Un blog d'analyses géopolitiques et de culture stratégique

Archive pour juin 2010|Page d'archive mensuelle

Le temps de cerveau disponible (vidéo)

Dans Big Brother, Consumérisme, Contrôle Mental, Désinformation, Internet, Liberté d'Expression, Liberté d'Opinion, Manipulation, Mass Médias, Matérialisme, Occident, Propagande, Réflexion, Vidéo le 29 juin 2010 à 21:52

« Il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation (…) de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. » Patrick Le Lay, ex-PDG de TF1

Ecrit et produit par Christophe Nick, réalisé par Jean-Robert Viallet, ce documentaire passe à la loupe les programmes de divertissement depuis les années 80, prenant à témoin penseurs et autres sociologues des médias. Dans le cadre d’une programmation événementielle, il constitue un juste contrepoint au “Jeu de la mort“, expérience choc diffusée par France 2 et RTBF.

Bien avant la téléréalité, c’est la libération des ondes en France en 1984 qui ouvre la boîte de Pandore. Viallet et Nick rappellent que les donneurs d’ordre ne sont plus les pouvoirs publics mais des “pouvoirs actionnariaux“, qui veulent séduire à tout prix des téléspectateurs-consommateurs, des cibles marketing, des ménagères de moins de cinquante ans. En leur offrant “la promesse d’une transgression des tabous“, en annihilant leur capacité à prendre de la distance. Les “reality show” des années 80 (de “Psy show” sur Antenne 2 à “L’amour en danger” sur TF1) excitent nos pulsions les plus basses en mettant en scène l’intime, le conflit familial et l’humiliation.

A la fin des années 90, en réponse à une crise du divertissement, “Le maillon faible” (TF1), format apporté par la BBC et dont le ressort est “l’élimination de l’homme par l’homme“, prépare le terrain pour l’avènement de la téléréalité au début des années 2000. Et c’est l’effondrement de la bulle Internet, qui va pousser M6 à franchir le pas en acquérant les droits de “Big Brother“. Au printemps 2003, TF1, dont le cours en Bourse est toujours en chute libre, s’engouffre dans la brèche avec “Secret Story“. Désormais, la télé encourage le passage à l’acte et surfe sur le narcissisme, la cupidité, le sadisme ou le cynisme, pour accroître son audience et prendre le contrôle sur nos comportements d’achat, sans vergogne. La fameuse phrase de Patrick Le Lay, l’ex-PDG de TF1, “ce que TF1 vend à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible“, prend tout son sens. Stiegler parle, lui, de “temps de cerveau sans conscience“.

Rien de nouveau sous le soleil ? En fait si. Parce que la téléréalité s’est banalisée. A un point tel que pour parvenir à capter encore un public qui intègre ces transgressions comme des normes valables, les chaînes doivent aller toujours plus loin. A l’écran, cela se traduit par une dissection de cadavre le samedi soir sur Channel 4. De quoi exciter cette fois notre pulsion de mort. “On est arrivés à un point de l’histoire de l’humanité extrêmement inquiétant, qui prône l’exploitation des pulsions“, met en garde une nouvelle fois Bernard Stiegler. “Être civilisé, c’est ne pas aller au bout de ses pulsions.” Et être capable, comme l’explique Freud, de différer la satisfaction de ses pulsions, de les transformer en investissement social.

Le risque, avec une téléréalité poussée à l’extrême, c’est de produire de l’hyperviolence, de la guerre civile et, in fine, de détruire la société. Christophe Nick enfonce le clou: “La télé est devenue folle, en particulier les télés commerciales gratuites qui sont représentatives d’une société décadente. Les programmes mis à l’antenne sont de plus en plus transgressifs, comme ces jeux japonais humiliants que les gros producteurs de flux sont en train d’acheter. En France, pays de l’exception culturelle, il y avait encore une pudeur. Mais quand les cours de Bourse se sont effondrés à l’été 2000, on est passés à une autre télé.” Dans “Le jeu de la mort“, le documentariste montrait que le pouvoir de la télé est devenu immense, au point de pousser, sur le plateau, les individus à tuer…(http://www.lalibre.be/)

Faut-il laisser la télé continuer à exploiter la pulsion comme un automatisme qui conduit au crime ? Si les Français ont le sentiment d’avoir perdu leur identité, ce n’est pas à cause des Maghrébins, des Africains ou des Asiatiques qui s’installent en France, c’est parce que le marketing les a privés de leur culture, c’est parce que les parents n’ont plus de rapport à leurs enfants, c’est parce que les profs ne peuvent plus concurrencer la télé, qui capte l’attention beaucoup plus efficacement qu’eux. La pensée du philosophe Bernard Stiegler nous emmène loin dans Le temps de cerveau disponible, une réflexion aussi passionnante qu’inquiétante autour de la téléréalité et de programmes de plus en plus extrêmes qui vont susciter artificiellement le sordide, flatter les penchants les plus scabreux, les plus grégaires chez le téléspectateur.

