Archive | octobre, 2009

Les USA entraînent des groupes terroristes pour créer le chaos en Iran

31 oct

Selon une interview de Seymour Hersh donné en juillet 2008, les États-Unis entraînaient des groupes terroristes pour créer le chaos en Iran et susciter une réaction agressive des Iraniens qui servira de prétexte à une action militaire US.

CIA-IranDans une interview avec NPR, publiée dans son dernier article du NEW YORKER,  intitulé : «  Préparer le champ de bataille », le très renommé journaliste d’investigation Seymour Hersh publie les détails les plus révélateurs de ses travaux d’enquête quant à la destination des 400 millions de dollars affectés à des opérations secrètes à l’intérieur de l’Iran. Il fournit des informations de qualité concernant les préparatifs militaires US en vue de déstabiliser le pays, au sujet de la mainmise absolue de l’administration Bush sur le pouvoir exécutif, au sujet de la reconnaissance du rôle globalement positif de l’Iran en Iraq et du soutien US des organisations terroristes anti-Iraniennes Jondollah, PJAK et MEK.

Hersh explique aussi que le but des opérations secrètes US à l’intérieur de l’Iran est de fabriquer un prétexte d’agression avec comme objectif un changement du régime. « La réflexion stratégique derrière cette opération secrète est de susciter suffisamment de troubles et de chaos pour induire le gouvernement Iranien à commettre l’erreur d’entreprendre des actions agressives qui donneront l’impression que le pays est en total désarroi » déclare-t-il. «  Dès lors, on se trouvera dans une situation qualifiée de casus belli par la Maison Blanche, ce qui l’autorisera à attaquer le pays. C’est là leur mode de réflexion et c’est franchement stupide. »

Au sujet du rôle de l’Iran en Iraq, Hersh insiste : « Il n’existe absolument aucune preuve formelle portée à la connaissance du gouvernement américain de ce que le pouvoir Iranien ait un quelconque intérêt à se mettre en conflit avec les US en Iraq par l’envoi d’agents qui provoqueraient des destructions ou tueraient des Américains. » Il n’y a aucune preuve de cela.

Plus loin, il dit : « Franchement, les gens que je connais à l’intérieur – dans les forces spéciales, dans la haute hiérarchie du DoD ou des services de renseignement -, si on les pousse dans leurs derniers retranchements, reconnaissent que l’Iran a été bien plus un facteur de stabilité qu’une force négative en Iraq. » Hersh dit que la décision de lancer ces opérations secrètes a été prise sur base des conclusions du rapport d’évaluation du Service National des Renseignements de 2007 qui concluait que l’Iran n’avait pas de programme de développement de l’arme nucléaire et que l’approbation par les dirigeants du Congrès du budget de 400 millions de dollars pour ces opérations était une totale dérive des pouvoirs exécutifs de l’administration Bush. Il explique comment la politique de l’administration Bush selon laquelle : «  L’ennemi de mon ennemi est mon ami » a conduit les US à soutenir l’organisation Balouche Jondollah et le MEK ( Moudjahiddines du peuple ) qui ont tous deux de lourds antécédents d’activités terroristes, y compris contre les US. Il rappelle que les US ont fourni de l’armement et des fonds aux terroristes du MEK pendant des années et révèle que «  La plupart des dirigeants du MEK ont pris cet argent et l’ont placé sur des tas de comptes en banque à Londres ». Il nous dit aussi pour la première fois que les US ont entraîné des équipes du MEK dans l’état du Nevada et que ces gens « font des tas de conneries en Iran ».

Hersh prévient de ce que nous avons déplacé des missiles de croisière dans la région depuis plusieurs mois maintenant et que l’armée américaine est prête. «  Nos sous-marins sont là, nos destroyers sont là avec leurs lance-missiles de croisière à bord, nos avions sont là et nos hommes aussi. » pour attaquer l’Iran endéans les 10 à 12 heures de l’ordre de mission du président Bush, dit-il , en insistant sur le fait que les troupes doivent intervenir au sol pour détruire les systèmes de défense Iraniens. Il signale enfin que : «  Bush va être un président très actif, on peut le craindre, jusqu’à 11 heures, 59 minutes et 59 secondes le 20 janvier 2009 » et soulève l’inquiétante hypothèse d’une «  surprise d’octobre », une attaque militaire sur l’Iran, particulièrement si Obama reste en tête dans les sondages.

 

Source : Investig’action

Dans quel but meurent les soldats américains en Afghanistan ?

31 oct

Par Bill Van Auken

rapatriement d'un soldat tué en Afghanistan

WSWS

Au moins 21 soldats et Marines ont été tués en Afghanistan depuis le week-end dernier, faisant d’octobre le mois le plus meurtrier pour les forces américaines depuis l’invasion du pays huit ans plus tôt. Davantage ont été blessés par des bombes artisanales, des grenades offensives et des tirs de pistolets.

Parmi les victimes des derniers jours se trouvait une femme de la Californie, âgée de 24 ans et mère de deux jeunes filles, le sergent Eduviges Wolf. Elle a succombé à ses blessures subies lorsque son véhicule a été attaqué par un tir de grenade dans la province de Kunar.

Devin Michel, un simple soldat de 19 ans qui avait complété le lycée depuis à peine plus d’un an à Stockton en Illinois, a été tué par une bombe artisanale dans la province de Zhari.

Gregory Fleury, brigadier des Marines âgé de 23 ans, a perdu la vie dans l’un des trois écrasements d’hélicoptères survenus dimanche. Le quotidien Anchorage Daily News a rapporté les paroles de son grand-père qui a affirmé que, après avoir servi lors de deux affectations en Irak, Fleury était prêt à mettre fin à son service actif mais « le gouvernement a prolongé son service » pour un déploiement en Afghanistan. Il devait revenir chez lui début novembre.

L’escalade de la guerre, qui devrait être annoncée bientôt par le président Barack Obama, ne fera qu’augmenter le nombre de victimes, alors que seront envoyés des dizaines de milliers de soldats et de Marines additionnels en Afghanistan afin de réprimer la résistance populaire à l’occupation étrangère.

A quoi servent ces sacrifices ? Pourquoi de jeunes Américains sont-ils envoyés à 12.000 kilomètres des Etats-Unis pour connaître une mort horrible et réprimer violemment une population qui ne veut pas d’eux ?

Ces questions deviennent encore plus importantes alors que l’on apprend que la Central Intelligence Agency (CIA) américaine maintient à sa solde, et ce durant les huit dernières années, le frère du président Hamid Karzaï, un réputé pilier du narcotrafic afghan.

Les liens de la CIA avec Ahmed Wali Karzaï soulèvent « d’importantes questions quant à la stratégie de guerre des Etats-Unis, qui est présentement sous étude à la Maison-Blanche », a affirmé mercredi le New York Times en rapportant ces liens.

C’est décrire la chose d’une manière plutôt gentille. Les liens entre les frères Karzaï et la CIA sont une autre preuve que « la stratégie de guerre des Etats-Unis » est une entreprise criminelle menée à l’aide de méthodes criminelles.

Le journal a décrit une relation très étroite entre la CIA et Ahmed Wali Karzaï, qui a aidé à constituer une bande de paramilitaires connue sous le nom de Kandahar Strike Force qui « opère sous la direction de la CIA » en assassinant les « insurgés » suspects.

En même temps, les agents pour les opérations spéciales de la CIA utilisent des installations fournies par Karzaï comme bases pour leurs propres opérations dans le sud du pays.

Selon le Times, des responsables militaires et d’autres officiels américains ont dit que « le rôle suspect de M. Karzaï dans le trafic de drogue ainsi que ce qu’ils décrivent comme la façon mafieuse par laquelle il règne sur le sud de l’Afghanistan, font de lui une force malveillante ». Néanmoins, il demeure un des atouts principaux de Washington dans le pays.

L’Afghanistan fournit actuellement 90 pour cent de l’héroïne mondiale. Depuis l’invasion américaine du pays, la production d’opium a augmenté de plus de 300 pour cent.

Les liens de la CIA avec le trafic de drogue remontent à longtemps. Avant 1979, il n’y avait pas de culture d’opium à grande échelle ou de toute autre production d’héroïne en Afghanistan et au Pakistan. Ces pays sont devenus le centre de la production mondiale d’héroïne comme un sous-produit de la guerre, fomentée par la CIA, des moudjahidines islamistes contre le gouvernement appuyé par les soviétiques à Kaboul. Alors que les Etats-Unis versaient des milliards de dollars en argent et en armes pour alimenter cette guerre, la drogue fournissait une source majeure de financement supplémentaire pour les guérillas appuyées par la CIA.

Dans la guerre des années 1980 contre le Nicaragua, l’envoi de cocaïne aux Etats-Unis a fourni les ressources pour les contras, appuyés par la CIA, à un moment où le Congrès américain avait bloqué le financement. Au Viêtnam, la CIA s’était alliée à des seigneurs de guerre trafiquant l’héroïne au Laos qui exploitaient les troupes américaines comme marché.

Dans toutes ces guerres, l’intervention américaine a produit la mort, la destruction et la dégradation sociale, incluant la prolifération de la production et de la consommation de drogue. Un sous-produit inévitable de la présente intervention en Afghanistan sera la hausse constante de la dépendance à l’héroïne aux Etats-Unis et ailleurs dans le monde.

Est-ce que les troupes américaines meurent pour maintenir au pouvoir un gouvernement dominé par les seigneurs de guerre qui trafiquent l’héroïne ? Est-ce que d’autres individus mourront dans les mois prochains pour protéger une autre élection frauduleuse destinée à donner une façade de légitimité à ce régime ?

C’est ce que l’on pourrait croire. Mais les Karzaï et les alliés seigneurs de guerre sont des jouets de la politique américaine, qu’utilise Washington pour arriver à ses fins.

Ces fins ne sont évidemment pas de faire avancer la « démocratie ». Et les 100.000 soldats des Etats-Unis et de l’OTAN en Afghanistan n’y combattent pas le terrorisme. Les hauts responsables de l’armée ont admis que l’on n’y trouvait pas plus de 100 membres d’al-Qaïda.

Les véritables buts de cette guerre ont été énoncés de façon plutôt candide dans un article publié l’an dernier dans une revue du Collège militaire de l’armée américaine. L’auteur de l’article est Dr Stephen Blank, le professeur du collège sur la sécurité nationale.

Intitulé « L’importance stratégique de l’Asie centrale : un point de vue américain », l’article ne perd pas beaucoup de temps sur les prétextes de la guerre à al-Qaïda ou de la construction de la démocratie.

Blank explique que les Etats-Unis mettent en œuvre la politique de la « porte ouverte » en Asie centrale « pour les compagnies américaines oeuvrant dans le domaine de l’exploration, de la raffinerie et de la distribution des produits énergétiques ». La politique américaine, écrit-il, vise à « briser le monopole énergétique de la Russie » en Asie centrale ou empêcher que la Chine ne domine la région. Cette politique a aussi pour but d’isoler l’Iran, un autre rival potentiel dans la région.

« Il n’est pas surprenant, continue Blank, que le leitmotiv de la politique énergétique américaine soit de nourrir le développement de plusieurs pipelines et autres moyens de lier les consommateurs et les producteurs étrangers dans le domaine de l’énergie » qui ne seront pas soumis au contrôle de ces rivaux régionaux. Parmi les plus importants de ces projets, écrit-il, on trouve le pipeline du Turkmenistan-Afghanistan-Pakistan (TAP), qui pourrait transporter le pétrole et le gaz naturel hors de l’Asie centrale en passant sur le territoire aujourd’hui occupé par les troupes américaines.

A la lecture de cet article, il semble qu’alors que les soldats et les Marines se font dire qu’ils combattent et meurent pour la démocratie ou pour mettre un terme au terrorisme, les hauts officiers de l’armée américaine ont un objectif plus concret.

Le déploiement de l’armée américaine en Afghanistan fait partie de la version du 21e siècle du « Grand Jeu », dans lequel l’impérialisme américain cherche à dominer l’Asie centrale et ses ressources énergétiques aux dépens de ses rivaux stratégiques.

Il n’y a pas de doute que l’administration Obama continuera à chercher à réaliser ces objectifs au moyen d’une escalade de la guerre en Afghanistan.

Le coût de la guerre, actuellement de 3,6 milliards par mois, augmentera encore alors que d’autres soldats seront déployés en Afghanistan, et ce montant sera payé par les travailleurs américains par des attaques sur leur niveau de vie et leurs avantages sociaux de base. Le nombre des morts et des blessés augmentera au sein des soldats et des Marines, tout autant que l’ampleur du massacre des civils afghans et pakistanais.

Les intérêts de la classe ouvrière aux Etats-Unis et internationalement sont en complète opposition à ceux mis de l’avant au moyen des assassinats de masse de la guerre en Afghanistan et au Pakistan. Les travailleurs doivent exiger le retrait immédiat et inconditionnel de toutes les troupes américaines et étrangères de la région et la fin de la lutte pour la domination impérialiste de l’Asie centrale.

 

Source : Mondialisation.ca

Israël, les Etats-Unis et le droit international

30 oct

Par Jean Shaoul

Goldstone

WSWS

En réaction à la sanction par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies du rapport Goldstone qui accuse Israël d’avoir commis des crimes de guerre durant son assaut sur Gaza en 2008-09, ce dernier a dénoncé l’ONU et tente de renverser le droit international en vigueur.

L’objectif explicite de Tel-Aviv est de fournir carte blanche aux Forces de défense israéliennes (IDF) pour qu’elles puissent faire ce que bon leur semble au nom de la « lutte contre le terrorisme ».

Le rapport du juge sud-africain Richard Goldstone dit que la guerre contre Gaza était « une attaque délibérément disproportionnée conçue pour punir, humilier et terroriser une population civile, pour réduire dramatiquement son pouvoir économique régional pour travailler et subvenir à ses besoins, ainsi que pour lui imposer un sentiment sans cesse croissant de dépendance et de vulnérabilité ».

Goldstone a affirmé que le Conseil de sécurité de l’ONU devrait transmettre l’affaire à la Cour pénale internationale si Israël ne procédait pas à une enquête indépendante sur la conduite de l’armée. Les pays signataires des Conventions de Genève de 1949 avaient le devoir d’user de leurs pouvoirs de « compétence universelle » afin de chercher et de poursuivre les responsables de crimes de guerre, a-t-il ajouté.

Le président Shimon Pérès et le premier ministre Benyamin Netanyahou se sont immédiatement opposés au vote du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, ont qualifié le rapport de biaisé et ont refusé de se conformer à ses recommandations. Ehoud Barak, ministre de la Défense et architecte de l’attaque sur Gaza, a refusé même de permettre  une discussion au sein du cabinet sur la tenue d’une enquête. Le gouvernement voulait donner à l’armée israélienne « un plein appui pour permettre toute liberté d’action », a-t-il dit.

Netanyahou a insisté qu’aucun officiel israélien n’allait être jugé pour crimes de guerre et a promis qu’un veto (c’est-à-dire celui de Washington) allait rejeter la résolution au Conseil de sécurité. Il a donné l’ordre à son gouvernement de préparer une « campagne mondiale » de lobbying pour modifier les lois internationales de guerre « dans l’intérêt de quiconque luttant contre le terrorisme » et dans le but de s’assurer que les pays abandonnent ou modèrent leurs lois de compétence universelle.

Israël bénéficie du soutien inconditionnel de l’administration Obama, qui a qualifié le rapport Goldstone d’inégal tout en faisant du lobbying pour s’assurer qu’il soit rejeté. Depuis que le rapport a été sanctionné, Washington a réitéré à maintes reprises son appui à Israël et a publiquement critiqué l’ONU.

Cela a atteint un point culminant la semaine dernière, lorsque le président Barack Obama a envoyé à Pérès une vidéo de salutation flatteuse pour la conférence présidentielle de 2009 à Jérusalem, à laquelle avait assisté en son nom Susan Rice, l’ambassadrice américaine aux Nations unies.

Prenant la parole lors d’une conférence, Rice a montré clairement l’attitude de Washington vis-à-vis l’ONU, une institution qu’elle a décrite comme étant « manifestement imparfaite ». Elle a rendu clair que l’autorité de l’ONU doit être invoquée seulement lorsqu’elle s’accorde avec les intérêts américains et qu’elle doit être écartée lorsqu’elle ne correspond pas à ces mêmes intérêts.

« Rien ne peut remplacer la légitimité que l’ONU peut transmettre ou la tribune qu’elle peut offrir pour mobiliser les coalitions les plus larges possibles pour s’attaquer aux défis mondiaux, de la non prolifération nucléaire à la santé mondiale », a-t-elle dit.

« Mais les Nations unies sont une institution composée de nations », a-t-elle poursuivi. « Elle s’élève ou s’écroule selon la volonté de ses membres. Et les Nations unies doivent faire plus, beaucoup plus, pour vivre à la hauteur des braves idéaux de sa fondation — et ses états membres doivent, une fois pour toutes, remplacer le venin anti-Israël par une reconnaissance de la légitimité d’Israël et de son droit d’exister en paix et en sécurité. »

Pour Obama, comme pour le président Bush avant lui, les Nations unies sont un outil utile lorsqu’elles soutiennent et légitiment les intérêts géopolitiques de Washington. Elles le sont également lorsque les résolutions onusiennes fournissent un prétexte pour le lancement d’une guerre illégale d’agression contre l’Irak.

Cependant, lorsqu’une instance de l’ONU tente de rappeler Israël à l’ordre, son action est dénoncée par Rice comme étant « fondamentalement inacceptable ». Cela contraste profondément avec l’attitude de Washington envers l’Iran.

À l’instant même, les Etats-Unis tentent d’invoquer l’autorité des Nations unies, à travers l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et du Conseil de sécurité, pour menacer l’Iran et aller de l’avant avec ses projets pour la domination stratégique des régions riches en énergie du Moyen-Orient et de l’Asie centrale.

Lorsqu’il est question de Téhéran, qui n’est pas accusé de crimes de guerre, mais tente de développer un programme nucléaire comme le permet le Traité de non-prolifération nucléaire (un programme pour lequel, selon l’AIEA, on n’a pas de preuve nette qu’il vise à acquérir l’arme nucléaire), Obama a affirmé sans équivoque « Le gouvernement iranien doit maintenant faire la preuve par ses agissements qu’il a des intentions pacifiques ou alors il devra se soumettre aux normes internationales et à la loi internationale. »

La politique de Washington, comme celle de Londres, de Berlin ou de Paris, est entièrement déterminée par ses ambitions impérialistes de contrôler les ressources et les marchés mondiaux. L’ONU n’étant en réalité rien d’autre qu’une couverture pratique ou un endroit où marchander pour la satisfaction de ces ambitions. Le régime actuel en Iran est vu comme un obstacle à ces visées.

Israël a longtemps été le gardien des intérêts des Etats-Unis dans la région et, aujourd’hui, il offre une voie probable d’attaque militaire sur Téhéran et ces installations nucléaires, si Washington en décidait ainsi.

Tout en cherchant à défendre un allié stratégique, les Etats-Unis et l’Europe sont déterminés à éviter la création d’un précédent dangereux pour eux qui pourraient mener à des poursuites pour leurs propres crimes de guerre en Irak, en Afghanistan et au Pakistan.

Netanyahou sait tout cela. Il a averti les grandes puissances dans sa réponse au rapport Goldstone : « Il ne s’agit pas d’un problème seulement pour nous. S’ils accusent des officiers de l’IDF, des commandants de l’IDF, des soldats de l’IDF, des pilotes de l’IDF et même des dirigeants, ils vont vous accuser vous aussi. Quoi, l’OTAN ne combat-il pas en plusieurs endroits ? Quoi, la Russie ne combat-elle pas en plusieurs endroits ? »

Une telle connivence politique explique pourquoi les États-Unis laisse Israël défier aussi ouvertement l’ONU, alors que l’Iran est proclamé l’ennemi du monde. C’est ce qui explique qu’Obama déclare que les États-Unis et Israël sont des « démocraties » qui « peuvent modeler leurs propres destinées », alors même que Netanyahou cherche à légitimer des crimes de guerre et qu’au contraire l’Iran est l’objet de sanctions et de menaces.

