Un blog d'analyses géopolitiques et de culture stratégique

Archive pour novembre 2009|Page d'archive mensuelle

Les minarets et les peurs suisses

Dans Uncategorized le 30 novembre 2009 à 16:00

Par Henry Tincq

Les électeurs suisses ont sanctionné le symbole d’une volonté d’enracinement de l’islam dans le paysage européen.

Par une majorité de 57,5 % des votants, les électeurs suisses ont accepté, dimanche 29 novembre, d’introduire dans la Constitution fédérale un article visant à interdire la construction de minarets sur tout le territoire. Ainsi ont-ils approuvé une initiative populaire lancée par la seule Union Démocratique du Centre, parti d’extrême droite, souverainiste et populiste. Ce résultat dément tous les sondages des instituts, puisqu’on estimait que jamais la barre des 40% de «oui» ne serait atteinte. Le vote extrémiste avait été une fois de plus sous-estimé par les sondages. La participation s’est élevée à 53,4%, un taux plutôt élevé pour les votations suisses.

Ce scrutin faisait suite à des semaines de campagne agitée, où les arguments des partisans de l’initiative populaire reposaient sur un amalgame entre la construction de minarets, l’islam et l’extrémisme islamiste, et ceux des opposants qui rappelaient l’importance de la cohabitation pacifique des religions et la garantie de liberté confessionnelle donnée par la Constitution. La majorité des cantons alémaniques a dit «oui» à l’interdiction des minarets, à l’exception de Bâle-Ville (51,6% de «non»). En Suisse Romande, les cantons de Genève (avec la plus forte proportion de «non»: 59,7%), Vaud (53,1%) et Neuchâtel (50,8%) l’ont rejetée. En revanche, Fribourg, le Jura et le Valais l’ont acceptée.

On peut d’abord s’indigner devant le piège de cette démocratie directe à la suisse: 100.000 signatures de citoyens — pour une population de 7, 5 millions d’habitants — suffisent à déclencher une procédure de référendum par «oui» ou par «non», inadaptée  pour  trancher une question aussi complexe touchant aux minarets, c’est-à-dire à la visibilité de l’islam dans l’espace public. On s’étonne que les autorités fédérales suisses n’aient pas fait le nécessaire pour bloquer cette initiative dès le départ en la déclarant anticonstitutionnelle, parce que contraire à la garantie de la liberté religieuse. On aurait épargné à la Suisse le climat malsain et insidieux qui a présidé à cette campagne électorale.

Le principal sujet de stupéfaction, c’est bien la fin d’une tradition d’hospitalité qui, en Suisse désormais, s’arrête à l’islam. Tous ceux qui avaient milité contre ce projet — gouvernement (Conseil fédéral) et partis de gauche, Eglises, organisations de défense des droits de l’homme, etc — se disent aujourd’hui aussi surpris qu’horrifiés par le résultat du vote de dimanche. Pour eux, une telle interdiction de construction des minarets est discriminatoire. Elle menace la paix confessionnelle du pays et ne favorise pas du tout l’intégration des musulmans à la société suisse, par tradition multiculturelle.

Ce sont bien des peurs irrationnelles qui l’ont emporté. La Suisse ne compte que quatre minarets, dont aucun n’est utilisé pour l’appel public à la prière. La communauté musulmane en Suisse ne compte également que 400.000 membres. Essentiellement d’origine turque ou balkanique, cette minorité se distingue par sa modération et sa volonté de se fondre dans une société laïque. Mais la question du minaret est fortement symbolique: à tort ou à raison, elle représente une volonté d’enracinement durable dans le paysage européen et même d’influence et d’expansion.

Ce «non» aux minarets semble ainsi dépasser le vote traditionnel d’extrême droite. Il traverse toutes les catégories et représente un courant d’opinion qui dénonce, avec l’islam, un retour du religieux intolérant, notamment en matière des droits de la femme. Une opinion alimentée par les peurs que nourrissent les médias. Il y a fort à parier qu’une telle procédure référendaire sur un autre sujet également symbolique comme la burqa se solderait, en Suisse ou partout ailleurs en Europe, par un résultat identique.

La communauté musulmane est aujourd’hui sous le choc. Elle se dit stigmatisée par des messages démagogiques. Vivant à Genève, enseignant à Oxford, Tariq Ramadan a jugé «catastophique» le résultat de ce référendum, même s’il convient que les Suisses ont exprimé un «questionnement profond» sur la place de l’islam en Europe. Les réactions sont nombreuses dans les pays musulmans qui voient dans cette initiative suisse une «insulte» faite à l’islam, un signe de haine et d’intolérance pour la communauté musulmane.

Sans doute faut-il s’attendre à ce que le paragraphe introduit dimanche dans la Constitution suisse soit déféré à la Cour européenne des droits de l’homme. Mais les premières difficultés qui attendent le gouvernement helvétique sont d’ordre diplomatique: il va devoir calmer les inquiétudes des gouvernements et des milieux d’affaires des pays musulmans, avec lesquels la confédération entretient des rapports réguliers et traditionnellement bons.

L’Europe soutient la « régionalisation » de l’Afghanistan

Dans Afghanistan, Al Qaïda, Allemagne, États-Unis, Barack H. Obama, Ben Laden, Bernard Kouchner, Chine, Europe, France, Gordon Brown, Guerre contre le Terrorisme, Guerre d'Afghanistan, Guerres Énergétiques, GWOT, Hamid Karzaï, ISAF, Italie, le Grand Echiquier, Mollah Omar, Néocolonialisme, Nicolas Sarkozy, Occident, OTAN, Pachtouns, Pentagone, Royaume-Uni, Russie, Stanley McChrystal, Talibans, UE, US Army le 29 novembre 2009 à 19:39

Par Ulrich Rippert

Les Etats-Unis et ses alliés planifient augmenter de façon importante le nombre de leurs soldats en Afghanistan. Dans une allocution télévisée qu’il donnera mardi prochain à l’école militaire de West Point, le président américain Barack Obama annoncera son intention d’augmenter le contingent de l’armée américaine en Afghanistan d’environ 30.000 soldats. Il y a actuellement 68.000 soldats américains dans ce pays.

