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Archive pour avril 2010|Page d'archive mensuelle

EXLIMES est-il « antisémite » ? (vidéo)

Dans Antisémite, EXLIMES le 28 avril 2010 à 18:51

Le rappeur EXLIMES a vu toutes ses vidéos originales supprimées de ses comptes Dailymotion et Youtube. Son dernier rap, « Antisémite », dérange manifestement beaucoup de monde. Le jeune homme reçoit des lettres d’insultes, quand ce n’est pas des menaces de mort. Est-il un provocateur, un antisémite, un artiste engagé ? Nous avons décidé de lui donner la parole, afin qu’il puisse s’expliquer.


La vidéo « antisémite » que j’ai réalisé à partir de mes propres photographies et d’images appartenant au domaine public a été censuré par Youtube, Dailymotion et Widéo sans aucun motif sérieux.

Aucun texte légal, aucun contrat ne leur permettent d’agir de la sorte et pourtant…

Par peur de se retrouver devant les tribunaux, ces sociétés ont décidé de m’empêcher d’illustrer ma façon de penser.

C’est vrai, « antisémite » est un texte choquant parce qu’inhabituel. Je le reconnais volontiers.

Mais, quand je sors de chez moi pour aller acheter du pain et que je vois une multitude de femmes à poil pour vendre un pot de yaourt ou une assurance automobile, je suis choqué par cet esclavage moderne. Quand je vois à quel point nous sommes sans cesse surveillés par des caméras de vidéosurveillance, des cartes à puce, des adresses ip, des écoutes téléphoniques, des actes administratifs…. je suis choqué. Quand je vois qu’on peut traiter la France de « pute » sur les ondes radiophoniques sans aucune difficulté, je suis choqué. Quand je vois que SOS racisme ne lutte que contre certaines formes de racisme, je suis choqué. Quand je vois à quel point le référendum est méprisé par l’actuel président de la république française, je suis choqué. Quand je vois que les Palestiniens n’ont toujours pas le droit à un Etat, je suis choqué. Quand je vois comment se comportent nos dirigeants vis à vis de l’Etat d’Israël, je suis choqué. Quand je vois qu’il suffit d’être juif, fils ou petit-fils de juif pour devenir israélien, je suis choqué…

S’il faut empêcher la provocation alors interdisons immédiatement la diffusion des œuvres de Molière, Voltaire, Proudhon, Marx, de Gaulle, Géricault, Picasso, Renaud, NTM, Coluche… Si nous voulons lutter contre l’antisémitisme et le racisme, interdisons aussi la publication de la Thora, du Talmud, du Coran…

L’art n’a pas pour fonction exclusive de plaire à l’élite alors qu’est-ce qu’on me reproche ?

On reproche mon côté « hard », ma vulgarité. Effectivement, certains mots comme « emmerder » ou « pisser » sont vulgaires mais ce n’est rien en comparaison avec ce qui passe à la télévision ou à la radio comme par exemple la publicité pour la boisson Pepsi. Je demande à être traité comme ces grandes firmes. Ni plus, ni moins ! Concernant la peine de mort, je constate que le peuple français a été privé d’un débat sur la question par un menteur qui n’était socialiste que par le nom de son parti.

On me reproche de m’en prendre aux juifs. C’est faux. Le mot juif n’est utilisé que deux fois dans tout le texte « antisémite » (entre guillemets). Ce que je dénonce c’est le fait d’empêcher les gens de s’exprimer en les traitant d’antisémites, de racistes, de nazis, de SS…

Pour être craint, le pouvoir en place a toujours eu besoin de petits diables et de sorcières à envoyer au bûcher. ya

On me reproche de réécrire l’histoire. C’est faux. Tout ce que je dis peut être prouvé et si malgré ma vigilance mon texte contient une ou plusieurs erreur(s), j’invite chaque internaute à m’en faire part. Je ne prétends pas être omniscient.

On me reproche de ne voir qu’un aspect des choses. C’est volontaire. Tout d’abord, aucun artiste ne peut être totalement objectif. Ensuite, j’aurai pu parler de la Shoah mais je refuse de parler d’un sujet sur lequel aucun débat n’est permis. J’aurai également pu parler des souffrances des juifs mais je considère que les mass-médias en parlent suffisamment.

En fait, on me reproche de soutenir David, le faible contre Goliath, le fort.

Alors effectivement, les quelques minutes de ce clip peuvent paraître insupportables à certaines personnes. Si c’est le cas, j’invite ces individus à ne pas le regarder. Il y a beaucoup d’autres choses à voir sur notre belle planète.

Bien évidemment, j’aurai préféré parler de ce sujet d’une autre manière mais lorsque je faisais du rap « conscient » ou « éthique », rares étaient ceux qui prenaient en considération ce que je disais.

Alors, si ce rap rencontre un peu de succès sur internet, demandez-vous si votre goût pour la provocation ne joue pas un rôle ?

Et pour conclure, je dirai qu’on ne peut pas lutter sérieusement contre la haine des juifs en choisissant de fermer les yeux sur des parties importantes de l’histoire et de l’actualité.

Fraternellement,

EXLIMES

Visitez le blog et le  site de EXLIMES

Version originale censurée sur Dailymotion et Youtube

Les Grecs ne veulent pas de la potion FMI ni pour eux, ni pour l’Europe

Dans Allemagne, Angela Merkel, Banque Mondiale, BCE, Capitalisme, Crise Financière, Crise Sociale, Economie, Emeutes, Euro, Europe, FMI, Grèce, Guerre Économique, Herman Van Rompuy, Insurrection, Lutte des Classes, Manipulation, PIGS, Portugal, UE, Union Européenne le 28 avril 2010 à 17:12

Entretien avec Yannis Dragassakis, économiste grec, ancien député européen.

par Fabian Perrier pour L’Humanité

La Grèce, dont l’économie continue de s’effondrer alors que les mesures d’austérité étaient censées redonner confiance aux investisseurs, s’insurge. Le FMI ne doit pas débarquer chez eux. Les citoyens ne veulent pas que cette institution impose ses règles dans la zone euro.

Vendredi 23 avril, 18 heures. Ils arrivent un par un ou en petit groupe. La foule grandit peu à peu. Au total, ils seront 6000 à se retrouver, à l’appel de différents partis de gauche. Une manifestation presque spontanée pour contester la décision du gouvernement : recourir au « plan de soutien européen », décidé le 25 mars à Bruxelles, et qui légitime l’arrivée du FMI dans la zone euro (cf. entretien avec Yannis Dragassakis). Les visages sont inquiets, les cœurs lourds. « C’est un moment historique, le FMI débarque dans la zone euro », explique Dimitris, 28 ans, au chômage. « Comment voulez-vous que je trouve un boulot ? Déjà, le chômage est très élevé. Maintenant, il n’y aura même plus de création de postes dans la fonction publique. Avec le FMI, le gouvernement va sans doute décider de licencier des fonctionnaires ». Ce sentiment, ces inquiétudes dominent parmi les manifestants. « Ils ont raison », explique un dame d’une cinquantaine d’années dans un anglais hésitant. Elle applaudit mais ne rejoint pas les rangs : « de toute façon, la décision est prise ».

Faut-il, alors, arrêter de se battre ? Ces manifestants sont convaincus que non, que la rue peut encore faire bouger les lignes. Lundi, une autre manifestation est prévue, à l’appel du PAME, branche syndicale proche du KKE (parti communiste grec). Leur déclaration est claire (cf. encadré) : « cette décision était depuis longtemps préméditée ».

A gauche comme à droite, des résistances émergent. Certains députés proposent même un référendum pour mesurer l’état de l’opinion sur le recours au FMI. La crise grecque prend une ampleur politique, et divise jusque dans les rangs du Pasok, le parti socialiste au pouvoir. « C’est l’avenir de l’Europe qui se joue » explique Dimitris. Pour lui, une seule solution : « la solidarité des peuples ».

Fabien Perrier

Entretien avec Yannis Dragassakis, économiste grec, ancien député européen

Révision du déficit grec à la hausse, baisse de la note attribuée à la Grèce par l’agence de notation Moody’s, taux d’intérêt qui atteignent des sommets… La situation semble empirer sans cesse. Comment l’analysez-vous ?

Yannis Dragassakis. La révision du déficit public est due au fait que le taux de croissance pour 2009 est plus négatif que prévu. Si le dénominateur a baissé, ce n’est pas à cause d’une hausse des dépenses, mais à cause d’une baisse du PIB grec, c’est-à-dire une baisse de la production. Le problème majeur est que, alors que le gouvernement a pris des mesures très dures sur le plan social, pour baisser les spreads, cela ne s’est pas réalisé. Ce fait nous montre l’échec du gouvernement grec et les contradictions des autorités européennes. Tout cela, nous l’interprétons comme une pression sur la Grèce pour qu’elle soit soumise au FMI, ce qui veut dire qu’elle devra prendre de nouvelles mesures parmi lesquelles la destruction du système de sécurité sociale.

Parallèlement, le chômage augmente. Il a même atteint 11,3% en janvier 2010 selon les chiffres officiels.

