Archive | septembre, 2009

Israël, vers un renversement d’alliance

30 sept

Par Christian Bouchet

Avigdor Liberman

Selon un récent sondage du Jerusalem Post seuls 4% des Israéliens estiment que le nouveau président américain Barack Obama mène une politique qui leur soit favorable et un peu plus de la moitié des personnes (51%) interrogées dans le cadre de ce sondage pensent que la nouvelle administration américaine est « plus pro-palestinienne que pro-israélienne », 35% estimant qu’elle est neutre. Ces résultats sont à mettre en regard avec ceux d’un autre sondage effectué durant la présidence de George Bush. 88% des Israéliens considéraient alors l’administration Bush comme pro-israélienne, 7% la jugeaient neutre et 2% l’étiquetaient comme « pro-palestinienne ».

Si la politique suivie par Barack Obama au Proche-Orient, depuis son accession à la présidence, agace les israéliens de la rue, il va sans dire que dans les milieux diplomatiques et militaires du pays l’inquiétude est encore plus grande. Si aucune rupture inéluctable n’est encore survenue, certains analystes de l’État sioniste pensent cependant que la situation peut notablement s’aggraver et conduire à un dangereux isolement d’Israël sur la scène internationale.

D’où la volonté de certains des officiers généraux de Tsahal, parmi les plus influents, de mettre en place des plans d’action en direction des deux autres grands – la Chine et la Russie – en vue de diversifier les alliances stratégique du pays.

Les relations économiques et militaires entre les Chinois et les Israéliens ne sont pas récentes. Elles ont par contre toujours été caractérisées par une extrême discrétion et comme le relate un document de la Chambre de Commerce France Israël « Pour connaître réellement se qui se passe entre les deux pays il faut posséder en Israël le plus haut niveau sécuritaire. Les israéliens ne veulent pas que leurs alliés américains en sachent trop. » Cependant, de temps à autre un article, en apparence anodin, paraît sur cette coopération anonyme : une nouvelle ligne régulière de EL-AL qui ouvre entre les deux pays; une visite de militaires Chinois à Jérusalem; une déclaration de l’Ambassadeur Chinois en poste à Tel-Aviv dans un magazine; une visite officielle de généraux israéliens à Pékin…

Cependant, si la coopération bi-nationale est bien réelle, elle ne semble concerner encore que des aspects économiques, le meilleur exemple en étant l’accord de coopération de 200 millions de dollars qu’a signé, en 2008, le gouvernement de la province chinoise de Jiangxi avec Israël. On sait aussi qu’Israël attire de plus en plus de firmes multinationales chinoises spécialisées dans le domaine de la construction et des infrastructures et que la Chine et Israël réalisent ensemble un courant d’affaires de 4,5 milliards de dollars, dont une part notable concerne des marchés de ventes d’armes, secteur dans lequel la Chine est l’un des trois principaux acheteurs d’Israël.

Si l’importance des relations économique avec la Chine est grande, au niveau diplomatique c’est cependant vers la Russie que regardent les militaires israéliens afin de conclure une alliance alternative.

Leur meilleur allié dans cette affaire est Avigdor Liberman, le très contesté ministre des Affaires étrangères d’origine russe. Sa stratégie est transparente : construire une alliance profonde avec son pays natal et dans la foulée faire passer l’alliance USA-Israël au second rang. En cela, il est aidé par un phénomène démographico-sociologique particulier : le million de juifs russes qui a émigré en Israël dans les années 1990 détient de plus en plus de responsabilités gouvernementales et compte maintenant des représentants au cœur de l’appareil d’État. Un nombre important d’entre eux ont gardé des liens familiaux ou affectifs avec la Russie et se sentent mille fois plus proche d’elle que des USA, ils sont donc extrêmement favorables à la mise en oeuvre d’une coopération politique, technologique et militaire solide entre leur pays de naissance et leur pays d’élection.

Ce n’est donc pas du tout par hasard que Shimon Péres s’est rendu en août à Moscou. Ce n’est pas non plus par hasard qu’il y a abordé des sujets auxquels les américains ont toujours été très hostiles (achat d’armement, transfert de technologie et de savoir-faire israélien vers la Russie dans des domaines sensibles : drones, avionique, nanotechnologie, nucléaire, etc.)