Et c’est pourquoi le premier ministre britannique Gordon Brown et le président français Nicolas Sarkozy ont écrit à Netanyahou pour déclarer qu’ils reconnaissaient à Israël « le droit à l’auto-défense » après l’adoption du rapport Goldstone alors que Brown demande que l’on trace « les limites à ne pas dépasser » sur la question des « violations des engagements internationaux » de l’Iran.

 

Source : Mondialisation.ca

Propagande de guerre (vidéo)

29 oct

La réalité derrière le « succès » américain en Irak

29 oct

Par James Cogan

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WSWS

Les explosions massives qui ont dévasté le ministère de la Justice et le siège du gouvernement provincial dans le centre-ville de Bagdad dimanche, tuant plus de 140 personnes et en blessant au moins 520, sont un rappel particulièrement sanglant des conflits politiques, ethniques et sectaires générés en Irak par l’occupation américaine qui dure depuis six ans et demi.

Les attentats à la bombe du week-end représentent la seconde attaque majeure sur des bâtiments gouvernementaux en l’espace de deux mois. Le 19 août, des voitures piégées avaient explosé devant les ministères des Finances et des Affaires étrangères, tuant 102 personnes et en blessant 600. Dans les deux cas, ceux qui ont perpétré ces attentats ont réussi à franchir avec des véhicules bourrés d’explosifs toute une série de postes de contrôle de sécurité.

En moyenne, entre 10 à 15 attentats à la bombe, attentats kamikazes ou attaques d’insurgés se produisent chaque jour en Irak contre des représentants du gouvernement ou des forces de sécurité. Dans certains cas, les explosions ciblent aveuglément des civils d’un milieu ethnique ou religieux. Moins spectaculaires que l’attentat de dimanche, c’est à peine si les médias en parlent.

A chaque fois qu’une occasion se présente, les insurgés s’attaquent aux 120.000 soldats américains encore en Irak. Les forces américaines occupent à présent le pays à partir de bases massivement gardées, en dehors des centres urbains. Le gouvernement fantoche du Premier ministre Nouri al-Maliki a accusé les fidèles de l’ancien régime de Saddam Hussein d’être responsables de ces attentats. On ne peut écarter cette éventualité. Des sections importantes de l’establishment principalement d’origine arabe sunnite et baasiste ont quasiment perdu tous les avantages dont ils jouissaient à une époque, en terme de propriété, de poste et de privilèges, à la faveur des factions chiites et kurdes qui ont collaboré à l’invasion américaine.

De nombreux Irakiens, de diverses obédiences religieuses et politiques, ont suffisamment de griefs pour se porter volontaires pour perpétrer ces attentats contre le régime crée par l’occupation américaine. Plus d’un million de personnes ont perdu la vie depuis 2003, dont des centaines de milliers tuées directement par les forces américaines. Des dizaines de milliers d’autres ont subi des détentions arbitraires et des sévices terribles dans les camps de détention du gouvernement irakien et américain. Plus de quatre millions de personnes ont été contraintes de quitter leur foyer ou carrément forcées de fuir le pays. La haine des Irakiens devant l’occupation ne mollit pas.

Ces attentats contre les ministères du gouvernement coïncident avec les querelles acerbes qui vont croissant entre les factions irakiennes soutenant l’occupation, à quelques mois des élections qui doivent, selon la Constitution, se tenir le 31 janvier 2010. Washington exerce une pression énorme sur Maliki pour qu’il revienne sur sa promesse d’organiser un référendum populaire en même temps que les élections sur l’accord de statut des forces (dit SOFA) conclu entre le gouvernement et les Etats-Unis. Les analystes américains reconnaissent ouvertement qu’il est très probable qu’un tel référendum produise un vote majoritaire contre cet accord, conduit par des Irakiens qui veulent le retrait immédiat des forces militaires américaines.

Le Parti Da’wa de Maliki, très certainement avec des encouragements en coulisse de la part du gouvernement Obama, a quitté l’alliance chiite intégriste dominée par le pro-iranien Conseil supérieur islamique d’Irak (CSII), et va se présenter à l’élection contre lui. La hiérarchie du CSII que Maliki, qui n’est pas moins intégriste, qualifie cyniquement de « sectaire » et « d’antidémocratique » risque de perdre bon nombre des postes lucratifs qu’il occupe actuellement dans l’État irakien si la nouvelle alliance « nationaliste » de Da’wa obtient une majorité nette. D’un autre côté, il se peut que Maliki perde son poste si sa perspective de mettre sur la touche le CSII ne réussit pas.

Le gouvernement de Maliki a aussi crée un face à face tendu avec les forces nationalistes kurdes en refusant d’honorer la promesse qu’il leur avait faite en 2003 qu’elles gagneraient le contrôle de la ville de Kirkouk et d’autres régions du nord de l’Irak, riches en pétrole, en échange d’un soutien actif à l’invasion américaine. Les Kurdes exigent que toute élection comprenne un vote à Kirkouk, en dépit d’une opposition furieuse de la part de factions d’ethnie arabe et turkmène dans les régions du nord réclamées par la région autonome kurde. Il y a eu cette année plusieurs occasions où des troupes du gouvernement et des unités militaires kurdes en sont presque venues à se tirer dessus.

L’étendue de ces tensions concernant la manière dont seront partagés les postes de pouvoir et les privilèges entre élites sunnite et chiite, entre groupes chiites rivaux et entre la région kurde et le gouvernement de Bagdad, est telle qu’aucun accord n’a été conclu au parlement irakien sur la façon même dont les élections seront organisées. Il est quasiment certain que toute campagne électorale quelle qu’elle soit engendrera des violences et des fraudes significatives et pourrait déclencher une guerre civile ouverte.

Cette situation est en contraste criant avec les déclarations répétées de l’establishment américain selon lesquelles la forte augmentation des troupes (« surge ») opérée par le gouvernement Bush a été une réussite et que l’Irak est à présent sur la voie de la stabilité. Un exemple clair de cet aveuglement et de cette tromperie délibérée qui dominent a été publié dimanche par Thomas Friedman, chroniqueur au New York Times et partisan de l’invasion de l’Irak.

Dans sa chronique Friedman rêve d’un Barack Obama s’envolant pour Bagdad en 2012 pour « s’attribuer le mérite d’aider l’Irak à réussir à mettre un terme décent, bien que fort onéreux, à la guerre », si seulement les élections de janvier se passent sans heurt et mettent en place un gouvernement engagé dans « une réelle démocratie multi-confessionnelle ». Mais quelle est la réalité ? Pendant toute l’occupation, la tactique du diviser pour mieux régner, y compris le recours à la corruption des forces ethno-religieuses les plus vénales et corrompues ont été le moyen par lequel la résistance irakienne a été brisée et noyée dans le sang.

En 2003, le gouvernement Bush a consolidé le petit Etat kurde autonome du nord et a élevé les intégristes chiites à des postes de contrôle dans le gouvernement de Bagdad afin de gagner des collaborateurs locaux. Durant le « surge », des commandants de l’insurrection sunnite ont obtenu le contrôle de divers districts du pays ainsi que des dizaines de millions de dollars afin de faire cesser les attaques contre les soldats américains et de dénoncer ceux qui continuaient à résister. Dans les régions chiites, les dirigeants de l’Armée du Mahdi du religieux Moqtada al-Sadr ont aussi accepté de se laisser acheter et ont contribué à la destruction d’insurgés.

Le Wall Street Journal a ainsi carrément décrit la caractéristique du « surge » le 26 octobre: « Des forces conventionnelles américaines assignées à des quartiers et villages irakiens précis ont finalement réussi à développer des informations détaillées sur des leaders d’insurgés, de financiers et de combattants locaux. Ces informations ont ensuite été transmises aux unités de commando, tels les Navy Seals et la Force Delta de l’armée, qui ont éliminé des centaines de militants chiites et sunnites. »

Les opérations en Irak des escadrons américains de la mort ont été dirigées par le général Stanley McChrystal qu’Obama a nommé pour superviser le « surge » et d’autres programmes similaires de massacre de masse en Afghanistan. Il n’émergera aucune « démocratie multi-confessionnelle » de ces individus bourgeois qui ont contribué, pour leur propre avantage et intérêt matériels, à un bain de sang contre le peuple irakien. Au contraire, leur mise en avant de divisions ethno-religieuses seront exacerbées par le cauchemar social confrontant la population.

L’Irak, qui était jadis une société relativement développée, a été détruit et appauvri. 50 pour cent au moins de la population active n’a pas d’emploi régulier. La moitié seulement de la population a accès à de l’eau potable. Dans les quartiers pauvres de Bagdad et d’autres villes, les gens vivent au milieu des eaux d’égouts non traitées dans la rue avec accès à  peine à 10 heures d’électricité par jour. Selon les Nations unies, 60 pour cent des Irakiens vivent dans des habitations qui nécessitent « des restaurations majeures » du fait d’années de guerre.

La révolte politique contre cette situation couve, comme l’impérialisme américain ni aucun de ses collaborateurs locaux n’ont les moyens ni la moindre intention de les améliorer. Ces faits seront soulignés lors d’une élection au cours de laquelle on entendra des promesses démagogiques et fausses et rien de plus. Pendant ce temps, Maliki s’est rendu à Washington la semaine dernière pour participer à une « conférence d’investisseurs » où le principal ordre du jour était de proposer à la vente les vastes réserves de pétrole du pays à des entreprises étrangères pour qu’elles les exploitent et en tirent des profits.

Étant donné les tensions sous-jacentes et la volatilité de l’Irak, et la catastrophe en train de se dérouler en Afghanistan, aucun observateur sérieux ne peut exclure la possibilité que les attentats du week-end ne participent d’un effort, de la part des éléments les plus en faveur des États-Unis, de créer une « crise sécuritaire » qui pourrait servir à justifier le report, voire même l’annulation des élections.

 

Source : Mondialisation.ca

Le déclin précipité de l’hégémonie américaine

28 oct

Par Michael T. Klare

Les prédictions sur un probable déclin de l’hégémonie américaine sont récurrentes. La CIA elle-même s’était récemment livrée à cet exercice, prévoyant qu’à l’horizon 2025, le statut des USA serait révisé à la baisse et leur latitude d’action diminuée d’autant. Mais la crise économique a dramatiquement accéléré la marche de l’histoire. Lors de son audition par les sénateurs américains au printemps dernier, l’économiste Martin Wolf avait annoncé que la crise allait « porter un coup dévastateur à la crédibilité et la légitimité des États-Unis à travers le monde. » Aujourd’hui, les indices de cet affaiblissement sont déjà sensibles sur tous les fronts. Michael Klare en recense six, parmi lesquels le remplacement du G7 par le G20, la remise en cause du dollar, le rôle accru du groupe BRIC, le renforcement des liens entre l’Iran et la Chine, et le refus des alliés d’envoyer des renforts en Afghanistan. A ce catalogue il conviendrait d’ajouter le récent refroidissement des relations avec le Japon, sans oublier la nouvelle orientation de la Turquie, qui elle aussi resserre ses liens avec l’Iran et s’éloigne d’Israël. Bienvenue donc, dès aujourd’hui, dans ce nouveau monde des années 2025.

Fin de l'hégémonie américaine

TomDispatch

Note à l’attention de la CIA : Vous n’êtes peut-être pas préparés à voyager dans le temps, mais bienvenue quand même en 2025 ! Vos bureaux sont peut-être un peu exigus, vos droits à exiger de meilleurs locaux se sont sans doute évaporés, et les avantages annexes ne seront peut-être pas à votre goût, mais il faudra vous y habituer. Car telle sera désormais la réalité.

Trêve de plaisanterie. Passons maintenant à la version sérieuse de ce qui précède : En Novembre 2008, le National Intelligence Council (NIC), une branche de la Central Intelligence Agency, a publié le dernier rapport d’une série de publications futuriste, destinées à défricher le terrain pour la future administration Obama. Cette consultation de boule de cristal analytique s’est conclue par un rapport intitulé « Tendances mondiales 2025 », où l’agence prédit que l’hégémonie américaine tendrait à disparaître progressivement au cours des 15 prochaines années – parallèlement à la montée de nouvelles puissances mondiales, en particulier la Chine et l’Inde. Ce rapport examinait de nombreux aspects de l’environnement stratégique du futur, mais sa conclusion la plus remarquable – et qui a fait les unes – était celle d’une érosion à long terme de la domination américaine et de l’émergence de nouveaux concurrents mondiaux. « Bien que les États-Unis puissent rester l’acteur le plus puissant [en 2025] », constatait sans ambages cette étude, la « puissance relative – même dans le domaine militaire – diminuera et les moyens d’actions des USA seront plus limités. »

Ce rapport, appartient déjà au passé. Aujourd’hui, quelques 11 mois plus tard, les choses ont déjà changé. Ces prédictions futuristes devront être adaptées aux réalités rapidement changeantes de la situation actuelle. Bien qu’ayant été publié après le début de la crise économique mondiale, ce rapport a été rédigé avant que cette crise n’atteigne son maximum. Il affirmait donc que le déclin de la puissance américaine serait graduel, s’étendant au-delà de l’horizon de 15 ans qui était celui de l’étude. Mais la crise économique et les événements qui l’ont accompagné ont radicalement bouleversé ce calendrier. À la suite des énormes pertes subies par l’économie américaine durant l’année écoulée, et d’un redémarrage surprenant de l’économie chinoise, la transition des pouvoirs que ce rapport prévoyait s’est accélérée. Lorsque l’on examine les faits, cette année 2025 est déjà là.

De nombreux évènements prévus par le « Global Trends 2025 » se sont en fait déjà déroulés. Le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine – désignés collectivement par l’acronyme BRIC – jouent déjà un rôle beaucoup plus actif dans les affaires économiques mondiales, alors que le rapport prévoyait que cela ne serait le cas que dans une décennie ou deux. Dans le même temps, la position mondiale dominante auparavant monopolisée par les Etats-Unis avec l’aide des grandes puissances industrielles occidentales – le Groupe des 7 (G-7) – s’est déjà affaiblie à un rythme remarquable. Les pays qui autrefois demandaient conseil aux États-Unis sur les grandes questions internationales ignorent maintenant les recommandations de Washington et développent au contraire leurs propres réseaux politiques autonomes. Les États-Unis sont de moins en moins enclins à déployer leurs forces armées à l’étranger alors que les puissances rivales augmentent leurs propres capacités militaires et que les acteurs non étatiques recourent aux tactiques « asymétriques » pour contrecarrer l’avantage de la puissance de feu conventionnelle dont disposent les États-Unis.

Personne ne semble le dire haut et fort – pour le moment – mais exprimons les choses crûment : après que moins d’un an se soit écoulé sur les 15 années qu’analysait le rapport de la CIA, la période de la domination incontestée de l’Amérique sur le monde est arrivée à son terme. Cela pourra prendre une décennie ou deux (ou trois) avant que les historiens ne soient capables de porter leurs regards en arrière et de se prononcer avec certitude sur « le moment où les Etats-Unis ont cessé d’être la puissance dominante de la planète et ont été forcés de se comporter comme un acteur majeur parmi d’autres dans un monde où existent plusieurs grandes puissances rivales. » Cependant, pour les esprits observateurs, les indices de cette grande transition sont déjà visibles.

Six étapes vers un destin de nation ordinaire

Voici la liste de six événements récents qui indiquent selon moi que nous sommes entrés en « 2025 » dès aujourd’hui. Tous les six ont été rapportés par les médias ces dernières semaines, bien qu’ils n’aient jamais été mis en perspective tous ensembles. Ces six évènements (ainsi que d’autres, semblables) forment un motif : ils dessinent une nouvelle ère en formation.

1. Lors du sommet économique mondial de Pittsburgh, les 24 et le 25 septembre, les dirigeants des grandes puissances industrielles, le G-7 (G-8 si l’on inclut la Russie) ont accepté de transférer la responsabilité de la supervision de l’économie mondiale à un groupe plus vaste, plus ouvert : le Groupe des 20 (G-20), incluant la Chine, l’Inde, le Brésil, la Turquie, et d’autres pays en développement. Bien que des doutes aient été soulevés quant à la capacité de ce groupe élargi à exercer un leadership efficace au niveau mondial, il ne fait aucun doute que cette transformation signale un déplacement de la puissance économique dans le monde, de l’Ouest en direction de l’Est et le Sud. Ce déplacement entérine une baisse considérable de la prééminence économique américaine.

« La véritable signification du G-20 n’est pas celle d’un passage de relais du G-7/G-8 mais du G-1 : les États-Unis », a écrit dans le Financial Times Jeffrey Sachs de l’Université de Columbia. « Durant les 33 années du Forum économique du G-7, les États-Unis ont impulsé les décisions économiques les plus importantes. » Le déclin du leadership américain au cours de ces dernières décennies a été obscurci par l’effondrement de l’Union soviétique et par l’avance initiale acquise par les USA dans les technologies de l’information, note également Jeffrey Sachs, mais on ne peut plus désormais se méprendre sur cette transition du pouvoir économique des Etats-Unis en direction de la Chine et des autres locomotives des économiques émergentes.

2. Selon la presse, les rivaux économiques de l’Amérique ont tenu des réunions secrètes (mais pas tant que cela) afin d’étudier une réduction du rôle du dollar US – qui perd de sa valeur – dans le commerce international. Jusqu’à présent, l’utilisation du dollar comme devise internationale procurait aux États-Unis un avantage économique important : ils pouvaient simplement imprimer des dollars pour faire face à leurs obligations internationales alors que les autres pays doivent convertir leurs propres devises en dollars, ce qui entraîne souvent des surcoûts significatifs. Désormais, nombre de grands pays exportateurs – dont la Chine, la Russie, le Japon, le Brésil et les pays pétroliers du golfe Persique – envisagent l’utilisation de l’euro, ou d’un « panier » de monnaies pour leurs échanges commerciaux. S’il est adopté, un tel plan accélérerait la chute vertigineuse du cours du dollar et éroderait encore davantage l’influence américaine sur les affaires économiques internationales.

L’une de ces rencontres aurait eu lieu cet été lors d’un sommet des BRIC. Alors qu’il ne s’agissait que d’un concept il y a un an, lorsque le terme de BRIC a été inventé par l’économiste en chef de Goldman Sachs, le groupe des BRIC est devenu une réalité en juin lorsque les dirigeants des quatre pays ont tenu une session inaugurale à Iekaterinbourg, en Russie.

Le fait même que le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine aient choisi de se constituer en groupe a été considéré comme significatif, car ces pays rassemblent conjointement environ 43% de la population mondiale et devraient représenter 33% du produit intérieur brut mondial d’ici 2030 – à peu près autant que les États-Unis et l’Europe occidentale à cet horizon. Bien que les dirigeants du groupe BRIC aient décidé à ce stade de ne pas former un organe permanent comme le G-7, ils sont convenus de coordonner les efforts visant à développer des alternatives au dollar et à réformer le Fonds Monétaire International, pour que les pays non occidentaux y disposent d’une voix plus forte.

3. Sur le front diplomatique, les efforts de Washington pour obtenir le soutien d’une pression internationale accrue sur l’Iran afin qu’il mette un terme à son programme d’enrichissement d’uranium ont été rejetés par la Russie et la Chine. Un mois après que le président Obama ait annulé le projet de déploiement d’un système anti-missiles en Europe orientale, souhaitant apparemment obtenir le soutien russe sur une position plus dure envers Téhéran, les hauts dirigeants russes ont clairement indiqué qu’ils n’avaient aucune intention de cautionner un renforcement des sanctions contre l’Iran. « Les menaces, les sanctions et les pressions dans la situation actuelle, nous en sommes convaincus, seraient contre-productifs », a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergey V. Lavrov, après une réunion avec le secrétaire d’État Hillary Clinton à Moscou le 13 octobre. Le lendemain, le Premier ministre russe Vladimir Poutine déclarait que la menace de sanctions était « prématurée ». Étant donné les risques politiques qu’a pris Obama en annulant le programme de bouclier anti-missiles – une mesure largement condamnée par les Républicains à Washington – le refus rapide de Moscou de coopérer avec les Etats-Unis sur le dossier nucléaire iranien ne peut être interprété que comme un signe supplémentaire du déclin de l’influence américaine.

