Archive | 18:51

EXLIMES est-il « antisémite » ? (vidéo)

28 avr

Le rappeur EXLIMES a vu toutes ses vidéos originales supprimées de ses comptes Dailymotion et Youtube. Son dernier rap, « Antisémite », dérange manifestement beaucoup de monde. Le jeune homme reçoit des lettres d’insultes, quand ce n’est pas des menaces de mort. Est-il un provocateur, un antisémite, un artiste engagé ? Nous avons décidé de lui donner la parole, afin qu’il puisse s’expliquer.


La vidéo « antisémite » que j’ai réalisé à partir de mes propres photographies et d’images appartenant au domaine public a été censuré par Youtube, Dailymotion et Widéo sans aucun motif sérieux.

Aucun texte légal, aucun contrat ne leur permettent d’agir de la sorte et pourtant…

Par peur de se retrouver devant les tribunaux, ces sociétés ont décidé de m’empêcher d’illustrer ma façon de penser.

C’est vrai, « antisémite » est un texte choquant parce qu’inhabituel. Je le reconnais volontiers.

Mais, quand je sors de chez moi pour aller acheter du pain et que je vois une multitude de femmes à poil pour vendre un pot de yaourt ou une assurance automobile, je suis choqué par cet esclavage moderne. Quand je vois à quel point nous sommes sans cesse surveillés par des caméras de vidéosurveillance, des cartes à puce, des adresses ip, des écoutes téléphoniques, des actes administratifs…. je suis choqué. Quand je vois qu’on peut traiter la France de « pute » sur les ondes radiophoniques sans aucune difficulté, je suis choqué. Quand je vois que SOS racisme ne lutte que contre certaines formes de racisme, je suis choqué. Quand je vois à quel point le référendum est méprisé par l’actuel président de la république française, je suis choqué. Quand je vois que les Palestiniens n’ont toujours pas le droit à un Etat, je suis choqué. Quand je vois comment se comportent nos dirigeants vis à vis de l’Etat d’Israël, je suis choqué. Quand je vois qu’il suffit d’être juif, fils ou petit-fils de juif pour devenir israélien, je suis choqué…

S’il faut empêcher la provocation alors interdisons immédiatement la diffusion des œuvres de Molière, Voltaire, Proudhon, Marx, de Gaulle, Géricault, Picasso, Renaud, NTM, Coluche… Si nous voulons lutter contre l’antisémitisme et le racisme, interdisons aussi la publication de la Thora, du Talmud, du Coran…

L’art n’a pas pour fonction exclusive de plaire à l’élite alors qu’est-ce qu’on me reproche ?

On reproche mon côté « hard », ma vulgarité. Effectivement, certains mots comme « emmerder » ou « pisser » sont vulgaires mais ce n’est rien en comparaison avec ce qui passe à la télévision ou à la radio comme par exemple la publicité pour la boisson Pepsi. Je demande à être traité comme ces grandes firmes. Ni plus, ni moins ! Concernant la peine de mort, je constate que le peuple français a été privé d’un débat sur la question par un menteur qui n’était socialiste que par le nom de son parti.

On me reproche de m’en prendre aux juifs. C’est faux. Le mot juif n’est utilisé que deux fois dans tout le texte « antisémite » (entre guillemets). Ce que je dénonce c’est le fait d’empêcher les gens de s’exprimer en les traitant d’antisémites, de racistes, de nazis, de SS…

Pour être craint, le pouvoir en place a toujours eu besoin de petits diables et de sorcières à envoyer au bûcher. ya

On me reproche de réécrire l’histoire. C’est faux. Tout ce que je dis peut être prouvé et si malgré ma vigilance mon texte contient une ou plusieurs erreur(s), j’invite chaque internaute à m’en faire part. Je ne prétends pas être omniscient.

On me reproche de ne voir qu’un aspect des choses. C’est volontaire. Tout d’abord, aucun artiste ne peut être totalement objectif. Ensuite, j’aurai pu parler de la Shoah mais je refuse de parler d’un sujet sur lequel aucun débat n’est permis. J’aurai également pu parler des souffrances des juifs mais je considère que les mass-médias en parlent suffisamment.

En fait, on me reproche de soutenir David, le faible contre Goliath, le fort.