Le secrétaire général de l’OTAN Anders Fogh Rasmussen cherche au même moment à ce que les pays européens déploient 10.000 soldats de plus en Afghanistan. Et tout laisse croire qu’on acquiescera à ses demandes. Malgré la croissance des tensions économiques et politiques entre les Etats-Unis et les puissances européennes, ces dernières appuient entièrement la guerre en Afghanistan. Ayant soutenu la guerre dès son commencement, les puissances européennes souffriraient autant que les Etats-Unis des conséquences d’une débâcle comme celle du Viet Nam.

Selon le nouveau secrétaire de la Défense allemand, Karl Theodor zu Guttenberg, les Etats-Unis et ses alliés sont condamnés « à réussir » en Afghanistan. Le déploiement est « le test déterminant, non seulement pour l’alliance transatlantique, mais pour tout l’Occident », a-t-il déclaré.

La décision du président Obama suit des disputes acerbes au sein des dirigeants américains et de l’OTAN. En plus d’une augmentation substantielle du nombre des troupes, le résultat en est une nouvelle stratégie dont les implications réelles sont masquées par le terme de « régionalisation ».

Durant sa première visite à Washington, Guttenberg a dit qu’il était nécessaire de mettre de côté « l’idée romantique de la démocratisation de tout un pays selon le modèle occidental » et qu’il fallait plutôt « céder le contrôle des provinces une à une aux forces de sécurité afghanes ».

Ces vues sont clairement partagées par le gouvernement américain et sont la conclusion des discussions ayant eu lieu au sein de l’administration américaine. Guttenberg, qui est ministre depuis quatre semaines seulement, a été reçu à bras ouverts à Washington. Il a depuis cultivé des rapports transatlantiques étroits avec des politiciens influents comme le secrétaire à la Défense Robert Gates, le sénateur John McCain et l’adjoint au secrétaire d’Etat Jim Steinberg. Gates a décrit son collègue plus jeune comme « une autorité respectée » en matière de politique sécuritaire et comme un « grand ami » des Etats-Unis. Le président du centre d’expertise sur la politique étrangère Center for Strategic and International Studies, John Hamre, a dit de Guttenberg que c’était « le politicien d’Allemagne et probablement d’Europe qui a été le plus souvent invité à Washington ».

A Washington, Guttenberg a fait part du fait que le gouvernement allemand était prêt à s’impliquer davantage le long de la frontière entre l’Afghanistan et le Pakistan et à prendre « une plus grande part du fardeau ». Officiellement, il n’y aura pas de décision avant la conférence internationale sur l’Afghanistan prévue en janvier, mais le secrétaire à la Défense allemand n’a pas laissé de doute sur le fait que son gouvernement soutiendra l’expansion prévue de la guerre.

La nouvelle stratégie de « régionalisation » de l’Afghanistan a pour but de diviser ce pays en cantons individuels, à la manière de ce qui a été fait au Liban et dans l’ancienne Yougoslavie. Jusqu’à ce jour, les occupants américains et de l’OTAN soutenaient le gouvernement de Hamid Karzaï et vendait la guerre à la population comme un processus de « démocratisation » du pays. Toutefois, les forces d’occupation, de plus en plus, se préparent à donner le pouvoir aux seigneurs de guerre régionaux et à leurs milices, avec l’hypothèse que de telles forces régionales suivront mieux les ordres de leurs maîtres impériaux. Aussitôt qu’il n’y aura plus de danger dans une province donnée, a déclaré Guttenberg, alors les troupes internationales devraient en être retirées.

Le Frankfurter Neue Presse a écrit sur la nouvelle stratégie en Afghanistan : « L’Afghanistan est une société tribale et clanique, dans laquelle les chefs de clan déterminent quels candidats présidentiels devraient être choisis par leurs sujets. Celui qui a le soutien d’un nombre suffisant de chefs de clan gagne l’élection. »Le quotidien cite ensuite le général britannique Paul Newton qui, d’une façon entièrement cynique, a résumé la nouvelle stratégie de guerre en déclarant qu’on doit se munir « de sacs d’or » pour acheter la collaboration des chefs régionaux.

Hamid Karzaï, la marionnette des forces d’occupation, n’a pu conserver le pouvoir qu’en achetant les bonnes grâces des plus importants chefs de clan régionaux. Alors que les forces de l’occupation appellent publiquement Karzaï à agir contre la corruption et le favoritisme, ils ont aujourd’hui adopté une stratégie visant à obtenir la collaboration des éléments les plus corrompus de l’Afghanistan.

Les talibans, qui ont joué jusqu’à ce jour le rôle crucial du vilain dans la propagande des Etats-Unis et de l’OTAN pour justifier la guerre, font aussi partie de ceux avec qui on désire augmenter la collaboration. Selon les journaux, le gouvernement américain autait déjà contacté des éléments talibans « modérés » en Afghanistan. Selon le magazine allemand Der Spiegel, le médiateur principal avec les talibans est la famille royale d’Arabie saoudite.

La nouvelle stratégie de guerre aura des conséquences catastrophiques pour la population de l’Afghanistan. L’augmentation du nombre de soldats mènera à une expansion du conflit et à un niveau plus élevé de victimes civiles. Le renforcement du statut de chef de clan et de seigneur de guerre régional va davantage paralyser le pays et le plonger dans un conflit au caractère encore plus civil et tribal.

La manipulation continuelle des conflits régionaux fait du pays, à long terme, un jouet pour les impérialistes. A sa propre manière présomptueuse, Guttenberg appelle cela une « structure de sécurité auto-suffisante ». En fait, c’est la plus vieille tactique dans le livre de la guerre néocoloniale : diviser pour régner.

La nature véritable de la guerre en Afghanistan devient de plus en plus évidente. Ce n’est pas la question de la démocratie, ni de la lutte contre les talibans ou al-Qaïda, dont les partisans en Afghanistan ne seraient qu’au nombre de quelques dizaines, qui est en jeu. C’est plutôt le contrôle impérialiste d’un pays qui, des décennies durant, a été d’une grande importance géopolitique pour sa position entre l’Iran et le sous-continent indien et les deux plus importantes régions productrices de pétrole au monde, le golfe Persique et l’Asie centrale.

La guerre n’est pas seulement faite contre le peuple afghan ; elle va à l’encontre de la volonté et, dans une large mesure, se décide à l’insu des populations américaine et européenne, qui rejettent en majorité la guerre.

