Archive | juin, 2010

Le temps de cerveau disponible (vidéo)

29 juin

« Il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation (…) de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. » Patrick Le Lay, ex-PDG de TF1

Ecrit et produit par Christophe Nick, réalisé par Jean-Robert Viallet, ce documentaire passe à la loupe les programmes de divertissement depuis les années 80, prenant à témoin penseurs et autres sociologues des médias. Dans le cadre d’une programmation événementielle, il constitue un juste contrepoint au “Jeu de la mort“, expérience choc diffusée par France 2 et RTBF.

Bien avant la téléréalité, c’est la libération des ondes en France en 1984 qui ouvre la boîte de Pandore. Viallet et Nick rappellent que les donneurs d’ordre ne sont plus les pouvoirs publics mais des “pouvoirs actionnariaux“, qui veulent séduire à tout prix des téléspectateurs-consommateurs, des cibles marketing, des ménagères de moins de cinquante ans. En leur offrant “la promesse d’une transgression des tabous“, en annihilant leur capacité à prendre de la distance. Les “reality show” des années 80 (de “Psy show” sur Antenne 2 à “L’amour en danger” sur TF1) excitent nos pulsions les plus basses en mettant en scène l’intime, le conflit familial et l’humiliation.

A la fin des années 90, en réponse à une crise du divertissement, “Le maillon faible” (TF1), format apporté par la BBC et dont le ressort est “l’élimination de l’homme par l’homme“, prépare le terrain pour l’avènement de la téléréalité au début des années 2000. Et c’est l’effondrement de la bulle Internet, qui va pousser M6 à franchir le pas en acquérant les droits de “Big Brother“. Au printemps 2003, TF1, dont le cours en Bourse est toujours en chute libre, s’engouffre dans la brèche avec “Secret Story“. Désormais, la télé encourage le passage à l’acte et surfe sur le narcissisme, la cupidité, le sadisme ou le cynisme, pour accroître son audience et prendre le contrôle sur nos comportements d’achat, sans vergogne. La fameuse phrase de Patrick Le Lay, l’ex-PDG de TF1, “ce que TF1 vend à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible“, prend tout son sens. Stiegler parle, lui, de “temps de cerveau sans conscience“.

Rien de nouveau sous le soleil ? En fait si. Parce que la téléréalité s’est banalisée. A un point tel que pour parvenir à capter encore un public qui intègre ces transgressions comme des normes valables, les chaînes doivent aller toujours plus loin. A l’écran, cela se traduit par une dissection de cadavre le samedi soir sur Channel 4. De quoi exciter cette fois notre pulsion de mort. “On est arrivés à un point de l’histoire de l’humanité extrêmement inquiétant, qui prône l’exploitation des pulsions“, met en garde une nouvelle fois Bernard Stiegler. “Être civilisé, c’est ne pas aller au bout de ses pulsions.” Et être capable, comme l’explique Freud, de différer la satisfaction de ses pulsions, de les transformer en investissement social.

Le risque, avec une téléréalité poussée à l’extrême, c’est de produire de l’hyperviolence, de la guerre civile et, in fine, de détruire la société. Christophe Nick enfonce le clou: “La télé est devenue folle, en particulier les télés commerciales gratuites qui sont représentatives d’une société décadente. Les programmes mis à l’antenne sont de plus en plus transgressifs, comme ces jeux japonais humiliants que les gros producteurs de flux sont en train d’acheter. En France, pays de l’exception culturelle, il y avait encore une pudeur. Mais quand les cours de Bourse se sont effondrés à l’été 2000, on est passés à une autre télé.” Dans “Le jeu de la mort“, le documentariste montrait que le pouvoir de la télé est devenu immense, au point de pousser, sur le plateau, les individus à tuer…(http://www.lalibre.be/)

Faut-il laisser la télé continuer à exploiter la pulsion comme un automatisme qui conduit au crime ? Si les Français ont le sentiment d’avoir perdu leur identité, ce n’est pas à cause des Maghrébins, des Africains ou des Asiatiques qui s’installent en France, c’est parce que le marketing les a privés de leur culture, c’est parce que les parents n’ont plus de rapport à leurs enfants, c’est parce que les profs ne peuvent plus concurrencer la télé, qui capte l’attention beaucoup plus efficacement qu’eux. La pensée du philosophe Bernard Stiegler nous emmène loin dans Le temps de cerveau disponible, une réflexion aussi passionnante qu’inquiétante autour de la téléréalité et de programmes de plus en plus extrêmes qui vont susciter artificiellement le sordide, flatter les penchants les plus scabreux, les plus grégaires chez le téléspectateur.

Crise systémique : les USA au bord du gouffre

28 juin

par Gilles Bonafi

Le nouveau rapport de L’OCC, l’Office of Comptroller of the Currency, l’organisme gouvernemental de tutelle des banques US, dépendant du trésor américain, est sorti le 23 juin 2010.  Intitulé « OCC and OTS Release Mortgage Metrics Report for First Quarter of 2010 », il fait le point sur les prêts immobiliers (non commerciaux) US, leur nombre, leur répartition par catégories et surtout, dénombre les saisies immobilières en cours.(1)  Étant un organisme gouvernemental de contrôle des banques, ses données sont exceptionnelles sur le plan qualitatif, des données qui prouvent que l’économie US est en phase avancée de destruction, ceci en totale contradiction avec ce que l’on peut lire dans la presse.

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Pour commencer, il faut savoir que l’ensemble des crédits immobiliers non commerciaux aux USA représentent 5947,548 milliards de dollars soit plus de deux fois le PIB de la France. Or, ce rapport de l’OCC nous apprend que 87,3 % de ces prêts sont remboursés (voir tableau : encadré en rouge « current and performing ») ce qui signifie que 12,7 % de ces prêts sont actuellement en difficultés. Les USA se retrouvent donc avec une ardoise immobilière brute de 755,33 milliards de dollars. N’oublions pas que le 20 septembre 2008, Paulson le secrétaire au trésor, le président de la Réserve fédérale des États-Unis, Ben Bernanke ainsi que Christopher Cox (président de la SEC) mirent au point le TARP, le Troubled Asset Relief Program permettant de racheter 700 milliards USD de MBS (mortgage-backed securities, un titre hypothécaire) afin de combler les dettes des institutions financières. (Lire la suite…)

Pourquoi McChrystal a-t-il été révoqué ?

28 juin

par Barry Grey pour WSWS

Les réactions au sein de l’establishment des Etats-Unis au congédiement du général Stanley McChrystal indiquent que les remarques désobligeantes faites par McChrystal et ses adjoints au sujet du président Obama et de fonctionnaires (commentaires qui ont été publiés dans un article du magazine Rolling Stone) n’étaient pas la principale raison de sa révocation.

L’article a plutôt amené à un moment décisif la crise provoquée par l’échec de l’armée américaine à réprimer la résistance populaire en Afghanistan. Le mécontentement envers le leadership de McChrystal s’était accumulé au sein de l’administration Obama depuis l’échec de l’offensive à Marjah déclenchée en février dernier. La décision, annoncée plus tôt ce mois-ci, de retarder d’au moins trois mois l’offensive sur Kandahar a été largement perçue comme un revers embarrassant.

