Archive | décembre, 2009

Jesus Camp (vidéo)

31 déc

Réalisé par Heidi Ewing et Rachel Grady, Jesus Camp est un documentaire sidérant que Mecanoblog vous propose de voir et qui traite de l’endoctrinement de jeunes américains par des prosélytes évangélistes ultra-radicaux.  A travers des images saisissantes d’une certaine Amérique, on découvre le fanatisme de certains, l’embrigadement d’autres et surtout le fonctionnement de cette “machine” à embrasser l’Evangile dans sa forme la plus violente. Les familles que vous verrez dans le film représentent une force électorale influente qui fait de plus en plus entendre sa voix dans la vie culturelle et politique américaine. Elles préparent non seulement le retour de Jésus, mais elles s’apprêtent également à “reprendre le pouvoir en Amérique au nom du Christ“, entraînant avec elles leurs enfants. Des enfants qui attendent de recevoir la parole divine, et s’agitent, en transe, comme possédés, quand l’Esprit-Saint parle en eux ; des mômes qui maudissent Harry Potter – parce qu’un héros sorcier est une chose sacrilège - des gamins qui vénèrent le leader de leur pays, et embrassent son effigie en carton. Avec plus de 300 millions d’habitants, les Etats-Unis comptent 224 millions de Chrétiens dont 80 à 100 millions d’Evangélistes, 4 millions de Juifs et un million et demi de Musulmans.

Jesus Camp a été nommé aux Oscars 2007 dans la catégorie meilleur documentaire.

Première partie

Deuxième partie

Troisième partie

Quatrième partie

Cinquième partie

CS : Aux origines du sionisme chrétien (vidéo)

30 déc

Comprendre l’actualité du conflit Israelo-Palestinien ne peut se faire sans la compréhension de l’histoire de ce conflit. Depuis la fin du Moyen Age, une seule lecture de cette histoire domine en Occident : celle des historiens de la Bible. La thèse principale sur laquelle repose le travail des historiens bibliques considère que « l’Ancien Royaume d’Israël » est une vérité historique absolue et incontestable et insiste sur l’existence d’une affiliation directe entre ce vieux Royaume et l’actuel Etat d’Israël, qui n’en serait que la continuité.

Cette continuité puriste et exclusive a donc besoin, pour exister, d’écarter toute autre continuité qui lui serait concurrente et qui oterait de sa légitimité, en l’occurrence une continuité de l’histoire palestinienne. Selon cette optique, l’histoire de la région ne peut être qu’exclusivement israélienne, tout comme la région elle-même doit être exclusivement israélienne.

La revendication de la propriété de la terre dégénère donc en une revendication d’en posséder l’histoire. Posséder le pouvoir de décréter que ceci est « vrai » et ceci est « faux ». Confisquer la terre ne peut donc passer sans en confisquer l’histoire, qui à son tour ne peut se faire sans confisquer le langage et les mots, et c’est là que nous entrons dans la dimension politique de l’affaire qui est une autre question.

 Pour ces historiens, la Torah et la Bible Chrétienne sont considérées comme références fiables dont on peut tirer des vérités historiques, et les évènements qui sont cités doivent impérativement etre corroborés par les fouilles et études archéologiques. La recherche archéologique a donc un but fixé à l’avance : celui d’affirmer et prouver l’authenticité du texte religieux. Si elle ne le valide pas, elle est invalidée à son tour, quel que soit son objectivité et son sérieux.

Quand l’histoire, plus généralement la science, se mêle avec les dogmes religieux, il n’est donc pas étrange que le fait historique et le fait religieux soit les deux revers d’une même médaille et que ceux qui nous défendent de contester le dogme religieux auquel ils croient soient les mêmes qui nous défendent de contester la lecture historique qui en dérive. Actuellement, cette lecture se trouve meme contestée par des historiens israéliens à l’image de Shlomo Sand, Ilan Pappé, etc… qui sont par ailleurs des figures importantes du mouvement des “nouveaux historiens” qui fait polémique en Israel et ailleurs.

Ce documentaire, essentiellement basé sur les documents des archives britanniques, français, russes, turques, retrace l’influence majeure que ce genre de lectures de l’histoire du Moyen-Orient a eu sur la genèse de l’idéologie sioniste chrétienne, qui est apparue des décennies et des décennies avant que le sionisme juif ne prenne naissance, et les liens étroits qu’elle a entretenu avec l’idéologie colonialiste occidentale depuis le 18ème siècle

C’est une approche profonde de l’histoire de ce conflit qui continue à faire actualité, qui tire son originalité du recours méthodique à des éléments des archives occidentales, auxquels on ne fait meme pas référence dans les documentaires occidentaux traitant de la question, lesquels reprennent généralement l’histoire depuis l’année 1948, ne font qu’étaler la chronologie de ses évènements “clés” et n’osent que rarement la creuser plus profondément.

Première partie (Wat.tv)

Deuxième partie (Wat.tv)

Pour creuser le sujet : -”Comment le peuple juif fut inventé” – Shlomo Sand -”L’invention de l’Ancien Israel : mise sous silence de l’histoire Palestinienne” – Keith Whitelam (The Invention of Ancient Israel : The Silencing of Palestinian History) -”La Bible dans l’Histoire : comment les historiens crèent le passé ?” Thomas L. Thompson (The Bible in History : How Writers Create a Past)

Source : http://www.alterinfo.net/Documentaire-d-Aljazeera-Aux-origines-du-sionisme-chretien-videos_a40160.html

Le redéploiement géostratégique américain (vidéo)

30 déc

Les Etats-Unis possèdent 761 bases militaires à l’étranger officielles réparties sur les cinq continents. L’ancien adversaire soviétique de la Guerre Froide n’étant plus le principal ennemi, le Pentagone a du remodeler sa stratégie mondiale d’emplacement des bases militaires afin d’être plus proche des différents théâtres du conflit actuel, la Guerre contre le Terrorisme. Datant de 2004, l’émission le Dessous des Cartes d’Arté développe les raisons du nouveau redéploiement géostratégique global américain.

L’Afghanistan : un business américain (vidéo)

30 déc

Sympathique et éloquent petit montage utilisant des passages du docu-fiction Fahrenheit 9/11 de Michael Moore et du magazine géopolitique le Dessous des Cartes d’Arté présenté par Jean-Christophe Victor qui illustre la véritable raison de la Guerre d’Afghanisation menée par la coalition atlantiste de l’ISAF sous le commandement du général américain Stanley McChrystal.

Guerre des plumes entre le Maroc et l’Algérie

30 déc

Par Ali Chibani

Quand la presse algérienne défend « la Gandhi du Sahara Occidental », les titres marocains décèlent un « piège algérien (1) ». La grève de la faim observée depuis le 15 novembre par la militante sahraouie Aminatou Haïdar à l’aéroport de Lanzarote, aux Canaries, après qu’elle a été refoulée par les autorités marocaines, a ravivé les querelles entre journalistes des deux pays. Une vieille guerre que chaque camp justifie.

la militante sahraouie Aminatou Haïdar

Nourdine Jouhari, directeur de la rédaction de Maroc Hebdo International, estime que la défense du territoire, le maintien du Sahara Occidental sous l’autorité de la monarchie, fait l’unanimité dans son pays. Pour lui, seule l’autonomie du « Sahara marocain » est acceptable, car « il y va de la survie de la marocanité et de l’intégrité territoriale du pays ». Son hebdomadaire n’a de cesse d’évoquer un possible conflit armé avec le voisin algérien. Ces dernières années ont en effet été marquées par un renforcement de l’arsenal militaire algérien, et la presse marocaine suit de près ce dossier. C’est le cas de Maroc Hebdo International, qui énumère dans le détail les nouvelles acquisitions algériennes et conclut : « “Qui veut la paix prépare la guerre”, conseille le dicton. Alger, surtout, et, dans une moindre mesure, Rabat, ne dérogent pas à la règle (1) . »

« Notre position [pour l’indépendance des territoires sahraouis] est déterminée par notre histoire, rétorque Mohammed Touati journaliste au quotidien algérien L’Expression. Nous avons vécu cent trente ans d’un colonialisme brutal, nous ne pouvons donc pas accepter que d’autres peuples vivent la même expérience. » Merzak Tigrine, journaliste à Liberté, partage cet avis : « Nous condamnons l’occupation du territoire sahraoui comme nous condamnons la barbarie israélienne contre les Palestiniens. Nous sommes passés par là ! »

Tout porte à polémique. Le 18 septembre 2009, la presse marocaine rapporte que des « violations des droits de l’homme [dans les camps des réfugiés] à Tindouf ont été dénoncées vigoureusement à Genève par une délégation de Sahraouis unionistes ». L’Expression réplique par une diatribe sans concession contre la « délégation sahraouie fantoche (2)  » dont les membres sont traités de « harkis ». Néanmoins, le journal algérien appelle les Marocains à se prononcer en faveur de l’autodétermination du Sahara occidental. Et il leur rappelle leur engagement passé en faveur de l’indépendance de l’Algérie : « Le peuple marocain, dont la longue tradition de lutte contre la torture et le respect des droits de l’homme est devenue un symbole, trouve en la cause sahraouie le plus bel exemple de fraternité entre les peuples… »

Karim Boukhari, directeur de rédaction à l’hebdomadaire indépendant marocain TelQuel, se méfie des surenchères : « Nous nous efforçons de garder la tête froide au sujet du Sahara. On tente d’éviter des termes comme “séparatistes” – on parle plutôt d’“indépendantistes” – pour qualifier les membres du Front Polisario. On évite des expressions comme “la cause de tous les Marocains”, et tout ce qui ressemble de près ou de loin à la propagande, tant marocaine que non marocaine. Ce n’est pas toujours évident, puisque cela peut nous valoir des incompréhensions, même chez certains de nos lecteurs. »

Certains d’entre eux sont, en effet, habitués à une condamnation sans nuance de l’Algérie, censée être la seule à entraver le processus de paix au Sahara Occidental à cause des « appétits de la junte militaire […], qui avance sans ambages la solution du partage d’un territoire séculairement rattaché au Royaume (3). »

« L’Algérie crée tous les problèmes possibles pour éviter la fin du conflit avec le Sahara Occidental », affirme Nourdine Jouhari. A quoi les médias algériens ripostent que la monarchie n’offre aux Sahraouis que le statut de province autonome et refuse l’organisation d’un référendum sur leur indépendance. Mohammed Touati insiste : « Nous défendons, certes, la cause sahraouie, mais ce n’est pas pour autant que nous voulons être partie prenante du conflit. Nous souhaitons la tenue d’un référendum pour permettre aux Sahraouis de faire leur choix. Et s’ils optent pour leur rattachement à la monarchie marocaine, nous respecterons leur décision. »

Une chose est sûre : les journalistes algériens se sentent confortés par l’Organisation des Nations unies (ONU), qui considère le Sahara Occidental comme l’un des seize derniers « territoires non autonomes » entrant dans ses efforts de « décolonisation ». Le directeur d’Aujourd’hui le Maroc minimise ces résolutions et tranche : « La solution réaliste ne peut tourner qu’autour du projet d’autonomie proposé par le Maroc. Un point c’est tout (4). »

Aussi, Nourdine Jouhari peut expliquer : « La proposition d’organiser un référendum sur l’“autonomie des provinces sahariennes” a été acceptée par la communauté internationale. Mais Alger veut empêcher sa réalisation. »

Dans cette lutte au couteau, le journaliste tente souvent de ternir l’image du camp adverse. Côté algérien, la presse opère un parallèle entre les peuples sahraoui et palestinien, et utilise une même terminologie pour les deux conflits, parlant de « territoires occupés » et d’« Intifada » ; La Tribune dénonce les « forces d’occupation marocaines ».