 

Source : http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=16319

L’Assemblée nationale, la burqa et les minarets suisses

Dans Burqa, Choc des Civilisations, Démocratie, Europe, France, Hijab, Islam, Islamophobie, Manipulation, Monde Musulman, Occident, Samuel Huntington, Voile Islamique le 29 novembre 2009 à 19:05

Par Alain Gresh

« Après les établissements scolaires, l’Assemblée nationale va-t-elle devenir le prochain lieu public d’où sera banni le voile islamique ? La question, ressentie comme une nouvelle stigmatisation de l’islam par la communauté musulmane, se pose après la demande de la députée (UMP) du Nord, Françoise Hostalier, de modifier le règlement de l’Assemblée nationale pour y interdire le port du voile.

Cette nouvelle polémique a surgi après la visite, le 12 novembre, dans les tribunes de l’Assemblée nationale, d’une classe d’un lycée de Garges-lès-Gonesse. La présence d’une élève portant le voile islamique avait suscité la colère de plusieurs députés pour qui cette tenue relevait de la “provocation”. “Elle était fortement voilée et agitée”, précise aujourd’hui Mme Hostalier. »

La députée n’explique pas ce qu’est une femme « faiblement voilée ».

« Avec plusieurs de ses collègues, la députée avait alors demandé, en vain, que soit appliqué sur-le-champ le règlement de l’Assemblée nationale, et notamment son article 8 qui dispose que les personnes assises dans le public doivent être “découvertes”. »

« Face à l’émotion persistante, le président de l’Assemblée nationale, Bernard Accoyer, a adressé une lettre à tous les députés le 19 novembre. Il y rappelle qu’“aucune disposition de notre règlement n’autorise le président de séance à refuser l’accès des tribunes du public à une personne pour ce motif”. Il indique par ailleurs que la prescription demandant aux visiteurs d’avoir la tête découverte est “vieille de plus d’un siècle et ne saurait être opposée au foulard” et rappelle que “les libertés de religion et d’opinion font partie des droits fondamentaux”. »

Haut lieu de la représentation nationale, l’Assemblée serait-elle menacée ? Le lieu même serait-il sacré au point de n’admettre aucun « signe religieux » ? Pourtant, qui se rappelle qu’il n’y a pas si longtemps siégeaient à l’assemblée des députés-prêtres qui portaient la soutane ? Les plus célèbres d’entre eux ont été Henri Grouès (1946-1951), dit aussi abbé Pierre et le chanoine Felix Kir (1946-1967), le chanoine Kir, maire de Dijon, antigaulliste et allié à la gauche. Personne alors ne semblait choqué par le port de la soutane dans l’hémicycle… Il est vrai que ce n’étaient pas des musulmans…

Pendant ce temps, imperturbable, alors que le chômage s’aggrave et que s’accélère le démantèlement du service public, la Mission d’information sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national poursuit ses travaux. Les compte-rendus, et notamment les interventions des députés, pourraient faire l’objet d’une anthologie des fantasmes, des peurs, de la démagogie aussi de nombre d’élus.

On pourra lire toutefois des interventions plus raisonnables, notamment celles de l’historien Benjamin Stora, de Jean Baubérot, celles des représentantes du collectif des féministes pour l’égalité (Ismahane Chouder et Monique Crinon), celle de Farhad Khosrokhavar. Mais la plupart de ces contributions auront peu d’impact, tant est grande la démagogie des politiques.

« L’UMP lance un site pour débattre de la burqa » (Celia Heron, lemonde.fr, 18 novembre)

« Lors de son discours, jeudi 12 novembre, à La Chapelle-en-Vercors (Drôme), Nicolas Sarkozy avait exhorté les Français à “prendre part au débat sur l’identité nationale”. Commençant par s’en emparer lui-même, il avait insisté sur le fait que “la France est un pays où il n’y a pas de place pour la burqa, pas de place pour l’asservissement de la femme”. Parallèlement à la mission parlementaire sur le voile intégral, mise en place par l’Assemblée nationale début juillet, le groupe UMP à l’Assemblée a pris l’initiative de lancer un site sur ce qu’il qualifie de “phénomène de société” : la-burqa-en-debat.fr. »

Mais l’utilisation du chiffon rouge musulman n’est pas l’apanage, loin s’en faut, des seuls élus et politiques français.

Dépêche de l’Agence France-Presse, du 27 novembre : « La droite populiste helvétique, qui ne manque jamais une occasion d’attiser la peur de l’étranger, demande aux Suisses d’interdire dimanche (29 novembre) par référendum la construction de minarets, accusés de symboliser une revendication de pouvoir politique de l’islam. (…)

Les partisans de l’interdiction n’ont pas fait dans la nuance : leurs affiches représentent une femme complètement voilée devant le drapeau suisse couvert de minarets, dont la silhouette stylisée évoque des missiles. Après les affiches appelant à bouter les “moutons noirs” étrangers hors de Suisse, la propagande de la droite populiste a encore fait scandale. Cette image “attise la haine”, a dénoncé la Commission fédérale contre le racisme (CFR), un organisme public consultatif, tandis que le Comité des droits de l’homme de l’ONU s’est inquiété de cette campagne d’“affiches sinistres”. Comme l’objet du référendum, le débat sur la campagne d’affichage divise profondément la Suisse : plusieurs villes ont banni cette propagande tandis que d’autres ont préféré ne pas limiter le droit à la liberté d’expression. »

Dans un éditorial du quotidien Le Temps (21 novembre), intitulé « Minarets : non à l’offense irréparable ! », (et dont le sous-titre est « Sommes-nous prêts à blesser nos libertés fondamentales pour parer un danger largement imaginaire ? ») Jean-Jacques Roth écrit :

« Il faut dire non. Un non catégorique, vibrant, indigné. L’initiative qui veut interdire la construction de minarets est tout d’abord inutile : les minarets de Suisse (quatre !) ne dérangent personne, et nul ne projette d’en construire une marée. Les lois actuelles suffisent à les proscrire là où on ne les veut pas, et les muezzins ne sont pas tolérés. C’est donc une mauvaise réponse à une question qui ne se pose pas.

Mais ce n’est pas aux minarets qu’une forte proportion de citoyens s’apprête à dire “stop”, comme les y invitent des affiches menaçantes. Derrière ces tours virtuelles, les motifs d’inquiétude se bousculent : les visées de la cinquième colonne terroriste, la charia qui voudra un jour voiler nos femmes et interdire Noël, l’allégeance religieuse plutôt que le respect de la laïcité républicaine. Non au Hamas, non à la burqa ! Et si l’on ne pose pas cette limite aujourd’hui, demain sera trop tard… »

Sur les arguments en faveur de l’interdiction, on lira l’article de La Tribune de Genève du 5 mars de Marc Chuard, « Les minarets ? “Un débat ridicule et dangereux” » :

« En effet, l’UDC ne vise pas que les minarets, loin s’en faut. Jasmine Hutter (UDC/SG) affirme vouloir combattre en vrac la charia, les extrémistes et “l’islamisation” de la société suisse. Et d’ajouter : “Aucune Suissesse ne tolère la façon dont les fondamentalistes musulmans traitent les femmes.”