Crise systémique : les USA au bord du gouffre

Dans États-Unis, Bankster, Barack H. Obama, Ben Bernanke, Capitalisme, Crise Financière, Crise Sociale, Dette, Dollar, Economie, Goldman Sachs, Hypercapitalisme, Réserve Fédérale, Ron Paul, Timothy Geithner, Wall Street le 28 juin 2010 à 22:32

par Gilles Bonafi

Le nouveau rapport de L’OCC, l’Office of Comptroller of the Currency, l’organisme gouvernemental de tutelle des banques US, dépendant du trésor américain, est sorti le 23 juin 2010.  Intitulé « OCC and OTS Release Mortgage Metrics Report for First Quarter of 2010 », il fait le point sur les prêts immobiliers (non commerciaux) US, leur nombre, leur répartition par catégories et surtout, dénombre les saisies immobilières en cours.(1)  Étant un organisme gouvernemental de contrôle des banques, ses données sont exceptionnelles sur le plan qualitatif, des données qui prouvent que l’économie US est en phase avancée de destruction, ceci en totale contradiction avec ce que l’on peut lire dans la presse.

cliquer sur l’image pour aggrandir

Pour commencer, il faut savoir que l’ensemble des crédits immobiliers non commerciaux aux USA représentent 5947,548 milliards de dollars soit plus de deux fois le PIB de la France. Or, ce rapport de l’OCC nous apprend que 87,3 % de ces prêts sont remboursés (voir tableau : encadré en rouge « current and performing ») ce qui signifie que 12,7 % de ces prêts sont actuellement en difficultés. Les USA se retrouvent donc avec une ardoise immobilière brute de 755,33 milliards de dollars. N’oublions pas que le 20 septembre 2008, Paulson le secrétaire au trésor, le président de la Réserve fédérale des États-Unis, Ben Bernanke ainsi que Christopher Cox (président de la SEC) mirent au point le TARP, le Troubled Asset Relief Program permettant de racheter 700 milliards USD de MBS (mortgage-backed securities, un titre hypothécaire) afin de combler les dettes des institutions financières. Lire la suite »

Pourquoi McChrystal a-t-il été révoqué ?

Dans AfPak, Al Qaïda, Analyse, Anders Fogh Rasmussen, Asie Centrale, Atlantiste, États-Unis, Bagram, Barack H. Obama, Contre-Insurrection, David Petraeus, Djihadistes, Faucons de Washington, Guerre contre le Terrorisme, Guerre d'Afghanistan, Guerre de l'Énergie, Guerre de l'Information, GWOT, Hamid Karzaï, ISAF, Islamistes, Jihad, la Maison Blanche, le Grand Echiquier, Manipulation, Mollah Omar, OTAN, Pachtounistan, Pachtouns, Pentagone, Robert Gates, Stanley McChrystal, Talibanistan, Talibans, Zbigniew Brzezinski le 28 juin 2010 à 21:29

par Barry Grey pour WSWS

Les réactions au sein de l’establishment des Etats-Unis au congédiement du général Stanley McChrystal indiquent que les remarques désobligeantes faites par McChrystal et ses adjoints au sujet du président Obama et de fonctionnaires (commentaires qui ont été publiés dans un article du magazine Rolling Stone) n’étaient pas la principale raison de sa révocation.

L’article a plutôt amené à un moment décisif la crise provoquée par l’échec de l’armée américaine à réprimer la résistance populaire en Afghanistan. Le mécontentement envers le leadership de McChrystal s’était accumulé au sein de l’administration Obama depuis l’échec de l’offensive à Marjah déclenchée en février dernier. La décision, annoncée plus tôt ce mois-ci, de retarder d’au moins trois mois l’offensive sur Kandahar a été largement perçue comme un revers embarrassant.

Malgré la réputation de McChrystal de praticien impitoyable de la guerre de contre-insurrection, responsable du massacre de milliers d’Irakiens, le général a été récemment la cible de critiques de plus en plus nombreuses affirmant que l’efficacité de l’opération en Afghanistan était minée par ses préoccupations excessives des pertes civiles.

