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Les États-Unis négocient pour l’installation d’une base militaire au Brésil

10 avr

Alors qu’au Honduras l’armée soutenue par les États-Unis est entrain d’expulser violemment les paysans de terres appartenant à l’État, terres qu’ils ont récupérées des mains des latifundistes pour être cultivées suivant l’ordonnance du décret 2009 (voté sous Zelaya).

Le grand voisin continue à étendre son ombre sur le sud : les États-Unis vont être durant la première moitié du mois d’avril en négociation avec le Brésil afin d’y installer une base militaire pour “lutter contre le narcotrafic” tout comme c’est à priori la mission des 7 bases qui doivent être installées en Colombie.

La réponse du Brésil risque fort de sceller le destin du continent dans son ensemble, car on sait bien que les bases militaires US ne servent pas qu’à “lutter contre le narcotrafic” et qu’une fois qu’ils ont mis le pied dans un pays ils ont du mal à ne pas influencer la réalité de celui-ci.

Arturo Valenzuela, Secrétaire Adjoint pour l’Hémisphère Occidental des États-Unis, a assuré lundi que le Gouvernement nord-américain négocie l’installation d’une base militaire au Brésil.

Valenzuela a fait l’annonce à la fin d’une conférence à la faculté Latino-américaine des Sciences sociales (FLACSO) à Quito capitale de l’Équateur [1].

Il a dit que “les États-Unis négocient comme ils l’ont toujours fait” pour tenir des relations fluides avec d’autres pays , “ils cherchent à établir des accords cadres de coopération“.

Si l’accord est accepté la base sera installée à Río de Janeiro et aura pour mission de contrôler le trafic de drogue dans la région.

Le haut fonctionnaire étasuniens a indiqué que les deux gouvernements sont encore en discussion pour l’obtention d’un accord.

Il a écarté le fait que cette négociation puisse entraîner une nouvelle polémique avec l’Union des Nations Sud-américaines (UNASUR), qui avait fortement critiqué l’installation de 7 bases similaires US en Colombie.

Selon Valenzuela, les différents pays de la région ont accepté les explications données par la Colombie et les EU affirmant que l’installation des bases fait partie d’un accord bilatéral sans aucune intention extraterritoriale.

Robert Gates, Secrétaire de la Défense, prévoit de visiter le Brésil vers le milieu avril pour signer l’accord de coopération stratégique militaire entre les deux nations.

Notes

[1] L’endroit où a été prononcée cette déclaration est soit très symbolique puisque c’est dans cette même ville qu’a eu lieu en mars 2007 une conférence mondiale pour l’abolition des bases militaires étrangères. La conférence a eu pour objectif de souligner les impacts politiques, sociaux, environnementaux et économiques des bases militaires étrangères et de faire connaître les principes des mouvements anti-bases (militaires), et construire formellement un réseau, ses stratégies, structure et plans d’action.

Les objectifs principaux de la conférence furent :

  • Analyser le rôle des bases militaires étrangères et d’autres formes de présence militaire dans la stratégie de domination globale et ses impacts sur la population et l’environnement,
  • Partager des expériences, de solidarité avec les luttes de résistance contre les bases militaires étrangères dans le monde,
  • Atteindre un consensus sur des mécanismes d’objectifs, de plans d’action, de coordination, de communication et de prise de décision pour un réseau global pour l’abolition de toutes les bases militaires étrangères et d’autres formes de présence militaire,
  • Établir des luttes et des plans d’action globaux qui renforcent les luttes de gens du pays et assurent leur coordination à l’échelle internationale. Source : mondialisation.ca

Source : Primitivi

La visite d’Obama en Afghanistan : mettre les points sur les i pour une marionnette des États-Unis

10 avr

par David Walsh pour WSWS

La récente visite du président Barack Obama en Afghanistan, et sa couverture médiatique aux États-Unis, ont permis de clarifier la nature de la relation entre Washington et le régime de Kaboul.

Comme l’a noté le Washington Post, le premier voyage d’Obama en Afghanistan en tant que président « s’est fait rapidement et dans la discrétion » pour des raisons de sécurité. Il est arrivé à la base aérienne de Bagram, surtout connue pour être le théâtre de violences et de meurtres contre des détenus, a rencontré des officiels afghans et américains au palais présidentiel (les Afghans n’étant avertis de la visite du président américain que quelques heures à l’avance), a prononcé un discours démagogique devant les troupes américaines à Bagram avant de « quitter le pays avant l’aube ».