Malgré la réputation de McChrystal de praticien impitoyable de la guerre de contre-insurrection, responsable du massacre de milliers d’Irakiens, le général a été récemment la cible de critiques de plus en plus nombreuses affirmant que l’efficacité de l’opération en Afghanistan était minée par ses préoccupations excessives des pertes civiles.

Ces préoccupations n’ont rien à voir avec des considérations humanitaires. Elles sont plutôt basées sur le froid calcul – l’article de Rolling Stone fait référence aux « maths de l’insurrection » – que pour chaque personne innocente tuée, dix nouveaux ennemis sont créés.

L’article, écrit par Michael Hastings, discute plutôt brièvement des commentaires de McChrystal et de ses adjoints sur les fonctionnaires américains et la guerre en Afghanistan. De façon prévisible, ces remarques sont crues et il est peu probable qu’elles aient pu constituer une surprise pour Obama, et encore moins pour le Pentagone. Ils connaissent le caractère fascisant et corrompu de l’entourage de McChrystal. Hastings a rapidement décrit le personnel du général comme « un groupe de tueurs, d’espions, de génies, de patriotes, de dirigeants politiques et de véritables énergumènes triés sur le volet ». (Lire la suite…)

Tribune : Analyse des relations entre la Turquie et Israël (vidéo)

25 juin

Tancrède Josseran, directeur de l’observatoire de la Turquie et des relations euro-turques, interrogé par Philippe Conrad, analyse pour Realpolitik.tv les relations toutes particulières qui lient Israël et la Turquie.

à lire également : La Turquie s’éloigne de l’Occident, comme le reste du monde

Le Syndrome de Copenhague ou les 6 Symptômes du Nouvel Ordre Mondial

25 juin

par Thomas Renard pour l’Institut Egmont

D’un point de vue européen, la conférence sur le climat de Copenhague en décembre dernier n’était pas seulement décevante. C’était un réveil brutal. Ou du moins, on ose l’espérer. Alors que tous les pays membres des Nations Unies étaient réunis autour de la table, un accord était négocié par cinq pays, à l’abri des regards, dans une pièce voisine. Alors que l’Union Européenne (UE), souvent trop discrète, faisait entendre sa voix sur le dossier climatique, elle n’était même pas invitée à négocier l’accord final clôturant la conférence.

发生了什么 ? (Que s’est-il passé ?) La réponse est simple : Copenhague était un aperçu du nouvel ordre mondial. En arrivant à la conférence des Nations Unies, les Européens parlaient en termes d’intérêts mutuels et de coopération globale. Mais ils n’ont pas réussi à se faire entendre. Et pour cause : le langage utilisé à Copenhague était celui de la realpolitik et de la géopolitique. Avec l’accent américain, chinois et indien.

Certains journalistes et analystes en sont encore à se demander qui a gagné et qui a perdu à Copenhague – et si la réponse n’apparaît pas comme évidente, c’est précisément parce que la conférence a reflété une réalité elle-même floue et complexe. Cependant, l’intérêt fondamental du grand cirque qu’était la conférence climatique tient davantage à ce qu’il révélait du nouvel ordre mondial émergent. Ce dernier se caractérise par la montée en puissance de nouveaux acteurs, souvent symbolisés par l’acronyme BRIC, pour Brésil, Russie, Inde et Chine ; inversement, et selon la théorie de la relativité de la puissance, par un déclin global de l’Occident ; et enfin par une interdépendance croissante entre les acteurs mondiaux, tant au niveau économique et politique que sécuritaire, voire existentiel dans le cas du changement climatique.

Dans un tel monde, élégamment baptisé interpolaire par Giovanni Grevi (de la contraction d’interdépendance et de multipolarité, les deux caractéristiques centrales du système émergent), les problèmes nationaux et régionaux sont devenus transnationaux et mondiaux, et ceux-ci nécessitent en toute logique une approche concertée et collective. Sinon, les problèmes se déplacent et demeurent irrésolus. C’est le cas du changement climatique, mais aussi du terrorisme, ou encore de la prolifération nucléaire. (Lire la suite…)

Une attaque imminente contre le Pakistan et l’Afghanistan

24 juin

par Robert Bibeau

Pourquoi crier « au loup » avec l’état-major israélien ?

On fait grand cas depuis quelques jours du fait qu’une escadre américaine a traversée le Canal de Suez en direction de la Mer Rouge. Le porte-avions Truman et une douzaine de navires d’escorte, dont un lanceur de missiles israélien, se dirigent vers le Golfe Persique selon le journal Haaretz lui-même alimentée de première main par l’état-major israélien (1).

Pendant ce temps, des officiers de l’armée israélienne, encore eux, informaient le Sunday Times de Londres de l’accord de l’Arabie saoudite pour un usage offensif de son espace aérien en prévision d’une attaque israélienne imminente contre les centres de recherche nucléaires iraniens. Devant le démenti formel et précipité de l’Arabie saoudite, les colporteurs de rumeurs se sont faits soufflé une voie alternative soit la Jordanie, l’Irak puis le Koweït sous occupation américaine (2) serait le nouveau couloir d’attaque imminente contre l’Iran. Des bombes de fort tonnage, anti-bunkers Blu-117, seraient acheminées vers la base américaine de Diego Garcia et vers les dépôts de sécurité américains en Israël. Les avions américains B-2, capables de percée les défenses anti-aériennes iraniennes, seraient prêts à décoller pour attaquer l’Iran, sans compter qu’un sous-marin nucléaire Dolphin, fournis par l’Allemagne à Israël, mouillerait dans le Golfe Persique.  

Comme si ce scénario d’apocalypse ne suffisait pas, le journal Il Manifesto colporte une autre information très précise, émanant elle aussi de l’état-major israélien; des troupes aéroportées et des marines feraient parties de l’escadre qui a traversée le Canal de Suez. Le mystérieux officier d’état-major israélien a toutefois refusé de dévoiler la date et l’heure précise de l’attaque contre le centre nucléaire iranien de Bushehr. On s’étonne d’un tel manque de courtoisie de la part d’un officier aussi prolixe. (3)

Pour Michel Chossudovsky, la dernière résolution du Conseil de Sécurité de L’ONU autorisant des sanctions aggravées contre l’Iran ne serait rien de moins qu’un « Feu vert » de l’ONU à une attaque préventive américano-israélienne contre l’Iran. Monsieur Chossudovsky de conclure que « La  résolution du Conseil de Sécurité transforme l’Iran en proie facile » (4). (Lire la suite…)

DNI : Mission Impossible ?

24 juin

La démission aux Etats-Unis du directeur national du renseignement Dennis Blair ravive les doutes des espions sur la pérennité de ce poste.

