Archive | mai, 2010

Assaut meurtrier d’Israël contre la flottille humanitaire Free Gaza (Infos en continu)

31 mai

Vers 5 heures du matin, des commandos de la marine israélienne (IDF Forces Naval) ont attaqué les navires composant la flottille d’aide humanitaire du Free Gaza Movement qui souhaitait briser le blocus de la bande de Gaza imposé par Israël depuis trois ans. Au dernier bilan, l’assaut meurtrier a fait 19 civils tués et 39 blessés, selon les différents communiqués de ce lundi matin. La flottille a été attaquée alors qu’elle se trouvait à 65 kilomètres des côtes de Gaza, dans les eaux internationales.

L’assaut des commandos de la marine israélienne

12h30 : L’assaut de la flottille pour Gaza par les commandos israéliens a fait 19 morts et 36 blessés parmi les passagers de la flottille, selon la télévision israélienne.

Concert de condamnations internationales

L’Union européenne a réclamé une “enquête complète sur les circonstances” de ce raid. Le chef de la diplomatie de l’UE, Catherine Ashton, a rappelé que pour l’UE “la politique de fermeture de Gaza demeure inacceptable et politiquement contre-productive“. Elle a demandé la fin du blocus en appelant à l’autorisation “immédiate” et “inconditionnelle” du passage de l’aide humanitaire, du commerce de biens et des déplacements de personnes à Gaza.

Le ministre belge de la Coopération, Louis Michel a déploré de son côté “l’apparente utilisation disproportionnée de la force par l’armée israélienne lors de cette intervention qui aurait fait plusieurs morts“. Le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, s’est dit “très préoccupé [par] les événements de la nuit au large de Gaza“. “Les premières nouvelles sont consternantes.”

Le ministre irlandais des Affaires étrangères, Micheal Martin, a dénoncé l’action “totalement inacceptable” d’Israël. “Les informations selon lesquelles jusqu’à 15 personnes auraient été tuées et 50 blessées, si elles étaient confirmées, constitueraient une réponse totalement inacceptable par l’armée israélienne à ce qui était une mission humanitaire tentant de livrer un approvisionnement absolument nécessaire aux gens de Gaza“, a-t-il ajouté.

Seule l’Italie estime que la flottille pro-palestinienne était “une provocation“. “Cette affaire est une pure provocation avec un objectif politique précis“, a déclaré le sous-secrétaire d’Etat italien aux affaires étrangères, Alfredo Mantica.

Paris appelle à “faire toute la lumière sur les circonstances”

En France, le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, s’est dit “profondément choqué” par l’assaut israélien sur la flottille pro-palestinienne, estimant que “rien ne saurait justifier l’emploi d’une telle violence“. Le ministre a appelé à “faire toute la lumière sur les circonstances de ce drame” et souhaité qu’”une enquête approfondie soit mise en place sans délai“. “Nous prendrons toutes les initiatives nécessaires pour éviter que cette tragédie ne donne lieu à de nouvelles escalades de violence“, a-t-il ajouté.

Même son de cloche chez les Verts et le PCF. “Le gouvernement israélien n’hésite devant rien [...] son commando tire sur les civils internationaux“, estime la porte-parole nationale des Verts, Djamila Sonzogni. “La France et les Européens doivent contraindre Israël à lever immédiatement le blocus“, lance Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF.

Reste que pour le porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre, l’assaut peut s’expliquer par “des provocations” de la part “ceux qui se disent les amis des Palestiniens“.

Enfin, l’ancien Premier ministre Alain Juppé (UMP) a dénoncé l’extrémisme d’Israël. “La situation qui est faite aux Palestiniens dans la bande de Gaza est inhumaine. Je me compte parmi les amis d’Israël mais je ne comprends pas la façon dont le gouvernement israélien s’enferme aujourd’hui dans une position totalement extrémiste“, a-t-il déclaré. Selon le maire de Bordeaux, la France ne peut “pas soutenir cette position du gouvernement israélien“.

Les ambassadeurs d’Israël convoqués pour s’expliquer

L’Espagne, qui exerce la présidence tournante de l’UE, a qualifié “d’inacceptable” cet assaut. L’ambassadeur d’Israël à Madrid “a été convoqué” pour lui demander des explications et sera “reçu par le chef de cabinet” du ministre des Affaires étrangère, a précisé son ministère.

Une position imitée par la Suède et le Danemark. Stockholm a qualifié de “complètement inacceptable” le raid, convoquant l’ambassadeur d’Israël. Copenhague parle d’une “confrontation très préoccupante” sur laquelle “nous devons avoir une clarté totale” en convoquant l’ambassadeur d’Israël.

De même, la Turquie a prévenu Israël des “conséquences irréparables” sur les relations bilatérales, après le raid meurtrier israélien sur la flottille, composée des bateaux turcs. “Nous condamnons fortement ces pratiques inhumaines d’Israël“, a déclaré le ministère des Affaires étrangères. Ankara a ainsi convoqué l’ambassadeur israélien, Gabby Levy, au ministère des Affaires étrangères.

La Grèce a également convoqué d’urgence l’ambassadeur d’Israël à Athènes réclamant “une information immédiate concernant la sécurité des citoyens grecs qui étaient à bord des bateaux“. Le ministère des Affaires étrangères a souligné “la nécessité de prendre les mesures indispensables pour protéger leur sécurité“, précisant qu’”une cellule de crise” avait été mise en place, de même qu’une ligne téléphonique spéciale pour les proches de la trentaine de Grecs qui sont à bord de trois navires de la flottille.

Appel à une réunion d’urgence à l’ONU

De son côté, l’Autorité palestinienne a appelé à la tenue d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU. “Le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a donné instruction au délégué palestinien aux Nations unies de demander au Conseil de sécurité la tenue d’une réunion d’urgence pour discuter de la piraterie, du crime et du massacre israéliens“, a déclaré le négociateur palestinien Saëb Erakat. L’Autorité palestinienne a également demandé à l’administration américaine une intervention d’urgence pour mettre un terme à ces “crimes israéliens“, a-t-il ajouté.

A l’ONU, on se dit déjà “choqué“. “Je suis choquée par les informations (indiquant) qu’une mission humanitaire ait été attaquée tôt ce matin (qui a) causé la mort et des blessures alors que la flottille approchait de la côte de Gaza“, a déclaré la haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Navi Pillay.

Un peu plus tôt, Mahmoud Abbas a décrété trois jours de deuil dans l’ensemble des territoires palestiniens. “Nous considérons qu’il s’agit d’un massacre que nous condamnons“, a-t-il déclaré sur la télévision palestinienne. “Nous prendrons des décisions difficiles ce soir“, a-t-il affirmé alors qu’une réunion de la direction palestinienne sur le raid est prévue ce lundi à 18h, heure locale (17h heure française).

La Ligue arabe tiendra également, “mardi au Caire“, une réunion extraordinaire “pour adopter une position arabe collective“, a expliqué à l’AFP le secrétaire général de l’organisation panarabe Amr Moussa. Il a estimé que l’abordage sanglant de la Flottille de la Liberté constituait “un nouveau message, un message très fort, d’Israël signifiant qu’il ne veut pas la paix“. Pour Amr Moussa, cet assaut est un “crime contre une mission humanitaire, tout le monde devrait condamner cela“.

“Mettre fin à ces violations continues des droits de l’Homme”

L’attaque israélienne contre le convoi d’aide représente une étape dangereuse et folle qui va exacerber les tensions dans la région“, a déclaré le Premier ministre libanais Saad Hariri. “Le Liban dénonce fermement cette attaque et appelle la communauté internationale, en particulier les grandes puissances [...] à prendre des mesures de façon à mettre fin à ces violations continues des droits de l’Homme et cette menace à la paix internationale“, a-t-il ajouté.

Ce crime montre au monde la sauvagerie d’Israël et la façon dont il traite les civils non armés“, a déclaré à l’AFP le député du Hezbollah, Hassan Fadlallah. “Cela s’ajoute à la longue liste des massacres contre les civils de Palestine et du Liban“, a-t-il ajouté. “S’ils ne parviennent pas à agir rapidement pour lever le siège sur les Palestiniens [de Gaza] et dénoncer Israël pour ses crimes ainsi qu’à sauver les otages, la situation dans la région va empirer“, a-t-il averti.

Extrême, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a dénoncé un “acte inhumain du régime sioniste contre le peuple palestinien et le fait d’empêcher l’aide humanitaire destinée à la population d’arriver à Gaza n’est pas un signe de la force mais de la faiblesse de ce régime“. “Tout cela montre que la fin de ce régime sinistre et fantoche est plus proche que jamais“, a-t-il ajouté.

Le Conseil des ministres koweïtien tiendra une réunion extraordinaire pour discuter du raid meurtrier, a annoncé son porte-parole, Mohammad al-Basiri. Le député islamiste Walid al-Tabtabai figure parmi 16 militants koweïtiens à bord d’un des six bateaux de la flottille. Le président du Parlement koweïtien, Jassem al-Khorafi, a d’ores et déjà condamné “l’odieux crime israélien contre la flottille de la Liberté, en mission humanitaire et de solidarité avec la population de Gaza“.

L’émir du Qatar, cheikh Hamad Ben Khalifa Al-Thani, a appelé à “briser” le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza. “Les crimes perpétrés aujourd’hui (…) nous rappellent, à nous tous, que le blocus est injuste“, a déclaré le chef de l’Etat du Qatar, dénonçant l’attaque israélienne comme “un acte de piraterie“.

Le Hamas appelle “tous les Arabes à se soulever

Tandis que l’armée israélienne confirmait que “plusieurs passagers avaient été tués et blessés“, lors de l’intervention, le mouvement islamiste palestinien Hamas a appelé “tous les Arabes et les musulmans à se soulever devant les ambassades sionistes dans le monde entier“, selon les termes d’un porte-parole du Hamas à Gaza, Sami Abou Zouhri.

De son côté, le chef du gouvernement du Hamas à Gaza, Ismaïl Haniyeh, a dénoncé une “attaque barbare“. Ismaïl Haniyeh a exhorté les Nations unies à protéger les activistes pro-palestiniens à bord de la flottille.

La police turque a ainsi renforcé les mesures de sécurité devant la résidence de l’ambassadeur israélien à Ankara, où plusieurs dizaines de personnes manifestaient dans la matinée. Un groupe de manifestants était également rassemblé devant le consulat israélien d’Istanbul, agitant des drapeaux palestiniens.

En Jordanie, plus de 2.000 personnes ont manifesté à Amman, brandissant des drapeaux jordaniens et palestiniens, et scandant “Mort à Israël” et “Pas de reddition“. Ils ont également réclamé aux autorités jordaniennes la fermeture de l’ambassade d’Israël à Amman et l’expulsion de l’ambassadeur.

En Grèce, des organisations d’extrême gauche ont lancé un appel à manifester dans la soirée devant l’ambassade d’Israël à Athènes. Une manifestation analogue est aussi prévue à Salonique, dans le nord du pays.

Enfin, en France, le Nouveau parti anticapitaliste (NPA) a appelé à des rassemblements dans plusieurs grande villes dont Paris et Marseille, en fin d’après-midi, afin de protester contre l’opération commando israélienne. Le parti d’Olivier Besancenot se dit “révolté par cet acte de guerre” qu’il “condamne fermement“. A Paris, le rassemblement est prévu à proximité de l’ambassade d’Israël à 18h30 au métro Franklin Roosevelt. A Marseille, le rassemblement aura lieu à 18h sur le Vieux-Port.

“Regrets pour tous les morts”

La flottille, acheminant des centaines de militants pro-palestiniens et de l’aide pour Gaza, avait appareillé dimanche après-midi pour le territoire palestinien. La marine israélienne avait annoncé son intention d’empêcher, de force si nécessaire, la flottille de s’approcher des côtes de la bande de Gaza, soumise par Israël à un blocus strict — sauf pour les produits de première nécessité — depuis la prise de contrôle du territoire par le mouvement islamiste Hamas en juin 2007.

Le ministre israélien de l’Industrie et du Commerce Binyamin Ben Eliezer a exprimé à la radio militaire ses “regrets pour tous les morts”.

Le Crif “déplore profondément” l’opération militaire israélienne contre le convoi maritime destiné à Gaza, jugeant que “ce n’est pas une bonne nouvelle pour la paix”, a déclaré à l’AFP Haïm Musicant, directeur général du Conseil représentatif des institutions juives de France. “On est sincèrement dans la compassion et la tristesse”, a encore expliqué Haïm Musicant.

Source : Cri du Peuple 1871

 14h30

Le Moyen-Orient est en colère

Tôt dans la matinée, une manifestation spontanée s’est déroulée devant le consulat israélien d’Istanbul, en Turquie. Des jets de pierre ont brisé quelques carreaux du consulat. La police est intervenue et a utilisé des canons à eau pour dispercer les manifestants turcs. 

Des centaines de protestants sont également descendus dans la rue à Amman, la capitale jordanienne, pour réclamer à leur gouvernement de couper les relations diplomatiques avec Israël. D’autres protestations ont eu lieu au Liban, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

Au Caire, le secrétaire général de la Ligue Arabe, Amr Moussa, a convoqué d’urgence une réunion de la Ligue en raison de l’abordage de la flottille internationale d’aide humanitaire par les forces navales israéliennes. La réunion devrait se dérouler, demain, le 1er juin au siège de la Ligue Arabe au Caire.

Selon les médias arabes, l’opération menée par les commandos de la marine israélienne a fait au moins 15 morts et environ 30 blessés, dont le cheikh Raëd Salah, président du Mouvement islamique d’Israël, et le docteur Hani Suleiman qui dirige une mission humanitaire libanaise.

Les militaires israéliens ont confirmé la mort de 10 passagers de la flottille. La Ligue Arabe a qualifié l’attaque israélienne “d’acte terroriste“.