Ces préoccupations n’ont rien à voir avec des considérations humanitaires. Elles sont plutôt basées sur le froid calcul – l’article de Rolling Stone fait référence aux « maths de l’insurrection » – que pour chaque personne innocente tuée, dix nouveaux ennemis sont créés.

L’article, écrit par Michael Hastings, discute plutôt brièvement des commentaires de McChrystal et de ses adjoints sur les fonctionnaires américains et la guerre en Afghanistan. De façon prévisible, ces remarques sont crues et il est peu probable qu’elles aient pu constituer une surprise pour Obama, et encore moins pour le Pentagone. Ils connaissent le caractère fascisant et corrompu de l’entourage de McChrystal. Hastings a rapidement décrit le personnel du général comme « un groupe de tueurs, d’espions, de génies, de patriotes, de dirigeants politiques et de véritables énergumènes triés sur le volet ». Lire la suite »

Tribune : Analyse des relations entre la Turquie et Israël (vidéo)

Dans AKP, Benyamin Netanyahou, Gaza, Hamas, Islam, Israël, Monde Musulman, Moyen-Orient, Palestine, Recep Tayyip Erdogan, Syrie, Turquie le 25 juin 2010 à 20:40

Tancrède Josseran, directeur de l’observatoire de la Turquie et des relations euro-turques, interrogé par Philippe Conrad, analyse pour Realpolitik.tv les relations toutes particulières qui lient Israël et la Turquie.

à lire également : La Turquie s’éloigne de l’Occident, comme le reste du monde

Le Syndrome de Copenhague ou les 6 Symptômes du Nouvel Ordre Mondial

Dans Afrique du Sud, Analyse, Énergies Renouvelables, États-Unis, Barack H. Obama, BASIC, Brésil, BRIC, Chine, CO², Copenhagen Climate Council, Crise Climatique, Développement Durable, Dimitri Medvedev, Effet de Serre, Environnement, Géopolitique, Gouvernance Mondiale, Guerre de l'Énergie, Hu Jintao, Impérialisme Américain, Inde, Lobby Nucléaire, Lobby Pétrolier, Manmohan Singh, Monde Multipolaire, Mondialisation, Multipolarisation, Nations Unies, New World Order, Nouvel Ordre Mondial, NWO, ONU, Pax Americana, Réchauffement Climatique, Réflexion, Russie, UE, Union Européenne, Vladimir Poutine, Wen Jiabao le 25 juin 2010 à 14:44

par Thomas Renard pour l’Institut Egmont

D’un point de vue européen, la conférence sur le climat de Copenhague en décembre dernier n’était pas seulement décevante. C’était un réveil brutal. Ou du moins, on ose l’espérer. Alors que tous les pays membres des Nations Unies étaient réunis autour de la table, un accord était négocié par cinq pays, à l’abri des regards, dans une pièce voisine. Alors que l’Union Européenne (UE), souvent trop discrète, faisait entendre sa voix sur le dossier climatique, elle n’était même pas invitée à négocier l’accord final clôturant la conférence.

发生了什么 ? (Que s’est-il passé ?) La réponse est simple : Copenhague était un aperçu du nouvel ordre mondial. En arrivant à la conférence des Nations Unies, les Européens parlaient en termes d’intérêts mutuels et de coopération globale. Mais ils n’ont pas réussi à se faire entendre. Et pour cause : le langage utilisé à Copenhague était celui de la realpolitik et de la géopolitique. Avec l’accent américain, chinois et indien.

Certains journalistes et analystes en sont encore à se demander qui a gagné et qui a perdu à Copenhague – et si la réponse n’apparaît pas comme évidente, c’est précisément parce que la conférence a reflété une réalité elle-même floue et complexe. Cependant, l’intérêt fondamental du grand cirque qu’était la conférence climatique tient davantage à ce qu’il révélait du nouvel ordre mondial émergent. Ce dernier se caractérise par la montée en puissance de nouveaux acteurs, souvent symbolisés par l’acronyme BRIC, pour Brésil, Russie, Inde et Chine ; inversement, et selon la théorie de la relativité de la puissance, par un déclin global de l’Occident ; et enfin par une interdépendance croissante entre les acteurs mondiaux, tant au niveau économique et politique que sécuritaire, voire existentiel dans le cas du changement climatique.