L’un des principaux objectifs de la visite d’Obama a été de mettre les points sur les i, à la manière des truands, au président Hamid Karzaï suite aux récents rapprochements de ce dernier avec la Chine et l’Iran. Karzaï s’était rendu à Pékin et à Téhéran les semaines dernières, et il avait reçu une visite du président iranien Mahmoud Ahmadinejad. Le Washington Post a poliment fait référence à la halte surprise d’Obama en Afghanistan comme « une chance de rappeler à Karzaï la nécessité de travailler la main dans la main avec les États-Unis ».

De quoi le président américain a parlé à Karzaï durant leur entretien de la nuit de dimanche ? Est-ce qu’il lui a rappelé que ce sont le gouvernement et l’armée américains qui l’avaient installé au pouvoir en décembre 2001 ? Est-ce qu’il a mentionné les milliards de dollars d’aide américaine qui ont afflué à Kaboul depuis lors, dont l’essentiel a fini dans les poches des proches et des commanditaires de Karzaï ? Est-ce qu’il a menacé le président, ou même sous-entendu qu’il risquait de finir comme Ngo Dinh Diem, le président du Sud Vietnam, et informateur de longue date des États-Unis, assassiné au cours d’un coup d’État organisé par la CIA en 1963 ?

La couverture médiatique de l’événement a mis en exergue l’acrimonie de la conversation. Le Washington Post l’a décrit comme « une rencontre brève et tendue ». Beaucoup d’encre a coulé dans les médias au sujet des prétendues inquiétudes du gouvernement Obama sur la corruption rampante du régime afghan, l’un des plus corrompu au monde. Mais ce n’est là que pour divertir le public. Après tout, les États-Unis ont installé Karzaï au palais présidentiel, et ont maintenu son régime impopulaire en place plus de huit ans durant.

Pour mettre les choses en perspective : le frère d’Hamid Karzaï, Ahmed Wali Karzaï, « l’homme le plus puissant dans le Sud de l’Afghanistan, » est un informateur de la CIA, recevant un salaire en bonne et due forme « pour de nombreuses années au cours desquelles il a rendu divers services » (y compris l’organisation d’escadrons de la mort contre les talibans) – et l’armée américaine le maintiendra au pouvoir pour cette raison, et ce en dépit de ses liens lucratifs et bien connus avec le trafic de drogues, comme l’écrivait le New York Times le 30 mars 2010.

Washington et les médias américains connaissent parfaitement le président afghan : un politicien vénal, riche et sans remords ; les difficultés actuelles viennent des tentatives de la marionnette des États-Unis d’établir une certaine indépendance par rapport à son maître.

Un article du New York Times (intitulé « On considère que le dirigeant afghan se dégage de l’influence américaine », du 29 mars 2010) ainsi qu’un éditorial de Thomas Friedman dans le Times (« Cette fois c’est pour de bon », du 31 mars 2010) donnent quelques éclaircissements sur les complexités de la situation présente.

Le premier article se plaint du « tapis rouge déroulé » pour l’Iranien Ahmadinejad à Kaboul et y fait référence comme à « un exemple parmi d’autres de la manière dont M. Karzaï prend ses distances avec ses commanditaires américains [.] M. Karzaï ose maintenant dire que ses intérêts et ceux des États-Unis ne coïncident plus. » Il fait remarquer plus loin que durant la visite du dirigeant iranien, « avec Karzaï se tenant à ses côtés à Kaboul, Ahmadinejad a accusé les États-Unis de favoriser le terrorisme ».

De plus, selon le Times, Karzaï a organisé un lunch pour des personnes importantes des médias et des affaires en Afghanistan en janvier lors duquel « il a exprimé un profond cynisme sur les motivations américaines, et sur le fardeau que cela représente pour lui d’essayer de calmer les États-Unis. “Il a développé une théorie complète sur le pouvoir américain”, a dit un Afghan présent à cette rencontre s’exprimant sous le couvert de l’anonymat par crainte des représailles. “Il croit que l’Amérique essaye de dominer la région, et qu’il est le seul qui puisse s’y opposer.” »

On peut supposer que ce sont les journalistes du Times qui ont choisi de qualifier les conceptions de Karzaï sur les « motivations américaines » de « profond cynisme ». Cette représentation assez lucide des ambitions géopolitiques américaines est en fait partagée par une bonne partie de la population mondiale.