El Moudjahid se fait la voix du Front Polisario en couvrant les voyages de M. Mohamed Abdelaziz, « président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) », et en reprenant les informations de l’agence de presse sahraouie SPS. Quant à Mohammed Touati, il égratigne ses confrères marocains : « Nous reprenons les articles pour rectifier le tir. Nous nous sentons agressés par tous ceux qui refusent l’indépendance des populations colonisées. »

Les journalistes marocains, eux, exploitent les mouvements sociaux chez leurs voisins, notamment ceux du « pays kabyle (5) », que Maroc Hebdo International décrit aussi comme une « Intifada ». Rappelant la naissance d’un mouvement autonomiste kabyle, l’hebdomadaire ironise sur le soutien aux Sahraouis et fait mine de s’interroger : « Et si le Maroc, sans autre forme de cynisme à l’algérienne, revendiquait devant les instances internationales le droit du peuple kabyle à disposer de lui-même, quitte à se constituer en Etat souverain… (6)  ? » « Cette extrapolation me fait rire ! Que je sache, en Algérie, il n’y a pas de peuple en danger », réplique Mohammed Touati. « Nous n’avons pas inventé de revendications pour le peuple algérien, se défend le rédacteur en chef de Maroc Hebdo International. Nous ne sommes pas pour le démembrement de l’Algérie. »

Des deux côtés, les journalistes s’alignent le plus souvent sur les positions des autorités politiques. Les accusations réciproques fusent. Ainsi, le quotidien arabophone algérien Al Khabar désigne les hôpitaux marocains comme destinataires d’un trafic d’organes d’enfants qui se fournit en Algérie. Maroc Hebdo International riposte en dénonçant les « nombreuses dérives de la presse algérienne (7)  ».

Les journalistes sont-ils manipulés par le pouvoir ? « Je ne subis aucune pression et personne ne me force à écrire mes articles, se défend Mohammed Touati. Pour moi, c’est la presse marocaine qui n’est pas libre… ». Nourdine Jouhari soutient que le Palais n’exerce aucune pression sur sa profession. « Il n’y a pas non plus d’autocensure, mais de la responsabilité. Quand nous écrivons sur le Sahara marocain, nous avons en tête le conflit avec l’Algérie et avons conscience de la nécessité de défendre l’intégrité de notre territoire. » Karim Boukhari, lui, rappelle que TelQuel est allé enquêter sur les camps de Tindouf en Algérie et que « les conclusions de [ses] reporters allaient à l’encontre de la propagande marocaine ». Un reportage mal perçu par des internautes marocains, qui ont accusé l’hebdomadaire de « manque de professionnalisme ».

Cette guerre des plumes contribue à l’enracinement du conflit dans les consciences. Toute nuance devient suspecte. Quand le souverain marocain fait part de sa volonté d’ouvrir ses frontières, El Watan y voit un signe de « l’aggravation de la situation socioéconomique au Maroc (8)  » et Le Soir d’Algérie une volonté d’envoyer en Algérie les Marocains pauvres.

Pour Jamal Berraoui, de La Gazette du Maroc, « le véritable conflit est entre le Maroc et l’Algérie. Le Sahara marocain sert de prétexte à deux nationalismes qui s’affrontent ! » Karim Boukhari ajoute : « Le conflit du Sahara est essentiellement une guerre de diplomatie officielle et parallèle, une guerre de “lobbies”, de propagande, etc. Je crois que toutes les parties l’acceptent et s’en accommodent. C’est même devenu un cache-misère et un bon moyen de désinformation. »

« La presse des deux pays devrait agir pour une solution humaine du problème, estime Jamal Berraoui, qui voit « la société sahraouie en pleine transformation alors que les journalistes ne suivent pas ». Et d’ajouter : « Les deux presses se sont dévalorisées parce qu’elles ne font pas leur travail d’information. Elles relaient seulement la position officielle », avant de conclure : « S’il n’y a pas de dialogue entre Alger et Rabat, ce problème durera encore trente ans. »

Notes

(1) Maroc Hebdo International, Casablanca, 9 au 15 décembre 2009.

(1) Maroc Hebdo International, 25 septembre au 1er octobre 2009.

(2) L’Expression, Alger, 20 septembre 2008.

(3) La Gazette du Maroc, Casablanca, 4 mars 2002.

(4) Aujourd’hui le Maroc, Casablanca, 1er septembre 2008.

(5) Maroc Hebdo International, 30 octobre au 5 novembre 2009.

(6) Maroc Hebdo International, 23 au 29 mai 2008.

(7) Maroc Hebdo International, 23 au 29 mai 2008.

(8) El Watan, Alger, 22 mars 2008.

Source : http://www.monde-diplomatique.fr/2010/01/CHIBANI/18657

Yémen : l’internationalisation d’une guerre oubliée

29 déc

La guerre oubliée du nord du Yémen fait toujours rage. L’opération « Terre Brûlée » a été déclenchée par le gouvernement yéménite, le 11 août 2009, contre les insurgés Houtis, des rebelles zaydites en lutte depuis 2004. Il y aurait d’ores et déjà plus de 175 000 réfugiés dans une guerre sans pitié : attaques d’hôpitaux et de villages, condamnation à mort de prisonniers, déplacement de populations, embuscades contre des officiers généraux yéménites, etc.

Pour Convaincre

Cela ressemble déjà à un embryon de guerre régionale. Les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite, peut-être l’Iran, seraient de plus en plus militairement impliqués dans ce conflit. Les quelques lignes suivantes sont élaborées à partir de sources ouvertes occidentales, iraniennes ou arabes et ont pour seule portée de mettre en perspective ces informations parfois contradictoires sur l’internationalisation du conflit. 

L’Arabie Saoudite

Après avoir contribué à un blocus naval yéménite pour surveiller les importations illicites d’armement, l’Arabie saoudite aurait d’abord créé une zone tampon à la frontière yéménite. Puis, début novembre 2009, les forces armées saoudiennes ont débuté leur opération militaire interarmées contre les rebelles Houthis, en représailles à l’attaque d’un poste frontalier. Déjà, depuis le 19 octobre, les rebelles accusaient les Saoudiens d’appuyer l’offensive de l’armée yéménite.

Depuis, les saoudiens ont mené de nombreuses opérations terrestres, maritimes et aériennes contre les rebelles. Des combats auraient lieu dans le port de Maydi, le long de la frontière saoudienne pour couper cet axe de ravitaillement logistique houthi. Des villages frontaliers auraient été bombardés et des combats terrestres auraient fait rage à plusieurs reprises dans la région des Monts Al-Dukhan, Al-Ramih et Al-Doud. Selon Amnesty international, des bombes au phosphore auraient été utilisées contre des combattants et des civils, sans que cette information ne soit confirmée.

Les Etats-Unis

Les Etats-Unis ont avancé vers un nouvel accord militaire avec le Yémen. Le 10 novembre 2009, une délégation militaire américaine interarmées, menée par le général de brigade Jeffrey Smith, a conclu des pourparlers avec leurs homologues yéménites, dont le major général Ahmed al-Ashwal. Après des discussions qualifiées de franches et constructives, un accord a été signé pour renforcer la lutte contre les menaces affectant la population yéménite. Sous couvert de lutte contre Al-Qaïda et la piraterie, les américains auraient donc intensifié leur coopération militaire avec le gouvernement du Yémen.

Des forces spéciales américaines auraient été envoyées au Yémen pour former des forces armées locales, incapables de défaire les Houthis et Al-Qaïda. En décembre 2009, les rebelles ont accusé les américains d’avoir mené des raids contre leurs positions, lors d’une trentaine de sorties. Les Etats-Unis ont démenti et ont admis fournir seulement une aide logistique et un appui renseignement dans la lutte contre Al-Qaïda. Rien d’illogique à cela car le président Obama avait prévenu, lors de son discours de West point du 1er décembre 2009 : « Là où Al-Qaïda et ses alliés tenteront d’établir une emprise, que ce soit en Somalie, au Yémen ou ailleurs, ils devront se heurter à une pression croissante et à de solides partenariats ». Cet appui sert, au moins indirectement, à appuyer l’armée yéménite contre son autre adversaire (non lié) : les Houthis.

L’Iran

L’Iran est toujours accusé de soutenir les Houthis, malgré les démentis réguliers de M. Mottaki, ministre iranien des affaires étrangères. Toutefois, le 10 novembre 2009, il a « conseillé fortement aux pays voisins et à ceux de la région de ne pas s’ingérer dans les affaires intérieures du Yémen et de chercher à restaurer la paix et la stabilité dans le pays ». La question de l’aide iranienne reste entière. Quelques informations accréditent cette thèse sans pour autant être réellement des preuves. Les zaydites sont chiites mais c’est un peu court comme explication. Depuis maintenant 4 mois de combats relativement intenses, les rebelles ne sont pas à court de munitions et de matériel. Il existe donc des flux logistiques clandestins. L’Iran a été pointé du doigt.

Le port de Maydi pourrait être un point d’entrée logistique rebelle dans un Yémen dont la plupart des frontières sont relativement poreuses. La marine iranienne a renforcé fin novembre sa flotte au large du Yémen avec la présence de commandos à bord pour, officiellement, lutter contre la piraterie. Le 22 novembre, des pêcheurs yéménites se seraient plaints d’être harcelés par des militaires iraniens déployés sur des cargos de ce pays. Les troupes yéménites auraient aussi capturé 26 somaliens qui combattaient avec les Houthis. Des soupçons sur l’existence de camps d’entraînement Houthis en Somalie existent. Un bateau de pêche, certes modeste, aurait été saisi fin novembre avec des armes iraniennes. Des rumeurs persistantes dans la presse du Moyen-Orient indiquent des relations entre le Hezbollah libanais, parrainé par l’Iran, et les rebelles Houtis. Si l’appui du gouvernement iranien est loin d’être prouvé et démenti par celui-ci, l’appui financier et logistique de personnes privées iranienne n’est également pas à exclure.