Si le président Obama a obtenu la démission de l’amiral Dennis Cutler Blair, la Maison Blanche n’a pas pris la peine d’expliquer les raisons qui ont amené à destituer l’homme placé à la tête des 16 agences de renseignement américaines. Bien que plusieurs éléments aient été avancés par les médias US à l’encontre du DNI (directeur du renseignement national, ndlr) démissionnaire, il semble difficile d’isoler sa responsabilité dans chacun de ces évènements.

Les plus récentes tentatives d’attaques terroristes sur le sol américain, en particulier celles de Times Square et du vol NW253 de Détroit, auraient été reprochées par l’administration Obama à la communauté du renseignement et à son directeur. Des reproches devenus récurrents depuis le 11 septembre, les agressions contre les Etats-Unis étant régulièrement dépeintes comme autant d’échecs collectifs portés par les agences américaines.

Une autre attaque aurait particulièrement irrité l’administration Obama, celle de la FOB Chapman en Afghanistan. L’attentat suicide pratiqué par un indicateur de la CIA avait entraîné la mort de sept américains sur cette base, tuant également un officier de renseignement jordanien (un médecin du nom de Khalil Abu-Mulal al-Balawi, ndlr). Dans cet attentat, la CIA a perdu une analyste de haut rang, considérée au sein de l’Agence comme la plus grande spécialiste de l’Afghanistan et des talibans, qui opérait alors comme chef de station. La base de Chapman était connue par les initiés comme un lieu particulièrement exotique, où évoluaient sous l’autorité exclusive de l’Agence un étrange mélange d’analystes, d’opérateurs provenant d’unités de forces spéciales parmi les plus secrètes, de contractors et d’officiers de renseignement étrangers. Les agents de la CIA y opéraient selon leurs propres règles, attribuant la sécurité de la base aux seuls gardes privés, dans ce qui a été décrit comme un certain sentiment d’invulnérabilité et d’impunité.

Si le coût de cette attaque apparaît comme particulièrement lourd, il semble déplacé de le reprocher au DNI, qui n’avait aucune autorité sur ces opérations de terrain. Il faut noter que ni Michael J. Sulick, le directeur des opérations (DNCS), ni Leon Panetta, le directeur de la CIA n’ont été amenés à démissionner suite à cet attentat.

Comme le révèle le New York Times, c’est peut-être un élément discret des relations franco-américaines qui a entraîné la chute de Dennis Blair. Peu avant sa démission, le DNI était très impliqué dans la négociation d’un accord de partage de renseignement et de non-agression avec la France. Ce pacte proposé par Blair visait autant à bénéficier des renseignements français, mieux implantés que la CIA dans certains pays d’Afrique et au Maghreb, qu’à instaurer une trêve dans la rivalité d’espions qui oppose les deux pays. L’accord fut finalement rejeté par le président Obama, le président français n’étant informé que tardivement de ce revers, alors qu’il croyait l’accord conclu.

Cet ultime désaccord entre l’administration Obama et Dennis Blair aurait marqué la fin de leur collaboration. Nommé en janvier 2009, Dennis Blair constituait un choix assez consensuel pour ce poste et rassurait la communauté du renseignement, alors que la nomination de Leon Panetta à la tête de la CIA faisait l’objet de vives critiques. L’éloignement entre le bureau du directeur national du renseignement (ODNI) et l’administration Obama ne fit que croître depuis son entrée en fonction, marqué notamment par les tensions entre Blair et Panetta, très proche du président.

C’est le général James Clapper, lui aussi pur produit du renseignement américain, qui remplacera Dennis Blair au poste de DNI. Un poste décidément bien difficile à tenir, souvent considéré par les agents comme une surcouche administrative sans réel pouvoir et négligé par une administration qui ne semble pas croire à son utilité.

La réforme du renseignement américain, instituée au lendemain du 11 septembre, semble incomplète, alors que rivalités entre directions et faible partage de l’information sont encore de mise. De leur côté, les acteurs du renseignement se sentent toujours considérés comme des boucs émissaires et continuent à appeler de leurs vœux une meilleure formation des décideurs à l’usage du renseignement, qui ne peut-être considéré comme une solution miracle au terrorisme.

Sur ce sujet: LA Times, ISN, Washington Post, CNN, New York Times

Source : Zone d’Intérêt

Précisions sur les navires de guerre américains ayant traversé le Canal de Suez

24 juin

PressTV a discuté de cette information avec Jeffrey Steinberg qui travaille pour l’Executive Intelligence Review à Washington. Voici son point de vue exprimé lors d’une interview accordée à PressTV.

Rappel des Faits

Récemment plusieurs navires de guerre majoritairement américains ont traversé le Canal de Suez de la Méditerranée en direction de la Mer Rouge. La destination finale des navires reste inconnue mais certains rapportent qu’ils se dirigent vers le Golfe Persique.

Interview

PressTV : Pour quelle raison pensez-vous que ces navires de guerre sont dans la région ?

Jeff Steinberg : L’histoire est bien connue. Le Pentagone annonce régulièrement la rotation de flottilles de l’US Navy avec porte-avions. En fait, il est prévu que le porte-avions USS Truman soit envoyé dans le Golfe Persique pour remplacer l’USS Eisenhower, qui y est stationné depuis un certain temps déjà. Et les porte-avions de l’US Navy voyagent en groupe de 5 à 7 navires. Le site web du Pentagone indique qu’il est prévu que le Truman remplace l’Eisenhower et qu’il y a 5 différents types de navires qui l’accompagnent et qu’il y a également une frégate allemande qui fait partie du groupe.

Maintenant qu’il y ait eu un navire israélien passant le Canal de Suez en même temps, je ne peux pas vous répondre par l’affirmative ou la négative mais cela ne fait pas partie du déploiement de l’US Navy. En fait si l’USS Truman arrive dans le Golfe Persique en gros en début de semaine prochaine alors la principale question, c’est “est-ce que c’est ou non une rotation normale ou un renforcement des forces navales dans la région ?“.

Si c’est une rotation normale alors dans les 24 heures qui suivent son arrivée l’USS Eisenhower commencera à manœuvrer à l’inverse du Truman. Donc il y a une certaine quantité d’informations publiquement disponibles via le Pentagone. Et nous ne saurons pas avant la semaine prochaine si c’est un doublement des forces militaires américaines dans la région où bien si c’est une rotation normale. Dans ce dernier cas, l’USS Eisenhower quitterait la région vers le milieu de semaine prochaine.

Donc je pense considérant ce qu’il se passe autour qu’on est en droit d’exprimer un certain degré d’inquiétude et de rester extrêmement vigilant sur ces sujets la semaine prochaine. De plus, il y a eu d’autres informations principalement dans la presse britannique, The Times de Londres indiquant que les Israéliens déploient là-bas, dans le Golfe Persique, des sous-marins diesel nucléaires. Le journal de Murdoch qui n’est pas toujours une source d’information fiable affirme que ces sous-marins nucléaires sont des sous marins diesel qui peuvent rester en plongée pour une mission de ce genre pendant très longtemps et qu’ils transportent des missiles de croisière à tête nucléaire.

