Un blog d'analyses géopolitiques et de culture stratégique

Archive pour décembre 2009|Page d'archive mensuelle

Jesus Camp (vidéo)

Dans AEI, Éducation, Église Évangélique, États-Unis, Bible, Christianisme, Eschatologie, George W. Bush, Intégrisme Religieux, Islamophobie, Israël, Jérusalem, Manipulation, Nationalisme, Propagande, Religion, Vidéo le 31 décembre 2009 à 00:13

Réalisé par Heidi Ewing et Rachel Grady, Jesus Camp est un documentaire sidérant que Mecanoblog vous propose de voir et qui traite de l’endoctrinement de jeunes américains par des prosélytes évangélistes ultra-radicaux.  A travers des images saisissantes d’une certaine Amérique, on découvre le fanatisme de certains, l’embrigadement d’autres et surtout le fonctionnement de cette “machine” à embrasser l’Evangile dans sa forme la plus violente. Les familles que vous verrez dans le film représentent une force électorale influente qui fait de plus en plus entendre sa voix dans la vie culturelle et politique américaine. Elles préparent non seulement le retour de Jésus, mais elles s’apprêtent également à “reprendre le pouvoir en Amérique au nom du Christ“, entraînant avec elles leurs enfants. Des enfants qui attendent de recevoir la parole divine, et s’agitent, en transe, comme possédés, quand l’Esprit-Saint parle en eux ; des mômes qui maudissent Harry Potter – parce qu’un héros sorcier est une chose sacrilège - des gamins qui vénèrent le leader de leur pays, et embrassent son effigie en carton. Avec plus de 300 millions d’habitants, les Etats-Unis comptent 224 millions de Chrétiens dont 80 à 100 millions d’Evangélistes, 4 millions de Juifs et un million et demi de Musulmans.

Jesus Camp a été nommé aux Oscars 2007 dans la catégorie meilleur documentaire.

Première partie

Deuxième partie

Troisième partie

Quatrième partie

Cinquième partie

CS : Aux origines du sionisme chrétien (vidéo)

Dans Allemagne, Analyse, Église Évangélique, Bible, Christianisme, Communisme, Conflit Israélo-Palestinien, Egypte, Intégrisme Religieux, Islam, Islamophobie, Israël, Jérusalem, Judaïsme, les Frères Musulmans, Monde Musulman, Moyen-Orient, Nationalisme, Neturei Karta, Occident, Palestine, Réflexion, Religion, Royaume-Uni, Russie, Sionisme, Torah, Vidéo le 30 décembre 2009 à 22:15

Comprendre l’actualité du conflit Israelo-Palestinien ne peut se faire sans la compréhension de l’histoire de ce conflit. Depuis la fin du Moyen Age, une seule lecture de cette histoire domine en Occident : celle des historiens de la Bible. La thèse principale sur laquelle repose le travail des historiens bibliques considère que « l’Ancien Royaume d’Israël » est une vérité historique absolue et incontestable et insiste sur l’existence d’une affiliation directe entre ce vieux Royaume et l’actuel Etat d’Israël, qui n’en serait que la continuité.

Cette continuité puriste et exclusive a donc besoin, pour exister, d’écarter toute autre continuité qui lui serait concurrente et qui oterait de sa légitimité, en l’occurrence une continuité de l’histoire palestinienne. Selon cette optique, l’histoire de la région ne peut être qu’exclusivement israélienne, tout comme la région elle-même doit être exclusivement israélienne.

La revendication de la propriété de la terre dégénère donc en une revendication d’en posséder l’histoire. Posséder le pouvoir de décréter que ceci est « vrai » et ceci est « faux ». Confisquer la terre ne peut donc passer sans en confisquer l’histoire, qui à son tour ne peut se faire sans confisquer le langage et les mots, et c’est là que nous entrons dans la dimension politique de l’affaire qui est une autre question.

 Pour ces historiens, la Torah et la Bible Chrétienne sont considérées comme références fiables dont on peut tirer des vérités historiques, et les évènements qui sont cités doivent impérativement etre corroborés par les fouilles et études archéologiques. La recherche archéologique a donc un but fixé à l’avance : celui d’affirmer et prouver l’authenticité du texte religieux. Si elle ne le valide pas, elle est invalidée à son tour, quel que soit son objectivité et son sérieux.