Si des accords venaient à être conclus, toute la région y gagnerait sans aucun doute en stabilité car les bonnes relations qu’entretiendrait alors Moscou avec la Syrie, l’Iran et … Israël, seraient de nature à modifier notablement la donne au Proche-Orient. Cela réduirait à néant le projet d’un « Nouveau Moyen-Orient », feuille de route militaire yankee au Moyen-Orient à laquelle le Département d’État n’a pas totalement renoncé et qui consiste à créer un champ d’instabilité, de chaos, et de violence, s’étendant du Liban, de Palestine et de la Syrie, à l’Irak, au golfe Persique, à l’Iran et aux frontières de l’Afghanistan tenu par l’OTAN permettant de redessiner la carte du Moyen-Orient en fonction des besoins et objectifs géostratégiques de l’Oncle Sam.

C’est ce que crains, bien sur, le Département d’État. Et c’est, vraisemblablement, ce qui explique que la police israélienne a très récemment clos une enquête qui durait depuis trois ans et recommandé l’inculpation d’Avigdor Lieberman pour fraude, obstruction à la justice, harcèlement et blanchiment d’argent… Alors que dans le même temps la presse de « gauche » se déchaîne d’une manière hystérique contre lui car il a eu l’outrecuidance d’exiger – ce qui semble pourtant la moindre des choses – que tous les candidats au poste de diplomate aient effectué leur service militaire…

Il n’y a pas, en effet, qu’en Europe que le parti américain compte des auxiliaires zélés, et on ne manque pas de petits Quisling à Tel-Aviv comme à Paris ou à Bruxelles.

 

Source : Geostrategie.com

La crise de la mer Noire s’enlise; l’Iran fait face à la menace grandissante des États-Unis et de l’OTAN

30 sept

Par Rick Rozoff

Stop NATO

Stop NATO

Alors que Washington annonce, en paroles et en gestes, qu’il planifie d’éventuelles frappes militaires contre l’Iran, la tension monte sur la mer Noire avec la menace d’un autre conflit entre les États-Unis, la Géorgie, État client de l’OTAN, et la Russie.

Le 9 septembre on pouvait lire dans le New York Times qu’« un an à peine après qu’ils sont allés en guerre, la tension croissante entre la Russie et la Géorgie concernant des droits de visite dans une région séparatiste de la Géorgie a créé un nouveau théâtre potentiel pour un conflit [1] ». L’article faisait référence à la récente saisie de plusieurs navires par la Géorgie au large des côtes abkhazes de la mer Noire, apparemment 23 au total cette année.

Le président de l’Abkhazie Sergei Bagapsh a ordonné à la marine de son pays de confronter et, si cela s’avère nécessaire, de couler les navires de la marine et de la garde côtière de la Géorgie en réaction à la saisie forcée de navires civils en eaux neutres par cette dernière, en appelant ces actions par leur nom – piraterie. La marine et la garde côtière géorgiennes sont entraînées par les États-Unis et l’OTAN.

Le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères a souligné les dangers inhérents aux récentes provocations de la Géorgie en prévenant « qu’elles risquent d’aggraver la situation militaire et politique dans la région et pourraient résulter en de sérieux incidents armés [2]. »

Le 15 septembre la Russie annonçait que ses gardes frontaliers détiendront tous les navires violant les frontières maritimes de l’Abkhazie […] [3] »

La Russie aurait non seulement le droit, mais serait dans l’obligation de fournir une telle aide à l’Abkhazie voisine puisque « selon les traités d’assistance mutuelle signés en novembre dernier, la Russie s’est engagée aider l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud à protéger leurs frontières et les signataires se sont accordé le droit d’établir des bases militaires sur leurs territoires respectifs [4] ».

En tentant d’exécuter un blocus maritime contre l’Abkhazie, l’actuel régime géorgien de Mikheil Saakashvili est tout à fait conscient que la Russie est tenue de réagir en raison du traité et de ses intérêts nationaux – la Cour pénale internationale prévoit inclure cette année les blocus des ports et des côtes dans sa liste d’actes de guerre [5]. Ayant subi une cuisante défaite lors de sa dernière escarmouche avec la Russie, la guerre de cinq jours en août l’an dernier, Tbilissi ne risquerait jamais de poser des gestes comme elle le fait actuellement sans le soutien des États-Unis et de l’OTAN.

Des jours après la fin de la guerre de 2008, l’ancien sénateur étatsunien et actuel vice-président Joseph Biden a pris un vol pour la capitale géorgienne afin de promettre 1 milliard de dollars d’aide au pays, faisant de la Géorgie le troisième plus important bénéficiaire de l’aide étrangère étatsunienne après l’Égypte et Israël.