Donc c’est une information de la presse britannique et je dirai juste pour conclure que la source à l’origine de ces affirmations d’une flottille conjointe US-Israël traversant le Canal de Suez c’est un site internet israélien DEBKA connu comme un site de désinformation d’éléments d’extrême-droite des services de renseignements militaires israéliens.

Dés qu’une histoire paraît sur DEBKA nous avons des gens au Pentagone qui font des doubles et triples vérifications avant de les prendre aux mots. Dans ce cas, il y a effectivement un mouvement de navire à travers le Canal de Suez par un important groupe de navires américains.

Source : www.presstv.ir

Le siège éjectable afghan

24 juin

Après McKiernan, c’est autour du général McChrytsal d’être éjecté du commandement de l’ISAF. Son profil paru dans Rolling Stone faisait état de commentaire passablement désobligeant vis à vis de divers personnalités au sein du gouvernement américain. Le Vice-président Joseph Biden se voyait reproché ses sorties intempestives; Karl Heikenberry, l’ambassadeur des États-Unis à Kaboul, en prend pour son grade aussi, de même que l’envoyé spécial pour le Pakistan et l’Afghanistan, Richard Holbrooke. Par ailleurs, le président Obama quoique relativement épargné n’en sortait pas grandi. Une critique en règle et en publique de l’ensemble des décideurs civils (à l’exception d’Hillary Clinton au département d’Etat)  qu’elle soit du fait de McChrystal lui-même ou de ses conseillers pouvait difficilement passer. Car critiquer ainsi les personnes, c’est indirectement critiquer la politique du président.

Deux questions se posent, la première c’est qu’est ce que pouvait bien penser le général McCrystal en laissant passer un tel article, la deuxième c’est que penser de la situation afghane aujourd’hui.

En ce qui concerne la première. Cet incident ressemble à l’affaire Fallon, en 2008, Rolling Stone consacrait un article à l’Amiral William Fallon alors en poste au Central Command, dans celui-ci il critiquait ouvertement la politique du président Bush vis à vis de l’Iran. Le résultat ne s’est pas fait attendre, Fallon fut contraint à la démission. Une différence, comme le rappelle Thomas Barnett est que le désaccord portait sur une question politique fondamentale, ici la politique ne semble pas directement en cause c’est surtout une critique désobligeante des différents protagonistes de la politique américaine en Afghanistan. Mais c’est finalement une différence assez secondaire, critiquer les personnes c’est critiquer la politique dans une certaine mesure. Pourquoi ? Il peut s’agir d’une erreur soit des services de communication  ou de McChrystal qui aurait perdu le sens des réalités (politiques), ou est-ce une forme de suicide ? L’erreur d’une manière ou d’une autre semble plus probable, comme le font remarquer bien des commentateurs, si le général voulait partir, il pouvait le faire d’une manière nettement plus grandiose. Dans le cas présent, c’est finalement une fin assez lamentable.

Sur l’Afghanistan, et bien tout cela est passablement déprimant. Tout d’abord les personnes. Les critiques de McChrystal et ses conseillers montrent en réalité la très grande fragmentation du dispositif diplomatique en Afghanistan. Si il n’y a qu’un seul chef militaire, il y en face, l’ambassadeur américain à Kaboul, l’envoyé spécial pour l’Afghanistan et le Pakistan, le Haut-Représentant de l’OTAN en Afghanistan, et évidemment Washington avec le Président et son vice-président avec des idées arrêtées sur la question. Bref, cela fait beaucoup de monde et l’on ne sait pas qui dirige. L’harmonie entre ces différents personnages est complètement absente. Si au niveau militaire le commandement s’est finalement plus ou moins unifié, ce n’est pas du tout le cas au niveau diplomatique. C’est un motif récurrent des stratégies de contre-insurrection en Afghanistan, la partie civile de l’action civilo-militaire n’a tout simplement pas l’air de suivre.

En ce qui concerne le commandement, il n’y aura officiellement pas de changement de stratégie. Toutefois il est probable que le nouveau commandant, Petraeus, voudra faire sa propre revue de la situation et des changements sont donc possibles d’autant plus que la Maison Blanche sera dans une position de faiblesse face à ses demandes. Obama pourra difficilement se permettre de remplacer un troisième général, surtout Petraeus couvert de gloire après sa campagne irakienne.

Pour conclure, tout cela ne prête guère l’optimisme. L’objectif, pourtant modeste par rapport aux ambitions des premières années, de constituer une force locale capable de résister au taliban, semble bien difficile à atteindre.

à lire égalementDeux remarques sur “l’affaire McChrystal”

Source : Nihil novi sub sole

Gaz schisteux : rupture technologique, conséquences géopolitiques et problématique environnementale

24 juin

par Augustin Roch, chercheur associé à l’IRIS

Depuis environ trois ans, aux Etats-Unis, la production de gaz schisteux connaît une accélération du fait d’avancées technologiques importantes. Généralisables, celles-ci pourraient amener des évolutions géopolitiques majeures dans la décennie en cours.

Technologie éprouvée et mutation concurrentielle

Le gaz schisteux est piégé de manière diffuse dans des schistes, ceux-ci étant la source du gaz et son réservoir. Dans les années 1990, aux Etats-Unis, diverses explorations ont permis de mettre en évidence un vaste champ continu aux Etats de New-York, Ohio et Pennsylvanie. Néanmoins, ce n’est que dans les années 2000 que la production a pu se développer, avec la technique du « fracking » ou fracturation hydraulique. Le but est d’injecter de l’eau, du sable et des additifs sous pression afin de fracturer la roche, de manière horizontale. Le gaz est ensuite récupéré. Par cette manière rentable et efficace, les Etats-Unis ont pu devenir le premier producteur mondial de gaz en 2009, devant la Russie (première fois en dix ans) et 50 % du gaz produit est du gaz non conventionnel. Les réserves de gaz (conventionnel et non conventionnel), estimées à 30 ans en 2006, sont actuellement de 100 ans.

carte des bassins de gaz de schistes aux Etats-Unis

La publicité de cette forme de production a été faite lors du rachat d’un spécialiste américain, XTO, par le géant pétrolier Exxon, en décembre 2009. Publicité d’autant plus grande que les montants proposés (40 milliards de dollars) sont ahurissants pour une telle société, dans un secteur encore jeune et concurrentiel. XTO a été créé en 1986, compte 3 000 salariés pour un chiffre d’affaire de 7,7 milliards de dollars et un bénéfice net de 1,9 milliards de dollars en 2008.

D’autres majors pétrolières ont également investi le secteur, en nouant des partenariats avec des juniors. En janvier 2010, Total crée une joint-venture (JV) avec Chesapeake Energy afin de développer des sites aux Etats-Unis. En mai, le Britannique BG Group renforce sa présence via la création d’une JV avec son partenaire Exco Resources. (Lire la suite…)

Des navires US et des sous-marins nucléaires israéliens dans le Golfe Persique

23 juin

par Manlio Dinucci pour Il Manifesto

Le passage d’une armada états-uno-israélienne par le Canal de Suez ne doit pas s’interpréter tant comme un signal contre l’Iran que comme une menace directe contre le Pakistan. Il intervient certes, après le vote de sanctions contre l’Iran au Conseil de sécurité, mais répond avant tout à l’accord gazier signé entre Téhéran et Islamabad.