Quand l’histoire, plus généralement la science, se mêle avec les dogmes religieux, il n’est donc pas étrange que le fait historique et le fait religieux soit les deux revers d’une même médaille et que ceux qui nous défendent de contester le dogme religieux auquel ils croient soient les mêmes qui nous défendent de contester la lecture historique qui en dérive. Actuellement, cette lecture se trouve meme contestée par des historiens israéliens à l’image de Shlomo Sand, Ilan Pappé, etc… qui sont par ailleurs des figures importantes du mouvement des “nouveaux historiens” qui fait polémique en Israel et ailleurs.

Ce documentaire, essentiellement basé sur les documents des archives britanniques, français, russes, turques, retrace l’influence majeure que ce genre de lectures de l’histoire du Moyen-Orient a eu sur la genèse de l’idéologie sioniste chrétienne, qui est apparue des décennies et des décennies avant que le sionisme juif ne prenne naissance, et les liens étroits qu’elle a entretenu avec l’idéologie colonialiste occidentale depuis le 18ème siècle

C’est une approche profonde de l’histoire de ce conflit qui continue à faire actualité, qui tire son originalité du recours méthodique à des éléments des archives occidentales, auxquels on ne fait meme pas référence dans les documentaires occidentaux traitant de la question, lesquels reprennent généralement l’histoire depuis l’année 1948, ne font qu’étaler la chronologie de ses évènements “clés” et n’osent que rarement la creuser plus profondément.

Première partie (Wat.tv)

Deuxième partie (Wat.tv)

Pour creuser le sujet : -”Comment le peuple juif fut inventé” – Shlomo Sand -”L’invention de l’Ancien Israel : mise sous silence de l’histoire Palestinienne” – Keith Whitelam (The Invention of Ancient Israel : The Silencing of Palestinian History) -”La Bible dans l’Histoire : comment les historiens crèent le passé ?” Thomas L. Thompson (The Bible in History : How Writers Create a Past)

Source : http://www.alterinfo.net/Documentaire-d-Aljazeera-Aux-origines-du-sionisme-chretien-videos_a40160.html

Le redéploiement géostratégique américain (vidéo)

Dans Afghanistan, Allemagne, Analyse, Arabie Saoudite, États-Unis, Balkans, Bases Américaines à l'Etranger, Chine, Complexe Militaro-Industriel, Corée du Nord, Corée du Sud, Corne d'Afrique, Europe, George W. Bush, Golfe d'Aden, Guerre contre le Terrorisme, Guerre d'Afghanistan, Guerre d'Irak, Guerre Froide, Guerres Énergétiques, GWOT, Impérialisme Américain, Indonésie, Italie, Japon, Koweït, Kyrgizstan, le Grand Echiquier, Mer Caspienne, Moyen-Orient, OTAN, Pax Americana, Pétrole, Pentagone, PNAC, Projet pour un Nouveau Siècle Américain, République Islamique d'Iran, Robert Gates, Royaume-Uni, Russie, Stanley McChrystal, US Army, Vidéo le 30 décembre 2009 à 21:46

Les Etats-Unis possèdent 761 bases militaires à l’étranger officielles réparties sur les cinq continents. L’ancien adversaire soviétique de la Guerre Froide n’étant plus le principal ennemi, le Pentagone a du remodeler sa stratégie mondiale d’emplacement des bases militaires afin d’être plus proche des différents théâtres du conflit actuel, la Guerre contre le Terrorisme. Datant de 2004, l’émission le Dessous des Cartes d’Arté développe les raisons du nouveau redéploiement géostratégique global américain.

L’Afghanistan : un business américain (vidéo)

Dans 11 Septembre 2001, AfPak, Al Qaïda, Atlantiste, États-Unis, Barack H. Obama, Ben Laden, Dick Cheney, George W. Bush, Guerre contre le Terrorisme, Guerre d'Afghanistan, Guerres Énergétiques, Gwadar, GWOT, Halliburton, ISAF, le Grand Echiquier, Lobby Pétrolier, Michael Moore, Mollah Omar, Néocolonialisme, OTAN, Pakistan, Pétrole, Pentagone, Robert Gates, Stanley McChrystal, Talibans, US Army, Vidéo le 30 décembre 2009 à 21:11

Sympathique et éloquent petit montage utilisant des passages du docu-fiction Fahrenheit 9/11 de Michael Moore et du magazine géopolitique le Dessous des Cartes d’Arté présenté par Jean-Christophe Victor qui illustre la véritable raison de la Guerre d’Afghanisation menée par la coalition atlantiste de l’ISAF sous le commandement du général américain Stanley McChrystal.