4. On peut tirer exactement la même conclusion après la réunion de haut niveau qui s’est tenue à Pékin le 15 octobre entre le Premier ministre chinois Wen Jiabao et le premier vice-président iranien, Mohammad Reza Rahimi. « Les relations sino-iraniennes ont connu un développement rapide, depuis que les dirigeants des deux pays ont de fréquents échanges et que la coopération dans le commerce et l’énergie s’est élargie et approfondie », a déclaré M. Wen, au Palais du Peuple. Intervenant à un moment où les États-Unis sont engagés dans une campagne diplomatique vigoureuse pour persuader la Chine et la Russie, entre autres, de réduire leurs liens commerciaux avec l’Iran, en prélude au renforcement des sanctions, cette déclaration chinoise ne peut être considérée que comme une nette rebuffade en direction de Washington.

5. Les tentatives de Washington pour obtenir un soutien international à l’effort de guerre allié en Afghanistan ont également rencontré des réponses étonnamment décevantes. Pour preuve, la manifestation de soutien réticent à l’effort de guerre américain du Premier ministre britannique Gordon Brown lorsqu’il a annoncé le 14 octobre que la Grande-Bretagne enverrait davantage de troupes pour renforcer le contingent britannique dans ce pays – mais seulement 500 de plus, et seulement si d’autres nations européennes augmentaient leur participation militaire, chose qu’il sait sans doute hautement improbable. Jusqu’à aujourd’hui, ce minuscule contingent provisoire représente le total des troupes supplémentaires que l’administration Obama a été en mesure d’obtenir de ses alliés européens, et ce en dépit d’une campagne diplomatique soutenue pour le renforcement de la force combinée de l’OTAN en Afghanistan. En d’autres termes, même l’allié le plus fidèle et docile des USA en Europe ne semble plus disposé à supporter le poids de ce qui est largement perçu comme une couteuse et épuisante aventure militaire américaine dans le Grand Moyen-Orient.

6. Enfin, en un geste dont la portée symbolique est frappante, le Comité International Olympique (CIO) a choisi d’ignorer Chicago (de même que Madrid et Tokyo) et désigné Rio de Janeiro pour la tenue des Jeux Olympiques d’été de 2016. C’est la première fois qu’une nation sud-américaine se voit décerné cet honneur. Avant le vote, Chicago était considérée comme un candidat sérieux, surtout depuis que Barack Obama, qui y a habité, s’était personnellement déplacé à Copenhague pour faire pression sur le CIO. Néanmoins, à la surprise générale, Chicago a non seulement perdu, mais a été éliminée dès le premier tour de scrutin.

« Le Brésil est passé d’un pays de deuxième classe à un pays de première classe, et aujourd’hui, nous commençons à être considéré avec le respect que nous méritons », a déclaré le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva, lors d’une célébration de la victoire à Copenhague après le vote. Durant ce processus de décision des Olympiades les États-Unis se sont vus sans ménagement et ostensiblement rétrogradés du rang de seule superpuissance à celui de compétiteur malchanceux, et ce moment symbolisait l’entrée de la planète dans une nouvelle ère.

Devenir un pays ordinaire

Ce ne sont que quelques exemples de développements récents qui me laissent penser que les jours de l’hégémonie américaine sont déjà arrivés à leur terme, des années plus tôt que les services de renseignement américain ne l’avaient prévu. Il est de plus en plus clair que d’autres puissances – même parmi nos plus proches alliés – poursuivent une politique étrangère de plus en plus indépendante, quelles que soient les pressions que Washington tente d’exercer.

Bien sûr, rien de tout cela n’implique que les États-Unis ne pourront pas conserver pendant un certain temps encore la plus puissante économie au monde et, en termes de capacité de destruction, la plus puissante force militaire. Néanmoins, il ne fait aucun doute que l’environnement stratégique dans lequel les dirigeants américains doivent prendre des décisions critiques, lorsque les intérêts nationaux vitaux sont en jeu, a changé de façon spectaculaire depuis le début de la crise économique mondiale.

Plus significatif encore, le président Obama et ses principaux conseillers commencent à contrecœur à remodeler la politique étrangère américaine en ayant à l’esprit cette nouvelle réalité mondiale. Cela paraît évident, par exemple, dans la décision de l’administration de réexaminer la stratégie américaine en l’Afghanistan.

C’est seulement en mars que le président a adopté une nouvelle stratégie de contre-insurrection en Afghanistan, consistant en un renforcement de la présence américaine sur le terrain, accompagné d’un engagement de longue durée pour gagner les cœurs et les esprits dans les villages où les talibans ont réapparu. C’est sur cette base qu’il a limogé le commandant en chef en Afghanistan, le général David D. McKiernan, pour le remplacer par le général Stanley A. Mc Chrystal, considéré comme un partisan plus résolu de la contre-insurrection. Toutefois, lorsque Mc Chrystal a présenté à Obama la facture de cette stratégie – 40 000 à 80 000 soldats supplémentaires (en plus des 20.000 et quelques renforts récemment déployés) – nombreux sont ceux qui ont pâli dans la garde rapprochée du Président.

Un tel déploiement coûtera non seulement des centaines de milliards de dollars au Trésor, ce qu’il peut difficilement se permettre, mais la pression exercée sur l’armée et le Corps des Marines peut devenir presqu’insupportable après ces nombreuses années de déploiements multiples et répétés et de stress en Irak. Ce prix serait plus tolérable, bien sûr, si les alliés de l’Amérique acceptaient de prendre une plus grande part de cette charge, mais ils sont de moins en moins disposés à le faire.

Les dirigeants de la Russie et la Chine ne sont sans doute pas entièrement mécontent de voir les États-Unis épuiser leurs ressources financières et militaires en Afghanistan. Dans ces circonstances, il n’est guère surprenant que le Vice Président Joe Biden, entre autres, préconise un nouveau tournant dans la politique américaine, avec une stratégie moins coûteuse de contre-terrorisme – plutôt que de contre-insurrection – qui viserait pour partie à démanteler Al-Qaïda au Pakistan – à l’aide de drones et des forces spéciales – au lieu de mobiliser de nombreuses troupes américaines (tout en laissant le niveau des forces en Afghanistan relativement inchangé).

Il est trop tôt pour prédire sur quoi va déboucher cette réévaluation par le président de la stratégie américaine en Afghanistan, mais le fait qu’il n’ait pas accepté immédiatement le plan Mc Chrystal et ait laissé libre cours à Joe Biden pour défendre sa position suggère qu’il puisse finir par comprendre ce qu’il y aurait de déraisonnable à accroitre les engagements militaires américains à l’étranger au moment où la prééminence mondiale des USA est sur le déclin.

On perçoit cette prudence d’Obama dans autres décisions prises récemment. Bien qu’il continue d’affirmer que l’acquisition d’armes nucléaires par l’Iran est inadmissible et que l’utilisation de la force pour l’en empêcher reste une option, il a clairement fait en sorte de réduire au minimum la probabilité que cette option – qui pourrait également être compromise par des « alliés » récalcitrants – soit jamais utilisée.

Par ailleurs, il a donné une nouvelle impulsion à la diplomatie américaine, en cherchant l’amélioration des liens avec Moscou et en permettant que soient repris les contacts diplomatiques avec des Etats précédemment considérés comme parias, tels la Birmanie, le Soudan et la Syrie. Cela reflète également la réalité de notre monde en évolution : la posture du « je vaux mieux que toi » et de l’intimidation adoptée par l’administration Bush envers ces pays et d’autres durant près de huit ans n’a que rarement permis d’obtenir quoique ce soit. On peut se représenter cela comme la reconnaissance implicite que les États-Unis sont descendus de leur statut de « superpuissance unique » de la planète à celui de pays ordinaire. C’est après tout ce que font les pays ordinaires : ils engagent des pourparlers diplomatiques avec les autres pays, qu’ils aiment ou non leurs gouvernements actuels.

Bienvenue donc, dans le monde de 2025. Il ne ressemble plus à celui de notre passé récent, lorsque les États-Unis dépassaient de la tête et des épaules toutes les autres nations, et ne convient qu’assez mal aux fantasmes de puissance mondiale nés à Washington depuis l’effondrement de l’Union soviétique en 1991. Mais c’est la réalité.

Pour beaucoup d’Américains, la perte de cette prééminence pourrait provoquer de l’inconfort, voire du désespoir. Mais d’un autre côté, il convient de reconnaitre les avantages qu’il y a à être un pays ordinaire, comme n’importe quelle autre nation : personne ne s’attend à ce que le Canada, la France ou l’Italie envoient 40 000 soldats supplémentaires en Afghanistan, en plus des 68 000 qui y sont déjà et des 120 000 hommes en Irak. Personne non plus ne s’attend à ce que ces pays consacrent 925 milliards de dollars sur l’argent des contribuables à cette fin – ce que coûtent ces deux guerres, selon le National Priorities Project.

Une question demeure : Combien de temps encore persistera à Washington le sentiment que les Américains peuvent se permettre de financer leur rôle mondial, avec le maintien de bases militaires sur une bonne partie de la planète et la poursuite de guerres lointaines au nom de la sécurité mondiale, alors que l’économie américaine perd autant de terrain face à ses concurrents ? Tel est le dilemme auquel le président Obama et ses conseillers doivent se confronter dans ce monde transformé de l’année 2025.

 

Source : Contre Info

Des guérillas ” accidentelles ” ?

28 oct

Par Stéphane Taillat

Dans l’imbroglio décisionnel que représente l’actuel débat sur la stratégie à adopter en Afghanistan au sein de l’Administration de Barack Obama, il semble que certains aspects soient peu ou pas discutés. C’est le cas surtout de la question des causes des insurrections dans le pays.

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Une nouvelle stratégie se dessinerait-elle?

Hier, des officiels proches du président américain ont décrit la nouvelle approche que pourrait prendre l’implication occidentale en Afghanistan dans les mois à venir. Rappelons en effet que depuis début Septembre et un rapport controversé du général McChrystal, l’Administration envisage plusieurs options pour poursuivre l’éradication des extrémistes d’Al Qaeda.

La première est la recommandation du général McChrystal d’augmenter les effectifs de 40 000 militaires américains afin de mettre en oeuvre une stratégie de contre-insurrection visant à séparer, par une présence permanente et des actions économiques et diplomatiques, la population des insurgés taliban. Plus précisément, il s’agirait de s’installer au coeur des zones contestés de la vallée de Helmand et des grandes villes afghanes, tout en accélérant la formation de l’Armée Nationale Afghane en la confiant à une brigade spécialement taillée à cet effet. Tactiquement, l’accent mis sur la protection de la population permettrait d’éviter les actions indiscriminées souvent commises lors des opérations visant la destruction des bandes rebelles.

La seconde vient du Vice-Président Joseph Biden qui propose une stratégie ciblée de contre-terrorisme visant l’arrestation ou la neutralisation des principaux responsables d’Al Qaeda et des mouvements taliban. Cette option reviendrait à n’accroître les forces sur place que de 13 000 militaires, essentiellement des forces spéciales. Son présupposé principal tient dans l’idée que les Taliban ne sauraient réellement revenir au pouvoir ou que, du moins, cela ne signifierait pas forcément le retour d’Al Qaeda. Par ailleurs, elle s’apparente beaucoup à la “doctrine de l’anticorps” développée par les généraux Abizaid et Casey au sujet de l’Irak en 2004-2006.

L’approche révélée hier ressemble à s’y méprendre à une option mixte: “du McChrystal pour les cités, du Biden pour le reste du pays“, comme le résume un des officiels anonymes cité par le New York Times. Le gouvernement entreprendrait de protéger 10 villes du pays par une présence permanente au plus près des populations, tout en maintenant une pression dissuasive sur la hiérarchie insurgée par des raids SF/Drones. Plusieurs interrogations demeurent. Tout d’abord, le général McChrystal n’a pas fait mystère qu’il emploierait les brigades supplémentaires dans le Sud et dans le Sud Est (Kandahar, “fief spirituel” des Taliban). Ensuite, il reste la question des zones agricoles d’Helmand et des axes de communication majeurs: s’agira-t-il d’un contrôle des axes ou d’un véritable “contrôle de surface de l’Afghanistan utile”? Bref, il s’agirait d’une stratégie qui avantagerait quand même l’option McChrystal (ou “contre-insurrectionnelle”) par rapport à celle du VP Biden (ou “contre-terroriste”), tout en poursuivant l’abandon de la politique couteuse et contre-productive des avant-postes (trop) isolés comme celui de Wanat.

Infection-contagion-intervention-rejet: le cycle vicieux des “guérillas accidentelles”

Toutefois, ces options ont un défaut majeur: elles sont avant tout des réponses techniques et non le fruit d’une véritable réflexion politique. Certes, on peut accorder à Stanley McChrystal de vouloir changer la manière dont les Américains conçoivent leur présence depuis 2001 (non plus une chasse à Al Qaeda mais une stabilisation de l’Afghanistan) et, par ailleurs, l’option de Joseph Biden contient en soi une réflexion sur le “pourquoi” de la présence américaine, la réduisant à une approche indirecte.

Cependant, si la seconde option est clairement marquée par ce que les Américains appellent le wishful thinking (puisqu’en effet l’approche “indirecte” repose sur des substituts afghans crédibles, légitimes et efficaces), la première est problématique car elle néglige un peu trop rapidement (du moins pour ce qui ressort du débat public bien sur) les causes des insurrections.

Un détour par la théorisation effectuée par David Kilcullen me semble utile à ce point de la réflexion. L’officier australien-anthropologue-conseillers spécial COIN y bâtit une réflexion qui a le mérite de la clarté à défaut d’avoir celle de la réelle originalité (même si on peut penser qu’il fait œuvre de sédimentation quand on voit le foisonnement et la dispersion de la littérature sur le sujet des “nouvelles guerres”). Il voit dans les guérillas d’Irak et d’Afghanistan la combinaison de 2 facteurs:

-une insurrection globale menée par une minorité d’extrémiste au sein d’Al Qaeda. Elle prône une vision théologico-politique (dans laquelle la religion est instrumentalisée à des fins politiques) que l’on pourrait qualifier “d’altermondialiste” car contestant la globalisation “occidentalo-centrée” qui serait en cours actuellement, touchant le monde arabo-musulman de plein fouet.

-des guérillas locales (parfois à l’échelle du patriotisme au sein d’une vallée) rejetant toute intrusion étrangère vue comme une perturbation grave des coutumes, des traditions et de l’ordre social. Ce sont les fameuses “guérillas accidentelles”.

Cette association fonctionne selon un cycle infection (cellules jihadistes)-contagion (attentats, montée en puissance, contestation des structures informelles de l’autorité)-intervention (occidentale ou menée par des alliés objectifs des Occidentaux)-rejet (car cette intervention suscite lesdites “guérillas accidentelles”). Selon ce modèle, la solution reviendrait à réconcilier les guérillas locales et à pourchasser les minorités extrémistes. Il s’agirait donc de nuancer entre les groupes insurgés et de mener une politique sélective d’alliances reposant soit sur la construction de la légitimité de la présence de la force, soit sur la conjonction ponctuelle d’intérêts communs entre les sociétés locales et les forces intervenantes.

Bien entendu, ce modèle mérite d’être passé au crible falsificateur des études de cas pour être affiné, modifié ou bien rejeté.

L’Afghanistan est-elle “gagnable”?

Dans l’option McChrystal, le modèle est ignoré en partie et repose sur un autre postulat: les populations locales cherchent aussi la sécurité, le bien-être matériel et une gouvernance légitime. Notons dès l’abord que ce n’est pas forcément incompatible avec un bien-être spirituel (respect des coutumes et des modes de vie). Par ailleurs, l’idée selon laquelle les populations seraient aliénées par les actions indiscriminées des forces occidentales est assez similaire à celle qui assimile lesdites forces à des corps étrangers. Mais elle s’en distingue par l’accent mis sur la qualité de la présence des militaires occidentaux au sein des population.

En réalité, l’option McChrystal semble donner une importance moindre au facteur du patriotisme local. C’est du moins ce qu’illustre la récente publicité donnée à la démission de l’administrateur civil américain de la province de Zabul. L’homme, un officier des Marines ayant combattu en Irak puis ayant été versé dans le corps des fonctionnaires du Département d’État -au sein  duquel il a dirigé des opérations de reconstruction en Irak comme en Afghanistan-, pose la question des objectifs politiques du président Obama. Bien plus, il insiste sur le facteur du patriotisme local pour dénoncer ce qu’il voit comme l’inanité d’une intervention aggravant encore plus le syndrome des “guérillas accidentelles”. Son évaluation, peut-être en partie influencée par une expérience traumatisante en Irak (c’est du moins ce que suggère l’article du Washington Post), repose sur les difficultés rencontrées dans cette province dans laquelle la centaine de groupes insurgés se bat pour des raisons micro-locales tout en étant financée par les Talibans. Pour faire court: comment protéger une population… contre elle-même?

Plusieurs conséquences découlent de ce qui précède:

-il est certainement plus efficace de nouer des alliances d’intérêts avec les détenteurs locaux du pouvoir plutôt que de chercher à “gagner les esprits et les coeurs des populations”. Cependant, c’est une solution éphémère qui nécessite de faire le lien avec le gouvernement afghan, qu’il s’agit de légitimer.

-s’interroger sur les causes des insurrections revient non seulement à identifier des griefs originaux mais aussi à retracer toutes les évolutions de ces derniers à partir des actions et réactions des multiples acteurs impliqués. Autant dire que cela demande du temps et beaucoup de renseignements.

-la question de l’option à suivre en Afghanistan est certainement essentielle, mais elle doit être relativisée. En effet, tout ceci apparaît plutôt comme une querelle interne complexe entre les divers acteurs américains concernés par le processus décisionnel. A tout prendre l’option McChrystal est plus réaliste sur le court terme mais ne résout pas le moyen ou le long terme. Le principal intéressé le reconnaît lui-même: ce n’est qu’une solution technique. Au fond, elles est certainement la plus compatible avec le modèle des “guérillas accidentelles”…. même si elle laisser courir le risque, en cas d’échec y compris local, d’une recrudescence de ces dernières.

 

Source : Allaince Géostratégique

La Somalie : on est inquiet

28 oct

Après plus de seize ans d’oubli international, le territoire somalien est l’objet de toutes les interrogations. Une situation humanitaire et sécuritaire désastreuse y règne depuis le départ des troupes de l’ONU en 1993, mais ce n’est que depuis les menaces de création d’un sanctuaire pour Al Qaida et des pirates que l’attention des États occidentaux s’est porté une nouvelle fois sur cet État oublié.

la Somalie le no man's land

La situation a commencé à se détériorer avec une sécheresse et une crise alimentaire durant l’année 1992. Une des dernières décisions de l’administration de Bush père a alors été d’y envoyer une expédition militaro-humanitaire, dénommée « Restore Hope ». La résultat de cette opération a été le désengagement total de la communauté des Etats de la région après la mort de plusieurs dizaines de soldats de l’ONU, dont, point culminant et décisif, la bataille ayant mené à la mort de 18 soldats américains dans une embuscade des combattants du clan Aidid.

Depuis cette période, et jusqu’en 2006, une situation chaotique, où des seigneurs de la guerre se partageaient le pouvoir, les armes, les (rares) rentes humanitaires et le contrôle de la population, des islamistes ont imposé des tribunaux islamiques, rétablissant l’ordre avec la Sharia, gagnant en popularité et , finalement prenant le contrôle d’une partie significative de la Somalie « italophone ».

Les accusations de l’administration de G.W. Bush ont alors fusé, basées sur des liens supposés avec Al Qaida , le tout nié par Sharif Mohamed, chef des tribunaux islamiques. Une attaque des troupes éthiopiennes, soutenues logistiquement par l’OTAN a alors envoyé les chefs des tribunaux islamiques en exil, leurs soldats dans une quasi-clandestinité dans le Sud de la Somalie.

Après un embourbement éthiopien relatif et une intervention militaire timide de l’Union Africaine, Sharif Mohamed et une partie de ses alliés ont alors décidé de négocier le fin de l’occupation éthiopienne et un retour à un Etat e, bonne et due forme. Une partie de la résistance, nommément le groupe islamique radical d’Al Shabab et le parti islamique ont refusé cet accord et ont décidé de lutter contre Sharif Mohamed malgré le départ des troupes éthiopiennes.