(…) “Hans Fehr (UDC/ZH) fustige le manque de “volonté d’intégration” de certains musulmans. Il use de la métaphore militaire, qualifiant les minarets de “baïonnettes du pouvoir islamique contre les mécréants” – citation attribuée à un ministre turc.

“Oskar Freysinger (UDC/VS) se lance dans la théologie, observant que “le christianisme a retenu le concept d’amour du prochain, alors que 3% seulement des textes islamiques parlent d’amour du prochain”. »

Pour comprendre le sens du débat, on lira avec profit le livre réalisé sous la direction de Patrick Haenni et Stéphane Lathion, Les minarets de la discorde, Infolio-Religioscope, Paris, 2009, 112 pages, 8 euros. Et notamment le texte de Patrick Haenni et Samir Amghar, « Leur conquête de l’Ouest n’aura pas lieu ».

Pourtant, nombre d’élus et d’intellectuels se mobilisent contre cette invasion. Le sujet n’est pas prêt de disparaître des colonnes des journaux, des discours des responsables politiques, des interventions des intellectuels.

 

Source : http://blog.mondediplo.net/2009-11-27-L-Assemblee-nationale-la-burqa-et-les-minarets

Conflit(s) au Yémen

Dans Al Qaïda, Ali Khamenei, Arabie Saoudite, Ayatollahs, Djihadistes, Gardiens de la Révolution Islamique, Gaza, Guerre contre le Terrorisme, Guerre d'Afghanistan, Guerre d'Irak, Guerres Énergétiques, GWOT, Hamas, Hassan Nasrallah, Hezbollah, Islamistes, Jihad, Jordanie, les Frères Musulmans, Liban, Mahmoud Ahmadinejad, Moyen-Orient, Palestine, Pasdaran, République Islamique d'Iran, Rebellion Zaïdite, Saddam Hussein, Sahwa, Syrie, Wahhabi, Yémen le 27 novembre 2009 à 17:09

Après la mort, le 3 novembre dernier, d’un garde-frontière et l’incursion de rebelles yéménites sur son territoire, l’Arabie  saoudite est désormais impliquée militairement dans les problèmes sécuritaire du Yémen. Voici quelques éléments pour mieux en  comprendre les enjeux :

Des divisions du passé qui ressurgissent

L’existence du Yémen que l’on connaît actuellement est en fait toute récente. Au XIXe siècle, le pays était divisé en deux  parties, le Nord étant sous la domination de l’empire Ottoman et le Sud étant contrôlé par les Britanniques.

En 1918, la région septentrionale accède à l’indépendance et devient le royaume mutawakkilite du Yémen, gouverné par Yahya  Muhammad Hamid ed-Din, l’imam des zaïdites, une branche de l’islam chiite. En 1962, cette monarchie chiite est renversée par  un coup d’Etat mené par les sunnites et la province prend le nom de République arabe du Yémen (ou Yémen du Nord).

De son côté, la région méridoniale devient la République démocratique populaire du Yémen du Sud après le départ des  Britanniques en 1967 et adopte la doctrine marxiste.

En 1990, les deux entités finissent par fusionner pour former la République du Yémen, présidée par Ali Abdullah Saleh, qui  dirigeait auparavant le Yémen du Nord. Cependant, cette réunification n’est pas synonyme de stabilité. En 1994, le sud du  pays a tenté de faire sécession, sans succès. Puis, à partir de 2004, c’est un mouvement rebelle de la minorité chiite  zaïdite qui commence à faire parler de lui dans le nord, et plus précisement dans la province de Saada.

La rebellion Houthiste

Economiquement sous-développée, la province de Saada est un bastion des chiites d’obédience zaïdite. En 1997, Cheikh Hussein  Badr Eddine Al-Houthi fonde un mouvement appelé « Jeunesses croyantes » (shabab al-mu’min). S’estimant opprimés par le régime  du président Saleh, ceux qui se font appeler les « houthistes » prennent les armes en juin 2004.

La mort de son chef, trois mois plus tard, aurait pu porter un coup fatal à la rébellion. Or, il n’en a rien été, bien au  contraire : elle compterait quelques milliers de combattants actuellement, contre seulement 400 il y a cinq ans. Jusqu’à  présent, les combats avec les forces gouvernementales et les insurgés avaient été sporadiques. Mais depuis le mois d’août,  Sanaa est décidé à en finir avec les houthistes, en lançant une vaste offensive militaire.

Ainsi, soi-disant pour éviter d’être encerclés par l’armée yéménites, des rebelles zaïdites sont entrés en Arabie saoudite.  Au cours de cette incursion, un garde-frontière saoudien est tué. Et c’est cet incident qui va ainsi pousser Riadh à  s’impliquer dans ce conflit interne au Yémen, notamment en bombardant les positions houthistes.

Le rôle de l’Iran

Comme l’a souligné le géopolitologue Olivier Kempf, il n’y a pas de preuves d’un éventuel soutien à la rébellion houthiste de la part de l’Iran  chiite. Seulement des présomptions, sur la base de la proximité confessionnelle entre les dirigeants iraniens et les insurgés  zaïdites. Encore que, le chiisme de ces derniers présentent quelques différences dogmatiques avec celui qui est pratiqué à  Téhéran.

Cependant, plusieurs déclarations de responsables du pays des mollahs montrent leur intérêt pour les opérations militaires en  cours contre les houthistes, comme celle du chef d’état-major iranien, le général Hassan Firouzabadi, qui a qualifié  l’intervention saoudienne de « terrorisme d’Etat » susceptible de mettre en danger la région et d’alimenter l’extrémisme dans  le monde musulman. Et même si Maouchehr Mottaki, le ministre iranien des Affaires étrangères a proposé, le 11 novembre, une  coopération avec Sanaa, cela n’a pas empêché un journal ultraconservateur de Téhéran d’assimiler le conflit yéménite à une  attaque « des Arabes contre les chiites ».