Guerre des plumes entre le Maroc et l’Algérie

Dans Algérie, Analyse, États-Unis, Démocratie, Hillary Clinton, Ingérence, Insurrection, Maghreb, Manipulation, Maroc, Mass Médias, Pauvreté, Polisario, Propagande, Sahara Occidental le 30 décembre 2009 à 20:39

Par Ali Chibani

Quand la presse algérienne défend « la Gandhi du Sahara Occidental », les titres marocains décèlent un « piège algérien (1) ». La grève de la faim observée depuis le 15 novembre par la militante sahraouie Aminatou Haïdar à l’aéroport de Lanzarote, aux Canaries, après qu’elle a été refoulée par les autorités marocaines, a ravivé les querelles entre journalistes des deux pays. Une vieille guerre que chaque camp justifie.

la militante sahraouie Aminatou Haïdar

Nourdine Jouhari, directeur de la rédaction de Maroc Hebdo International, estime que la défense du territoire, le maintien du Sahara Occidental sous l’autorité de la monarchie, fait l’unanimité dans son pays. Pour lui, seule l’autonomie du « Sahara marocain » est acceptable, car « il y va de la survie de la marocanité et de l’intégrité territoriale du pays ». Son hebdomadaire n’a de cesse d’évoquer un possible conflit armé avec le voisin algérien. Ces dernières années ont en effet été marquées par un renforcement de l’arsenal militaire algérien, et la presse marocaine suit de près ce dossier. C’est le cas de Maroc Hebdo International, qui énumère dans le détail les nouvelles acquisitions algériennes et conclut : « “Qui veut la paix prépare la guerre”, conseille le dicton. Alger, surtout, et, dans une moindre mesure, Rabat, ne dérogent pas à la règle (1) . »

« Notre position [pour l’indépendance des territoires sahraouis] est déterminée par notre histoire, rétorque Mohammed Touati journaliste au quotidien algérien L’Expression. Nous avons vécu cent trente ans d’un colonialisme brutal, nous ne pouvons donc pas accepter que d’autres peuples vivent la même expérience. » Merzak Tigrine, journaliste à Liberté, partage cet avis : « Nous condamnons l’occupation du territoire sahraoui comme nous condamnons la barbarie israélienne contre les Palestiniens. Nous sommes passés par là ! »

Tout porte à polémique. Le 18 septembre 2009, la presse marocaine rapporte que des « violations des droits de l’homme [dans les camps des réfugiés] à Tindouf ont été dénoncées vigoureusement à Genève par une délégation de Sahraouis unionistes ». L’Expression réplique par une diatribe sans concession contre la « délégation sahraouie fantoche (2)  » dont les membres sont traités de « harkis ». Néanmoins, le journal algérien appelle les Marocains à se prononcer en faveur de l’autodétermination du Sahara occidental. Et il leur rappelle leur engagement passé en faveur de l’indépendance de l’Algérie : « Le peuple marocain, dont la longue tradition de lutte contre la torture et le respect des droits de l’homme est devenue un symbole, trouve en la cause sahraouie le plus bel exemple de fraternité entre les peuples… »

Karim Boukhari, directeur de rédaction à l’hebdomadaire indépendant marocain TelQuel, se méfie des surenchères : « Nous nous efforçons de garder la tête froide au sujet du Sahara. On tente d’éviter des termes comme “séparatistes” – on parle plutôt d’“indépendantistes” – pour qualifier les membres du Front Polisario. On évite des expressions comme “la cause de tous les Marocains”, et tout ce qui ressemble de près ou de loin à la propagande, tant marocaine que non marocaine. Ce n’est pas toujours évident, puisque cela peut nous valoir des incompréhensions, même chez certains de nos lecteurs. »

Certains d’entre eux sont, en effet, habitués à une condamnation sans nuance de l’Algérie, censée être la seule à entraver le processus de paix au Sahara Occidental à cause des « appétits de la junte militaire […], qui avance sans ambages la solution du partage d’un territoire séculairement rattaché au Royaume (3). »

