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Archive pour octobre 2009|Page d'archive mensuelle

Les USA entraînent des groupes terroristes pour créer le chaos en Iran

Dans AIEA, Arme Nucléaire, Armes de Destruction Massives, Avigdor Liebermann, Axe du Mal, États-Unis, Baloutchistan, Barack H. Obama, Benyamin Netanyahou, CIA, George W. Bush, Golfe Persique, Impérialisme Américain, Ingérence, Insurrection, Israël, Jundollah, Knesset, Mahmoud Ahmadinejad, Manipulation, Moyen-Orient, Néoconservatisme, NED, Nucléaire, Pakistan, Pax Americana, Pentagone, PNAC, République Islamique d'Iran, Sistan-Balouchistan, US Army le 31 octobre 2009 à 17:55

Selon une interview de Seymour Hersh donné en juillet 2008, les États-Unis entraînaient des groupes terroristes pour créer le chaos en Iran et susciter une réaction agressive des Iraniens qui servira de prétexte à une action militaire US.

CIA-IranDans une interview avec NPR, publiée dans son dernier article du NEW YORKER,  intitulé : «  Préparer le champ de bataille », le très renommé journaliste d’investigation Seymour Hersh publie les détails les plus révélateurs de ses travaux d’enquête quant à la destination des 400 millions de dollars affectés à des opérations secrètes à l’intérieur de l’Iran. Il fournit des informations de qualité concernant les préparatifs militaires US en vue de déstabiliser le pays, au sujet de la mainmise absolue de l’administration Bush sur le pouvoir exécutif, au sujet de la reconnaissance du rôle globalement positif de l’Iran en Iraq et du soutien US des organisations terroristes anti-Iraniennes Jondollah, PJAK et MEK.

Hersh explique aussi que le but des opérations secrètes US à l’intérieur de l’Iran est de fabriquer un prétexte d’agression avec comme objectif un changement du régime. « La réflexion stratégique derrière cette opération secrète est de susciter suffisamment de troubles et de chaos pour induire le gouvernement Iranien à commettre l’erreur d’entreprendre des actions agressives qui donneront l’impression que le pays est en total désarroi » déclare-t-il. «  Dès lors, on se trouvera dans une situation qualifiée de casus belli par la Maison Blanche, ce qui l’autorisera à attaquer le pays. C’est là leur mode de réflexion et c’est franchement stupide. »

Au sujet du rôle de l’Iran en Iraq, Hersh insiste : « Il n’existe absolument aucune preuve formelle portée à la connaissance du gouvernement américain de ce que le pouvoir Iranien ait un quelconque intérêt à se mettre en conflit avec les US en Iraq par l’envoi d’agents qui provoqueraient des destructions ou tueraient des Américains. » Il n’y a aucune preuve de cela.

Plus loin, il dit : « Franchement, les gens que je connais à l’intérieur – dans les forces spéciales, dans la haute hiérarchie du DoD ou des services de renseignement -, si on les pousse dans leurs derniers retranchements, reconnaissent que l’Iran a été bien plus un facteur de stabilité qu’une force négative en Iraq. » Hersh dit que la décision de lancer ces opérations secrètes a été prise sur base des conclusions du rapport d’évaluation du Service National des Renseignements de 2007 qui concluait que l’Iran n’avait pas de programme de développement de l’arme nucléaire et que l’approbation par les dirigeants du Congrès du budget de 400 millions de dollars pour ces opérations était une totale dérive des pouvoirs exécutifs de l’administration Bush. Il explique comment la politique de l’administration Bush selon laquelle : «  L’ennemi de mon ennemi est mon ami » a conduit les US à soutenir l’organisation Balouche Jondollah et le MEK ( Moudjahiddines du peuple ) qui ont tous deux de lourds antécédents d’activités terroristes, y compris contre les US. Il rappelle que les US ont fourni de l’armement et des fonds aux terroristes du MEK pendant des années et révèle que «  La plupart des dirigeants du MEK ont pris cet argent et l’ont placé sur des tas de comptes en banque à Londres ». Il nous dit aussi pour la première fois que les US ont entraîné des équipes du MEK dans l’état du Nevada et que ces gens « font des tas de conneries en Iran ».

Hersh prévient de ce que nous avons déplacé des missiles de croisière dans la région depuis plusieurs mois maintenant et que l’armée américaine est prête. «  Nos sous-marins sont là, nos destroyers sont là avec leurs lance-missiles de croisière à bord, nos avions sont là et nos hommes aussi. » pour attaquer l’Iran endéans les 10 à 12 heures de l’ordre de mission du président Bush, dit-il , en insistant sur le fait que les troupes doivent intervenir au sol pour détruire les systèmes de défense Iraniens. Il signale enfin que : «  Bush va être un président très actif, on peut le craindre, jusqu’à 11 heures, 59 minutes et 59 secondes le 20 janvier 2009 » et soulève l’inquiétante hypothèse d’une «  surprise d’octobre », une attaque militaire sur l’Iran, particulièrement si Obama reste en tête dans les sondages.

 

Source : Investig’action

Dans quel but meurent les soldats américains en Afghanistan ?

Dans Afghanistan, AfPak, Al Qaïda, Analyse, États-Unis, Barack H. Obama, Ben Laden, CIA, Guerre contre le Terrorisme, GWOT, Hamid Karzaï, Impérialisme Américain, Insurrection, ISAF, Islamistes, Mollah Omar, OTAN, Pachtouns, Pax Americana, Pétrole, Pentagone, Stanley McChrystal, Talibans, US Army le 31 octobre 2009 à 17:22

Par Bill Van Auken

rapatriement d'un soldat tué en Afghanistan

WSWS

Au moins 21 soldats et Marines ont été tués en Afghanistan depuis le week-end dernier, faisant d’octobre le mois le plus meurtrier pour les forces américaines depuis l’invasion du pays huit ans plus tôt. Davantage ont été blessés par des bombes artisanales, des grenades offensives et des tirs de pistolets.

Parmi les victimes des derniers jours se trouvait une femme de la Californie, âgée de 24 ans et mère de deux jeunes filles, le sergent Eduviges Wolf. Elle a succombé à ses blessures subies lorsque son véhicule a été attaqué par un tir de grenade dans la province de Kunar.

Devin Michel, un simple soldat de 19 ans qui avait complété le lycée depuis à peine plus d’un an à Stockton en Illinois, a été tué par une bombe artisanale dans la province de Zhari.

Gregory Fleury, brigadier des Marines âgé de 23 ans, a perdu la vie dans l’un des trois écrasements d’hélicoptères survenus dimanche. Le quotidien Anchorage Daily News a rapporté les paroles de son grand-père qui a affirmé que, après avoir servi lors de deux affectations en Irak, Fleury était prêt à mettre fin à son service actif mais « le gouvernement a prolongé son service » pour un déploiement en Afghanistan. Il devait revenir chez lui début novembre.

L’escalade de la guerre, qui devrait être annoncée bientôt par le président Barack Obama, ne fera qu’augmenter le nombre de victimes, alors que seront envoyés des dizaines de milliers de soldats et de Marines additionnels en Afghanistan afin de réprimer la résistance populaire à l’occupation étrangère.

A quoi servent ces sacrifices ? Pourquoi de jeunes Américains sont-ils envoyés à 12.000 kilomètres des Etats-Unis pour connaître une mort horrible et réprimer violemment une population qui ne veut pas d’eux ?

Ces questions deviennent encore plus importantes alors que l’on apprend que la Central Intelligence Agency (CIA) américaine maintient à sa solde, et ce durant les huit dernières années, le frère du président Hamid Karzaï, un réputé pilier du narcotrafic afghan.

Les liens de la CIA avec Ahmed Wali Karzaï soulèvent « d’importantes questions quant à la stratégie de guerre des Etats-Unis, qui est présentement sous étude à la Maison-Blanche », a affirmé mercredi le New York Times en rapportant ces liens.

C’est décrire la chose d’une manière plutôt gentille. Les liens entre les frères Karzaï et la CIA sont une autre preuve que « la stratégie de guerre des Etats-Unis » est une entreprise criminelle menée à l’aide de méthodes criminelles.

Le journal a décrit une relation très étroite entre la CIA et Ahmed Wali Karzaï, qui a aidé à constituer une bande de paramilitaires connue sous le nom de Kandahar Strike Force qui « opère sous la direction de la CIA » en assassinant les « insurgés » suspects.