Reste que le Yémen et l’Arabie Saoudite accusent l’Iran de soutenir les rebelles. Le 28 octobre dernier, soit quelques jours  avant l’intervention saoudienne, les autorités yéménites avaient annoncé la prise, au large des côtes du nord du pays, d’un  bateau présenté comme étant iranien et chargé d’armes.

Mais si les preuves d’un soutien de Téhéran à la rébellion houthiste ne sont pas formellement établies, il n’en reste pas  moins que ce conflit sert les intérêts iraniens. Depuis la chute de Saddam Hussein et la venue au pouvoir de chiites à  Bagdad, l’Arabie Saoudite et d’autres monarchies du golfe Persique ont une obsession : l’émergence d’un « Croissant chiite »,  qui serait au service d’un possible hégémonie de l’Iran dans la région.

Cette crainte est d’autant plus justifiée qu’une forte minorité chiite (10% de la population) est présente dans la péninsule  arabique. Et l’on ne peut pas dire que les revendications de cette dernière aient souvent été prises en compte dans un pays  où le wahhabisme, c’est à dire l’interprétation rigoriste de l’islam sunnite, est la doctrine officielle. Et le conflit qui  oppose les houthistes au pouvoir central yéménite pourrait bien inspirer les chiites saoudiens, ou du moins. D’où un possible  effet de contagion.

Par ailleurs, il se trouve que les chiites représentent près de 30% de la population de la province saoudienne du Hasa. Or,  le sous-sol de cette dernière recèle une grande partie des réserves pétrolières du royaume… Par conséquent, des troubles  dans cette région affaibliraient Riyad, ce qui pourrait affecter la production d’or noir du pays , au grand bénéfice de l’Iran,  dont les exportations de bruts pourraient être menacées par d’éventuelles sanctions du Conseil de sécurité de l’ONU en  fonction de son attitude sur la question de son programme nucléaire.

Cette menace de « Croissant chiite » fait que les membres du Conseil de coopération du Golfe (Arabie Saoudite, Koweit, Bahreïn,  Oman et les Emirats arabes unis), ainsi que la Jordanie et l’Egypte, soutiennent le Yémen dans sa lutte contre les rebelles  houthistes.

En toile de fond : al-Qaïda

Le réseau al-Qaïda est très actif au Yémen. N’oublions pas que c’est dans le port d’Aden que le destroyer américain USS Cole  avait été la cible d’un attentat attribué à la nébuleuse terroriste, en octobre 2000. Plusieurs attaques et enlèvements  (notamment contre l’ambassade américaine en 2008) ont été revendiqués par les djihadistes locaux.

Récemment, les branches saoudiennes et yéménites d’al-Qaïda ont fusionné en un seul groupe, appelé « Al Qaïda dans la  péninsule arabique » (AQAP). En fait, il semblerait que les fidèles saoudiens d’Oussama ben Laden aient décidé de faire du  Yémen leur base arrière à partir de laquelle ils peuvent mener des actions contre Riyad. C’est de ce pays qu’est venu  l’auteur de la tentative d’attentat d’août dernier, contre le prince saoudien Mohammed Ben Nayef Al-Saoud, le chef de la  lutte antiterroriste.

Bien qu’engagé aux côtés des Etats-Unis dans ce qui est appelé « la guerre contre le terrorisme » depuis le 11 septembre 2001,  le Yémen n’a pas vraiment les moyens pour lutter contre al-Qaïda sur son sol. Et ceci est d’autant plus vrai que vient  s’ajouter le conflit contre les houthites. L’armée yéménite, qui bénéficie d’un budget qui représente 6% du PIB et 40% des  dépenses de l’Etat, ne dispose pas d’effectifs suffisants et d’armements assez modernes pour mener une lutte sur deux fronts. Aussi, c’est la raison pour laquelle les militants d’al-Qaïda sont relativement en sécurité au Yémen.

Par ailleurs, même si c’est pour des raisons différentes, le gouvernement central et les combattants islamistes partagent le  même combat contre les houthistes. C’est sans doute pour cela que le président Saleh aurait recruté des djihadistes  « repentis » pour mener des opérations contre les rebelles zaïdites, mais aussi contre les « ennemis de l’Etat », c’est à dire  les militants marxistes nostalgiques de la République démocratique populaire du Yémen Sud, dont le marxisme en fait des  athées.

Enfin, le 10 novembre, un des responsables de l’AQAP, Mohammed ben Abdel Rahman al-Rachid, s’en était pris aux chiites,  considérés comme hérétiques, et donc aux Iraniens. « La menace (ndlr: des chiites) contre l’islam et son peuple est bien plus  importante que celle des juifs et des chrétiens » avait-il affirmé dans un enregistrement sonore repéré par SITE Intelligence,  le groupe américain spécialisé dans la surveillance des activités islamistes sur Internet.

« Nous appelons la nation à être aux côtés des (ndlr: sunnites) avec tous leurs moyens contre le danget de l’Iran et des  fidèles à la foi chiite dans la région » avait-il poursuivi. « Ne voyez-vous ni n’entendez-vous les aspirations des houthis au  Yémen et leur incursion contre les sunnites ? » avait-il aussi demandé.

Cependant, al-Qaïda continue de s’en prendre aux autorités yéménites. En effet, Bassam Tarbush, un haut responsable  anti-terroriste, a été assassiné par des membres du réseau terroriste. Enlevé en juin dernier, il aurait payé son implication  dans l’élimination d’Ali Qaed Sunian al-Harithi, alias Abu Ali, lors d’une frappe aérienne réalisée par un drone américain en  2002. Enfin, le 5 novembre dernier, l’AQAP-Yémen a revendiqué une embuscade qui avait fait six tués parmi les forces de  sécurité yéménites.