Quelques commentaires

Le Yémen est un pays tourmenté par la guerre et miné par la faiblesse de l’Etat, la pauvreté généralisée, la baisse de la production de pétrole, la baisse des réserves d’eau potable, la présence d’Al-Qaïda dans le sud,  la rébellion zaydite dans le nord, le développement de la piraterie, le crime organisé et la délinquance. Cette situation fait penser à un mélange de la situation en Afghanistan au début des années 1990 et en Somalie actuellement, avec évidemment des paramètres purement locaux. Comparaison n’est pas raison mais cette situation pourrait rapidement devenir explosive sans aide internationale, notamment à l’Etat yéménite.

Ce pays pauvre conserve une place stratégique pour le commerce international et son instabilité s’avère difficilement tolérable dans la durée. Le Yémen, comme la Somalie, est en effet stratégique pour l’économie mondiale car ces deux pays permettent de contrôler le golfe d’Aden et indirectement le détroit de Bab el-Mandeb et la route de Suez par laquelle passent environ 1 500 à 2 000 navires par mois. De plus, l’exploitation du Yemen liquefied natural gasproject (source de richesse potentielle), dont Total est partie prenante, nécessite de la sécurité et de la stabilité.

Le risque de conflit entre l’Iran et les Etats-Unis est bien réel. Ils n’ont pas les moyens de le faire directement, mais un affrontement indirect reste envisageable. La situation au Yémen, la guerre du Liban de 2006, celle de Gaza en 2009, le conflit iraquien depuis 2003 posent la question de l’existence d’un conflit armé indirect entre l’Iran et les Etats-Unis, par l’intermédiaire d’organisations (Hezbollah, Hamas, Al-Houti, etc.) ou d’Etats alliés (Israël, Yémen, Egypte, Arabie Saoudite, etc.), liés ou non entre eux. Ce type de confrontation indirecte a été mis en œuvre durant la guerre froide entre américains et soviétiques, dans le tiers-monde (Viêt-Nam, Angola, Cuba, Afghanistan, Rhodésie, Nicaragua, etc.). Ce n’est donc pas une nouveauté mais un nouveau risque de dérapage entre les puissances américaines et iraniennes est réel.

L’Etat yéménite existe toujours et son armée également. Même s’il n’est pas parfait, il peut encore agir mais il a besoin de soutien extérieur. Il serait sans doute nécessaire de l’aider militairement et économiquement, indirectement et directement, tant qu’il est encore temps, pour éviter à ce pays de sombrer dans le chaos. Certains pays s’y attèlent déjà, de manière partiale. Cela n’avait pas été fait à temps en Afghanistan et en Somalie, au début des années 90, pour de « bonnes » et de « mauvaises » raisons. Une question subsiste : pourra-t-on éviter, à terme, une intervention internationale, pour rétablir l’ordre dans cette zone stratégique ?

Source : http://www.alliancegeostrategique.org/2009/12/28/yemen/

Un angoissant plan d’urbanisme

29 déc

Par Kevin Henry

La Lointaine” s’effondrera-t-elle “accidentellement” ?

l’église Saint-Jean Baptiste

Un plan d’action pour la sauvegarde du patrimoine culturel de la Vieille Ville de Jérusalem élaboré par l’Unesco est actuellement en cours et concerne notamment la restauration de l’église Saint-Jean Baptiste à Jérusalem sous l’approbation du patriarche grec-orthodoxe, la restauration de la cathédrale arménienne Saint-Jacques, en colaboration avec la Fondation Pro Sacris Locis, un Institut de la Conservation; après un accord, d’un montant de 700 000 euros signé entre l’Unesco et la Commission européenne, ainsi que le projet du Centre Al-Aqsa pour la restauration des manuscrits islamiques, établi dans la Madrasa al-Ashrafiyah à l’intérieur du Haram ash-Sharif, qui a été mené à son terme en février 2009 après de multiples obstacles sionistes. Pendant trois ans, le matériel de conservation été saisi au port d’Ashdod.

la mosquée Al-Aqsa " La Lointaine "

Depuis 2007, les fouilles archéologiques et une nouvelle conception du site Haram ash-Sharif réalisées par l’entité sioniste sont considérées comme une question spécifique dans le contexte du patrimoine culturel de la Vieille Ville de Jérusalem. L’Unesco a également rappelé à l’entité sioniste qu’il ne fallait prendre aucune mesure unilatérale qui risquait de compromettre l’intégrité du site. La rampe conduisant de la place du Mur occidental à la Porte des Maghrébins du Haram ash-Sharif est ce qui subsiste du Quartier des Maghrébins démoli par Israël en juin 1967 lors de la Guerre des Six Jours. Cette rampe permet aux piétons de franchir la dénivellation de six mètres entre la place du Mur occidental et la Porte des Maghrébins. Cette rampe reste la principale voie d’accès au site pour les visiteurs, la police de l’occupation et pour les fidèles juifs. La Porte des Maghrébins n’est pas ouverte aux musulmans et se trouve sous le contrôle exclusif des autorités sionistes. Toutes les autres portes du Haram ash-Sharif par lesquelles peuvent accéder les fidèles musulmans sont réglementées par la police de l’occupation.

Une section d'une rue dallée remontant à l'époque du second temple juif de Jérusalem, il y a 2.000 ans, a été exhumée dans la partie orientale annexée de la Ville sainte

Deux réunions ont eu lieu à Jérusalem entre des experts de l’entité sioniste et l’Unesco. Des discussions ont été organisées pour déterminer les « faiblesses de la conception israélienne » ainsi que leurs conséquences, et pour débattre de principes qui aideraient à respecter au mieux l’authenticité du site et à répondre aux exigences en matière de conservation. Toutefois, malgré plusieurs demandes formulées, il n’a pas été possible d’organiser une nouvelle réunion depuis lors. Parmi les diverses questions liées à la préservation du patrimoine culturel de Jérusalem, celle des fouilles archéologiques est particulièrement et régulièrement soulevée. L’Unesco continue de porter à l’attention des autorités occupants Jérusalem, les incidences que les fouilles archéologiques effectuées dans la Vieille Ville pourraient avoir. Les fouilles en dessous de l’esplanade d’Haram al Sharif ont d’ores et déjà causé des dommages irréparables à la stabilité des fondations de la Mosquée Al-Aqsa (troisième lieu saint de l’Islam).

A la peur que l’occupant ne défigure encore le patrimoine culturel de la capitale palestinenne, se greffe une rumeur grandissante qu’il y aurait également derrière ces projets douteux, une volonté de reconstruire le Temple de Salomon, lequel se trouvant jadis sur l’emplacement de la Mosquée Al-Aqsa.

En cette fin d’année 2009, l’Unesco a déclaré regretter que les nouvelles réunions de suivis techniques aient été reportées, et que les experts jordaniens aient été empêchés d’accés aux sites le 27 juillet 2009. L’Unesco a également reconnu « l’existence de profondes préoccupations » concernant les décisions prises par les autorités agissantes dans le plan d’urbanisme de La Vielle Ville.

carte des principaux sites sacrés de la Vieille Ville de Jérusalem

CS : Comment les israéliens voient-ils leur avenir ? (vidéo)

27 déc

Dans le cadre du cycle spécial sur le conflit israélo-palestinien, Mecanoblog vous propose de voir ou de revoir une intéressante émission de ” Ce soir ou jamais ” diffusée le 20 mars 2008. Lors de ce 60ième anniversaire de l’état d’Israël, Frédéric Taddeï a invité une brochette de personnalités israéliennes, essayiste, historien, journaliste, politicien, pour débattre de l’avenir de leur pays colonisateur en guerre depuis 60 ans avec la Palestine. Comme dans de nombreux pays du Moyen-Orient et au-delà, existe-il un gouffre entre la politique israélienne et la société israélienne ? Les israéliens qui n’ont pas connu les pogroms, le nazisme, la Shoah vivent-ils une crise d’identité en essayant de trouver leur place autour de pays arabes ? Que pensent-ils exactement de la prison à ciel ouvert que représente la Bande de Gaza ? Du Hamas ? De Jérusalem, foyer sacré des trois religions monothéïstes ? Et du sionisme ?

Première partie

Deuxième partie

Troisième partie

Quatrième partie

Cinquième partie

L’Europe et la proclamation de l’Etat palestinien

27 déc

Par Mohamed Salmawy

La mise en place d’un Etat palestinien indépendant sur la terre de Palestine nécessite-t-elle une résolution internationale ? La Suède avait présenté dernièrement au conseil de l’Union européenne un projet de résolution pour la création d’un Etat palestinien avec pour capitale Jérusalem-Est. Ce projet de résolution, deux semaines après avoir été annoncé, a été favorablement accueilli dans plusieurs capitales européennes.

Une telle action peut être considérée comme positive, surtout à l’ombre de l’intransigeance israélienne traditionnelle à cet égard et l’insistance de l’actuel gouvernement de Netanyahu à poser des conditions « israéliennes » pour la mise en place de cet Etat. Mais il semble que la communauté internationale qui a favorablement accueilli cette nouvelle orientation européenne a oublié que la résolution de la mise en place d’un Etat palestinien a été effectivement promulguée il y a plus de 60 ans.

Cette même résolution stipulait la création de l’Etat d’Israël. Je veux dire la résolution de partage promulguée par les Nations-Unies en novembre 1947 avec le consentement de toute la communauté internationale. D’ailleurs, c’est à cette résolution qu’Israël doit son existence.

La résolution n’a pas stipulé uniquement la mise en place d’un Etat juif en Palestine, mais de deux Etats : l’un juif et l’autre palestinien, ainsi que de la démarcation des frontières entre les deux. Elle a également stipulé de faire de Jérusalem une zone internationale vu son importance et le fait qu’elle soit le berceau des trois religions monothéistes.

Mais les méthodes sionistes détournées ont manipulé la résolution pour affirmer la légitimité de l’Etat juif et ignorer le reste du contenu, à savoir que la légitimité de l’Etat juif est liée à celle de l’Etat palestinien. Aujourd’hui, Israël confectionne ses propres prescriptions relatives à la mise en place d’un Etat palestinien allant à l’encontre de la résolution des Nations-Unies et feignant d’oublier qu’elle était à l’origine de la création de l’Etat d’Israël.

L’argument avancé par Israël dans ses tentatives d’effacer le contenu de la résolution en vertu de laquelle cet Etat a vu le jour est que les Arabes ont rejeté cette résolution, or lui-même l’a appliquée. Cependant, les Nations-Unies ne l’ont pas annulée et la communauté internationale n’est pas revenue sur ce sujet. Israël a intentionnellement appliqué la moitié de la résolution qui servait ses objectifs, à un moment où la machine des médias sionistes a travaillé pendant toutes les dernières années à effacer l’autre moitié des données de la politique du conflit arabo-israélien. A tel point que la résolution de partage n’est plus considérée comme une référence à ce qu’il est convenu d’appeler le processus d’instauration de la paix au Moyen-Orient.