Y.D. : Nous estimons que nous nous trouvons au début d’une trajectoire très négative pour l’économie grecque. A notre avis, suite à l’intervention du FMI, nous aurons une récession plus grande et le chômage risque d’atteindre 14% à 15% en se basant sur les règles en vigueur pour son calcul. Il faut reconnaître qu’en Grèce, nous avions un chômage élevé, même pendant la phase ascendante de l’économie. Nous avons donc une aggravation d’un problème préexistant. Ces éléments mettent en évidence l’échec du développement d’un modèle, en Grèce, au cours de ces 20 dernières années. En outre, la Grèce ne dispose pas d’un système efficace de protection contre le chômage, notamment celui de longue durée. C’est pourquoi, l’un de nos objectifs est de demander des politiques pour la protection du chômage et le développement de l’emploi.

Cette revendication n’est-elle pas à l’opposé des mesures d’austérité prises par le gouvernement, qui visent la réduction des déficits publics, notamment en « réformant » le système social, en réduisant les pensions etc. ?

Y.D. : Le gouvernement a choisi la voie de la dévaluation intérieure : il espère une réduction des salaires et des prix. Mais comme les prix ne vont pas chuter, seuls les salaires seront réduits. La récession sera donc renforcée avec, comme résultat, l’accroissement du chômage. Ce sont là, en fait, les politiques classiques du FMI avec une particularité essentielle : elles sont dorénavant inscrites et légitimées dans le cadre européen. Comme nous n’avons pas de monnaie nationale, l’économie grecque ne peut pas retrouver sa compétitivité en baissant la valeur de sa monnaie. Nous avons donc une baisse des salaires. Il est clair que la crise est un prétexte afin d’imposer un modèle néo-libéral beaucoup plus dur.

Quelles alternatives proposez-vous ?

Y.D. : Ce qui fait la plus grande différence enter la Grèce et les autres Etats-membres de l’Union Européenne, c’est que les recettes de l’Etat sont plus petites qu’ailleurs. La première nécessité est donc d’augmenter les recettes fiscales. A moyen terme, nous estimons qu’il est possible de gagner 5 points de PIB en luttant contre l’évasion et la fraude fiscales, et en développant un système d’imposition juste. Deuxièmement, au lieu de réduire les salaires, il faut bloquer les dépenses militaires. Au sein de l’UE, la Grèce a les plus grandes dépenses dans ce domaine. Troisièmement, il est possible de réaliser des économies sur les dépenses fonctionnelles de l’Etat qui, en outre – et c’est la quatrième proposition – dispose de beaucoup de biens, immobiliers notamment, qui peuvent être exploités pour le bien de la société (services sociaux, médicaux, logements…). Enfin, le pays a de nombreuses potentialités, en ce qui concerne la production d’énergie renouvelable et d’investissements à haute valeur ajoutée. Finalement, la dette grecque n’est pas un problème grec mais international. Pour tous les pays qui ont des déficits, il faut réclamer l’annulation de la dette.

Déclaration de Georgios Toussas, député européen (KKE)

« La décision du gouvernement à avoir recours au mécanisme de prêts UE-FMI constitue un choix d’alliance visant à servir les intérêts de la ploutocratie grecque à long terme, afin que le gouvernement ait des appuis forts pour imposer de nouvelles mesures, plus violentes, au détriment du peuple. Cette décision était depuis longtemps préméditée.

Les allégations du gouvernement et de ses alliés ne sont que de prétextes et visent à désorienter. L’allégation qu’il n’y a pas d’argent est fausse, parce qu’en même temps on offre 17.5 milliards aux banquiers et des dizaines de milliards aux industriels et aux armateurs à travers la loi de développement, on réduit les impôts pour le capital et on augmente ses privilèges. On donne des milliards pour des armements pour l’OTAN et des centaines de millions pour maintenir des troupes d’occupation par-delà les frontières.

La coopération du gouvernement avec l’UE et le FMI marque l’intensification de la guerre des monopoles contre le peuple. Elle ne donnera pas de solution aux problèmes ; au contraire, elle les aggravera et elle impliquera le pays, encore plus, à l’antagonisme des capitaux et des gouvernements qui s’intensifie tant à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’UE.

Le peuple doit apprendre par son expérience. Comme c’était le cas hier avec l’UEM, les sacrifices que les partis de la ploutocratie veulent imposer au peuple aujourd’hui, afin que le capital grec soit plus fort et plus compétitif, ne lui apporteront aucun bénéfice. Au contraire, on amène le peuple à un désastre sans fin.

C’est un moment de responsabilité pour les travailleurs et le peuple. Il est temps pour l’unité populaire de classe et la mobilisation avec le KKE pour le renversement de la politique antipopulaire.

Patriotisme est l’unité populaire et la contre-offensive aux monopoles ; que la ploutocratie fasse faillite et non pas le peuple. Le peuple ne doit rien, on lui doit. Les sacrifices qui valent ne sont que les sacrifices de la lutte. Il n’y a qu’une solution à l’intérêt du peuple et du pays : le pouvoir populaire, la socialisation des monopoles, le désengagement par les organisations impérialistes. »

Il faut aider le peuple grec. Signez la pétition en ligne.

à lire également : Le Portugal, nouvelle cible des marchés

Source : L’Humanité

La campagne contre l’Iran et le droit international

Dans ADM, AIEA, AIPAC, Analyse, Anders Fogh Rasmussen, Arme Nucléaire, Armes de Destruction Massives, Atlantiste, Axe du Mal, États-Unis, Barack H. Obama, Benyamin Netanyahou, CIA, Conseil de Sécurité, Désinformation, Diplomatie, Espionnage, Gardiens de la Révolution Islamique, Guerre de l'Information, Hillary Clinton, Israël, Lobby Juif, Lobby Pro-Israélien, Mahmoud Ahmadinejad, Manipulation, Mass Médias, MI-6, Mossad, Nations Unies, Occident, ONU, OTAN, Pentagone, Propagande, Régime des Mollahs, République Islamique d'Iran, Robert Gates, Sionisme, TNP, VEVAK le 28 avril 2010 à 16:30

par Karl Muller pour Horizons et débats

En adhérant aux Nations Unies, 192 Etats du monde ont pris les engagements suivants :

  • Maintenir la paix et la sécurité internationales et à cette fin: prendre des mesures collectives efficaces en vue de prévenir et d’écarter les menaces contre la paix et de réprimer tout acte d’agression ou autre rupture de la paix, et réaliser, par des moyens pacifiques, conformément aux principes de la justice et du droit international, l’ajustement ou le règlement de différends ou de situations, de caractère international, susceptibles de mener à une rupture de la paix;
  • Développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du prin­cipe de l’égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d’eux-mêmes, et prendre toutes autres mesures propres à consolider la paix du monde.

De plus, il est inscrit dans la Charte des Nations Unies, concernant les devoirs des Etats membres :

  • Les membres de l’Organisation règlent leurs différends internationaux par des moyens pacifiques, de telle manière que la paix et la sécurité internationales ainsi que la justice ne soient pas mises en danger.
  • Les membres de l’Organisation s’abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique de tout Etat, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies.

Le fait que certains Etats, membres des Nations Unies, ont contrevenu à maintes reprises à ces dispositions ne dispense pas le monde actuel de ces engagements. Bien au contraire : Toutes les guerres menées après la Seconde Guerre mondiale ont démontré de façon cruelle à quel point était vrai ce que, en 1945, les membres fondateurs des Nations Unies avaient écrit au début du préambule de la Charte: « Nous, peuples des Nations Unies, résolus à préserver les générations futures du fléau de la guerre qui deux fois en l’espace d’une vie humaine a infligé à l’humanité d’indicibles souffrances. »

Est-ce compatible avec ces principes que des représentants de gouvernements et de médias attaquent verbalement avec force un pays et n’excluent pas une guerre contre lui ?

C’est bien ce qui se passe depuis de nombreuses années envers l’Iran. Et avec un ­nouvel élan depuis ces dernières semaines et mois.