Tandis que les données médiatiques indiquent qu’Al shabab est lié à Al Qaida, le parti islamique a pour condition dans des négociation récentes le départ des troupes de l’UA afin de se rallier à Sharif Mohamed. Pendant ce temps, dans le Puntland (au nord de Mogadishio), des groupes de pirates de plus en plus audacieux attaquent les navires et les relâchent contre rançon, dans l’une des régions maritimes les plus fréquentées au monde (trafic Asie-Europe et trafic pétrolier vers l’Europe et les Etats-Unis).

Les liens entre pirates et Al Shabab semblent inexistant, les pirates étant dans une logique monétaire, dans le nord de Mogadishio et Al Shaba étant dans une logique politico-religieuse au Sud de la capitale.

Les perspectives de l’évolution de la situation vont du retour à un Etat accepté internationalement à une division en quatre (en incluant le Somaliland indépendant de fait depuis plus de dix à la pointe nord du pays, la région contrôlée par le gouvernement, les régions en lutte contre ce gouvernement et le Puntland sous contrôle des pirates) tandis que le scenario pessimiste est la prise de contrôle du pays par Al Qaida.

Deux questions toutefois : pourquoi absolument rien n’a été fait pour ce pays depuis 1993 ? Pourquoi avoir attaqué Sharif Mohamed en 2006 ?

Réfugiés ou déserteurs ?

28 oct

FRANCE-UK-IMMIGRATION-CALAIS

Jean-Dominique Merchet, sur son blog Secret Défense, se fait écho des réactions d’officiers généraux en deuxième section face à la polémique suscitée par l’expulsion hors du territoire français de civils afghans en situation irrégulière. Il convient avant de lire ce qui va suivre de prendre au préalable connaissance de ces déclarations.

Sans rentrer en aucune manière dans la polémique en ce qui concerne la pertinence ou non de l’expulsion de ces personnes, il semble donc important de revenir sur les propos tenus à l’égard de ceux-ci par plusieurs généraux (2S), et ce de la manière la plus apaisée possible. Ceux-ci, en substance, font reproche aux réfugiés afghans d’avoir fui un combat juste pour leur pays en préférant à celui-ci le confort matériel de la société occidentale. Nous nous permettons de manifester notre désaccord sur le fond comme sur la forme quand à ces déclarations. Sur la forme d’abord. Ces propos manifestent certes l’empathie légitime et louable que ressentent ces grands soldats à l’égard de leurs frères d’armes de tous grades engagés dans une lutte difficile en Afghanistan, à laquelle nous nous associerons toujours ici. Cependant, à notre sens ils ne contribuent pas à apaiser le débat; au contraire ils attisent une polémique dont il serait préférable de faire l’économie, puisqu’elle masque les véritables questions que soulève la présence de réfugiés afghans sur le territoire français. Ces questions de fond sont donc également une cause de désaccord. Que l’ensemble des volontés et des énergies soit nécessaire pour accomplir l’objectif d’un Afghanistan en paix et prospère, on ne peut que le souhaiter. Que cet objectif doive en premier lieu être poursuivi avec toute l’énergie possible par les Afghans eux-mêmes, il s’agit là également d’une conviction. Mais que l’on puisse en conclure que tout Afghan ne prenant pas part au combat contre les Talibans est un lâche ou un traître, nous ne l’admettrons pas. Il ne s’agit pas ici de bien-pensance, à laquelle nous ne pensons pas avoir habitué le lectorat de ce blog. Cet avis est au contraire fondé sur un ensemble de raisons qui relèvent à la fois du pragmatisme et de l’éthique, par opposition au jugement moral dont ces déclarations relèvent.
La première de ces raisons est pratique. Quel que soit le conflit, et quel que soit le pays concerné, il est illusoire d’espérer que l’intégralité d’une population soit disposée à faire le sacrifice suprême, et ce quelle que soit la justesse de la cause. Sur ce point aucun pays ne nous semble en mesure de donner des leçons. Une seconde raison d’objecter à un tel jugement est que les personnes concernées ne sont pas des soldats. Cet état de fait à plusieurs conséquences. La première est bien évidemment que des civils ne peuvent être considérés comme des déserteurs, statut qui est celui d’un soldat qui quitte son poste de manière non autorisée. La seconde est liée au droit international, et au statut que celui-ci accorde aux réfugiés de guerre. L’attribution de ce statut n’est fondée que sur la réalité de la menace sur la vie d’un individu qui le revendiquerait, et non sur son aptitude ou non à participer à la lutte en cours dans son pays. Ici il nous semble que le jugement moral ne devrait pas entrer en ligne de compte. Si tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droits, un lâche a autant le droit au statut de réfugié que le plus courageux des hommes, que cela nous plaise ou non. Mais la dernière, et la plus importante, des raisons pour laquelle nous objectons au jugement porté est éthique. Notre engagement en Afghanistan, dit le général Le Borgne, n’est pas tant lié à notre propre défense qu’à celle du peuple – des peuples – d’Afghanistan. Soit. Mais dans ce cas, dès l’instant où le premier soldat de l’OTAN a posé le pied en Afghanistan, nous nous sommes implicitement engagés à protéger les citoyens de ce pays des menaces qui pèsent sur eux. Que ce conflit engendre des réfugiés de guerre témoigne de notre incapacité jusqu’à présent à remplir cette mission parmi les plus sacrées du soldat, qui est la protection de l’innocent. Cette protection ne peut être que désintéressée, et de ce fait il ne nous appartient pas de juger de l’attitude de ceux que nos soldats protègent au péril de leur vie. Et ce n’est pas en stigmatisant le(s) peuple(s) d’Afghanistan que nous obtiendrons qu’ils soutiennent l’action de la coalition présente en Afghanistan et s’engagent à ses côtés. Au contraire, c’est en faisant preuve d’empathie et de tolérance, et par notre force de conviction – qui ne peut s’appuyer que sur le respect d’une éthique irréprochable – que nous serons en mesure d’emporter l’adhésion. La directive McChrystal ne dit, en réalité, pas autre chose.
En nous engageant en Afghanistan, et quelque puissent être nos arrière-pensées actuelles, nous avons pris un engagement auprès de la population de ce pays. Cet engagement est à sens unique. Si nous voulons que les Afghans où qu’ils soient s’engagent à nos côtés, porter un jugement moral sur leurs décisions que l’on peut imaginer difficiles – quel que soit le confort matériel de nos sociétés, il ne remplace pas la proximité des êtres chers – ne nous semble ni pertinent ni digne de la hauteur de vue que l’on peut exiger d’hommes tels que les généraux ayant pris position. Oui, il faut que les Afghans se battent s’ils veulent construire un pays digne d’eux. Mais dès lors que nous nous sommes engagés en Afghanistan de notre propre initiative, nous avons obligation d’au minimum faire preuve d’empathie à l’égard de ceux chez qui aujourd’hui nous livrons une guerre dont ils sont avant même nos soldats les premiers à pâtir. Il ne s’agit pas de tomber dans une victimisation d’autant plus abjecte qu’elle ne dissimule souvent que la lâcheté de ceux qui tiennent un tel discours, et encore moins d’inciter à l’abandon ou au manque de courage. Mais avant de juger autrui rappelons-nous que, une fois que tout est dit, la grandeur ne réside pas dans la droiture de notre morale mais dans la justesse de nos actes. Que ceux qui n’ont jamais péché jettent les premières pierres. Pour ma part, je crois qu’en la circonstance un peu de retenue ne serait pas de trop.

 

Source : la Plume et le Sabre

Tous espionnés, tous fichés

27 oct

Les agences américaines de renseignement veulent se donner des moyens plus puissants qu’actuellement pour espionner les sites, les blogs, les emails et les messages Twitter, ainsi que les livres et autres documents commandés aux éditeurs en ligne.

IN-Q-TEL CIA

A cette fin, le fonds de financement de la CIA In-Q-Tel vient de mettre des capitaux dans la firme Visible Technologies, qui s’est  spécialisée dans la surveillance des réseaux sociaux et du web 2.0. Il s’agit d’informations classées dans la catégorie de l’ open source intelligence. Ce terme désigne des informations pouvant être « sensibles » librement accessibles sur le web mais cachées en fait sous l’avalanche des textes et images dorénavant générés par des centaines de millions d’internautes.

La firme Visible Tech. explore actuellement 500.000 sites du web 2.0 par jour, auxquels elle ajoute plus d’un million de messages et de conversations provenant des blogs, forums en ligne, Flickr, YouTube, Twitter et Amazon. Pour le moment elle ne s’intéresse pas (en principe) aux réseaux sociaux fermés, tels que Facebook ou Meetic.

Les abonnés aux service de Visible Tech reçoivent en temps réel des résumés synthétiques de ce que contiennent ces sources, obtenus à partir d’une série de mots-clefs. C’est la première phase de la démarche, résumée ainsi par le patron de la firme : Get in and monitor. Mais les phases ultérieures consistent  à évaluer chaque message, en les classant dans des catégories telles que positif, négative ou neutre, au regard d’un certain nombre de critères choisis par la compagnie ou demandés par les clients. Il s’agit en particulier de déterminer l’influence que peut avoir un message ou un auteur.

Pour In-Q-Tel, il s’agira de déterminer les tendances s’exprimant sur les réseaux sociaux à l’étranger, et prévenir les services des enjeux et des influences s’y exerçant, afin de mieux pouvoir surveiller les sources. 

Bien évidemment, l’espionnage pourra aussi s’exercer aux Etats-Unis même. Il ne s’agira que de l’extension « politique » de pratiques déjà abondamment utilisées par des firmes comme Dell, AT&T, Verizon et Microsoft pour apprécier leur impact auprès des clients et acheteurs éventuels.

La “Federation of American Scientists” souligne en s’en inquiétant que ces pratiques peuvent être utilisées et leurs résultats revendus au profit de particuliers, organisations politiques, églises et sectes. Pour la Fédération, elles devraient être interdites, même si les données sont juridiquement à la disposition de tous sur le web.

Dans les Etats européens, rien n’empêchera évidemment les gouvernements, services de renseignements, entreprises et particuliers de s’adresser à Visible Tech. ou aux entreprises qui pratiquent déjà ou pratiqueront ce genre d’espionnage. On ne voit pas exactement sur quelles bases juridiques interdire de telles pratiques.  A supposer que des interdictions soient établies, elles pourront facilement être tournées.

Faut-il verser dans la paranoïa et en conclure que les entreprises et les particuliers souhaitant échapper aux investigations devront en revenir aux services postaux traditionnels (voire) ?  Il ne suffira pas en effet pour être tranquille de s’obliger à ne plus parler que de la pluie et du beau temps sur le web. Aux yeux des inévitables Big Brothers qui vont proliférer, de tels propos eux-mêmes, convenablement manipulés, peuvent suffire à faire de chacun un suspect. Le malheureux sera ensuite classé dans des fichiers ad hoc, ce qui permettra aux pouvoirs de s’assurer à l’avance de sa servilité.

Source : Europe Solidaire

La Corée du nord, un État d’un autre âge ?

27 oct

La Corée du nord apparaît souvent comme un Etat d’un autre âge, atypique dans le monde actuel. Pourtant, au-delà de son archaïsme, ce régime autoritaire se maintient grâce une politique alliant le soft et le hard power. En quelques mots, je propose de mettre en relief certains points de la stratégie de cette Corée du nord, peu connue et souvent agressive.

Corée du Nord

La Corée du nord, un héritage anachronique du XXème siècle

La Corée du nord est tout d’abord le dernier régime stalinien de la planète. Chose plus cocasse, le régime, sensé être une émanation du peuple, est devenu héréditaire. Pourtant, selon sa constitution, la République populaire démocratique de Corée (RPDC) est un État socialiste souverain qui représente les intérêts de tout le peuple coréen – y compris au sud.  Début 2009, Kim Jong-Il, le numéro un nord-coréen qui a succédé à son père Kim Il-Sung en 1994, aurait désigné Jong-Un, son troisième fils pour prendre sa succession. Il serait sous l’influence de Jang Song-Taek, son beau-frère et responsable du parti communiste qui contrôle l’armée et la police depuis 2007. A 26 ans, Kim Jong-un, le troisième fils de Kim Jong-Il, d’ores et déjà été promu à la tête des puissants services secrets. Le hasard ou la vertu ne sont pas pour grand-chose dans cette nomination.

Face à sa sœur ennemie du sud avec laquelle elle est toujours en guerre, la Corée du nord entretient une armée pléthorique et imposante, sur le papier. L’Armée populaire de Corée, cinquième armée du monde en effectif – et non en efficacité, disposerait de 1.100.000 militaires d’active et de 4.700.000 réservistes. Cette armée s’étend sur l’ensemble du territoire et en particulier le long de la zone démilitarisée qui la sépare de la Corée du sud. La marine alignerait 650 navires dont 3 frégates et 23 sous-marins et l’armée de l’air disposerait de 1.600 appareils, peu modernes pour la plupart. Ce pays disposerait, depuis 50 ans, d’un programme d’armes chimiques. Selon des députés sud-coréens, il aurait entre 2.500 et 5.000 tonnes d’agents chimiques militaires. En outre, il posséderait 13 sortes de virus et de bactéries, à utiliser dans le cadre d’une guerre bactériologique, dont des souches du choléra, de la fièvre jaune, du typhus ou de la dysenterie.

Par ailleurs, la Corée du nord a oublié les droits les plus élémentaires de ses habitants. Elle entretiendrait toujours des camps de prisonniers politiques. Selon un député sud-coréen, M. Yoon Sang-Hyun, la Corée du nord détiendrait environ 154.000 prisonniers politiques, retenus dans six camps de travail, répartis sur son territoire. Ils n’auraient pas eu de procès et pour la grande majorité, ils purgeraient des peines de prison à perpétuité. Le régime de travail serait très éprouvant et la nourriture serait plus que comptée. Le crime « contre le régime » resterait donc traité dans des camps, version locale du goulag, dans lesquels la torture, le viol ou l’exécution publique ne seraient pas exceptionnels. Récemment, des soupçons d’eugénisme pesaient également sur ce pays. Selon Amnesty international, près d’un million de personnes seraient décédées des suites de graves pénuries alimentaires, depuis le milieu des années 1990. Des millions d’autres habitants souffriraient de malnutrition chronique en raison d’une économie en faillite et de la fermeture du pays aux organisations internationales et non-gouvernementales. Malgré le risque de peine capitale, par milliers, les Nord-Coréens continuent donc de gagner la Chine voisine qui fait figure d’Eldorado.

La Corée du nord apparaît comme une dictature surannée et surréaliste mais il ne faut pas s’y tromper. Les politiques nord-coréens ont une véritable stratégie, adaptée au monde actuel, à leurs objectifs et à leurs moyens. 

La Corée du nord, un Etat « voyou » qui développe une stratégie efficace (smart power)

La RPDC cherche des attributs de puissance qui lui permettent de faire perdurer le régime et surtout ses dirigeants. Le développement de l’arme nucléaire et de technologies de missiles balistiques illustrent la volonté de puissance de cet Etat. Elle a effectué de nombreux tirs de missiles au printemps 2009 et, le 25 mai, a procédé à son deuxième essai nucléaire. Condamnée par les résolutions 1718 (2006) et 1874 (2009) du Conseil de sécurité des Nations unies, la Corée du nord reste hermétique aux injonctions de la communauté internationale. Les pourparlers diplomatiques à six – Chine, Russie, Corée du sud, Corée du nord, Japon et Etats-Unis – sont presque au point mort. Cette stratégie lui permet de peser sur la sécurité de la région et d’échanger cette sécurité contre des avantages politiques ou plus prosaïquement une aide humanitaire.

Pyongyang semble avoir investi des « nouvelles formes de guerre ». Les sites Internet de la présidence sud-coréenne, du ministère de la Défense, du ministère des Affaires étrangères, de certaines banques et de plusieurs portails ont subi le 6 juillet d’importantes perturbations simultanées. Vingt-cinq sites dont ceux de la Shinhan Bank et de la Korea Exchange Bank ont été touchés. Ils auraient subi une attaque informatique coordonnée, pendant de nombreuses heures. La KISA, l’Agence coréenne de la sécurité de l’information, a affirmé qu’il semblait s’agir d’attaques massives et ciblées de type dit de DDoS, ou « déni de service distribué ». Le NIS, service de renseignement sud-coréen, a aussi laissé entendre que cette attaque aurait pu être orchestrée par la Corée du Nord ou certains de ses partisans, selon député sud-coréen. La cyber-attaque permet de mettre la pression sans être forcément un casus belli. La RDPC a également utilisé l’arme environnementale contre son voisin du sud. Selon le ministre de l’Unification, le 6 septembre 2009, M. Hyun In-Taek, la RDPC aurait lâché intentionnellement 40 millions de mètres cube d’eau et provoqué une crue sur le fleuve Imjin, en Corée du sud. Le bilan fut de six morts et de trois disparus. La Corée du nord a mis plus d’un mois pour exprimer ses « regrets ».

Pyongyang s’appuie sur la force, plus ou moins brutale, mais aussi sur un réseau d’alliances et des actions diplomatiques. Depuis la signature du Traité d’Amitié, de Coopération et d’Assistance Mutuelle, en 1961, la Chine soutient le régime nord-coréen, au plan économique mais aussi politique. C’est un des rares pays à avoir une réelle influence sur les dirigeants de la RDPC. La Russie a également resserré ses liens avec la Corée du nord depuis 2000. Elle adopte, sur nombre de sujets, une neutralité bienveillante. La RDPC entretient des relations étroites avec des pays « marxistes » : Laos, Vietnam et Cuba. Par ailleurs, le développement du dialogue intercoréen, crée en 1972 et intensifiée depuis 2000, permet de disposer d’un levier politique envers la Corée du sud, bien plus puissante économiquement et militairement. Des officiels de haut rang des deux Corées se seraient rencontrés récemment à Singapour, dans le plus grand secret. M. Kim Yang-gon, chef du département du Front uni du Parti des travailleurs et M. Won Dong-Yeon, directeur du comité pour la paix de l’Asie-Pacifique, auraient représenté Pyongyang pour la préparation d’un sommet avec Séoul. Néanmoins, la question de la réunification demeure entière.

En définitive, la RDPC survit grâce à une stratégie diversifiée, s’appuyant sur des facteurs de puissance et d’influence militaires, diplomatiques et politiques plutôt classiques. Elle ne semble pas négliger des formes d’actions plus asymétriques, comme les cyber-attaques ou l’utilisation de « l’arme environnementale ».

Il convient tout de même de noter que ce régime est fragile et que la succession de Kim Jong-Il pourrait être problématique, au plan sécuritaire. Vingt ans après la chute du mur de Berlin, il reste à espérer que le peuple nord-coréen puisse bientôt vivre correctement et que la réunification coréenne se déroule pacifiquement, à l’instar de l’exemple allemand.