Des navires de guerre des États-Unis et de l’OTAN ont afflué sur la mer Noire en août 2008 et des navires étatsuniens ont visité les villes portuaires géorgiennes de Batoumi et Poti pour livrer ce que Washington a décrit comme étant de l’aide civile. Des sources russes soupçonnaient toutefois que ces navires contenaient de l’équipement militaire destiné à remplacer celui perdu dans le conflit.

Moins d’un mois après la fin de la guerre, l’OTAN a envoyé une délégation en Géorgie pour « évaluer les dommages faits aux infrastructures militaires à la suite d’une guerre de cinq jours entre Moscou et Tbilissi […] [6] ».

Lors d’une rencontre en décembre, les ministres des affaires étrangères de l’OTAN ont convenu d’un Programme national annuel pour la Géorgie et au cours du même mois Washington a annoncé la création de la Charte de partenariat stratégique américano-géorgienne.

Cette semaine, une délégation d’importants experts de l’OTAN en défense et en logistique s’est rendue en Géorgie le 9 septembre « pour promouvoir le développement des Forces armées géorgiennes [7] ». Le 14 septembre, des représentants officiels de haut rang du George C. Marshall European Center for Security Studies des États-Unis sont arrivés aux quartier général du ministère de la Défense géorgien « afin d’étudier des questions de coordination interdépartementale dans la gestion du secteur de la sécurité et de la révision de la sécurité nationale [8]. »

L’intégration militaire continue par le Pentagone et l’OTAN de la Géorgie et l’Azerbaïdjan voisin, qui a également une frontière avec l’Iran, est intégralement liée aux plans militaires d’ensemble en mer Noire et dans tout le Caucase et, de manière encore plus sinistre, aux projets conjoints de guerre contre l’Iran. Par ailleurs l’Université Georgetown de Washington sera l’hôte d’une conférence le 18 septembre sur le partenariat stratégique entre les États-Unis et l’Azerbaïdjan : Les critères bilatéraux et régionaux.

Déjà en 2007, des reportages à ce sujet ont fait surface dans les réseaux d’information bulgare et roumain. Novinite (Sofia News Agency) rapportait que le Pentagone « pourrait utiliser ses deux bases aériennes en Bulgarie ainsi qu’une base aérienne sur la côte roumaine de la mer Noire pour lancer une attaque contre l’Iran […] [9].

Il s’agit des bases aériennes de Bezmer et de Graf Ignitievo en Bulgarie et de celle de Mihail Kogalniceanu près de la ville roumaine de Constanza sur le mer Noire.

Le Pentagone a en tout sept nouvelles bases en Bulgarie et en Roumanie, et en plus du stationnement d’avions de guerre, F-15, F-16 et A-10 Thunderbolts, il a de 3000 à 5000 troupes déployées dans les deux pays en tout temps. Washington a également établi les quartiers généraux permanents de sa Force opérationnelle interarmées Est (FOIE) à la base aérienne de Mihail Kogalniceanu en Roumanie.

Un site web du gouvernement étatsunien donne les détails suivants à propos de la Force opérationnelle interarmées Est : « Toutes les opérations d’entraînement de l’Armée et des Forces aériennes des États-Unis en Roumanie et en Bulgarie seront sous le commandement de la FOIE, laquelle est commandée par le USEUCOM [Commandement des forces des États-Unis en Europe]. Située en Roumanie et en Bulgarie, la FOIE comprendra un petit quartier général permanent (en Roumanie) composé d’environ 100 à 300 employés qui superviseront les rotations des unités de l’Armée étatsunienne de la taille d’une brigade, ainsi que les déploiements de troupes dédiées au maniement d’armes des Forces armées étatsuniennes (Weapons Training Deployments, WTD). L’accès aux installations de formation aériennes et terrestres roumaines et bulgares donnera l’opportunité aux forces de la FOIE de s’entraîner et d’interagir avec les forces militaires à travers la zone entière de 92 pays sous la responsabilité de l’USEUCOM. Les Forces terrestres des États-Unis en Europe (USAREUR) et les Forces de l’armée de l’air des États-Unis en Europe (USAFE) sont impliquées activement dans l’établissement de la FOIE [10]. »carte de l'Anneau d'Asie Centrale

Les quatre bases militaires en Roumanie et les trois bases en Bulgarie auxquelles le Pentagone et l’OTAN ont obtenu un accès indéterminé depuis que les deux pays ont été incorporés à l’OTAN en 2004 permettent des opérations d’ensemble : des déploiements d’infanterie dans la zone et en direction des cibles afghane et irakienne, des pistes pour les bombardiers et les avions de combat à réaction, des convenances de carénage pour les navires de guerre des États-Unis et de l’OTAN incluant des croiseurs Aegis équipés de missiles intercepteurs, des terrains d’entraînement pour les forces spéciales occidentales et les forces armées étrangères s’intégrant à l’OTAN.