« L’Algérie crée tous les problèmes possibles pour éviter la fin du conflit avec le Sahara Occidental », affirme Nourdine Jouhari. A quoi les médias algériens ripostent que la monarchie n’offre aux Sahraouis que le statut de province autonome et refuse l’organisation d’un référendum sur leur indépendance. Mohammed Touati insiste : « Nous défendons, certes, la cause sahraouie, mais ce n’est pas pour autant que nous voulons être partie prenante du conflit. Nous souhaitons la tenue d’un référendum pour permettre aux Sahraouis de faire leur choix. Et s’ils optent pour leur rattachement à la monarchie marocaine, nous respecterons leur décision. »

Une chose est sûre : les journalistes algériens se sentent confortés par l’Organisation des Nations unies (ONU), qui considère le Sahara Occidental comme l’un des seize derniers « territoires non autonomes » entrant dans ses efforts de « décolonisation ». Le directeur d’Aujourd’hui le Maroc minimise ces résolutions et tranche : « La solution réaliste ne peut tourner qu’autour du projet d’autonomie proposé par le Maroc. Un point c’est tout (4). »

Aussi, Nourdine Jouhari peut expliquer : « La proposition d’organiser un référendum sur l’“autonomie des provinces sahariennes” a été acceptée par la communauté internationale. Mais Alger veut empêcher sa réalisation. »

Dans cette lutte au couteau, le journaliste tente souvent de ternir l’image du camp adverse. Côté algérien, la presse opère un parallèle entre les peuples sahraoui et palestinien, et utilise une même terminologie pour les deux conflits, parlant de « territoires occupés » et d’« Intifada » ; La Tribune dénonce les « forces d’occupation marocaines ».

El Moudjahid se fait la voix du Front Polisario en couvrant les voyages de M. Mohamed Abdelaziz, « président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) », et en reprenant les informations de l’agence de presse sahraouie SPS. Quant à Mohammed Touati, il égratigne ses confrères marocains : « Nous reprenons les articles pour rectifier le tir. Nous nous sentons agressés par tous ceux qui refusent l’indépendance des populations colonisées. »

Les journalistes marocains, eux, exploitent les mouvements sociaux chez leurs voisins, notamment ceux du « pays kabyle (5) », que Maroc Hebdo International décrit aussi comme une « Intifada ». Rappelant la naissance d’un mouvement autonomiste kabyle, l’hebdomadaire ironise sur le soutien aux Sahraouis et fait mine de s’interroger : « Et si le Maroc, sans autre forme de cynisme à l’algérienne, revendiquait devant les instances internationales le droit du peuple kabyle à disposer de lui-même, quitte à se constituer en Etat souverain… (6)  ? » « Cette extrapolation me fait rire ! Que je sache, en Algérie, il n’y a pas de peuple en danger », réplique Mohammed Touati. « Nous n’avons pas inventé de revendications pour le peuple algérien, se défend le rédacteur en chef de Maroc Hebdo International. Nous ne sommes pas pour le démembrement de l’Algérie. »

Des deux côtés, les journalistes s’alignent le plus souvent sur les positions des autorités politiques. Les accusations réciproques fusent. Ainsi, le quotidien arabophone algérien Al Khabar désigne les hôpitaux marocains comme destinataires d’un trafic d’organes d’enfants qui se fournit en Algérie. Maroc Hebdo International riposte en dénonçant les « nombreuses dérives de la presse algérienne (7)  ».

Les journalistes sont-ils manipulés par le pouvoir ? « Je ne subis aucune pression et personne ne me force à écrire mes articles, se défend Mohammed Touati. Pour moi, c’est la presse marocaine qui n’est pas libre… ». Nourdine Jouhari soutient que le Palais n’exerce aucune pression sur sa profession. « Il n’y a pas non plus d’autocensure, mais de la responsabilité. Quand nous écrivons sur le Sahara marocain, nous avons en tête le conflit avec l’Algérie et avons conscience de la nécessité de défendre l’intégrité de notre territoire. » Karim Boukhari, lui, rappelle que TelQuel est allé enquêter sur les camps de Tindouf en Algérie et que « les conclusions de [ses] reporters allaient à l’encontre de la propagande marocaine ». Un reportage mal perçu par des internautes marocains, qui ont accusé l’hebdomadaire de « manque de professionnalisme ».