 

Source : Alliance Stratégique

De la chute du système à la fin de l’humanité

26 oct

Par Saïd Ahmiri

la spirale de la violence

La léthargie du monde

De nos jours, dans un contexte où l’on parle beaucoup d’extrémisme religieux, de guerre des religions, de terrorisme et de choc des civilisations, alors que la démocratie s’enfonce inéxorablement dans un nouveau siècle d’obscurantisme, de disgrâce de l’intelligence et de crescendo de la violence dictés par une oligarchie qui tend à devenir un système élitiste exclusif aux initiés des arcanes du pouvoir de plus en plus enclin aux cabales des sociétés secrètes, une question taraude l’esprit : ” Que représente réellement la valeur d’une vie humaine aux yeux des téléspectateurs ? ” Ces mêmes téléspectateurs lobotomisés par des générations de navets hollywoodiens à qui la vue du sang des vraies victimes innocentes des luttes armées du pouvoir, aperçues pendant quelques secondes à peine au journal télévisé, est littéralement devenue un spectacle d’une effarante insignifiance, un banal fait divers. Plus de réactions émotionnelles, ni de pitié, que du mépris, un manque d’empathie à l’égard des souffrances d’autrui et l’absence quasi complète de sensibilisation entraînant presque une sociopathie passive. Un prosaïsme notoire qui sans s’en apercevoir bouleverse d’une manière insidieuse les normes des moeurs et accentue l’apathie devant lessociété sociopathe innombrables massacres perpétrés pour diverses et absurdes raisons politiques tandis que le progrès scientifique en deux siècles a prodigieusement amélioré les conditions de vie. Un progrès réservé à une minorité. Le facteur économique étant de toutes les absurdités la plus incohérente de leurs aspirations chimériques d’un monde de paix, d’égalité entre les hommes et de fraternité entre les ethnies alors que des guerres éclairs éclatent un peu partout, Gaza, Georgie, Irak, Kivu, Liban, Tchétchénie, Waziristan ne laissant que désolation et d’autres conflits qui s’éternisent, Afghanistan, Darfour, Kurdistan, Ogaden, Somalie entrainant des flots massifs de réfugiés. Personne ne parle jamais des richesses qui sont faites sur les cadavres de ces belligérances contemporaines. La culture de l’indifférence a pris le pas sur la recherche de la vérité puisque le système nous a appris à ignorer leurs souffrances. Le pouvoir a suscité, suscite et suscitera sans doute toujours les injustices en galvanisant les ambitions voraces en guise de signes avant-coureurs à la haine meurtrière d’un seul individu sur tout le groupe. Il parait que la réalité commence là où s’arrête la fiction mais où se situe dès lors la frontière quand la réalité vaut ou va bien au-delà de la fiction ? Voulu délibérément par une machination diabolique, le véritable sens du mot « humanité » ne signifie pratiquement plus rien pour les ahurissantes masses abruties, sourdes, muettes et aveugles, pauvres alcooliques, dépendants des jeux d’argent, délinquants drogués et irresponsables bourgeois, tous et toutes trop préoccupés par les petits soucis de leur misérable vie insignifiante au regard des oligarches. Et au facteur de grave méconnaissance des cultures de son prochain totalement ignoré par l’éducation nationale autant que l’indifférence générale de la flegmatique espèce humaine pour une autre communauté que la sienne, qui se caractérise essentiellement par le manque flagrant d’activité pour stopper les rivières L'être humain est-il devenu une marionnette ?pourpres de s’écouler, se rajoute la disparition de la compassion marquant l’une des rares qualités de la nature humaine. Le comble de l’être humain est d’être inhumain, et par là, je rajouterai même que l’on ne nait pas humain, on le devient. Lorsque l’égo se travestit de strass et paillettes pour ressembler aux stars du show business, on n’est pas une réelle victime persécutée par la société cosmopolite mais ni plus ni moins qu’un vulgaire robot consommateur conditionné à ressembler à ses maîtres d’apparat du star system Britney Spears, 50 Cent et Tom Cruise, une déplorable marionnette articulée pour obéir à la volonté des magnats et des monarques de ce monde léthargique dont son espèce dominante auto-destructrice a cessé de vivre. Elle ne cherche plus qu’à survivre à l’égard de ses passions à assouvir.

Le berceau des illusions

Fondé sur les mécanismes du mensonge et de la domination, le système n’enseigne pas le Bien. Ce n’est pas son but. Subversif, le système banalise le Mal en nourissant la corruption de l’âme végétative par l’hédonisme. Cette tendance croissante et décadente à rechercher le maximum de satisfactions charnelles, matérielles ou virtuelles. Des jouissances éphémères dans la forme mais dans le fond n’ayant que l’aspect tout au plus de futilités précaires pseudo existentielles vendues à grands coups de slogans publicitaires par les mass médias mercantiles.l'endoctrinement de la soumission Un matraquage audiovisuel de désinformation quotidien stimulant le subconscient de souillures déficientes en dissimulant les artifices d’un pervers endoctrinement de soumission que j’ai déjà abordé, parmi tant d’autres internautes engagés, dans un précédent billet [1]. Sous embargo à la télévision comme à la radio, parler de la réalité fracassante des échecs du système est un tabou. L’auteur en inspirant d’emblée à une vision pessimiste de la vie, un misanthrope aussitôt catalogué de conspirationniste, négationniste, révisionniste, pendant que les méprisants dirigeants des gouvernements occidentaux se hasardent à moraliser leur auditoire, osent nous bassiner entre deux sourires Colgate, en chantant les louanges de leur nation défendant les inaliénables droits d’expression et d’opinion tout en les comparant à des régimes dictatoriaux d’Afrique, du Moyen-Orient ou d’Asie que leurs prédécesseurs putschistes ont mis en place. Leur charisme n’a d’effet que le poids de leur zèle à appliquer la constitution sans ambrages. « La démocratie, c’est la dictature de la loi. » pour citer Vladimir Poutine et pour donner des leçons, l’Occident détient la palme d’or car en fouillant dans ses placards on peut très vite se rendre compte de l’envers du décor. Du sang sur les mains de ces clones de leaders politiques occupant la scène internationale depuis maintes décades. Ne fut-ce que recourir à des mercenaires pour règler incognito des situations critiques afin que l’administration ne soit pas entachée d’accusations freinant leur agenda, culpabilisée d’éventuels dommages collatéraux sur les civils, en dit long sur leurs intentions aussi mafieuses que ténébreuses [2]. Là où en toute logique il devrait y avoir de la transparence pour permettre aux concitoyens de juger les actes des hommes d’état, les baisers de Judas l’emportent sur la vérité et les valeurs de la démocratie sont bafouées par I say obey !leurs plus hauts responsables ayant juré de les défendre qui entre les considérations personnelles et les spéculations incensées, leurs minables tentatives d’explication donnent d’avantage de crédit aux théories du complot dans les plus grandes affaires de ce nouveau millénaire. Cacochyme pour les uns, en proie au népotisme pour certains et trop orgueilleux pour tous les autres, ces magnats et monarques perdus dans les extravagances d’un idéal narcissique de toute-puissance savent avec pertinence que la majorité de leur clientèle ou de leur électorat ne songe qu’à la seule prospérité de leur bien-être, le souhait égoïste d’une existence confortable vouée à la tranquillité, d’où cette raison indubitable de les bercer d’illusions. Une considérable pondération qui n’a de cesse de creuser le gouffre entre la politique et la population, entre les riches et les pauvres. Consommez, votez et payez vos impôts, le système veille sur vous.

Corporatisme et cosmopolitisme

Pour en revenir à ce « lavage de cerveau au nom de la liberté » d’après Noam Chomsky qui se révèle indispensable lorsque l’information propagandiste sert à répandre des faussetés à propos des ennemis de l’ensemble des démocraties libérales pour favoriser l’opinion publique en lui ôtant toute transparence, on peut apercevoir la gravité du caractère machiavélique de ces agissements dans l’ombre, ainsi justifiés et justifiables pour la cause. Un exemple tacite de la déshumanisation du système, la torture dite « techniques d’interrogatoires cruelles » dans les goulags d’Abou Ghraib en Irak, Bagram en Afghanistan, Guantanamo sur l’île de Cuba [3], celle que subit le million de nord-coréens en prison dont personne ne parle [4] et le 1,3 million de la Statue de la Tortureprisonniers chinois [5]. Pour les droits-de-l’hommistes et les utopistes frappés de cécité, il est tout bonnement révoltant, incroyablement inconcevable, d’encore parler de torture au XXIe siècle après la somme de tous les récits sanguinaires du temps des invasions barbares que l’on trouve à la bibliothéque, sur Encarta ou Wikipedia, les fresques dans les musées, toutes ces atrocités commises pendant les trois inquisitions de l’Église catholique romaine et plus près de nous, les camps de la mort de la Seconde Guerre Mondiale. Cette cécité est la preuve flagrante du décallage de la réalité entre la société déshumanisée et le système tortionnaire. Comme l’affirmait Hegel : « La seule leçon que l’on peut retenir de l’histoire est que les hommes n’ont jamais retenu aucune leçon de l’histoire. » Ce n’est pas prêt de changer. Telle que la diabolisation de l’Islam, les rumeurs infondées pour engraisser une idéologie servent avant toute chose les intérêts économiques des alliés de ces obscurs prêcheurs, à la langue de bois, du libre-échange alias « le capitalisme du désastre » selon Naomi Klein en ces termes de globalisation du commerce et de la finance dont la Banque mondiale (BM) et le Fonds monéitaire international (FMI) font figure d’organisations si respectueuses. La majorité des gens n’ont pas idée de combien la guerre peut être une entreprise très lucrative. Un schéma quasi friedmanien en trois étapes :

  • la privatisation des secteurs grâce au néo-libéralisme canonisé par l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
  • la destruction des villes sous un tapis de bombes Raytheon.
  • la reconstruction de nouveaux lotissements de haut standing par la compagnie Halliburton comme l’enclave « Zone Verte » de Bagdad.

Bien que cela ne soit pas notre sujet principal, je m’attarderai un petit peu plus avant de refermer cette parenthèse sur ces institutions spécialisées de l’ONU sous influence de l’Occident – Selon les règles, le directeur de la BM est toujours un américain et le directeur du FMI est FMI-USAtoujours un européen défavorisant ainsi les autres grands pays du monde tels le Brésil, la Chine ou l’Inde -. Car on ne le répétera jamais assez qu’en avant-plan du système monétaire international ces trois acteurs du néo-colonialisme économique, la BM, le FMI et l’OMC, sont les obstacles majeurs empêchant de nombreux pays du Tiers-Monde d’éponger leur dette afin de se sortir de la pauvreté imposée par des régimes dictatoriaux aidés des seigneurs de la guerre armés par la Russie, les États-Unis et l’Union européenne sur le podium des pays exportateurs d’armes – Selon l’ONG Oxfam, 640 millions armes légères sont disséminées à travers le monde (une pour dix personnes). La production de cartouches militaires est de 14 milliards par an (deux pour une personne). – alors que les vrais dictateurs, nous le savons, vivent bien au-delà des frontières de ces pays en voie de développement. « En Amérique centrale et en Amérique du Sud, de telles politiques furent conduites au nom de la sécurité nationale, avec le soutien actif des États-Unis auprès de forces armées dédiées au maintien de la sécurité intérieure. (…) Certaines campagnes militaires intrusives, comme les invasions du Timor oriental par l’Indonésie, de l’Angola, de la Namibie et de l’Ouganda par l’Afrique du Sud, ou de l’Iran par l’Iraq, conduisirent également à un endettement extrême. » Wikipedia. Nous sommes bien loin de l’humanismeNWO - New World Order - Nouvel Ordre Mondial philanthropique de Bill Gates et du patriotisme américaniste de George W. Bush mais nettement plus proche du cosmopolitisme expliquée par les philosophes David Held ou encore Emmanuel Kant ayant déjà proposé à leur époque leur vision d’un Nouvel Ordre Mondial. Un système transnational au niveau institutionnel prônant la rupture avec le nationalisme tout en désignant un rêve thétique d’unification mondiale des institutions économiques, politiques, linguistique, juridique et religieuses. La Banque mondiale, le FMI et l’OMC sont ces sinistres archétypes planétaires au service d’un seul et unique système global.

Le paradoxe de l’universalité

Perfide, le système aspire à l’individualisme compétitif, au repli sur soi dans une course contre les autres, à être sans relâche sur ses gardes, à basculer dans l’anonymat de peur d’être blessé psychologiquement, à être constamment sous-estimer sauf que dans cette optique de rabaissement, le vrai danger vient surtout du fait de l’accepter ce qui équivaut à se sous-Violence_2_by_Fredhestimer soi-même. La perte d’amour-propre impose alors le port d’un masque pour cacher sa souffrance aux proches ainsi qu’à l’indifférence d’autrui continuant ainsi d’alimenter le malaise qui ronge de l’intérieur. Pour s’en sortir, trop se nourrir d’espoir peut provoquer des effets secondaires lorsque les aspirations se traduisent par de longues périodes d’attente qui ne se termineront jamais ou qui résulteront sur de mauvaises surprises. Paradoxalement, il en va de même que pour le désespoir capable d’apporter de la clarté dans les pensées alambiques là où l’être humain ne s’y attendait vraiment pas. « Et la lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres ne l’ont point comprise. » Bernard Hoepffner. Il n’est pas obligatoire mais il arrive que la quête d’une porte de sortie se fasse au détriment des autres. C’est hélas parfois nécessaire. En toute évidence, il est vrai que personne ne souhaite réellement s’embarrasser de ce qui lui est préjudiciable, ni de celles et ceux qui lui causent du tort. Restreint, le système a des limites qui ne définissent pas la portée de l’honorable noblesse du coeur telle la charité lors d’un geste aussi infime soit-il que toutes ses infâmes bassesses comme la vengeance pour un acte puérile que la vraie sagesse d’esprit permet de ne pas s’en soucier de façon à ne point envenimer la situation patibulaire. Contrairement au Bushido des samouraïs, ce n’est pas là du déshonneur mais de la grandeur d’âme car nous n’avons pas juré fidélité et loyauté à un shogun. Rien à prouver à quiconque sauf à soi. Notre seule droiture, autant que notre dévouement placé au service altruiste des autres dans le besoin ou non sans chercher le moindre intérêt, nous nous la devons à nous-même ici bas avant d’entendre là-haut prononcer notre Dernier Jugement et une ligne de conduite irréprochable rien qu’à Dieu pour les plus fervents croyants. Comme bon nombre d’êtres humains, je sais qu’il n’est pas aisé d’accepter ses défauts, de reconnaître ses torts, de dépasser les clivages et d’aller au-delà de la martyrisation mais pour revoir un printemps fleurir, il est impératif de devenir l’émergence d’une pandémie de bonnes volontés pour tout son entourage. C’est cela que dans le Coran, l’on nomme le « jihad » le plus grand combat est contre soi-même et pour être plus précis, l’expression « al-jihad bi anfousikoum » signifie « lutter contre les penchants de son âme », contre son égoïsme et ses instincts, contre son orgueil et sa passion de dominer les autres. « Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’oeil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? » Jésus-Christ (pbsl), Évangile de MattEgalité & Fraternitéhieu. Il est possible de découvrir des qualités insoupçonnées au fond de soi dans l’observation des défauts de ses semblables pour faire nettement mieux que de les travailler afin de s’améliorer jour après jour, combler les faiblesses de son prochain en les lui montrant avec humilité et modestie dans le discours sans jamais se montrer condescendant, hautain, prétencieux ou supérieur car personne ici bas, fruit d’une mère et d’un père, ne l’est sur un autre être humain peu importe la caste sociale sinon à quoi bon vouloir un autre monde si l’être humain n’est déjà pas capable d’accepter les différences qui nous distinguent les uns des autres ? Même face aux plus ignares marginalisés de mouton qui croient profondément à ce système fallacieux aux grandes défaillances que l’arrogance anglo-saxonne qui le caractérise ne lui permettrait pas de les dévoiler au grand public. C’est cela vivre en société en cette aube du monde multipolaire. C’est cela une société multiculturelle, juste et équitable qui n’est plus basée sur la recherche du mérite, du profit personnel et de l’auto-satisfaction mais là où le respect porte tout son sens à travers le partage. Le respect ne se mérite pas, ni ne se gagne, il rend les hommes égaux les uns envers les autres.

Dans l’attente d’un changement

Il est un autre respect civique vis-à-vis du système que je voudrais aborder pour conclure. Toujours selon Wikipedia, nous apprenons que : « sans un minimum de respect des institutions de la part du peuple, une démocratie perd donc son sens et tend soit à se rapprocher d’une dictature, soit à sombrer dans l’anarchie. » Les réactionnaires ennemis de l’humanité, éprouvant le désir d’un retour au système féodal du Moyen-Âge et ne se cachant même plus dans les coulisses du pouvoir pour l’obtenir en le scandant haut et fort comme les Bush père et fils, Gordon Brown, Nicolas Sarkozy, Cristina Kirchner et même le pape Benoit XVI, ont entamé l’édification de cette dictature sous l’égide du Nouvel Ordre Mondial pendant que les militants altermondialistes et les défenseurs pacifiques ne se battent pas pour l’instauration d’une anarchie, c’est faux, mais seulement au nom des sacro-saintes valeurs de la démocratie, du respect des droits humains fondamentaux et contre le capitalisme sauvage de la mondialisation néolibérale en se faisant gazé, tabassé et même tué, comme Carlo Giuliani, par les forces de l’ordre à chacun des De l'âge de pierre à un nouvel âge de pierre ?sommets des grandes puissances du monde G7 à G20, des nations du pacte atlantiste de l’OTAN ou lors des forums économiques de Davos, BM, FMI, OCDE ou OMC depuis bien avant Seattle en novembre 1999 à Pittsburg en septembre 2009. Chaque fois un peu plus nombreux que la précédente manifestation. Manichéen, le système a été fondé sur une morale partiale axée entre la loi des tyrans et le chaos des révolutionnaires. Aujourd’hui, en ces temps de fausse paix vacillante, est un dangereux terroriste quiconque ne partage pas les commandements de cette loi. Aujourd’hui, dans les prémices d’une guerre idéologique nécessaire, est un être humain libre celui qui vit selon les vertueux préceptes d’un monde meilleur. L’humanité n’a pas besoin d’une révolution mais d’une évolution spirituelle sinon du chaos émergera un nouveau système enfanté dans le sang des martyrs et instauré par la force contre l’avis des contestataires. Là où l’on ne répètera plus les erreurs du passé, ce sera un grand pas en avant qui est posé vers l’avenir.

 

Notes

[1] : http://mecanoblog.wordpress.com/2009/07/13/les-sept-peches-capitaux-de-loccident/

[2] : http://www.rue89.com/2009/08/23/quand-la-cia-sous-traitait-la-traque-dal-qaeda

[3] : http://www.planetenonviolence.org/Torture-Sexuelle-Utilisee-Par-Les-Americains-Ce-Qui-Est-Connu-Et-Ce-Qui-Reste-Inconnu_a1912.html

[4] : http://www.blogdei.com/index.php/2007/09/27/2628-coree-du-nord-plus-d-un-million-d-habitants-sont-en-prison

[5] : http://web.radicalparty.org/pressreview/print_right.php?func=detail&par=4658

Guerre de l’information: Officiellement, il n’y a plus de guerre… Comment les citoyens sont bernés

26 oct

Par Eva R-sistons

afghanistan-propagande

“La France n’est pas en guerre”, déclarait effrontément, récemment, le gouvernement (1). Mensonge ! La France a déclaré la guerre, une sale guerre impérialiste et offensive, à l’Afghanistan – et au Pakistan, dans la foulée. Aujourd’hui, les frontières sont vite franchies ! Dans le plus assourdissant des silences. Car le silence est aussi une stratégie !

Figurez-vous que j’ai chez moi une vidéothèque très importante, et que je suis en train de faire le “ménage”, le tri, bref de séparer le nécessaire de l’inutile. Or, il se trouve que j’écoute à nouveau, actuellement, tout ce qui concerne la guerre d’Irak. Edifiant ! Je viens par exemple d’entendre que l’Irak comptait quelque trente millions d’habitants, au début de la guerre. Et aujourd’hui, quel bilan ? Peut-être jusqu’à un million et demi de morts, des millions de blessés (sans parler des dommages collatéraux), quatre à cinq millions de déplacés, de réfugiés (2). Et combien de drames humains, de familles disloquées, meurtries à jamais ? Les Médias se gardent de nous dire que l’Irak, habituel soutien de la cause palestinienne – et donc bête noire d’Israël – était un pays laïc, moderne, avec une médecine de pointe, un pays certes artificiellement soudé par un Dictateur, mais enfin un pays souverain, puissant, nationaliste – et que ce pays est aujourd’hui éclaté, morcellé en zones, divisé, affaibli – et bien sûr sous la domination de l’occupant.

Or, les vidéos que j’écoute en ce moment même font état des péripéties de la guerre, des souffrances des populations, et de la résistance croissante des opinions internationales à cette guerre inique et d’une sauvagerie rare. Voici ce que j’ai entendu il y a un instant : “Les “pacifistes” (comprenez les citoyens, tout simplement) se réunissent pour dénoncer les offensives militaires”. Le sous-titre de toutes ces informations, données en boucle, est en lui-même explicite: “Edition spéciale Irak”. En d’autres termes, la couverture médiatique, même aseptisée, mais très ample, rendait compte de la colère des peuples, de leur refus de l’agression contre l’Etat irakien, et plus généralement, des guerres néo-coloniales.