Israël : légitime défense

Selon le communiqué du vice-ministre des Affaires étrangères israélien, Daniel Ayalon, il y avait des armes à bord de la flottille d’aide humanitaire. Les commandos israéliens étaient en état de légitime défense face à des civils.

D’après l’ONG turque IHH de défense des droits de l’homme, qui a organisé l’opération, a démenti ces accusations en déclarant “qu’il n’y avait aucune arme à bord des bateaux du convoi“. Les six navires de la flotille et ses 10.000 tonnes d’aide humanitaire pour les Gazaouïs ont été dirigés vers le port israélien d’Ashdod.

Stop à la piraterie israélienne !

 15h30

Belgique : Steven Vanackere a convoqué l’ambassadeur israélien

Le ministre des Affaires étrangères, Steven Vanackere, a convoqué l’ambassadeur d’Israël en Belgique « cet après-midi » pour obtenir des explications sur le déroulement des faits et des éclaircissements sur la situation des cinq Belges. Les Affaires étrangères tentent également de recueillir des informations sur place, en Israël même, mais les autorités israéliennes maintiennent pour l’heure une sorte de « black-out » : « Tout est fort contrôlé », relève un porte-parole du ministère.

Le ministre des Affaires étrangères Steven Vanackere a estimé que l’usage de la force semblait « disproportionné ».

Selon les Affaires étrangères, cinq Belges participent à la mission humanitaire à bord de la flottille : deux néerlandophones, deux francophones et un cameraman de la télévision al-Jazeera. Une sixième Belge avait quitté le convoi humanitaire, il y a plusieurs jours déjà. Le porte-parole des Affaires étrangères précisait, peu après 13h, que l’on était toujours sans nouvelles de nos compatriotes.

Grèce : manifestation du 28 mai devant l’ambassade israélienne en soutien avec Gaza et Free Gaza

16h

Israël : “Lynchage planifié” selon le porte-parole de Tsahal

Israël : Soutien entier de Netanyahou à Tsahal

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a apporté “son entier soutien” à l’armée israélienne après l’assaut meurtrier lundi 31 mai à l’aube contre une flottille d’aide internationale en route vers Gaza, s’exprimant depuis Ottawa où il se trouve en visite de travail.  “Le Premier ministre (…) a apporté son entier soutien aux forces de défense israéliennes et s’est enquis de l’état de santé des blessés“, ont indiqué ses collaborateurs à l’AFP à Ottawa où il doit rencontrer lundi matin le Premier ministre canadien Stephen Harper, avant de faire mardi une visite à Washington. Le gouvernement conservateur de Stephen Harper est l’un des plus fermes soutiens d’Israël à l’étranger.

16h10

UE : Ashton appelle Lieberman

La chef de la diplomatie de l’UE, Catherine Ashton, a déclaré avoir appelé le ministre israélien des Affaires étrangères, Avigdor Lieberman, pour réclamer une enquête d’Israël après l’intervention meurtrière contre une flottille humanitaire internationale. “J’ai profité de l’occasion pour souligner l’importance d’ouvrir l’acheminement de l’aide humanitaire, pour assurer aux gens ordinaires une existence meilleure que celle que j’ai pu voir moi-même à Gaza“, a-t-elle ajouté.

16h20

Al-Jazeera : Sept journalistes sont detenus par Israël

Mohamed Fal, Abbas Nasser, Othman Lebtiri, Ali Sabri, Jamal Achayyal, André Abou Khalil et Wasima ben Saleh sont les noms des sept journalistes de la chaîne Al-Jazeera qui ont filmé en direct l’assaut meurtrier des commandos israéliens. Ils sont actuellement détenus par Israël.

Israël est devenu fasciste, c’est à nous de l’arrêter maintenant !

Où s’arrêtera Israël ? Seulement là où nous l’arrêterons. Après avoir massacré les femmes et les enfants de Gaza, après avoir bombardé des écoles et des hôpitaux, après avoir tiré sur des ambulances et employé des armes chimiques, à présent Israël massacre les humanitaires européens et internationaux.

Et, une fois de plus, la couverture médiatique est pleine de mensonges. A la radio que j’écoutais ce matin, on ne donnait pas la parole aux victimes mais seulement à l’agresseur qui balançait ses excuses habituelles…

Lire la suite de l’article : Investig’Action

16h30

Le CRIF déplore l’opération israélienne

Le CRIF “déplore profondément” l’opération militaire israélienne contre le convoi maritime destiné à Gaza, jugeant que “ce n’est pas une bonne nouvelle pour la paix“, a déclaré aujourd’hui Haïm Musicant, directeur général du Conseil représentatif des institutions juives de France.

Nous déplorons ce qui est arrivé, même si Israël avait annoncé qu’il ne laisserait pas ce débarquement se faire“, a-t-il ajouté. “Malheureusement, cela arrive au moment où il y avait des espoirs de paix entre Palestiniens et Israéliens, ce n’est pas une bonne nouvelle pour la paix“. “Nous déplorons profondément qu’il y ait des victimes“, a-t-il ajouté. “On est sincèrement dans la compassion et la tristesse“, a encore déclaré Musicant.

16h35

France : liste des manifestations et rassemblement de protestations contre l’assaut meurtrier d’Israël perpétré à l’encontre de la flotille internationale d’aide humanitaire

la Délégation Générale de Palestine en France dénonce avec la plus grande fermeté le massacre commis ce matin par l’armée israélienne contre la flottille internationale de militants civils pacifistes et se joint aux appels à manifester de la société civile française.

Les crimes contre l’Humanité concernent toute l’Humanité.

Paris : Vers l’ambassade israélienne (Métro Franklin Roosevelt) à partir de 18h30

Mulhouse : Place de la réunion à 18 h

Strasbourg : Place Kléber à 18 h

Chartres : Monument des droits de l’homme. Place Chatelet à 18h30

Lyon : Place de l’Opéra à 18h30

Montpellier : Place de la Comédie à 18 h

Poitiers : Devant la Préfecture à 18 heures

Marseille : Devant le Consulat israélien à partir de 16h  et à 18h sur le Vieux Port

Lille :  Devant la mairie à partir de 16h et à 18h sur la Grand Place

Toulouse : Devant la préfecture à 18h

Annecy : Devant la préfecture à 18h

Bordeaux : Place de la victoire à 18h

Nancy : Place Stanislas à 18h

Pau : Devant la préfecture à 18h30

Nantes : Place du Commerce à 18h

Saint-Nazaire : Place de l’Hôtel de Ville à 18h30

Orléans : Devant la préfecture à 18h

Grenoble : Place Félix Poulat  à 18h30

Tarbes : Place de Verdun à 18h30

Boulogne-sur-Mer : Place Dalton à 18h30

Caen : Devant la préfecture à 18h30

Gap : Esplanade de la Paix à 18h30

Avignon : Devant la mairie à 18h

Délégation Générale de Palestine en France
14, rue du Commandant Leandri
75015 Paris

Tel  :  00 33 1 48 28 66 00
Fax :  00 33 1 48 28 50 67
Mail : contact@palestine-diplo.com
Site : http://www.palestine-diplo.com

16h45

Flotille de la liberté : Un navire avait hissé un drapeau blanc

Avant que toutes les communications ne soient coupées par les commandos israéliens, Al-Jazeera a pu diffuser ce témoignage, en anglais, à bord du Marmara. Le journaliste indique clairement que le navire a hissé un drapeau blanc après que les tirs ont commencé mais qui n’a pas empêché les soldats israéliens de continuer leur assaut et d’ouvrir le feu sur des civils.

Quelques membres d'équipage du bateau Marmara

18h

Russie : Le ministère russe des Affaires étrangères condamne l’assaut meurtrier d’Israël

Moscou se déclare profondément préoccupé par cette intervention qui a fait des morts et des blessés parmi les passagers de la flottille humanitaire. Il est indispensable de faire toute la lumière sur cet événement. L’utilisation d’armes contre les civils et l’arraisonnement des navires sans aucun motif juridique constitue une violation grossière du droit international“, indique un communiqué mis en ligne lundi sur le site de la diplomatie russe.

Selon Moscou, cet épisode “confirme l’urgence de la cessation du blocus israélien de la bande de Gaza“.

Le sénateur Viktor Ozerov demande la mise en examen de l’assaut meurtrier par l’ONU et le lancement d’une enquête internationale

La situation autour de la prise d’assaut par Israël de la flottille de la liberté qui avait l’intention de briser le blocus de Gaza doit faire l’objet de l’examen du Conseil de sécurité de l’ONU, a estimé ce lundi Viktor Ozerov, membre du Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement russe).” Il est nécessaire que la prise d’assaut par Israël de la flottille humanitaire soit examinée par le Conseil de sécurité des Nations unies et qu’une enquête internationale soit lancée dans le cadre de l’ONU“, a annoncé M.Ozerov dans une interview aux médias russes. “L’attaque perpétrée contre le convoi humanitaire par les commandos israéliens, dans laquelle ont péri des personnes innocentes est un événement sérieux sur lequel la communauté internationale ne doit pas faire l’impasse“, a-t-il ajouté.

Selon le sénateur, afin d’éviter l’escalade de la tension non seulement entre Israël et les Palestiniens, mais aussi entre Israël et les autres pays proche-orientaux, les membres du Quartet pour le Proche-Orient (Russie, Etats-Unis, UE, ONU) doivent s’impliquer dans cette enquête.

La Marine israélienne a pris d’assaut six navires de la flottille internationale brisant la résistance des défenseurs des droits de l’homme dont des Palestiniens, Jordaniens, Algériens et Koweïtiens qui se trouvaient à bord. Israël avait interdit aux navires de s’approcher des côtes de la bande de Gaza, menaçant de les arraisonner.

La “Flottille de la liberté” était la plus importante opération d’octroi d’une aide humanitaire internationale à l’enclave palestinienne qui subit le blocus économique égypto-israélien depuis que le mouvement Hamas a été élu démocratiquement, pendant l’été 2007.

Des parlementaires européens, des ecclésiastiques, des lords britanniques et même des prix Nobel se sont rendus sans encombres dans la bande de Gaza lors des actions humanitaires précédentes. Les autorités israéliennes ont commencé à intercepter les navires humanitaires au large de la bande de Gaza en 2009.

UE : Jerzy Buzek demande à l’Union européenne de forcer Israël à lever le blocus contre Gaza

L’Union européenne doit forcer Israël à lever le blocus économique contreproductif de la bande de Gaza, a indiqué lundi le président du parlement européen Jerzy Buzek dans un communiqué consacré au raid meurtrier israélien contre les navires humanitaires en route vers Gaza.

Le parlement européen appelle la Haute représentante pour les affaires étrangères de l’Union Européenne Catherine Ashton à prendre des mesures au sein du Quartette (des médiateurs pour le Proche-Orient) pour forcer Israël à lever immédiatement et inconditionnellement le blocus des habitants de Gaza. Nous ne pouvons pas rester à l’écart alors que 80% de la population de Gaza vit en-dessous du seuil de la pauvreté“, lit-on dans le communiqué de M. Buzek et des parlementaires européens qui avaient visité la bande de Gaza la semaine dernière dans le cadre d’une mission d’enquête.

M. Buzek a qualifié d’injustifiée et de violation inacceptable des lois internationales l’attaque israélienne contre la flottille humanitaire “qui a fait lundi au moins 12 morts” parmi les 700 militants pro-palestiniens et a exprimé ses condoléances aux familles et aux proches des victimes.

L’indignation est grande dans les capitales européennes. L’Espagne, qui occupe la présidence tournante de l’Union européenne, a qualifié de disproportionnée l’intervention militaire israélienne et a convoqué l’ambassadeur d’Israël à Madrid. Trois Espagnols faisaient partie du convoi.

ONU : Navi Pillay est choquée par l’assaut meurtrier israélien

Depuis Genève, la Haut Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, Navi Pillay, a fermement condamné l’assaut meurtrier. “Je tiens à souligner à quel point j’ai été choquée d’apprendre qu’un convoi d’aide humanitaire avait été attaqué tôt ce matin et qu’il y avait des morts et des blessés, et ce, alors que la flotille approchait des côtes de Gaza,” a-t-elle déclaré.

Sur la scène internationale, le recours israëlien à la violence ne trouve de salut aux yeux de personne.

18h10

Israël : Netanyahou annule son déplacement aux Etats-Unis et rentre en Israël

Netanyahou était au Canada ce lundi et a décidé d’écourter sa visite. Il aurait du rencontrer le président Barack Obama demain mais il a annulé sa visite à Washington pour rentrer en Israël, à la suite de l’assaut meurtrier des commandos de la marine israélienne sur la Flottille de la liberté.

Palestine : Trois jours de deuil national

Le chef de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a décrété ce lundi dans un message à la nation trois jours de deuil dans les territoires palestiniens suite au décès des défenseurs des droits de l’homme, tués dans la nuit de dimanche à lundi lors de l’opération d’abordage menée par les forces israéliennes. “Nous considérons que les actions d’Israël doivent être qualifiées de massacre collectif et nous les condamnons sans appel“, a-t-il annoncé.

M.Abbas a en outre ajouté que le Comité exécutif de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et le Comité central du parti Fatah, au pouvoir en Cisjordanie, se réuniraient lundi soir afin de définir les mesures d’urgence à prendre.

L’opposant politique de Mahmoud Abbas et chef du gouvernement du Hamas, Ismaël Haniyeh, a pour sa part exigé que l’Autorité palestinienne renonce immédiatement aux négociations de paix avec Israël et a exhorté les Organisations des droits de l’homme pro-palestiniennes à poursuivre les tentatives pour percer le blocus de l’enclave.