On ne tient pas compte du fait :

  1. que ce n’est pas que le gouvernement iranien qui affirme depuis des années ne pas vouloir posséder des armes atomiques, mais les inspecteurs de l’Agence Internationale de l’énergie atomique (AIEA) de même que les services secrets ne peuvent apporter de preuve tangible d’un programme d’armes atomiques de l’Iran. Les rapports actuels des services secrets américains ont même attesté que l’Iran ne mène pas de programme d’armes atomiques. Certains adversaires de l’Iran prétendent même qu’il ne s’agit pas de prouver l’existence d’un tel programme, mais que c’est à ce pays à prouver qu’il n’en a pas – mais comment est-ce possible alors que tout ce que l’Iran présente comme preuves est remis en question;
  2. que les déclarations du président iranien concernant Israël sont présentées dans les médias occidentaux de façon erronée et qu’on ne connaît pas de plans de guerre de l’Iran contre Israël;
  3. que des plans de guerre israéliens ­contre l’Iran (et même des Etats-Unis) existent très probablement alors même que la Charte des Nations Unies interdit toute acte d’agression;
  4. que l’Iran est menacé d’intervention guerrière par d’autres pays, voire par de hauts officiers allemands : Entre-temps le manuscrit du discours du général allemand de l’OTAN, Karl-Heinz Lather, tenu le 25 mars à Bonn devant la Communauté de soldats catholiques a été rendu public. Et c’est précisément lors de la Journée mondiale de la Paix 2010 qu’il a dit: « D’ailleurs, la communauté internatio­nale [en fait les Etats membres de l’OTAN] pourrait se voir contrainte d’intervenir militairement si l’Iran ne renonce pas à ses ambitions d’un armement atomique. Il semble que l’action politique, la diplomatie et les sanctions n’apportent guère de solution. » Puis il ajouta – à l’encontre des obligations de la Charte de l’ONU – que « les Etats et les gouvernements [ceux de l’OTAN] acceptent en général [donc pas toujours] un mandat des Nations Unies comme condition d’une intervention militaire [ce qui, selon lui, n’est pas obligatoirement le cas] »;
  5. que les propositions soumises à l’Iran ne respectent pas l’égalité des droits de tous les Etats inscrite dans la Charte des Nations Unies et on soumet l’Iran à des exigences sans aucun fondement dans le droit des traités touchant au nucléaire – ce que les décisions du Conseil de Sécurité de l’ONU au sujet du programme nucléaire iranien ne peuvent cacher;
  6. que des Etats qui, comme Israël, le Pakistan et l’Inde, refusent de se soumettre au Traité sur la non-prolifération des armes nuclé­aires (TNP), et disposent d’un énorme arsenal d’armes nucléaires, ne sont pas contraints de rentrer dans le rang (sans parler des 5 puissances nucléaires « officielles », qui ont aussi signé le TNP et se sont engagés à réduire leurs arsenaux nucléaires, voire à les supprimer, mais qui sont à des lieues de leur application) – on travaille ici aussi à deux niveaux;
  7. que ce n’est pas la « Communauté inter­na­tionale » qui fait pression sur l’Iran, mais avant tout Israël, les Etats-Unis et l’UE, lesquels se sont unis contre l’Iran et exercent une pression sur les autres pays pour qu’ils se soumettent à leur volonté. La plupart des Etats et des gouvernements, comme par exemple les 118 membres du Mouvement des non-alignés, considèrent la politique de l’Iran différemment et estiment qu’il y a une possibilité d’entretenir des relations avec ce pays et de résoudre les conflits, se démarquant ainsi nettement du bloc politique des 3 pays sus-mentionnés, lesquels ne représentent finalement qu’une petite minorité dans l’ensemble du monde.

On n’évoquera pas ici les vraies raisons des plans de guerre contre l’Iran. On se contente de signaler que toute cette agitation guer­rière est alarmante pour tout un chacun qui s’intéresse raisonnablement à ce problème. Il est vrai aussi que tous ceux qui menacent l’Iran ne veulent pas forcément la guerre. Toutefois, ils aplanissent le terrain pour ce petit groupe de pays qui veulent cette guerre, en violation de la Charte des Nations Unies.

Il est particulièrement inquiétant de constater qu’on n’entend plus aucune voix contraire dans ces gouvernements et ces médias-là. Il n’y a aucun débat, on se contente de hurler avec les loups, alors même que ces cris n’ont rien à voir avec la vérité, mais ne sont poussés que pour soutenir des projets poli­tiques inavouables.

Cette volonté d’ignorer la Charte des Nations Unies n’est pas un délit mineur. C’est proprement une tentative de porter un coup à l’effort des peuples et des Etats de vivre en paix et dans la justice. C’est une menace pour l’humanité et c’est pourquoi, au sein de la Communauté internationale, ils sont nombreux à ne pas vouloir suivre cette voie.

Au cours des derniers 20 ans, plusieurs guerres ont été déclenchées contre la volonté de la Communauté internationale, avec des conséquences dramatiques tant pour les victimes qu’en ce qui concerne les coûts. Il est donc important de réfléchir à la façon d’empêcher une nouvelle guerre et aux moyens à disposition pour faire respecter le droit international – et cela par tous les Etats.

Source : Horizons et débats

Let’s make money (vidéo)

Dans États-Unis, Bankster, Banque Mondiale, BCE, Ben Bernanke, Capitalisme, Crise Financière, Crise Sociale, Dollar, Economie, Euro, FMI, G20, Géoéconomie, Goldman Sachs, Guerre Économique, La City, Libre-Échange, Manipulation, Mondialisation, Multinationales, Néolibéralisme, New World Order, Nouvel Ordre Mondial, NWO, ONU, Pauvreté, Privatisation, Réflexion, Réserve Fédérale, Tiers-Monde, Timothy Geithner, UE, Union Européenne, Vidéo, Wall Street le 27 avril 2010 à 16:40

« Je ne pense pas que l’investisseur doive être responsable de l’éthique, de la pollution ou de quoi que ce soit que produise la compagnie dans laquelle il investit. Ce n’est pas son boulot. Son boulot est d’investir et de gagner de l’argent pour ses clients. » Mark Mobius, président de Templeton Emerging Markets.

Après We Feed the World (Le marché de la faim), film événement sur les dérives de l’industrie alimentaire, le réalisateur Erwin Wagenhofer revient avec un documentaire intitulé Let’s Make Money, une démonstration implacable sur les conséquences humaines, démographiques et écologiques de la dérégulation économique et du vrai visage du système capitaliste. Une fascinante plongée au coeur du système financier mondial. C’est l’histoire de deux mondes qui s’interpénètrent sans jamais se rencontrer. Dans l’un, on ramasse du coton ou on casse du minerai, dans l’autre, on “fait” de l’argent. Entre les deux, une passerelle à sens unique, qu’empruntent les flux invisibles de la finance mondiale. Une frontière immatérielle et pourtant infranchissable, qui concentre entre les mains de 10% de la population mondiale 80% des richesses, et les sépare du reste de l’humanité. On y retrouve notamment une interview de l’ex-assassin économique John Perkins. Il y est aussi évoqué la Société du Mont Pélerin, le think tank à l’origine de l’idéologie ultra-libérale qui domine le monde aujourd’hui.

« Si nous ne créons pas un nouveau mode de répartition des richesses, ce qui a abouti à la Seconde Guerre mondiale se reproduira sous une autre forme. C’est une nouvelle ère de barbarie qui s’ouvrira. » Hermann Scheer, lauréat du prix Nobel alternatif et député allemand.

Autre scandale, on estime qu’actuellement plusieurs milliers de milliards de dollars dorment à l’ombre des paradis fiscaux où ils échappent à toute forme de taxe. Si cette richesse était imposée au taux très modéré de 30%, les gouvernements du monde entier toucheraient 250 milliards de dollars de recettes annuelles supplémentaires, qu’ils pourraient dépenser pour endiguer la pauvreté et atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement de l’ONU…

MecanoWeb News

Dans MecanoWeb News le 27 avril 2010 à 15:36

International

L’avènement des pays du BRIC : Peut-il changer le monde ? : Mondialisation.ca. « Le capitalisme, c’est l’exploitation de l’homme par l’homme, le communisme, c’est exactement le contraire. » Cette boutade du premier secrétaire du Parti communiste soviétique de l’Union soviétique au temps de sa splendeur, résume toute l’ambiguïté de la stratégie des nouveaux pays émergents qui veulent prendre les règles du capitalisme et lui donner un visage humain. Leur « réussite » actuelle la doivent-ils au marché et au fait que comme tout pays qui se développe on doit passer par une phase ascensionnelle ? Ou est-ce l’avènement d’un monde nouveau qui peut servir d’exemple aux autres pays en développement ? Ainsi, leur coordination pour « contrer » les anciens pays industrialisés et leur doxa est pour nous un signe d’un changement qui, contrairement à la philosophie altermondialiste, repose sur du concret. Ainsi, on apprend qu’à Brasilia, le 15 avril, quatre pays continents et non des moindres, ont décidé de prendre en main leur destin et de ne plus être des wagons de la mondialisation. Leur déclaration qui, curieusement est passée sous silence dans les médias occidentaux, remet en cause fondamentalement la façon de faire d’avant héritée des accords de Bretton Woods…

Mourir à Katyn : Géostratégie.com. Le président polonais, Lech Kaczynski, vient de décéder dans un accident d’avion, près de Smolensk. Il se rendait à Katyn, où il devait assister, avec Vladimir Poutine et le Premier Ministre polonais Donald Tusk, à la commémoration du 70ème anniversaire du massacre commis par le NKVD en ce lieu. Pour l’instant, on n’y voit qu’un accident. Demain, sans doute, on cherchera à pointer du doigt la responsabilité de tel ou tel service secret. Pour ma part, j’y vois surtout un symbole. Lech Kaczynski était un agent américain. Il est difficile de dire si c’était un agent rémunéré, encadré, cornaqué par la CIA, ou tout simplement un politicien polonais qui, comme n’importe quel politicien dans n’importe quel pays, avait besoin d’appuis extérieurs pour s’imposer en interne. Mais en tout cas, c’était un agent américain…