De toutes façons, il y a quelques années encore, la guerre était un événement, abondamment couvert, nous en connaissions les grandes péripéties. J’ose le dire: C’était une sorte de spectacle, et chaque soir le télespectateur avait un compte-rendu détaillé, surtout officiel d’ailleurs (3), des événements. Il fallait aller sur des chaînes comme Al Jezirah (4) pour avoir une autre version de la guerre, plus proche de la réalité – une indépendance, d’ailleurs, qui valut à la chaîne du Quatar d’être bombardée (5). La guerre de l’information est une réalité ! (6) Et en particulier, l’opinion n’aime pas voir ses soldats mourir, et encore moins les populations civiles du pays attaqué ! (7)

Des guerres “propres” de plus en plus sales

En dépit des vertueuses allégations, les guerres “propres” sont de plus en plus sales, les frappes chirurgicales sont un mythe, et la réalité des conflits récents ou actuels nous montre au contraire une population civile touchée de plein fouet, sans doute comme jamais, avec des armes de destruction massive qui ne sont l’apanage ni de l’Irak, ni de l’Iran, mais bien de l’Occident, aux mains soi-disant propres. Il suffit de songer aux mères de Gaza qui, aujourd’hui, n’en déplaise au gouvernement français qui s’en lave les mains, mettent au monde des enfants malformés (8). Une extermination qui ne dit pas son nom ! (9)

Et justement, l’Occident qui se donne en modèle de vertu partout dans le monde, excelle surtout par son hypocrisie. Lorsque l’Irak a été attaqué, les USA sont entrés, officiellement, en guerre. Et le monde a suivi, certes de loin et avec des images triées sur le volet, les péripéties de cette guerre ignoble.

Aujourd’hui, le Prix Nobel de la Paix Obama se prépare sans doute, et tant pis pour les promesses électorales, à envoyer des renforts en Irak (9), pour mater la résistance de la population. En Agfhanistan, la présence américaine se renforce. Et comme le Pakistan est voisin de l’Afghanistan, la guerre s’est déplacée: Dans un Etat souverain, islamique, disposant de l’arme atomique. Aux Informations, on glisse ici ou là un mot, une phrase, en passant, une petite parenthèse sans importance, en quelque sorte, entre deux faits divers ou deux scandales qui détourneront l’attention du public.

La guerre a été déclarée contre l’Irak. Mais pas contre l’Afghanistan, bourbier rappelant celui du Vietnam ! Ni aussi, dans la foulée, contre le Pakistan. Oui, on savait qu’il y avait une guerre contre l’Irak, on la craignait, on la dénonçait – mais on ne sait pas vraiment que la guerre a été déclarée, par exemple, aux Pakistanais: Pour contrôler cette région hautement stratégique et l’arme atomique, et afin d’empêcher d’autres puissances rivales de s’intéresser de trop près au Pakistan.

Propagande de guerre

Mais la propagande de guerre, d’ailleurs, bat son plein. Avec Marie Drucker sur FR3, par exemple, avec son “Mourir pour la France, est-ce encore un idéal ?” (10), pour Israël, en réalité, si la guerre est déclarée à l’Iran, et à l’instant j’apprends que la Chaîne Public Sénat propose une série “coulisses de la croissance chinoise”, car tout est fait, en réalité, pour nous préparer aux futurs conflits décrétés par l’Occident impérialiste, contre les ennemis qu’il s’invente, l’Iran, la Russie ou la Chine, peut-être un jour le Vénézuela, pour ne citer que ces exemples. Avant d’attaquer l’adversaire, il faut le déconsidérer !

En France, il existe une chaîne de télévision dirigée par des ultra-sionistes, c’est FR2. Elle est devenue plus que toute autre, “la voix de son maître”. Et c’est ainsi que la propagande, certainement décrétée par l’Elysée lui-même, nous a valu lundi dernier un “Pakistan, pays de tous les dangers ?” (11). Voici ce que j’écrivais récemment sur mon blog r-sistons à l’intolérable: “Décryptons l’émission: Le Pakistan est votre ennemi, on vous prépare à son attaque et à son anéantissement. Vous remarquerez d’ailleurs qu’on ne parle plus de guerre, finis les conflits comme en Irak, avec suspense, suivi, etc. Aujourd’hui, on tue discrètement. La France n’est pas en guerre, officiellement. Mais la réalité du terrain est toute autre. Et on entre “doucement” en guerre, pas après pas, sans bruit en quelque sorte, pour ne pas alerter l’opinion. L’horreur est la même, mais plus sournoise, hypocrite. Et tout repose sur la communication. A ce petit jeu sordide, Obama excelle…. Avec des hommes comme lui, le pire est apprivoisé, et rendu présentable. Tactique différente, objectifs identiques…”

Oui, la réalité est la même, mais la stratégie est changée. On ne déclare plus la guerre, on y entre progressivement, sans alerter l’opinion, sans faire de bruit, sans provoquer de vagues, et donc de contestation, tout au plus les Médias font-ils état de bavures quand elles sont trop grosses, comme lorsque des bombes tombent en pleines noces villageoises (12) …

Le cynisme de l’Occident est tel que la guerre devient abstraite, lointaine, désincarnée, comme si elle n’existait pas… Et elle “n’existe plus” ! D’ailleurs, le lavage des cerveaux contre attentats souvent sous faux drapeaux, “terroristes” ou Talibans machistes est tel, que l’opinion ne s’inquiète même plus de ce que font nos armées dans ces régions… Et tandis que les bons peuples s’amusent d’apprendre que la photo de Carla nue va être vendue aux enchères (13), ou s’indignent de savoir que le fils Sarkozy n’a même pas besoin de faire d’études pour décrocher le fruit de diplômes reconnus (14), on bombarde, on détruit, on occupe des territoires entiers, on provoque des exodes massifs de populations, on déloge les habitants ou on les anéantit… Qui s’en émeut ? Plus personne, puisque la guerre “n’existe pas”, puisque “la France n’est pas en guerre”…

L’imposture va-t-elle éclater ? Quand dira-t-on aux peuples la vérité, à savoir que l’Afghanistan et maintenant le Pakistan, connaissent le même sort que l’Irak ? Faudra-t-il attendre que l’Iran soit, lui, “rayé de la carte”, pour qu’enfin les citoyens dénoncent l’intolérable ?

Le cynisme de l’Occident dépasse tout ce que le monde a connu…

Il appartient à ceux qui savent, de dénoncer l’imposture et de demander que Justice soit rendue aux peuples spoliés.

Paradoxalement, c’est peut-être l’imposture de la pandémie qui alertera les peuples sur la manière dont on les traite… l’imposture de trop !


Notes

(1) : Dans une tribune commune, publiée par Le Monde daté de samedi 30 août, Bernard Kouchner et Hervé Morin se sont mis d’accord pour dire que les soldats engagés en Afghanistan ne sont pas en guerre (..) “Là-bas, nous ne sommes pas en guerre contre quiconque : nous construisons la paix”.
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/asiepacifique/20080829.OBS9333/kouchner _et_morin__nous_ne_sommes_pas_en_guerre.html  

(2) : 21 mars 2008: “Le bilan de la guerre pour les arabes, ce sont des souffrances et des destructions : 1 million de morts et 4,5 millions de déplacés et réfugiés ; des dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants détenus sans jugement dans des prisons US ou irakiennes ; des régions entières irradiées et polluées jusqu’à en devenir inhabitables ; les vestiges des plus anciennes civilisations urbaines pillés, rasés, voire ensevelis sous l’asphalte. Pour les occidentaux, le bilan c’est le renversement des démocraties par le mensonge et l’obscurantisme, le retour des crimes coloniaux et de la barbarie, la transformation complète de l’économie des États-Unis en économie de guerre” http://www.voltairenet.org/article156085.html  

(3) : (..) Un plan politique de grande envergure de désinformation: de la préparation de l’opinion par les “think tanks” des neo-cons a la calomnie contre la France (rebelle a l’époque), en passant par le contournement des vrais renseignements que fournissait la CIA, le contrôle des medias par la fourniture d’un flot constant d’informations (les journalistes embarqués dans les unités militaires sont une première de génie!) et le discrédit frappant les “récalcitrants”, ou encore l’assurance d’un monopole américain de l’information par les attaques de hackers contre la chaîne qatarie Al Jezirah, tout y est. On se croirait revenu aux grandes heures du KGB (..) in La guerre de l’information, 4.9.2007. Sur la désinformation et la guerre, un livre qui présente surtout des faits concernant le Kosovo, l’Afghanistan et le déclenchement de la dernière guerre d’Irak : Serge Halimi et Dominique Vidal, « L’opinion, ça se travaille… », Agone, 2006.

(4) : En Occident, Al Jazeera est considérée par certains comme « la voix des islamistes », car elle offre d’autres vues sur l’actualité du monde arabe que celles des grands médias européens ou nord-américains. Il s’agit surtout d’une chaîne d’information internationale (..) http://fr.wikipedia.org/wiki/Al_Jazeera

(5) : Les locaux de la chaine ont été bombardés par les États-Unis à deux reprises : la première fois en Afghanistan et la deuxième fois en Irak. Un journaliste, Tarik Ayyoub, est mort à Bagdad à cause du bombardement. The Daily Mirror a annoncé le 22 novembre 2005 à la une que le Président des États-Unis George W. Bush aurait voulu bombarder les locaux de la chaine à Doha, mais le Premier ministre du Royaume-Uni Tony Blair l’en aurait dissuadé. http://fr.wikipedia.org/wiki/Al-Jezira. Voir aussi : http://pascasher.blogspot.com/2009_04_01_archive.html 

(6) : 29.4.2009: Des attaques militaires prévues contre les Médias. Le journal des Sages de Sion du Jewish Institue for National Security Affairs (JINSA) nous dit ouvertement leur programme d’attaque contre la presse et pas seulement la presse libre. Toute la presse. http://pascasher.blogspot.com/2009_04_01_archive ,
http://pascasher.blogspot.com/2009_04_01_archive.html 

Même si cela peut paraître impensable aujourd’hui, les guerres de l’avenir pourront nécessiter la censure, le blackout de nouvelles, et ultimement, des attaques militaires contre les médias partisans. Se percevant eux-mêmes comme des êtres supérieurs, les journalistes se sont mis dans la position d’une espèce protégée de combattants. Mais la liberté de la presse s’arrête lorsque ses abus tuent nos soldats et renforcent nos ennemis. http://www.securityaffairs.org/issues/2009/16/peters.php
Journal of International Security Affairs, Spring 2009 http://pascasher.blogspot.com/2009_04_01_archive.html 

(7) De l’intérieur de la cité assiégée, les émetteurs d’Al-Jezirah diffusaient des images au monde entier.. En direct, la chaîne a donné l’évidence documentaire visible qui invalidait les dénégations des Américains quant au fait qu’ils tuaient des civils. Ce fut un désastre en matière de relations publiques et la réponse des USA a été d’attaquer le porteur de nouvelles http://pascasher.blogspot.com/2009_04_01_archive.html 

(8) http://www.silviacattori.net/article974.html  

(9) http://r-sistons.over-blog.com/article-l-horreur-absolue-qu-on-vous-cache-naissance-de-malformes-a-gaza-37127382.html  “extermine quotidennement, sans Tribunal de Nuremberg…”

(9) Le quotidien “Washington Post” a affirmé lundi que le président américain Barack Obama avait décidé d’envoyer en Afghanistan, sans l’annoncer, 13’000 soldats américains en plus des 21’000 renforts qu’il a rendus publics en mars, après sa prise de fonction. http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=200002&sid=11343618&cKey=1255423270000 

(10) http://anti-fr2-cdsl-air-etc.over-blog.com/article-25474704.html, http://r-sistons.over-blog.com/article-25426833.html, http://r-sistons.over-blog.com/article-25362305.html 

(11) Un Oeil sur la planète, magazine présenté par Etienne Leenhardt: Pakistan, le pays de tous les dangers ? 12 octobre 2009

(12) http://www.geostrategique.net/viewtopic.php?t=6232&sid=e3ffe8622aba3411ade6541341fd8200  “le 6 juillet dernier l’aviation de l’OTAN a bombardé des noces afghanes dans la province de Nangarhar, tuant 47 civils, dans leur majorité des femmes et des enfants.” (7 mars 2008) – Une commission accuse l’OTAN de massacrer les civils afghans; ou http://www.alterinter.org/article1747.html,
http://forums.france3.fr/france3/Les-Pieds-Noirs-Le-documentaire/bakchich-info-sujet_394_1.htm  etc 

(13) http://fr.news.yahoo.com/45/20091015/ten-carla-bruni-une-photo-nue-vendue-aux-a4307fe_1.html 

(14) http://www.20minutes.fr/article/355511/France-Jean-Sarkozy-a-l-Epad-une-mauvaise-chose-pour-deux-tiers-des-Francais.php 

Eva R-sistons, pseudo. Carrière de journaliste (0RTF entre autres) et d’écrivain, auteur d’ouvrages édités par des Maisons comme Hachette. Lauréate de l’Académie française. Administratrice de R-sistons à l’intolérable, http://r-sistons.over-blog.com.

La guerre d’Obama

24 oct

Par Hugues Poulin

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Le président des États-Unis, Barack Obama, doit annoncer dans les prochaines semaines la nouvelle stratégie américaine en Afghanistan. Ce conflit, commencé sous George W. Bush dans la foulée des attentats du 11 septembre, dure depuis maintenant huit ans sans certitude sur son issue. 
 
C’est maintenant la guerre de Barack Obama. Durant la campagne électorale, le candidat Obama avait beaucoup critiqué l’intervention américaine en Irak, et il avait promis de faire du conflit afghan sa grande priorité. Devenu président, Barack Obama fait face à des choix redoutables. 
 
Il a multiplié les consultations avec son conseil national de sécurité, ses principaux ministres et ses généraux. Le fiasco frauduleux de la dernière élection présidentielle afghane est venu compliquer encore davantage la réflexion du chef de la Maison-Blanche. 
 
Avant de dévoiler sa starégie, le président Obama devrait normalement attendre après le second tour de scrutin du 7 novembre entre le président sortant Hamid Karzaï et l’ancien ministre des Affaires Étrangères Abdullah Abdullah. 
 
La Maison-Blanche exige que le futur gouvernement afghan commence enfin à combattre la corruption et soit perçu comme une administration légitime et crédible pour les Afghans et le reste du monde.  
 
Renforts demandés 
 
Dans un document secret qui a filtré, le chef des forces américaines en Afghanistan, le général Stanley McChrystal, voudrait obtenir des renforts de 80 000 soldats, même s’il s’est dit prêt à un compromis de 40 000 militaires supplémentaires. 
 
Selon le général McChrystal, sans ces renforts qui porteraient le contingent américain à 108 000 soldats, la coalition armée risque de perdre la guerre d’ici un an. 
 
Mais dans ce même document secret, le général McChrystal reconnaît que si la corruption actuelle du gouvernement Karzaï continue, il sera impossible d’envisager une victoire militaire contre les talibans et Al-Qaïda. 
 
L’impopularité du gouvernement Karzaï, miné par la corruption, est du grain à moudre pour les insurgés. 
 
Des talibans modérés 
 
Serait-on, du côté américain, déjà à la recherche de « talibans modérés » pour former un gouvernement de coalition, voire éventuellement prendre le pouvoir en Afghanistan? 
 
Certains commentateurs américains soulignent que les talibans n’ont jamais attaqué les États-Unis; ce sont plutôt les disciples d’Oussama ben Laden qui avaient fait de l’Afghanistan leur sanctuaire. 
 
Peu avant les attentats du 11 septembre 2001, les États-Unis négociaient secrètement avec les talibans en vue de la construction d’un oléoduc pour transporter le pétrole de la mer Caspienne jusqu’à l’océan Indien, via l’Afghanistan et le Pakistan. 
 
Le Pakistan, un allié inquiétant 
 
D’autres voix, comme celle du vice-président Joe Biden, commencent aussi à s’interroger sur l’implication américaine en Afghanistan. Le vice-président préconise de cibler davantage le réseau Al-Qaïda, plutôt que les talibans. Cependant, les membres d’Al-Qaïda se trouvent surtout dans les zones tribales du Pakistan. 
 
Mais l’allié pakistanais n’est guère plus fiable que le gouvernement afghan actuel pour l’administration Obama. On soupçonne toujours les services secrets pakistanais d’avoir des liens privilégiés avec les talibans et Al-Qaïda. 
 
L’armée pakistanaise, sous pression américaine, et après de nombreux attentats meurtriers de la mouvance Al-Qaïda sur son sol, a entrepris une grande opération dans les zones tribales. 
 
Cette offensive sera-t-elle vraiment efficace et soutenue longtemps par les autorités d’Islamabad ? 
 
Le président Obama a donc des décisions extrêmement difficiles à prendre, et aucune a priori ne semble garantie de succès. Le chef de la Maison-Blanche est aussi confronté à une opposition grandissante de l’opinion publique devant une guerre sans fin, alors que des soldats américains continuent de mourir. 
 
Quelle devrait être la stratégie du président Obama en Afghanistan ?  
 
L’envoi de nouveaux renforts, le statu quo ou l’amorce d’un retrait des forces de l’OTAN et des États-Unis ?

 

Source : Radio-Canada

Israël, au risque de l’isolement

24 oct

Par Gideon Levy

Gideon Levy, éditorialiste de Haaretz, s’inquiète de l’isolement croissant sur la scène internationale d’un Israël qui assimile toute critique à une manifestation d’antisémitisme, y compris lorsque ces critiques émanent de ses amis les plus proches. Alors que toute autre nation se remettrait en cause, souligne-t-il, Israël semble au contraire vouloir multiplier les rebuffades et distribue des gifles diplomatiques tous azimuts, de la France à la Chine. — L’histoire comme la géographie d’Israël expliquent la prévalence du sentiment obsidional qui a toujours guidé les actes de ses dirigeants. L’absence de profondeur stratégique, la mythologie du peuple élu y ont un rôle, à l’évidence. Mais ils n’auraient certainement pas une telle prégnance sans le souvenir de l’Holocauste. Les juifs d’Europe ont été trahis de façon infâme par les sociétés dont ils pensaient faire partie. En France, des anciens combattants de 1914-1918, couverts de médailles pour les sacrifices endurés, ont été déportés vers la mort par la police obéissant aux ordres de Vichy. Ce traumatisme fondateur suffit à lui seul à expliquer pourquoi les dirigeants israéliens peuvent être enclins à ne faire confiance à quiconque. Une première fois abandonnée par la communauté des hommes, la nation juive ne veut désormais compter que sur elle-même pour garantir sa survie et paraît accepter le destin terrible de n’avoir d’autre horizon qu’une guerre perpétuelle. En semblant avoir perdu – pour l’instant, espérons-le – la volonté de retisser cette confiance, de rechercher une paix juste, de nouer des liens apaisés avec l’ensemble de la région, Israël s’enferme dans une logique jusqu’au-boutiste, devenue imperméable aux appels à la raison, fussent-ils lancés par ses amis les plus proches. Si cette peur fondatrice – réelle mais aussi coupablement instrumentalisée par des démagogues – l’emporte, avec tout ce qu’elle peut avoir aussi d’irrationnel, d’incommensurable par essence, si Israël se refuse à faire la paix, ou pire encore si Israël choisit d’attaquer l’Iran, alors un spectre d’outre tombe aura remporté une ultime et sinistre victoire. Le peuple juif, prisonnier du souvenir de l’horreur glaçante, serait une nouvelle fois la victime de la folie meurtrière hitlérienne.

Haaretz

Israel flagRécemment, Israël s’en est pris au reste du monde, lui portant coup après coup. Alors que la Chine ne s’est toujours pas remise de l’absence du ministre des Affaires étrangères Avigdor Lieberman à la réception à l’ambassade de Tel-Aviv – lourde punition pour le soutien de la Chine au rapport Goldstone – la France panse ses plaies après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu ait mis son « veto » à une visite de son ministre des Affaires Etrangères à Gaza. Et Israël vient à nouveau de porter un coup sévère : son ambassadeur à Washington, Michael Oren, va boycotter la semaine prochaine la conférence organisée par J Street, la nouvelle organisation de lobby pro-israélien [1] .

La Chine, la France et J Street finiront par se remettre de ces boycotts, tout comme la Turquie se remettra de la révolte des vacanciers, [2] et on peut s’attendre à ce que même les Suédois et les Norvégiens se remettent des vives réprimandes d’Israël [3] . Mais un pays qui attaque et boycotte tous ceux qui ne sont pas exactement en accord avec ses positions officielles se verra isolé, abandonné et détesté, à l’image de la Corée du Nord aujourd’hui ou de l’Albanie hier. Il est plutôt surprenant qu’Israël utilise cette arme, car il sera bientôt lui-même la victime ces boycotts.