En même temps, les agents pour les opérations spéciales de la CIA utilisent des installations fournies par Karzaï comme bases pour leurs propres opérations dans le sud du pays.

Selon le Times, des responsables militaires et d’autres officiels américains ont dit que « le rôle suspect de M. Karzaï dans le trafic de drogue ainsi que ce qu’ils décrivent comme la façon mafieuse par laquelle il règne sur le sud de l’Afghanistan, font de lui une force malveillante ». Néanmoins, il demeure un des atouts principaux de Washington dans le pays.

L’Afghanistan fournit actuellement 90 pour cent de l’héroïne mondiale. Depuis l’invasion américaine du pays, la production d’opium a augmenté de plus de 300 pour cent.

Les liens de la CIA avec le trafic de drogue remontent à longtemps. Avant 1979, il n’y avait pas de culture d’opium à grande échelle ou de toute autre production d’héroïne en Afghanistan et au Pakistan. Ces pays sont devenus le centre de la production mondiale d’héroïne comme un sous-produit de la guerre, fomentée par la CIA, des moudjahidines islamistes contre le gouvernement appuyé par les soviétiques à Kaboul. Alors que les Etats-Unis versaient des milliards de dollars en argent et en armes pour alimenter cette guerre, la drogue fournissait une source majeure de financement supplémentaire pour les guérillas appuyées par la CIA.

Dans la guerre des années 1980 contre le Nicaragua, l’envoi de cocaïne aux Etats-Unis a fourni les ressources pour les contras, appuyés par la CIA, à un moment où le Congrès américain avait bloqué le financement. Au Viêtnam, la CIA s’était alliée à des seigneurs de guerre trafiquant l’héroïne au Laos qui exploitaient les troupes américaines comme marché.

Dans toutes ces guerres, l’intervention américaine a produit la mort, la destruction et la dégradation sociale, incluant la prolifération de la production et de la consommation de drogue. Un sous-produit inévitable de la présente intervention en Afghanistan sera la hausse constante de la dépendance à l’héroïne aux Etats-Unis et ailleurs dans le monde.

Est-ce que les troupes américaines meurent pour maintenir au pouvoir un gouvernement dominé par les seigneurs de guerre qui trafiquent l’héroïne ? Est-ce que d’autres individus mourront dans les mois prochains pour protéger une autre élection frauduleuse destinée à donner une façade de légitimité à ce régime ?

C’est ce que l’on pourrait croire. Mais les Karzaï et les alliés seigneurs de guerre sont des jouets de la politique américaine, qu’utilise Washington pour arriver à ses fins.

Ces fins ne sont évidemment pas de faire avancer la « démocratie ». Et les 100.000 soldats des Etats-Unis et de l’OTAN en Afghanistan n’y combattent pas le terrorisme. Les hauts responsables de l’armée ont admis que l’on n’y trouvait pas plus de 100 membres d’al-Qaïda.

Les véritables buts de cette guerre ont été énoncés de façon plutôt candide dans un article publié l’an dernier dans une revue du Collège militaire de l’armée américaine. L’auteur de l’article est Dr Stephen Blank, le professeur du collège sur la sécurité nationale.

Intitulé « L’importance stratégique de l’Asie centrale : un point de vue américain », l’article ne perd pas beaucoup de temps sur les prétextes de la guerre à al-Qaïda ou de la construction de la démocratie.

Blank explique que les Etats-Unis mettent en œuvre la politique de la « porte ouverte » en Asie centrale « pour les compagnies américaines oeuvrant dans le domaine de l’exploration, de la raffinerie et de la distribution des produits énergétiques ». La politique américaine, écrit-il, vise à « briser le monopole énergétique de la Russie » en Asie centrale ou empêcher que la Chine ne domine la région. Cette politique a aussi pour but d’isoler l’Iran, un autre rival potentiel dans la région.

« Il n’est pas surprenant, continue Blank, que le leitmotiv de la politique énergétique américaine soit de nourrir le développement de plusieurs pipelines et autres moyens de lier les consommateurs et les producteurs étrangers dans le domaine de l’énergie » qui ne seront pas soumis au contrôle de ces rivaux régionaux. Parmi les plus importants de ces projets, écrit-il, on trouve le pipeline du Turkmenistan-Afghanistan-Pakistan (TAP), qui pourrait transporter le pétrole et le gaz naturel hors de l’Asie centrale en passant sur le territoire aujourd’hui occupé par les troupes américaines.

A la lecture de cet article, il semble qu’alors que les soldats et les Marines se font dire qu’ils combattent et meurent pour la démocratie ou pour mettre un terme au terrorisme, les hauts officiers de l’armée américaine ont un objectif plus concret.

Le déploiement de l’armée américaine en Afghanistan fait partie de la version du 21e siècle du « Grand Jeu », dans lequel l’impérialisme américain cherche à dominer l’Asie centrale et ses ressources énergétiques aux dépens de ses rivaux stratégiques.

Il n’y a pas de doute que l’administration Obama continuera à chercher à réaliser ces objectifs au moyen d’une escalade de la guerre en Afghanistan.

Le coût de la guerre, actuellement de 3,6 milliards par mois, augmentera encore alors que d’autres soldats seront déployés en Afghanistan, et ce montant sera payé par les travailleurs américains par des attaques sur leur niveau de vie et leurs avantages sociaux de base. Le nombre des morts et des blessés augmentera au sein des soldats et des Marines, tout autant que l’ampleur du massacre des civils afghans et pakistanais.

Les intérêts de la classe ouvrière aux Etats-Unis et internationalement sont en complète opposition à ceux mis de l’avant au moyen des assassinats de masse de la guerre en Afghanistan et au Pakistan. Les travailleurs doivent exiger le retrait immédiat et inconditionnel de toutes les troupes américaines et étrangères de la région et la fin de la lutte pour la domination impérialiste de l’Asie centrale.

 

Source : Mondialisation.ca

Israël, les Etats-Unis et le droit international

Dans AEI, AIEA, AIPAC, Arme Nucléaire, Armes de Destruction Massives, Avigdor Liebermann, États-Unis, Ban Ki-Moon, Barack H. Obama, Benyamin Netanyahou, Conseil de Sécurité, Crimes contre l'Humanité, Crimes de Guerre, France, Gaza, Gordon Brown, Guerre contre le Terrorisme, GWOT, Hamas, Islamophobie, Israël, J Street, Jérusalem, Knesset, Mahmoud Ahmadinejad, Moyen-Orient, Néoconservatisme, Nicolas Sarkozy, ONU, Palestine, Pétrole, République Islamique d'Iran, Royaume-Uni, Sionisme, TNP, Tsahal le 30 octobre 2009 à 12:45

Par Jean Shaoul

Goldstone

WSWS

En réaction à la sanction par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies du rapport Goldstone qui accuse Israël d’avoir commis des crimes de guerre durant son assaut sur Gaza en 2008-09, ce dernier a dénoncé l’ONU et tente de renverser le droit international en vigueur.

L’objectif explicite de Tel-Aviv est de fournir carte blanche aux Forces de défense israéliennes (IDF) pour qu’elles puissent faire ce que bon leur semble au nom de la « lutte contre le terrorisme ».

Le rapport du juge sud-africain Richard Goldstone dit que la guerre contre Gaza était « une attaque délibérément disproportionnée conçue pour punir, humilier et terroriser une population civile, pour réduire dramatiquement son pouvoir économique régional pour travailler et subvenir à ses besoins, ainsi que pour lui imposer un sentiment sans cesse croissant de dépendance et de vulnérabilité ».

Goldstone a affirmé que le Conseil de sécurité de l’ONU devrait transmettre l’affaire à la Cour pénale internationale si Israël ne procédait pas à une enquête indépendante sur la conduite de l’armée. Les pays signataires des Conventions de Genève de 1949 avaient le devoir d’user de leurs pouvoirs de « compétence universelle » afin de chercher et de poursuivre les responsables de crimes de guerre, a-t-il ajouté.

Le président Shimon Pérès et le premier ministre Benyamin Netanyahou se sont immédiatement opposés au vote du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, ont qualifié le rapport de biaisé et ont refusé de se conformer à ses recommandations. Ehoud Barak, ministre de la Défense et architecte de l’attaque sur Gaza, a refusé même de permettre  une discussion au sein du cabinet sur la tenue d’une enquête. Le gouvernement voulait donner à l’armée israélienne « un plein appui pour permettre toute liberté d’action », a-t-il dit.