Israël déploie des sous-marins armés de missiles nucléaires au large des côtes iraniennes : c’est ce que titrait le 22 juin le journal israélien Haaretz, en rapportant une enquête du britannique Sunday Times. Selon ce qu’a déclaré un officier israélien, un des quatre sous-marins Dolphin, fournis par l’Allemagne, se trouve déjà dans le Golfe et, avec ses missiles de croisière à tête nucléaire (portée 1 500 kms), il peut atteindre n’importe quel objectif en Iran. A la fin de la semaine dernière, une imposante escadre navale, composée de plus de 12 bateaux de guerre états-uniens et d’au moins une unité lance-missiles israélienne, avait traversé le Canal de Suez, en se dirigeant elle aussi vers le Golfe Persique : ceci afin d’augmenter la pression militaire contre l’Iran. La raison n’est pas seulement celle, déclarée ici, d’empêcher Téhéran de pouvoir un jour se doter d’armes nucléaires.

Il y en a une autre plus pressante : aux débuts de la semaine dernière, Téhéran a signé avec Islamabad l’accord d’une valeur de 7 milliards de dollars, qui lance la construction d’un gazoduc allant de l’Iran au Pakistan. Un projet qui remonte à 17 ans, jusqu’ici bloqué par les Etats-Unis. Malgré cela, l’Iran a déjà réalisé 900 des 1 500 kms de gazoduc, du gisement de South Pars jusqu’à la frontière avec le Pakistan, qui en construira 700 autres. C’est un couloir énergétique qui, à partir de 2014, ferait arriver chaque jour au Pakistan depuis l’Iran, 22 millions de mètres cube de gaz. Le projet initial prévoyait qu’une branche du gazoduc arrivât en Inde ; mais New Delhi s’est retirée du projet par crainte que le Pakistan ne puisse bloquer l’approvisionnement.

La Chine est par contre disponible pour l’importation du gaz iranien : la China Petroleum Corporation a signé avec l’Iran un accord de 5 milliards de dollars pour le développement du gisement de South Pars, en prenant la place du français Total à qui Téhéran n’a pas renouvelé son contrat (tandis que l’italien Eni – Ente nazionale idrocarburi, NdT- continue à opérer dans les gisements de South Pars et de Darquain). Pour l’Iran c’est donc un projet d’importance stratégique : le pays possède les plus grandes réserves de gaz naturel après celles de la Russie, et elles sont en grande partie encore à exploiter ; à travers le couloir énergétique vers l’est, l’Iran peut défier les sanctions voulues par les Etats-Unis. Il a cependant un point faible : son plus gros gisement, celui de South Pars, est offshore, situé dans le Golfe Persique. Il est donc exposé à un blocus naval, comme celui que les Etats-Unis peuvent exercer en s’appuyant sur les sanctions décidées au Conseil de sécurité de l’ONU.

A Washington, le torchon brûle du fait que le Pakistan, son allié, a signé l’accord avec l’Iran quelques jours à peine après les sanctions décidées par le Conseil de sécurité. D’où le mouvement militaire, en accord avec les alliés européens, et en particulier avec la France. La porte-avions Truman, qui commande le groupe naval en direction du Golfe Persique, a d’abord fait escale à Marseille, en effectuant une manœuvre en Méditerranée entre le 4 et le 7 juin : avec ses 80 avions d’attaque, une manœuvre d’interopérabilité avec l’aviation embarquée à bord du porte-avions français Charles De Gaulle. Et tandis qu’il était en route vers Suez, le Truman a reçu le 14 juin la visite du ministre de la Défense allemand, accompagné du chef d’état major de la marine.

Le moment le plus exaltant a eu lieu le 13 juin quand, dans la chapelle du porte-avions Truman, un prêtre catholique français et un rabbin juif ont officié ensemble une cérémonie religieuse permettant « aux deux nations alliées de s’unir au niveau spirituel ».

Traduction : Marie-Ange Patrizio

Source : Réseau Voltaire

Où en est le nouveau « Grand Jeu » en Asie Centrale ?

22 juin

par François Danjou

L’ancienne Asie Centrale Soviétique, dont quatre pays sont devenus en 2001 membres de l’Organisation de Coopération de Shanghai (OCS), sous le patronage de Moscou et de Pékin, est une zone riche en hydrocarbures et en ressources minières. Elle reste politiquement instable, alors que s’y disputent les influences de la Chine, de la Russie et des Etats-Unis.

Pour la Chine comme pour la Russie, l’Asie Centrale est non seulement un réservoir de ressources, mais également un glacis stratégique, progressivement devenu le cœur d’un nouveau système d’alliance, sur lequel Pékin et Moscou se sont à l’occasion appuyés pour dénoncer l’entrisme politique et militaire des Etats-Unis et de l’OTAN dans la région, après la chute du mur de Berlin.

Mais les récents événements au Kirghizstan jettent une lumière crue sur la complexité des situations et la somme des intentions cachées. Alors que, pour des raisons diverses, parfois opposées, Moscou, Pékin et Washington se seraient bien accommodés de la stabilité garantie par un régime radicalement anti-démocratique, l’irruption brutale des revendications populaires, rappelle aux sponsors de l’Asie Centrale les risques d’une déstabilisation en cascade de la région, sur fond de menace intégriste. (Lire la suite…)

Les Etats-Unis et l’Union européenne imposent d’autres sanctions à l’Iran

22 juin

par Peter Symonds pour WSWS

Les Etats-Unis et l’Union européenne (UE) ont intensifié le pression sur l’Iran et ses programmes nucléaires en imposant cette semaine d’autres sanctions en plus de celles qui avaient été adoptées la semaine dernière dans une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU. Ces derniers gestes pavent la voie à un affrontement encore plus sérieux avec l’Iran, qui a dénoncé la dernière résolution de l’ONU comme étant illégale.

L’administration Obama insiste depuis des mois pour obtenir l’appui de la Chine et de la Russie, tous deux des membres permanents ayant droit de veto au Conseil de sécurité de l’ONU, dans une quatrième résolution onusienne contre l’Iran. Moscou et Pékin ont finalement accepté après amendements pour faire en sorte que leurs propres intérêts économiques en Iran n’allaient pas être affectés. La résolution a été adoptée le 9 juin à 12 votes contre 2, le Brésil et la Turquie s’y opposant et le Liban choisissant l’abstention.

Du point de vue de la Maison-Blanche, le vote de l’ONU n’était qu’une première étape dans la campagne de sanctions unilatérales imposées à l’Iran par les Etats-Unis et ses alliés. En coulisses, les Etats-Unis ont déjà rencontré plusieurs pays d’Europe et d’ailleurs, dont l’Australie et le Japon, pour élaborer une stratégie. La dernière résolution était cruciale car plusieurs membres de l’UE auraient exigé son adoption pour justifier l’imposition de nouvelles sanctions.