18h30

Quelques rappels sur la Flottille de la liberté

le navire-amiral Mavi Marmara

La flottille

Il s’agit d’un convoi composé d’un navire amiral, le Mavi Marmara, transportant environ 600 personnes, deux cargos chargé d’aide humanitaire et trois autres navires plus petits. Trois d’entre eux battent pavillon turc, deux sont immatriculés en Grèce et le dernier aux Etats-Unis. Un septième navire de 1.200 tonnes, le Rachel Corrie, du nom de la militante américaine écrasée par un engin de chantier en 2003 à Gaza, était parti d’Irlande pour rejoindre le convoi.

Les organisateurs

Le convoi est organisé par la “Coalition de la flottille de la liberté“, qui comprend le mouvement Free Gaza, la Campagne européenne pour la fin du blocus de Gaza, l’ONG turque Insani Yardim Vakfi, l’Organisation Perdana pour la paix mondiale, les ONG grecque et suédoise Bateau pour Gaza, et le Comité international pour la levée du blocus de Gaza.

Les passagers

Plus de 700 personnes ont participé à l’expédition, pour la plupart des membres d’ONG internationales, des militants de différentes nationalités et religions. Cinquante nationalités sont représentées mais la moitié des passagers sont turcs. Plusieurs personnalités politiques et religieuses, des députés européens, des écrivains et des journalistes sont également à bord. Parmi elles, l’ancien archevêque catholique grec de Jérusalem, Hilarion Capucci, le dirigeant arabe israélien cheikh Raëd Salah et le correspondant de la chaîne satellitaire en arabe Al-Jazira Abbas Nasser.

La cargaison

Selon les organisateurs, les bateaux transportent environ 10 000 tonnes d’aide humanitaire, dont de l’aide médicale, de la nourriture, des vêtements, des maisons préfabriquées, des aires de jeux pour enfants, des fournitures scolaires, des barres de fer et du ciment. “Il n’y a même pas de rasoir, de lame ou de couteau à bord“, a affirmé l’un des organisateurs en référence à l’aspect pacifique de la mission.

La mission

Le convoi devait livrer sa cargaison à la population de la bande de Gaza, 1,5 million de personnes dont 80% dépendent de l’aide internationale, alors que ce territoire palestinien est sous strict embargo israélien depuis la prise de pouvoir du Hamas à Gaza en juin 2007. Cinq convois de ce type ont accosté à Gaza depuis le lancement de la campagne en août 2008 et trois autres ont été arraisonnés par les forces israéliennes. Contrairement aux cinq précédents, aux cargaisons plutôt symboliques, le convoi parti dimanche au large de Chypre était le premier à transporter une aide importante et à avoir une envergure internationale.

19h10

La propagande pour cacher le nouveau crime israélien bosse à plein régime

TF1 : L’ambassadeur d’Israël au Danemark a affirmé lundi que des rumeurs faisant état de liens entre la flottille pour Gaza et Al-Qaïda étaient à l’origine de l’intervention de l’armée israélienne contre contre les bateaux d’aide humanitaire internationale. “Avant que la flottille ne pénètre dans les eaux israéliennes, les rumeurs couraient que les organisateurs (de cette action) avaient des relations avec le réseau terroriste Al-Qaïda“, a-t-il déclaré. “Les personnes à bord n’étaient pas si innocentes (…) et je ne peux m’imaginer qu’un autre pays aurait réagi différemment“, a déclaré le diplomate israélien. “Il y avait des armes à bord, nous ne pouvions donc pas naturellement laisser ces bateaux briser le blocus“, a-t-il ajouté.

Vu ici : Tf1 News

Comité Québec-Israël : Les rapports préliminaires sur les affrontements mortels de cette nuit entre des activistes armés et des commandos israéliens dans la foulée de l’interception de la flottille « Free Gaza » indiquent que les soldats israéliens ont été embusqués à bord d’un navire arraisonné par une organisation turque extrémiste, la Fondation pour les droits de la personne et le secours humanitaire, mieux connue sous son acronyme turc IHH. [...] L’organisation turque IHH a un long historique de collaboration avec des terroristes islamistes.

Le juge français spécialisé dans le contre-terrorisme Jean-Louis Bruguière a témoigné au procès d’Ahmed Ressam (coupable d’avoir comploté un attentat terroriste sur l’aéroport de Los Angeles en 1999) que l’IHH avait joué un « rôle important » dans ce complot terroriste d’Al-Qaeda ourdi à Montréal. Bruguière a soutenu, à propos de la cellule terroriste montréalaise que :

L’IHH est une ONG, mais ce n’était qu’un camouflage en vue d’obtenir de faux documents ainsi que des moyens d’infiltration pour les Mujahideens combattants. Et aussi pour aller recruter ces Mujahideens. Et enfin, l’une des dernières responsabilités qui leur soit imputable est leur implication ou leur engagement dans le trafic d’armes.

Selon un rapport des services du renseignement français cité dans une étude de l’Institut danois d’études internationales sur le rôle de charités islamiques dans le financement d’opérations terroristes et le recrutement de terroristes…

Vu ici : Comité Québec-Israël

Ce sont deux exemples concrets, parmi tant d’autres, de désinformation pour tenter de vainement cacher le crime odieux commis par les militaires sur-entraînés de la marine israélienne sur des civils pacifistes, des députés, des avocats, des prêtres et des membres d’organisations humanitaires.

19h45

Un enfant palestinien nage dans le port de Gaza, un bouquet de fleurs à la main, lors d'une cérémonie en mémoire aux victimes du raid sanglant des commandos israéliens contre la Flottille de la liberté (photo AFP)

France : Black out total de l’information par le gouvernement israélien 

Selon Adnane Ben Youssef, attaché de presse de la Campagne civile internationale pour la protection du peuple palestinien (CCIPPP), le gouvernement israélien “fait un blackout total sur l’information distillée à la presse”.

Une délégation du Collectif national pour une paix juste et durable entre  Israéliens et Palestiniens a été reçue dans l’après-midi au Quai d’Orsay.

Etats-Unis : Obama réclame des éclaircissements sur l’assaut meurtier israélien

Selon un communiqué de la présidence étatsunienne mis en ligne par Corine Lesnes, correspondante du journal Le Monde, la Maison Blanche regrette les morts, s’inquiète pour les blessés et demande à connaître le plus vite possible les circonstances exactes de l’abordage barbare et l’assaut meurtrier des commandos de la marine israélienne.

20h

Belgique : une avocate de deux Belges de la Flottille de la liberté réclame une enquête de compétence universelle

L’avocate de deux Belges qui se trouvaient sur un des navires de la flottille internationale à destination de Gaza a réclamé l’ouverture par le parquet fédéral belge d’une enquête sur base de la loi de compétence universelle. “ La Belgique est compétente pour mener une telle enquête, car des Belges sont impliquées ”, a souligné Me Joke Callewaert à l’occasion d’une conférence de presse au parlement européen.

Fatima El Mourabiti et Kenza Isnasni (27 ans chacune) étaient encore à bord de la flottille lorsqu’elle a été prise d’assaut par l’armée israélienne, faisant 19 morts et 36 blessés selon une télévision israélienne. Une autre Belge qui participait au projet, Julie Jaroszewski, avait pour sa part préféré quitter la flottille à Antalya (Turquie) avant son départ pour Gaza. “ Tout le monde à bord était conscient du risque, mais on s’attendait à ce qu’Israël respecte le droit international ”, a-t-elle confié. Elle a souligné avoir quitté l’expédition par crainte des violences israéliennes, mais aussi parce qu’elle ne se sentait pas suffisamment soutenue“ par les médias et les politiques ”.

La députée européenne Véronique De Keyser (PS), qui était encore à Gaza vendredi matin, a pour sa part dit craindre désormais “ une logique d’escalade concertée ” entre les parties israélienne et palestinienne. Elle réclame une enquête internationale indépendante et juge donc insuffisante l’exigence posée par la chef de la diplomatie de l’UE, Catherine Ashton, en faveur d’une enquête menée par Israël.

ONU : La réunion a commencé

Le Conseil de Sécurité des Nations Unies a commencé, à 19h30, une réunion en urgence pour débattre de l’intervention militaire meurtrière des commandos de la marine israélienne contre les navires de la Flottille de la liberté.

21h

Quelques photos des différentes manifestations et rassemblements de protestation dans le monde

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Turquie

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Manifestation à Londres, devant le 10 Downing street

Incidents à Paris entre pro-palestiniens et pro-israéliens

 

Manifestation contre l'assaut israélien de la flottille le 31 mai 2010 devant le consulat d'Israël à Istanbul

La rédaction du Mecanoblog remercie Othman Meslouh pour les photos.

21h20

Israël, l’impunité jusqu’à quand ?

L’assaut donné le 31 mai à l’aube par l’armée israélienne contre la flottille de bateaux transportant une aide humanitaire à Gaza aurait fait une vingtaine de morts. Cette attaque s’est déroulée dans les eaux internationales. Elle a suscité de nombreuses condamnations, y compris de pays européens et du gouvernement français. Bernard Kouchner a déclaré que « rien ne saurait justifier l’emploi d’une telle violence, que nous condamnons ». Plusieurs pays, dont la Suède, l’Espagne, la Turquie et la France ont convoqué l’ambassadeur israélien. La Grèce a suspendu des manœuvres aériennes avec Israël et annulé une visite du chef de l’armée de l’air israélienne.

Bien sûr, ces condamnations sont les bienvenues. Même s’il reste quelques personnes qui osent trouver des justifications à l’action israélienne. Ainsi, le porte-parole de l’UMP, l’ineffable Frédéric Lefebvre, a fait savoir, selon l’AFP, que son parti « regrette » les morts, mais dénonce les « provocations » de « ceux qui se disent les amis des Palestiniens ».

La veille de cette action militaire, faisant preuve d’une préscience qui fait partie de ses innombrables qualités, Bernard-Henri Lévy, déclarait à Tel-Aviv : « Je n’ai jamais vu une armée aussi démocratique, qui se pose tellement de questions morales. » (Haaretz.com, 31 mai). Il est vrai que, lors de la guerre de Gaza, notre philosophe s’était pavané sur un char israélien pour entrer dans le territoire. Réagissant à l’attaque aujourd’hui, Lévy l’a qualifiée, selon l’AFP, de « stupide » car risquant de ternir l’image d’Israël. Pas un mot de condamnation, pas un mot de regret pour les tués…

Lire la suite de l’article : Nouvelles d’Orient

Suède : Henning Mankell sain et sauf

L’écrivain suédois Henning Mankell, auteur de de romans policiers à succès, n’a pas été blessé au cours de l’assaut annonce le ministère suédois des Affaires étrangères, démentant des rumeurs selon lesquelles il avait été victime de tirs.

21h30

Israël : Le cheikh Raed Salah est dans un état critique

Le cheikh Raed Salah a été grièvement blessé par les forces israéliennes qui ont attaqué la Flottille de la liberté lundi matin, et il est actuellement traité à l’hôpital Tel Hashomer Israël pour une blessure par balle à la tête.

Le cheikh Raed Salah, président du mouvement islamique en Israël

Salah est le dirigeant de la branche nord du Mouvement islamique en Israël. Des protestations massives sont attendues dans le nord, les citoyens palestiniens d’Israël qualifiant dès à présent l’incident de tentative d’assassinat.

Salah avait annoncé sa participation à la flottille lors d’une conférence en Allemagne il y a trois semaines, au cours de laquelle il a appelé les Palestiniens de la Diaspora à continuer à lutter pour leur droit au retour.

Salah s’était vu récemment interdire l’entrée dans la mosquée Al-Aqsa suite à des accusations selon lesquelles il avait, en 2007, agressé un officier israélien lors des manifestations sur le site sacré où il a mené des mobilisations contre les fouilles israéliennes autour d’Al-Aqsa.

Il avait appelé les responsables musulmans et chrétiens à tenir une réunion à Jérusalem-Est pour faire valoir leur opposition à ces fouilles. Mais la réunion avait été interdite par les autorités israéliennes [d’occupation] qui affirmaient que l’organisation à l’origine de la réunion, la Fondation Al-Aqsa, était affiliée au Hamas [mouvement de la résistance palestinienne].

Les organisateurs ont alors insisté sur la tenue de la réunion et l’ont transférée dans un autre hôtel, mais les forces israéliennes sont intervenues et ont cassé le rassemblement. Salah avait ensuite déclaré au journal britannique The Guardian : « le comportement des forces de sécurité israéliennes est infantile… »

Salah avait été acquitté de toutes les charges le mois dernier.

En mai 2003, Salah avait été arrêté et détenu par les forces israéliennes sur l’accusation de financer le Hamas, et il avait purgé deux ans dans une prison israélienne. À sa libération une interdiction de voyager a été émise contre lui, l’empêchant de quitter les frontières contrôlées par Israël et lui imposant de se présenter auprès de la police tous les mois.

Cheikh Salah a fait plusieurs observations sur la relation des juifs avec le Mur des Lamentations, certifiant que ce mur faisait partie du complexe d’al-Aqsa. Salah a été cité par le site électronique du journal israélien Yedioth Aharonoth comme disant que « Le Mur des Lamentations – sur toutes les diverses parties, les structures et les portes, [...] est une partie inséparable du complexe d’al Aqsa. Celui qui dit que les juifs ou l’establishment israélien a des droits sur al-Aqsa, même sur une seule pierre, commet une attaque abominable, un mensonge totalement infondé. »

21h45

Reporters sans frontières : Tsahal empêche la presse de raconter l’assaut

Reporters sans frontières condamne vivement les tentatives de censure qui ont accompagné l’assaut israélien contre la flottille humanitaire à destination de la bande de Gaza acheminant 750 militants pro-palestiniens et plusieurs journalistes, le 31 mai 2010.

« Nous dénonçons cet assaut qui s’est soldé par un lourd bilan humain. Les journalistes exerçant leur mission d’information sur la flottille ont été mis en danger par cette action démesurée. Nous demandons aux autorités israéliennes de libérer les journalistes retenus et de permettre aux professionnels des médias un accès libre à Gaza. La communauté internationale a besoin d’être informée précisément sur ce territoire palestinien », a déclaré l’organisation.