Netanyahou a insisté qu’aucun officiel israélien n’allait être jugé pour crimes de guerre et a promis qu’un veto (c’est-à-dire celui de Washington) allait rejeter la résolution au Conseil de sécurité. Il a donné l’ordre à son gouvernement de préparer une « campagne mondiale » de lobbying pour modifier les lois internationales de guerre « dans l’intérêt de quiconque luttant contre le terrorisme » et dans le but de s’assurer que les pays abandonnent ou modèrent leurs lois de compétence universelle.

Israël bénéficie du soutien inconditionnel de l’administration Obama, qui a qualifié le rapport Goldstone d’inégal tout en faisant du lobbying pour s’assurer qu’il soit rejeté. Depuis que le rapport a été sanctionné, Washington a réitéré à maintes reprises son appui à Israël et a publiquement critiqué l’ONU.

Cela a atteint un point culminant la semaine dernière, lorsque le président Barack Obama a envoyé à Pérès une vidéo de salutation flatteuse pour la conférence présidentielle de 2009 à Jérusalem, à laquelle avait assisté en son nom Susan Rice, l’ambassadrice américaine aux Nations unies.

Prenant la parole lors d’une conférence, Rice a montré clairement l’attitude de Washington vis-à-vis l’ONU, une institution qu’elle a décrite comme étant « manifestement imparfaite ». Elle a rendu clair que l’autorité de l’ONU doit être invoquée seulement lorsqu’elle s’accorde avec les intérêts américains et qu’elle doit être écartée lorsqu’elle ne correspond pas à ces mêmes intérêts.

« Rien ne peut remplacer la légitimité que l’ONU peut transmettre ou la tribune qu’elle peut offrir pour mobiliser les coalitions les plus larges possibles pour s’attaquer aux défis mondiaux, de la non prolifération nucléaire à la santé mondiale », a-t-elle dit.

« Mais les Nations unies sont une institution composée de nations », a-t-elle poursuivi. « Elle s’élève ou s’écroule selon la volonté de ses membres. Et les Nations unies doivent faire plus, beaucoup plus, pour vivre à la hauteur des braves idéaux de sa fondation — et ses états membres doivent, une fois pour toutes, remplacer le venin anti-Israël par une reconnaissance de la légitimité d’Israël et de son droit d’exister en paix et en sécurité. »

Pour Obama, comme pour le président Bush avant lui, les Nations unies sont un outil utile lorsqu’elles soutiennent et légitiment les intérêts géopolitiques de Washington. Elles le sont également lorsque les résolutions onusiennes fournissent un prétexte pour le lancement d’une guerre illégale d’agression contre l’Irak.

Cependant, lorsqu’une instance de l’ONU tente de rappeler Israël à l’ordre, son action est dénoncée par Rice comme étant « fondamentalement inacceptable ». Cela contraste profondément avec l’attitude de Washington envers l’Iran.

À l’instant même, les Etats-Unis tentent d’invoquer l’autorité des Nations unies, à travers l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et du Conseil de sécurité, pour menacer l’Iran et aller de l’avant avec ses projets pour la domination stratégique des régions riches en énergie du Moyen-Orient et de l’Asie centrale.

Lorsqu’il est question de Téhéran, qui n’est pas accusé de crimes de guerre, mais tente de développer un programme nucléaire comme le permet le Traité de non-prolifération nucléaire (un programme pour lequel, selon l’AIEA, on n’a pas de preuve nette qu’il vise à acquérir l’arme nucléaire), Obama a affirmé sans équivoque « Le gouvernement iranien doit maintenant faire la preuve par ses agissements qu’il a des intentions pacifiques ou alors il devra se soumettre aux normes internationales et à la loi internationale. »

La politique de Washington, comme celle de Londres, de Berlin ou de Paris, est entièrement déterminée par ses ambitions impérialistes de contrôler les ressources et les marchés mondiaux. L’ONU n’étant en réalité rien d’autre qu’une couverture pratique ou un endroit où marchander pour la satisfaction de ces ambitions. Le régime actuel en Iran est vu comme un obstacle à ces visées.

Israël a longtemps été le gardien des intérêts des Etats-Unis dans la région et, aujourd’hui, il offre une voie probable d’attaque militaire sur Téhéran et ces installations nucléaires, si Washington en décidait ainsi.

Tout en cherchant à défendre un allié stratégique, les Etats-Unis et l’Europe sont déterminés à éviter la création d’un précédent dangereux pour eux qui pourraient mener à des poursuites pour leurs propres crimes de guerre en Irak, en Afghanistan et au Pakistan.

Netanyahou sait tout cela. Il a averti les grandes puissances dans sa réponse au rapport Goldstone : « Il ne s’agit pas d’un problème seulement pour nous. S’ils accusent des officiers de l’IDF, des commandants de l’IDF, des soldats de l’IDF, des pilotes de l’IDF et même des dirigeants, ils vont vous accuser vous aussi. Quoi, l’OTAN ne combat-il pas en plusieurs endroits ? Quoi, la Russie ne combat-elle pas en plusieurs endroits ? »

Une telle connivence politique explique pourquoi les États-Unis laisse Israël défier aussi ouvertement l’ONU, alors que l’Iran est proclamé l’ennemi du monde. C’est ce qui explique qu’Obama déclare que les États-Unis et Israël sont des « démocraties » qui « peuvent modeler leurs propres destinées », alors même que Netanyahou cherche à légitimer des crimes de guerre et qu’au contraire l’Iran est l’objet de sanctions et de menaces.

Et c’est pourquoi le premier ministre britannique Gordon Brown et le président français Nicolas Sarkozy ont écrit à Netanyahou pour déclarer qu’ils reconnaissaient à Israël « le droit à l’auto-défense » après l’adoption du rapport Goldstone alors que Brown demande que l’on trace « les limites à ne pas dépasser » sur la question des « violations des engagements internationaux » de l’Iran.

 

Source : Mondialisation.ca

Propagande de guerre (vidéo)

Dans Afghanistan, AfPak, Al Qaïda, Armement, Armes de Destruction Massives, Axe du Mal, États-Unis, Ben Laden, Guerre contre le Terrorisme, GWOT, Irak, ISAF, Manipulation, Mass Médias, Mollah Omar, Moyen-Orient, Occident, OTAN, Pachtouns, Pakistan, Pentagone, Propagande, Talibans, US Army, Vidéo, Waziristan le 29 octobre 2009 à 19:10

La réalité derrière le « succès » américain en Irak

Dans Analyse, Irak, OTAN, ONU, États-Unis, Barack H. Obama, Moyen-Orient, Pentagone, Ingérence, République Islamique d'Iran, Islamistes, Pétrole, al-Maliki, Sahwa, Pax Americana, US Army, PNAC, Saddam Hussein, Impérialisme Américain, Église Évangélique, NED, Sunnites, Chiites, Kurdes, Stanley McChrystal le 29 octobre 2009 à 13:56

Par James Cogan

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WSWS

Les explosions massives qui ont dévasté le ministère de la Justice et le siège du gouvernement provincial dans le centre-ville de Bagdad dimanche, tuant plus de 140 personnes et en blessant au moins 520, sont un rappel particulièrement sanglant des conflits politiques, ethniques et sectaires générés en Irak par l’occupation américaine qui dure depuis six ans et demi.

Les attentats à la bombe du week-end représentent la seconde attaque majeure sur des bâtiments gouvernementaux en l’espace de deux mois. Le 19 août, des voitures piégées avaient explosé devant les ministères des Finances et des Affaires étrangères, tuant 102 personnes et en blessant 600. Dans les deux cas, ceux qui ont perpétré ces attentats ont réussi à franchir avec des véhicules bourrés d’explosifs toute une série de postes de contrôle de sécurité.

En moyenne, entre 10 à 15 attentats à la bombe, attentats kamikazes ou attaques d’insurgés se produisent chaque jour en Irak contre des représentants du gouvernement ou des forces de sécurité. Dans certains cas, les explosions ciblent aveuglément des civils d’un milieu ethnique ou religieux. Moins spectaculaires que l’attentat de dimanche, c’est à peine si les médias en parlent.