Alors effectivement, les quelques minutes de ce clip peuvent paraître insupportables à certaines personnes. Si c’est le cas, j’invite ces individus à ne pas le regarder. Il y a beaucoup d’autres choses à voir sur notre belle planète.

Bien évidemment, j’aurai préféré parler de ce sujet d’une autre manière mais lorsque je faisais du rap « conscient » ou « éthique », rares étaient ceux qui prenaient en considération ce que je disais.

Alors, si ce rap rencontre un peu de succès sur internet, demandez-vous si votre goût pour la provocation ne joue pas un rôle ?

Et pour conclure, je dirai qu’on ne peut pas lutter sérieusement contre la haine des juifs en choisissant de fermer les yeux sur des parties importantes de l’histoire et de l’actualité.

Fraternellement,

EXLIMES

Visitez le blog et le  site de EXLIMES

Version originale censurée sur Dailymotion et Youtube

Les Grecs ne veulent pas de la potion FMI ni pour eux, ni pour l’Europe

28 avr

Entretien avec Yannis Dragassakis, économiste grec, ancien député européen.

par Fabian Perrier pour L’Humanité

La Grèce, dont l’économie continue de s’effondrer alors que les mesures d’austérité étaient censées redonner confiance aux investisseurs, s’insurge. Le FMI ne doit pas débarquer chez eux. Les citoyens ne veulent pas que cette institution impose ses règles dans la zone euro.

Vendredi 23 avril, 18 heures. Ils arrivent un par un ou en petit groupe. La foule grandit peu à peu. Au total, ils seront 6000 à se retrouver, à l’appel de différents partis de gauche. Une manifestation presque spontanée pour contester la décision du gouvernement : recourir au « plan de soutien européen », décidé le 25 mars à Bruxelles, et qui légitime l’arrivée du FMI dans la zone euro (cf. entretien avec Yannis Dragassakis). Les visages sont inquiets, les cœurs lourds. « C’est un moment historique, le FMI débarque dans la zone euro », explique Dimitris, 28 ans, au chômage. « Comment voulez-vous que je trouve un boulot ? Déjà, le chômage est très élevé. Maintenant, il n’y aura même plus de création de postes dans la fonction publique. Avec le FMI, le gouvernement va sans doute décider de licencier des fonctionnaires ». Ce sentiment, ces inquiétudes dominent parmi les manifestants. « Ils ont raison », explique un dame d’une cinquantaine d’années dans un anglais hésitant. Elle applaudit mais ne rejoint pas les rangs : « de toute façon, la décision est prise ».

Faut-il, alors, arrêter de se battre ? Ces manifestants sont convaincus que non, que la rue peut encore faire bouger les lignes. Lundi, une autre manifestation est prévue, à l’appel du PAME, branche syndicale proche du KKE (parti communiste grec). Leur déclaration est claire (cf. encadré) : « cette décision était depuis longtemps préméditée ».

A gauche comme à droite, des résistances émergent. Certains députés proposent même un référendum pour mesurer l’état de l’opinion sur le recours au FMI. La crise grecque prend une ampleur politique, et divise jusque dans les rangs du Pasok, le parti socialiste au pouvoir. « C’est l’avenir de l’Europe qui se joue » explique Dimitris. Pour lui, une seule solution : « la solidarité des peuples ».

Fabien Perrier

Entretien avec Yannis Dragassakis, économiste grec, ancien député européen

Révision du déficit grec à la hausse, baisse de la note attribuée à la Grèce par l’agence de notation Moody’s, taux d’intérêt qui atteignent des sommets… La situation semble empirer sans cesse. Comment l’analysez-vous ?

Yannis Dragassakis. La révision du déficit public est due au fait que le taux de croissance pour 2009 est plus négatif que prévu. Si le dénominateur a baissé, ce n’est pas à cause d’une hausse des dépenses, mais à cause d’une baisse du PIB grec, c’est-à-dire une baisse de la production. Le problème majeur est que, alors que le gouvernement a pris des mesures très dures sur le plan social, pour baisser les spreads, cela ne s’est pas réalisé. Ce fait nous montre l’échec du gouvernement grec et les contradictions des autorités européennes. Tout cela, nous l’interprétons comme une pression sur la Grèce pour qu’elle soit soumise au FMI, ce qui veut dire qu’elle devra prendre de nouvelles mesures parmi lesquelles la destruction du système de sécurité sociale.