Dans un tel monde, élégamment baptisé interpolaire par Giovanni Grevi (de la contraction d’interdépendance et de multipolarité, les deux caractéristiques centrales du système émergent), les problèmes nationaux et régionaux sont devenus transnationaux et mondiaux, et ceux-ci nécessitent en toute logique une approche concertée et collective. Sinon, les problèmes se déplacent et demeurent irrésolus. C’est le cas du changement climatique, mais aussi du terrorisme, ou encore de la prolifération nucléaire. Lire la suite »

Une attaque imminente contre le Pakistan et l’Afghanistan

Dans AfPak, Al Qaïda, Ali Khamenei, Ali Sistani, Analyse, Anders Fogh Rasmussen, Arabie Saoudite, Asie Centrale, Atlantiste, Axe du Mal, États-Unis, Bachar Al-Assad, Baloutchistan, Barack H. Obama, Benyamin Netanyahou, David Petraeus, Désinformation, Détroit d'Ormuz, Egypte, Ehud Barak, Faucons de Washington, Gardiens de la Révolution Islamique, Gaza, Géopolitique, Géostratégie, Golfe Persique, Guerre contre le Terrorisme, Guerre d'Afghanistan, Guerre d'Irak, Guerre de l'Énergie, Guerre de l'Information, Guerres Énergétiques, GWOT, Hamas, Hassan Nasrallah, Hezbollah, Hillary Clinton, Impérialisme Américain, ISAF, Israël, Jamaat-ud-Dawa, Jordanie, Koweït, Kurdes, la Maison Blanche, Lashkar-e-Taiba, le Grand Echiquier, Liban, Mahmoud Ahmadinejad, Manipulation, Mass Médias, Moqtada Al Sadr, Moyen-Orient, Occident, OCS, Organisation de Coopération de Shanghai, OTAN, Pakistan, Pasdaran, Pax Americana, Péninsule Arabique, Pentagone, Propagande, Réflexion, Régime des Mollahs, République Islamique d'Iran, Robert Gates, Sahwa, Stanley McChrystal, Syrie, Talibans, Tehreek-e-Taliban Pakistan, Tsahal, TTP, US Navy, Vallée de Swat, Waziristan le 24 juin 2010 à 18:37

par Robert Bibeau

Pourquoi crier « au loup » avec l’état-major israélien ?

On fait grand cas depuis quelques jours du fait qu’une escadre américaine a traversée le Canal de Suez en direction de la Mer Rouge. Le porte-avions Truman et une douzaine de navires d’escorte, dont un lanceur de missiles israélien, se dirigent vers le Golfe Persique selon le journal Haaretz lui-même alimentée de première main par l’état-major israélien (1).

Pendant ce temps, des officiers de l’armée israélienne, encore eux, informaient le Sunday Times de Londres de l’accord de l’Arabie saoudite pour un usage offensif de son espace aérien en prévision d’une attaque israélienne imminente contre les centres de recherche nucléaires iraniens. Devant le démenti formel et précipité de l’Arabie saoudite, les colporteurs de rumeurs se sont faits soufflé une voie alternative soit la Jordanie, l’Irak puis le Koweït sous occupation américaine (2) serait le nouveau couloir d’attaque imminente contre l’Iran. Des bombes de fort tonnage, anti-bunkers Blu-117, seraient acheminées vers la base américaine de Diego Garcia et vers les dépôts de sécurité américains en Israël. Les avions américains B-2, capables de percée les défenses anti-aériennes iraniennes, seraient prêts à décoller pour attaquer l’Iran, sans compter qu’un sous-marin nucléaire Dolphin, fournis par l’Allemagne à Israël, mouillerait dans le Golfe Persique.  

Comme si ce scénario d’apocalypse ne suffisait pas, le journal Il Manifesto colporte une autre information très précise, émanant elle aussi de l’état-major israélien; des troupes aéroportées et des marines feraient parties de l’escadre qui a traversée le Canal de Suez. Le mystérieux officier d’état-major israélien a toutefois refusé de dévoiler la date et l’heure précise de l’attaque contre le centre nucléaire iranien de Bushehr. On s’étonne d’un tel manque de courtoisie de la part d’un officier aussi prolixe. (3)

Pour Michel Chossudovsky, la dernière résolution du Conseil de Sécurité de L’ONU autorisant des sanctions aggravées contre l’Iran ne serait rien de moins qu’un « Feu vert » de l’ONU à une attaque préventive américano-israélienne contre l’Iran. Monsieur Chossudovsky de conclure que « La  résolution du Conseil de Sécurité transforme l’Iran en proie facile » (4). Lire la suite »

DNI : Mission Impossible ?