La flottille, dite « flottille de la liberté », était chargée de matériel humanitaire et de biens de consommation destinés à la population gazaoui qui subit le blocus israélien depuis près de quatre ans. Au moins 19 passagers ont été tués et 36 blessés.

Des centaines de soldats israéliens attaquent la flottille, et le capitaine de notre bateau est grièvement blessé“, avait raconté un peu plus tôt le correspondant d’Al-Jazeera, Abbas Nasser, dans son dernier appel à la chaîne qatarie, avant l’interruption brutale de la communication. Deux journalistes bulgares de la télévision BTV ont été arrêtés lors de l’attaque contre le convoi humanitaire. Selon les médias bulgares il s’agit du reporter Svetoslav Ivanov et de son cameraman Valentin Vassilev. Talat Hussain, présentateur à Aaj TV, était également à bord de la flottille. On est toujours sans nouvelles de lui. Les autorités israéliennes ont interdit à tous les journalistes d’entrer à Gaza.

Par ailleurs, le 31 mai 2010, au matin, la radio publique israélienne a annoncé que les autorités israéliennes avaient interdit la diffusion de toute information sur les morts et les blessés transférés vers les hôpitaux en Israël à la suite de l’abordage de la flottille en route vers Gaza. La censure a été levée vers midi.

22h

Pourquoi cette attaque ? Pourquoi le blocus ? Sont-ils insensibles à l’opinion ? Analyse de la déclaration de Sarkozy par Michel Collon. Que va-t-il se passer ? Les citoyens peuvent-ils jouer un rôle ?

Michel Collon vient de publier le livre Israël, parlons-en ! Un recueil de vingt entretiens avec Chomsky, Ramadan, Gresh, Sand, Pappe et tous les meilleurs analystes et témoins du conflit.

22h10

L’abordage du navire amiral Mavi Marmara par les commandos de la marine israélienne (IDF Forces Naval)

22h30

Qui sont ces humanitaires qui partent en Palestine ?

22h35

Manifestation à Bruxelles devant le Ministère des Affaires étrangères qui a été suivie d’une marche vers l’ambassade d’Israël

22h45

Etats-Unis : Des manifestants juifs ont brûlé le drapeau israélien

23h

Pourquoi Israël a t-il attaqué des civils en Méditerranée ?

Israël a pesé à l’avance les conséquences de l’attaque qu’il a lancé contre un convoi humanitaire maritime. Quels sont ses objectifs en déclenchant une crise diplomatique mondiale, pourquoi a t-il défié son allié turc et son protecteur états-unien ?

Lire la suite de l’article de Thierry Meyssan : Réseau Voltaire

23h15

Selon une télévision privée israélienne, le bilan se serait allourdi et ferait état de 24 morts dont le cheikh Raed Salah qui aurait succombé à ses blessures graves.

23h45

D’après une source en contact avec un journaliste tunisien, il existerait une liste israélienne des personnes à bord de la Flotille de la liberté qui devaient être assassinées durant l’assaut meurtrier mené par les commandos de la marine israélienne. Il n’est pas impossible d’envisager que le nom du cheikh Raed Salah était inscrit sur cette liste de personnes à tuer.

Serait-ce la liste des personnes à assassiner ?

« La décision d’aborder des navires civils dans les eaux internationales constitue un « acte de guerre » au regard du droit international. Juridiquement parlant, il y a eu vol des navires et de leurs cargaison, enlèvement et séquestration de leurs passagers, meurtres ; voire assassinats, si l’on admet les informations de la télévision turque selon laquelle les commandos avaient une liste des personnalités à liquider au cours de l’assaut. » Thierry Meyssan.

Mardi 1er juin, 0h00

Flottille de Gaza : La crise de trop pour Washington, Tel-Aviv & co. ?

À quoi tiennent les choses ? Classique, bien que brutale, au plan de l’action commando, l’abordage par les Kommando Yami, de la flottille pacifiste cherchant à forcer le blocus de Gaza, a quelques chances de sceller le sort de l’État hébreu, en tant que puissance thalassocratique dominante de la région. Sauf, bien sûr, si Ankara décide de passer l’éponge sur l’attaque d’un navire battant pavillon turc. Hypothèse de travail hasardeuse pourtant privilégiée, en amont, par les planificateurs de Tsahal et les analystes de l’Agaf Ha’Modi’in (SR militaires israéliens). Une nouvelle donne particulièrement explosive pour Washington et ses alliés, ce d’autant que l’Égypte, elle aussi, se retrouve plongée dans une situation d’affrontement asymétriques dans le Sinaï…

Lire la suite de l’article : geostrategie.com

1h30

Boucherie israélienne en mer

A l’heure où j’écris ces lignes, l’étendue du massacre israélien perpétré en mer n’est pas encore connue. Cependant, nous savons d’ores et déjà que vers 4 heures du matin, heure de Gaza, des centaines de commandos de l’armée israélienne ont pris d’assaut la flottille internationale humanitaire Free Gaza. Nous savons par la presse arabe qu’au moins 16 militants de la paix ont été assassinés et plus de 50 ont été blessés. Une fois de plus, Israël démontre de manière dévastatrice qu’il ne cherche pas à cacher sa véritable nature : une collectivité meurtrière inhumaine alimentée par la psychose et mue par la paranoïa.

Pendant des jours, le gouvernement israélien a préparé la société israélienne au massacre en mer. Il a dit que la flottille transportait des armes, qu’il y avait des « terroristes » à bord. Ce n’est qu’hier soir que j’ai compris que cette manipulation médiatique était destinée à préparer l’opinion publique israélienne à une opération militaire meurtrière dans les eaux internationales. Ne vous y trompez pas. Si moi je savais ce qu’Israël préparait et les conséquences éventuelles, le gouvernement et le commandement militaire en étaient parfaitement conscients depuis le début. Ce qui est arrivé hier n’est pas seulement un acte de piraterie terrorise. C’est en réalité un assassinat commis au vu et au su de tous.

Lire la suite de l’article de Gilad Atzmon : Le Grand Soir

13h30

Après l’attaque de la flottille… la guerre des mots

Gaza : les organisateurs de la flottille humanitaire annoncent l’envoi de deux nouveaux navires

D’après le Hurriet Daily, un journal turc, les organisateurs de la flotille d’aide humanitaire attaqué par les commandos israéliens projettent d’envoyer deux nouveaux navires dans les prochains jours. Greta Berlin de l’ONG Free Gaza Movement a déclaré qu’un cargo était déjà en chemin pour briser le blocus de Gaza imposé par Israël. Elle a rajouté qu’un second navire transportant trois douzaines de passagers a été prévu pour le rejoindre.

Des officiels israéliens ont déclaré que 50 des 671 militants à bord de la Flottille de la Liberté ont été conduits à l’aéroport international et ont quitté Israël. Les autres ont refusé de partir et sont toujours gardés en détention secrète.

Par ailleurs, le Premier ministre turc, Recep Erdogan, a déclaré qu’Israël “doit être puni” pour le “massacre sanglant“ des humanitaires de la Flottille de la Liberté.

14h

Israël : la loi du plus fort

14h10

Conseil de Sécurité des Nations Unies : Sans surprise, les Etats-Unis protègent Israël

Cirque diplomatique, le Conseil de Sécurité de l’ONU a condamné l’assaut sanglant de l’armée israélienne contre une flotille d’aide humanitaire. Il appelle à l’ouverture d’une enquête indépendante, la libération des militants arrêtés et souligne la nécessité de lever le blocus de la bande de Gaza ainsi que de créer un Etat palestinien.

14h15

Egypte : Hosni Moubarak ordonne l’ouverture du terminal de Rafah

Selon une dépêche de l’AFP, le président égyptien ordonne l’ouverture du terminal frontalier de Rafah avec Gaza. Cette ouverture va permettre d’acheminer des vivres vers les Palestiniens de la bande de Gaza. Rafah est l’unique point d’accès à ce territoire qui n’est pas contrôlé par Israël.

Belgique : Retour d’un des cinq militants

Un ressortissant belge est rentré en Belgique. Il s’agit d’Isaam Zaatar, cameraman pour la chaîne qatarie Al-Jazeera. Contrairement à ce qui avait été précédemment annoncé, il n’est pas totalement indemne puisqu’il aurait un bras cassé, indique M. Ouvry. Les quatre autres militants, Fatima el Mourabiti, Kenza Isnasni, Inge Neefs et Griet Deknopper, ont été placés en détention lundi, à Ashdod, après l’attaque de la marine israélienne contre le convoi humanitaire en route vers Gaza.

Les quatre ressortissantes belges actuellement détenues en Israël ont reçu la visite du consul belge mardi en fin de matinée. La visite était toujours en cours à 11h30, indique le porte-parole du SPF Affaires Etrangères Bart Ouvry.

14h30

Après l’assaut, quelles conséquences pour Israël ?

Didier Billion, chargé de mission auprès du directeur de l’IRIS, répond à plusieurs questions : Pourquoi ce blocus sur Gaza ? Comment expliquer que cette fois-ci, la réaction d’Israël ait été aussi “dure” envers le convoi humanitaire ? Comment décrire les réactions de la communauté internationale ?  Quelles seront les conséquences de cet assaut ?

15h15

ONU : Ban Ki-moon « choqué » par le raid sanglant des commandos israéliens

Ban Ki-moon

Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, s’est dit aujourd’hui « choqué » par le raid meurtrier lancé par l’armée israélienne contre une flottille de bateaux chargée d’aide humanitaire à destination de Gaza. Il a appelé Israël à donner des explications complètes sur cette opération.

Selon la presse, tôt dimanche, dans les eaux internationales, les forces israéliennes ont attaqué six bateaux d’un convoi d”aide humanitaire, qui transportaient aussi des centaines d’activistes. Au moins dix personnes ont été tuées dans ce raid et plusieurs dizaines d’autres blessées.

« Je condamne cette violence », a insisté Ban Ki-moon de Kampala, en Ouganda, où il participe à la première Conférence de révision du Statut de Rome instaurant la Cour pénale internationale. « Il est vital qu’il y ait une enquête complète pour déterminer exactement comment ce bain de sang s’est déroulé », a-t-il ajouté. « Je crois qu’Israël doit en urgence fournir des explications complètes ».

Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunira dimanche après midi pour discuter de cet incident. Selon le chef de l’ONU, la Ligue arabe pourrait aussi tenir une réunion d’urgence sur cet incident.

À plusieurs reprises, les Nations Unies ont dénoncé le blocus de la Bande de Gaza et fait part de leurs préoccupations quant à l’entrée insuffisante de matériel dans ce territoire pour répondre aux besoins élémentaires de la population et poursuivre la reconstruction.

Dans une précédente réunion sur ce dossier, Ban Ki-moon avait fait déjà estimé que le blocus « créait des souffrances inacceptables, affaiblissait les forces modérées et renforçait les extrémistes ».

La Haute commissaire des Nations Unies aux Droits de l’homme, Navi Pillay, a aussi dénoncé l’attaque de la flottille et souligné que « rien ne pouvait justifier l’horreur de cette opération ». Appelant à l’ouverture rapide d”une enquête, elle a rappelé la nécessité pour les auteurs de l’attaque de rendre des comptes.

« Je condamne sans équivoque cet usage disproportionné de la force, qui a débouché sur la mort de tant de personnes qui essayaient d”apporter l’aide dont la population, soumise à un blocus depuis plus de trois ans, a besoin », a ajouté Navi Pillay. Elle a également appelé le gouvernement israélien à tenir compte de la position de la communauté internationale qui considère « presque unanimement que le blocus de Gaza comme inhumain et illégal ».

Pour la Haute commissaire aux Droits de l’homme, le blocus « donne l’impression que le gouvernement israélien considère le droit international avec perpétuel dédain ». « S’il n’y avait pas de blocus, il n’y aurait pas de flottille comme celle là », a-t-elle souligné.

De son côté, le Rapporteur spécial sur les Droits de l’homme dans les territoires occupés palestiniens, Richard Falk, a estimé qu’Israël était « coupable d’un comportement choquant, caractérisé par un usage de la force contre des civils non armés, en haute mer, où la liberté de navigation existe, conformément au droit international de la mer ».

Il s’est fait l’écho de l’appel du Secrétaire général de l’ONU et de la Haute commissaire aux Droits de l’homme pour l’ouverture d’une enquête sur cet incident, estimant également qu’il était « essentiel que les responsables israéliens de cette opération meurtrière et illégale, dont les hommes politiques ayant donné les ordres, soient tenus pénalement responsable de leurs actes injustes ».

Richard Falk a qualifié le blocus de gaza de « punition collective » équivalente à un crime contre l’humanité. « À moins que des actions promptes et décisives soient prises pour mettre au défi l’approche israélienne sur Gaza, nous serons tous complices d’une politique criminelle qui remet en question la survie d”une communauté assiégée », a-t-il ajouté.

16h

Point presse du Collectif National pour une Paix Juste et Durable entre Palestiniens et Israéliens

16h15

Tariq Ramadan : Après le massacre des innocents, le massacre des non-violents

Jusqu’à quand accepterons-nous les horreurs perpétrées par des gouvernements successifs sans dignité et sans éthique ? On essaie encore de nous faire croire que l’armée israélienne a agi en état de légitime défense. Le ridicule ne tue pas…les oppresseurs ! Ces crimes caractérisés jettent une fois encore la vraie lumière sur Israël et sa politique de manipulation et de haine. Alors que la population civile de Gaza vit sous un siège qui l’affame, le gouvernement israélien n’hésite pas à tuer des membres de la mission non violente qui vient exprimer sa solidarité et apporter des vivres et des médicaments.