Le compte-rendu de la réunion de janvier se poursuit ainsi : « Karzaï a déclaré que, s’il se retrouvait seul, il pourrait passer un accord avec les talibans, mais que les États-Unis le lui interdisent. L’objectif des Américains, a-t-il dit, est de laisser le conflit afghan s’éterniser, et ainsi permettre aux troupes américaines de rester dans le pays. »

« Les motivations profondes de Karzaï ne sont pas toujours claires. Il se peut que Karzaï soutienne la présence américaine là-bas, et qu’il croit que prendre ses distances avec eux serait bien vu de la part des Afghans ordinaires. »

Ce dernier commentaire, fait en passant, mérite d’être noté. Il admet ce que tous les observateurs objectifs ont compris, que les masses de la population afghane méprisent les Américains et les forces alliées et les considèrent comme des occupants. Un article récent du Global Post news service, sur une base avancée américaine dans la province de Kandahar, remarquait : « Les taux de désapprobation de la présence américaine sont élevés, les locaux se tiennent à l’écart des troupes en patrouille et de leurs alliés de l’Armée nationale afghane. “Ils nous détestent,” nous a déclaré un soldat qui a demandé à ce que son nom ne soit pas imprimé. »

Mais est-ce que ça devrait nous étonner ? La rencontre entre l’Afghanistan et les États-Unis a été catastrophique pour le peuple afghan au cours des trois décennies passées. Des dizaines de milliers de troupes américaines sont actuellement occupées à terroriser la population civile, au sol comme depuis le ciel. Le régime de Karzaï défendu par la force militaire américaine trône au milieu d’une misère sans nom pour la grande majorité des gens.

Un rapport de l’ONU publié mardi expliquait que plus d’un tiers des Afghans vit dans « la pauvreté absolue » et à peu près autant ne sont que légèrement au-dessus du seuil de pauvreté. « Il n’y a que 23 pour cent de la population qui ont accès à de l’eau potable, et 24 pour cent des plus de 15 ans savent lire et écrire, les taux d’analphabétisme étant encore nettement plus faibles parmi les femmes et les populations nomades » y est-il affirmé.

Le mardi également, l’Inter Press Service mentionnait les conclusions de l’Organisation internationale des droits des enfants Terre des Hommes, qui affirment que près de deux jeunes garçons sur trois arrêtés en Afghanistan subissent des violences. Ce rapport, selon IPS, « révèle un système judiciaire qui soumet les jeunes, dont la plupart sont déjà des victimes innocentes, à la torture, les aveux forcés et des violations évidentes de leurs droits devant les tribunaux. »

Rien dans cette misère et cette violence ne perturbe le sommeil des officiels du gouvernement Obama ou des membres de la rédaction du New York Times.

D’un autre côté, l’éditorialiste du Times Thomas Friedman a trouvé l’article de son journal sur Karzaï qui se distancerait de son maître « très troublant. » Cet article, a-t-il expliqué, « détaille la manière dont le président afghan Hamid Karzaï a invité le président iranien Mahmoud Ahmadinejad à Kaboul – pour planter son doigt dans l’oeil du gouvernement Obama. »

Friedman cite ensuite le compte-rendu du lunch de janvier au cours duquel Karzaï a critiqué les motivations américaines en Afghanistan. Il poursuit : « c’est ce qu’on reçoit en retour après avoir risqué les vies de milliers de soldats américains et avoir dépensé déjà 200 milliards de dollars. » L’amertume digne d’un employeur qui se sentirait trahi par « déloyauté » d’un salarié partant en retraite y est palpable, Tout cet argent dépensé pour ne rien avoir en retour !

(Dans une édition récente, le magasine New Republic avait résumé le caractère de maître à esclave de la relation américano-afghane, comme de la nature des élections « démocratiques » assez succinctement. Il note que les représentants d’Obama “n’ont fait aucun secret du fait que les États-Unis cherchaient d’autres options [que Karzaï]. Aucun remplaçant convenable ne pouvant être trouvé, la réélection de Karzaï en 2009 n’a jamais été sérieusement remise en cause. Est-ce que les officiels américains avaient fait passer une petite annonce.)

Dans son édito, Friedman est également obligé de prendre en compte cette réalité : l’hostilité des Afghans envers l’occupation américaine : « Quand Karzaï croit que la manière de punir l’Amérique [.] est d’inviter le président iranien à Kaboul – où il a donné un virulent discours anti-américain depuis le palais présidentiel – il faut y faire attention. Cela veut dire que Karzaï doit penser que l’anti-américanisme est répandu dans la rue afghane et qu’en en jouant lui-même [.] il se renforce politiquement. Ce n’est pas un bon signe. »

Encore une fois, cette reconnaissance et les non-dits sur lesquels elle s’appuie sont révélateurs. Friedman se fiche éperdument de ce que pensent les Afghans ordinaires. Toute sa rhétorique sur la « bonne gouvernance » et la construction de « quelque chose qui soit à la fois décent et durable » n’ira jamais au-delà des mots.