Afghanistan. Malalai Joya : « Pas de démocratie sous occupation » : Réseau Voltaire. La jeune députée afghane a été exclue du Parlement pour avoir dénoncé l’ingérence des puissances étrangères et les atteintes aux droits des femmes que permet la poursuite de l’occupation. Malalai Joya est une femme en colère. En colère contre la guerre que mène la coalition internationale en Afghanistan, son pays, en colère contre les bombes de l’OTAN qui tuent les civils dans les villages, en colère contre l’appel à la réconciliation avec les talibans et les seigneurs de guerre. « Faites cesser les massacres dans mon pays, faites retirer les troupes étrangères pour que s’arrête la talibanisation  ! » lance la jeune députée afghane aux opinions publiques occidentales…

Désinformation

GIEC, OMS, Goldman Sachs : les Menteurs sont dans la place, et les gens regardent ailleurs : Le Grand Soir. La polémique sur la burqa et sur l’identité nationale accapare toute l’attention des Français, l’affaire des minarets déchire la Suisse, en Belgique c’est l’obscur dossier BHV (Bruxelles-Hal-Vilvorde) qui s’étend sur la une des journaux et monopolise la petite lucarne, dans le monde, les fermetures d’usine dont certaines font des bénéfices, et les banqueroutes de gouvernements européens, font descendre des braves gens dans les rues, la colère et l’incompréhension rongeant leurs cœurs enflammés. Un maximum d’émotions, un minimum d’explications. Voici la maxime des gouvernements actuels, et surtout des populations du 21è siècle. Pendant ce temps, pendant que nous nous enflammons et nous divisons, des experts, des spécialistes, des professionnels règnent, nous spolient, nous mentent, et nous demandent de les croire sans autre forme de procès. De toute façon, les gens regardent ailleurs, burqa, minarets, BHV, faillites, banqueroutes accaparent toute leur attention…

Economie

Crise grecque : le risque de contagion européenne : Contre Info. La hausse des taux des obligations souveraines manifeste un « risque de contagion très clair et très important, » juge l’économiste Simon Johnson. Les pertes subies par les investisseurs et les banques sont suffisantes pour les détourner longtemps des émissions de dette publique des pays de la périphérie de l’Europe, et la hausse des taux va pénaliser leur système bancaire déjà fragilisé par la baisse de valeur des actifs portés dans les bilans. Dans l’immédiat, la BCE doit continuer à fournir des liquidités pour prévenir les paniques, mais le risque reste important, juge-t-il, car les réticences de l’Allemagne à s’engager dans le sauvetage de la Grèce, pourraient provoquer une perte de confiance généralisée dont le Portugal, l’Espagne et l’Irlande seraient les premières victimes. Les USA ne devraient pas se croire à l’abri de cette nouvelle phase de crise financière, avertit Johnson, qui suggère que la Fed et le Président Obama prennent sans attendre des mesures préventives…

Climat

Bolivie : Naomi Klein, “Nous devons porter la responsabilité vers les pays riches” : Primitivi. Mercredi dernier Naomi Klein présente lors de la session sur la Dette Climatique a déclaré qu’il fallait mettre la pression sur les pays riches, afin qu’ils assument leur pollution. Dans un même élan, une Table ronde n° 18 a été mise en place parallèlement au sommet. S’y sont réunis différentes organisations sociales et écologiques boliviennes afin de traiter des problèmes environnementaux boliviens pour lesquels le gouvernement d’Evo est en parti responsable. Mais cela ne veut pas dire que la Table 18 ne soutien pas son gouvernement, au contraire disent-ils c’est bien parce qu’on soutien Morales que les participants de la Table 18 sont là. La journaliste et femme de lettres canadienne propose de mettre une plus grande pression sur les pays développés ceux-ci générant 70 % des gaz à effet de serre…

Armement

L’ère des mini-missiles : Zone d’intérêt. Les industriels de défense ont vu croître la demande pour la conception d’une nouvelle génération de roquettes, à la fois compactes, dotées d’un système de guidage précis et limitant au maximum les dommages collatéraux. Ces armes sont destinées à armer des appareils dont l’armement n’est plus adapté aux menaces actuelles, mais également à être emportées par des aéronefs sans pilotes. APKWS, TALON, DAGR, Griffin…

Des soldats américains s’excusent pour une tuerie en Irak

Dans Axe du Mal, États-Unis, Crimes de Guerre, Génocide Irakien, Guerre d'Irak, Guerre de l'Énergie, Internet, Néocolonialisme, Pétrole, Pentagone, Robert Gates le 26 avril 2010 à 17:00

par Bill Van Auken pour WSWS

Deux soldats américains actifs dans une unité apparaissant dans un film vidéo choquant et mis en ligne récemment par le site WikiLeaks ont présenté des excuses publiques au peuple irakien pour le carnage montré dans ce film. Ils précisent que, pour la durée de leur déploiement dans ce pays occupé par les Etats-Unis, c’était là la routine.

La « Lettre ouverte de réconciliation et de responsabilité au peuple irakien » a été publiée par deux anciens spécialistes de l’armée américaine, Josh Stieber et Ethan McCord, qui faisaient partie de la Compagnie Bravo, second bataillon, 16e régiment d’infanterie, première division d’infanterie de l’armée américaine en juillet 2007, au moment où la vidéo en question fut prise par la caméra de la mitrailleuse d’un hélicoptère Apache alors que celui-ci tirait sur des civils irakiens.

Plus d’une douzaine de civils furent tués et plusieurs blessés, y compris deux enfants. Parmi les morts se trouvaient le photographe irakien Namir Noor-Eldeen et son assistant Saeed Chmagh – tous deux employés par l’agence internationale de presse Reuters.

L’hélicoptère fournissait un soutien aérien à des soldats américains engagés dans des razzias maison par maison, dans l’est de Bagdad. Les soldats de la Compagnie Bravo furent les premiers à atteindre les lieux après le massacre effectué par l’hélicoptère d’attaque au-dessus d’eux.

Le film vidéo, mis en ligne par WikiLeaks sous le titre de « Collateral Murder » (assassinat collatéral) a été vu 6 millions de fois sur internet. Il a livré au public américain et mondial des images bouleversantes de ce qu’est, depuis une décennie, la tuerie menée par l’armée américaine dans les guerres d’Irak et d’Afghanistan, des images qui sont régulièrement censurées et éliminées de l’information fournie par les médias grand public.

La caméra montre des civils irakiens non armés faire une vaine tentative d’échapper aux balles de 30 millimètres qui pleuvent sur eux. Elle montre aussi que l’hélicoptère a tiré de nouveau sur une camionnette qui s’était arrêtée pour porter secours aux blessés, tuant le conducteur ainsi qu’un des blessés et blessant sérieusement deux enfants qui étaient assis à l’avant du véhicule.

Tout aussi lamentable est le bavardage des membres de l’équipage de l’hélicoptère et de leurs superviseurs sur la radio, en même temps que se déroule la tuerie. Au moment où le viseur du canon fixe le blessé qui rampe sur le sol, on entend un membre de l’équipage presser l’Irakien de « prendre une arme » afin de pouvoir lui tirer encore dessus. Et finalement, lorsqu’on les informe que deux enfants ont été blessés dans l’attaque, les membres de l’équipage sont d’accord pour dire que c’est la faute des Irakiens qui ont « emmené leurs enfants dans une bataille ».

Ethan McCord était l’un des soldats sur les lieux de l’attaque et sur le film on le voit porter un des enfants blessés et courir vers un véhicule militaire. Les officiers déclarèrent que l’enfant ne devait pas être emmené à l’hôpital américain de campagne et McCord fut réprimandé pour avoir réagi humainement.

Josh Stieber, tout en faisant partie de cette compagnie, n’avait pas été emmené en mission à cause d’une dispute préalable avec ses supérieurs.

La lettre souligne le fait que les actes de violence meurtrière contre des civils montrés dans le film vidéo ne sortent pas de la normale, mais qu’il s’agit plutôt en Irak « d’occurrences quotidiennes ».

L’armée US qui a essayé d’étouffer le film vidéo a défendu avec constance les actions qu’il révèle. Le 13 avril, le secrétaire américain à la Défense, Robert Gates eut recours à une conférence de presse afin de stigmatiser WikiLeaks pour avoir rendu le film public la semaine précédente. « Ces gens peuvent mettre tout ce qu’ils veulent en ligne et ils n’ont jamais à en répondre » a-t-il dit.

Il affirma que regarder cette vidéo était un peu comme regarder la guerre par le trou d’« une paille » et il reprocha au film d’être dénué de « tout contexte ou perspective ».

Mais comme le montre clairement la lettre des deux ex-soldats, le réel « contexte et [la réelle] perspective », c’est une sale guerre d’agression coloniale et ses « règles d’engagement » qui considèrent l’ensemble de la population irakienne comme étant une menace pour les forces d’occupation.

Dans une interview précédente sur ABC News, Gates avait justifié le massacre, y compris les tirs sur les blessés et les gens qui tentaient de les aider, un crime de guerre patent, donnant pour raison que les soldats américains se trouvaient alors dans une « situation de combat ».

Pour sa part, le Commandement central de l’armée américaine qui supervise les opérations militaires dans la région, annonça qu’il n’avait pas l’intention de rouvrir une enquête sur la tuerie de 2007. Il publia des copies censurées des résultats de l’enquête d’origine faite par l’armée sur cette opération sanglante. Cette enquête avait excusé l’équipage de l’hélicoptère d’avoir pris l’appareil du photographe pour un lance-grenade. Elle accusa aussi les journalistes assassinés de « n’avoir fait aucun effort pour montrer de façon visible leur identité en tant que membres de la presse ». Le rapport ne précisait pas comment ils auraient dû s’identifier à un hélicoptère volant au-dessus d’eux.