C’est intolérable, et révoltant, et cela ne peut durer ! Il faut le dire, le faire entendre et se faire entendre. Personne ne peut se cacher derrière l’ignorance et les faux semblants. Israël est un Etat qui expose son racisme, l’immoralité de ses choix politiques et militaires et qui se moque de la communauté internationale et de sa conscience.

Il importe de poursuivre et d’élargir le mouvement de résistance globale, de soutenir la campagne de boycott et de dire avec force que ces actes sont indignes, ignobles, et qu’ils sont une preuve de plus que la cause des opprimés palestiniens est juste et digne. Que ce faisant, elle est notre cause, à tous !

Quelle honte !

 

Lettre de Serge Grossvak

Je suis juif et je suis frère de racine et d’histoire de ces hommes d’Israël. Ces fils de victimes endossant aujourd’hui l’armure des bourreaux. Quelle honte, quel désespoir de voir ceux qui ont tant souffert, qui ont été tant terrorisés n’engendrer de leur passé qu’un abominable dédain pour l’âme humaine ! C’est à désespérer. Est-ce la victoire posthume d’Hitler que cette sauvagerie distillée ? Est-ce sa victoire que ce reniement de l’humanisme ? Ah ma mère ! Je me souviens lorsqu’enfant tu me fis l’apprentissage de ce gardien d’immeuble qui vous avait averti, il était communiste, puis de ces religieuses vous extrayant d’un Paris devenu trop dangereux. Ah ma mère ! Je me souviens de ce poème d’Aragon où le résistant arménien avait pour derniers mots «vive le peuple allemand» devant les nazis qui allaient l’achever.

Ma mère, où se cache aujourd’hui la dignité de nos frères d’Israël ou de notre famille aveuglée de haine et de conquête ? Ma mère, il était dur de naître en portant les souffrances de vos vies, mais les enfants d’aujourd’hui vont devoir affronter bien pire : la honte !

Ghaza martyre, Liban martyr, Jenine martyre et rien d’autre ne vibre dans leur âme qu’un énervement et une volonté de soumettre ! Que leur demeure-t-il de sens humain ? N’auraient-ils plus qu’un Bush dans les os ? Les Palestiniens perdent leurs chairs, leur sang, leur terre. Les juifs perdent leur âme, aveuglément engagés derrière l’État d’Israël. L’horreur s’ajoute à l’horreur sans jamais permettre qu’émerger une étincelle d’intelligence. L’intelligence, la bonne intelligence. La Paix ! Cette Paix qui en tout lieu du monde a la même science : celle du respect partagé. Cette Paix de Kant pour tous les peuples de la terre. Ce respect est honteusement dénié en affamant, en occupant, en excluant, en dominant. Ce déni qui légitime la rage et fait monter les haines. Ce déni qui rend impossible la fin des armes et des souffrances. Ce déni qui nous plonge dans un massacre récurrent où la vie n’a plus la valeur d’une vie.

Le respect, c’est le Droit, partout dans le monde. Le respect, c’est Israël entrant dans la Loi du monde, comme tout le monde.

La Loi du monde délimite des frontières depuis 40 ans. Au-delà de ces frontières, rien n’est à régenter, à occuper. Des frontières où commence la liberté des autres. Des frontières, tout simplement, comme partout dans le monde. Des frontières pour que monte le respect, premier pas, tout premier pas des humains.

Pour que demain les peuples partagent leurs rêves et que les frontières soient une invitation amicale aux rencontres.

17h15

Ligue Arabe : Les Arabes face à la difficile recherche d’une réponse à Israël

Amr Moussa, le secrétaire général de la Ligue Arabe

La Ligue arabe devait se réunir mardi pour définir une réponse “collective” après l’attaque meurtrière menée par Israël contre une flottille pro-palestinienne, un exercice délicat entre pays résolument hostiles à Israël et d’autres plus modérés.

La réunion extraordinaire des ambassadeurs des 21 pays membres plus l’Autorité palestinienne devait débuter vers 18H00 locales (15H00 GMT) au siège de l’organisation panarabe, au Caire.

Elle vise à “adopter une position arabe collective”, a affirmé Amr Moussa, le secrétaire général de la Ligue arabe, pour qui l’abordage sanglant est un “message très fort d’Israël signifiant qu’il ne veut pas la paix“.

Cet assaut lundi dans les eaux internationales contre la flottille de six bateaux transportant des aides à Gaza, a provoqué une vague d’indignation au Proche-Orient où la presse appelle à de sanctions sur fond de manifestations populaires.

La définition d’une ligne officielle pourrait toutefois faire ressurgir les clivages traditionnels du monde arabe face à l’Etat hébreu, qui amènent fréquemment la Ligue arabe à prendre des positions fortes sur le papier mais sans conséquences pratiques.

Le président égyptien Hosni Moubarak, dont le pays a été le premier dans le monde arabe à signer la paix avec Israël en 1979, a dénoncé “l’usage excessif et injustifié de la force par Israël“, à l’unisson de la plupart des capitales occidentales. Mais il a également fait implicitement porter sur les islamistes palestiniens du Hamas au pouvoir à Gaza une part de responsabilité dans la poursuite du blocus israélien imposé à l’enclave depuis 2007. M. Moubarak a ainsi souligné qu’un accord de réconciliation interpalestinien -que le Caire accuse le Hamas de refuser- faciliterait la levée du blocus.

L’ambassadeur d’Israël en Egypte, Yitzhak Levanon, pourtant convoqué par les Affaires étrangères égyptiennes, a jugé la position égyptienne “plutôt modérée“.

Le Premier ministre libanais Saad Hariri et le président syrien Bachar al-Assad se sont en revanche montrés plus durs. Ils ont plaidé pour que l’ONU prenne “des mesures concrètes pour mettre fin aux crimes d’Israël qui menacent de plonger le Moyen-Orient dans une guerre dont l’impact ne se limitera pas aux pays de la région“. “Le sang de la liberté coule dans la Méditerranée“, titre le quotidien indépendant égyptien al-Masri al-Yom, à l’unisson de l’indignation qui prévaut dans les journaux arabes.

Il ne suffit pas que le monde condamne, il doit obliger le meurtrier à arrêter de tuer et le forcer à (…) à accepter un Etat palestinien indépendant“, écrit dans un éditorial le rédacteur en chef du quotidien à capitaux saoudiens al-Hayat, Ghassan Charbel.

Les entretiens à la Ligue arabe s’inscrivent dans une cascade de consultations internationales après l’assaut qui a coûté la vie à neuf civils.

Le Conseil de Sécurité de l’ONU a demandé une enquête impartiale, le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU a convoqué une réunion d’urgence, et les pays de l’OTAN devaient tenir une réunion spéciale à la demande de la Turquie.

17h30

UE : La France suggère que l’Union Européenne prenne la responsabilité de l’enquête internationale sur l’intervention militaire israélienne contre la Flottille de la Liberté

Pierre Lellouche et Catherine Ashton

Il faut faire la lumière sur cette affaire. L’ONU demande une commission d’enquête internationale (…), les Européens pourraient en prendre la responsabilité“, a déclaré le secrétaire d’état français aux Affaires européennes, Pierre Lellouche.

Je pense que la France devrait soutenir quelque chose de ce genre, il faut voir avec l’ONU comment coordonner cette action. Le principe de cette commission d’enquête a été annoncé dès hier par le comité politique de l’Union européenne présidé par Mme (Catherine) Ashton, la nouvelle haute représentante” de l’UE pour la politique étrangère, a-t-il ajouté, interrogé par la chaîne de télévision française LCI.

Avec le gouvernement et le président de la République, parce que nous sommes depuis toujours attachés à la sécurité d’Israël, nous disons de façon très forte notre condamnation d’une action de force vraiment disproportionnée, c’est une erreur grave qui fabrique un isolement international sans précédent“, a souligné le secrétaire d’Etat.

Le Conseil de Sécurité de l’ONU a appelé mardi matin “à lancer sans retard une enquête impartiale, crédible et transparente conforme aux critères internationaux“, ainsi qu’à la “libération immédiate des navires ainsi que des civils détenus par Israël“.

France : Hervé de Charette propose que la France et l’UE veillent à l’impartialité de l’enquête internationale

Question au gouvernement du 1er juin 2010, Le député Hervé De Charette interpelle le gouvernement en la personne de Pierre Lellouche sur l’assaut criminel israélien du convoi humanitaire la flottille au large de Gaza. Il propose que la France et l’Europe vieille à l’impartialité de l’enquête de l’ONU, que la France apporte ouvertement son soutien et sa solidarité envers le peuple martyrs de Gaza, l’exigence de la fin du blocus illégal de la bande de Gaza en ouvrant le port commercial de Gaza. Pierre Lellouche aura pour réponse : « Nous soutenons l’effort américain visant à la reprise des négociations. »

18h

Turquie : Piratage du site officiel du Likoud

Des hackers turcs ont piraté le site officiel du parti israélien Likoud, le parti sioniste de la droite libérale, nationaliste et conservatrice du Premier ministre Benyamin Netanyahou. La page d’accueil a été remplacée par une photo d’un militant blessé et arrêté qui faisait partie de la Flottille de la Liberté.

18h40

France : Retour d’un Français sur la dizaine de militants ayant participé à la Flottille de la Liberté

Un Français, parmi la dizaine ayant participé à la flottille pour Gaza, a été expulsé mardi par les autorités israéliennes et était de retour en France dans la matinée, a-t-on appris auprès des organisations françaises impliquées dans cette opération.

Ce Français, Youssef Benderbal, membre du Comité de bienfaisance et de secours aux Palestiniens (CBSP), n’était pas présent sur le navire turc où a eu lieu l’assaut mais sur l’un des cinq autres navires du convoi arraisonné par la marine israélienne.

Des commandos cagoulés ont pris possession du navire. Ils visaient la cabine du capitaine“, a raconté Youssef Benderbal à la radio Europe 1 à son arrivée à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle.

Les consignes étaient très claires. Ne pas provoquer, rester calmes et aller à leur rencontre en disant “we are pacifists and not terrorists” (nous sommes pacifistes, pas terroristes)“, a-t-il ajouté.

Maintenant si apporter de l’aide, c’est une provocation, je me demande dans quel monde on vit“, a-t-il estimé.

Selon Kamel Bechikh, porte-parole du CBSP, 8 Français avaient embarqué sur la flottille, dont un sur le navire turc, ainsi que quelques bi-nationaux.

Sept étaient membres du CBSP. Le 8ème, Thomas Sommer Houdeville, porte-parole de la Campagne civile internationale pour la protection du peuple palestinien (CCIPPP) n’a pas donné de nouvelles depuis l’assaut de l’armée israélienne, ce qui a suscité l’inquiétude mardi de sa mère.

Mais Adnane Ben Youssef, membre du CCIPPP, a indiqué à la presse que Thomas Sommer Houdeville ne figurait sur aucune liste des victimes et était probablement parmi les 480 membres de la flottille humanitaire actuellement retenus dans la prison de Beer-Sheva dans le sud d’Israël.

Selon ces organisations, le but du convoi était d’acheminer de l’aide humanitaire vers Gaza.

Le CBSP acheminait ainsi “une centaine de maisons en préfabriqué, en PVC. Il n’y avait aucun matériau interdit par le blocus (béton, ciment…) israélien“, a assuré M. Bechikh.

Les organisations se disent déterminées à faire partir un nouveau navire à l’automne vers Gaza.

France : les exigences de François Fillon

France : Liste des manifestations et rassemblements de protestations du mercredi 2 juin

Blois : à 17h30 devant la préfecture.

Belfort : à partir de 18h00 Place Corbis

Rennes : à 18h00 Place de la mairie

Nancy : A 17H30 Place Maginot

Niort : à 18 heures.

Metz : à 18 H devant la Préfecture

Saint-Malo : à 18 HEURES 30, PORTE ST VINCENT à St MALO

Brest : à 18 h devant la Mairie.

Limoges : à 17 h 30 devant la Préfecture

Lannion : à 18h devant la Mairie

La Roche sur Yon : à 18h devant la préfecture

Angers : à 18 H devant le centre commercial Fleur d’eau

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30 mai

Execution d’enfants afghans menottés ?

30 mai

par Dave Lindorff pour Counterpunch

Quand le lieutenant de la Compagnie Charlie, William Calley, avait ordonné et encouragé ses troupes pour qu’elles violent , mutilent et massacrent plus de 400 hommes, femmes et enfants à My Lai au Vietnam en 1968, il y a eu au moins quatre étatsuniens qui ont essayé de l’arrêter ou de le faire traduire en justice avec  les autres officiers supérieurs. L’un a été le pilote d’hélicoptère Hugh Thompson Jr., celui qui a évacué certains des victimes blessées, et qui a placé son appareil entre un groupe de Vietnamiens et les hommes de Calley, et qui a ordonné à son artillerie qu’elle ouvrît le feu contre les soldats américains s’ils prétendaient tuer plus de gens. L’autre a été Ron Ridenhour, qui a eu connaissance du massacre et à commencé une enquête privée  et a fini par informer de ce crime le Pentagone et le Congrès. Enfin il y a eu Michael Bernhardt, un soldat de la Compagnie Charlie qui a été témoin de ce qu’elle avait fait et tout a racontéà Ridenhour. Et le dernier  a été le journaliste Seymour Hersh, qui a publié l’histoire dans les médias des Etats-Unis.