Parallèlement, le chômage augmente. Il a même atteint 11,3% en janvier 2010 selon les chiffres officiels.

Y.D. : Nous estimons que nous nous trouvons au début d’une trajectoire très négative pour l’économie grecque. A notre avis, suite à l’intervention du FMI, nous aurons une récession plus grande et le chômage risque d’atteindre 14% à 15% en se basant sur les règles en vigueur pour son calcul. Il faut reconnaître qu’en Grèce, nous avions un chômage élevé, même pendant la phase ascendante de l’économie. Nous avons donc une aggravation d’un problème préexistant. Ces éléments mettent en évidence l’échec du développement d’un modèle, en Grèce, au cours de ces 20 dernières années. En outre, la Grèce ne dispose pas d’un système efficace de protection contre le chômage, notamment celui de longue durée. C’est pourquoi, l’un de nos objectifs est de demander des politiques pour la protection du chômage et le développement de l’emploi.

Cette revendication n’est-elle pas à l’opposé des mesures d’austérité prises par le gouvernement, qui visent la réduction des déficits publics, notamment en « réformant » le système social, en réduisant les pensions etc. ?

Y.D. : Le gouvernement a choisi la voie de la dévaluation intérieure : il espère une réduction des salaires et des prix. Mais comme les prix ne vont pas chuter, seuls les salaires seront réduits. La récession sera donc renforcée avec, comme résultat, l’accroissement du chômage. Ce sont là, en fait, les politiques classiques du FMI avec une particularité essentielle : elles sont dorénavant inscrites et légitimées dans le cadre européen. Comme nous n’avons pas de monnaie nationale, l’économie grecque ne peut pas retrouver sa compétitivité en baissant la valeur de sa monnaie. Nous avons donc une baisse des salaires. Il est clair que la crise est un prétexte afin d’imposer un modèle néo-libéral beaucoup plus dur.

Quelles alternatives proposez-vous ?

Y.D. : Ce qui fait la plus grande différence enter la Grèce et les autres Etats-membres de l’Union Européenne, c’est que les recettes de l’Etat sont plus petites qu’ailleurs. La première nécessité est donc d’augmenter les recettes fiscales. A moyen terme, nous estimons qu’il est possible de gagner 5 points de PIB en luttant contre l’évasion et la fraude fiscales, et en développant un système d’imposition juste. Deuxièmement, au lieu de réduire les salaires, il faut bloquer les dépenses militaires. Au sein de l’UE, la Grèce a les plus grandes dépenses dans ce domaine. Troisièmement, il est possible de réaliser des économies sur les dépenses fonctionnelles de l’Etat qui, en outre – et c’est la quatrième proposition – dispose de beaucoup de biens, immobiliers notamment, qui peuvent être exploités pour le bien de la société (services sociaux, médicaux, logements…). Enfin, le pays a de nombreuses potentialités, en ce qui concerne la production d’énergie renouvelable et d’investissements à haute valeur ajoutée. Finalement, la dette grecque n’est pas un problème grec mais international. Pour tous les pays qui ont des déficits, il faut réclamer l’annulation de la dette.

Déclaration de Georgios Toussas, député européen (KKE)

« La décision du gouvernement à avoir recours au mécanisme de prêts UE-FMI constitue un choix d’alliance visant à servir les intérêts de la ploutocratie grecque à long terme, afin que le gouvernement ait des appuis forts pour imposer de nouvelles mesures, plus violentes, au détriment du peuple. Cette décision était depuis longtemps préméditée.

Les allégations du gouvernement et de ses alliés ne sont que de prétextes et visent à désorienter. L’allégation qu’il n’y a pas d’argent est fausse, parce qu’en même temps on offre 17.5 milliards aux banquiers et des dizaines de milliards aux industriels et aux armateurs à travers la loi de développement, on réduit les impôts pour le capital et on augmente ses privilèges. On donne des milliards pour des armements pour l’OTAN et des centaines de millions pour maintenir des troupes d’occupation par-delà les frontières.