« Le commandement central US n’a actuellement aucun plan de recommencer une enquête ou de passer en revue cette action de combat », dit le contre-amiral Hal Pittman, le directeur de la communication du Commandement central.

Dans leur lettre mise en ligne sur Internet (visible ici letter en anglais) et co-signée par des milliers d’autres ex-soldats, les deux vétérans de l’Irak s’identifient comme des « soldats qui ont occupé votre quartier pendant quatorze mois ».

La lettre se poursuit ainsi : « Ethan McCord a sorti votre fille et votre fils de la camionnette et ce faisant il a vu les visages de ses propres enfants chez lui. Josh Stieber était dans la même compagnie mais n’était pas là ce jour-là, bien qu’il ait contribué en de nombreuses autres occasions à votre peine et à la peine de votre communauté ».

Les deux anciens soldats insistent pour dire que « ce qu’on voit sur la vidéo de WikiLeaks ne fait que commencer à montrer la souffrance que nous avons infligée. De par notre expérience et celle d’autres vétérans à qui nous avons parlé, nous savons que les actes montrés dans cette vidéo se produisent tous les jours dans cette guerre : c’est là la nature des guerres conduites par les Etats-Unis dans cette région ».

Stieber et McCord écrivent encore : « En disant aux Américains ce que nous avons été formés à faire et ce que nous avons fait au nom de “Dieu et de la patrie” nous reconnaissons la part que nous avons prise aux morts et aux blessures des êtres que vous chérissez. Le soldat de la vidéo dit que votre mari n’aurait pas dû entraîner vos enfants dans une bataille, mais nous reconnaissons notre responsabilité dans le fait d’avoir amené la bataille dans votre quartier et dans votre famille. »

Répondant aux déclarations de Robert Gates, la lettre ajoute : « Il se peut que notre gouvernement vous ignore, plus préoccupé qu’il est de son image. Il a aussi ignoré de nombreux vétérans qui sont retournés physiquement blessés et mentalement tourmentés par ce qu’ils ont vu dans votre pays. Mais il est plus que temps que nous disions que la valeur des dirigeants de notre nation a cessé de nous représenter. Notre secrétaire à la Défense peut bien dire que les Etats-Unis ne perdront pas leur réputation à cause de cela, mais nous persistons à dire que l’importance de notre réputation est peu de chose en comparaison de notre humanité commune. »

Article original en anglais, WSWS, le 23 avril 2010.

Source : WSWS

Le Bureau d’Influence Stratégique (OSI)

Dans 11 Septembre 2001, Abou Graïb, Al Qaïda, Analyse, États-Unis, Bagram, Ben Laden, Black Sites, CFR, CIA, Contrôle Mental, Contre-Terrorisme, Démocratie, Désinformation, Dick Cheney, Donald Rumsfeld, Droits de l'Homme, Espionnage, Faucons de Washington, Géopolitique, Géostratégie, George W. Bush, Guantanamo, Guerre contre le Terrorisme, Guerre d'Afghanistan, Guerre d'Irak, Guerre de l'Information, Guerre du Golfe, Guerre du Kosovo, GWOT, Manipulation, Mass Médias, Néoconservateurs, Néoconservatisme, Neocons, Pentagone, Propagande, Saddam Hussein, Sécurité, Talibans, Terrorisme, Terrorisme d'Etat, UE, Union Européenne le 26 avril 2010 à 16:41

Vie et mort des agences d’influence américaines

En novembre 2001, le Pentagone créait le « bureau d’influence stratégique » (Office of Stategic Influence – OSI) ayant pour mission de lancer des campagnes de désinformation auprès des presses étrangères dans le cadre de la guerre contre le terrorisme international, en tant que subdivision du « bureau des opérations d’information », lequel dépendant de l’Etat-major interarmées. Alors qu’en 2002, le président américain célébrait le 60e anniversaire de la radio Voice of America, l’OSI pouvait être perçu comme une résurrection du bureau chargé pendant la guerre du Vietnam de fournir des informations à l’ ennemi pour perturber leurs stratégies.

Cette création s’inscrit avant tout dans les rivalités intestines qui déchirent les départements de la Défense, d’Etat, et surtout la CIA chargée officiellement des mesures « actives » (comme les opérations de désinformation, d’intoxication…). Il semblerait par ailleurs que ce soit les services chargés de l’information militaire « classique » qui auraient organisé la fuite dans le New York Times qui révéla l’existence de ce bureau en février 2002. Ces derniers estimant en effet que l’OSI pourrait saper la crédibilité des informations communiquées par le département.

Le chef du bureau, Simon Worden, général de l’US Air Force, déclara qu’il « considérait sa mission comme large, allant de campagnes « noires » utilisant la désinformation et d’autres activités secrètes aux relations publiques « blanches » faites de communiqués véridiques » [Libération, 20/02/2002] . Concrètement, les opérations pouvaient se traduire par la diffusion de tracts, d’emails camouflés, de « journalistes » chargés de répandre des échos formatés par le Pentagone…, ou encore de manière plus agressive par la diffusion de fausses informations ou par l’attaque de sites informatiques hostiles.

En s’interrogeant sur les risques de contamination de la presse nationale américaine si l’OSI intoxiquait les agences de presse internationales, le quotidien souleva une vive polémique. Une loi aux Etats-Unis interdit en effet aux agences fédérales de propager des informations volontairement fausses à l’intérieur du territoire national. Malgré les nombreuses déclarations de démenti (« Le Pentagone ne diffuse pas de désinformation à la presse étrangère ni à aucune autre presse », Donald Rumsfeld, secrétaire à la Défense ; « Nous ne mentirons jamais au peuple américain ou à nos partenaires de la coalition anti-terroriste », Richards Myers, chef de l’Etat-major interarmées), le président George W Bush décida de couper court à la polémique grandissante à peine une semaine après les révélations du NY Times.

Bien que le bureau ait disparu, la volonté d’utiliser l’information de manière offensive restait quant à elle bien présente. Plusieurs mois après la disparition de l’OSI, Donald Rumsfed, proposa la création de l’Office of Perception Management ayant pour mission de modifier l’attitude des audiences cibles. Cependant, une autre proposition de bureau, au titre plus respectable justifiant ses fonctions des contradictions constatées dans la communication de la politique étrangère et du Pentagone, remporta l’adhésion : le « bureau des communications internationales »

Un rapport du Council on Foreign Relations ayant analysé que la perception des Etats-Unis par de nombreux pays était teintée d’une série d’adjectifs négatifs comme « arrogants », « hypocrites », « non désireux d’engager un dialogue inter-culturel »… Ce constat a amené le président Bush a signé, en janvier 2003, un décret autorisant la création de l’OGC. Ce dernier sera chargé de coordonner les actions des différentes agences, de concevoir et rédiger les messages destinés à soutenir la politique extérieure américaine, et de contrer les campagnes de désinformation du régime irakien.

Installés à Washington, Londres et Islamabad, les bureaux de l’OGC et ses équipes de « communicateurs » auront un seul objectif officiel : communiquer de manière cohérente pour promouvoir une image positive des Etats-Unis et légitimer ainsi sa politique internationale. Pour éviter la déconvenue de l’ OSI, le décret a précisé que les messages, destinés aux citoyens et aux leaders d’opinion américains, aux membres permanents de l’ONU, au monde musulman et aux alliés européens, devront être véridiques et exacts..

Le Perception Management semble prévaloir (pour l’instant…) sur la désinformation dans les campagnes d’influence. Beaucoup plus difficile à déceler, l’influence par la « gestion des perceptions » est beaucoup plus insidieuse puisqu’elle vise le cœur de réflexion des individus pour modifier leurs visions sur tel ou tel sujet. Après les OGM et la guerre en Irak, quelles seront les prochaines cibles ? Les pays d’Europe de l’Est et l’OTAN ?…

Source : Infoguerre (28/01/2003)

Désinformation : un simple boulot de relations publiques

Restaurer son image, influencer l’opinion : l’armée américaine et ses communicants sont passés maîtres ès-manipulation. « The Village Voice » a enquêté sur les pratiques peu reluisantes du Pentagone.

Quel est le dénominateur commun de l’attaque américaine contre le Panamá de Manuel Noriega en 1989, de la guerre du Golfe en 1991, de la campagne d’Afghanistan en 2001 ? Rendon Group, évidemment. La maison américaine de relation publique (RP) est de tous les grands voyages de troupes américaines, révèle « The Village Voice ».

Mieux, ajoute l’hebdomadaire new-yorkais, que ce soit à Koweït City ou au Kosovo, contre espèces sonnantes et trébuchantes ses cadres sont toujours prêts à servir les desiderata du Pentagone, le ministère de la Défense américain. « A Kaboul, John Rendon, le fondateur du groupe éponyme, rejoignait tous les matins la réunion des hauts gradés pour définir le message de guerre du jour. » A charge pour lui et ses cadres de répercuter le mot dans les diverses opérations de « RP ».