Cette guerre des plumes contribue à l’enracinement du conflit dans les consciences. Toute nuance devient suspecte. Quand le souverain marocain fait part de sa volonté d’ouvrir ses frontières, El Watan y voit un signe de « l’aggravation de la situation socioéconomique au Maroc (8)  » et Le Soir d’Algérie une volonté d’envoyer en Algérie les Marocains pauvres.

Pour Jamal Berraoui, de La Gazette du Maroc, « le véritable conflit est entre le Maroc et l’Algérie. Le Sahara marocain sert de prétexte à deux nationalismes qui s’affrontent ! » Karim Boukhari ajoute : « Le conflit du Sahara est essentiellement une guerre de diplomatie officielle et parallèle, une guerre de “lobbies”, de propagande, etc. Je crois que toutes les parties l’acceptent et s’en accommodent. C’est même devenu un cache-misère et un bon moyen de désinformation. »

« La presse des deux pays devrait agir pour une solution humaine du problème, estime Jamal Berraoui, qui voit « la société sahraouie en pleine transformation alors que les journalistes ne suivent pas ». Et d’ajouter : « Les deux presses se sont dévalorisées parce qu’elles ne font pas leur travail d’information. Elles relaient seulement la position officielle », avant de conclure : « S’il n’y a pas de dialogue entre Alger et Rabat, ce problème durera encore trente ans. »

Notes

(1) Maroc Hebdo International, Casablanca, 9 au 15 décembre 2009.

(1) Maroc Hebdo International, 25 septembre au 1er octobre 2009.

(2) L’Expression, Alger, 20 septembre 2008.

(3) La Gazette du Maroc, Casablanca, 4 mars 2002.

(4) Aujourd’hui le Maroc, Casablanca, 1er septembre 2008.

(5) Maroc Hebdo International, 30 octobre au 5 novembre 2009.

(6) Maroc Hebdo International, 23 au 29 mai 2008.

(7) Maroc Hebdo International, 23 au 29 mai 2008.

(8) El Watan, Alger, 22 mars 2008.

Source : http://www.monde-diplomatique.fr/2010/01/CHIBANI/18657

Yémen : l’internationalisation d’une guerre oubliée

Dans Al Qaïda, Al Shabab, Analyse, Arabie Saoudite, États-Unis, Barack H. Obama, Chiites, Golfe d'Aden, Guerre, Guerre contre le Terrorisme, Guerre du Yémen, Guerres Énergétiques, GWOT, Hassan Nasrallah, Hezbollah, Houthi, Islam, le Grand Echiquier, Liban, Lobby Pétrolier, Moyen-Orient, Pauvreté, Pétrole, Pentagone, Pirates Somaliens, République Islamique d'Iran, Rebellion Zaïdite, Shebabs, Somalie, Sunnites, Tiers-Monde, US Army, Yémen le 29 décembre 2009 à 20:28

La guerre oubliée du nord du Yémen fait toujours rage. L’opération « Terre Brûlée » a été déclenchée par le gouvernement yéménite, le 11 août 2009, contre les insurgés Houtis, des rebelles zaydites en lutte depuis 2004. Il y aurait d’ores et déjà plus de 175 000 réfugiés dans une guerre sans pitié : attaques d’hôpitaux et de villages, condamnation à mort de prisonniers, déplacement de populations, embuscades contre des officiers généraux yéménites, etc.

Pour Convaincre

Cela ressemble déjà à un embryon de guerre régionale. Les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite, peut-être l’Iran, seraient de plus en plus militairement impliqués dans ce conflit. Les quelques lignes suivantes sont élaborées à partir de sources ouvertes occidentales, iraniennes ou arabes et ont pour seule portée de mettre en perspective ces informations parfois contradictoires sur l’internationalisation du conflit. 

L’Arabie Saoudite

Après avoir contribué à un blocus naval yéménite pour surveiller les importations illicites d’armement, l’Arabie saoudite aurait d’abord créé une zone tampon à la frontière yéménite. Puis, début novembre 2009, les forces armées saoudiennes ont débuté leur opération militaire interarmées contre les rebelles Houthis, en représailles à l’attaque d’un poste frontalier. Déjà, depuis le 19 octobre, les rebelles accusaient les Saoudiens d’appuyer l’offensive de l’armée yéménite.