La guerre actuelle en Afghanistan a aussi ses massacres de My Lai. Il y en a presque toutes les semaines, accomplis par des avions des Etats-Unis. Ils bombardent des fêtes de mariage, ou des maisons “suspectes” de servir d’abri à des terroristes mais dont on découvre qu’elles abritaient seulement des civils. Mais ces My Lai sont tous classés pudiquement comme accidents. Ils sont classés et oubliés comme  “dommage  collatéral inévitable” de la guerre. Il y a eu, cependant, un massacre récent qui n’a pas été une erreur – Un massacre qui, bien que n’ayant concerné que moins  d’une douzaine de personnes, dégage la même puanteur que celui de My Lai. C’était le meurtre en  forme d’ exécution de huit écoliers menottés, ils avaient entre 11 et 18 ans, et celui d’un enfant de 12 ans, le berger voisin en visite, dans la province Kunar, le 26 décembre. (Lire la suite…)

Le pouvoir de changer

30 mai

par Robert Fisk pour The Independant

Si l’Amérique ne réussit pas à assurer la paix au Moyen Orient, faut-il que les Russes prennent le relais ? Ils ont une longue histoire avec la région et ne sont pas handicapés par un lobby israélien.

J’ai toujours dit que quelque part de l’autre côté de l’Atlantique – ou peut-être de la Méditerranée – il y a une ligne de fracture géologique, ou une sorte d’écran ou de voile à travers lequel ce cher vieil Occident (autrefois appelé la Chrétienté) voit le Moyen Orient de sorte qu’il interprète de travers tout ce qu’il voit. Une offre iranienne de solution nucléaire pacifique devient une menace et donne lieu à des sanctions. De prochaines élections en Egypte sont considérées comme un pas vers la démocratie plutôt que la prolongation du règne du parti unique d’un dictateur de 81 ans.

Le début – un de plus- de pourparlers “indirects” entre les Palestiniens et les Israéliens devient une autre succès partiel du processus de paix américain au lieu du symbole éhonté de l’absence de tout espoir pour les Palestiniens. Et toujours plus de massacres en Iraq et en Afghanistan sont des signes du “désespoir” des Talibans et non le signe que nous avons perdu la guerre dans les deux pays.

Cependant, les lignes de fracture entre la Russie et le Moyen Orient ne sont pas aussi profondes et n’occultent pas autant la vérité. Il y a à cela plusieurs raisons. La vieille Union Soviétique a maintenu un pouvoir plus que colonial sur une poignée de républiques musulmanes – en fait la Russie Tsariste a combattu la Tchernie au 19ème siècle. Lisez Haaji Murat de Tolstoï : “Personne ne parlait de la haine des Russes” écrit Tolstoï à propos des hommes dont les descendants combattraient l’armée de Poutine plus d’un siècle plus tard. “Le sentiment qui les animait… du plus jeune au plus vieux, était plus fort que la haine. Ce n’était pas de la haine car ils ne considéraient pas ces chiens comme des créatures humaines, mais c’était de la répulsion, de dégoût et de la stupeur devant la cruauté gratuite de ces créatures“. Il aurait pu décrire en ces termes la colère incendiaire du peuple de Grosny ou la fureur sauvage des Afghans après l’invasion soviétique de 1979. (Lire la suite…)

Pourquoi la guerre des Corée n’aura pas lieu

30 mai

par Pierre Haski

Le conflit redouté entre la Corée du Sud et la Corée du Nord n’aura pas lieu. En tout cas, pas immédiatement. Il y a certes eu ces derniers jours une brusque montée des tensions dans la péninsule, l’un des derniers lieux du globe où règne une ambiance digne de l’époque de la guerre froide, sans pour autant déboucher sur une guerre « chaude » : les « ingrédients » ne sont pas tous là. Explications.

Techniquement, évidemment, la guerre n’a jamais cessé. L’armistice de 1953 qui a mis fin à trois ans d’affrontements terribles, n’a jamais été suivie d’un traité de paix, et donc, depuis plus d’un demi siècle, la guerre n’est que suspendue, pas terminée.

Et il suffit de visiter la zone démilitarisée de Panmunjon, le point de contact entre les deux Corées, pour s’en convaincre. Si vous avez aimé Checkpoint Charlie, à Berlin, au plus fort de la guerre froide, vous adorerez Panmunjom, avec son face-à-face explosif et sa mise en scène guerrière.

La Corée du Sud accuse Pyongyang d’avoir coulé le Cheonan

Pour autant, il n’y a pas de « logique de guerre », pour reprendre la formule de Mitterrand lors de la première guerre du Golfe, car elle ne serait dans l’intérêt d’aucun des protagonistes, surtout pas des deux « parrains » de la région, la Chine et les Etats-Unis.

Il y a malgré tout une nouvelle et authentique crise, provoquée par la destruction, le 26 mars, de la corvette sud-coréenne Cheonan, qui a coulé en emportant avec elle 46 de ses 104 membres d’équipage. Un acte de guerre pour lequel le gouvernement de Séoul a formellement accusé la Corée du Nord, ce que celle-ci a formellement nié samedi.

Pourquoi la division entre les deux Corée ?

La Corée est un seul pays artificiellement séparé, mais qui partage une longue histoire commune, une même langue, et une identité très forte. Le Vietnam par les armes, et l’Allemagne par la diplomatie, ont surmonté de similaires divisions arbitraires imposées par l’histoire ; pas la Corée, qui vit en 2010 comme si la guerre froide n’avait pas pris fin. (Lire la suite…)

Etats-Unis, changement ou continuité ?

28 mai

par Alain Gresh pour le Monde diplomatique

« L’Occident tend à voir le Moyen-Orient comme une région figée dans le temps, coincée entre régimes autoritaires archaïques et mouvements islamiques rétrogrades, enfermée dans un conflit immémorial et cyclique. Mais c’est là le reflet d’une rigidité des perceptions occidentales, concernant une région qui fluctue beaucoup plus vite que l’idée que l’on s’en fait. »

Seize mois après la prise de fonction de Barack Obama, Robert Malley et Peter Harling, deux responsables de l’International Crisis Group, dressent un constat peu optimiste des visions occidentales de l’Orient, dans un article publié par LeMonde.fr (24 mai 2010), « Nouvelle donne au Moyen-Orient ».

Ce texte paraît au moment même où Washington annonce que, désormais, plus de soldats américains sont déployés en Afghanistan qu’en Irak. Une page se tourne ainsi, mais une autre, tout aussi noire, s’ouvre. Le président Obama n’a jamais caché que l’Afghanistan représentait pour lui la « bonne guerre ». Pourtant, à la différence de la période du président Bush, l’administration américaine ne cache ni les difficultés qu’elle rencontre, ni les doutes sur son allié le président Hamid Karzaï, même si ce dernier a finalement été reçu en mai à la Maison Blanche, en dépit des multiples fraudes lors de son élection.

Pour l’instant, la politique des Etats-Unis ne semble pas s’infléchir de manière sensible. Les Etats-Unis préparent une grande offensive militaire à Kandahar, fief des talibans, dont on sait pourtant qu’elle sera un échec. Le New York Times (24 mai) a révélé que les Etats-Unis ont étendu les opérations spéciales au Proche-Orient (Mark Mazzetti, « U.S. Is Said to Expand Secret Actions in Mideast »). La directive signée en septembre 2009 par le général David Petraeus, chef du Centcom, autorise l’armée à mener des actions secrètes aussi bien dans des pays amis qu’ennemis. Ce texte étend le champ d’application de ces interventions déjà décidées par l’administration Bush. Il permettrait notamment une intervention plus active à l’intérieur même de l’Iran dont le but pourrait être de glaner des informations dans le cas d’une intervention militaire. (Lire la suite…)

Kirghizstan : entre révolution et incertitude

27 mai

par Jean Géronimo

« Le Kirghizstan a été et reste un partenaire stratégique de la Russie. » Natalie Timakova, porte-parole du Kremlin (1) reprenant les propos officiels du président Dimitri Medvedev.

Après l’Ouzbékistan et l’Ukraine, Washington risque de perdre un pivot clé de sa stratégie d’influence dans l’ex-espace soviétique. En effet le renversement, début avril, d’un régime kirghiz jusque là pro-occidental – bien que guidé par un certain pragmatisme, l’obligeant à ménager la Russie – retire à l’Etat américain une de ses pièces maitresses sur l’échiquier eurasien. Même si, à priori, ce dernier n’a pas eu une attitude neutre dans ce coup d’Etat, qu’il aurait même plutôt ‘’encouragé’’ selon certaines sources locales. Une fois de plus mise devant ‘’le fait accompli’’, Moscou a été obligée de replacer ses pions sur le Grand échiquier, dans le but de maximiser ses gains issus de ce changement politique brutal et inattendu et, par ce biais, stopper son recul en Eurasie post-communiste. Et surtout, elle veut faire de la crise kirghize un symbole fort de sa reprise en main de son ancien Empire.

Fondamentalement, cette crise politique représente donc pour Moscou une indéniable opportunité stratégique pour se replacer en Asie centrale et, à terme, y relancer son leadership régional (2). Même si cette crise reste, pour reprendre l’affirmation officielle du premier ministre V. Poutine, ‘’une affaire intérieure du Kirghizstan’’ (3). Mais pour l’heure, dans le but d’éviter l’embrasement d’une région politiquement fragilisée et de préserver ses intérêts nationaux, la Russie a besoin d’un pouvoir ‘’fort’’ au Kirghizstan, selon le souhait du président D. Medvedev, exprimé le 20 avril 2010 (4). En d’autres termes, dans l’optique d’éviter un chaos géopolitique, la Russie est contrainte de réactiver sa politique étrangère dans sa périphérie post-soviétique, dans un sens plus paternaliste envers ses anciennes républiques. De ce point de vue, il nous semble légitime de revenir sur cette évolution porteuse d’incertitudes géopolitiques et in fine, d’en cerner les véritables enjeux. Implicitement, cela nous conduira à centrer notre analyse sur une question majeure : assiste-t-on à un tournant décisif dans le devenir politique de l’ancienne URSS ? Par définition, ce tournant est étroitement corrélé au futur rôle – et statut – de la Russie au sein de cette dernière transformée le 8 décembre 1991, par le Traité de Minsk, en Communauté des Etats indépendants (CEI). (Lire la suite…)

Une directive secrète prépare de nouvelles guerres américaines au Moyen-Orient et en Asie centrale

27 mai

par Hiram Lee pour WSWS

Un article à la une du New York Times de mardi révèle l’existence d’une directive secrète signée par le général David Petraeus, chef du commandement central américain, donnant l’ordre d’accroître les opérations militaires secrètes de par le Moyen-Orient, l’Asie centrale et la Corne de l’Afrique. Le document de 17 pages intitulé « Joint Unconventional Warfare Task Force Execute Order » fournit en essence à l’armée américaine carte blanche pour mener des actes d’agression contre quasiment n’importe quel pays.

Parue en septembre 2009, cette directive appelle à la création d’un réseau de corps expéditionnaires et d’unités de collecte de renseignement qui vont « pénétrer, perturber, vaincre ou détruire » n’importe quelle cible dans n’importe quel pays désigné par l’armée américaine. Ces forces vont mener des opérations clandestines qui « ne peuvent pas et ne seront pas accomplies » par d’autres moyens militaires.

Une fois entrées dans le pays ciblé, les forces américaines vont aussi « préparer l’environnement » à des attaques militaires de grande envergure. En plus du personnel militaire, dit le Times, la directive de Petraeus recrute « des hommes d’affaire étrangers, des universitaires ou autres » pour des efforts «de vigilance continue sur la situation », soit en d’autres termes pour l’espionnage.

Les Etats-Unis vont cibler des pays considérés comme hostiles ainsi que des pays avec lesquels ils entretiennent des relations amicales. Parmi les pays cités par le Times comme cibles potentielles on compte l’Iran, l’Arabie saoudite et la Somalie. Le Times rapporte aussi que le document « semble autoriser des opérations spécifiques en Iran, très probablement pour la collecte du renseignement sur le programme nucléaire du pays ou l’identification de groupes dissidents qui pourraient être utiles pour une offensive militaire à venir. »

Tandis que le gouvernement Obama indique publiquement qu’il va contrer la soi-disant menace nucléaire iranienne en faisant appel à des sanctions plus importantes des Nations Unies et des embargos commerciaux, la directive de Petraeus donne clairement à penser qu’Obama a en tête quelque chose de bien plus sinistre encore. Le Times cite des représentants américains disant que la directive « autorise aussi des missions de reconnaissance qui pourraient ouvrir la voie à de possibles frappes militaires en Iran si les tensions concernant ses ambitions nucléaires s’intensifient. »

On pense déjà que cette directive secrète a constitué le travail préparatoire de l’offensive de l’armée américaine au Yémen qui a débuté en décembre 2009. Des soldats des Forces spéciales américaines avaient pénétré dans ce pays pour entraîner son armée et se joindre à elle pour attaquer Al Qaïda dans la Péninsule arabique que l’on dit être membre affilié d’Al Qaïda au Yémen. En décembre, le président Obama avait donné l’ordre de frappes aériennes sur des bâtiments abritant soi-disant des militants et qui avaient coûté la vie à des dizaines de civils. Des navires de l’armée américaines ont aussi envoyé des volées de missiles sur le pays.

Le Times reconnaît avoir accepté de ne pas révéler toutes les informations contenues dans le document de Petraeus, dont le journal dit avoir vu une copie. Citant des « inquiétudes soulevées par un représentant du Commandement central des Etats-Unis quant à la sécurité des troupes, » le journal rapporte qu’il a accepté de supprimer certains détails concernant les déploiements de troupes.

Ainsi, « le journal de référence » politiquement libéral joue son rôle dans la promotion des desseins agressifs de l’armée américaine et le maintien des Américains dans l’ignorance sur les détails les plus cruciaux de ces opérations secrètes. Bien que le Times n’en dise rien, cette directive d’opérations secrètes, qui va au-delà des directives similaires sous le gouvernement Bush, n’aurait pas pu paraître sans l’assentiment du président Obama. Ceci souligne le fait que le gouvernement Obama poursuit et amplifie la politique du militarisme et de la guerre menée sous Bush et se prépare à étendre les actes d’agression militaire américains bien au-delà des confins de l’Irak et de l’Afghanistan.