Une des erreurs des pourparlers de paix, depuis la conférence de Madrid, en passant par le processus de Barcelone et les négociations d’Oslo et jusqu’à nos jours, c’est qu’ils ont toujours commencé à zéro ou à partir du fait accompli. C’est-à-dire qu’Israël occupe par le biais de la guerre des terres arabes que nous désirons récupérer par les voies pacifiques. Ainsi, le processus d’instauration de la paix s’est transformé en des négociations pour l’évacuation. Ensuite, nous avons vu dans la terminologie politique arabe des concepts et de nouvelles expressions telles que « la terre contre la paix » et « la reconnaissance en contrepartie de la mise en place d’un Etat palestinien ». Alors que l’Etat palestinien dispose d’un appui juridique qui ne stipule pas que les négociations soient l’unique moyen de réalisation.

Mener des négociations entre les deux parties n’est pas un tort. Elles auraient dû s’effectuer entre les deux Etats qui ont été stipulés dans la résolution des Nations-Unies, c’est-à-dire entre l’Etat palestinien, propriétaire de la terre occupée, et l’Etat juif qui occupe sa terre sans aucun droit.

La mise en place d’un Etat israélien n’est pas le résultat de négociations avec quiconque et la partie arabe n’a pas posé des conditions sans lesquelles il n’aurait pas vu le jour.

Pourquoi donc l’un des deux Etats ayant fait l’objet de la résolution de partage des Nations-Unies détient-il les conditions de la mise en place de l’autre Etat, sujet de la résolution, alors que ce même Etat a été instauré en vertu de cette même résolution sans attendre de conditions semblables émanant de l’autre Etat ?

Israël, bien qu’ayant approuvé la résolution de partage et incité les forces internationales alliées à l’approuver, s’est approprié tout au long d’un demi-siècle, par la voie de l’occupation militaire, un nombre dépassant de loin la superficie consacrée à l’Etat juif dans la résolution de partage. Ainsi, avec chaque guerre opposant des Arabes à des Israéliens, Israël, étant souvent à l’origine de la guerre, allait plus loin dans son occupation des terres arabes qu’il s’annexait plus tard, transformant la guerre en une justification acceptable pour accaparer plus de terres. Et considérant l’occupation comme un moyen légitime d’expansion et faisant la sourde oreille à toutes les objections émanant de la communauté internationale.

En réalité, l’intransigeance manifestée par Israël aujourd’hui à l’égard de la mise en place d’un Etat palestinien est un rejet implicite de la résolution de partage du Conseil de sécurité, sapant complètement la légitimité même de l’Etat juif. Egalement, le fait d’ériger des obstacles devant la proclamation d’un Etat palestinien indépendant est une ignorance de l’énoncé de la résolution qui n’est pas caduque.

Ainsi, l’insistance d’Israël que l’Etat palestinien soit créé selon ses conditions et en résultat de négociations entre lui et le côté palestinien est une déformation des réalités selon laquelle la communauté internationale s’est laissée entraîner de longues années durant. La dernière initiative européenne intervient comme une tentative historique de rectifier les choses.

Partant de cette logique, n’importe quelle négociation entre les parties palestiniennes et israéliennes ne doit pas se pencher sur les conditions de la création d’un Etat palestinien mais sur le degré de violation juive de la légitimité internationale en s’accaparant et en annexant des terres censées être du lot de l’Etat palestinien en vertu de la résolution de la création de l’Etat hébreu. La mise en place de l’Etat palestinien doit être un fait accompli tout comme l’a été celle de l’Etat hébreu.

Pour investir cette initiative européenne louable, le côté arabe devrait afficher son approbation en la considérant comme une tentative de la part de la communauté internationale pour rectifier les situations erronées que l’Etat hébreu a mises en place voilà plus de 60 ans. Nous devons également proclamer la mise en place de l’Etat palestinien non pas comme une proclamation unilatérale (il s’agit là également de concepts erronés qui ont figuré récemment dans la terminologie politique) mais telle une application de la résolution des Nations-Unies exprimant la volonté de la communauté internationale. Quant à l’unilatéralité, elle provient d’Israël qui est, selon la dernière position de l’Union européenne, l’unique partie refusant la légitimité internationale.

Source : http://www.geostrategie.com/2259/l%e2%80%99europe-et-la-proclamation-de-l%e2%80%99etat-palestinien

J Street, le lobby de la « majorité silencieuse »

27 déc

Une nouvelle voix critique dans la communauté juive américaine

par Pauline Peretz

D’après ses rivaux conservateurs, J Street menacerait l’unité de la communauté juive et discréditerait les positions du gouvernement israélien. Pour les Juifs libéraux, il représente une chance de se faire entendre à Washington. Portrait d’un lobby qui revendique le droit de critiquer Israël.

Depuis le printemps, le Président Obama a déplacé le curseur de la politique israélienne de Washington vers la gauche. Sans remettre en cause l’amitié et la proximité historiques qui lient les États-Unis à l’État hébreu et les unissent par une « relation spéciale », la Maison Blanche s’est engagée dans la voie du soutien critique : l’exercice par Washington d’une pression sur Israël pour en obtenir le gel total de la colonisation, combiné à l’expression publique des différends entre les deux capitales. L’administration Obama a dévié de la route tracée par l’équipe de George W. Bush en opérant une triple rupture : elle a voulu se distinguer par un engagement immédiat et au plus haut niveau sur le dossier israélo-palestinien tant qu’elle pouvait utiliser le capital politique du nouveau président ; elle a souhaité mettre un terme à la très grande proximité idéologique qui était celle de la précédente administration avec le parti au pouvoir en Israël ; enfin, elle s’est engagée à être un « honest broker  » entretenant de bonnes relations avec les deux parties – d’où l’offre de dialogue faite aux opinions et aux pays arabes lors du discours du Caire le 4 juin dernier.

Ce changement de ton avait été préparé depuis la guerre du Liban à l’été 2006 par une évolution sensible du discours sur Israël à Washington. Loin de s’être banalisée, la critique des excès et des demi-échecs israéliens y est cependant devenue plus commune. Quelques mois avant la guerre, les universitaires John Mearsheimer et Steven Walt publiaient sur le site de l’École de gouvernement John F. Kennedy de Harvard un rapport intitulé The Israel Lobby and U.S. Foreign Policy, corrigé et remanié sous la forme d’un livre publié l’année suivante[1]. Cette étude, qui accusait le lobby pro-israélien (en fait c’est uniquement AIPAC, l’American Israel Public Affairs Committee, qui était visé) de tenir la politique américaine au Moyen-Orient en otage et d’amener Washington à adopter des mesures qui lui étaient nuisibles par seul souci des intérêts d’Israël, a suscité une violente polémique[2]. Si cette thèse a été condamnée parce que la démonstration était entachée d’erreurs factuelles et de raisonnements fautifs, et attaquée parce qu’elle frisait l’antisémitisme, les deux auteurs ont indéniablement fait bouger la ligne du débat en rendant un début de critique d’Israël possible et acceptable. Mearsheimer et Walt ont réussi à convaincre qu’AIPAC avait muselé la critique à l’encontre d’Israël, et, plus important encore, banalisé l’idée que les États-Unis ne devaient pas automatiquement se faire les défenseurs d’Israël.

Cette seconde idée a été d’autant plus facilement acceptée que, depuis la guerre du Liban, les intérêts d’Israël et des États-Unis apparaissent plus divergents qu’ils ne l’étaient auparavant. Lors de ce conflit, puis à nouveau lors de l’opération « Plomb durci », Israël a manifesté ses faiblesses, stratégiques et militaires, qui ont affecté le prestige international de son armée et l’intérêt que celle-ci pouvait représenter pour Washington. Si l’opération « Plomb durci » à l’encontre de Gaza n’a pas suscité aux États-Unis l’outrage qu’on a observé dans les pays européens [3], l’image d’Israël a sensiblement changé à cette occasion : il est apparu comme un pays ne craignant pas l’usage d’une violence parfois disproportionnée. Mais le dossier sur lequel la divergence entre les deux pays est le plus prononcée est l’Iran : Israël reste tenté par des frappes contre le programme nucléaire iranien, qu’il considère comme une menace existentielle. Si ces frappes avaient lieu, elles nuiraient aux intérêts américains dans la région, car elles pourraient entraîner des représailles iraniennes en Irak et dans les monarchies du Golfe, et provoquer une crise régionale difficile à contenir.

Depuis les élections israéliennes de février 2009, cette prise de conscience d’une divergence entre les intérêts américains et israéliens est renforcée par la discordance politique entre les exécutifs américain et israélien. Pour un président américain qui prône la réconciliation avec le monde arabe, un Netanyahou tiré vers la droite dure par les partenaires d’une coalition qu’il veut maintenir à tout prix est devenu une cause d’embarras. Au printemps, l’intransigeance des Israéliens sur les territoires occupés a commencé à provoquer une forte impatience dans les cercles démocrates [4]. Le ton s’est refroidi au Congrès à l’égard d’Israël. Des débats sur la crise humanitaire à Gaza ou sur les raisons de l’échec de l’établissement d’un État palestinien y sont désormais possibles. Dans ce contexte, les voix divergentes qui ont émergé au sein de la communauté juive organisée sont devenues plus audibles.

Un lobby « libéral » pro-paix

J Street, une organisation nouvelle venue sur la scène communautaire, monopolise aujourd’hui le débat sur la reconfiguration du monde juif américain. Pour ses rivales établies à Washington depuis plusieurs décennies, il s’agit d’une organisation radicale qui menace l’unité de la communauté [5] et discrédite les positions du gouvernement israélien ; à ce double titre, son influence est à combattre. Pour les Juifs libéraux, au contraire, J Street représente peut-être enfin une chance d’être représentés à Washington. Et pour l’administration Obama, J Street est un allié appréciable car capable de faire accepter ses positions critiques à l’égard d’Israël à un monde communautaire qui était susceptible de résister aux nouvelles orientations. Les médias, fascinés par l’arrivée de cette météorite dans le monde juif, se sont invités au débat et, en plaçant J Street sous les feux de la rampe [6], lui ont octroyé une influence disproportionnée par rapport à son influence réelle. J Street n’est pourtant pas seulement une créature médiatique.