 

Source : http://www.opex360.com/2009/11/27/conflits-au-yemen/

Le Message des USA à la Chine : Aidez nous à contenir l’Iran, sinon Israël passera à l’attaque

Dans AEI, AIEA, AIPAC, Arabie Saoudite, Avigdor Liebermann, Axe du Mal, États-Unis, Barack H. Obama, Benyamin Netanyahou, Chine, Dimitri Medvedev, Egypte, Faucons de Washington, Gardiens de la Révolution Islamique, Golfe Persique, Guerres Énergétiques, Hillary Clinton, Hu Jintao, Israël, Knesset, le Grand Echiquier, Mahmoud Ahmadinejad, Mer Caspienne, Moyen-Orient, Néoconservatisme, Nucléaire, OPEP, Pasdaran, Pétrole, République Islamique d'Iran, Russie, TNP, Tsahal, Turquie, Vladimir Poutine, Zbigniew Brzezinski le 27 novembre 2009 à 16:48

Par John Pomfret et Joby Warrick

Deux hauts fonctionnaires américains se sont rendus en Chine avant la visite présidentielle, et ont averti les chinois que s’ils ne soutenaient pas Washington sur le dossier iranien, Israël passerait à l’attaque, ce qui provoquerait le chaos dans l’approvisionnement pétrolier indispensable à la Chine. L’Iran est le deuxième fournisseur de pétrole du pays, et les entreprises chinoises y ont massivement investi. Pour desserrer cette contrainte, les USA ont également proposé aux chinois de les aider à réduire leur dépendance aux approvisionnements iraniens. Les demandes américaines semblent avoir été entendues. Pour la première fois depuis plusieurs années la Chine a voté une résolution de l’AIEA condamnant l’Iran.

Washington Post

Deux semaines avant la visite en Chine du président Obama, deux hauts responsables de la Maison Blanche se sont rendus à Pékin en « mission spéciale » pour tenter de persuader la Chine de faire pression sur l’Iran afin qu’il renonce à son éventuel programme d’armement nucléaire.

Ces deux envoyés de haut niveau, Dennis Ross et Jeffrey Bader, qui sont membres du Conseil de Sécurité National, ont informé les chinois que si Pékin n’apportait pas son aide aux États-Unis sur ce dossier, les conséquences pourraient être graves.

Les chinois ont été avertis qu’Israël considère le programme nucléaire iranien comme un problème « existentiel, et que les pays qui ont un problème existentiel n’écoutent pas les autres nations », selon un haut responsable gouvernemental. Les conséquences sont claires : Israël pourrait bombarder l’Iran, provoquant une crise dans la région du golfe Persique et entraînant presque inévitablement des problèmes sur le pétrole dont la Chine a besoin pour alimenter son irrésistible essor économique, a déclaré ce responsable, qui s’est exprimé à condition de rester anonyme.

La Maison-Blanche a obtenu une réponse cette semaine. La Chine a informé les États-Unis qu’elle apporterait son soutien à une déclaration à la teneur très ferme, présentée par les USA, et qui critiquerait les violations des résolutions de l’ONU qu’a commises par la République islamique en construisant une usine secrète d’uranium enrichi. Cette déclaration, obtenue par le Washington Post, fait partie d’un projet de résolution qui devrait être présenté dès jeudi par les 35 nations qui siègent au conseil d’administration de l’Agence Internationale de l’Energie atomique, l’organe de surveillance nucléaire des Nations Unies.

Bien que cette résolution soit largement symbolique, ce sera la première depuis 2006 qu’un tel document recueillera le soutien de la Chine et la Russie. Cette décision marque un nouveau départ pour la Chine, qui s’était abstenue depuis longtemps de critiquer la politique nucléaire de l’Iran. La position chinoise à ce sujet est perçue comme le premier test d’une relation qu’Obama a décrite comme devant « façonner le 21e siècle. »

Compte tenu du soutien obtenu des plus anciens alliés de l’Iran, les diplomates européens s’attendent à ce que cette résolution soit adoptée. Ce texte qualifie de « violation de ses obligations » envers l’ONU et les règles de l’AIEA la construction par Téhéran d’une usine souterraine d’enrichissement à proximité de Qom. Si elle est approuvée, elle sera ensuite soumise au Conseil de Sécurité des Nations Unies, qui pourrait décider d’adopter des sanctions plus sévères contre la République islamique.

« Notre patience ne durera pas éternellement », a déclaré à la presse à la veille de la session de l’AIEA le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle, dont le gouvernement a rédigé la résolution.

Si les diplomates et les experts du contrôle des armements se félicitent du soutien de la Chine à la résolution de l’AIEA, certains font remarquer qu’il n’est pas encore acquis que la Russie et la Chine aillent plus loin et acceptent de nouvelles sanctions contre l’Iran. Nos tentatives visant à contacter des membres de l’ambassade de Chine aux fins de commentaires ont été infructueuses.

« Ils expriment leur mécontentement au sujet de l’Iran, mais que cela se traduise par une résolution au Conseil de sécurité est une autre affaire », estime David Albright, ancien inspecteur nucléaire de l’ONU et président du Washington Institute for Science and International Security.

L’Iran, qui affirme vouloir utiliser l’énergie nucléaire uniquement pour la production d’électricité, a reconnu cette semaine faire l’objet de pression de la part de la Russie au sujet de son réseau d’installations nucléaires. Un haut responsable militaire, le général Mohammad Hassan Mansourian, a déclaré à l’agence de presse d’Etat Press TV que la Russie était revenue sur sa promesse de livrer des armements « en raison des pressions exercées par le lobby sioniste et les américains. » [http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2913

Faut-il avoir peur de la finance islamique ?

Dans Abou Dhabi, Arabie Saoudite, Bankster, Capitalisme, Charia, Crise Financière, Dollar, Euro, Islam, Libre-Échange, Monde Musulman, Moyen-Orient, Néolibéralisme, Qatar, Wall Street le 26 novembre 2009 à 22:11

Par George Malbrunot

« Pas du tout », répond Rodolphe Cazavant. Ce jeune cadre de 32 ans a quitté en début d’année sa banque londonienne pour rejoindre un établissement du Qatar, spécialisé dans la finance islamique. Et il ne s’en plaint pas. « J’ai beaucoup plus de responsabilités et une qualité de vie bien meilleure qu’à la City », ajoute ce père de deux jeunes enfants, qui a découvert les charmes du désert.

A Doha, Abou Dhabi ou Bahreïn, de nombreux cadres français travaillent désormais dans les départements « Finance islamique » des banques locales. Fondée sur la « charia », la finance islamique interdit le recours aux intérêts, la spéculation, et les investissements considérés comme impurs (jeu, alcool, armement…).

La plupart des banquiers français, rencontrés lors d’un récent séjour à Doha, dédramatisent l’arrivée prochaine dans l’Hexagone des « sukuks », ces obligations conformes à la loi islamique.

« Même au Moyen-Orient, la finance islamique reste un phénomène marginal, puisqu’elle ne concerne que 17% de l’activité financière de la région », explique Rodolphe Cazavant. « Mais, c’est vrai qu’elle est en net développement ».