Depuis, les saoudiens ont mené de nombreuses opérations terrestres, maritimes et aériennes contre les rebelles. Des combats auraient lieu dans le port de Maydi, le long de la frontière saoudienne pour couper cet axe de ravitaillement logistique houthi. Des villages frontaliers auraient été bombardés et des combats terrestres auraient fait rage à plusieurs reprises dans la région des Monts Al-Dukhan, Al-Ramih et Al-Doud. Selon Amnesty international, des bombes au phosphore auraient été utilisées contre des combattants et des civils, sans que cette information ne soit confirmée.

Les Etats-Unis

Les Etats-Unis ont avancé vers un nouvel accord militaire avec le Yémen. Le 10 novembre 2009, une délégation militaire américaine interarmées, menée par le général de brigade Jeffrey Smith, a conclu des pourparlers avec leurs homologues yéménites, dont le major général Ahmed al-Ashwal. Après des discussions qualifiées de franches et constructives, un accord a été signé pour renforcer la lutte contre les menaces affectant la population yéménite. Sous couvert de lutte contre Al-Qaïda et la piraterie, les américains auraient donc intensifié leur coopération militaire avec le gouvernement du Yémen.

Des forces spéciales américaines auraient été envoyées au Yémen pour former des forces armées locales, incapables de défaire les Houthis et Al-Qaïda. En décembre 2009, les rebelles ont accusé les américains d’avoir mené des raids contre leurs positions, lors d’une trentaine de sorties. Les Etats-Unis ont démenti et ont admis fournir seulement une aide logistique et un appui renseignement dans la lutte contre Al-Qaïda. Rien d’illogique à cela car le président Obama avait prévenu, lors de son discours de West point du 1er décembre 2009 : « Là où Al-Qaïda et ses alliés tenteront d’établir une emprise, que ce soit en Somalie, au Yémen ou ailleurs, ils devront se heurter à une pression croissante et à de solides partenariats ». Cet appui sert, au moins indirectement, à appuyer l’armée yéménite contre son autre adversaire (non lié) : les Houthis.

L’Iran

L’Iran est toujours accusé de soutenir les Houthis, malgré les démentis réguliers de M. Mottaki, ministre iranien des affaires étrangères. Toutefois, le 10 novembre 2009, il a « conseillé fortement aux pays voisins et à ceux de la région de ne pas s’ingérer dans les affaires intérieures du Yémen et de chercher à restaurer la paix et la stabilité dans le pays ». La question de l’aide iranienne reste entière. Quelques informations accréditent cette thèse sans pour autant être réellement des preuves. Les zaydites sont chiites mais c’est un peu court comme explication. Depuis maintenant 4 mois de combats relativement intenses, les rebelles ne sont pas à court de munitions et de matériel. Il existe donc des flux logistiques clandestins. L’Iran a été pointé du doigt.

Le port de Maydi pourrait être un point d’entrée logistique rebelle dans un Yémen dont la plupart des frontières sont relativement poreuses. La marine iranienne a renforcé fin novembre sa flotte au large du Yémen avec la présence de commandos à bord pour, officiellement, lutter contre la piraterie. Le 22 novembre, des pêcheurs yéménites se seraient plaints d’être harcelés par des militaires iraniens déployés sur des cargos de ce pays. Les troupes yéménites auraient aussi capturé 26 somaliens qui combattaient avec les Houthis. Des soupçons sur l’existence de camps d’entraînement Houthis en Somalie existent. Un bateau de pêche, certes modeste, aurait été saisi fin novembre avec des armes iraniennes. Des rumeurs persistantes dans la presse du Moyen-Orient indiquent des relations entre le Hezbollah libanais, parrainé par l’Iran, et les rebelles Houtis. Si l’appui du gouvernement iranien est loin d’être prouvé et démenti par celui-ci, l’appui financier et logistique de personnes privées iranienne n’est également pas à exclure.

Quelques commentaires

Le Yémen est un pays tourmenté par la guerre et miné par la faiblesse de l’Etat, la pauvreté généralisée, la baisse de la production de pétrole, la baisse des réserves d’eau potable, la présence d’Al-Qaïda dans le sud,  la rébellion zaydite dans le nord, le développement de la piraterie, le crime organisé et la délinquance. Cette situation fait penser à un mélange de la situation en Afghanistan au début des années 1990 et en Somalie actuellement, avec évidemment des paramètres purement locaux. Comparaison n’est pas raison mais cette situation pourrait rapidement devenir explosive sans aide internationale, notamment à l’Etat yéménite.