Dans une communauté dominée par des organisations situées depuis une dizaine d’années à droite du centre (en particulier AIPAC et la Conférence des Présidents) et largement alignées sur Israël, J Street, un lobby « liberal », pro-Israël mais aussi pro-paix, créé en avril 2008, est la principale source du pluralisme nouveau des voix juives américaines. Si des organisations juives de gauche existaient déjà (en particulier l’Israel Policy Forum – IPF – créé en 1993 à l’initiative d’Yitzhak Rabin), nulle n’avait jusqu’alors eu les moyens dont s’est doté J Street : cette organisation est un lobby [7] (AIPAC est la seule autre organisation de la communauté à l’être également) qui a créé un PAC (Political Action Committee) pour financer les campagnes. La configuration politique dans laquelle J Street est apparu est également inédite. En 1995, IPF était galvanisé par la concordance politique des gouvernements Clinton et Rabin. Aujourd’hui, la situation est moins favorable. J Street bénéficie de la nouvelle approche de l’administration Obama, mais, il est en complet porte-à-faux avec le gouvernement israélien depuis février.

La création de J Street répond à un besoin ressenti avec plus d’acuité ces dernières années par les Juifs américains : être représentés par un lobby «  liberal » pour faire contrepoids à AIPAC jugé trop à droite. Si celui-ci a réussi à s’imposer comme un interlocuteur incontournable sur le Moyen-Orient au Congrès et à la Maison Blanche depuis le début des années 1980, il ne peut prétendre représenter une communauté (au sens large et non seulement organisationnel) dont au moins les deux tiers des membres sont loyalement démocrates et mal à l’aise avec la politique menée par les gouvernements de droite successifs d’Israël. En outre, l’apparition d’une nouvelle génération d’organisations juives est rendue nécessaire par de nouvelles dynamiques démographiques et politiques au sein de la communauté. Certes la part des jeunes diminue, en raison d’une chute de la natalité et de la progression continue des mariages mixtes. Mais leur point de vue doit être pris en compte par la communauté au risque d’une distanciation irréversible. Ces jeunes qui, à la différence de leurs aînés (dont bon nombre étaient des survivants), n’ont pas connu la Shoah, ne voient plus en Israël l’État d’origine affectif qu’il était pour ces derniers. Le pari de J Street est de fédérer une partie de cette génération autour d’une plateforme de soutien critique défendue par des dirigeants jeunes et maîtrisant les techniques les plus modernes de l’activisme politique.

J Street se distingue en effet par sa revendication d’un droit de la diaspora à critiquer Israël. Comme les autres organisations, J Street est favorable à un fort investissement américain au Moyen-Orient pour aider les deux parties à trouver un règlement durable. Mais il soutient l’option d’une paix « juste » : la création de deux États, israélien et palestinien, délimités par les frontières de 1967 (les dérogations à ce principe devant être compensées par des échanges de terre), et le gel définitif de la colonisation. En 2008, J Street a ouvertement critiqué Israël. Quasiment seule voix dissidente l’hiver dernier, il a condamné très tôt l’opération « Plomb durci » à Gaza comme contreproductive et injuste. C’est aujourd’hui la seule organisation juive américaine qui appelle Israël à mettre en place une commission d’enquête officielle sur le conflit, en application des recommandations du rapport Goldstone remis au Conseil des droits de l’homme au mois d’octobre. J Street se distingue également sur le dossier iranien, soutenant l’essai d’engagement diplomatique de l’administration Obama et s’opposant à toute attaque israélienne [8]. La critique s’étend également à la politique intérieure israélienne – en février, le lobby a mis en ligne sur YouTube une vidéo à charge contre Avigdor Lieberman, l’accusant de racisme. Ce droit à la critique de la politique israélienne, le nouveau lobby le tire des effets contreproductifs de celle-ci pour la situation des Juifs américains et pour les intérêts américains dans la région [9].

Un lobby anti-AIPAC

Le franc-parler de J Street et son ingérence dans les affaires israéliennes sont bien éloignés de la discrétion et de la loyauté systématique d’AIPAC. Il faut dire qu’à bien des égards J Street est un anti-AIPAC. Il est résolument ancré à gauche, alors que celui-ci recherche systématiquement le consensus, une position médiane qui satisfasse tous ses donateurs et lui assure un soutien bipartisan au Congrès. Le personnel et les membres du conseil d’administration du nouveau lobby sont quasiment tous démocrates et ont facilement accès à l’équipe d’Obama. J Street compte de nombreux clintoniens, dont Jeremy Ben-Ami, le fondateur, qui a été conseiller de l’ancien président pour les affaires intérieures avant de travailler comme directeur politique pour Howard Dean. Ben-Ami peut faire valoir les lettres de noblesse sionistes de sa famille pour se protéger des attaques : ses grands-parents comptèrent parmi les fondateurs de Tel-Aviv et son père fut, durant les années 1930, un des leaders de l’Irgoun, et à ce titre responsable de l’achat du bateau Altalena. Ben-Ami a lui-même vécu plusieurs années en Israël. Le directeur politique de J Street, Dan Krohl, a levé des fonds pour Obama et est le neveu du sénateur Herb Kohl (D-Wisconsin). Et le conseil de J Street compte notamment Morton Halperin, directeur du Policy Planning sous Clinton et désormais conseiller senior pour l’Open Society Institute de George Soros, et Alan Solomon, un ancien directeur financier du Democratic National Committee.

À la différence d’AIPAC qui n’intervient pas directement dans le financement des campagnes, J Street a créé son propre PAC pour être capable d’exercer une influence non seulement idéologique et politique, mais aussi financière. En novembre 2008, le JStreetPAC a obtenu de bons résultats pour une première campagne : en sept mois, il a versé 575 000 dollars à trente-huit candidats au Congrès, dont trois sénateurs [10]. Le but de ce PAC est de soutenir des candidats dont les positions sur le Moyen-Orient peuvent les exposer à des représailles d’AIPAC [11]. En 2008, à l’exception de l’un d’entre eux, l’ensemble des candidats soutenus étaient démocrates. Juifs et non-juifs, élus du Nord et du Sud, ils avaient en commun d’être fermement attachés à la sécurité d’Israël et à l’amitié entre Washington et Tel-Aviv, mais de se distinguer des candidats soutenus par AIPAC par leur critique publique des colonies, et par leurs prises de position sur les frontières des deux États, sur le sort de Jérusalem et sur l’aide aux Palestiniens. Sur ces quarante et un candidats, trente-trois ont été élus [12]. Indéniablement, JStreetPac a marqué des points.

Autre différence entre les deux lobbies, J Street recherche la plus grande visibilité possible tandis qu’AIPAC reste fidèle à sa discrétion légendaire. Pour attirer les jeunes et tenter de court-circuiter les pouvoirs établis comme l’a fait Obama lors de sa campagne, J Street a conçu un modèle d’action similaire à celui de Moveon.org ou de MyBo.com. Jeremy Ben-Ami et Isaac Luria, son audacieux directeur de campagne de 25 ans spécialiste de l’organisation politique locale en ligne (qui a vécu en Israël et est marié à une femme terminant sa formation de rabbin), ont fait de la campagne d’opinion et du mouvement permanent leurs principaux modes d’action. Pour gagner en efficacité, réduire les coûts et récolter des dons en ligne, J Street pratique l’e-politics. En associant techniques traditionnelles de lobbying et approche médiatique agressive, notamment via internet, le lobby s’est assuré une présence disproportionnée dans les médias. Le dossier spécial que lui a consacré le New York Times Magazine dans son édition du 13 septembre 2009 a contribué à l’imposer comme un acteur washingtonien de premier plan : le quotidien, il y a peu encore proche des positions d’AIPAC, légitimait dans cet article la critique de l’alignement américain systématique sur Israël, et faisait la part belle à J Street, tout en présentant AIPAC comme une organisation du passé comptant sur le soutien d’alliés peu recommandables – tels les Christians United for Israel du Révérend Hagee [13].

En dépit de cette escalade médiatique, J Street est loin d’être capable de concurrencer AIPAC. Ce dernier exerce son influence au Capitole depuis plus de cinquante ans. Ses contacts y sont solidement établis, ses techniques de lobbying extrêmement bien rodées et sa réputation n’est plus à faire. Ses moyens sont également sans commune mesure avec ceux de J Street : un budget de 75 millions de dollars (contre 3), un personnel de 120 employés à Washington (contre 15). Surtout, J Street rencontre de sérieuses limites à son influence au Congrès. Il n’a pas su enrayer le soutien quasi unanime des deux Chambres à Israël lors de l’opération « Plomb durci ». Peu de temps avant la venue de Netanyahou à Washington, une lettre adressée à Obama, préparée par AIPAC et relayée par le leader de la majorité Steny Hoyer et le whip républicain Eric Cantor, a mis en garde contre l’imposition par l’administration démocrate d’une solution aux deux parties. Son retentissement a été bien plus important que celle préparée par J Street et relayée par Steve Cohen, Russ Carnahan et Charles Boustany (un républicain), qui présentait le redressement de l’économie et la construction d’institutions transparentes en Palestine comme des objectifs à soutenir et non comme des préconditions à la création d’un État palestinien. La première a obtenu la signature des trois quarts de la Chambre, la seconde de 87 représentants. Et, à la mi-juillet, J Street a été incapable de neutraliser la lettre dite des 71, préparée par AIPAC, et appelant le Président à exercer la pression des États-Unis tant sur les Israéliens que sur les Palestiniens [14].

Une légitimité à consolider

J Street pourra certainement exercer plus fortement son influence lorsqu’il aura réussi à rassurer sur sa représentativité. Ses adversaires parviennent encore à donner de lui l’image d’une organisation radicale et dangereuse. Sa condamnation publique de l’opération « Plomb durci » a contribué à sa gauchisation. Son soutien à des pourparlers avec le Hamas rejette également J Street vers la gauche [15]. Attendue, l’attaque de la droite est extrêmement virulente – les accusations d’antisionisme et de traîtrise à l’encontre d’Israël fusent sous la plume de la presse juive conservatrice telle la revue juive néo-conservatrice Commentary [16] ou dans la bouche des leaders d’organisations juives de droite (ainsi la Zionist Organization of America ou ZOA). Dans la presse juive et israélienne de droite, les dirigeants de J Street se sont à multiples reprises faits traités de « renégats » [17]. Bien que les membres d’AIPAC admettent en privé être gênés par l’apparition de ces nouveaux venus, l’organisation se refuse, elle, à prendre position.

Pour gagner en légitimité, J Street doit parvenir à se défaire de cette réputation sulfureuse, largement injustifiée. À cette fin, il tente de consolider sa base. Son ambition initiale était de récupérer dans le giron communautaire des Juifs américains plus jeunes et plus « libéraux », ne se sentant pas représentés par un establishment jugé excessivement « faucon ». Mais la difficulté pour J Street est de susciter l’intérêt à l’égard d’Israël de Juifs généralement exclusivement soucieux des questions intérieures. J Street se trouve donc dans la situation paradoxale de prétendre défendre l’opinion majoritaire d’un groupe non encore organisé sur une question qui est loin d’être la première de ses préoccupations. Pour représenter ceux que Ben-Ami a habilement désignés comme « the previously “silent majority”  » [18], J Street doit aller au-delà du périmètre limité de recrutement des autres organisations juives de gauche, tels Americans for Peace Now, Israel Policy Forum, Meretz USA, ou encore Brit Tzedek v’Shalom.