S’ajoutant aux bases et aux troupes fournies par la Turquie et la Géorgie – et dans le futur par l’Ukraine – les sites bulgares et roumains sont une composante intégrante des projets des États-Unis et de leurs alliés de transformer la mer Noire en territoire de l’OTAN. Seul le littoral russe ne serait pas contrôlé par l’Alliance, ainsi que celui de l’Abkhazie récemment indépendante, ce qui rend le contrôle de ce pays si essentiel.

La semaine dernière le ministre roumain de la Défense a annoncé l’intention de son pays d’acquérir entre 48 et 54 avions de combat à réaction de nouvelle génération – des F-16 et des F-35 étatsunien ont été mentionnés – dans le cadre d’« une nouvelle stratégie d’acquisition d’avions polyvalents, ce qui signifie d’abord l’achat d’avions pour procéder à la transition vers la cinquième génération d’équipement, dans les 10 à 12 prochaines années [11] ».

Avec le récent changement de gouvernement dans l’ancienne république soviétique de Moldavie, dans la foulée de la violente « révolution Twitter » en avril, le nouveau speaker parlementaire Mihai Ghimpu a parlé ouvertement de la fusion du pays avec la Roumanie voisine, c’est-à-dire de son absorption par cette dernière. La Transnistrie [République moldave de Transnistrie] s’est séparée de la Moldavie en 1990 justement en raison du danger d’être intégrée à la Roumanie. Des combats ont suivi, lesquels ont coûté la vie à quelque 1500 personnes.

La Roumanie est maintenant membre de l’OTAN. Si une guerre civile éclatait en Moldavie et/ou que le combat s’intensifiait entre la Moldavie et la Transnistrie, et que la Roumanie envoyait des troupes — ce qui presque certain – l’OTAN peut invoquer la clause militaire de son Traité, l’Article 5, pour intervenir. La Transnistrie compte1200 Gardiens de la paix russes.

Le voisin de la Transnistrie à l’est est l’Ukraine, liée à la Moldavie par l’alliance GUAM concoctée par les États-Unis (Géorgie, Ukraine, Azerbaïdjan, Moldavie), laquelle collabore à l’exécution d’un blocus contre la Transnistrie. Le président ukrainien Viktor Yushchenko, dont la popularité est actuellement dans les monochiffres, est déterminé à entraîner son pays dans l’OTAN à l’encontre d’une opposition nationale massive et l’on peut compter sur lui pour attaquer la Transnistrie à l’est si un conflit éclatait.

Une source d’information moldave a cité la semaine dernière un leader de l’opposition émettant ce terrible avertissement : « Les minorités ethniques de Moldavie sont formellement contre une union avec la Roumanie. Si nous, qui ne sommes pas d’ethnie moldave, devons défendre le statut d’État de la Moldavie, nous trouverons alors de puissants alliés en dehors de la Moldavie, incluant la Russie. Avec elle, l’Ukraine, la Turquie et la Bulgarie seraient impliquées dans cette bataille. L’année dernière nous avons tous été témoins de la façon dont la Russie a défendu les intérêts de ses ressortissants en Ossétie du Sud et en Abkhazie. Pourquoi croirait-on qu’en cas de guerre civile en Moldavie, la Russie regarderait tout bonnement ses ressortissants mourir? Notre tâche est de prévenir de tels développements [12]. »

En effet, toutes les régions de la mer Noire et du Caucase pourraient s’enflammer si les mandataires occidentaux du GUAM lançaient une attaque sur n’importe quel des soi-disant pays des conflits gelés, soit la Géorgie sur l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud, l’Azerbaïdjan sur le Nagorny-Karabagh et la Moldavie et l’Ukraine sur la Transnistrie. Il se pourrait que les quatre pays soient attaqués simultanément et à l’unisson.