L’appui de l’UE, plus important partenaire commercial de l’Iran, était essentiel à l’administration Obama pour pouvoir resserrer l’étau économique autour de l’Iran. A un sommet de l’UE jeudi, les dirigeants européens se sont mis d’accord pour établir de nouvelles et âpres mesures, dont l’interdiction d’importation de technologie de raffinage et de liquéfaction du gaz naturel. Les mesures vont aussi s’en prendre au commerce, à la finance, au transport, au banques iraniennes et aux membres des Gardiens de la révolution islamique en Iran (IRGC). Les détails finaux des sanctions seront déterminés d’ici le 26 juillet.

Les embargos sur les technologies du pétrole et du gaz sont particulièrement sévères, considérant que l’économie iranienne et les finances gouvernementales dépendent beaucoup des exportations d’énergie. L’Iran est forcé d’importer environ le tiers de ses besoins en essence en raison de sa faible capacité de raffinage. De plus, les infrastructures du réseau énergétique du pays ont un besoin criant d’investissements et les sanctions de l’UE vont rendre ces améliorations pressantes encore plus difficile à effectuer.

L’administration Obama soutient ne pas vouloir s’en prendre à la population iranienne, mais les dernières sanctions, dirigées contre les secteurs financiers, bancaires et énergétiques, ne feront qu’aggraver les problèmes économiques du pays et auront un impact majeur sur les travailleurs ordinaires. Le taux de croissance économique de l’Iran n’était qu’à 1,8 pour cent l’an dernier. Le taux de chômage se situait à 11,9 pour cent en mars et l’inflation, à 9,8 pour cent. Selon le service de la statistique iranien, plus de 10 millions de personnes, sur une population de 73 millions, vivent dans la « pauvreté absolue » et 30 millions, dans la « pauvreté relative ». (Lire la suite…)

Films, documentaires et reportages…

21 juin

MecanoBlog, ce ne sont pas que des articles, souvent d’une extrême longueur à en décourager plus d’un atteint de paresse intellectuelle, mais aussi une kyrielle de films, documentaires et reportages variés. Voici donc une liste non-exhaustive des vidéos présentes sur le blog.

Toutes ces vidéos sont proposées à titre informatif, afin de vous permettre d’en tirer vos propres conclusions. Les opinions exprimées ne représentent pas forcément celles de la rédaction du MecanoBlog.

Si vous pensez qu’une vidéo trouverait sa place dans cette liste, n’hésitez surtout pas à informer la rédaction, en laissant un petit commentaire ou en envoyant un mail à cette adresse : said@mecanopolis.org . De même que si vous remarquez qu’une vidéo a été supprimée, merci de prévenir la rédaction.

Economie/Mondialisation

- Prêt à jeter (vidéo)

- Vers un crash alimentaire (vidéo)

- Le salaire de la dette (vidéo)

- La Stratégie du Choc (vidéo)

- Liquidation totale ! (vidéo)

- La raison du plus fort

- Capitalism : a love story

- Let’s make money

- 1932

- The Corporation

Géopolitique/Géostratégie

- Pax Americana ou la conquête militaire de l’espace (vidéo)

- Le cas Kissinger: La face cachée d’un magicien (vidéo)

- Papa vend des armes : les surprenants VRP de la guerre (vidéo)

- Le fabuleux voyage d’un baril de pétrole (vidéo)

- Uranium, l’héritage empoisonné (vidéo)

- Pétrole, le prix de la dépendance

- Le Système Poutine

- Chine/États-Unis : La Course à l’Or Noir

- Business en Absurdistan (vidéo)

- Oil, Smoke & Mirrors

- The Power of Nightmares : The Rise of the Politics of the Fear – Baby, it’s Cold Outside

- The Power of Nightmares : The Rise of the Politics of the Fear – The Phantom Victory

- The Power of Nightmares : The Rise of the Politics of the Fear – The Shadows in the Cave

- Pain, Pétrole & Corruption

- Les expériences secrètes de la CIA

- The Road to Guantanamo

- Un taxi pour l’enfer (vidéo)

- S.O.P. : Standard Operating Procedure (vidéo)

- Etat de Guerre

- Après l’hégémonie : propositions pour un monde multipolaire

- OTAN : machine de guerre, machine de paix ?

- Les Etats-Unis à la conquète de l’Est

- Missing Links

- 9/11 – Le Mythe & la Réalité

- Les 102 minutes qui ont changé le monde

- Pakistan : l’étau des Taliban

Palestine/Israël

- Gaza sous les bombes, Gaza dans les tunnels

- L’échange des prisonniers

- Gaza-strophe : le jour d’après

- To shoot an elephant

- Génération Intifada

- La Guerre des Six Jours

- Palestine : Promesses & Trahisons

- Occupation 101 : la voix de la majorité silencieuse

- Jénine, Jénine

- Israël : les armes secrètes

Personnalités

Chomsky & Compagnie

- Massoud l’Afghan

- La Maison des Saoud

Technologie

- Le temps des biomaîtres

- Tous fichés !

Propagande/Manipulation

- Le temps de cerveau disponible (vidéo)

- Opération Hollywood

- Police State 4 : The Rise of FEMA (vidéo)

- La cabale

- War made easy (vendre la guerre aux américains)

- Le Troisième Jihad

Religion

- À l’école de Dieu (vidéo)

- Jesus Camp

Entretien

- Entretien avec Michel Drac : « Choc et simulacre » (vidéo)

- Vers une dictature technologique en France

- Géopolitique du Moyen-Orient par Webster Tarpley (vidéo)

Ne touchez pas à WikiLeaks !

20 juin

par Patrick Martin pour WSWS

Dans le cadre de sévères mesures de sécurité motivées par la divulgation d’une vidéo politiquement dommageable d’un massacre par l’armée américaine en Irak, les responsables du Pentagone ont annoncé la détention du soldat Bradley Manning et l’intensification des efforts pour trouver Julian Assange, le fondateur du site web WikiLeaks.

Le 7 juin, des fonctionnaires du département de la Défense ont confirmé que Manning était séquestré au Koweït « pour avoir prétendument divulgué des informations confidentielles ». Trois jours plus tard, des enquêteurs du Pentagone ont raconté au site web Daily Beast qu’ils étaient à la recherche d’Assange, dans une enquête liée à Manning. Le fondateur de WikiLeaks, d’origine australienne, devait donner des conférences la semaine dernière à New York City et Las Vegas, mais il les a annulées, invoquant des « considérations de sécurité ».

WikiLeaks, qui sollicite des fuites sur les gouvernements et la criminalité des grandes sociétés à travers le monde et qui les rend publiques sur Internet, a publié en avril une version décryptée et modifiée de la vidéo sur un site web spécial intitulé « Meurtre collatéral » (Collateral Murder). La vidéo originale avait été filmée par l’armée américaine en 2007 lors d’une attaque d’hélicoptère dans la partie est de Bagdad qui avait fait 15 morts, dont deux journalistes de Reuters.