Le lobby s’efforce de convaincre qu’il parle au nom d’une part significative de Juifs en diffusant les résultats de deux séries de sondages, dont la méthodologie a été très critiquée dans la presse juive et israélienne [19]. Les résultats tendaient à montrer que J Street défend les positions d’une très grande majorité des Juifs américains : une diplomatie américaine volontariste dans la région (approuvée par 87 % des Juifs interrogés en juillet 2008, 86 % en mars 2009), même si l’engagement américain sur le dossier implique une critique publique d’Israël (75 % en juillet 2008, 66 % en mars 2009) ou une pression exercée sur Israël (70 % en juillet 2008, 64 % en mars 2009), l’engagement de négociations avec la Syrie et le Hamas (76 % puis 66 %), l’opposition à l’extension des colonies (60 % en mars 2009) [20]. J Street manifeste ainsi qu’au moins les deux tiers des Juifs américains (et non des seuls Juifs faisant partie de l’une des organisations de la communauté) sont favorables à un changement de paradigme dans les relations israélo-américaines.

Pour se défaire de cette réputation gauchiste, J Street s’efforce aujourd’hui d’apparaître comme une organisation plus « mainstream » qu’elle ne l’est en réalité, en tentant d’obtenir le soutien de personnalités juives américaines et israéliennes modérées. Début septembre, J Street a embauché comme nouveau directeur politique et stratégique Hadar Susskind, l’ancien vice-président du Jewish Council for Public Affairs, une organisation-parapluie de la communauté située en son centre, chargée de défendre les intérêts de celle-ci en matière intérieure [21]. En 2008, le magazine juif The Forward distinguait Susskind, ce sergent de première classe de l’armée israélienne, dans sa liste des cinquante Juifs américains les plus influents. J Street cherche également à obtenir le soutien de voix israéliennes de premier plan, une tâche rendue problématique par la décomposition de la gauche israélienne aux élections de février 2009. Pourtant, en juin, il s’est assuré le soutien écrit de nombreux diplomates et militaires israéliens, et en août, il a largement diffusé sur YouTube une vidéo dans laquelle des Israéliens ayant eu d’importantes responsabilités internationales et de sécurité exprimaient leur soutien à la demande de gel total des colonies adressée par Obama à Israël, ainsi qu’à l’action de J Street (l’ancien directeur du Shin Bet Ami Ayalon, l’ancienne consul d’Israël à New York Colette Avital, ou le négociateur israélien des accords d’Oslo Uri Savir) [22]. Dans les mois prochains, en même temps qu’il cherchera à fédérer les organisations de gauche qu’il a commencé à absorber (ainsi Brit Tzedek V’Shalom), J Street devrait travailler à obtenir davantage de ralliements pour asseoir encore davantage sa position à Washington.

La première conférence nationale de J Street qui s’est tenue à Washington du 25 au 28 octobre, conçue comme un pendant à la grand-messe annuelle organisée au printemps par AIPAC, a constitué un moment de vérité pour le lobby « pro peace ». Le nombre de participants (environ 1 500 personnes) et l’identité des intervenants (parmi lesquels le conseiller à la sécurité nationale James Jones [23], l’ancien sénateur Chuck Hagel et l’ancien ministre des Affaires étrangères israélien Shlomo Ben-Ami) manifestent l’influence croissante de J Street à Washington. Mais les controverses qui ont précédé la tenue de la conférence prouvent également que cette organisation continue de susciter des préventions très fortes tant aux États-Unis qu’en Israël : vraisemblablement intimidés par des blogs de droite (dont le groupe StandWithUs), une dizaine de représentants ont retiré leur nom de la liste des « hôtes » du gala qui a clos la conférence et l’ambassadeur israélien Michael Oren a décliné l’invitation de J Street sous prétexte que celui-ci défend des positions nuisibles aux intérêts de l’État hébreu. Et des rumeurs ont tenté de discréditer l’organisation elle-même – J Street recevrait des dons d’individus liés à des organisations de défense des Palestiniens, et serait même soutenu par Stephen Walt [24].

Un atout pour la politique israélienne de l’administration Obama ?

La trajectoire de J Street depuis sa création est pourtant prometteuse. En dix-huit mois, le lobby a réussi à se tailler une place de premier plan dans le débat politique américain et à faire sensiblement évoluer le débat sur Israël aux États-Unis. Sa stratégie de recentrement semble être la bonne ; il n’apparaît plus aujourd’hui comme l’étrangeté qu’il était encore il y a un an. Dans la configuration actuelle, où des Démocrates critiques tentent de réviser la politique israélienne des États-Unis, le lobby « pro-peace » est susceptible de parvenir à diluer progressivement l’influence d’AIPAC et des autres organisations de droite. Mais même en continuant de soutenir une administration dirigée par un président qui a reçu 78 % des voix juives en octobre 2008, son appui ne suffira pas à assurer le succès de la politique israélienne de l’administration démocrate.

Soumise aux feux croisés de la critique, celle-ci risque en effet de déboucher sur une impasse. Au lieu de proposer un plan de paix aux Israéliens, aux Palestiniens et aux pays arabes, l’administration Obama a fait le choix d’avancer progressivement et de s’attaquer à un dossier, les colonies, sur lequel le progrès semblait le plus probable – notamment parce qu’il existe un consensus américain et international les condamnant – et qui requérait d’abord des efforts d’Israël. Elle a exigé que Tel-Aviv cesse non seulement son expansion territoriale dans les territoires situés au-delà des frontières actuelles, toute expropriation en vue de construction et tout soutien économique à de nouveaux développements, mais aussi l’expansion au sein des colonies existantes, excluant ainsi la « croissance naturelle ». Surtout, elle a formulé ses demandes publiquement, prenant à témoin l’ensemble de l’opinion internationale. Ce gel total devait être accompagné, du côté des pays arabes « modérés », par des mesures de normalisation à l’égard d’Israël (ainsi l’octroi du droit de survol de leur territoire pour les appareils civils israéliens ou l’ouverture de sections commerciales israéliennes).

En dépit du soutien de J Street et d’autres organisations juives de gauche, la réorientation politique tentée par l’équipe Obama a été contrainte par de fortes résistances intérieures. Jusqu’au discours du Caire, le président démocrate a bénéficié du soutien du Capitole et des milieux pro-israéliens conservateurs qui voyaient un intérêt évident à accorder leur confiance à un président qui jouissait encore d’un très fort capital politique. Depuis, des préventions fortes se sont exprimées, au Congrès par la voix de plusieurs membres élus de premier rang, mais aussi hors du Congrès à l’initiative d’AIPAC et d’autres organisations juives de l’establishment qui sont loin d’avoir été rendues inaudibles par l’alternance politique (ainsi l’Anti-Defamation League, la Conférence des Présidents, la ZOA, ou le plus modéré American Jewish Committee). Les critiques des milieux conservateurs pro-israéliens à l’encontre de la réorientation de la politique américaine au Moyen-Orient sont convergentes. La pression exercée sur les pays arabes et Israël le serait de manière asymétrique et aux seuls dépens d’Israël. L’exercice de cette pression aurait lieu à un moment inacceptable pour Israël au vu de la menace nucléaire iranienne qui pèserait sur lui. En outre, l’équipe Obama refuserait de reconnaître les assurances sur les colonies prétendument données aux gouvernements Olmert et Sharon par la précédente administration. Est donc dénoncée la trahison de la parole donnée à un pays ami. Parallèlement, le sentiment que les Juifs et les Israéliens sont négligés par la nouvelle administration au profit des Arabes se diffuse dans les milieux juifs conservateurs [25]. Obama n’a donc pas réussi à convaincre de l’impartialité de sa politique, même lors de la rencontre avec les organisations juives qui a eu lieu le 13 juillet.

Le sursaut des organisations juives conservatrices n’est pourtant pas l’unique raison du très probable échec de la politique israélienne d’Obama. Celle-ci présente en effet de réelles limites de conception et de mise en œuvre. La Maison Blanche n’a pas su prévoir l’intensité de la résistance de Netanyahou. Elle a sous-estimé les contraintes qu’imposaient au Premier ministre les partis de droite présents dans son gouvernement, après l’élection de la Knesset la plus conservatrice de l’histoire israélienne. L’insistance de Washington a renforcé la position intérieure de Netanyahou [26] et a contribué à détériorer l’image des États-Unis en Israël [27]. Par ailleurs, l’exercice au grand jour de la pression américaine et la révélation publique de l’ensemble des gestes attendus d’Israël ont braqué les Israéliens. Si l’administration a marqué des points dans l’opinion arabe, elle s’est liée les mains pour les négociations à venir. Les pays arabes ont durci leurs positions : ils maintiennent qu’ils n’accepteront de faire aucun des gestes attendus d’eux tant que les Israéliens ne cèderont pas sur le gel total. Les marges de manœuvre de la Maison Blanche sont donc extrêmement réduites. Au vu de l’impasse actuelle et de la réticence de l’administration américaine à proposer un véritable plan de paix aux deux parties, l’hypothèse d’un succès du réengagement américain dans le règlement du conflit, tout comme celle d’un rééquilibrage des relations entre les deux capitales sont très peu probables, en dépit du poids croissant des positions défendues par le lobby « pro-peace  ».

Notes

[1] John Mearsheimer, Steven Walt, The Israel Lobby and U.S. Foreign Policy, New York, Farrar, Straus and Giroux, 2007.

[2] Voir Peter Hägel et Pauline Peretz, « La polémique sur le “lobby pro-israélien” aux États-Unis », La Vie des idées, avril 2007, p. 71-85.

[3] Les 8 et 9 janvier 2009, les deux Chambres du Congrès adoptaient à la quasi-unanimité une résolution reconnaissant le droit d’Israël à se défendre contre les attaques venant de Gaza.

[4] Robert D. Kaplan « Losing Patience with Israel », Atlantic Monthly, 3 avril 2009.

[5] De manière symbolique, une des tables-rondes organisées le 8 octobre 2009 par le think tank néo-conservateur Hudson Institute dans le cadre d’une conférence sur les relations entre les États-Unis et Israël était intitulée « Will the Current Crisis Split the American Jewish Community ? ».

[6] Voir ci-dessous, parmi de très nombreux autres, les articles de presse cités en notes.

[7] Pour pouvoir exercer comme lobby, J Street a dû, tout comme AIPAC, renoncer au statut 501(c)(3), qui aurait permis à ses donateurs de bénéficier de déduction d’impôts.