Une attaque contre l’Iran, qui possède une frontière commune avec l’Azerbaïdjan et l’Arménie, offrirait cette opportunité. Cette dernière étant la protectrice du Nagorny-Karabagh deviendrait immédiatement belligérante si l’Azerbaïdjan entamait des hostilités militaires contre le Karabagh.

Le 15 septembre les reportages révélaient que le Bipartisan Policy Center à Washington, DC, fondé en 2007 par l’ancien leader de la majorité au Sénat Howard Baker, Tom Daschle, Bob Dole et George Mitchell, a publié un rapport indiquant en partie que « si des sanctions rigoureuses ne poussent pas la République islamique à démontrer de la sincérité dans les négociations et à abandonner ses activités d’enrichissement [d’uranium], la Maison-Blanche devra commencer à envisager sérieusement l’option d’une frappe militaire menée par les États-Unis contre les installations nucléaires iraniennes [13] ».

Les auteurs du rapport sont Charles Robb, ancien sénateur démocrate de Virginie, Daniel Coats, ancien sénateur républicain de l’Indiana et le général à la retraite Charles Wald, ancien commandant adjoint du Commandement des forces des États-Unis en Europe.

L’Iran aurait 60 jours pour essentiellement abandonner son programme électronucléaire civil. S’il ne capitule pas, l’administration Obama devrait « se préparer de façon manifeste à toute option militaire [incluant] le déploiement d’un groupe aéronaval additionnel au large des eaux iraniennes et à la conduite d’exercices conjoints avec les alliés des États-Unis [14] ».

Installations Nucléaires IraniennesLe principal réacteur nucléaire iranien est en construction à Bushehr et serait une cible principale de toute attaque de missile ou de tout bombardement de la part des États-Unis et d’Israël. En 2006, 3700 experts et techniciens russes, et leurs familles, vivaient dans les environs de ces installations. 

Depuis les huit dernières années, on présume que les États-Unis lanceraient une attaque militaire contre l’Iran d’un porte-avion stationné dans le golfe Persique et qu’Israël le ferait à l’aide de bombardiers à longue portée en survolant l’Irak et la Turquie.

Durant cette période, les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN ont également gagné l’accès aux bases aériennes en Irak, en Afghanistan et au Pakistan (au Baloutchistan, aux frontières de l’Iran) au Kirghizstan et au Tadjikistan, en plus des bases qu’ils possèdent déjà en Turquie.

Washington et Bruxelles ont aussi étendu leur présence militaire en Bulgarie, en Géorgie et en Roumanie sur la mer Noire, ainsi qu’en Azerbaïdjan sur la mer Caspienne, au long de la frontière nord-est de l’Iran.

Des plans d’agression militaire massive contre l’Iran pourraient alors comprendre des frappes aériennes et des frappes de missiles provenant d’endroits bien plus près du pays que ce que l’on soupçonnait auparavant.

La American Defense Security Cooperation Agency a annoncé la semaine dernières qu’elle prévoyait fournir à la Turquie, le seul pays membre de l’OTAN à avoir une frontière commune avec l’Iran, des missiles intercepteurs de théâtre, à savoir la version améliorée à plus grande portée des PAC-3 (Patriot Advance Capability-3), d’une valeur de près de 8 milliards de dollars. Le projet comprend la livraison de presque 300 missiles Patriot destinés à être déployés dans 12 postes de commande en Turquie.

En juin, le gouvernement turc a confirmé que les avions AWACS (système aéroporté d’alerte et de contrôle) de l’OTAN seraient déployés dans la province turque de Konya.

La dernière fois que des missiles Patriot et des AWACS ont été envoyés en Turquie, c’était à la fin de 2002 et au début de 2003, pour la préparation de l’invasion de l’Irak.

Le 15 septembre, le journal des Forces armées étatsuniennes, le Stars and Stripes, a fait paraître un article intitulé « Les forces étatsuniennes et israéliennes testeront la défense antimissiles pendant que l’Iran est dans la tourmente » (U.S., Israeli forces to test missile defense while Iran simmers). L’article comprenait ces détails sur les jeux de guerre biannuels Juniper Cobra : « Quelque 1000 troupes du Commandement des forces des États-Unis en Europe seront bientôt déployées en Israël pour un exercice de défense antimissiles de grande échelle avec les forces israéliennes. »

Cette année, Juniper Cobra se tient en même temps que des préoccupations constantes sur le programme nucléaire iranien, qui fera l’objet de discussions en octobre.