Au Qatar, même si la finance islamique ne représente que 20% de l’activité bancaire, le financement des grands projets gaziers fait désormais appel aux « sukuks ». Et la majorité des licences accordées aux nouvelles banques bénéficient aux établissements pratiquant la finance islamique. « Et puis, la finance islamique elle aussi se modernise, selon R. Cazavant, elle essaie de copier la finance traditionnelle ».

Au Qatar, une cinquantaine d’experts en science islamique se partage les postes dans les « charia board » des banques qui pratiquent la finance islamique. Ce sont eux qui doivent dire si tel projet à financer est « charia compatible ». Mais de la théorie à la pratique, il y a parfois un fossé. « Regardez la finance islamique en Extrême-Orient, elle est très différente de celle que nous pratiquons dans le Golfe », assure André Gilles, un autre banquier.

La plupart regrette que les mentalités françaises ne soient pas encore prêtes pour les “sukuks“. « Ca fait peur, nous sommes un pays foncièrement laïc », constate A. Gilles. Pourtant, à entendre tous ces banquiers, la finance islamique n’a rien d’inquiétant.

Depuis quelques années, la ministre de l’Economie, Christine Lagarde, plaide fermement pour son arrivée dans l’Hexagone. Pourquoi un tel engouement, se demandent nombre de banquiers français à Doha. Pour attirer les fonds souverains du Golfe ? « Mais ceux-ci concernent majoritairement des activités conventionnelles », rétorquent-ils.

La plupart, en revanche, s’accorde à reconnaître que « l’activité vente au détail d’une banque islamique peut intéresser une petite frange de la population française de confession musulmane », selon Arnaud Depierrefeu, avocat d’affaires installé à Doha.

Finalement beaucoup en conviennent : la finance islamique est surtout un moyen pour les responsables politiques occidentaux de renvoyer l’ascenseur vers ceux qui les ont aidés à affronter la crise financière. « Nous sommes plus dans le politique que dans l’économie pure », soutient A. Depierrefeu.

Le Qatar, par exemple, a pris une partie du capital de Crédit Suisse, de Barclays Bank ainsi que 9% de Lagardère. « Les grosses entreprises françaises avaient du mal à se refinancer durant la crise, elles se sont dits pourquoi pas recourir à la finance islamique », note un expert économique. Et dernièrement, des assureurs français sont venus au Qatar, afin d’y examiner les possibilités de développer à leur tour une activité finance islamique.

 

Source : http://blog.lefigaro.fr/malbrunot/2009/11/faut-il-avoir-peur-de-la-finan.html

La DCA iranienne est incapable de défendre les sites nucléaires en l’absence de missiles S-300, estime un expert russe

Dans Armement, Benyamin Netanyahou, Dimitri Medvedev, Gardiens de la Révolution Islamique, Israël, Knesset, Mahmoud Ahmadinejad, Pasdaran, République Islamique d'Iran, Russie, Technologie, Tsahal, Vladimir Poutine le 26 novembre 2009 à 21:53

Les missiles Tor-M1, dont est à l’heure actuelle dotée la défense anti-aérienne iranienne, sont incapables d’assurer une protection en profondeur des installations nucléaires, en raison de leur rayon d’action limité à 20 km, estime l’expert Vladimir Evséïev. L’Iran a fait l’acquisition du nouveau système russe S-300, dont chaque unité peut engager simultanément six cibles à une distance de 150 km, mais aucune livraison n’a été effectuée, et les nombreuses annonces en la matière ont toujours été démenties.

La vétusté du matériel de défense antiaérienne (DCA) explique le désir de Téhéran de se doter de systèmes russes de missiles antiaériens S-300, a déclaré mercredi lors d’un entretien à RIA Novosti Vladimir Evséïev, de l’institut russe de l’économie mondiale et des relations internationales.

“L’Iran ne possède pas de systèmes modernes, la DCA étant équipée de Tor-M1. Ces systèmes assurent une protection anti-aérienne dans un rayon de 20km et ils ne sont pas mobiles. Cela veut dire que l’Iran ne possède pas de systèmes capables de se protéger, aussi Téhéran voudrait-il obtenir les systèmes russes de missiles antiaériens S-300″, a indiqué Vladimir Evséïev.

D’autre part, le chercheur russe a précisé que “le S-300 se marie très bien avec le Tor-M1. Il était initialement prévu que les Tor-M1 protègent les S-300, chargés à leur tour d’assurer la protection du territoire du pays. L’Iran est incapable de fabriquer seul des S-300 à cause de son retard technologique difficilement rattrapable. Téhéran ne peut pas non plus copier ce système. Les Tor-M1 ne pourront pas protéger les sites nucléaires iraniens. Tout ceci fait que l’Iran cherche à obtenir les S-300″.

Quant aux exercices militaires qui se déroulent actuellement en Iran, M.Evséïev a indiqué que “l’Iran exploite très bien ses particularités géographiques. Le poste de défense le plus récent a été aménagé dans un rocher, un autre, situé à Natanz, est souterrain. Mais les systèmes de défense antiaérienne sont vétustes et ils seront dans la quasi-impossibilité de contrer, par exemple, une attaque de l’aviation israélienne.

Comme tous les exercices, les manœuvres iraniennes ont un aspect ostensiblement publicitaire. Pour Téhéran, il s’agit de montrer qu’il dispose de moyens capables de protéger l’Iran. Ces manoeuvres sont également destinées à perfectionner les actions interarmes de l’armée, car l’Iran s’entraîne à repousser une attaque adverse par des tirs de missiles.

Chose importante à signaler, les exercices se déroulent sur un tiers du territoire iranien, ce qui veut dire qu’ils sont d’une assez grande envergure. Les Iraniens se préparent à contrer des attaques. Mais j’estime qu’en réalité, Téhéran n’est pas capable de se protéger contre, par exemple, une attaque massive israélienne, compte tenu des technologies de pointe dont dispose Tel-Aviv. Sinon, l’Iran ne lorgnerait pas sur les systèmes S-300.