Une nervosité considérable transpire des articles du Times. Les différents auteurs ont clairement compris qu’en dépit des milliards dépensés en troupes et en armement, en dépit des offensives meurtrières passées et à venir, en dépit de tous les efforts faits pour cultiver à Kaboul (par la corruption ou l’intimidation) un régime totalement soumis, toute l’intervention néocoloniale en Afghanistan risque tout de même de se terminer par un échec.
 
(Article original paru le 1er avril 2010)

Source : WSWS

Obama autorise l’assassinat de citoyens étasuniens

10 avr

par Glenn Greenwald pour Salon.com

« Obama a pris une décision si odieuse qu’elle plaira aux psychopathes. »

Fin janvier, j’ai écrit un article sur le « programme présidentiel d’assassinat » de l’administration Obama, qui consiste à cibler des citoyens américains en vue de leur assassinat, même s’ils sont absents de tout champ de bataille, uniquement sur la foi d’accusations de terrorisme émises sans preuves par le pouvoir exécutif. A cette époque, Dana Priest, du Washington Post, avait noté quelque part dans les profondeurs d’un long article (1) qu’Obama poursuivait la politique de Bush (chose que Bush en réalité n’a jamais faite) qui consiste à confier au Chef d’Etat Major la compilation d’une « liste de cibles » composée d’américains et sur laquelle, selon Priest, figurait le religieux musulman, américain de naissance, Anwar al-Awlaki. La semaine suivante, le Directeur du Renseignement National d’Obama, Dennis Blair, a reconnu lors d’une audition devant le Congrès (2) que le gouvernement se réservait le « droit » d’assassiner.

Aujourd’hui, le New York Times (3) et le Washington Post (4) confirment que la Maison Blanche a expressément autorisé la CIA de tuer al-Alwaki où qu’il se trouve, même loin de tout champ de bataille. J’ai longuement écrit sur les graves dangers posés par un pouvoir exécutif qui s’autorise l’assassinat de citoyens US loin de tout champ de bataille (c’est-à-dire dans leur sommeil, chez eux, en famille, etc.) et sans aucune forme de procès. Je ne vais pas répéter ici mes arguments – on peut les trouver ici (5) et là (6) – mais je voudrais souligner le côté incroyablement orwellien et tyrannique que constitue cette information.

Commençons simplement par examiner comment le New York Times annonce l’ordre d’assassinat du Président Obama et comment il le justifie :

L’administration Obama a pris une mesure extraordinaire en autorisant l’assassinat ciblé d’un citoyen américain, le religieux musulman radical Anwar al-Awlaki, qui auparavant encourageait les attaques contre les Etats-Unis et qui est soupçonné à présent de participer directement à de telles attaques… selon des sources officielles des services de renseignement et de l’antiterrorisme… »Des officiels de l’antiterrorisme déclarent que M. Awlaki est un agent d’Al Qaeda dans la Péninsule Arabique, affilié au réseau terroriste au Yémen et en Arabie Saoudite. Selon ces officiels, M. Awlaki serait devenu une sorte de recruteur pour le réseau terroriste et participerait à des complots contre les Etats-Unis et les américains à l’étranger.

Selon les officiels, il est très rare, pour ne pas dire sans précédent, qu’un américain soit désigné ainsi pour un assassinat. Un ancien haut-officiel de l’administration Bush a dit qu’il ne connaissait aucun cas sous l’ancienne administration d’un Américain désigné pour assassinat….

« Le danger posé par Awlaki ne se limite plus à des discours, » a déclaré un officiel Américain qui, à l’instar de tous les ex-officiels et officiels en exercice interviewés pour cet article, a accepté de s’exprimer sous couvert d’anonymat. « Il est personnellement impliqué dans des complots ».

Aucune enquête. Aucune accusation. Aucun procès. Aucune preuve à présenter, ni de possibilité offerte à l’accusé pour se défendre de ces accusations (qu’il a fermement rejetées par l’intermédiaire de sa famille (7)). Rien de tout ça.