Rendon Group s’adonne ainsi à de la propagande classique ­ émissions de radio et programmes télévisés ­ ou des opérations de pur marketing. En 1991, des milliers de tee-shirts ont été distribués à Koweït City, alors sous occupation irakienne, floqués d’un slogan des plus explicites : « Libérez le Koweït ».

Ce n’est que du « folklore » au regard des manipulations imaginées par les « communicants » du Pentagone. En 1990, le Cabinet Hill & Knowlton, un équivalent de Rendon Group, est derrière « la campagne des atrocités commises contre des bébés », rappelle « The Village Voice ». Alors que le Congrès américain discutait en 1990 pour décider de l’envoi de troupes américaines afin de libérer le Koweït, Hill & Knowlton a fait courir le bruit aux Etats-Unis que plus de 312 bébés koweïtiens avaient été « massacrés » par des militaires irakiens.

L’« information » fut reprise en coeur par sept sénateurs favorables à la guerre. L’émotion dans la population et au Congrès fut telle que l’autorisation fut de suite accordée. Bush Senior pouvait engager sans trop de problème son armée dans la fameuse opération « tempête du désert ». Or, précise l’hebdomadaire, « après vérification, on s’est aperçu que le drame des bébés koweïtiens était monté de toutes pièces… »

Désinformation, manipulation, propagande… A la veille d’une nouvelle attaque américaine contre l’Irak, que peut bien nous préparer le Pentagone ? Selon « The Village Voice », Rendon Group est bien actif. L’hebdomadaire affirme que « si Saddam est destitué, une des créations de Rendon Group se prépare à entrer en scène : le Congrès national irakien (CNI). » « Cette coalition de dissidents irakiens menée par Ahmed Chalabi et sans aucun ancrage irakien, est aujourd’hui considérée par le gouvernement américain comme une alternative politique possible en Irak. « Or, sans Rendon, le groupe de Chalabi ne serait rien », explique « The Village Voice ».

En effet, « Rendon financé par la CIA dans les années 90 et, depuis peu, par le Pentagone, contrôle chaque fait et geste du groupe d’opposants irakiens. Le groupe de relations publiques coordonne ses sessions annuelles et orchestre les rencontres de son leader avec les grandes pointures de la politique américaine, comme l’ancien ministre des Affaires étrangères américain James Baker. »

En clair, prévient « The Village Voice », l’information délivrée par le Pentagone devra être prise avec des pincettes lors de la guerre qui se profile. Une manipulation médiatique est si vite arrivée.

Source : Courrier International (18/11/2002)

Bush censure « l’office de désinformation »

« Nous dirons la vérité au peuple américain. » Le président des Etats-Unis a coupé court à toute polémique en condamnant l’initiative du Pentagone qui, selon le New York Times, travaillait « à la préparation de plans de désinformation afin d’influencer les opinions publiques et les leaders étrangers ». George W. Bush a démenti une quelconque volonté de manipulation, relayé par son secrétaire à la Défense. « Il a été aussi stupéfait que moi de lire des informations selon lesquelles quelqu’un d’officiel ne dirait pas la vérité aux Américains », a confirmé Donald Rumsfeld.

L’Office de l’influence stratégique (OSI), créé en novembre 2001 dans la foulée du 11 septembre, avait pour mission de lancer des campagnes de désinformation auprès de la presse étrangère dans le cadre de la guerre antiterroriste. Une démarche révélée aux médias et à George W. Bush lui-même, pendant le voyage de ce dernier en Extrême-Orient. Une coïncidence malheureuse qui a forcé la colère du président qui s’efforce de promouvoir la crédibilité du gouvernement des Etats-Unis à l’étranger.

Le rapport annuel de l’Institut international de la presse (IPI) sur l’état de liberté de l’information dans le monde égratignait déjà depuis quelques jours l’administration américaine, mettant en évidence la pression du gouvernement Bush sur les médias depuis la riposte militaire aux attentats du 11 septembre. « Une guerre contre les médias », selon les termes de l’IPI, que George W. Bush a voulu immédiatement pacifier. Célébrant le 60e anniversaire de la radio Voice of America, le président a réaffirmé que « pour la défense de la liberté, la vérité est aussi indispensable que la force des armes ».

Tué dans l’oeuf, l’Office de l’influence stratégique ne fera donc pas acte de propagande ni de diffusion de fausses informations pour les médias étrangers. Pourtant, Donald Rumsfeld avait plusieurs fois prévenu les journalistes qu’il ne dirait pas toute la vérité pour raisons de sécurité, en assurant toutefois qu’il ne leur mentirait pas. Pour se réhabiliter aux yeux du monde, le gouvernement Bush tente aujourd’hui une nouvelle opération de franchise. Toute la vérité, rien que la vérité.

Source : Le Figaro (27/02/2002)

Le bureau de désinformation du Pentagone est supprimé

L’Office d’influence stratégique, créé par le Pentagone pour mener la « guerre de l’information », a connu une fin prématurée. Du moins a-t-il fait l’objet d’un double avis de décès, notifié par le secrétaire à la défense, Donald Rumsfeld, dimanche 24 février, puis par le président George W. Bush lui-même le lendemain. « Je n’avais pas besoin de le lui dire, il sait ce que j’en pense », a répondu M. Bush lorsqu’on lui a demandé, lundi matin, s’il avait donné consigne à son ministre d’en finir avec l’office en question. Il a ajouté qu’« ayant entendu » la déclaration de M. Rumsfeld la veille, il lui faisait confiance pour « mener cette affaire comme il convient ».

« Nous dirons la vérité au peuple américain », a martelé le président, dont le ton confirmait un article du Washington Post selon lequel la Maison Blanche avait été rendue furieuse par la révélation, la semaine précédente, des projets de désinformation du Pentagone (Le Monde du 22 février).

Il faut dire que cela ne pouvait pas tomber plus mal, alors que M. Bush était en voyage en Asie pour y justifier, notamment, sa théorie de « l’axe du mal » et alors que le comportement du président et de son administration provoquait de vives critiques en Europe. Quel crédit accorder à un gouvernement qui envisage de donner carte blanche à ses militaires pour raconter n’importe quoi, non seulement à ses ennemis, mais aussi à ses amis ou alliés ?

M. Rumsfeld n’avait pu que confirmer, le 20 février, l’embarrassante histoire dévoilée par le New York Times. Créé secrètement et placé sous le commandement d’un général de l’armée de l’air, Simon Worden, l’Office d’influence stratégique, ou OSI, avait pour mission de diffuser des informations servant la cause des Etats-Unis, mais un débat était en cours sur la possibilité d’autoriser cet office à pratiquer la désinformation, avec une restriction : celle-ci devrait être réservée aux médias étrangers. Le Times se demandait d’ailleurs, gravement, s’il était possible d’intoxiquer les agences de presse internationales que sont Reuters (britannique) et l’Agence France-Presse (française) sans contaminer la presse américaine.

Le quotidien précisait aussi que l’OSI avait passé un contrat de 100 000 dollars par mois avec un cabinet de communication, Rendon Group, déjà employé en 1990 dans la préparation de la guerre du Golfe. Cette indication et celle, donnée par M. Rumsfeld lui-même, de la date de création de l’OSI, en novembre 2001, rendent quelque peu suspectes les affirmations du ministre, dimanche, selon lesquelles il aurait quasiment découvert sinon l’existence de l’OSI, du moins ses projets, en lisant le journal. Elle incitent aussi à sourire de l’indignation manifestée par M. Bush.

Cependant, le directeur adjoint de la communication de la Maison Blanche, Jim Wilkinson, assure, dans le Washington Post de lundi : « Le président est un homme honnête, qui parle franc, et il entend que chaque porte-parole, dans ce gouvernement, se situe au même niveau d’exigence. »

Selon une logique toute militaire, de même que M. Bush fait « confiance » à M. Rumsfeld pour régler ce problème, le ministre avait pris soin, dimanche, sur la chaîne de télévision NBC, de désigner comme responsable un échelon hiérarchique inférieur.

Jamais appelé par son nom, mais présenté comme « la personne en charge », Douglas Feith, sous-secrétaire à la défense, ancien de l’administration Reagan, a été invité fermement par M. Rumsfeld à se demander « si cet office devrait exister sous sa forme actuelle, vu la mauvaise information et la mauvaise publicité dont il a fait l’objet ». Quel autre sort mérite, en effet, un office de désinformation qui ne parvient même pas à cacher la vérité sur lui-même ?

Source : Le Monde (27/02/2002)

Le Bureau d’influence stratégique pourrait être supprimé

Le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, a affirmé que le Bureau d’influence stratégique que le Pentagone a créé après les attentats du 11 septembre pour améliorer l’image des États-Unis pourrait être supprimé, en raison de la vive controverse qui l’entoure. M. Rumsfeld a réitéré qu’il n’a jamais eu l’intention d’utiliser cette agence pour faire de la désinformation.

Le New York Times a révélé la semaine dernière que le Bureau d’influence stratégique pourrait servir à diffuser de fausses informations dans les médias étrangers afin de convaincre l’opinion publique mondiale du bien-fondé de la politique des États-Unis dans la guerre contre le terrorisme. Ces révélations ont soulevé l’indignation des médias américains et étrangers.