A chaque fois qu’une occasion se présente, les insurgés s’attaquent aux 120.000 soldats américains encore en Irak. Les forces américaines occupent à présent le pays à partir de bases massivement gardées, en dehors des centres urbains. Le gouvernement fantoche du Premier ministre Nouri al-Maliki a accusé les fidèles de l’ancien régime de Saddam Hussein d’être responsables de ces attentats. On ne peut écarter cette éventualité. Des sections importantes de l’establishment principalement d’origine arabe sunnite et baasiste ont quasiment perdu tous les avantages dont ils jouissaient à une époque, en terme de propriété, de poste et de privilèges, à la faveur des factions chiites et kurdes qui ont collaboré à l’invasion américaine.

De nombreux Irakiens, de diverses obédiences religieuses et politiques, ont suffisamment de griefs pour se porter volontaires pour perpétrer ces attentats contre le régime crée par l’occupation américaine. Plus d’un million de personnes ont perdu la vie depuis 2003, dont des centaines de milliers tuées directement par les forces américaines. Des dizaines de milliers d’autres ont subi des détentions arbitraires et des sévices terribles dans les camps de détention du gouvernement irakien et américain. Plus de quatre millions de personnes ont été contraintes de quitter leur foyer ou carrément forcées de fuir le pays. La haine des Irakiens devant l’occupation ne mollit pas.

Ces attentats contre les ministères du gouvernement coïncident avec les querelles acerbes qui vont croissant entre les factions irakiennes soutenant l’occupation, à quelques mois des élections qui doivent, selon la Constitution, se tenir le 31 janvier 2010. Washington exerce une pression énorme sur Maliki pour qu’il revienne sur sa promesse d’organiser un référendum populaire en même temps que les élections sur l’accord de statut des forces (dit SOFA) conclu entre le gouvernement et les Etats-Unis. Les analystes américains reconnaissent ouvertement qu’il est très probable qu’un tel référendum produise un vote majoritaire contre cet accord, conduit par des Irakiens qui veulent le retrait immédiat des forces militaires américaines.

Le Parti Da’wa de Maliki, très certainement avec des encouragements en coulisse de la part du gouvernement Obama, a quitté l’alliance chiite intégriste dominée par le pro-iranien Conseil supérieur islamique d’Irak (CSII), et va se présenter à l’élection contre lui. La hiérarchie du CSII que Maliki, qui n’est pas moins intégriste, qualifie cyniquement de « sectaire » et « d’antidémocratique » risque de perdre bon nombre des postes lucratifs qu’il occupe actuellement dans l’État irakien si la nouvelle alliance « nationaliste » de Da’wa obtient une majorité nette. D’un autre côté, il se peut que Maliki perde son poste si sa perspective de mettre sur la touche le CSII ne réussit pas.

Le gouvernement de Maliki a aussi crée un face à face tendu avec les forces nationalistes kurdes en refusant d’honorer la promesse qu’il leur avait faite en 2003 qu’elles gagneraient le contrôle de la ville de Kirkouk et d’autres régions du nord de l’Irak, riches en pétrole, en échange d’un soutien actif à l’invasion américaine. Les Kurdes exigent que toute élection comprenne un vote à Kirkouk, en dépit d’une opposition furieuse de la part de factions d’ethnie arabe et turkmène dans les régions du nord réclamées par la région autonome kurde. Il y a eu cette année plusieurs occasions où des troupes du gouvernement et des unités militaires kurdes en sont presque venues à se tirer dessus.

L’étendue de ces tensions concernant la manière dont seront partagés les postes de pouvoir et les privilèges entre élites sunnite et chiite, entre groupes chiites rivaux et entre la région kurde et le gouvernement de Bagdad, est telle qu’aucun accord n’a été conclu au parlement irakien sur la façon même dont les élections seront organisées. Il est quasiment certain que toute campagne électorale quelle qu’elle soit engendrera des violences et des fraudes significatives et pourrait déclencher une guerre civile ouverte.

Cette situation est en contraste criant avec les déclarations répétées de l’establishment américain selon lesquelles la forte augmentation des troupes (« surge ») opérée par le gouvernement Bush a été une réussite et que l’Irak est à présent sur la voie de la stabilité. Un exemple clair de cet aveuglement et de cette tromperie délibérée qui dominent a été publié dimanche par Thomas Friedman, chroniqueur au New York Times et partisan de l’invasion de l’Irak.

Dans sa chronique Friedman rêve d’un Barack Obama s’envolant pour Bagdad en 2012 pour « s’attribuer le mérite d’aider l’Irak à réussir à mettre un terme décent, bien que fort onéreux, à la guerre », si seulement les élections de janvier se passent sans heurt et mettent en place un gouvernement engagé dans « une réelle démocratie multi-confessionnelle ». Mais quelle est la réalité ? Pendant toute l’occupation, la tactique du diviser pour mieux régner, y compris le recours à la corruption des forces ethno-religieuses les plus vénales et corrompues ont été le moyen par lequel la résistance irakienne a été brisée et noyée dans le sang.

En 2003, le gouvernement Bush a consolidé le petit Etat kurde autonome du nord et a élevé les intégristes chiites à des postes de contrôle dans le gouvernement de Bagdad afin de gagner des collaborateurs locaux. Durant le « surge », des commandants de l’insurrection sunnite ont obtenu le contrôle de divers districts du pays ainsi que des dizaines de millions de dollars afin de faire cesser les attaques contre les soldats américains et de dénoncer ceux qui continuaient à résister. Dans les régions chiites, les dirigeants de l’Armée du Mahdi du religieux Moqtada al-Sadr ont aussi accepté de se laisser acheter et ont contribué à la destruction d’insurgés.

Le Wall Street Journal a ainsi carrément décrit la caractéristique du « surge » le 26 octobre: « Des forces conventionnelles américaines assignées à des quartiers et villages irakiens précis ont finalement réussi à développer des informations détaillées sur des leaders d’insurgés, de financiers et de combattants locaux. Ces informations ont ensuite été transmises aux unités de commando, tels les Navy Seals et la Force Delta de l’armée, qui ont éliminé des centaines de militants chiites et sunnites. »

Les opérations en Irak des escadrons américains de la mort ont été dirigées par le général Stanley McChrystal qu’Obama a nommé pour superviser le « surge » et d’autres programmes similaires de massacre de masse en Afghanistan. Il n’émergera aucune « démocratie multi-confessionnelle » de ces individus bourgeois qui ont contribué, pour leur propre avantage et intérêt matériels, à un bain de sang contre le peuple irakien. Au contraire, leur mise en avant de divisions ethno-religieuses seront exacerbées par le cauchemar social confrontant la population.

L’Irak, qui était jadis une société relativement développée, a été détruit et appauvri. 50 pour cent au moins de la population active n’a pas d’emploi régulier. La moitié seulement de la population a accès à de l’eau potable. Dans les quartiers pauvres de Bagdad et d’autres villes, les gens vivent au milieu des eaux d’égouts non traitées dans la rue avec accès à  peine à 10 heures d’électricité par jour. Selon les Nations unies, 60 pour cent des Irakiens vivent dans des habitations qui nécessitent « des restaurations majeures » du fait d’années de guerre.

La révolte politique contre cette situation couve, comme l’impérialisme américain ni aucun de ses collaborateurs locaux n’ont les moyens ni la moindre intention de les améliorer. Ces faits seront soulignés lors d’une élection au cours de laquelle on entendra des promesses démagogiques et fausses et rien de plus. Pendant ce temps, Maliki s’est rendu à Washington la semaine dernière pour participer à une « conférence d’investisseurs » où le principal ordre du jour était de proposer à la vente les vastes réserves de pétrole du pays à des entreprises étrangères pour qu’elles les exploitent et en tirent des profits.

Étant donné les tensions sous-jacentes et la volatilité de l’Irak, et la catastrophe en train de se dérouler en Afghanistan, aucun observateur sérieux ne peut exclure la possibilité que les attentats du week-end ne participent d’un effort, de la part des éléments les plus en faveur des États-Unis, de créer une « crise sécuritaire » qui pourrait servir à justifier le report, voire même l’annulation des élections.