La coopération du gouvernement avec l’UE et le FMI marque l’intensification de la guerre des monopoles contre le peuple. Elle ne donnera pas de solution aux problèmes ; au contraire, elle les aggravera et elle impliquera le pays, encore plus, à l’antagonisme des capitaux et des gouvernements qui s’intensifie tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’UE.

Le peuple doit apprendre par son expérience. Comme c’était le cas hier avec l’UEM, les sacrifices que les partis de la ploutocratie veulent imposer au peuple aujourd’hui, afin que le capital grec soit plus fort et plus compétitif, ne lui apporteront aucun bénéfice. Au contraire, on amène le peuple à un désastre sans fin.

C’est un moment de responsabilité pour les travailleurs et le peuple. Il est temps pour l’unité populaire de classe et la mobilisation avec le KKE pour le renversement de la politique antipopulaire.

Patriotisme est l’unité populaire et la contre-offensive aux monopoles ; que la ploutocratie fasse faillite et non pas le peuple. Le peuple ne doit rien, on lui doit. Les sacrifices qui valent ne sont que les sacrifices de la lutte. Il n’y a qu’une solution à l’intérêt du peuple et du pays : le pouvoir populaire, la socialisation des monopoles, le désengagement par les organisations impérialistes. »

Il faut aider le peuple grec. Signez la pétition en ligne.

à lire également : Le Portugal, nouvelle cible des marchés

Source : L’Humanité

La campagne contre l’Iran et le droit international

28 avr

par Karl Muller pour Horizons et débats

En adhérant aux Nations Unies, 192 Etats du monde ont pris les engagements suivants :

  • Maintenir la paix et la sécurité internationales et à cette fin: prendre des mesures collectives efficaces en vue de prévenir et d’écarter les menaces contre la paix et de réprimer tout acte d’agression ou autre rupture de la paix, et réaliser, par des moyens pacifiques, conformément aux principes de la justice et du droit international, l’ajustement ou le règlement de différends ou de situations, de caractère international, susceptibles de mener à une rupture de la paix;
  • Développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du prin­cipe de l’égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes, et prendre toutes autres mesures propres à consolider la paix du monde.

De plus, il est inscrit dans la Charte des Nations Unies, concernant les devoirs des Etats membres :

  • Les membres de l’Organisation règlent leurs différends internationaux par des moyens pacifiques, de telle manière que la paix et la sécurité internationales ainsi que la justice ne soient pas mises en danger.
  • Les membres de l’Organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout Etat, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies.

Le fait que certains Etats, membres des Nations Unies, ont contrevenu à maintes reprises à ces dispositions ne dispense pas le monde actuel de ces engagements. Bien au contraire : Toutes les guerres menées après la Seconde Guerre mondiale ont démontré de façon cruelle à quel point était vrai ce que, en 1945, les membres fondateurs des Nations Unies avaient écrit au début du préambule de la Charte: « Nous, peuples des Nations Unies, résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l’espace d’une vie humaine a infligé à l’humanité d’indicibles souffrances. »

Est-ce compatible avec ces principes que des représentants de gouvernements et de médias attaquent verbalement avec force un pays et n’excluent pas une guerre contre lui ?

C’est bien ce qui se passe depuis de nombreuses années envers l’Iran. Et avec un ­nouvel élan depuis ces dernières semaines et mois.

On ne tient pas compte du fait :