Israël frappe et frappe encore. Il frappe ses ennemis, et désormais il s’en prend aussi à ses amis qui osent ne pas partager complètement ses choix politiques. Le cas de J Street en donne un exemple particulièrement saisissant. Cette organisation juive a grandi aux USA en même temps que la renommée de Barack Obama. Ses membres souhaitent un Israël qui soit juste et épris de paix. C’est là son tort, et le boycott est sa punition.

L’ambassadeur d’Israël à Washington, M. Oren, est un représentant dévoué : il pratique lui aussi le boycott. Après s’en être pris à des éditorialistes israéliens, dont moi-même, dans un article publié par The New Republic, pour avoir osé critiquer le discours de M. Nétanyahou à l’ONU – ce qui constitue un outrage à part entière – l’ambassadeur-propagandiste a utilisé à nouveau l’arme du boycott, cette fois contre une nouvelle organisation juive et sioniste qui veut s’opposer à l’establishment juif américain et à son nationalisme à la main lourde.

Au nom de qui M. Oren agit-il ainsi ? Pas au nom de la société israélienne, dont il est censément l’ambassadeur. Les anciens diplomates d’Union soviétique et d’Europe de l’est n’auraient pas agi différemment.

Une telle agressivité est de mauvais augure. Elle provoquera l’éloignement de nos véritables amis et accroitra notre isolement. Le slogan « une seule nation » est devenu un but, notre isolement devient un objectif. Qui restera à nos côtés une fois que nous aurons attaqué et boycotté tout le monde ? Abe Foxman, de l’Anti-Defamation League [4] ? Notre avocat-propagandiste Alan Dershowitz [5] ?

Diviser le monde entre le camp du bien absolu et celui du mal absolu – notre camp et celui de nos ennemis, sans aucun juste milieu – est un signe de désespoir et d’une perte totale de repères. Car au-delà d’un ambassadeur à Washington qui ne connaît rien à la démocratie et au pluralisme, et souhaite uniquement complaire à ses maîtres, un tel comportement – qui consiste à donner des coups de pied et à aboyer comme un fou en tous sens – est en train de détruire Israël.

En ne nous permettant pas d’exprimer une opinion, Israël est en passe de devenir un paria pour le reste du monde, provoquant le rejet des autres nations. Qui faut-il incriminer ? L’opération Plomb Durci, par exemple. Il n’y a plus que les États-Unis qui soient restés systématiquement nos alliés, aveugles à toutes nos erreurs. Toute autre démocratie qui aurait vu son statut international se dégrader autant aurait commencé à se demander quelles erreurs ont été commises.

En Israël, notre réaction est exactement inverse : c’est le reste du monde qui est coupable. Les Scandinaves sont hostiles et les Turcs sont des ennemis, les Français et les Britanniques détestent Israël, les Chinois ne sont que des Chinois et les Indiens n’ont rien à nous apprendre.

Toute critique légitime se voit immédiatement qualifiée ici d’antisémitisme, y compris lorsqu’elle émane de Richard Goldstone, qui est un juif sioniste. Nous renvoyons tout le monde dans les cordes sans ménagement, en espérant ainsi qu’ils changent d’avis, et deviennent soudainement emplis de compréhension pour le meurtre des enfants de Gaza. Désormais, même l’Amérique, même les juifs américains, ne sont plus à l’abri des agressions d’un Israël qui a perdu le sens de la mesure.

Les dégâts s’accumulent, de Pékin jusqu’à New York. Après le boycott de J Street, même les juifs américains comprennent qu’Israël n’est pas une société tolérante, un pays libéral, à l’esprit ouvert, en dépit de ce qu’on leur raconte.

Tous sauront désormais que « la seule démocratie au Moyen-Orient » n’est pas exactement cela, et que quiconque ne répète pas ses messages de propagande sera considéré comme un ennemi – qui pourra également être sévèrement puni.

Aussi sévèrement que le milliard de Chinois qui pansent leurs plaies après le coup dévastateur que le ministre israélien des Affaires Etrangères leur a porté personnellement.

 

Notes

 

[1] J Street se définit comme un mouvement pro-israélien pour la paix, affirmant vouloir infléchir la politique américaine au Moyen Orient. – ndt

[2] A la suite du récent refroidissement des relations diplomatiques entre la Turquie et Israël, une chaine de magasins israélien a décidé de boycotter le café turc, et des appels au boycott des vacances en Turquie ont été lancés en Israël. – ndt

[3] La publication par un journal suédois d’un article prétendant que des membres de l’armée se livraient à un trafic d’organes sur des victimes palestiniennes a provoqué de vives protestations d’Israël, et le ministre israélien des Affaires Etrangères a accusé la Norvège d’antisémitisme pour avoir dialogué avec le Hamas et ne pas avoir quitté la salle de l’assemblée générale de l’ONU durant le discours du président iranien. – ndt

[4] ADL : organisation américaine de lobbying ultra-sioniste

[5] Alan Dershowitz est une figure du barreau aux USA, célèbre pour avoir défendu O. J. Simpson, et virulent défenseur de la cause sioniste. – ndt

Source : Contre Info

” la rumeur “

24 oct

Les réponses ne tombent pas du ciel. Cherchez les preuves par vous-même. Cessez de gober tout ce que l’on vous raconte et en particulier les mass médias comme la presse alignée.

 

Rue89 , Publicité “la rumeur” via trackz.fr ( www.trackz.fr )
création du studio Tom&Jim

Le temple, sur les ruines…

24 oct

Lorsque les juifs reconstruiront leur temple, sur les ruines d’Al Aqsa, nous nous trouverons à la veille, de la fin des Temps ..

Mosquée Al-Aqsa
Ils n’ont ni missiles, ni tanks, ni avions. Ils n’ont même pas de fusils et ils savent parfaitement qu’ils mènent un combat inégal contre un ennemi armé jusqu’aux dents et équipé des armes les plus sophistiquées. Pourtant, ils n’hésitent pas une seconde à aller affronter l’ennemi avec leurs poitrails dénudés – dénudés de tout, sauf de leur foi, de leur détermination irréfragable à faire face à la nécessité de défendre leurs lieux saints et à mourir en martyrs, si nécessaire, afin de les protéger et d’en consacrer l’arabité et l’islamité ..

Ceux qui montent ainsi la garde, dans les territoires occupés, font leur devoir ; ils se montrent à la hauteur de leur conscience et de leurs cœurs emplis de foi, et ils ont une connaissance en profondeur des projets israéliens de judaïsation de leur ville, de destruction de leur mosquée Al-Aqsa et de construction du prétendu « temple » sur les ruines de celle-ci ..

Benjamin Netanyahu et son gouvernement d’extrême-droite veulent construire cette synagogue, sur les décombres de la mosquée Al-Aqçâ, dont ils déstabilisent les fondations en faisant creuser des tunnels dans son sous-sol.
De temps à autre, ils envoient des juifs extrémistes en envahir la cour, dans les espoir que les Palestiniens finissent par voir, dans ces incursions, quelque chose d’ordinaire, d’habituel – quelque chose qu’il finiraient par accepter comme un fait accompli, exactement de la manière dont ils ont imposé la banalisation des colonies, les négociations vides de sens et la paix économique.

L’agenda de Netanyahu est extrêmement clair :

a. l’expansion et la colonisation de peuplement, qu’il a réussi à imposer tant à l’Amérique qu’à l’Autorité Autonome Palestinienne, qui a accepté de reprendre les négociations avec lui ;

b. l’imposition de la reconnaissance d’Israël en tant qu’Etat juif, ce en quoi il a réalisé une percée magistrale en réussissant à amener le président Barack Obama à l’admettre, comme l’a montré son discours devant l’Assemblée Générale de l’Onu ;

c. la judaïsation de Jérusalem et l’édification du prétendu temple. Il a d’ores et déjà réalisé le premier volet en étouffant la ville de Jérusalem par des blocs de colonies et en détruisant les maisons des Palestiniens, faisant des juifs une majorité absolue de sa population. Et le voici qui s’atèle à la réalisation de la deuxième phase, à savoir la construction de sa satanée synagogue et la destruction de la mosquée Al-Aqsa.

Nous disons aux peuples du monde que nous en avons assez de ces régimes corrompus dont il est désormais avéré que la plupart d’entre eux ne sont pas autre chose que des agents à la solde d’Israël ; nous en avons assez de leur soumission totale aux diktats israéliens et américains, ainsi que de l’absence de toute dignité et de toute énergie chez la plupart de leurs responsables, du haut en bas de la pyramide des responsabilités.

Le complot du silence auquel participent ces responsables arabes est non moins criminel, pour Jérusalem occupé, que ce que font les juifs extrémistes et l’armée israélienne, qui les soutient, en agressant les fidèles palestiniens musulmans et en envahissant l’esplanade des mosquées ..

Malheureusement, les sionistes aboutiront dans leur entreprise .. Ainsi va le monde, et s’accomplira la prophétie ..

Oui, lorsque les juifs reconstruiront leur temple, sur les ruines d’Al Aqsa, nous nous trouverons à la veille, de la fin des Temps ..

 

Source : Nouvel Ordre Mondial : Avènement de l’Antéchrist

Clinton en Russie, un tour pour rien, les russes ne lachent pas l’Iran

23 oct

carte géopolitique de l'Iran

La tournée russe de la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, les 13 et 14 octobre, n’a pas donné le résultat escompté par Washington dans le volet iranien, a déclaré vendredi à RIA Novosti le directeur général du Centre d’étude de l’Iran contemporain Radjab Safarov.

La première visite de Mme Clinton en Russie en qualité de secrétaire d’Etat s’est soldée somme toute par un échec. Il n’est pas un secret que la question iranienne a occupé une place primordiale lors de ses négociations avec la partie russe. La chef de la diplomatie américaine cherchait à consolider le succès remporté par Washington dans ce domaine trois semaines plus tôt, au cours du sommet du G20 à Pittsburgh”, a affirmé M.Safarov.

Selon lui, le président russe Dmitri Medvedev avait déclaré à Pittsburgh que “dans certains cas, les sanctions étaient inéluctables”. Ces paroles ont fourni aux Etats-Unis l’occasion de parler de succès de leur position.

S’agissant du dossier iranien, Washington a accueilli ce geste de bonne volonté russe comme une nouvelle position de Moscou et n’a rien fait pour encourager l’Iran à chercher une solution mutuellement acceptable à son problème nucléaire”, a constaté l’expert.

Il a rappelé que la rencontre, le 1er octobre à Genève, entre l’Iran et les six pays médiateurs avait abouti à une série de résultats positifs: la décision de poursuivre les négociations sur le dossier nucléaire iranien et le consentement de Téhéran à admettre les inspecteurs de l’AIEA au deuxième site iranien d’enrichissement d’uranium. Ces résultats “ont engendré l’espoir d’une solution diplomatique du problème”, a souligné l’expert, ajoutant qu’il serait “intempestif de discuter de sanctions tant que les négociations se poursuivaient”.

D’après M.Safarov, “le soutien apporté par Moscou aux nouvelles sanctions contre Téhéran entraînerait une dégradation substantielle des relations russo-iraniennes dans tous les domaines. Cette démarche porterait également préjudice aux relations russo-chinoises, car ces sanctions mettraient en danger les intérêts de Pékin qui investit d’énormes ressources dans les gisements iraniens de pétrole”. novosti

C’est très bon ça ! Les russes disent en substance qu’ils ne lacheront pas l’Iran, pour ne pas gener la Chine ! Déja le nytimes il y a trois jours disait que les accord sino-iraniens empéchaient toute attaque. Et cnn également, mais il ya deux semaines. Je crois que cette fois c’est plié, les russes et les chinois s’opposeront à des sanctions contre l’Iran. Je comprends mieux la position d’Obama, et de Robert Gates, il n’y a que Clinton à la solde des extrémistes juifs qui n’a pas encore compris la situation. Les États-Unis d’amérique n’ont ni les moyens financiers, ni le leadership nécessaire pour attaquer l’Iran.
En une année, la situation stratégique mondiale a fortement évolué.Ce n’est pas tant le formidable essort économique chinois qui est vraiment important, c’est la plus que très critique situation économico-sociale des USA qui est le problème. Comme vous le savez, ce ne sont que les manipulations et les mensonges qui tiennent le système à bout de bras, lorsque les 5 banques arrêteront de spéculer et que la FED n’achetera plus ses propres bons du trésor, c’est l’ensemble de la structure économique et sociale des Etats-Unis qui sombrera. Tant que cela n’est pas arrivé, les USA d’Obama (le nobelisé) ne pourront pas aider Israél à agresser l’Iran. En revanche, une fois que l’armée ou je ne sais quelle loi martiale sera instaurée, je pense que les USA pourraient devenir encore plus militariste.

C’était évident que ce voyage de Clinton serait un échec, je pense qu’Obama, lui a dit ” va essayer si tu veux ” pour la calmer, mais l’affaire est pliée. Il suffit d’ailleur de lire la presse sioniste pour comprendre. Obama est un pleutre, Obama est un lache, Obama tatonne, voila ce que pensent les sionsites en manque de sang.

La visite de Kissinger à un conseiller d’état chinois il y de cela quelques jours est à mon avis plus importante, d’ailleurs rien n’a filtré. ” Dai Bingguo, conseiller d’État chinois, a rencontré dimanche à Beijing l’ancien secrétaire d’État des États-Unis, Henry Kissinger.

Ils ont discuté des relations sino-américaines et des questions d’intérêts communs à la Résidence des Hôtes d’État de Diaoyutai.

Henry Kissinger, qui a ouvert la voie à l’établissement des relations diplomatiques sino-américaines dans les années 70, est arrivé à Beijing pour des entretiens avec des diplomates et des chercheurs chinois.”source Kissinger suit le dévellopement de la Chine depuis 40 ans, c’est l’homme de la situation, pas de barrière idéologique dogmatique, si ce n’est l’etablissement du NWO, nous pouvons donc nous attendre au pire !

La Chine est devenue un acteur majeur dans le monde, l’explication de l’expert russe est tout de même surprenante, la Russie se ferait mal voir des chinois si elle soutenait une attaque contre l’Iran.

À ce jour, tout laisse penser que les russes et les chinois s’opposeront à une guerre contre la République Islamiste, et je ne pense pas qu’Obama suivra les pas de Bush dans une guerre envers et contre toute la planète.

Les lignes continuent à bouger rapidement, Israél est en train de s’isoler, Lieberman a dit qu’il n’y aura pas de paix avec les palestiniens, les extrémistes juifs qui occupent la Palestine risquent de devenir encore plus dangeureux si les USA les abandonnent.

 

Source : Shoah Planétaire

Missing Links (vidéo)

23 oct

De l’opération Susannah dans les années 1950 aux attentats du 11 septembre 2001, Missing Links (Chainons Manquants) est un long documentaire sous-titré qui aborde notamment l’organisation du terrorisme international à travers des opérations false flag (sous fausse bannière) impliquant principalement les réseaux juifs criminels pro-sionistes d’Israël, des États-Unis et d’Europe tirant les ficelles dans les coulisses du pouvoir socio-politico-économique, les lobbys d’armement et du pétrole ainsi que les think tanks.

Première partie

 

Deuxième partie

 

Troisième partie

 

Quatrième partie

 

Cinquième partie

 

Sixième partie

 

Septième partie

 

Huitième partie

 

Neuvième partie

Guerres « humanitaires », les nouvelles croisades

23 oct

Par Jean Bricmont

Interview de Jean Bricmont par Candice Vanhecke, réalisée dans le cadre de son mémoire de fin d’études en journalisme, à l’Université Libre de Bruxelles (2009) intitulé: Le droit d’ingérence humanitaire dans la presse française. Cas des guerres du Kosovo (1999) et de Géorgie (2008) vues par Marianne et Le Nouvel Observateur.

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Que pensez-vous du traitement médiatique de la guerre en Ossétie du Sud qui a eu lieu l’été dernier ?

Le plus grand mal. En fait, les journalistes ont traité la guerre en Géorgie d’une manière exactement inverse à celle dont ils avaient traité la guerre du Kosovo. Pourtant, la situation en Géorgie était à bien des égards similaire à celle du Kosovo. Dans les deux cas, on était en présence d’une population entrée en dissidence par rapport au pouvoir central. Là où les deux cas divergent, c’est que le Kosovo faisait depuis longtemps partie de la Serbie, tandis que l’Ossétie du Sud a été rattachée à la Géorgie sur des bases administratives à l’époque de l’Union soviétique. C’est pourquoi la volonté des Géorgiens de récupérer l’Ossétie du Sud me semble bien plus discutable que dans le cas des Serbes et du Kosovo.

Ce que les Géorgiens ont fait en Ossétie l’été dernier, c’est un peu comme si aujourd’hui les Serbes voulaient reprendre le Kosovo, ce que je ne souhaite certainement pas. S’ils le faisaient, il y aurait un déluge d’attaques à leur encontre dans la presse occidentale, alors que, quand Saakachvili a décidé de bombarder les Ossètes pour les forcer à réintégrer le giron géorgien, manifestement tout le monde trouvait ça compréhensible. De même, les Russes ont été très critiqués pour être venus en aide aux Ossètes alors que l’OTAN a été félicitée pour avoir soutenu les Albanais du Kosovo. On peut donc s’indigner de la réaction de la presse par rapport à la guerre de Géorgie mais cette réaction n’a pourtant rien d’étonnant.

Elle illustre parfaitement le principe développé par Noam Chomsky et Edward Herman selon lequel il y aurait de « bonnes » et de « mauvaises victimes ». Lorsqu’un crime, qu’il s’agisse d’une guerre ou d’un attentat, est commis et qu’il émane du camp occidental ou d’un allié de l’Occident, les victimes de celui-ci sont considérées comme de « mauvaises victimes », ce qui signifie qu’on ne parle quasiment pas d’elles dans la presse et qu’on va présenter l’événement sous le jour qui nous est le plus favorable. Et la presse réagit de manière inverse lorsque c’est le camp opposé qui commet un crime et fait des victimes.

Un bel exemple de ce principe de « bonnes » et de « mauvaises victimes » nous a ainsi été donné récemment avec le coup d’Etat au Honduras. On a présenté le président chassé du pouvoir comme quelqu’un qui voulait monopoliser celui-ci en changeant la Constitution pour pouvoir briguer un nouveau mandat. Or, n’importe quel dirigeant a le droit de vouloir changer la Constitution. Sarkozy l’a fait et personne n’a hurlé au déni de démocratie pour autant.

On constate donc qu’il y a systématiquement une politique du deux poids, deux mesures qui est appliquée par les médias, c’est-à-dire que si ce sont les « ennemis » de l’Occident qui commettent des crimes, qui envahissent leur voisin, etc. alors les victimes sont mises en avant, tandis que dans le cas inverse on en parle peu. C’est quelque chose de totalement prévisible. Pour ce qui est du Honduras, la lutte pour le rétablissement de la démocratie y continue, mais on en parle très peu – comparons seulement avec l’Iran.

Donc cette fameuse notion d’ingérence humanitaire, il n’y aurait que les Occidentaux qui pourraient la revendiquer ?

Chomsky donne l’exemple de l’intervention indienne au Pakistan oriental. Le Pakistan occidental, c’est ce qu’on appelle aujourd’hui le Pakistan, et le Pakistan oriental, c’est l’actuel Bangladesh. Dans les années 70, il y a eu une guerre d’indépendance du Pakistan oriental vis-à-vis du Pakistan occidental. Le Pakistan occidental a envoyé des troupes dans la partie orientale, lesquelles ont commis de nombreux massacres. Les Indiens sont intervenus, ce qui a rendu possible l’indépendance du Bangladesh. A l’époque, presque tout le monde en Occident a vivement critiqué cette intervention. Autre exemple : Pol Pot et les Khmers rouges. En général, leurs atrocités sont invoquées pour justifier le droit d’ingérence. Mais ce que l’on oublie, c’est que le régime de Pol Pot a pris fin grâce à l’intervention du Vietnam. Et à ce moment-là, en 1979, les Vietnamiens ont également été très critiqués. On peut discuter de la légitimité des interventions indienne et vietnamienne en termes de violation du droit international – mais c’étaient des interventions qui avaient des effets très humanitaires. Or ces interventions n’ont jamais été considérées en Occident sous cet angle. Presque par définition, le droit d’ingérence n’est légitime que si c’est nous qui l’exerçons.