[8] Échanges entre Shmuel Rosner et Jeremy Ben-Ami, « Rosner’ Guest », Haaretz.

[9] Voir Jeremy Ben-Ami, « An Open Letter to Michael Oren », Jerusalem Post, 13 octobre 2009 : « We too have our own serious concerns over the policies of the present Israeli government and its impact not just on Israel’s interests but on our interests as Americans and as American Jews. As Jews who care about Israel, we fear that, on Israel’s present path, we will see our shared dream of a Jewish, democratic home in the state of Israel slip through our fingers. As Americans, we worry about the impact of Israeli policies on vital US interests in the Middle East and around the world… ».

[10] Voir le site d’Open Secrets.

[11] Neil A. Lewis, « U.S. Jews Create New Lobby to Temper Israel Policy », New York Times, 25 avril 2008.

[12] Natasha Mozgovaya, « New “pro-Israel, pro-peace” lobby J Street hopes for Obama-era growth », Haaretz, 13 novembre 2008.

[13] James Traub, « The New Israel Lobby », New York Times Magazine, 9 septembre 2009.

[14] Voir « 71 Senators urge Obama to Press Arabs », Jerusalem Post, 11 août 2009.

[15] Voir James Kirchick, « The Surrender Lobby », Haaretz, 11 janvier 2009.

[16] Noah Pollack, « They ’re Doing the J Street Jive », Commentary, avril 2009.

[17] Voir pour un exemple particulièrement virulent, Isi Leibler, « Marginalize the Renegades », The Jerusalem Post, 5 octobre 2009.

[18] Jeremy Ben-Ami, « The “Previously Silent” Majority », Haaretz, 29 juillet 2009.

[19] Voir pour un exemple de ces critiques de méthode et de fond, Smuel Rosner, « Do U.S. Jews Really Support “Necessary Compromises for Peace” ? », Haaretz, 17 juillet 2008.

[20] J street, « American Jews Defy Conventional Wisdom On Israel and the Middle East », 16 juillet 2008, et http://www.jstreet.org/page/media.

[21] Nathan Guttman, « J Street Makes a Strategic Acquisition as Other Groups on the Left Struggle », The Jewish Daily Forward, 4 septembre 2009.

[22] http://jstreet.org/israel/

[23] La participation de la Maison Blanche, venue renforcer l’effet de l’invitation faite à J Street de participer à la rencontre avec les organisations juives qui a eu lieu le 13 juillet, symbolise son évidente volonté de contribuer à asseoir la légitimité de la jeune organisation.

[24] Dan Egged, « Israel Conference to Open amid Controversy », Washington Post, 25 octobre 2009. Et Jeffrey Goldberg, « J Street’s Ben-Ami On Zionism and Military Aid to Israel », The Atlantic, 23 octobre 2009.

[25] Voir par exemple l’article d’Aluf Benn dans le New York Times publié le 27 juillet 2009, « Why won’t Obama talk to Israel ? », dans lequel l’auteur écrit : « The Arabs got the Cairo speech ; we [Israel] got silence ».

[26] Howard Schneider, « Netanyahu’s Defiance of U.S. Resonates at Home », Washington Post, 19 août 2009.

[27] Selon un sondage effectué par l’université de Tel-Aviv en juillet, 60 % des Israéliens ne font pas confiance à Obama pour veiller aux intérêts d’Israël et 46 % pensent qu’il favorise les Palestiniens, voir Barak Ravid, « Obama to U.S. Jewish leaders : Israel must engage in self-reflection », Haaretz, 14 juillet 2009.

Source : http://www.laviedesidees.fr/J-Street-le-lobby-de-la-majorite.html

CS : Israël, questions interdites (vidéo)

26 déc

Des israéliens se dressent pour parler des terribles abus, des graves sévices, de la politique d’occupation israélienne commis sur la population palestienne. Totalement irresponsable, Israël a perdu de vue son véritable ennemi, le résistant à qui Israël a dépouillé de sa terre et aujourd’hui enfermé derrière un mur d’Apartheid. Hors-la-loi, Israël a perdu son âme en massacrant les civils, en les humiliant, en les condamnant à survivre dans la misère. Mais si Israël a perdu son âme, alors qu’en est-il de celle de la communauté internationale aveugle et celles des régimes arabes corrompus ?

CS : Génération Intifada (vidéo)

26 déc

Un cameraman belge et une journaliste française ont partagé pendant deux semaines le quotidien des Palestiniens à quelques jours de l’anniversaire de la deuxième Intifada. Le quotidien, ce sont les problèmes d’eau et de bouclage qui étouffent l’économie, les routes défoncées, les check-points d’enclave en enclave, les bulldozers qui viennent un matin démolir les maisons, l’hélicoptère qui surgit et bombarde à Bethleem, les tirs qui terrorisent la population civile à Hébron et à Beit Jala, les familles massacrées par les colons, c’est la bande de Gaza et la Cisjordanie, des prisons à ciel ouvert. Mais le quotidien c’est aussi la dignité et le courage d’un peuple déterminé à lutter pour ses droits. Avec une interview de Marwan Barghouti réalisée en Aout 2001.

CS : Sabra & Chatila : retour sur un massacre (vidéo)

24 déc

Les massacres de Sabra et Chatila (deux camps de réfugiés palestiniens de Beyrouth-Ouest au Liban) ont été perpétrés, du 16 au 17 septembre 1982, par la milice chrétienne libanaise, les Phalangistes, dirigée par Elie Hobeika, dans un secteur occupé par l’armée israélienne depuis l’Opération Paix en Galilée. Le nombre de victimes varie suivant les sources entre 700 et 3 500.

La commission Kahane, chargée par le gouvernement israélien d’enquêter sur le massacre, a établi que si les tueries n’ont été le fait que des Phalangistes, la conduite de la campagne militaire israélienne était fautive et que certaines personnalités politiques israéliennes comme le Ministre de la Défense de l’époque, Ariel Sharon, avaient une grande responsabilite dans les événements.

Le journaliste Alain Ménargues, dans son livre tardif, « afin de protéger ses sources » dit révéler des éléments qui n’ont jamais été présentés au public et qui laisseraient à penser à une incursion préalable de soldats israéliens dans les camps palestiniens où ils se seraient livrés à des exécutions sommaires.

A savoir, de l’avis des défenseurs des droits humains et des avocats spécialisés dans ces dossiers, les massacres de Sabra et Chatila constituent un crime terrifiant, dont on ne peut tolérer que les auteurs demeurent jusqu’à présent impunis malgré la plainte de centaines de survivants avec constitution de partie civile contre Ariel Sharon, Bruxelles 18 juin 2001

Première partie

Deuxième partie

Quelques images des massacres de Sabra & Chatila

CS : La guerre des Six Jours (vidéo)

24 déc

La guerre des Six Jours est une guerre qui opposa, du 5 juin au 10 juin 1967, Israël à une coalition (la Ligue Arabe) formée par l’Égypte, la Jordanie, la Syrie et l’Irak. Des troupes et du matériel (chars et avions) furent également envoyés, respectivement par le Liban et l’Algérie.

Cette guerre fut déclenchée comme une « attaque préventive » d’Israël contre ses voisins arabes, à la suite du blocus du détroit de Tiran aux navires israéliens par l’Egypte le 23 mai 1967 (les Israéliens avaient préalablement annoncé qu’ils considéreraient cet acte comme un casus belli). Au soir de la première journée de guerre, la moitié de l’aviation arabe était détruite. Et au soir du sixième jour, les armées égyptiennes, syriennes et jordaniennes étaient défaites. Les chars de Tsahal bousculèrent leurs adversaires sur tous les fronts. En moins d’une semaine, l’État hébreu tripla sa superficie : l’Egypte perdit la bande de Gaza et la péninsule du Sinaï, la Syrie fut amputée du plateau de Golan et la Jordanie de la Cisjordanie et Jérusalem-Est.

Plus symbolique encore de la défaite arabe fut la prise de la vieille ville de Jérusalem. La cité des 3 religions du Livre devint dès lors la capitale d’Israël, sans la reconnaissance de la plus grande partie de la communauté internationale.

Les résultats de cette guerre, épisode du conflit israélo-arabe, influencent encore aujourd’hui la géopolitique de la région. En particulier, certains territoires annexés sont toujours occupés par Israël en 2009.

Première partie

Deuxième partie

Troisième partie

CS : 1948, la Nakba (vidéo)

24 déc

Telle que définie officiellement, Al-Nakba, ou « la catastrophe », est la formule consacrée pour désigner le désastre qui a frappé le peuple et la société palestiniens en Palestine historique, en 1948 et autour de 1948, quand Israël s’est autoproclamé État indépendant.

Les opérations de nettoyages ont démarré en décembre 1947. A l’époque, les Palestiniens constituaient les deux tiers de la population (alors qu’ils représentaient près de 90% de la population de la Palestine au début du Mandat britannique en 1923). Les Palestiniens possédaient alors environ 97% de la terre. Lors des opérations de nettoyage ethnique, 531 villages palestiniens ont été rasés ; plus de 86% de la population palestinienne indigène a été anéantie, expulsée ou déplacée. Ainsi, seuls, 14 à 15% de la population palestinienne (environ 130 000, 150 000) est restée dans son pays, pendant que les autres devenaient des déplacés ou des réfugiés sans abri.

Maryvonne Le Gland Leray

CS : La Palestine avant 1948 (vidéo)

24 déc

Quelques images de la Palestine avant la Nakba, avant le début du conflit israélo-palestinien…

CS : Palestine, promesses et trahisons (vidéo)

24 déc

Le premier congrès se réunit à Bâle en 1897. C’est l’organisation sioniste qui entérine le choix de la Palestine pour l’état des Juifs. Le développement du sionisme combiné à la peur suscitée par les nouveaux pogroms à Kichinev, en 1903 et 1905, aboutissent à la deuxième vague d’immigration en terre d’Israël ou deuxième alya, qui amène quelques dizaines de milliers d’immigrants d’Europe orientale.

Ce succès relatif de l’immigration juive en Palestine ne doit pas faire oublier qu’à la même époque, ce sont des centaines de milliers de Juifs qui préfèrent émigrer vers les États-Unis. Les sionistes restent minoritaires au sein du peuple juif, où les orthodoxes, coalisés dans l’Agoudat Israel, s’opposent très vivement à eux. C’est aussi durant cette période qu’apparaissent les premiers signes d’opposition arabe au mouvement sioniste : en 1891, des notable hiérosolomytains protestent contre la vente de terre aux Juifs ; en 1908, sont fondés les premiers journaux nationalistes arabes Al-Karmel et Falistin.