 

Source : Mondialisation.ca

Le déclin précipité de l’hégémonie américaine

Dans Afghanistan, AfPak, Allemagne, Analyse, États-Unis, Banque Mondiale, Barack H. Obama, Brésil, BRIC, Chine, CIA, Crise Financière, Crise Sociale, Dollar, Euro, Europe, FMI, France, G20, Golfe Persique, Impérialisme Américain, Inde, Irak, Israël, Japon, Mahmoud Ahmadinejad, Mondialisation, Moyen-Orient, Néoconservatisme, Néolibéralisme, Occident, OMC, ONU, OTAN, Pakistan, Pax Americana, Pétrole, République Islamique d'Iran, Royaume-Uni, Russie, UE, US Army, Wall Street, Yuan le 28 octobre 2009 à 23:45

Par Michael T. Klare

Les prédictions sur un probable déclin de l’hégémonie américaine sont récurrentes. La CIA elle-même s’était récemment livrée à cet exercice, prévoyant qu’à l’horizon 2025, le statut des USA serait révisé à la baisse et leur latitude d’action diminuée d’autant. Mais la crise économique a dramatiquement accéléré la marche de l’histoire. Lors de son audition par les sénateurs américains au printemps dernier, l’économiste Martin Wolf avait annoncé que la crise allait « porter un coup dévastateur à la crédibilité et la légitimité des États-Unis à travers le monde. » Aujourd’hui, les indices de cet affaiblissement sont déjà sensibles sur tous les fronts. Michael Klare en recense six, parmi lesquels le remplacement du G7 par le G20, la remise en cause du dollar, le rôle accru du groupe BRIC, le renforcement des liens entre l’Iran et la Chine, et le refus des alliés d’envoyer des renforts en Afghanistan. A ce catalogue il conviendrait d’ajouter le récent refroidissement des relations avec le Japon, sans oublier la nouvelle orientation de la Turquie, qui elle aussi resserre ses liens avec l’Iran et s’éloigne d’Israël. Bienvenue donc, dès aujourd’hui, dans ce nouveau monde des années 2025.

Fin de l'hégémonie américaine

TomDispatch

Note à l’attention de la CIA : Vous n’êtes peut-être pas préparés à voyager dans le temps, mais bienvenue quand même en 2025 ! Vos bureaux sont peut-être un peu exigus, vos droits à exiger de meilleurs locaux se sont sans doute évaporés, et les avantages annexes ne seront peut-être pas à votre goût, mais il faudra vous y habituer. Car telle sera désormais la réalité.

Trêve de plaisanterie. Passons maintenant à la version sérieuse de ce qui précède : En Novembre 2008, le National Intelligence Council (NIC), une branche de la Central Intelligence Agency, a publié le dernier rapport d’une série de publications futuriste, destinées à défricher le terrain pour la future administration Obama. Cette consultation de boule de cristal analytique s’est conclue par un rapport intitulé « Tendances mondiales 2025 », où l’agence prédit que l’hégémonie américaine tendrait à disparaître progressivement au cours des 15 prochaines années – parallèlement à la montée de nouvelles puissances mondiales, en particulier la Chine et l’Inde. Ce rapport examinait de nombreux aspects de l’environnement stratégique du futur, mais sa conclusion la plus remarquable – et qui a fait les unes – était celle d’une érosion à long terme de la domination américaine et de l’émergence de nouveaux concurrents mondiaux. « Bien que les États-Unis puissent rester l’acteur le plus puissant [en 2025] », constatait sans ambages cette étude, la « puissance relative – même dans le domaine militaire – diminuera et les moyens d’actions des USA seront plus limités. »

Ce rapport, appartient déjà au passé. Aujourd’hui, quelques 11 mois plus tard, les choses ont déjà changé. Ces prédictions futuristes devront être adaptées aux réalités rapidement changeantes de la situation actuelle. Bien qu’ayant été publié après le début de la crise économique mondiale, ce rapport a été rédigé avant que cette crise n’atteigne son maximum. Il affirmait donc que le déclin de la puissance américaine serait graduel, s’étendant au-delà de l’horizon de 15 ans qui était celui de l’étude. Mais la crise économique et les événements qui l’ont accompagné ont radicalement bouleversé ce calendrier. À la suite des énormes pertes subies par l’économie américaine durant l’année écoulée, et d’un redémarrage surprenant de l’économie chinoise, la transition des pouvoirs que ce rapport prévoyait s’est accélérée. Lorsque l’on examine les faits, cette année 2025 est déjà là.

De nombreux évènements prévus par le « Global Trends 2025 » se sont en fait déjà déroulés. Le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine – désignés collectivement par l’acronyme BRIC – jouent déjà un rôle beaucoup plus actif dans les affaires économiques mondiales, alors que le rapport prévoyait que cela ne serait le cas que dans une décennie ou deux. Dans le même temps, la position mondiale dominante auparavant monopolisée par les Etats-Unis avec l’aide des grandes puissances industrielles occidentales – le Groupe des 7 (G-7) – s’est déjà affaiblie à un rythme remarquable. Les pays qui autrefois demandaient conseil aux États-Unis sur les grandes questions internationales ignorent maintenant les recommandations de Washington et développent au contraire leurs propres réseaux politiques autonomes. Les États-Unis sont de moins en moins enclins à déployer leurs forces armées à l’étranger alors que les puissances rivales augmentent leurs propres capacités militaires et que les acteurs non étatiques recourent aux tactiques « asymétriques » pour contrecarrer l’avantage de la puissance de feu conventionnelle dont disposent les États-Unis.

Personne ne semble le dire haut et fort – pour le moment – mais exprimons les choses crûment : après que moins d’un an se soit écoulé sur les 15 années qu’analysait le rapport de la CIA, la période de la domination incontestée de l’Amérique sur le monde est arrivée à son terme. Cela pourra prendre une décennie ou deux (ou trois) avant que les historiens ne soient capables de porter leurs regards en arrière et de se prononcer avec certitude sur « le moment où les Etats-Unis ont cessé d’être la puissance dominante de la planète et ont été forcés de se comporter comme un acteur majeur parmi d’autres dans un monde où existent plusieurs grandes puissances rivales. » Cependant, pour les esprits observateurs, les indices de cette grande transition sont déjà visibles.

Six étapes vers un destin de nation ordinaire

Voici la liste de six événements récents qui indiquent selon moi que nous sommes entrés en « 2025 » dès aujourd’hui. Tous les six ont été rapportés par les médias ces dernières semaines, bien qu’ils n’aient jamais été mis en perspective tous ensembles. Ces six évènements (ainsi que d’autres, semblables) forment un motif : ils dessinent une nouvelle ère en formation.

1. Lors du sommet économique mondial de Pittsburgh, les 24 et le 25 septembre, les dirigeants des grandes puissances industrielles, le G-7 (G-8 si l’on inclut la Russie) ont accepté de transférer la responsabilité de la supervision de l’économie mondiale à un groupe plus vaste, plus ouvert : le Groupe des 20 (G-20), incluant la Chine, l’Inde, le Brésil, la Turquie, et d’autres pays en développement. Bien que des doutes aient été soulevés quant à la capacité de ce groupe élargi à exercer un leadership efficace au niveau mondial, il ne fait aucun doute que cette transformation signale un déplacement de la puissance économique dans le monde, de l’Ouest en direction de l’Est et le Sud. Ce déplacement entérine une baisse considérable de la prééminence économique américaine.

« La véritable signification du G-20 n’est pas celle d’un passage de relais du G-7/G-8 mais du G-1 : les États-Unis », a écrit dans le Financial Times Jeffrey Sachs de l’Université de Columbia. « Durant les 33 années du Forum économique du G-7, les États-Unis ont impulsé les décisions économiques les plus importantes. » Le déclin du leadership américain au cours de ces dernières décennies a été obscurci par l’effondrement de l’Union soviétique et par l’avance initiale acquise par les USA dans les technologies de l’information, note également Jeffrey Sachs, mais on ne peut plus désormais se méprendre sur cette transition du pouvoir économique des Etats-Unis en direction de la Chine et des autres locomotives des économiques émergentes.

2. Selon la presse, les rivaux économiques de l’Amérique ont tenu des réunions secrètes (mais pas tant que cela) afin d’étudier une réduction du rôle du dollar US – qui perd de sa valeur – dans le commerce international. Jusqu’à présent, l’utilisation du dollar comme devise internationale procurait aux États-Unis un avantage économique important : ils pouvaient simplement imprimer des dollars pour faire face à leurs obligations internationales alors que les autres pays doivent convertir leurs propres devises en dollars, ce qui entraîne souvent des surcoûts significatifs. Désormais, nombre de grands pays exportateurs – dont la Chine, la Russie, le Japon, le Brésil et les pays pétroliers du golfe Persique – envisagent l’utilisation de l’euro, ou d’un « panier » de monnaies pour leurs échanges commerciaux. S’il est adopté, un tel plan accélérerait la chute vertigineuse du cours du dollar et éroderait encore davantage l’influence américaine sur les affaires économiques internationales.