Dans 11 Septembre 2001, Al Qaïda, États-Unis, Barack H. Obama, CIA, Espionnage, Faucons de Washington, France, Guerre contre le Terrorisme, Guerre d'Afghanistan, Guerre de l'Énergie, Guerre de l'Information, GWOT, Jordanie, la Maison Blanche, Manipulation, NSA, Pentagone, Robert Gates le 24 juin 2010 à 16:52

La démission aux Etats-Unis du directeur national du renseignement Dennis Blair ravive les doutes des espions sur la pérennité de ce poste.

Si le président Obama a obtenu la démission de l’amiral Dennis Cutler Blair, la Maison Blanche n’a pas pris la peine d’expliquer les raisons qui ont amené à destituer l’homme placé à la tête des 16 agences de renseignement américaines. Bien que plusieurs éléments aient été avancés par les médias US à l’encontre du DNI (directeur du renseignement national, ndlr) démissionnaire, il semble difficile d’isoler sa responsabilité dans chacun de ces évènements.

Les plus récentes tentatives d’attaques terroristes sur le sol américain, en particulier celles de Times Square et du vol NW253 de Détroit, auraient été reprochées par l’administration Obama à la communauté du renseignement et à son directeur. Des reproches devenus récurrents depuis le 11 septembre, les agressions contre les Etats-Unis étant régulièrement dépeintes comme autant d’échecs collectifs portés par les agences américaines.

Une autre attaque aurait particulièrement irrité l’administration Obama, celle de la FOB Chapman en Afghanistan. L’attentat suicide pratiqué par un indicateur de la CIA avait entraîné la mort de sept américains sur cette base, tuant également un officier de renseignement jordanien (un médecin du nom de Khalil Abu-Mulal al-Balawi, ndlr). Dans cet attentat, la CIA a perdu une analyste de haut rang, considérée au sein de l’Agence comme la plus grande spécialiste de l’Afghanistan et des talibans, qui opérait alors comme chef de station. La base de Chapman était connue par les initiés comme un lieu particulièrement exotique, où évoluaient sous l’autorité exclusive de l’Agence un étrange mélange d’analystes, d’opérateurs provenant d’unités de forces spéciales parmi les plus secrètes, de contractors et d’officiers de renseignement étrangers. Les agents de la CIA y opéraient selon leurs propres règles, attribuant la sécurité de la base aux seuls gardes privés, dans ce qui a été décrit comme un certain sentiment d’invulnérabilité et d’impunité.

Si le coût de cette attaque apparaît comme particulièrement lourd, il semble déplacé de le reprocher au DNI, qui n’avait aucune autorité sur ces opérations de terrain. Il faut noter que ni Michael J. Sulick, le directeur des opérations (DNCS), ni Leon Panetta, le directeur de la CIA n’ont été amenés à démissionner suite à cet attentat.

Comme le révèle le New York Times, c’est peut-être un élément discret des relations franco-américaines qui a entraîné la chute de Dennis Blair. Peu avant sa démission, le DNI était très impliqué dans la négociation d’un accord de partage de renseignement et de non-agression avec la France. Ce pacte proposé par Blair visait autant à bénéficier des renseignements français, mieux implantés que la CIA dans certains pays d’Afrique et au Maghreb, qu’à instaurer une trêve dans la rivalité d’espions qui oppose les deux pays. L’accord fut finalement rejeté par le président Obama, le président français n’étant informé que tardivement de ce revers, alors qu’il croyait l’accord conclu.

Cet ultime désaccord entre l’administration Obama et Dennis Blair aurait marqué la fin de leur collaboration. Nommé en janvier 2009, Dennis Blair constituait un choix assez consensuel pour ce poste et rassurait la communauté du renseignement, alors que la nomination de Leon Panetta à la tête de la CIA faisait l’objet de vives critiques. L’éloignement entre le bureau du directeur national du renseignement (ODNI) et l’administration Obama ne fit que croître depuis son entrée en fonction, marqué notamment par les tensions entre Blair et Panetta, très proche du président.

C’est le général James Clapper, lui aussi pur produit du renseignement américain, qui remplacera Dennis Blair au poste de DNI. Un poste décidément bien difficile à tenir, souvent considéré par les agents comme une surcouche administrative sans réel pouvoir et négligé par une administration qui ne semble pas croire à son utilité.

