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Qui a coulé le Cheonan ?

26 mai

Nouvelles tensions intercoréennes et relations sino-américaines

par Saïd Ahmiri pour MecanoBlog

26 mars 2010, 21h22, une explosion retentit à bord de la corvette militaire sud-coréenne Cheonan, coulant en 20 minutes à peine 60 % du bateau coupé en deux. Plusieurs raisons ont tout de suite été évoquées : Une torpille sous-marine, un rocher, une mine de mer. D’autres ont affirmé avoir vu un sous-marin nord-coréen émerger de l’eau quelques minutes après la disparition du Cheonan. Près de deux mois après le naufrage dans la Mer Jaune au large de l’île sud-coréenne Baengnyeong, le bilan fait état de 46 marins morts dont 8 sont toujours portés disparus. C’est la pire catastrophe maritime de la République de Corée depuis 1974 quand un navire de débarquement de la marine a chaviré tuant 159 marins. La précédente accusation d’attaque nord-coréenne remonte à 1987 où 115 personnes ont été tuées suite à l’attentat contre un Boeing de la Korean Airlines, attribué à des agents nord-coréens. Une nouvelle étape importante dans la multipolarisation du monde se joue dans la péninsule coréenne avec des répercussions géostratégiques majeures dans les Océans Indien et Pacifique. Washington insiste, Tokyo encourage, Séoul réfléchit, Pyongyang est sur le pied de guerre et Pékin modère.

L’enquête internationale et la piste de Sakai

15 avril 2010, le Cheonan a refait surface afin de permettre aux enquêteurs d’expliquer aux familles ce qu’il s’est réellement passé dans la nuit du 26 mars. Les conditions météorologiques ont été avec les enquêteurs qui ont pu sans soucis remonter le navire qui se trouvait à 25 mètres de profondeur, la veille de 9h à 12h11. La corvette, un vaisseau de 1.200 tonnes et de 88 mètres de long, remonté par une grue géante installée en pleine mer, contenait 36 corps de marins. 2 marins avaient été retrouvés en mer au fil des jours mais il manquait encore 8 personnes qui composaient l’équipage du navire qui étaient encore à bord lors du naufrage. En tout, ce sont 46 des 104 marins qui sont décédés dans cet incident dramatique qui a profondément secoué la Corée du Sud où cinq jours de deuil avaient été décrétés.

40 personnes de l’armée sud-coréenne sont ensuite entrées dans la carcasse pour récupérer les 36 corps des marins. Ceux-ci ont été recouverts de linceuls blancs et transportés sur le navire Dokdo où ils ont pu être identifiés. Une équipe d’investigation internationale a été mise en place avec des experts civils et militaires provenant d’Australie, du Canada, des Etats-Unis, de Grande-Bretagne et de Suède qui se sont réunis en Corée du Sud pour analyser la carcasse. D’après les images tournées par les médias sud-coréens, il a été possible de constater que la quille du bateau ne semblait pas avoir été très endommagée et que l’armement qui se trouvait à bord était apparemment intacte.

Les premiers éléments de l’enquête rapportent que l’explosion qui a coupé la corvette en deux ne viendrait pas de l’intérieur du Cheonan, mais bien de l’extérieur. Les officiels de l’armée ont en tout cas défendu cette thèse qu’ils soutiennent encore aujourd’hui. Par ailleurs, des bateaux de la marine sud-coréenne équipés de sonar et de caméras sous-marines ont quadrillé le secteur étendu pour collecter les débris et tenter de retrouver la mine ou la torpille qui serait à l’origine de l’incident. Dès le début, le président de la Corée du Sud, Lee Myung-Bak, a suivi de très près cette affaire devenue nationale. (Lire la suite…)