Ce pays pauvre conserve une place stratégique pour le commerce international et son instabilité s’avère difficilement tolérable dans la durée. Le Yémen, comme la Somalie, est en effet stratégique pour l’économie mondiale car ces deux pays permettent de contrôler le golfe d’Aden et indirectement le détroit de Bab el-Mandeb et la route de Suez par laquelle passent environ 1 500 à 2 000 navires par mois. De plus, l’exploitation du Yemen liquefied natural gasproject (source de richesse potentielle), dont Total est partie prenante, nécessite de la sécurité et de la stabilité.

Le risque de conflit entre l’Iran et les Etats-Unis est bien réel. Ils n’ont pas les moyens de le faire directement, mais un affrontement indirect reste envisageable. La situation au Yémen, la guerre du Liban de 2006, celle de Gaza en 2009, le conflit iraquien depuis 2003 posent la question de l’existence d’un conflit armé indirect entre l’Iran et les Etats-Unis, par l’intermédiaire d’organisations (Hezbollah, Hamas, Al-Houti, etc.) ou d’Etats alliés (Israël, Yémen, Egypte, Arabie Saoudite, etc.), liés ou non entre eux. Ce type de confrontation indirecte a été mis en œuvre durant la guerre froide entre américains et soviétiques, dans le tiers-monde (Viêt-Nam, Angola, Cuba, Afghanistan, Rhodésie, Nicaragua, etc.). Ce n’est donc pas une nouveauté mais un nouveau risque de dérapage entre les puissances américaines et iraniennes est réel.

L’Etat yéménite existe toujours et son armée également. Même s’il n’est pas parfait, il peut encore agir mais il a besoin de soutien extérieur. Il serait sans doute nécessaire de l’aider militairement et économiquement, indirectement et directement, tant qu’il est encore temps, pour éviter à ce pays de sombrer dans le chaos. Certains pays s’y attèlent déjà, de manière partiale. Cela n’avait pas été fait à temps en Afghanistan et en Somalie, au début des années 90, pour de « bonnes » et de « mauvaises » raisons. Une question subsiste : pourra-t-on éviter, à terme, une intervention internationale, pour rétablir l’ordre dans cette zone stratégique ?

Source : http://www.alliancegeostrategique.org/2009/12/28/yemen/

Un angoissant plan d’urbanisme

Dans Al-Aqsa, Analyse, Christianisme, Conflit Israélo-Palestinien, Islam, Israël, Jérusalem, Judaïsme, Moyen-Orient, ONU, Palestine, Sionisme, UNESCO le 29 décembre 2009 à 16:28

Par Kevin Henry

La Lointaine” s’effondrera-t-elle “accidentellement” ?

l’église Saint-Jean Baptiste

Un plan d’action pour la sauvegarde du patrimoine culturel de la Vieille Ville de Jérusalem élaboré par l’Unesco est actuellement en cours et concerne notamment la restauration de l’église Saint-Jean Baptiste à Jérusalem sous l’approbation du patriarche grec-orthodoxe, la restauration de la cathédrale arménienne Saint-Jacques, en colaboration avec la Fondation Pro Sacris Locis, un Institut de la Conservation; après un accord, d’un montant de 700 000 euros signé entre l’Unesco et la Commission européenne, ainsi que le projet du Centre Al-Aqsa pour la restauration des manuscrits islamiques, établi dans la Madrasa al-Ashrafiyah à l’intérieur du Haram ash-Sharif, qui a été mené à son terme en février 2009 après de multiples obstacles sionistes. Pendant trois ans, le matériel de conservation été saisi au port d’Ashdod.

la mosquée Al-Aqsa " La Lointaine "

Depuis 2007, les fouilles archéologiques et une nouvelle conception du site Haram ash-Sharif réalisées par l’entité sioniste sont considérées comme une question spécifique dans le contexte du patrimoine culturel de la Vieille Ville de Jérusalem. L’Unesco a également rappelé à l’entité sioniste qu’il ne fallait prendre aucune mesure unilatérale qui risquait de compromettre l’intégrité du site. La rampe conduisant de la place du Mur occidental à la Porte des Maghrébins du Haram ash-Sharif est ce qui subsiste du Quartier des Maghrébins démoli par Israël en juin 1967 lors de la Guerre des Six Jours. Cette rampe permet aux piétons de franchir la dénivellation de six mètres entre la place du Mur occidental et la Porte des Maghrébins. Cette rampe reste la principale voie d’accès au site pour les visiteurs, la police de l’occupation et pour les fidèles juifs. La Porte des Maghrébins n’est pas ouverte aux musulmans et se trouve sous le contrôle exclusif des autorités sionistes. Toutes les autres portes du Haram ash-Sharif par lesquelles peuvent accéder les fidèles musulmans sont réglementées par la police de l’occupation.