Retour éventuel des prisonniers dans leur pays d’origine

Par ailleurs, M. Rumfeld, a annoncé que les prisonniers faits en Afghanistan et transférés sur la base américaine de Guantanamo, à Cuba, pourraient être rendus à leur pays d’origine si ceux-ci peuvent garantir qu’ils seront traduits en justice. Le secrétaire à la Défense a indiqué que ce retour pourrait se faire d’ici peu. Les prisonniers talibans ou membres du réseau Al-Qaida proviennent non seulement d’Afghanistan mais d’une trentaine d’autres pays, dont la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne.

Les États-Unis font face à de nombreuses critiques concernant les conditions de détention des prisonniers. Washington refuse de les considérer comme des prisonniers de guerre conformément à la Convention de Genève.

Des parents de détenus britanniques ont jugé lundi « illégale » la détention de leurs enfants à Guantanamo et menacé le gouvernement de Tony Blair de poursuites judiciaires pour « complicité » avec les États-Unis.

Source : Radio-Canada (25/02/2002)

Un bureau des fausses nouvelles ouvert au Pentagone

L’administration envisage de lancer une guerre de conquête des opinions publiques mondiales. Par tous les moyens.

« Le Pentagone veut lancer des nouvelles vraies ou fausses dans les médias étrangers », titre le Herald Tribune.Un Bureau d’Influence stratégique (Office of Strategique Influence) vient d’être mis en place avec pour mission officielle de répondre à la perte de soutien de l’opinion publique dans la guerre contre le terrorisme, particulièrement dans les pays musulmans ; mais sans exclure les pays « amis » de l’Europe occidentale .

A peine divulguée, l’affaire a commencé à faire l’objet de polémique dans la presse, et même au Pentagone. Elle a suscité une légère irritation du côté du département d’Etat, jusqu’ici en charge de faire connaître les prises de position du gouvernement.

Ce nouveau bureau, qui à l’appui du secrétaire à la Défense, Donald Rumsfeld, dispose d’un budget de plusieurs millions de dollars tirés du supplément de 10 milliards récemment voté par le Congrès pour le budget de la défense. Il est dirigé par un général de l’armée de l’air, Simon Worden, qui vient du Conseil national de sécurité. A ses côtés, un de ses collègues en retraite, Wayne Downing, qui était à la tête des opérations spéciales, et un colonel, Thomas Timmes, ancien des missions psychologiques. Ils utiliseront, écrit le New York Times, qui a révélé l’existence de l’OSI (confirmée avec une insolence tranquille par les intéressés), tous les moyens de désinformation possibles, et même des actions secrètes, qui couvriront aussi bien les activités civiles, les nouvelles « blanches » que les activités « les plus noires des noires », selon les termes d’un officier chargé de cette besogne. L’OSI a fait appel aux services du groupe Rendon, de Washington, qui a travaillé pour le président Carter et la CIA, la famille royale du Koweït et le petit groupe du Congrès national irakien, opposé à Saddam Hussein. Une firme qui a déjà trempé dans des campagnes de propagande lors de l’invasion du Koweït.

Tout est donc en place pour que l’état-major prenne en charge une vaste opération de manipulation de l’information qui ne comporterait pas seulement l’envoi de tracts, mais cette fois la diffusion de fausses informations dont les sources seront cachées, l’attaque de sites informatiques, l’envoi de « journalistes » chargés de diffuser des enquêtes formatées au Pentagone, tous les moyens étant bons pour tromper les médias et les opinions des pays ciblés.

Cette vision digne de Big Brother a fait des vagues au Pentagone, où plusieurs généraux ont fait remarquer que ce n’était pas le rôle de l’armée, qu’il y avait d’autres agences spécialisées dans ce domaine de la manipulation et qu’un tel recours au mensonge pourrait décrédibiliser le Pentagone en l’entraînant dans des missions d’information illégales. La loi interdit aux agences fédérales de diffuser de fausses informations à l’intérieur des Etats-Unis. Ils trouvent curieux que, pour répondre aux critiques qui se sont élevées à la suite des bombardements qui ont fait des victimes civiles innocentes en Afghanistan et à l’incapacité de l’US Air Force d’en expliquer les raisons, on ait choisi de confier la direction de l’OSI à un général d’aviation. Une colonelle en retraite, Virginia Pribyla, ancienne chef du bureau de presse des forces aériennes, interrogée par le Washington Post, note que le problème avec ces « guerriers de l’information » est qu’ils ne voient « rien de mal à ne pas dire la vérité ». Ce n’est sans doute pas la première fois qu’une agence américaine a recours à l’intox, aux mensonges pour imposer les vues de Washington, et déstabiliser l’opinion de ceux qui refusent de s’incliner devant les oukases de l’empire, mais que la proclamation en soit désormais officialisée en dit long sur le mépris des dirigeants américains pour leur opinion et celles des autres peuples.

Source : L’Humanité (22/02/2002)

La propagande comme arme de guerre

Les récentes révélations du « New York Times » selon lesquelles Washington envisagerait une stratégie délibérée de désinformation, notamment auprès des médias étrangers, dans le cadre de la guerre contre le terrorisme, continuent de provoquer un tollé. Tandis que les médias américains ont accordé un large écho à cette affaire, les organismes de défense de la liberté de la presse et de surveillance des médias s’indignent de cette éventualité.

Jusqu’à quel point les Etats-Unis sont-ils prêts à manipuler les médias pour arriver à leurs fins ? Information partisane, rumeur, désinformation ? Les récentes révélations du New York Times ont de quoi inquiéter les défenseurs de la liberté de la presse. Dans son édition du 19 février, le quotidien américain affirme que le Pentagone a conçu des plans visant à fournir des informations biaisées, voire fausses, à des organes de presse, dans des pays « amis » ou « ennemis » des Etats-Unis.

Selon le New York Times, un service peu connu du Pentagone, le Bureau de l’influence stratégique (OSI), créé après le 11 septembre, a proposé une vaste campagne médiatique qui pourrait inclure l’envoi de fausses informations à destination de pays hostiles, mais également de nations alliées, dans le cadre d’une nouvelle stratégie de communication liée à la guerre contre le terrorisme. L’OSI aurait en outre proposé « un vaste éventail de mesures, allant de campagnes » noires « utilisant la désinformation et d’autres activités secrètes, aux relations publiques » blanches « reposant sur les communiqués véridiques ». Ce pourrait être des « campagnes agressives qui n’utilisent pas seulement la presse étrangère et Internet, mais aussi des opérations sous couverture ».

La réaction du Pentagone ne s’est pas fait attendre. Dès mercredi, les autorités militaires américaines, sur la défensive, sont montées au créneau. Le secrétaire d’Etat américain à la défense, Donald Rumsfeld, a assuré que le Pentagone disait « la vérité » et n’entendait pas « désinformer le public ou la presse ». Il n’a toutefois pas exclu que pour déjouer l’ennemi les Etats-Unis n’usent de « tactiques de manipulation ». Allant dans le même sens, le chef d’état-major interarmes Richard Myers, rendant visite aux soldats américains en Afghanistan, a ensuite affirmé catégoriquement : « Nous ne mentirons jamais au peuple américain ou à nos partenaires de la coalition » antiterroriste. « C’est quelque chose que, tout simplement, nous ne faisons pas », a-t-il dit, insistant cependant sur l’importance pour les stratèges américains de contrer « les fausses informations et la propagande » de l’ennemi.

Consternation

Les responsables américains ont ainsi cherché ainsi à « calmer le jeu », mais ne sont pas parvenus pour autant à faire taire l’indignation provoquée par cette possible désinformation au sein des défenseurs de la liberté de la presse et organismes de surveillance des médias.

D’autant plus que, jeudi, emboîtant le pas au New York Times, l’Institut international de la presse (IPI) a rendu public son rapport annuel dans lequel l’administration Bush est accusée de manipuler l’information. « La manière dont l’administration Bush a réagi au travail des médias pendant la guerre en Afghanistan, sa tentative de supprimer l’expression des médias indépendants, a été notre grande surprise en 2001 », s’insurge David Dadge, auteur du rapport. Selon lui, « il y a, au sein de l’administration Bush, un désir de contrôler l’information ».

M. Dadge s’est également déclaré très inquiet face aux révélations du quotidien new-yorkais. « Si elle est avérée, c’est une nouvelle consternante. Il sera désormais très difficile de faire confiance aux informations communiquées par le gouvernement américain. (…) Il semble que l’Amérique soit en train de prendre modèle sur la Russie sur la manière dont il faut traiter les médias. (…) Cela aura un effet dévastateur dans le reste du monde. Jusqu’à présent on donnait l’Amérique en exemple pour le respect des principes démocratiques, cela ne sera plus crédible », a-t-il regretté.

Critiquant les « pressions » exercées par le département d’Etat américain à l’encontre de médias américains ou étrangers, l’IPI révèle par ailleurs que « deux éditorialistes ont perdu leur emploi après avoir critiqué l’action du président Bush le jour des attentats [du 11 septembre], un animateur de télévision a été réprimandé par la Maison Blanche pour avoir fait une remarque jugée non patriotique lors d’une émission ».

