d’informations de l’OTAN. Leurs tirs réussissent très rarement mais ils soumettent les hélicoptères et les chasseurs volant à basse altitude à des risques supplémentaires. En 2007, un hélicoptère Chinook prétendument abattu par un RPG (selon le Pentagone) fut en fait touché par un tir de MANPAD. En outre, les soldats de la FIAS entreprennent très souvent de détruire un missile crashé sans dégât afin d’empêcher toute réutilisation par les Talibans.

4. Plusieurs documents rapportent une disparition croissante des fonds destinés à l’aide humanitaire et l’invisibilité conséquente des projets afférents dans l’éducation, la santé et les infrastructures primaires. La reconstruction peut attendre…

En réalité, Les documents Wikileaks ne révèlent absolument rien de nouveau, ils vomissent simplement les détails de ce que tout le monde supposait ou savait déjà, amplement confirmés par les armées et les services de renseignements d’Oncle Sam. Pire : ces documents tombent seulement quelques semaines après la tourmente consécutive au remplacement punitif (peut-être justifié) de l’opiniâtre Général McChrystal par son brillant homologue Petraeus. Déjà accusée de part et d’autre de l’Atlantique de manquer de clarté et de fermeté dans sa conduite de guerre – notamment par le Général Desportes qui s’est également fait taper sur les doigts par son gouvernement, l’administration Obama est désormais confrontée à une criante vérité qui sape les fondations de ses stratégies Af-Pak passées, futures, et surtout profondément contradictoires.

Quelle attitude adoptera-t-elle face à ce « top secret » de polichinelle ?

A. La Maison Blanche prétendra que les documents Wikileaks ne révèle qu’un aspect des choses ou qu’il ne s’agit que de fuites concernant des aspects infinitésimaux du conflit afghan… avant de brosser une analyse plus nuancée et plus complexe de l’allié pakistanais, comme on en lit très souvent dans les revues stratégiques y compris dans ce webzine.

B. La Maison Blanche affirmera que seuls quelques hauts cadres ou quelques franges radicales des services secrets pakistanais fricotent avec l’ennemi taliban. D’où ses remontrances à Islamabad qui a aussitôt pris les mesures appropriées.

C. La Maison Blanche invoquera les complexités intrinsèques (et hautement réelles) du théâtre afghano-pakistanais et la nécessité de gagner cette guerre afin de « protéger la civilisation, la démocratie, la sécurité globale, l’Asie centrale, l’arme nucléaire pakistanaise, les intérêts des États-Unis », etc., etc., etc.

D. La Maison Blanche – rythmée par ses DJ de la rhétorique – mixera très probablement un peu de A, de B, de C avec un plan D dont elle n’a plus vraiment le secret. Outre-Atlantique, les champions du poker verbal sont également légion.

Sur la scène intérieure, l’administration Obama est confrontée à de multiples échéances : les Tea Parties grignotent lentement et sûrement sa crédibilité, les mid-term elections de l’automne 2010 sanctionneront ses politiques économique et stratégique, sa (pré-)campagne électorale débutera en mi-2011. Nul doute que l’épine afghane se fera encore douloureusement sentir. Sur la scène géopolitique, elle n’est guère sortie de l’auberge : Washington verse chaque année des milliards de dollars d’assistance économique et militaire pendant que l’ISI conseille et soutient les Talibans afin qu’ils l’emportent à l’usure sur l’OTAN en Afghanistan. Et si le cash d’Oncle Sam servait précisément à « contrer cette contre-insurrection » ? Plutôt ubuesque.

Au départ, la FIAS et Enduring Freedom avaient pour but de renverser puis d’empêcher la talibanisation de l’Afghanistan et sa sanctuarisation par Al-Qaïda. Presque dix ans plus tard, les fameuses « avancées tactiques, sécuritaires et politiques » servies et resservies par les huiles de l’OTAN ne trompent plus personne. Comment  la Maison Blanche claironnera-t-elle  une énième nouvelle stratégie à l’été-automne 2010 en programmant simultanément un retrait progressif des troupes américaines pour 2011 alors que la situation sur le théâtre afghan ne cesse d’empirer ? Faudra-t-il une autre révélation de Wikileaks – de sources sûres, une fois de plus – sur l’inaptitude complète de l’armée afghane à sécuriser un tant soit peu son territoire national ?

Pour peu que la FIAS et Enduring Freedom aient réussi, la nébuleuse dénommée Al-Qaïda a-t-elle vraiment besoin d’un quelconque sanctuaire ? De petites cellules locales de garçons énervés, « brainwashés » et radicalisés peuvent frapper du Pakistan, d’Afghanistan, de Somalie, d’Arabie Saoudite, du Yémen, du Royaume-Uni, d’Allemagne, des Pays-Bas ou des États-Unis. À mes yeux, cette sempiternelle notion de sanctuaire fut peut-être valable à la fin des années 1990, beaucoup moins dans les années 2010.

Après dix ans de conflit, Washington et Bruxelles feraient mieux de reconnaître ouvertement à quel point leurs perspectives et leurs desseins divergent fortement de ceux d’Islamabad… qui n’a qu’une seule fixation : l’Inde, puissance économique, technologique, militaire et nucléaire montant rapidement en grade. Les stratèges pakistanais sont obsédés par ce frère ennemi, ce rival séculaire, craignant par-dessus tout qu’il n’exploite l’Afghanistan comme profondeur stratégique et encercle peu ou prou le Pakistan. Bref, mieux vaut les Talibans plutôt qu’un containement indo-américain.

Peu avant l’investiture de l’administration Obama, le chef du Pentagone Robert Gates affirmait vouloir « redonner de l’utilité à la force ». Quelle utilité pour ces 100 000 troupes en Afghanistan ? Quel sens donner à la mort des soldats après lecture des documents Wikileaks ? J’avais déjà longuement abordé ces sulfureuses questions (parmi tant d’autres) dans Afghanistan : chronique d’une défaite organisée… que je ne recommande guère au cas où ces lignes vous agaceraient.

Enfin, les déboires de l’OTAN en Afghanistan suscitent quelques questions essentielles : les armées occidentales, sophistiquées et onéreuses, peuvent-elle encore réellement agir sur le temps long ? Peuvent-elles encore combattre d’âpres guérillas baignant dans un temps social très long, dans un environnement rudimentaire, dans une mortalité élevée, et ce, malgré une forte pénétration de l’internet et/ou de la téléphonie mobile en leurs seins ?

NB : Des guérillas longues et dures comme celle afghane, pas des sommaires batailles hybrides ou irrégulières en Afrique, en Amérique latine ou au Moyen-Orient.

Penser le temps long (comme le souhaitent et le font maints analystes de défense et historiens militaires) est une chose, agir sur le temps long en est une autre, a fortiori lorsqu’on vit dans une société pacifiée, presque aseptisée, plutôt voire très âgée et néanmoins immergée dans l’urgence permanente

Pendant les guerres du Vietnam et d’Algérie, chaque foyer américain ou européen avait tout au plus un téléphone fixe et/ou un téléviseur et regardait au trop trois chaînes de télévision. Si vous lisez cet article, alors vous êtes connecté à l’internet avec votre ordinateur fixe / portable, disposez sûrement d’une ligne de téléphone fixe, et d’un voire de plusieurs téléphones mobiles et téléviseurs.

Votre temps stratégique, politique ou médiatique est de facto très différent de celui de votre père ou de votre grand-père.

 Source : Alliance Géostratégique

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