Une section d'une rue dallée remontant à l'époque du second temple juif de Jérusalem, il y a 2.000 ans, a été exhumée dans la partie orientale annexée de la Ville sainte

Deux réunions ont eu lieu à Jérusalem entre des experts de l’entité sioniste et l’Unesco. Des discussions ont été organisées pour déterminer les « faiblesses de la conception israélienne » ainsi que leurs conséquences, et pour débattre de principes qui aideraient à respecter au mieux l’authenticité du site et à répondre aux exigences en matière de conservation. Toutefois, malgré plusieurs demandes formulées, il n’a pas été possible d’organiser une nouvelle réunion depuis lors. Parmi les diverses questions liées à la préservation du patrimoine culturel de Jérusalem, celle des fouilles archéologiques est particulièrement et régulièrement soulevée. L’Unesco continue de porter à l’attention des autorités occupants Jérusalem, les incidences que les fouilles archéologiques effectuées dans la Vieille Ville pourraient avoir. Les fouilles en dessous de l’esplanade d’Haram al Sharif ont d’ores et déjà causé des dommages irréparables à la stabilité des fondations de la Mosquée Al-Aqsa (troisième lieu saint de l’Islam).

A la peur que l’occupant ne défigure encore le patrimoine culturel de la capitale palestinenne, se greffe une rumeur grandissante qu’il y aurait également derrière ces projets douteux, une volonté de reconstruire le Temple de Salomon, lequel se trouvant jadis sur l’emplacement de la Mosquée Al-Aqsa.

En cette fin d’année 2009, l’Unesco a déclaré regretter que les nouvelles réunions de suivis techniques aient été reportées, et que les experts jordaniens aient été empêchés d’accés aux sites le 27 juillet 2009. L’Unesco a également reconnu « l’existence de profondes préoccupations » concernant les décisions prises par les autorités agissantes dans le plan d’urbanisme de La Vielle Ville.

carte des principaux sites sacrés de la Vieille Ville de Jérusalem

CS : Comment les israéliens voient-ils leur avenir ? (vidéo)

Dans Abbas, Al-Aqsa, Analyse, Ariel Sharon, Avigdor Liebermann, Benyamin Netanyahou, Christianisme, Cisjordanie, Conflit Israélo-Palestinien, Démocratie, Egypte, Fatah, France, Gaza, Hamas, Hassan Nasrallah, Hezbollah, Islam, Israël, Jérusalem, Jordanie, Judaïsme, Knesset, Moyen-Orient, Palestine, Réflexion, Sionisme, Syrie, Tsahal le 27 décembre 2009 à 22:10

Dans le cadre du cycle spécial sur le conflit israélo-palestinien, Mecanoblog vous propose de voir ou de revoir une intéressante émission de ” Ce soir ou jamais ” diffusée le 20 mars 2008. Lors de ce 60ième anniversaire de l’état d’Israël, Frédéric Taddeï a invité une brochette de personnalités israéliennes, essayiste, historien, journaliste, politicien, pour débattre de l’avenir de leur pays colonisateur en guerre depuis 60 ans avec la Palestine. Comme dans de nombreux pays du Moyen-Orient et au-delà, existe-il un gouffre entre la politique israélienne et la société israélienne ? Les israéliens qui n’ont pas connu les pogroms, le nazisme, la Shoah vivent-ils une crise d’identité en essayant de trouver leur place autour de pays arabes ? Que pensent-ils exactement de la prison à ciel ouvert que représente la Bande de Gaza ? Du Hamas ? De Jérusalem, foyer sacré des trois religions monothéïstes ? Et du sionisme ?

Première partie

Deuxième partie

Troisième partie

Quatrième partie

Cinquième partie

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.

Joignez-vous à 255 followers