Reporter sans frontières (RSF), organisation de défense des libertés de la presse, a demandé, dans un courrier au secrétaire d’Etat américain à la défense, de « rejeter catégoriquement le recours à la propagande ». Pour Robert Ménard, secrétaire général de RSF, « une telle décision ne peut (…) que ruiner l’image des Etats-Unis et discréditer les informations délivrées par le secrétaire d’Etat à la défense ». « Comment expliquer que les Etat-Unis recourent à la propagande et à la désinformation après avoir eux-mêmes violemment dénoncé la » propagande « d’Oussama Ben Laden et les médias qui la diffusent ? »

« Mentir délibérément ou répandre de la désinformation ne peut avoir qu’un impact terrible à long terme pour tout pays se prétendant ouvert et démocratique », a estimé pour sa part Paul McMasters, du Forum de la liberté, un centre de recherches sur la liberté d’information à Washington. « Il n’existe aucune justification pour cela. Il n’y a que des désavantages pour le gouvernement américain à copier les communistes et l’ex-Union soviétique dans la bataille de la désinformation », a affirmé de son côté Reed Irvine, fondateur du groupe Exactitude dans les médias.

Source : Le Monde (22/02/2002)

La « propagande noire » du Pentagone inquiète l’Amérique

Le Pentagone, ça commence à se savoir, développe des armes très sophistiquées. Mais a-t-il réinventé le boomerang ? L’Office of Strategic Influence, dont le New York Times vient de révéler la création peu après le 11 septembre, est en train de se retourner contre ses inventeurs. Cette nouvelle structure secrète (ou en tout cas discrète puisque personne n’en connaissait l’existence hors d’un secteur limité de l’administration), a pour mission de contrecarrer, partout et par tous les moyens, la propagande et l’information hostiles aux Etats-Unis, en temps de paix comme en temps de guerre, et d’imposer la communication de Washington pour faire reculer les sentiments anti-américains.

Tous les moyens ? Les premiers travaux de l’OSI montrent qu’il n’en exclut aucun, y compris les opérations secrètes de désinformation : diffusion de fausses nouvelles, envois d’e-mail camouflés, attaques informatiques pour détruire une source hostile. Mais le nouvel Office, dont le Département de la défense assure qu’il n’a pas encore été officiellement approuvé alors qu’il existe depuis plusieurs mois, a rencontré ses premiers ennemis à l’intérieur même du Pentagone. Ce sont les services chargés de l’information militaire « normale » qui ont organisé la fuite vers le New York Times, dans le combat qu’ils mènent pour ne pas être engloutis ou manipulés par ce bureau secret obéissant au sous-secrétaire Douglas Feith, l’un des faucons du Pentagone. La perspective de voir un département de l’administration, autre que la CIA, utiliser des techniques de désinformation, a déclenché immédiatement un concert de protestations, y compris de Norman Schwarzkopf, le général de la guerre du Golfe. Les Européens ne manqueront pas de protester eux aussi, puisqu’ils pourraient être les cibles des actions de l’OSI.

Source : Le Temps (21/02/2002)

Le Pentagone a créé un bureau pour mener la « guerre » de l’information

Les militaires sont tentés de traiter l’information comme de la propagande. Un nouvel exemple en est offert par le ministère américain de la défense, où a été créé secrètement un Office de l’influence stratégique (OSI) chargé de mener la « guerre de l’information ».

Placé sous le commandement d’un général d’aviation, Simon Worden, et le contrôle de Douglas Feith, sous-secrétaire à la défense chargé de la politique, cet office, dont l’existence a été révélée par le New York Times, a pour tâche de diffuser des informations qui servent la cause des Etats-Unis dans la lutte contre le terrorisme. Un débat aurait lieu, au Pentagone, sur le point de savoir si l’OSI peut pratiquer la désinformation, c’est-à-dire diffuser de fausses nouvelles pour tromper l’ennemi via, au besoin, les médias de pays alliés.

« Le Pentagone ne diffuse pas de désinformation à la presse étrangère ni à aucune autre presse », a assuré le secrétaire à la défense, Donald Rumsfeld, lors d’une visite, mercredi 20 février, aux militaires qui participent à la sécurité des Jeux olympiques de Salt Lake City.

Le ministre a confirmé l’existence de l’OSI, en précisant qu’il s’agissait d’une subdivision de l’Office des opérations d’information, lequel dépend de l’état-major interarmées, et s’est lancé dans un long développement visant à définir ce qu’il faut entendre par « influence stratégique » et « opérations d’information ». Il a cité d’abord plusieurs actions menées en Afghanistan : largage de rations alimentaires, émissions de radio et envoi de tracts invitant les talibans à se rendre, récompenses offertes pour la capture des dirigeants d’Al-Qaida. Il est passé ensuite à la « tromperie », laquelle peut avoir, a-t-il expliqué, un caractère tactique, sur le champ de bataille, ou stratégique, à destination des états-majors. Pour illustrer ce dernier cas, il a évoqué l’opération des Alliés, en 1944, afin de faire croire à l’Allemagne qu’ils allaient débarquer à Calais, tout en se préparant à le faire en Normandie.

Le 25 septembre 2001, lors d’une de ses premières conférences de presse, alors qu’on lui demandait s’il était exact que les officiers et les fonctionnaires civils du Pentagone avaient été autorisés à mentir aux journalistes, M. Rumsfeld avait dit : « Je ne crois pas avoir jamais menti à la presse et je n’ai pas l’intention de commencer maintenant. »

La création de l’OSI s’inscrit dans la rivalité entre le ministère de la défense, le département d’Etat et, surtout, la CIA, chargée officiellement des mesures dites « actives » (opérations de déception, désinformation et camouflage). M. Rumsfeld a rappelé que le département d’Etat dispose d’un service chargé de ce qu’on appelle la diplomatie publique. Dirigé par l’ancienne reine de la publicité, Charlotte Beers, ce service est considéré comme inopérant par le Pentagone.

Source : Le Monde (21/02/2002)

Mensonge d’Etat aux Etats-Unis

Un temps dénoncée comme l’apanage du seul totalitarisme, la propagande aura bientôt sa propre administration aux Etats-Unis. Derniers avatars de sa croisade mondiale contre le terrorisme, l’armée américaine entend se doter des moyens de mener campagne sur le front de la désinformation. A l’étude au département de la Défense, et avec la bienveillante approbation de son ministre Donald Rumsfeld, la création d’un « Bureau des influences stratégiques » (Office of Strategic Influence, OSI), dont le rôle, révélé hier par le New York Times, serait d’« influencer l’opinion publique et les responsables gouvernementaux à la fois dans les pays amis et les pays non alliés ». Son patron, nommé au lendemain des attentats du 11 septembre, le général Simon Worden, « considère sa mission comme large, allant de campagnes « noires » utilisant la désinformation et d’autres activités secrètes aux relations publiques « blanches » faites de communiqués véridiques », explique le quotidien, qui précise que « ces projets, qui n’ont pas encore été définitivement approuvés, soulèvent l’opposition de certains responsables du Pentagone, qui estiment qu’ils pourraient saper la crédibilité de l’information délivrée par les porte-parole du département ».

Source : Libération (20/02/2002)

Archive strategique.free.fr

Source : Geopolintel

Chine/États-Unis : La Course à l’Or Noir (vidéo)

Dans Afrique, Amérique du Sud, Asie Centrale, États-Unis, Capitalisme, Chine, Communisme, Conseil de Sécurité, Crise Énergétique, Darfour, Faucons de Washington, Géopolitique, Géostratégie, Guerre de l'Énergie, Hu Jintao, Hugo Chavez, Inde, Iran, Lobby Pétrolier, Mahmoud Ahmadinejad, Nations Unies, ONU, OPEP, Pétrole, Soudan, Taiwan, Tchad, Unocal, Venezuela le 24 avril 2010 à 20:20

Afrique, Amérique Latine, Asie Centrale, Moyen-Orient : les dirigeants chinois multiplient les voyages pour arracher contrats et concessions pétrolières sur les cinq continents. Mais ils se heurtent sans cesse à la présence des États-Unis.

Longtemps protégés derrière leurs frontières naturelles et leurs convictions idéologiques, les dirigeants de Pékin n’ont plus le choix aujourd’hui : pour soutenir leur impressionnante croissance économique, ils doivent courir la planète à la recherche du précieux or noir. L’enquête de Jean-Christophe Klotz nous mène du Venezuela au Tchad, dans le sillage d’hommes d’affaires chinois dont les talents de négociateurs (selon le principe du “gagnant/gagnant“) sont largement reconnus. Alors que les Européens ont la réputation de lier leurs accords à des engagements formels sur les droits de l’homme ou la démocratie, les Chinois sont avant tout appréciés pour leur sens pragmatique des affaires, refusant de se mêler de la “politique intérieure” des États avec qui ils commercent. Des contrats sont donc signés à tour de bras avec, en échange pour les pays signataires, le précieux soutien de l’Empire du Milieu dans le domaine du développement des infrastructures, et la possibilité pour ce dernier de brandir son droit de veto aux Nations Unies pour protéger ses fournisseurs et obligés, le Darfour ou l’Iran par exemple. Sur ce point, la Chine et les États-Unis, qui déjà rivalisent sur le terrain dans la course au pétrole, sont en opposition frontale…

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