L’utilisation de forces d’opérations spéciales militaires comme agents du renseignement à travers le Moyen-Orient et l’Asie centrale permet au gouvernement de placer les opérations d’espionnage sous la juridiction du Commandement central des Etats-Unis et du général Petraeus. Contrairement aux activités de l’Agence centrale du renseignement (CIA), les opérations secrètes d’espionnage menées par l’armée ne nécessiteront pas légalement l’assentiment du président ni ne seront soumises au contrôle du Congrès.

(Article original paru le 26 mai 2010)

Source : WSWS

Qui a coulé le Cheonan ?

26 mai

Nouvelles tensions intercoréennes et relations sino-américaines

par Saïd Ahmiri pour MecanoBlog

26 mars 2010, 21h22, une explosion retentit à bord de la corvette militaire sud-coréenne Cheonan, coulant en 20 minutes à peine 60 % du bateau coupé en deux. Plusieurs raisons ont tout de suite été évoquées : Une torpille sous-marine, un rocher, une mine de mer. D’autres ont affirmé avoir vu un sous-marin nord-coréen émerger de l’eau quelques minutes après la disparition du Cheonan. Près de deux mois après le naufrage dans la Mer Jaune au large de l’île sud-coréenne Baengnyeong, le bilan fait état de 46 marins morts dont 8 sont toujours portés disparus. C’est la pire catastrophe maritime de la République de Corée depuis 1974 quand un navire de débarquement de la marine a chaviré tuant 159 marins. La précédente accusation d’attaque nord-coréenne remonte à 1987 où 115 personnes ont été tuées suite à l’attentat contre un Boeing de la Korean Airlines, attribué à des agents nord-coréens. Une nouvelle étape importante dans la multipolarisation du monde se joue dans la péninsule coréenne avec des répercussions géostratégiques majeures dans les Océans Indien et Pacifique. Washington insiste, Tokyo encourage, Séoul réfléchit, Pyongyang est sur le pied de guerre et Pékin modère.

L’enquête internationale et la piste de Sakai

15 avril 2010, le Cheonan a refait surface afin de permettre aux enquêteurs d’expliquer aux familles ce qu’il s’est réellement passé dans la nuit du 26 mars. Les conditions météorologiques ont été avec les enquêteurs qui ont pu sans soucis remonter le navire qui se trouvait à 25 mètres de profondeur, la veille de 9h à 12h11. La corvette, un vaisseau de 1.200 tonnes et de 88 mètres de long, remonté par une grue géante installée en pleine mer, contenait 36 corps de marins. 2 marins avaient été retrouvés en mer au fil des jours mais il manquait encore 8 personnes qui composaient l’équipage du navire qui étaient encore à bord lors du naufrage. En tout, ce sont 46 des 104 marins qui sont décédés dans cet incident dramatique qui a profondément secoué la Corée du Sud où cinq jours de deuil avaient été décrétés.

40 personnes de l’armée sud-coréenne sont ensuite entrées dans la carcasse pour récupérer les 36 corps des marins. Ceux-ci ont été recouverts de linceuls blancs et transportés sur le navire Dokdo où ils ont pu être identifiés. Une équipe d’investigation internationale a été mise en place avec des experts civils et militaires provenant d’Australie, du Canada, des Etats-Unis, de Grande-Bretagne et de Suède qui se sont réunis en Corée du Sud pour analyser la carcasse. D’après les images tournées par les médias sud-coréens, il a été possible de constater que la quille du bateau ne semblait pas avoir été très endommagée et que l’armement qui se trouvait à bord était apparemment intacte.

Les premiers éléments de l’enquête rapportent que l’explosion qui a coupé la corvette en deux ne viendrait pas de l’intérieur du Cheonan, mais bien de l’extérieur. Les officiels de l’armée ont en tout cas défendu cette thèse qu’ils soutiennent encore aujourd’hui. Par ailleurs, des bateaux de la marine sud-coréenne équipés de sonar et de caméras sous-marines ont quadrillé le secteur étendu pour collecter les débris et tenter de retrouver la mine ou la torpille qui serait à l’origine de l’incident. Dès le début, le président de la Corée du Sud, Lee Myung-Bak, a suivi de très près cette affaire devenue nationale. (Lire la suite…)

Le bilan des victimes américaines en Afghanistan franchit le cap des mille morts

25 mai

par Bill Van Auken pour WSWS

L’énorme attentat suicide à la bombe qui a frappé mardi à Kabul un convoi de l’OTAN a coûté la vie à cinq nouveaux soldats américains, un officier canadien et une dizaine de civils afghans.

L’attaque a démontré l’échec de plus de huit ans d’occupation dirigée par les Etats-Unis, sans parler de l’échec du gouvernement fantoche du président Hamid Karzai de sécuriser au moins le centre de la capitale afghane. L’attaque a aussi marqué une étape sombre pour les forces américaines en portant à 1.000 le nombre total de soldats morts en action dans l’opération « Enduring Freedom ».

Il y a peu de doute pour que le gouvernement Obama, tout comme la Maison Blanche de Bush avant lui, tentera de passer rapidement sur la signification de ce nombre de victimes. Un porte-parole de la Maison Blanche a publié mardi un bref communiqué louant les forces militaires américaines pour leur « sacrifice extraordinaire » mais sans faire mention toutefois que le nombre d’Américains tués dans cette guerre était passé à 1.000.

De tels chiffres, ont toutefois une énorme signification et appellent à une sérieuse réflexion. Derrière ces chiffres se cachent les membres des familles et des proches, sans mentionner les dizaines de milliers d’autres soldats américains dont la vie a été brisée par des blessures physiques terribles et le bilan psychologique considérable les affectant après plusieurs périodes au front à combattre une population hostile dans le cadre d’une armée d’occupation.

En 2009, 17.538 personnels militaires ont été hospitalisés en raison de troubles psychiques et 11.156 pour handicaps et blessures de guerre. « La guerre est difficile. Elle exige ses morts, » a fait remarquer le chirurgien général de l’armée, le lieutenant-général Eric Schoomaker.

Sans aucun doute, la même chose peut être dite de toutes les guerres. Mais, quand des soldats sont envoyés pour tuer et pour mourir dans une guerre fondée sur des mensonges, une guerre dont les coûts humains sont camouflés par le gouvernement et des médias serviles et une guerre qui est menée pour réprimer la résistance populaire envers une occupation étrangère, ce bilan psychologique est fortement aggravé.

Pourquoi les 1.000 soldats américains sont-ils morts ? Qu’est-ce qui a justifié la destruction du corps et de l’esprit de plusieurs milliers d’autres ? Et, qu’est-ce qui peut excuser la mort et la mutilation de dizaines de milliers d’Afghans au cours de ces 103 derniers mois dans cette guerre qui est la deuxième guerre la plus longue de l’histoire des Etats-Unis ? (Lire la suite…)

Les événements sanglants de Bangkok : un avertissement

24 mai

par Peter Symonds pour WSWS

Le fait qu’il n’y ait eu aucune condamnation internationale de la répression militaire thaïlandaise contre les manifestants anti-gouvernement de ces dernières semaines est un avertissement lugubre pour la classe ouvrière du monde entier sur les mesures qui seront utilisées pour faire face aux tensions de classe qui augmentent.

La répression des manifestations de l’UDD (Front uni pour la démocratie et contre la dictature) de ces deux derniers mois s’est aggravée mercredi avec le recours à des véhicules blindés et des soldats lourdement armés pour détruire le camp UDD du quartier commercial de Bangkok. Des soldats ont tiré à vue au moindre signe de résistance, tuant 15 personnes et en blessant 400. L’utilisation de tireurs isolés pour descendre des cibles choisies est particulièrement significative. Une présence militaire lourde est toujours sur place. Le gouvernement a décrété l’état d’urgence et un couvre-feu dans toute la capitale et dans un tiers des provinces du pays.

Tout au long des manifestations, les divisions de classe ont été criantes. Le quartier de Ratchaprasong comprend de luxueux hôtels 5 étoiles et d’immenses centres commerciaux où les gens aisés de Bangkok achètent des produits très coûteux. À proximité, les grandes banques et grosses entreprises ont leur siège social. Bon nombre de manifestants étaient des fermiers et des petits propriétaires du nord et du nord-est défavorisé du pays qui ont été rejoints par des couches de pauvres des villes. Après que l’armée a défoncé le site de la manifestation, des groupes de manifestants en colère se sont attaqués aux symboles de richesse et de privilèges alentour, mettant le feu à la bourse, au gigantesque centre commercial CentreWorld ainsi qu’à d’autres bâtiments. (Lire la suite…)

La carrière de Shimon Peres, Le roi des hypocrites d’Israël

24 mai

par Rannie Amiri pour Counterpunch

Le vrai hypocrite est celui qui ne se rend plus compte qu’il est un hypocrite, celui qui ment en toute sincérité” André Gide.

Car je t’ai cru pur et lumineux, toi qui es plus ténébreux que l’enfer, plus sombre que la nuit“  William Shakespeare.

Cela fait longtemps que la communauté internationale s’est entichée du Président actuel et ancien Premier Ministre d’Israël, Shimon Peres. Il a la réputation d’être une voix raisonnable et pacifique comme la colombe au milieu de faucons intransigeants et il tempère les inquiétudes et calme les critiques par des paroles apaisantes mais vides préconisant le dialogue et la création d’un état palestinien. En réussissant à faire croire au monde entier qu’il existe une différence notable entre sa position “de gauche” et l’extrême droite israélienne, il a démontré qu’il était le roi des fourbes.

Peres a recommencé la semaine dernière lors de sa rencontre le Président Dmitry Medvedev après la célébration du Jour de la Victoire à Moscou et avant la première visite officielle du leader russe en Syrie. Il n’a pas raté l’occasion de travestir à nouveau la vérité en affirmant que des missiles Scuds étaient envoyés au Liban tout en soutenant, sans se rendre compte de la contradiction, qu’Israël n’avait aucun intérêt à exacerber les tensions avec la Syrie.

Avant le début des “négociations de proximité” sous arbitrage des USA, il a aussi demandé à l’envoyé spécial au Moyen Orient Georges Mitchell que les “questions de sécurité” soient prioritaires dans les négociations “étant donné que depuis que l’armée (israélienne) et les colons ont évacué Gaza des milliers de roquettes sont lancées sur les communautés israéliennes

Gaza

En revenant sur le retrait israélien du territoire occupé de Gaza à la fin de 2005, Peres a oublié de mentionner ce qu’Israël a fait ensuite à la population la plus dense de la planète. Après les élections parlementaires libres, démocratiques et incontestées de janvier 2006 (qui donna au Hamas la majorité des sièges au Conseil Législatif Palestinien) Israël a fermé ses frontières hermétiquement.

Quand il est devenu clair que la faction du Fatah de l’Autorité Palestinienne du Président Mahmoud Abbas – le leader de Cisjordanie dont les israéliens appréciaient la souplesse et la collaboration- ne contrôlerait plus Gaza, un siège terrible et inhumain a été imposé à la petite enclave. Les produits de première nécessité comme la nourriture, le fuel, l’électricité, l’eau potable, l’huile de cuisson, les vêtements et les médicaments ont été interdits d’accès. Ce fut une forme odieuse de punition collective qui est considérée par la Convention de Genève de 1949 comme un crime de guerre. Mais Peres, prix Nobel de la paix, n’a aucun état d’âme a ce sujet. (Lire la suite…)

Le réveil de l’Asie au sein d’un monde multipolaire

23 mai

par Philippe Raggi pour Realpolitik.tv

« C’est uniquement lorsque la Chine et l’Inde se développeront que l’on pourra affirmer que  le siècle de l’Asie est venu. Si la Chine et l’Inde renforcent leur coopération, l’unité de l’Asie, la stabilité et la prospérité seront au rendez-vous, le monde sera en paix et fera plus de progrès. » Deng Xiaoping, cité par Sun Yuxi, Ambassadeur de Chine en Inde le 31 mars 2006, in People’s Daily Online.

Quand au début des années 1990, Charles Krauthammer a popularisé la notion de « moment unipolaire »[1] – suivi, on s’en souvient, par Francis Fukuyama et sa théorie sur la fin de l’Histoire – c’était vite oublier que l’homme existait encore avec sa capacité à changer les choses du monde. C’est ce qui est advenu, dans l’après guerre froide, quand l’hégémon américain à perdu de sa superbe, dans cette éclosion d’acteurs géopolitiques jusqu’à lors étouffés dans les coalitions du monde bipolaire américano-soviétique.

Depuis la chute de l’URSS en 1991, nous sommes entrés dans une phase nouvelle dans les relations internationales, ce qui a pu faire accroire que le temps de la paix perpétuelle, de la démocratie, des droits de l’homme et du libéralisme économique était arrivé. Très vite, nous nous sommes aperçus qu’il n’en était rien, que la marche du monde faisait éclore des forces régionales et nationales en dehors du monde occidental, en un mot que l’Histoire était toujours là, agissant de ses forces souvent invisibles, irréfragables, que les civilisations n’étaient pas mortes, déployant dans le temps long – cher à Fernand Braudel – leurs tendances lourdes.