La vidéo, au cours de laquelle on peut entendre les communications radio de soldats américains blaguant sur le massacre d’Irakiens, a provoqué l’indignation à travers le monde et a été répondu par une violente contre-attaque de l’armée et de l’appareil du renseignement des Etats-Unis. Le secrétaire à la Défense Robert Gates a dénoncé la divulgation de la vidéo, bien qu’il ait admis que les images avaient été produites par l’armée américaine et qu’elles n’avaient pas été falsifiées. (Lire la suite…)

De la réduction des têtes au changement des corps

20 juin

par Dany-Robert Dufour pour le Monde diplomatique

Un nouvel « homme nouveau », voilà ce que le marché est en train de fabriquer sous nos yeux. En détruisant toute forme de loi qui représenterait une contrainte sur la marchandise, la dérégulation néolibérale provoque des effets dans tous les domaines. Pas seulement dans le champ économique. Le psychisme humain lui-même est perturbé, bouleversé. Dépressions, troubles de l’identité, suicides et perversions se multiplient. Au point que le marché ne veut plus de l’être humain tel qu’il est. A l’aide du clonage et de l’ingénierie génétique, il exige désormais carrément la transformation biologique de l’humanité.

Archives d’avril 2005

L’homme modifié par le libéralisme

Dans L’art de réduire les têtes (1), j’avais tenté de mettre en évidence la profonde reconfiguration des esprits opérée par le marché. La démonstration était relativement simple : le marché récuse toute considération (morale, traditionnelle, transcendante, transcendentale, culturelle, environnementale…) qui pourrait faire entrave à la libre circulation de la marchandise dans le monde. C’est pourquoi le nouveau capitalisme cherche à démanteler toute valeur symbolique au profit de la seule valeur monétaire neutre de la marchandise. Puisqu’il n’y a plus qu’un ensemble de produits qui s’échangent à leur stricte valeur marchande, les hommes doivent se débarrasser de toutes ces surcharges culturelles et symboliques qui garantissaient naguère leurs échanges.

On peut voir un bon exemple de cette désymbolisation produite par l’extension du règne de la marchandise en examinant les billets de banque établis en euros. On remarquera que ces billets ont perdu les effigies des grandes figures de la culture qui, de Pasteur à Pascal et de Descartes à Delacroix, indexaient hier encore les échanges monétaires sur les valeurs culturelles patrimoniales des Etats-nations. Il n’y a plus sur les euros que des ponts et des portes ou des fenêtres, exaltant une fluidité déculturée. Les hommes sont priés de se plier au jeu de la circulation infinie de la marchandise. On peut donc dire que la loi du marché consiste à détruire toute forme de loi représentant une contrainte sur la marchandise.

En abolissant toute valeur commune, le marché est en train de fabriquer un nouvel « homme nouveau », déchu de sa faculté de juger (sans autre principe que celui du gain maximal), poussé à jouir sans désirer (le seul salut possible se trouve dans la marchandise), formé à toutes les fluctuations identitaires (il n’y a plus de sujet, seulement des subjectivations temporaires, précaires) et ouvert à tous les branchements marchands. Nous sommes là devant un aspect très particulier de la dérégulation néolibérale qui, malheureusement, n’est pas encore bien compris, mais qui produit d’ores et déjà des effets considérables dans tous les domaines, et notamment sur le psychisme humain. Un certain nombre de psychiatres et de psychanalystes sont en train d’inventorier les nouveaux symptômes dus à cette dérégulation, comme la dépression, les addictions diverses, les troubles narcissiques, l’extension de la perversion, etc. (Lire la suite…)

Transfert de munitions en Israël pour une possible attaque de l’Iran

19 juin

par Manlio Dinucci pour Il Manifesto

La Maison-Blanche ne cesse d’accroître ses pressions contre l’Iran pour l’obliger à coopérer en Afghanistan et en Irak. Alors que le départment d’Etat a initié un début de blocus anti-iranien au moyen de la résolution 1929, le Pentagone transfère des munitions en Israël et ouvre des couloirs aériens pour donner à Tsahal la possibilité de frapper l’économie iranienne. Téhéran cèdera t-il sous la menace ?

L’Arabie Saoudite ne permettrait pas aux bombardiers israéliens de traverser leur espace aérien pour frapper les sites nucléaires iraniens : c’est ce qu’a déclaré le prince Mohammed Bin Nawaf, envoyé de Riyadh à Londres, démentant la nouvelle donnée par le Times. L’alarme est donc stoppée ? Rien n’est moins sûr. Personne à Washington n’a démenti l’information, venant du Pentagone, que une attaque israélienne contre des sites nucléaires iraniens a été « planifiée en accord avec le département d’Etat états-unien », et qu’un autre corridor aérien est prévu, surtout pour l’attaque contre Bushehr, à travers la Jordanie, l’Irak et le Koweït. Mais au-delà des mots ce sont les faits qui démontrent que les préparatifs d’une possible attaque contre l’Iran s’intensifient.

la bombe GBU-31 JDAM (Joint Direct Attack Munition)

Le ministre de la Défense Ehud Barak, en visite à Washington, a obtenu d’autres grosses fournitures militaires, en particulier des bombes Jdam de la société états-unienne Boeing. Ce sont des bombes à forte potentialité qui, avec l’ajout d’une nouvelle section de queue à guidage GPS, peuvent être lancées à plus de 60 kms de l’objectif sur lequel elles se dirigent automatiquement. Récemment elles ont aussi été dotées d’un système à direction laser, qui les rend encore plus précises. Elles ont été utilisées, écrit le journal israélien Haaretz, durant la deuxième guerre du Liban, en 2006, et dans l’opération Plomb durci à Gaza en 2008.

Barak a en outre demandé à Washington d’augmenter de 50 % les « dépôts d’urgence » que l’armée états-unienne a constitués en Israël en décembre dernier, sur décision de l’administration Obama. Comme le rapporte Haaretz, ces dépôts contiennent des missiles, bombes, munitions pour l’aviation, véhicules blindés et autres armements, qui sont catalogués au moment de leur arrivée pour assurer un « accès facile et rapide du côté israélien ». A coup sûr, même si ça n’est pas dit, une partie des armements destinés aux « dépôts d’urgence » arrive de Camp Darby, la base logistique de la US Army, (en Italie, entre Pise -aéroport civil et militaire, personnel exclusivement militaire dans la tour de contrôle- et Livourne, port marchand, NdT) : depuis longtemps déjà, d‘après le Global Security, la 31ème Escadre d’approvisionnement de la base est responsable aussi des dépôts situés en Israël, sorte de succursale de Camp Darby qui a approvisionné les forces israéliennes pour ses attaques contre le Liban et Gaza.

des bombes Blu-117/B Penetrator

Parmi les munitions que les USA fournissent à Israël, se trouvent les « ogives lourdes pénétrantes », comme les Blu-117 d’une tonne, adaptées à l‘attaque contre les bunkers iraniens. Ces armes mêmes qui depuis des mois se sont accumulées dans la base états-unienne de Diego Garcia, dans l’Océan Indien, où ont été transférés les bombardiers B-2 capables de franchir les défenses anti-aériennes. Selon Dan Plesh, directeur du Centre d’études internationales de l’Université de Londres, « les bombardiers USA sont déjà prêts à détruire 10 000 objectifs en Iran en quelques heures ». Et, derrière ses déclarations lénifiantes, l’Arabie Saoudite est en train de potentialiser ses 150 chasseurs-bombardiers F-15 fournis par Boeing, avec les technologies les plus avancées qui les rendent plus efficaces dans les attaques nocturnes et pleinement inter opérationnelles avec les forces aériennes états-uniennes.