La réforme du renseignement américain, instituée au lendemain du 11 septembre, semble incomplète, alors que rivalités entre directions et faible partage de l’information sont encore de mise. De leur côté, les acteurs du renseignement se sentent toujours considérés comme des boucs émissaires et continuent à appeler de leurs vœux une meilleure formation des décideurs à l’usage du renseignement, qui ne peut-être considéré comme une solution miracle au terrorisme.

Sur ce sujet: LA Times, ISN, Washington Post, CNN, New York Times

Source : Zone d’Intérêt

Précisions sur les navires de guerre américains ayant traversé le Canal de Suez

Dans AfPak, Arabie Saoudite, Asie Centrale, Axe du Mal, États-Unis, Benyamin Netanyahou, Désinformation, Détroit d'Ormuz, Egypte, Ehud Barak, Géostratégie, Golfe Persique, Guerre contre le Terrorisme, Guerre d'Afghanistan, Guerre d'Irak, GWOT, Israël, Jordanie, Koweït, Mass Médias, Moyen-Orient, Pentagone, République Islamique d'Iran, Robert Gates, Tsahal, US Navy le 24 juin 2010 à 15:59

PressTV a discuté de cette information avec Jeffrey Steinberg qui travaille pour l’Executive Intelligence Review à Washington. Voici son point de vue exprimé lors d’une interview accordée à PressTV.

Rappel des Faits

Récemment plusieurs navires de guerre majoritairement américains ont traversé le Canal de Suez de la Méditerranée en direction de la Mer Rouge. La destination finale des navires reste inconnue mais certains rapportent qu’ils se dirigent vers le Golfe Persique.

Interview

PressTV : Pour quelle raison pensez-vous que ces navires de guerre sont dans la région ?

Jeff Steinberg : L’histoire est bien connue. Le Pentagone annonce régulièrement la rotation de flottilles de l’US Navy avec porte-avions. En fait, il est prévu que le porte-avions USS Truman soit envoyé dans le Golfe Persique pour remplacer l’USS Eisenhower, qui y est stationné depuis un certain temps déjà. Et les porte-avions de l’US Navy voyagent en groupe de 5 à 7 navires. Le site web du Pentagone indique qu’il est prévu que le Truman remplace l’Eisenhower et qu’il y a 5 différents types de navires qui l’accompagnent et qu’il y a également une frégate allemande qui fait partie du groupe.

Maintenant qu’il y ait eu un navire israélien passant le Canal de Suez en même temps, je ne peux pas vous répondre par l’affirmative ou la négative mais cela ne fait pas partie du déploiement de l’US Navy. En fait si l’USS Truman arrive dans le Golfe Persique en gros en début de semaine prochaine alors la principale question, c’est “est-ce que c’est ou non une rotation normale ou un renforcement des forces navales dans la région ?“.

Si c’est une rotation normale alors dans les 24 heures qui suivent son arrivée l’USS Eisenhower commencera à manœuvrer à l’inverse du Truman. Donc il y a une certaine quantité d’informations publiquement disponibles via le Pentagone. Et nous ne saurons pas avant la semaine prochaine si c’est un doublement des forces militaires américaines dans la région où bien si c’est une rotation normale. Dans ce dernier cas, l’USS Eisenhower quitterait la région vers le milieu de semaine prochaine.

Donc je pense considérant ce qu’il se passe autour qu’on est en droit d’exprimer un certain degré d’inquiétude et de rester extrêmement vigilant sur ces sujets la semaine prochaine. De plus, il y a eu d’autres informations principalement dans la presse britannique, The Times de Londres indiquant que les Israéliens déploient là-bas, dans le Golfe Persique, des sous-marins diesel nucléaires. Le journal de Murdoch qui n’est pas toujours une source d’information fiable affirme que ces sous-marins nucléaires sont des sous marins diesel qui peuvent rester en plongée pour une mission de ce genre pendant très longtemps et qu’ils transportent des missiles de croisière à tête nucléaire.

Donc c’est une information de la presse britannique et je dirai juste pour conclure que la source à l’origine de ces affirmations d’une flottille conjointe US-Israël traversant le Canal de Suez c’est un site internet israélien DEBKA connu comme un site de désinformation d’éléments d’extrême-droite des services de renseignements militaires israéliens.

Dés qu’une histoire paraît sur DEBKA nous avons des gens au Pentagone qui font des doubles et triples vérifications avant de les prendre aux mots. Dans ce cas, il y a effectivement un mouvement de navire à travers le Canal de Suez par un important groupe de navires américains.

Source : www.presstv.ir

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