L’une de ces rencontres aurait eu lieu cet été lors d’un sommet des BRIC. Alors qu’il ne s’agissait que d’un concept il y a un an, lorsque le terme de BRIC a été inventé par l’économiste en chef de Goldman Sachs, le groupe des BRIC est devenu une réalité en juin lorsque les dirigeants des quatre pays ont tenu une session inaugurale à Iekaterinbourg, en Russie.

Le fait même que le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine aient choisi de se constituer en groupe a été considéré comme significatif, car ces pays rassemblent conjointement environ 43% de la population mondiale et devraient représenter 33% du produit intérieur brut mondial d’ici 2030 – à peu près autant que les États-Unis et l’Europe occidentale à cet horizon. Bien que les dirigeants du groupe BRIC aient décidé à ce stade de ne pas former un organe permanent comme le G-7, ils sont convenus de coordonner les efforts visant à développer des alternatives au dollar et à réformer le Fonds Monétaire International, pour que les pays non occidentaux y disposent d’une voix plus forte.

3. Sur le front diplomatique, les efforts de Washington pour obtenir le soutien d’une pression internationale accrue sur l’Iran afin qu’il mette un terme à son programme d’enrichissement d’uranium ont été rejetés par la Russie et la Chine. Un mois après que le président Obama ait annulé le projet de déploiement d’un système anti-missiles en Europe orientale, souhaitant apparemment obtenir le soutien russe sur une position plus dure envers Téhéran, les hauts dirigeants russes ont clairement indiqué qu’ils n’avaient aucune intention de cautionner un renforcement des sanctions contre l’Iran. « Les menaces, les sanctions et les pressions dans la situation actuelle, nous en sommes convaincus, seraient contre-productifs », a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergey V. Lavrov, après une réunion avec le secrétaire d’État Hillary Clinton à Moscou le 13 octobre. Le lendemain, le Premier ministre russe Vladimir Poutine déclarait que la menace de sanctions était « prématurée ». Étant donné les risques politiques qu’a pris Obama en annulant le programme de bouclier anti-missiles – une mesure largement condamnée par les Républicains à Washington – le refus rapide de Moscou de coopérer avec les Etats-Unis sur le dossier nucléaire iranien ne peut être interprété que comme un signe supplémentaire du déclin de l’influence américaine.

4. On peut tirer exactement la même conclusion après la réunion de haut niveau qui s’est tenue à Pékin le 15 octobre entre le Premier ministre chinois Wen Jiabao et le premier vice-président iranien, Mohammad Reza Rahimi. « Les relations sino-iraniennes ont connu un développement rapide, depuis que les dirigeants des deux pays ont de fréquents échanges et que la coopération dans le commerce et l’énergie s’est élargie et approfondie », a déclaré M. Wen, au Palais du Peuple. Intervenant à un moment où les États-Unis sont engagés dans une campagne diplomatique vigoureuse pour persuader la Chine et la Russie, entre autres, de réduire leurs liens commerciaux avec l’Iran, en prélude au renforcement des sanctions, cette déclaration chinoise ne peut être considérée que comme une nette rebuffade en direction de Washington.

5. Les tentatives de Washington pour obtenir un soutien international à l’effort de guerre allié en Afghanistan ont également rencontré des réponses étonnamment décevantes. Pour preuve, la manifestation de soutien réticent à l’effort de guerre américain du Premier ministre britannique Gordon Brown lorsqu’il a annoncé le 14 octobre que la Grande-Bretagne enverrait davantage de troupes pour renforcer le contingent britannique dans ce pays – mais seulement 500 de plus, et seulement si d’autres nations européennes augmentaient leur participation militaire, chose qu’il sait sans doute hautement improbable. Jusqu’à aujourd’hui, ce minuscule contingent provisoire représente le total des troupes supplémentaires que l’administration Obama a été en mesure d’obtenir de ses alliés européens, et ce en dépit d’une campagne diplomatique soutenue pour le renforcement de la force combinée de l’OTAN en Afghanistan. En d’autres termes, même l’allié le plus fidèle et docile des USA en Europe ne semble plus disposé à supporter le poids de ce qui est largement perçu comme une couteuse et épuisante aventure militaire américaine dans le Grand Moyen-Orient.

6. Enfin, en un geste dont la portée symbolique est frappante, le Comité International Olympique (CIO) a choisi d’ignorer Chicago (de même que Madrid et Tokyo) et désigné Rio de Janeiro pour la tenue des Jeux Olympiques d’été de 2016. C’est la première fois qu’une nation sud-américaine se voit décerné cet honneur. Avant le vote, Chicago était considérée comme un candidat sérieux, surtout depuis que Barack Obama, qui y a habité, s’était personnellement déplacé à Copenhague pour faire pression sur le CIO. Néanmoins, à la surprise générale, Chicago a non seulement perdu, mais a été éliminée dès le premier tour de scrutin.

« Le Brésil est passé d’un pays de deuxième classe à un pays de première classe, et aujourd’hui, nous commençons à être considéré avec le respect que nous méritons », a déclaré le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, lors d’une célébration de la victoire à Copenhague après le vote. Durant ce processus de décision des Olympiades les États-Unis se sont vus sans ménagement et ostensiblement rétrogradés du rang de seule superpuissance à celui de compétiteur malchanceux, et ce moment symbolisait l’entrée de la planète dans une nouvelle ère.

Devenir un pays ordinaire

Ce ne sont que quelques exemples de développements récents qui me laissent penser que les jours de l’hégémonie américaine sont déjà arrivés à leur terme, des années plus tôt que les services de renseignement américain ne l’avaient prévu. Il est de plus en plus clair que d’autres puissances – même parmi nos plus proches alliés – poursuivent une politique étrangère de plus en plus indépendante, quelles que soient les pressions que Washington tente d’exercer.

Bien sûr, rien de tout cela n’implique que les États-Unis ne pourront pas conserver pendant un certain temps encore la plus puissante économie au monde et, en termes de capacité de destruction, la plus puissante force militaire. Néanmoins, il ne fait aucun doute que l’environnement stratégique dans lequel les dirigeants américains doivent prendre des décisions critiques, lorsque les intérêts nationaux vitaux sont en jeu, a changé de façon spectaculaire depuis le début de la crise économique mondiale.

Plus significatif encore, le président Obama et ses principaux conseillers commencent à contrecœur à remodeler la politique étrangère américaine en ayant à l’esprit cette nouvelle réalité mondiale. Cela paraît évident, par exemple, dans la décision de l’administration de réexaminer la stratégie américaine en l’Afghanistan.

C’est seulement en mars que le président a adopté une nouvelle stratégie de contre-insurrection en Afghanistan, consistant en un renforcement de la présence américaine sur le terrain, accompagné d’un engagement de longue durée pour gagner les cœurs et les esprits dans les villages où les talibans ont réapparu. C’est sur cette base qu’il a limogé le commandant en chef en Afghanistan, le général David D. McKiernan, pour le remplacer par le général Stanley A. Mc Chrystal, considéré comme un partisan plus résolu de la contre-insurrection. Toutefois, lorsque Mc Chrystal a présenté à Obama la facture de cette stratégie – 40 000 à 80 000 soldats supplémentaires (en plus des 20.000 et quelques renforts récemment déployés) – nombreux sont ceux qui ont pâli dans la garde rapprochée du Président.

Un tel déploiement coûtera non seulement des centaines de milliards de dollars au Trésor, ce qu’il peut difficilement se permettre, mais la pression exercée sur l’armée et le Corps des Marines peut devenir presqu’insupportable après ces nombreuses années de déploiements multiples et répétés et de stress en Irak. Ce prix serait plus tolérable, bien sûr, si les alliés de l’Amérique acceptaient de prendre une plus grande part de cette charge, mais ils sont de moins en moins disposés à le faire.

Les dirigeants de la Russie et la Chine ne sont sans doute pas entièrement mécontent de voir les États-Unis épuiser leurs ressources financières et militaires en Afghanistan. Dans ces circonstances, il n’est guère surprenant que le Vice Président Joe Biden, entre autres, préconise un nouveau tournant dans la politique américaine, avec une stratégie moins coûteuse de contre-terrorisme – plutôt que de contre-insurrection – qui viserait pour partie à démanteler Al-Qaïda au Pakistan – à l’aide de drones et des forces spéciales – au lieu de mobiliser de nombreuses troupes américaines (tout en laissant le niveau des forces en Afghanistan relativement inchangé).