Le principe de l’ingérence humanitaire autorise l’intervention, y compris militaire, de pays puissants dans les affaires intérieures de pays plus faibles (manifestement, l’ingérence ne peut jamais aller que dans ce sens-là). Or tout le droit international est fondé sur l’idée qu’il faut empêcher ce genre d’intervention, et cela en partie à cause de la politique allemande avant et pendant la guerre. Il ne faut pas oublier qu’une des premières agressions hitlériennes s’est faite en 1938 par l’annexion du pays des Sudètes, partie de la Tchécoslovaquie peuplée à l’époque par une minorité germanophone et germanophile, qui a en général bien accueilli sa « libération » du joug tchèque.

On reproche toujours aux dirigeants français et anglais de l’époque d’avoir accepté cette annexion à Munich mais la question qui s’est posée à ce moment-là, c’était justement de savoir s’il fallait permettre ou non une « ingérence humanitaire » (libérer une minorité qui se considérait comme opprimée). Il faut savoir ce que l’on veut. Ou bien il était légitime que les Allemands viennent en aide à la minorité germanophone en Tchécoslovaquie, et alors l’accord de Munich était acceptable; ou bien ce ne l’était pas, pour des raisons plus globales de droit international, mais alors on ne voit pas pourquoi certaines politiques actuelles, qui prônent l’ingérence humanitaire, le sont. L’ironie, c’est que l’invocation de « Munich » est la tarte à la crème de la propagande de guerre. Dès qu’on propose la tenue de négociations ou l’acceptation de compromis, par exemple aujourd’hui avec l’Iran, le camp belliciste nous ressort Munich comme paradigme de la lâcheté et de la capitulation face au « Mal ». Alors que Munich était l’acceptation, d’une certaine façon, du « droit d’ingérence » avant la lettre.

Selon vous, l’intervention de la Russie en Géorgie marque-t-elle l’entrée dans une ère où chaque grande puissance autre que les Etats-Unis et l’Europe risque de se lancer dans des guerres sous des prétextes humanitaires ?

Ca, c’est le problème de la boite de Pandore que l’on ouvre mais qu’ensuite on ne sait pas comment refermer, comme l’a dit Chirac lors de l’invasion de l’Irak. Ceci dit, on l’avait déjà ouverte lors de la guerre du Kosovo à laquelle Chirac n’était apparemment pas très favorable. Mais Chirac savait bien que vu la pression des médias, un refus d’entrer en guerre lui aurait coûté la présidentielle face à un Jospin qui, lui, était favorable à l’intervention de l’OTAN.

Bertrand Russell disait que discuter des responsabilités de la Première Guerre mondiale, c’est un peu comme discuter des responsabilités d’un accident de la route dans un pays où il n’y a pas de code de la route. A l’époque en effet, il n’y avait pas ou peu de principes régissant les rapports des Etats entre eux. Rien n’interdisait aux Austro-hongrois d’imposer des conditions telles que celles qu’ils ont voulu imposer aux Serbes. Après l’attentat de Sarajevo en 1914, les Austro-hongrois ont présenté aux Serbes dix impératifs. L’un d’entre eux était similaire à celui figurant dans les accords de Rambouillet avant la guerre du Kosovo, à savoir que la police austro-hongroise pourrait imposer sa loi en Serbie même. Et les Serbes ont accepté les neuf premiers points sauf le dernier. A partir de ce moment, les Austro-hongrois sont entrés en guerre et le reste de l’Europe a été plongé dans la tourmente. En 1999, c’était pratiquement la même chose qui s’est passé, puisque les accords de Rambouillet prévoyaient que les soldats de l’OTAN pourraient bivouaquer, faire autant de manœuvres qu’ils le souhaitaient, etc. en Serbie même. Les Serbes ont refusé et l’OTAN a bombardé la Serbie. Il est vrai que cela n’a pas entraîné de guerre mondiale, mais cela a beaucoup renforcé le militarisme occidental, qui s’est trouvé ainsi, même aux yeux de l’opinion « progressiste », une justification humanitaire. La relative faiblesse de l’opposition aux guerres en Irak et en Afghanistan trouve en partie son origine là.

Alors qu’à l’époque, les médias affirmaient que tous les moyens diplomatiques avaient été épuisés à Rambouillet…

Mais ils font ça à tous les coups ! Anne Morelli explique dans son livre Principes élémentaires de propagande de guerre les dix « commandements » de la propagande. Prenez n’importe quelle guerre et vous verrez que ces principes s’appliquent à chaque fois, en particulier celui qui consiste à dire que tous les recours diplomatiques ont échoué. Le problème c’est qu’avec les guerres du Kosovo, d’Irak, d’Afghanistan mais aussi les guerres israéliennes, on a légitimé la guerre comme seul moyen de résoudre les conflits.

Lors de la guerre du Kosovo, l’Italie a enfreint l’article de sa Constitution qui dit que « L’Italie renonce à la guerre comme moyen de résoudre les conflits. » Après la Deuxième Guerre mondiale, un slogan avait cours en Allemagne : « plus aucune guerre ne partira du sol allemand ». On constate que c’est un principe qui est totalement passé à la trappe. Et qui a fait passer ce principe à la trappe en Allemagne ? Les Verts, en collaboration avec la social-démocratie. C’étaient eux qui étaient au pouvoir à l’époque et Joska Fischer, qui était ministre des Affaires étrangères, était à fond pour la guerre, tout comme Cohn-Bendit d’ailleurs. Seuls les Verts, qui avaient milité contre les missiles dans les années 80 et qui étaient « pacifistes » et « antifascistes », pouvaient légitimer une guerre menée en partie par l’Allemagne contre un pays qu’elle avait occupé pendant la Deuxième Guerre mondiale. Si d’autres forces politiques allemandes avaient fait cela, on les aurait soupçonnées de revanchisme ou de militarisme.

Je me rappelle avoir discuté avec un membre important du parti Ecolo (belge) qui n’était pas au courant des accords de Rambouillet. J’en avais pris connaissance sur Internet via des sources américaines. Le New York Times, lui, n’a évoqué le contenu des accords que deux jours après l’arrêt des bombardements (1). Ce n’est pas un hasard. Avec les moyens dont ils disposent pour accéder aux informations, si les journaux veulent les avoir, ils les ont. Ce qui est d’ailleurs frappant, c’est de voir que des informations de ce type ne sont pas vraiment secrètes. Et ce qui est le plus important pour la critique du militarisme, ce ne sont pas les théories du complot sur le 11 septembre, auxquelles je ne crois pas une seconde, mais les documents publiquement disponibles, comme les accords de Rambouillet ou les « mémos de Downing Street » (2) , qui sont passés sous silence par les médias et malheureusement peu utilisés par les pacifistes.

Après les guerres du Kosovo, d’Irak, d’Afghanistan mais aussi de Géorgie, pensez-vous que le droit international et l’ONU aient encore un avenir ou ont-ils été définitivement enterrés avec ces guerres ?

J’espère qu’ils ont encore un avenir car je ne pense pas que l’agression d’un pays contre un autre puisse résoudre les problèmes, quels qu’ils soient. Premièrement, il faut bien se rendre compte que la plupart des pays du monde continuent à défendre la conception classique du droit international, qui est fondé sur le respect de la souveraineté nationale.

De plus, Bush, bien qu’il ait commis des crimes monstrueux, a eu l’avantage, si on peut dire, d’avoir mis les Etats-Unis dans une situation impossible ; et pas seulement les Etats-Unis, mais aussi les défenseurs du droit d’ingérence humanitaire. Les règles instituées en 1945 ont été faites pour ne pas connaître à nouveau des situations telles que celle qui avait permis à Hitler d’envahir la Tchécoslovaquie (et à Bush d’envahir l’Irak). On peut évidemment changer ces règles. Mais on ne peut revenir à un état de vide juridique international. Or le droit d’ingérence humanitaire, c’est cela : rien ne définit qui a le droit de s’ingérer, ni à quelle condition et, en pratique, cela revient à légitimer le droit du plus fort.

Un autre problème qui se pose, c’est que cette ingérence n’est jamais mise en œuvre que lorsqu’il y a des intérêts économiques ou géostratégiques qui sont en jeu…

Pour le Kosovo, il n’y avait pas vraiment beaucoup d’intérêts directs en jeu, à part le fait, mais qui est plus idéologique qu’économique, de donner une légitimité « humanitaire » à l’Otan. Evidemment, on peut toujours trouver des intérêts, si l’on en cherche, mais toutes les guerres ne s’expliquent pas par des intérêts économiques ou géostratégiques. Il y a une vraie dynamique idéologique qui sous-tend certaines interventions. La Bosnie a été la cause sacrée de toute une génération ; c’est pourquoi, quand il y a eu la crise du Kosovo, il y avait une véritable volonté d’intervenir « pour des raisons humanitaires », au moins dans les médias et une partie de l’opinion. De plus, on peut dire que c’était une sorte de guerre « de gauche ». Une guerre de gauche menée par l’Otan mais une guerre de gauche quand-même. Joska Fischer et les Verts allemands étaient pour, Jospin l’était davantage que Chirac… Je pense vraiment que l’ingérence humanitaire est une espèce de religion de notre temps. Le christianisme ou la mission civilisatrice l’ont été dans le passé.

Evidemment il y a toujours de l’économie partout donc on peut toujours trouver des intérêts économiques « cachés », si l’on veut. Mais il faut aussi raisonner en termes psychologiques, pour voir dans quelle mesure c’est vraiment l’économie qui est la raison principale des interventions et des guerres. L’argument qui contrecarre l’idée que toute raison de faire la guerre est forcément de nature économique, c’est qu’on peut toujours s’arranger autrement qu’en déclenchant des guerres pour faire du commerce et du profit. Il est par exemple indéniable que les capitalistes américains font des fortunes en Chine et au Vietnam, maintenant qu’il y a la paix entre ces pays et les Etats-Unis. On peut également penser que, s’il y avait la paix au Moyen-Orient, les territoires occupés pourraient être un nouveau Singapour. On pourrait y faire fortune. Il y a là-bas une main-d’œuvre relativement qualifiée et que l’on peut faire travailler à bas prix. C’est cynique de dire cela, évidemment, mais si l’on raisonne vraiment d’un point de vue économique, les capitalistes peuvent faire beaucoup plus de profit en temps de paix que par la guerre. Evidemment, quand il y a une guerre, cela profite toujours aux marchands d’armes et aux entreprises de reconstruction. Mais il faut se rendre compte qu’il y a aussi un aspect irrationnel dans la guerre, y compris d’un point de vue capitaliste global. Lisez Bertrand Russell à ce sujet, il est très intéressant (3). Il s’est toujours battu contre l’analyse marxiste de la guerre de 14-18 en termes purement économiques parce qu’il était frappé par la part d’irrationnel qui accompagnait cette guerre. Les attachements nationalistes sont une composante essentielle de cette part d’irrationnel. Ils ont peut-être une lointaine base économique mais une fois qu’ils existent, ils ont leur dynamique propre. La Palestine fournit sans doute l’exemple actuel le plus net de ce genre de situations. Il n’y a aucune base réellement économique à ce conflit, ni d’ailleurs au soutien occidental à Israël.

Oui mais à cette époque-là, la Yougoslavie était quand-même une économie fermée et Milosevic refusait de l’ouvrir à l’économie de marché…

Ce n’est pas tout à fait vrai. Ce sont les sanctions internationales qui ont empêché de faire de la Serbie une économie ouverte. C’est une erreur de voir Milosevic comme une espèce de stalinien qui voulait fermer l’économie. Milosevic a hérité d’une économie qui était celle de Tito qui n’était pas franchement fermée mais qui n’était pas non plus tout à fait ouverte. Il a voulu ménager la chèvre et le chou et ne pas vendre son pays à l’encan (comme l’ont fait ses successeurs), mais il ne faut pas oublier qu’il y avait des sanctions contre la Serbie qui dataient de l’époque de la guerre de Bosnie. Milosevic souhaitait faire lever ces sanctions. Si vous subissez des sanctions et que vous voulez les lever, cela signifie que vous voulez plus d’ouverture, pas moins. Je ne vois pas du tout cette guerre comme ayant principalement des mobiles économiques. Je verrais plutôt cela comme une sorte de croisade (4).

Mais il y avait aussi des raisons géostratégiques, non ?

Oui, les Américains ont maintenant leur base dans les Balkans mais ça leur sert à quoi ?

Il y a quand-même le Moyen-Orient qui n’est pas trop loin…

Pas trop loin, mais pas si près que cela non plus. Ils peuvent mettre des bases dans les Emirats. Ils ont des bases en Turquie, aussi. Si vous allez travailler un jour dans une grande bureaucratie, vous verrez les influences du type bureaucratique qui sont aussi quelque chose qui échappe à l’analyse du type marxiste, économiste, etc. L’armée américaine, c’est, entre autre, une immense bureaucratie. Prenez par exemple les bases américaines au Japon. Depuis la guerre du Vietnam et la détente avec la Chine, elles ne servent à rien. Les Etats-Unis ont des troupes là-bas et les gens jouent au golf… les soldats ont la belle vie. Si vous aimez le sport et êtes un peu macho, c’est la planque parfaite.

Ces bases serviraient donc surtout à maintenir l’idée qu’il y a un empire qui garde le contrôle…

Oui mais il faut aussi voir les intérêts économiques à tous les niveaux, c’est-à-dire qu’évidemment il y a des intérêts économiques, mais ce ne sont pas nécessairement ceux de la classe capitaliste en tant que telle. Il y a les intérêts économiques des gens du Pentagone, des marchands d’armes, des lobbyistes, qui se superposent avec l’idéologie de domination mondiale, pour que, régulièrement, une « nouvelle menace » permette d’obtenir du Congrès une augmentation du budget de la Défense. Et si quelqu’un proteste, la presse lui tombe dessus et affirme qu’il n’est pas patriote. On a donc affaire à une multitude d’intérêts. Mais, dans la mesure où cette politique militariste entraîne des coûts élevés, elle n’est pas nécessairement dans l’intérêt des capitalistes, pris dans leur ensemble.

Marx voyait les gouvernements comme une sorte de conseil d’administration collectif de la bourgeoisie. C’est en partie vrai, mais, de ce point de vue, certaines politiques militaristes et impérialistes doivent être considérées comme de la mauvaise gestion.

Dans le cas d’Israël, par exemple, il apparaît de plus en plus clairement que le lobby sioniste aux Etats-Unis a une influence décisive sur la politique américaine au Moyen-Orient (5) . Le degré d’engagement américain en faveur d’Israël est totalement irrationnel et ne répond à aucun de leurs intérêts. En particulier, Israël n’a jamais aidé en quoi que ce soit les Etats-Unis à contrôler le pétrole. Par ailleurs, cet engagement n’atteint un tel niveau nulle part ailleurs. Ce soutien ne s’explique que par la pression constante du lobby sioniste couplée à la culpabilisation liée aux événements de la guerre de 40-45.

Chaque cas doit être analysé séparément. Il n’y a pas de formule générale qui explique les guerres par l’impérialisme ou le capitalisme, même s’il y a de nombreux facteurs dans ces systèmes qui créent des conditions propices aux guerres. Mais les guerres restent (heureusement) des événements relativement rares, comparés mettons aux échanges économiques, qui eux sont constants. Et évidemment, les guerres se produisaient bien avant la naissance du capitalisme.

Jusqu’à un certain point, je vois la guerre contre la Serbie comme la conséquence de l’impérialisme humanitaire, idéologie qui s’est par la suite mélangée avec la lutte contre le terrorisme dans le cas de l’Irak et de l’Afghanistan. En gros, j’aurais tendance à dire qu’on « vend » la guerre contre le terrorisme à la population, qui est assez intelligente pour comprendre que, si on a de l’argent pour faire de l’humanitaire, on a autre chose à faire que la guerre; et la guerre humanitaire, on la « vend » aux intellectuels, qui sont assez intelligents pour comprendre que la menace terroriste est surfaite. La population a du bon sens, mais manque d’information; les intellectuels ont de l’information, mais manquent souvent de bon sens.

Donc pour vous, la raison principale à la guerre du Kosovo découlerait surtout de l’idéologie de l’ingérence humanitaire ?

Quand ils ont commencé la guerre, ils ont pensé que cela durerait trois-quatre jours. J’avais entendu à la radio que les Serbes avaient besoin de quelques bombardements pour se retirer du Kosovo. D’après les médias, ils étaient contents qu’on les bombarde, comme ça ils avaient une excuse pour se retirer du Kosovo. Pour les Serbes, le Kosovo avait un caractère quasi-sacré (6), c’est pourquoi ils ne se sont retirés qu’après un certain temps, sous la menace d’anéantissement complet de leur pays et parce que les Russes les ont laissés tomber. Par ailleurs, les Serbes ont signé, à la fin de la guerre, des accords qui auraient pu être acceptés à Rambouillet et qui n’ont pas été respectés par la suite. En effet, ces accords prévoyaient, entre autre, le retour au Kosovo de mille policiers serbes pour protéger les Serbes du Kosovo, ce qui leur aurait été bien utile, mais qui ne s’est jamais produit.

Dans le déclenchement de cette guerre, les facteurs idéologiques ont joué un grand rôle. Souvent les pacifistes insistent sur les mobiles économiques, réels ou supposés des guerres, sans doute parce que cela montre les fauteurs de guerre comme «vraiment méchants », parce que cupides. Mais si la guerre est plutôt due au fanatisme religieux ou nationaliste ou à des idéologies comme la mission civilisatrice ou l’ingérence humanitaire, je ne vois pas pourquoi cela la rend plus légitime ou sympathique. Et si l’on est persuadé que très peu de gens bénéficient en fait des guerres, même dans les classes dirigeantes, cela renforce les arguments pacifistes. Dans le cas d’Israël, où l’aspect irrationnel est le plus fort, si la classe dirigeante américaine suivait ses véritables intérêts, ce qui pourrait bien arriver un jour, le soutien à Israël s’effondrerait.

Notes

(1) L’Humanité et Le Monde Diplomatique en ont parlé avant cela.

(2) Qui rendent compte de négociations américano-britanniques de haut niveau, en été 2002, c’est-à-dire bien antérieures à toutes les discussions sur les « armes de destruction massive » et où on lit par exemple « qu’il semblait clair que Bush avait l’intention de passer à l’action militaire, même si sa programmation n’était pas encore décidée. Mais que la justification était ténue. Que Saddam ne menaçait pas ses voisins et que ses capacités en ADM étaient moindres que celles de la Libye, de la Corée du nord ou de l’Iran. ». Voir http://questionscritiques.free.fr/edito/memo_secret_de_Downing_Street.htm

(3) Par exemple, Bertrand Russell, The practice and theory of Bolshevism, Spokesman, Londres, 1995 (édition originale,1920, Allen and Unwin). Probablement un des meilleurs livres sur la révolution russe, écrit bien avant toutes les « découvertes » sur le « stalinisme », ainsi qu’une des meilleures critiques du marxisme ; en ce qui concerne les guerres et la « conception matérialiste de l’histoire » (c’est-à-dire leur réduction aux causes économiques), Russell fait remarquer que l’idée, commune aux libéraux et aux marxistes, selon laquelle l’enrichissement est le but naturel de l’action politique humaine semble a priori raisonnable, mais ignore «l ‘océan de folie sur lequel flotte, de façon incertaine, la fragile barque de la raison humaine.»

(4) Pour reprendre le titre du livre de Diana Johnstone, La croisade des fous, Le Temps des cerises, Paris, 2005.

(5) Voir John Mearsheimer et Stephen Walt, Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine, La découverte, Paris, 2007, pour une analyse convaincante de ce fait. Pour la situation analogue en France, voir Paul-Eric Blanrue, Sarkozy, Israël et les juifs, ed. Osez dire, Embourg (Belgique), 2009.

(6) Malraux disait, bien avant ces événements, que le problème des Serbes, c’était qu’ils avaient leur Algérie dans leur Orléanais. Pas très politiquement correct comme formulation, mais pas faux non plus. Voir Zivorad Stojkovic, « Si le Kosovo est au coeur de la culture serbe. Deux rencontres avec André Malraux », L’aventure humaine, hiver, n° 10, 1989, pp. 50-52.