Désormais, dans l’Amérique de Barack Obama, la culpabilité des citoyens américains est décidée – et la peine de mort prononcée – par un Président qui se prend pour le Roi et décrète selon son bon vouloir que quelqu’un est coupable de terrorisme. Il envoie ensuite ses assistants devant les médias – où ils se réfugient lâchement derrière l’anonymat qu’on leur garantit – pour proclamer que Le Coupable devra être abattu à vue parce que Le Chef a décrété que c’était un Terroriste. On se contente d’affirmer qu’Awlaki n’est plus simplement un religieux qui exprime des opinions anti-américaines et encourage des attaques contre des cibles militaires américaines (8) (une liberté d’expression garantie par la Constitution (9), soit dit en passant), mais qu’il serait devenu un Véritable Terroriste « impliqué dans des complots ». Les médias diffusent ensuite ce Décret Royal sans poser de questions, sans réserves, sans enquête, sans mettre en doute sa véracité. Et la punition est ensuite prononcée : ce citoyen américain sera assassiné par la CIA parce que Barack Obama en a donné l’ordre. Qui peut justifier une telle chose ou penser qu’il s’agit d’une prérogative légitime d’un gouvernement ?

Pour avoir une idée de la gravité d’un tel comportement, considérez – comme l’a rappelé le New York Times – que même George Bush n’a jamais ordonné de genre d’assassinat extra-judiciaire (bien qu’en 2002, une attaque par drone au Yémen (10) a coûté la vie à un Américain). Encore plus frappant, Antonin Scalia, dans l’affaire Hamdi contre Rumsfeld (11) en 2004, a écrit (12) (rejoint dans ses conclusions par le juge Stevens) qu’il était anticonstitutionnel pour le gouvernement des Etats-Unis de simplement emprisonner (sans parler d’assassiner) des citoyens américains en tant que « combattants ennemis » ; au contraire, disait-il, la Constitution exige qu’un Américain fasse l’objet d’une accusation (comme la trahison) et soit jugé avant d’être puni. L’ensemble des juges de l’affaire Hamdi (13) ont déclaré qu’un minimum de procédure devait être respecté avant qu’un Américain puisse être emprisonné en tant que « combattant ennemi ». Et pourtant, aujourd’hui Barack Obama s’arroge le droit non seulement d’emprisonner mais d’assassiner loin de tout terrain de conflit des citoyens américains sans autre forme de procès. Même le membre républicain du Congrés Pete Hoekstra, en interrogeant Blair, a reconnu les graves dangers posés par un tel pouvoir.

Que dire de tous les progressistes qui ont hurlé pendant des années sur le traitement tyrannique infligé par l’administration Bush à Jose Padilla ? Bush a simplement fait emprisonner Padilla sans procès pendant des années. S’il s’agit là d’une violation de la Constitution, ce qui était le cas (14), alors que dire de l’assassinat par le Prix Nobel de la Paix de citoyens américains ?

Tout ceci souligne le point important soulevé par cet excellant article d’Eli Lake (15), qui rassemble quelques documents sur ce que mes lecteurs connaissaient déjà bien : alors que les discours (d’Obama) et certaines annonces de son administration insistent sur une rupture avec l’époque de Bush, en réalité l’administration actuelle a poursuivi et dans certains cas consolidé la politique de Bush/Cheney relative aux libertés civiques et au terrorisme. Comme Al Gore l’a déclaré dans son superbe discours de 2006 en protestation contre la « Guerre contre la Constitution » de Bush (16) :

Est-il possible que notre Constitution accorde autant de pouvoirs au Président ?Si la réponse est oui, et selon le théorie au nom de laquelle ces actes sont commis, existe-t-il encore des actes qui pourraient lui être interdits ?

Si le Président a le droit d’ordonner des écoutes sur des citoyens américains sans mandat, d’emprisonner des citoyens américains uniquement sur la base de ses affirmations, de kidnapper et de torturer, quel acte pourrait lui être interdit ?

Notez que Gore n’a pas mentionné le droit d’assassiner des citoyens américains. Ajoutez ça à la liste – comme Obama vient de le faire – et vous constaterez combien ses interpellations contre l’extrémisme de Bush à l’époque sont plus que jamais d’actualité.

à lire également : Le chef des services de renseignement américains revendique le droit d’assassiner des Américains à l’étranger

à voir également : Ron Paul : « Maintenant, ce sont les assassinats. »

Texte original en anglais : http://www.salon.com/news/opinion/g… qui contient quelques mises à jour et rajouts, dont celui-ci : “Obama a pris une décision si odieuse qu’elle plaira aux psychopathes”

Traduction : ”les mots les plus importants dans “le premier président noir des Etats-Unis” sont “président ” et “Etats-Unis” par VD pour le Grand Soir

Notes

En complément : deux vidéos de l’émission “Countdown” de la chaine US MSNBC (en anglais) consultables ici :
http://www.salon.com/news/opinion/glenn_greenwald/2010/04/08/olbermann/index.html

Source : Le Grand Soir