Il est trop tôt pour prédire sur quoi va déboucher cette réévaluation par le président de la stratégie américaine en Afghanistan, mais le fait qu’il n’ait pas accepté immédiatement le plan Mc Chrystal et ait laissé libre cours à Joe Biden pour défendre sa position suggère qu’il puisse finir par comprendre ce qu’il y aurait de déraisonnable à accroitre les engagements militaires américains à l’étranger au moment où la prééminence mondiale des USA est sur le déclin.

On perçoit cette prudence d’Obama dans autres décisions prises récemment. Bien qu’il continue d’affirmer que l’acquisition d’armes nucléaires par l’Iran est inadmissible et que l’utilisation de la force pour l’en empêcher reste une option, il a clairement fait en sorte de réduire au minimum la probabilité que cette option – qui pourrait également être compromise par des « alliés » récalcitrants – soit jamais utilisée.

Par ailleurs, il a donné une nouvelle impulsion à la diplomatie américaine, en cherchant l’amélioration des liens avec Moscou et en permettant que soient repris les contacts diplomatiques avec des Etats précédemment considérés comme parias, tels la Birmanie, le Soudan et la Syrie. Cela reflète également la réalité de notre monde en évolution : la posture du « je vaux mieux que toi » et de l’intimidation adoptée par l’administration Bush envers ces pays et d’autres durant près de huit ans n’a que rarement permis d’obtenir quoique ce soit. On peut se représenter cela comme la reconnaissance implicite que les États-Unis sont descendus de leur statut de « superpuissance unique » de la planète à celui de pays ordinaire. C’est après tout ce que font les pays ordinaires : ils engagent des pourparlers diplomatiques avec les autres pays, qu’ils aiment ou non leurs gouvernements actuels.

Bienvenue donc, dans le monde de 2025. Il ne ressemble plus à celui de notre passé récent, lorsque les États-Unis dépassaient de la tête et des épaules toutes les autres nations, et ne convient qu’assez mal aux fantasmes de puissance mondiale nés à Washington depuis l’effondrement de l’Union soviétique en 1991. Mais c’est la réalité.

Pour beaucoup d’Américains, la perte de cette prééminence pourrait provoquer de l’inconfort, voire du désespoir. Mais d’un autre côté, il convient de reconnaitre les avantages qu’il y a à être un pays ordinaire, comme n’importe quelle autre nation : personne ne s’attend à ce que le Canada, la France ou l’Italie envoient 40 000 soldats supplémentaires en Afghanistan, en plus des 68 000 qui y sont déjà et des 120 000 hommes en Irak. Personne non plus ne s’attend à ce que ces pays consacrent 925 milliards de dollars sur l’argent des contribuables à cette fin – ce que coûtent ces deux guerres, selon le National Priorities Project.

Une question demeure : Combien de temps encore persistera à Washington le sentiment que les Américains peuvent se permettre de financer leur rôle mondial, avec le maintien de bases militaires sur une bonne partie de la planète et la poursuite de guerres lointaines au nom de la sécurité mondiale, alors que l’économie américaine perd autant de terrain face à ses concurrents ? Tel est le dilemme auquel le président Obama et ses conseillers doivent se confronter dans ce monde transformé de l’année 2025.

 

Source : Contre Info

Des guérillas ” accidentelles ” ?

Dans Afghanistan, Irak, France, OTAN, ONU, États-Unis, Insurrection, Barack H. Obama, Talibans, Pakistan, Al Qaïda, Guerre contre le Terrorisme, AfPak, Pentagone, Nicolas Sarkozy, GWOT, Ben Laden, Occident, Islamistes, Hamid Karzaï, Gordon Brown, Royaume-Uni, Sahwa, Pachtouns, 11 Septembre 2001, Waziristan, US Army, Djihadistes, Jihad, Allemagne, ISAF, Mollah Omar, Jamaat-ud-Dawa, Tehreek-e-Taliban Pakistan, NED, Légion Étrangère le 28 octobre 2009 à 17:02

Par Stéphane Taillat

Dans l’imbroglio décisionnel que représente l’actuel débat sur la stratégie à adopter en Afghanistan au sein de l’Administration de Barack Obama, il semble que certains aspects soient peu ou pas discutés. C’est le cas surtout de la question des causes des insurrections dans le pays.

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Une nouvelle stratégie se dessinerait-elle?

Hier, des officiels proches du président américain ont décrit la nouvelle approche que pourrait prendre l’implication occidentale en Afghanistan dans les mois à venir. Rappelons en effet que depuis début Septembre et un rapport controversé du général McChrystal, l’Administration envisage plusieurs options pour poursuivre l’éradication des extrémistes d’Al Qaeda.

La première est la recommandation du général McChrystal d’augmenter les effectifs de 40 000 militaires américains afin de mettre en oeuvre une stratégie de contre-insurrection visant à séparer, par une présence permanente et des actions économiques et diplomatiques, la population des insurgés taliban. Plus précisément, il s’agirait de s’installer au coeur des zones contestés de la vallée de Helmand et des grandes villes afghanes, tout en accélérant la formation de l’Armée Nationale Afghane en la confiant à une brigade spécialement taillée à cet effet. Tactiquement, l’accent mis sur la protection de la population permettrait d’éviter les actions indiscriminées souvent commises lors des opérations visant la destruction des bandes rebelles.

La seconde vient du Vice-Président Joseph Biden qui propose une stratégie ciblée de contre-terrorisme visant l’arrestation ou la neutralisation des principaux responsables d’Al Qaeda et des mouvements taliban. Cette option reviendrait à n’accroître les forces sur place que de 13 000 militaires, essentiellement des forces spéciales. Son présupposé principal tient dans l’idée que les Taliban ne sauraient réellement revenir au pouvoir ou que, du moins, cela ne signifierait pas forcément le retour d’Al Qaeda. Par ailleurs, elle s’apparente beaucoup à la “doctrine de l’anticorps” développée par les généraux Abizaid et Casey au sujet de l’Irak en 2004-2006.

L’approche révélée hier ressemble à s’y méprendre à une option mixte: “du McChrystal pour les cités, du Biden pour le reste du pays“, comme le résume un des officiels anonymes cité par le New York Times. Le gouvernement entreprendrait de protéger 10 villes du pays par une présence permanente au plus près des populations, tout en maintenant une pression dissuasive sur la hiérarchie insurgée par des raids SF/Drones. Plusieurs interrogations demeurent. Tout d’abord, le général McChrystal n’a pas fait mystère qu’il emploierait les brigades supplémentaires dans le Sud et dans le Sud Est (Kandahar, “fief spirituel” des Taliban). Ensuite, il reste la question des zones agricoles d’Helmand et des axes de communication majeurs: s’agira-t-il d’un contrôle des axes ou d’un véritable “contrôle de surface de l’Afghanistan utile”? Bref, il s’agirait d’une stratégie qui avantagerait quand même l’option McChrystal (ou “contre-insurrectionnelle”) par rapport à celle du VP Biden (ou “contre-terroriste”), tout en poursuivant l’abandon de la politique couteuse et contre-productive des avant-postes (trop) isolés comme celui de Wanat.

Infection-contagion-intervention-rejet: le cycle vicieux des “guérillas accidentelles”

Toutefois, ces options ont un défaut majeur: elles sont avant tout des réponses techniques et non le fruit d’une véritable réflexion politique. Certes, on peut accorder à Stanley McChrystal de vouloir changer la manière dont les Américains conçoivent leur présence depuis 2001 (non plus une chasse à Al Qaeda mais une stabilisation de l’Afghanistan) et, par ailleurs, l’option de Joseph Biden contient en soi une réflexion sur le “pourquoi” de la présence américaine, la réduisant à une approche indirecte.

Cependant, si la seconde option est clairement marquée par ce que les Américains appellent le wishful thinking (puisqu’en effet l’approche “indirecte” repose sur des substituts afghans crédibles, légitimes et efficaces), la première est problématique car elle néglige un peu trop rapidement (du moins pour ce qui ressort du débat public bien sur) les causes des insurrections.