Deux géants ont gardé de manière intangible le cap du développement, focalisant de plus en plus – et à force raison – les attentions : l’Inde et la Chine, l’éléphant et le dragon [2]

C’est un peu une billevesée aujourd’hui que de dire que l’Asie devient le centre des affaires du monde. Il faut pourtant regarder les faits et les apprécier – sans basculer dans un prospectivisme échevelé, tant la géopolitique « est un savoir segmentaire dont la première caractéristique est de s’interdire les prophéties [3] ». (Lire la suite…)

11 septembre, psychologie des foules et propagande (+ vidéo)

21 mai

par Julie Lévesque pour Mondialisation.ca

« Bien sûr, le peuple ne veut pas la guerre. C’est naturel et on le comprend. Mais après tout ce sont les dirigeants du pays qui décident des politiques. Qu’il s’agisse d’une démocratie, d’une dictature fasciste, d’un parlement ou d’une dictature communiste, il sera toujours facile d’amener le peuple à suivre. Qu’il ait ou non droit de parole, le peuple peut toujours être amené à penser comme ses dirigeants. C’est facile. Il suffit de lui dire qu’il est attaqué, de dénoncer le manque de patriotisme des pacifistes et d’assurer qu’ils mettent le pays en danger. Les techniques restent les mêmes, quel que soit le pays [1]. » Hermann Göring lors de son procès à Nuremberg

« La manipulation consciente, intelligente des opinions et des habitudes organisées des masses joue un rôle important dans une société démocratique. Ceux qui manipulent ce mécanisme social imperceptible forment un gouvernement invisible qui dirige véritablement le pays [2]. » Edward Bernays, père de la propagande

La couverture médiatique de la conférence sur le 11 septembre qui se tenait le 3 mai dernier à Montréal a donné lieu au cirque habituel de propagande, de censure et de dénigrement, malgré une certaine ouverture et un poids médiatique plus important. Les deux conférenciers vedettes, l’architecte Richard Gage, fondateur de Architects and Engineers for 9/11 Truth, et David Ray Griffin, membre de Scholars for 9/11 Truth, professeur émérite de théologie et de philosophie de la religion à la Claremont School of Theology et à la Claremont Graduate University, auteur de neuf livres sur les événements du 11 septembre, demandent une nouvelle enquête sur les attentats, car la version officielle des événements, preuves à l’appui, ne tient pas la route. Une question était sur les lèvres de bien des journalistes : comment se fait-il qu’autant de gens ne croient pas la version officielle ? (Lire la suite…)

Noam Chomsky est-t-il un sioniste anti-sioniste ?

21 mai

Colombie : le four des paramilitaires…

20 mai

Confronté au même problèmes que les nazis : comment se débarrasser rapidement des corps, les paramilitaires des AUC ont utilisé la même solution : la crémation.

Un ex-paramilitaire a avoué qu’au moins un four crématoire a été utilisé dans la vallée d’Aburrá. Il servait aux Auto-défenses Unies de la Colombie (AUC) à se débarrasser de leurs victimes, mortes ou …vivantes.

Voici les différents choses à propos de ce four qu’a indiqué l’ex-paramilitaires aux officiers de justice rattachés au programme Justicia y Paz, proprement hallucinant.

Mais est-ce si étonnant : La France et la Bataille d’Alger, les USA avec l’École des Dictateurs (toujours en fonction), Abou Grahib, et les différents massacres et tortures du 20° et du tout jeune 21° siècle ? Ce dont il faut également s’inquiéter c’est certainement la généralisation globale de la suspicion envers des populations supposées “subversives” là-bas, ici ou ailleurs.

Ils incinéraient certaines de leurs victimes vivantes : Les paramilitaires avaient aussi des fours crématoires à Antioche par Verdad abierta

Les paramilitaires ont mis en pratique la systématisation de l’horreur dans différentes régions de Colombie.

Pour la première fois, un ex-paramilitaire se réfère à l’usage de ce mécanisme de disparition forcée dans la Vallée d’Aburrá. Le Ministère public fait des recherches sur la base de son témoignage et on s’attend à ce que les autres paramilitaires apportent plus d’information.

A la fin des années 90 l’ordre des commandants des Auto-défenses Unies de la Colombie (AUC) était de faire disparaître leurs ennemis “de toutes les façons”, pour ne pas laisser de traces et ainsi éviter que les chiffres des homicides ne croissent de manière disproportionnée dans les zones urbaines, a donné lieu eu à Medellín et dans l’aire métropolitaine l’une des plus cruelles expressions de la guerre paramilitaire : l’utilisation de fours crématoires. (Lire la suite…)

Lecture : La crise économique mondiale : la Grande Dépression du XXIe siècle

20 mai
par Michel Chossudovsky et Andrew Gavin Marshall pour Global Research

Le texte suivant constitue la préface du livre The Global Economic Crisis. The Great Depression of the XXI Century, de Michel Chossudovsky et Andrew Gavin Marshall (éditeurs), Montréal, Global Research, 2010, qui sera publié à la fin mai.

Dans ce recueil bien à propos, chaque auteur lève le voile sur une trame complexe de tromperie et de déformation médiatique servant à camoufler les rouages du système économique mondial et ses effets ravageurs sur la vie des gens.

Les causes complexes tout comme que les conséquences destructrices de la crise économique sont scrutées à la loupe dans les contributions de Ellen Brown, Tom Burghardt, Michel Chossudovsky, Richard C. Cook, Shamus Cooke, John Bellamy Foster, Michael Hudson, Tanya Cariina Hsu, Fred Magdoff, Andrew Gavin Marshall, James Petras, Peter Phillips, Peter Dale Scott, Bill Van Auken, Claudia von Werlhof et Mike Whitney.

Malgré la diversité des points de vue et des perspectives présentées dans ce volume, les collaborateurs arrivent tous ultimement à la même conclusion : l’humanité se trouve à la croisée des chemins de la crise économique et sociale la plus grave de l’histoire moderne.

PRÉFACE : La crise économique mondiale, la Grande Dépression du XXIe siècle

Dans toutes les grandes régions du monde, la récession économique est profonde et entraîne le chômage de masse, l’effondrement de programmes sociaux étatiques et l’appauvrissement de millions de personnes. La crise économique s’accompagne d’un processus mondial de militarisation, d’une « guerre sans frontières » menée par les États-Unis d’Amérique et ses alliés de l’OTAN. La conduite de la « longue guerre » du Pentagone est intimement liée à la restructuration de l’économie mondiale.

Il ne s’agit pas d’une crise économique ou d’une récession précisément définies. L’architecture financière mondiale maintien des objectifs stratégiques et de sécurité nationale, tandis que le programme militaire U.S.-OTAN sert à cautionner une puissante élite d’entreprises, laquelle éclipse et sape implacablement les fonctions du gouvernement civil.

Ce livre conduit le lecteur dans les corridors de la Réserve Fédérale et du Council on Foreign Relations, derrière les portes closes de la Banque des règlements internationaux (BRI) et au cœur des salles de réunion corporatives cossues de Wall Street, où s’effectuent couramment des transactions financières d’une portée considérable, en un clic, à partir de terminaux informatiques liés à de grands marchés boursiers.

Chaque auteur lève le voile sur une toile complexe de tromperie et de déformation médiatique servant à camoufler les rouages du système économique mondial et ses effets ravageurs sur la vie des gens. Notre analyse se concentre sur le rôle de puissants acteurs économiques et politiques dans un environnement envahi par la corruption, la manipulation financière et la fraude.

Malgré la diversité des points de vue et des perspectives présentées dans ce volume, les contributeurs arrivent tous ultimement à la même conclusion : l’humanité se trouve à la croisée des chemins de la crise économique et sociale la plus grave de l’histoire moderne.

La débâcle des marchés financiers en 2008-2009 est née d’une fraude institutionnalisée et de la manipulation financière. Les “sauvetages bancaires” ont été mis en œuvre sous les instructions de Wall Street et ont mené au plus important transfert de richesse monétaire de l’histoire jamais enregistré, tout en créant simultanément une dette publique insurmontable.

Avec la détérioration planétaire des niveaux de vie et la chute des dépenses de consommation, la structure entière du commerce international des denrées est potentiellement compromise. Le système de paiement des transactions monétaires est chamboulé. Une fois le marché du travail effondré, le paiement des salaires est perturbé, ce qui en retour déclenche une diminution des dépenses liées aux biens et services essentiels. Cette grave dégringolade du pouvoir d’achat se répercute ensuite sur le système de production, résultant en une série de mises à pied, de fermeture d’usines et de faillites. Exacerbée par le gel du crédit, la baisse de la demande de biens de consommation contribue à la démobilisation des ressources humaines et matérielles.

Ce processus de déclin économique est cumulatif et toutes les catégories de main-d’œuvre sont affectées. Les paiements des salaires ne sont plus effectués, le crédit est déréglé et les dépenses d’investissement sont au point mort. Entre-temps, dans les pays occidentaux, le « filet de sécurité sociale », hérité de l’État providence et protégeant les chômeurs lors d’un ralentissement économique, est également en danger. (Lire la suite…)

2010-2020 : une armée de chômeurs contre une armée de policiers

20 mai

par Pascal Sacre

Philippe Dessertine, professeur à Nanterre, directeur de l’Institut de Haute Finance, comparant la crise actuelle à celle de 1929, nous situerait actuellement vers … 1937. “Le temps presse,” dit-il, “si l’on veut éviter la guerre” (1). Plus prosaïquement, dans la série Starwars (La Guerre des Etoiles), nous serions à l’épisode n°2, The Empire Strikes Back (L’Empire Contre-attaque).

Grèce

  • Gel, après réduction, des pensions de retraite des fonctionnaires et des salaires du public comme du privé (réduction de 7% en moyenne des pensions de retraite).
  • La TVA passe de 19 à 21%.
  • Les taxes sur l’alcool augmentent de 20%.
  • Le prix des cigarettes augmente de 63%.
  • Le prix de l’essence monte de 8 centimes au litre, et le diesel de 3 centimes, alors qu’un mois plus tôt le prix des carburants avait déjà augmenté de 25 centimes.
  • Et ce n’est pas fini : « De nouvelles solutions devront être envisagées en 2011 et 2012 », prévient le Finlandais Olli Rehn, commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires.
  • Taux de chômage prévu : 18%.

Irlande

  • Réduction des salaires dans la fonction publique (de 5 à 15%).
  • 760 millions d’euros d’économie dans les dépenses sociales, réduction des allocations sociales.
  • 2 milliards d’économie dans les dépenses de fonctionnement et d’investissement.
  • Une taxe carbone et une taxe sur l’eau (jusqu’ici gratuite) s’ajoutent à une hausse générale d’impôt sur le revenu.
  • Hausse du chômage. (Lire la suite…)

Un fantasme

19 mai

par Uri Avnery pour Gush Shalom

J’admire le professeur John Mearsheimer. Sa logique rigoureuse. Son exposé lucide. Son courage moral rare.

Ce fut un grand honneur pour moi de le recevoir, avec son collègue le professeur Stephen Walt,  à Tel Aviv, après le scandale provoqué par leur livre sur le lobby israélien aux États-Unis. 

Et je ne suis pas d’accord avec ses conclusions.

Il y a quelques jours, le professeur Mearsheimer a prononcé une conférence impressionnante à Washington DC. Il a présenté une analyse approfondie des chances de survie d’Israël à long terme. Tout Israélien soucieux de l’avenir de son État devrait se saisir de cette analyse.

Le professeur lui-même résume ses conclusions de la façon suivante :

“Contrairement à ce que voudraient l’administration Obama et la plupart des Américains – y compris de nombreux Juifs américains – Israël n’est pas prêt à permettre aux Palestiniens d’avoir leur propre État viable à Gaza et en Cisjordanie. Malheureusemen, la solution à deux États relève maintenant du fantasme. Au lieu de cela, ces territoires seront incorporés à un “Grand Israël” qui sera un État d’apartheid très semblable à l’Afrique du Sud sous domination blanche. Cependant, un État juif d’apartheid n’est pas politiquement viable à long terme. À la fin, il deviendra un État démocratique bi-national dont la vie politique sera dominée par ses citoyens palestiniens. En d’autres termes, il cessera d’être un État juif, ce qui signifie la fin du rêve sioniste.”

Pourquoi le professeur croit-il que la solution à deux États est devenue un fantasme ? Parce que, à son avis, la plupart des Israéliens ne sont pas prêts à consentir les “sacrifices” nécessaires à sa réalisation. Les 480 mille colons de Cisjordanie et de Jérusalem Est ont un pouvoir considérable. Beaucoup d’entre eux opposeront une résistance armée à toute solution. Benjamin Nétanyahou n’est pas prêt à accepter un État palestinien. L’opinion publique israélienne a évolué nettement vers la droite. Aucun parti efficace en faveur de la paix n’existe en Israël. On ne voit aucun dirigeant d’envergure qui serait capable d’évacuer les colons. Et, ce qui est beaucoup plus important : “les convictions centrales du sionisme sont profondément hostiles à l’idée même d’État palestinien.” (Lire la suite…)

Soutien à Arundhati Roy

19 mai

Le 29 mars, le magazine indien Outlook publiait le récit de la visite de la célèbre écrivaine dans les zones libérées de la guérilla conduite par le Parti Communiste Indien Maoïste.

Ce récit qui donne à comprendre les raisons de la lutte armée a eu un très large écho national et international et constitue une critique radicale de la politique de guerre totale lancée contre la guérilla par le gouvernement indien sous le nom d’opération « Green Hunt » en anglais « chasse verte », mais en réalité gigantesque chasse à l’homme menée avec les techniques les plus sophistiquées de la guerre contre un peuple et visant non pas à régler les problèmes politiques posés par la guérilla mais à exterminer jusqu’au dernier ceux qui les posent.

Le récit d’Arundhati Roy a constitué un véritable camouflet pour la propagande gouvernementale visant à présenter les maoïstes comme des terroristes sauvages.

La riposte officielle n’a pas tardé puisque le 7 mai le ministère de l’Intérieur indien, dirigé par un ancien avocat des grandes compagnies minières et métallurgiques indiennes, a publié un communiqué (voir ci-après) visant à criminaliser tous ceux qui, comme Arundhati Roy, expliqueraient les raisons de la guérilla.

Ils risquent désormais 10 ans de prison pour leurs écrits !

L’Inde se range ainsi au nombre des « démocraties sanguinaires » aux côtés des Etats-Unis (Irak-Afghanistan) d’Israël (Palestine) de la Colombie et du Honduras. (Lire la suite…)