Manlio Dinucci est géographe et géopolitologue. Derniers ouvrages publiés : Geograficamente. Per la Scuola media (3 vol.), Zanichelli (2008) ; Escalation. Anatomia della guerra infinita, DeriveApprodi (2005).

Traduction : Marie-Ange Patrizio

Source : Réseau Voltaire

Obama couvre les crimes de BP

19 juin

par Barry Grey pour WSWS

Le discours du président Obama, prononcé mardi soir du Bureau ovale, sur la catastrophique marée noire du golfe du Mexique était une lâche dérobade et dissimulation qui aurait pu être écrit par le service de publicité de BP.

Le discours de 18 minutes, prononcé le 57e jour de la pire catastrophe environnementale de l’histoire des Etats-Unis, n’a pas donné d’estimation concrète des causes de la marée noire ni de l’ampleur de la crise, en termes de dommages à l’écosystème ou à l’économie.

Le discours représente une totale capitulation devant BP et les autres grandes sociétés. Quiconque s’attendait à voir Obama profiter de l’occasion pour fournir au peuple américain une description honnête du désastre et de la culpabilité de BP ne peut qu’avoir été cruellement déçu.

Prononcé quelques heures seulement avant une rencontre avec les hauts dirigeants de BP à la Maison-Blanche, le discours a clairement établi que l’administration Obama reçoit ses ordres de l’oligarchie patronale et financière. Dans sa réaction à la catastrophe du golfe du Mexique, Obama a adopté la même approche que devant les actions criminelles de Wall Street qui ont jeté les Etats-Unis et le monde dans la plus profonde crise économique depuis la Grande Dépression. Personne ne sera tenu responsable et rien ne sera fait qui pourrait poser problème aux intérêts fondamentaux de l’aristocratie financière.

Dans son discours, Obama n’a jamais condamné clairement les actes de BP, ceux avant ou après l’explosion, survenue le 20 avril sur la plate-forme Deepwater Horizon, qui a coûté la vie à 11 travailleurs et qui a entraîné le déversement de millions de litres de pétrole dans le golfe du Mexique.

Il n’a rien dit des dernières révélations troublantes sur les violations systématiques des procédures de sécurité par BP tout juste avant que l’explosion ne vienne couler la plate-forme. Ces violations faisaient partie de la politique de la compagnie de systématiquement prendre des raccourcis pour économiser temps et argent et gonfler les profits.

Il n’a même pas fait mention des nouvelles estimations rendues publiques le jour même par des scientifiques du gouvernement qui établissaient le taux de déversement de pétrole entre 135.000 et 230.000 litres par jour – la plus récente indication que BP ment à répétition sur la crise.

L’enquête criminelle sur BP, dont l’administration avait fait miroiter l’idée il y a deux semaines, mais qui a été abandonnée depuis, n’a jamais été mentionnée.

Obama a consacré précisément quatre courtes phrases et moins d’une minute à l’explosion sur la plate-forme Deepwater Horizon, omettant tout ce qui aurait pu être dommageable à BP. Il n’a pas mentionné par exemple que le bloc obturateur de puits de la compagnie, présumément le dispositif de sécurité dans le cas d’un jaillissement de pétrole, n’avait pas fonctionné. (Lire la suite…)

Prendre BP à la gorge (et serrer)

18 juin

par Fabrice Nicolino

Baptiste est un adepte du boycott. Un adepte très convaincant, un adepte si convaincant qu’il m’a convaincu que cette forme d’action peut être une arme fatale, à condition de bien s’en servir. Mais qui veut s’en servir ? Je suis stupéfait, et le mot est encore faible, par notre total(e) inertie. BP, la transnationale BP a créé un site internet pour parler de la merde qu’elle a répandue sur le monde. Allez-y voir, il y a des pages en français (ici). Foutage de gueule garanti par le bénéfice net du second semestre 2009 de BP, soit 4,39 milliards de dollars. Dernier message, daté d’hier seulement : « Comment signaler un litttoral pollué ? Veuillez contacter le numéro vert suivant (866) 448-5816 ».

Vous avez par ailleurs entendu parler du discours d’Obama à la nation américaine, prononcé depuis le bureau ovale de la Maison Blanche. Je n’insiste pas, cela tournerait à l’insulte contre un chef d’État. Après avoir parlé il y a un couple de jours de « 11 septembre écologique », le président a résumé avec force et détermination sa complète impuissance. Blablabli, blablablo. 17 000 gardes nationaux – avec des pelles et des rateaux dans les bayous ? -, BP paiera, il faut des énergies propres. Pauvre grand garçon perdu dans l’immensité.

Évidemment, il y a autre chose à faire. Et c’est même très simple. Il faut organiser un boycott mondial et définitif contre tous les produits liés à BP. De la sorte, et à supposer que cela marche, cette entreprise criminelle – on sait qu’elle n’a tenu aucun compte des avertissements annonçant la catastrophe – serait cassée en deux. Comme ces tankers échoués sur les plages d’ici et d’ailleurs. Cassée en deux, comme le Torrey Canyon, l’Amoco Cadiz, l’Exxon Valdez. Cassée, c’est-à-dire détruite à la racine, dispersée aux quatre vents mauvais qu’elle n’a cessé de faire souffler sur ses propres braises.

Cassée. Ce n’est pas que BP serait pire que Total ou Shell. Elles sont toutes identiques. Elles se valent, de la Birmanie aux truandages irakiens du programme « pétrole contre nourriture », en passant par la tragédie biblique du delta du Niger. Bien entendu, ces salauds sont des salauds ontologiques. Et c’est bien pourquoi il faut, il faudrait briser en deux BP. Ainsi, ainsi seulement les autres comprendraient ce qu’il y a à comprendre. Que nous ne voulons plus. Que nous préférons de très loin leur mort à celle d’un oiseau. Alors peut-être commenceraient-ils à faire attention. À ne plus affréter sous pavillon dissimulé des pétroliers en bout de course. À ne plus ruiner des peuples. À ne plus dévaster des espaces. À ne plus corrompre les satrapes, sans lesquels leur commerce mortuaire s’arrêterait dans les sables. (Lire la suite…)

Tribune : Guerre en haute mer – Agression de la Flottille de la Liberté par Jean Michel Vernochet (video)

17 juin

Le géopolitologue, écrivain et journaliste spécialiste des relations internationales Jean Michel Vernochet (Geopolintel) s’exprime à propos de l’agression israélienne contre la Flottille de la Liberté dans les eaux internationales.

Pour compléter cette vidéo lisez l’article de Jean Michel Vernochet : Ankara-Gaza-Brasilia