Un détour par la théorisation effectuée par David Kilcullen me semble utile à ce point de la réflexion. L’officier australien-anthropologue-conseillers spécial COIN y bâtit une réflexion qui a le mérite de la clarté à défaut d’avoir celle de la réelle originalité (même si on peut penser qu’il fait œuvre de sédimentation quand on voit le foisonnement et la dispersion de la littérature sur le sujet des “nouvelles guerres”). Il voit dans les guérillas d’Irak et d’Afghanistan la combinaison de 2 facteurs:

-une insurrection globale menée par une minorité d’extrémiste au sein d’Al Qaeda. Elle prône une vision théologico-politique (dans laquelle la religion est instrumentalisée à des fins politiques) que l’on pourrait qualifier “d’altermondialiste” car contestant la globalisation “occidentalo-centrée” qui serait en cours actuellement, touchant le monde arabo-musulman de plein fouet.

-des guérillas locales (parfois à l’échelle du patriotisme au sein d’une vallée) rejetant toute intrusion étrangère vue comme une perturbation grave des coutumes, des traditions et de l’ordre social. Ce sont les fameuses “guérillas accidentelles”.

Cette association fonctionne selon un cycle infection (cellules jihadistes)-contagion (attentats, montée en puissance, contestation des structures informelles de l’autorité)-intervention (occidentale ou menée par des alliés objectifs des Occidentaux)-rejet (car cette intervention suscite lesdites “guérillas accidentelles”). Selon ce modèle, la solution reviendrait à réconcilier les guérillas locales et à pourchasser les minorités extrémistes. Il s’agirait donc de nuancer entre les groupes insurgés et de mener une politique sélective d’alliances reposant soit sur la construction de la légitimité de la présence de la force, soit sur la conjonction ponctuelle d’intérêts communs entre les sociétés locales et les forces intervenantes.

Bien entendu, ce modèle mérite d’être passé au crible falsificateur des études de cas pour être affiné, modifié ou bien rejeté.

L’Afghanistan est-elle “gagnable”?

Dans l’option McChrystal, le modèle est ignoré en partie et repose sur un autre postulat: les populations locales cherchent aussi la sécurité, le bien-être matériel et une gouvernance légitime. Notons dès l’abord que ce n’est pas forcément incompatible avec un bien-être spirituel (respect des coutumes et des modes de vie). Par ailleurs, l’idée selon laquelle les populations seraient aliénées par les actions indiscriminées des forces occidentales est assez similaire à celle qui assimile lesdites forces à des corps étrangers. Mais elle s’en distingue par l’accent mis sur la qualité de la présence des militaires occidentaux au sein des population.

En réalité, l’option McChrystal semble donner une importance moindre au facteur du patriotisme local. C’est du moins ce qu’illustre la récente publicité donnée à la démission de l’administrateur civil américain de la province de Zabul. L’homme, un officier des Marines ayant combattu en Irak puis ayant été versé dans le corps des fonctionnaires du Département d’État -au sein  duquel il a dirigé des opérations de reconstruction en Irak comme en Afghanistan-, pose la question des objectifs politiques du président Obama. Bien plus, il insiste sur le facteur du patriotisme local pour dénoncer ce qu’il voit comme l’inanité d’une intervention aggravant encore plus le syndrome des “guérillas accidentelles”. Son évaluation, peut-être en partie influencée par une expérience traumatisante en Irak (c’est du moins ce que suggère l’article du Washington Post), repose sur les difficultés rencontrées dans cette province dans laquelle la centaine de groupes insurgés se bat pour des raisons micro-locales tout en étant financée par les Talibans. Pour faire court: comment protéger une population… contre elle-même?

Plusieurs conséquences découlent de ce qui précède:

-il est certainement plus efficace de nouer des alliances d’intérêts avec les détenteurs locaux du pouvoir plutôt que de chercher à “gagner les esprits et les coeurs des populations”. Cependant, c’est une solution éphémère qui nécessite de faire le lien avec le gouvernement afghan, qu’il s’agit de légitimer.

-s’interroger sur les causes des insurrections revient non seulement à identifier des griefs originaux mais aussi à retracer toutes les évolutions de ces derniers à partir des actions et réactions des multiples acteurs impliqués. Autant dire que cela demande du temps et beaucoup de renseignements.

-la question de l’option à suivre en Afghanistan est certainement essentielle, mais elle doit être relativisée. En effet, tout ceci apparaît plutôt comme une querelle interne complexe entre les divers acteurs américains concernés par le processus décisionnel. A tout prendre l’option McChrystal est plus réaliste sur le court terme mais ne résout pas le moyen ou le long terme. Le principal intéressé le reconnaît lui-même: ce n’est qu’une solution technique. Au fond, elles est certainement la plus compatible avec le modèle des “guérillas accidentelles”…. même si elle laisser courir le risque, en cas d’échec y compris local, d’une recrudescence de ces dernières.

 

Source : Allaince Géostratégique

La Somalie : on est inquiet

Dans Al Shabab, États-Unis, Charia, Crimes contre l'Humanité, Crimes de Guerre, Djihadistes, Islamistes, Jihad, Manipulation, Mogadishio, ONU, OTAN, Pirates Somaliens, Shebabs, Somalie, Tiers-Monde, Union Africaine le 28 octobre 2009 à 14:56

Après plus de seize ans d’oubli international, le territoire somalien est l’objet de toutes les interrogations. Une situation humanitaire et sécuritaire désastreuse y règne depuis le départ des troupes de l’ONU en 1993, mais ce n’est que depuis les menaces de création d’un sanctuaire pour Al Qaida et des pirates que l’attention des États occidentaux s’est porté une nouvelle fois sur cet État oublié.

la Somalie le no man's land

La situation a commencé à se détériorer avec une sécheresse et une crise alimentaire durant l’année 1992. Une des dernières décisions de l’administration de Bush père a alors été d’y envoyer une expédition militaro-humanitaire, dénommée « Restore Hope ». La résultat de cette opération a été le désengagement total de la communauté des Etats de la région après la mort de plusieurs dizaines de soldats de l’ONU, dont, point culminant et décisif, la bataille ayant mené à la mort de 18 soldats américains dans une embuscade des combattants du clan Aidid.

Depuis cette période, et jusqu’en 2006, une situation chaotique, où des seigneurs de la guerre se partageaient le pouvoir, les armes, les (rares) rentes humanitaires et le contrôle de la population, des islamistes ont imposé des tribunaux islamiques, rétablissant l’ordre avec la Sharia, gagnant en popularité et , finalement prenant le contrôle d’une partie significative de la Somalie « italophone ».

Les accusations de l’administration de G.W. Bush ont alors fusé, basées sur des liens supposés avec Al Qaida , le tout nié par Sharif Mohamed, chef des tribunaux islamiques. Une attaque des troupes éthiopiennes, soutenues logistiquement par l’OTAN a alors envoyé les chefs des tribunaux islamiques en exil, leurs soldats dans une quasi-clandestinité dans le Sud de la Somalie.

Après un embourbement éthiopien relatif et une intervention militaire timide de l’Union Africaine, Sharif Mohamed et une partie de ses alliés ont alors décidé de négocier le fin de l’occupation éthiopienne et un retour à un Etat e, bonne et due forme. Une partie de la résistance, nommément le groupe islamique radical d’Al Shabab et le parti islamique ont refusé cet accord et ont décidé de lutter contre Sharif Mohamed malgré le départ des troupes éthiopiennes.

Tandis que les données médiatiques indiquent qu’Al shabab est lié à Al Qaida, le parti islamique a pour condition dans des négociation récentes le départ des troupes de l’UA afin de se rallier à Sharif Mohamed. Pendant ce temps, dans le Puntland (au nord de Mogadishio), des groupes de pirates de plus en plus audacieux attaquent les navires et les relâchent contre rançon, dans l’une des régions maritimes les plus fréquentées au monde (trafic Asie-Europe et trafic pétrolier vers l’Europe et les Etats-Unis).

Les liens entre pirates et Al Shabab semblent inexistant, les pirates étant dans une logique monétaire, dans le nord de Mogadishio et Al Shaba étant dans une logique politico-religieuse au Sud de la capitale.

Les perspectives de l’évolution de la situation vont du retour à un Etat accepté internationalement à une division en quatre (en incluant le Somaliland indépendant de fait depuis plus de dix à la pointe nord du pays, la région contrôlée par le gouvernement, les régions en lutte contre ce gouvernement et le Puntland sous contrôle des pirates) tandis que le scenario pessimiste est la prise de contrôle du pays par Al Qaida.

Deux questions toutefois : pourquoi absolument rien n’a été fait pour ce pays depuis 1993 ? Pourquoi avoir attaqué Sharif Mohamed en 2006 ?

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