  1. que ce n’est pas que le gouvernement iranien qui affirme depuis des années ne pas vouloir posséder des armes atomiques, mais les inspecteurs de l’Agence Internationale de l’énergie atomique (AIEA) de même que les services secrets ne peuvent apporter de preuve tangible d’un programme d’armes atomiques de l’Iran. Les rapports actuels des services secrets américains ont même attesté que l’Iran ne mène pas de programme d’armes atomiques. Certains adversaires de l’Iran prétendent même qu’il ne s’agit pas de prouver l’existence d’un tel programme, mais que c’est à ce pays à prouver qu’il n’en a pas – mais comment est-ce possible alors que tout ce que l’Iran présente comme preuves est remis en question;
  2. que les déclarations du président iranien concernant Israël sont présentées dans les médias occidentaux de façon erronée et qu’on ne connaît pas de plans de guerre de l’Iran contre Israël;
  3. que des plans de guerre israéliens ­contre l’Iran (et même des Etats-Unis) existent très probablement alors même que la Charte des Nations Unies interdit toute acte d’agression;
  4. que l’Iran est menacé d’intervention guerrière par d’autres pays, voire par de hauts officiers allemands : Entre-temps le manuscrit du discours du général allemand de l’OTAN, Karl-Heinz Lather, tenu le 25 mars à Bonn devant la Communauté de soldats catholiques a été rendu public. Et c’est précisément lors de la Journée mondiale de la Paix 2010 qu’il a dit: « D’ailleurs, la communauté internatio­nale [en fait les Etats membres de l’OTAN] pourrait se voir contrainte d’intervenir militairement si l’Iran ne renonce pas à ses ambitions d’un armement atomique. Il semble que l’action politique, la diplomatie et les sanctions n’apportent guère de solution. » Puis il ajouta – à l’encontre des obligations de la Charte de l’ONU – que « les Etats et les gouvernements [ceux de l’OTAN] acceptent en général [donc pas toujours] un mandat des Nations Unies comme condition d’une intervention militaire [ce qui, selon lui, n’est pas obligatoirement le cas] »;
  5. que les propositions soumises à l’Iran ne respectent pas l’égalité des droits de tous les Etats inscrite dans la Charte des Nations Unies et on soumet l’Iran à des exigences sans aucun fondement dans le droit des traités touchant au nucléaire – ce que les décisions du Conseil de Sécurité de l’ONU au sujet du programme nucléaire iranien ne peuvent cacher;
  6. que des Etats qui, comme Israël, le Pakistan et l’Inde, refusent de se soumettre au Traité sur la non-prolifération des armes nuclé­aires (TNP), et disposent d’un énorme arsenal d’armes nucléaires, ne sont pas contraints de rentrer dans le rang (sans parler des 5 puissances nucléaires « officielles », qui ont aussi signé le TNP et se sont engagés à réduire leurs arsenaux nucléaires, voire à les supprimer, mais qui sont à des lieues de leur application) – on travaille ici aussi à deux niveaux;
  7. que ce n’est pas la « Communauté inter­na­tionale » qui fait pression sur l’Iran, mais avant tout Israël, les Etats-Unis et l’UE, lesquels se sont unis contre l’Iran et exercent une pression sur les autres pays pour qu’ils se soumettent à leur volonté. La plupart des Etats et des gouvernements, comme par exemple les 118 membres du Mouvement des non-alignés, considèrent la politique de l’Iran différemment et estiment qu’il y a une possibilité d’entretenir des relations avec ce pays et de résoudre les conflits, se démarquant ainsi nettement du bloc politique des 3 pays sus-mentionnés, lesquels ne représentent finalement qu’une petite minorité dans l’ensemble du monde.

On n’évoquera pas ici les vraies raisons des plans de guerre contre l’Iran. On se contente de signaler que toute cette agitation guer­rière est alarmante pour tout un chacun qui s’intéresse raisonnablement à ce problème. Il est vrai aussi que tous ceux qui menacent l’Iran ne veulent pas forcément la guerre. Toutefois, ils aplanissent le terrain pour ce petit groupe de pays qui veulent cette guerre, en violation de la Charte des Nations Unies.

Il est particulièrement inquiétant de constater qu’on n’entend plus aucune voix contraire dans ces gouvernements et ces médias-là. Il n’y a aucun débat, on se contente de hurler avec les loups, alors même que ces cris n’ont rien à voir avec la vérité, mais ne sont poussés que pour soutenir des projets poli­tiques inavouables.

Cette volonté d’ignorer la Charte des Nations Unies n’est pas un délit mineur. C’est proprement une tentative de porter un coup à l’effort des peuples et des Etats de vivre en paix et dans la justice. C’est une menace pour l’humanité et c’est pourquoi, au sein de la Communauté internationale, ils sont nombreux à ne pas vouloir suivre cette voie.

Au cours des derniers 20 ans, plusieurs guerres ont été déclenchées contre la volonté de la Communauté internationale, avec des conséquences dramatiques tant pour les victimes qu’en ce qui concerne les coûts. Il est donc important de réfléchir à la façon d’empêcher une nouvelle guerre et aux moyens à disposition pour faire respecter le droit international – et cela par tous les Etats.

Source : Horizons et débats