Quant aux déclarations des généraux iraniens sur la capacité de Téhéran de mettre au point des systèmes analogues à ceux des S-300, j’estime qu’il s’agit de bluff. L’Iran est simplement incapable de produire de tels systèmes en raison de son retard technologique. Pour rattraper ce retard, il lui faudra au moins cinq ans. Tout ce que dit Téhéran officiel contient une bonne part de mystification. Par exemple, les Iraniens essaient de faire passer un missile chinois pour un missile “made in Iran“. Il est impossible que l’Iran puisse se doter de S-300, car les pays disposant de S-300 n’accepteront pas de livrer ce matériel de guerre, alors que les pays qui maintiennent de bonnes relations avec l’Iran, ne possèdent pas de S-300. Par exemple, la Syrie est un bon voisin de l’Iran, mais elle n’a pas de S-300″ a conclu l’interlocuteur de l’agence.

 

Source : http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2909

Un état d’exception qui ne dit pas son nom ? Le roi de Jordanie dissout le Parlement et soutient l’Arabie saoudite contre l’Iran

Dans Ali Khamenei, Analyse, Arabie Saoudite, Ayatollahs, Chiites, Egypte, Gardiens de la Révolution Islamique, Gaza, Golfe Persique, Hamas, Hassan Nasrallah, Hezbollah, Irak, Iran, Islam, Jordanie, les Frères Musulmans, Liban, Mahmoud Ahmadinejad, Monde Musulman, Moyen-Orient, Palestine, Pasdaran, République Islamique d'Iran, Rebellion Zaïdite, Sunnites, Syrie, Yémen le 26 novembre 2009 à 16:11

Par Khaled Asmar

Le roi Abdallah II de Jordanie était le premier responsable arabe à avoir mis en garde, solennellement, contre le “croissant chiite” que Téhéran s’employait à étendre depuis l’Iran jusqu’à Gaza, en passant par le Liban, la Syrie et l’Irak. Aujourd’hui, la Révolution chiite iranienne passe à la vitesse supérieure et cherche à installer la guerre au cœur du monde sunnite, avec la rébellion Al-Houthi au Yémen et ses retombées dans la Péninsule arabique. La Jordanie s’y serait engagée militairement.

Un diplomate arabe en poste à Beyrouth nous a fait part de son pessimisme quant à l’évolution de la situation au Yémen, et par extension au cœur de la Péninsule arabique et en Arabie saoudite plus particulièrement. Il regrette que « les mises en gardes lancées depuis plusieurs années par le roi Abdallah II de Jordanie, puis par le président égyptien Hosni Moubarak, soient restées vaines ». Le premier avait en effet mis en garde, en 2004, contre le croissant chiite voulu par Téhéran ; le second avait douté, en 2006, de la loyauté des Chiites arabes à leur pays, les accusant d’être à la solde de l’Iran et de Wilayat e-Faguih.

Notre interlocuteur ajoute que « le monde découvre aujourd’hui la justesse des positions du Caire et d’Amman et assiste impuissant à la montée de l’influence iranienne dans la région ». Selon le diplomate, « cette impuissance est due à plusieurs facteurs, dont essentiellement l’impunité dont a joui l’Iran et l’absence de réactions internationales, en temps utile, face aux ingérences iraniennes régionales. La communauté internationale a laissé faire Téhéran, pourtant accusé d’exploiter Al-Qaïda contre le pouvoir saoudien et d’héberger des dizaines de ses dirigeants ; de rearmer les Taliban en Afghanistan ; de renforcer les milices chiites en Irak ; de contrôler le Hezbollah au Liban ; et d’utiliser les palestiniens du Hamas comme chair à canon, à Gaza… ». Aujourd’hui, ajoute-t-il, « ce sont les zaïdites yéménites qui sont littéralement sacrifiés pour déstabiliser le Yémen et contrôler l’entrée sud de la Mer Rouge afin de prendre en étau l’Arabie saoudite et achever l’encerclement du monde sunnite. Une véritable guerre préventive menée par Téhéran et ses alliés ».

C’est dans ce contexte que le souverain hachémite, Abdallah II, vient de dissoudre le Parlement, en vue d’organiser des élections législatives anticipées, en 2010. Or, au même moment, nous apprenons que « la Jordanie aurait dépêché quelque 2.000 soldats des forces spéciales en Arabie pour épauler l’armée saoudienne dans sa guerre contre les rebelles yéménites d’Al-Houthi qui harcèlent le royaume ». L’engagement militaire jordanien semble indispensable pour la protection de l’Arabie. Car, en dépit de son équipement moderne et sophistiqué, payé au prix fort, l’armée saoudienne n’a jamais combattu depuis plus d’un demi-siècle. Sa participation à la libération du Koweït, en 1991, n’était que symbolique. Les Saoudiens, habitués au confort, ne s’engagent pas dans l’armée ou la Garde nationale. Cette situation avait obligé Riyad à « louer », par le passé, des pilotes de chasse au Pakistan, au Maroc et à la Jordanie…

Or, la dynastie hachémite semble redouter la réaction hostile de son opposition islamiste, menée par les Frères musulmans, très proches du Hamas et sensibles aux arguments iraniens. Le guide des Frères égyptiens, Mohammed Mehdi Akef, qui, en 2008, avait coordonné avec le Hamas palestinien la déstabilisation de l’Egypte, a récidivé en rendant récemment un inestimable service à l’Iran. Il a invité l’Arabie saoudite à « cesser la guerre contre les Houthi et à négocier avec les rebelles chiites pour épargner le sang musulman ! ». Pour éviter un débat parlementaire synonyme de dérapage politique, le roi Abdallah II de Jordanie aurait ainsi préféré dissoudre le Parlement, une façon déguisée de suspendre momentanément la vie démocratique et décréter de facto l’état d’exception.

En tout état de cause, il convient de noter l’absence de manifestations dans les pays arabes, et en Occident, contre l’usage par les Saoudiens de munitions au phosphore semblables à celles qui avaient été déversées sur Gaza, en décembre 2008 et janvier 2009. Pour notre interlocuteur, « le monde semble avoir pris conscience que le Hamas et les Houthi avaient conduit les Palestiniens de Gaza et les Yéménites de Saada vers une véritable boucherie au service de Téhéran, comme l’avait fait le Hezbollah au Liban en 2006 ». La supercherie n’émeut plus l’opinion publique arabe.

 

à lire également :

Comment le blocus de Gaza a-t-il menacé l’Arabie et l’Egypte (22 décembre 2008)

Comment éviter une défaite militaire occidentale en Afghanistan, en Irak, et dans toute la région ? (22 septembre 2009)

 

Source : MediArabe.info http://mediarabe.info/spip.php?article1771

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.

Joignez-vous à 255 followers