À la fin de la période ottomane, la population juive est estimée entre 56 000 personnes et 82 000 personnes et la population arabe à plus de 600 000 personnes. Lors de la Première Guerre mondiale, la Palestine est une contrée de l’empire ottoman; sur les 690 000 habitants présents en 1914, 94 000 étaient juifs. La politique étrangère du Royaume-Uni a des conséquences sur le début du conflit : le Royaume-Uni a une forte influence au Moyen-Orient, il a une présence militaire en Irak dès 1914 et occupe Bagdad en 1917. Le Royaume-Uni appuie la révolte arabe et leur fait la promesse d’un grand État musulman. En contre-partie, ils se battent avec les Alliés.

En mai 1916, le Royaume-Uni passe l’accord secret « Sykes-Picot » en parallèle avec la France, qui est en contradiction avec sa promesse car il projette de diviser la région en 2 zones d’influence entre les 2 puissances coloniales européennes. En 1917 est signé la déclaration Balfour. Le gouvernement de Londres envisage favorablement l’établissement d’un foyer national juif en Palestine, s’il ne porte pas préjudice aux droits des populations dans le pays. C’est la consécration du sionisme de Théodor Herzl.

Wikipedia

Première partie

Deuxième partie

Troisième partie

Quiconque soutient la gouvernance mondiale se rend complice d’un crime contre l’humanité

24 déc

Par Jacques Cheminade

Paris, le 23 décembre 2009 – En cette veille de Noël, c’est avec beaucoup de tristesse et de colère que j’écris ces lignes. Alors que la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye accuse la junte guinéenne de crime contre l’humanité pour le meurtre de 156 manifestants le 28 septembre, il faut reconnaître que la politique officielle de la France implique la destruction d’êtres humains sur une bien plus grande échelle.

Qu’as-t-on en effet entendu avant la Conférence de Copenhague sur le réchauffement climatique ? Nicolas Sarkozy défendre la création d’une « Organisation mondiale de l’environnement », « première étape fondatrice de la réforme de la gouvernance mondiale », et Martine Aubry appeler à « une gouvernance globale… avec une organisation mondiale de l’environnement dotée de pouvoirs contraignants ». La majorité et son opposition acceptent donc l’abolition de notre souveraineté nationale pour combattre un « réchauffement » qui est le prétexte à une politique de dépopulation et de manipulation financière visant à organiser la « création d’un système mondial de droits à polluer négociables sur un marché », selon le conseiller économique de nos princes, Jean Tirole. Derrière le prétexte larmoyant de « sauver la planète », il s’agit d’imposer une politique malthusienne opposée au développement des pays du Tiers-monde et de revenir à la politique du Club de Rome de « halte à la croissance ». Pour résumer brutalement les choses, renflouer les banques-casinos en leur offrant une nouvelle occasion de spéculer, et organiser un recul démographique qui conduirait au désastre. C’est ce recul forcé que préconisent le Fonds des Nations unies pour la population et les « experts » britanniques et américains de l’Optimum population trust. C’est ce que j’ai appelé pendant ma pré-campagne présidentielle de 2006-2007 la dictature d’un fascisme financier. Nous y sommes.

Après le fiasco de Copenhague, au lieu d’en tirer les conséquences et défendre un nouvel ordre économique mondial fondé sur le développement mutuel, basé sur un système de crédit productif public et la fermeture des banques-casinos, notre gouvernement a accusé les Nations unies de cet échec. « On ne peut plus fonctionner avec un système à l’unanimité de 193 pays », s’est exclamé Jean-Louis Borloo, et Laurent Joffrin dans Libération nous dit crûment que « c’est la marche vers un directoire mondial démocratique qui conditionne maintenant l’avenir de l’humanité ». Démocratique ? Le coût de bonneteau est grossier : tout le monde sait que la mondialisation ne peut pas être « démocratique », faute d’institutions et de vouloir vivre en commun. L’intention de tous transparaît lorsque le Premier ministre britannique Gordon Brown, cité par le Financial Times s’écrie : « Nous ne nous laisserons pas prendre en otage par une poignée de pays » (la Chine, l’Inde et le Groupe des 77 représentent bien plus que la moitié de la population mondiale…). « Moi-même et le président Nicolas Sarkozy allons proposer que l’Union européenne soit chargée du contrôle des émissions de gaz à effet de serre, non seulement pour ce qui concerne nous-mêmes mais pour l’ensemble de la planète. » Jean Tirole avait proposé « le déploiement rapide d’un réseau de satellites capables de mesurer précisément le niveau des émissions dans chaque pays ». Barack Obama a repris cette idée avec un intérêt certain.

C’est ici que nous devons ajouter deux choses. La première est que le « réchauffement climatique » vise à imposer le même type de contrôle supranational aujourd’hui qu’hier le fameux « bogue de l’an 2000 », un prétexte alarmiste utilisé alors pour imposer une harmonisation mondiale des logiciels et la création d’un réseau global de communications entre Etats, perméable aux intrusions des services de renseignement américains et britanniques. Al Gore, sponsorisé par des milieux de la City et de Wall Street, a été aux postes de commande de ces deux opérations, les « autoroutes de l’information » et les « pistes du réchauffement ».

La seconde chose est révélatrice. Hervé Morin a déclaré à l’Assemblée nationale, le mercredi 16 décembre, que la France n’écartait plus l’envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan. La décision finale sera prise à la conférence internationale qui se tiendra à Londres le 28 janvier 2010, sous l’égide de l’OTAN. Notons que Manuel Valls a soutenu cet effort de guerre, alors que la majorité des responsables civils et militaires français sont opposés à un embourbement dans une nouvelle guerre du Vietnam.

Il y a donc bien une cohérence dans l’ensemble de la politique de notre pays, qui devient de plus en plus inadmissible.

Cependant, je sais que d’autres forces se manifestent, en dehors de la majorité et des dirigeants de son opposition officielle, pour une autre politique. Il s’agit, à l’opposé d’une gouvernance mondiale malthusienne et en fin de comptes vouée à être criminelle, de la possibilité d’une entente pour le développement entre les grands états du monde, dont nous devrions être un catalyseur. Pour cela, contre le diktat du Traité de Maastricht, nous devons reprendre le droit d’émettre du crédit productif public pour de grands projets créateurs d’emplois qualifiés et d’avenir.

Devant nos yeux, le système monétariste mondial existant se désintègre. Il est temps de revenir à une logique à long terme d’équipement de l’homme et de la nature, et non de contrôle des peuples et de guerres d’occupation. C’est un rassemblement pour cette autre politique que Lyndon LaRouche et moi-même, soutenus ou portés par des forces croissantes, de l’Atlantique à la Mer de Chine, nous efforçons de susciter et d’inspirer.

C’est notre cadeau de Noël, mais ce n’est pas un paquet que l’on peut ouvrir passivement. C’est un appel à participer, face au péril imminent, à une mission, une étoile à suivre et à rendre plus brillante. Il y a urgence, face à l’aveuglement des uns et à l’ignominie des autres.

Gordon Brown en état d’apoplexie contre la Chine et l’Inde !

« C’est un changement dans la dynamique géopolitique », s’est écrié le Financial Times du 21 décembre, citant une source importante d’un pays du secteur avancé, étranglée de rage. « A Copenhague un nouvel ordre mondial s’est défini, et des puissantes économies en développement, telles la Chine et l’Inde, ont dicté leurs termes au reste du monde”.

Dans l’éditorial de ce journal, véritable porte-parole de l’empire, on pouvait lire aussi que « cet échec lamentable », « était pire qu’inutile » car c’est « une perte d’élan qui constitue un danger ». Autrement dit, l’Empire britannique reconnaît avoir perdu le contrôle de la dynamique du monde.

Mais c’est Gordon Brown qui donne libre cours à sa rage contre l’idée même que « le futur soit tenu en otage par une poignée de pays », sans mesurer pleinement que cette poignée de pays représente près de 3 milliards d’êtres humains, bien plus que la France et le Royaume-Uni réunis qui n’atteignent même pas 130 millions. « Jamais plus nous ne devons faire face à la situation de blocage qui a failli provoquer l’effondrement de ces pourparlers… Nous ne permettrons pas à ces pays de nous empêcher d’agir ».

Brown a révélé à quel point « l’absence d’une organisation globale ayant la responsabilité de l’environnement » est « l’une de ses frustrations ». Pour remédier à cet état de fait, il a annoncé que lui-même, avec Nicolas Sarkozy, allaient proposer que l’Union Européenne soit chargée de faire la police des émissions de CO2 non seulement au niveau européen, mais à l’échelle mondiale. Selon Le Daily Telegraph, ce projet aurait été conçu lorsque Barack Obama suggéra que la surveillance des émissions soit faite par satellite.

Sources : http://solidariteetprogres.org/article6150.html et http://solidariteetprogres.org/article6146.html

L’horreur est humaine (vidéo)

23 déc

Les horreurs sont supportables tant qu’on se contente de baisser la tête, mais elles tuent quand on y réfléchit

- Erich Maria Remarch (Extrait de A l’Ouest, rien de nouveau)

Oui, l’horreur est humaine, et l’indifférence semble l’être tout autant…
La vidéo illustre les 7 péchés capitaux sur une musique de Massive Attack, Angel (Mezzanine). Attention, certaines images peuvent choquer – et ne pas laisser indifférent… du moins je l’espère pour vous…
 
« L’homme a en lui le goût de détruire. Et ce n’est pas le prêchi-prêcha des bien-pensants qui mettra fin à cette malédiction que nous portons dans nos gènes… La saloperie humaine est la même partout. Fort de ce constat, je ne vois pas ce qu’on peut faire d’autre que d’injurier l’humanité, de dénoncer son absurdité et sa cruauté… » Patrick Declerck.
 
« Le capitalisme a le pouvoir de transformer en drogue, immédiatement et continuellement, le venin qui lui est lancé au visage, et de s’en délecter. » Bertolt Brecht

Source : http://www.agoravox.tv/tribune-libre/article/l-horreur-humaine-24659

Confessions d’un barbouze de l’Empire (vidéo)

23 déc

Synopsis Clap 36 : Nous vous proposons les confessions de John Perkins, ancien barbouze des multinationales de l’empire étasunien. Il nous éclaire sur la réalité de la « main invisible » du commerce économique mondial ainsi que sur les véritables mécanismes des décisions politiques de la planète. Le système en place (pour combien de temps encore ?) aura fait tout le mal qu’on peut imaginer,  ça ne lui aura pas évité la débâcle actuelle…et ni Nike, ni McDonald’s ou Coca-Cola ne pourront plus grand-chose pour nous refaire rêver… Leurs responsabilités comme donneurs d’ordre de massacres, pollutions et prédations en tout genre pour le profit immédiat d’un petit nombre que John Perkins nomme la « corporocratie », sont explicitées par des exemples précis.

Source : Clap36