Les troupes étatsuniennes des quatre agences travailleront conjointement avec le même nombre de troupes des forces de la Défense israélienne et participeront à des jeux de guerre simulés par ordinateur […] Pendant l’exercice Juniper Cobra du mois prochain, diverses technologies de défense antimissiles et de défense aérienne seront testées, y compris la bande x contrôlée par les États-Unis [15]. »

Le même article nous informait que cet exercice était l’aboutissement d’une montée en puissance qui avait lieu depuis des mois.

« En avril une centaine de troupes basées en Europe ont pris part à un exercice de défense antimissiles incorporant pour la première fois le système de radar étatsunien déployé au pays en octobre 2008. La bande x étatsunienne est destinée à donner à Israël une alerte rapide advenant un lancement de missile de l’Iran. Depuis près d’un an, une alliance de troupes et d’entrepreneurs étatsuniens gèrent une opération quotidienne de la bande x sur la base aérienne de Nevatim dans le désert de Néguev [16]. »

La même publication révélait deux jours auparavant que le Pentagone a mené la semaine dernière en Allemagne un exercice de contre-insurrection à grande échelle avec la 173e brigade aéroportée et le 12e Combat Aviation Brigade, « le plus important exercice de la sorte jamais effectué par les militaires étatsuniens à l’extérieur des États-Unis […] [17] ». Les deux unités doivent être déployées respectivement en Afghanistan et en Irak, mais pourraient être déplacées en Iran, si cela s’avérait nécessaire. 

Le rôle que les États et clients de l’OTAN situés sur les côtes de la mer Noire pourraient jouer dans un assaut multinational et multi-vectoriel sur l’Iran a été démontré dans la foulée de la guerre russo-géorgienne l’an dernier.

Lors d’une conférence de presse aux quartiers généraux de l’OTAN à Bruxelles il y a un an, l’ambassadeur russe à l’OTAN Dmitry Rogozin « a dit que le renseignement russe avait obtenu de l’information indiquant que l’infrastructure militaire géorgienne pourrait être utilisée pour un soutien logistique des troupes étatsuniennes si elles lançaient une attaque contre l’Iran [18] ».

Rogozin aurait également dit qu’« actuellement l’OTAN s’affaire en Géorgie à restituer sa capacité à surveiller son espace aérien, en d’autres mots, à reconstituer tout le système de localisation et de défense antimissiles détruit par l’artillerie russe ».

« [La restitution des systèmes de surveillance et des bases aériennes en Géorgie] est destinée à un soutien logistique de certaines opérations aériennes de l’Alliance en entier ou des États-Unis en particulier dans cette région. La reconstruction rapide du champ d’aviation et de tous les systèmes prouve qu’une opération aérienne est planifiée contre un autre pays situé non loin de la Géorgie [19]. »

Au début d’octobre l’an dernier, Nikolai Patrushev, secrétaire du Conseil de sécurité russe « a décrit la politique d’augmentation de la présence militaire des États-Unis et de l’OTAN en Europe de l’Est comme une quête de supériorité militaire stratégique sur la Russie. Le représentant officiel a ajouté que les États-Unis auraient besoin d’alliés dans la région si le pays décidait d’attaquer l’Iran [20] ».

Patrushev a affirmé : «  S’ils décident d’attaquer l’Iran avec des missiles et des bombes, les États-Unis auront besoin d’alliés loyaux. Et si la Géorgie est impliquée dans cette guerre, cela représentera une menace additionnelle pour la sécurité nationale de la Russie [21]. »

Plus tard en octobre dernier, un site web azerbaïdjanais rapportait que 100 avions à réaction de l’Armée de l’air iranienne faisaient des exercices près de la frontière du pays et que « des sources militaires des États-Unis avaient signalé que des territoires en Azerbaïdjan et en Géorgie pourraient servir à attaquer l’Iran […] [22] ».

Le journaliste indien Atul Aneja écrivait le même mois dans The Hindu à propos des effets de la guerre russo-géorgienne d’août l’an dernier et donnait cette information : « Les assertions militaires de la Russie en Géorgie et une démonstration de puissance dans certaines parties de l’Asie de l’Ouest [Moyen-Orient], combinées aux préoccupations politiques et économiques de Washington, semblent avoir anticipé les chances d’une frappe prochaine contre l’Iran ».

À la suite des actions de la Russie en Ossétie du Sud et en Abkhazie, le président russe Dimitri Medvedev a reconnu que Moscou était conscient que de sérieux plans d’attaque contre l’Iran étaient sur la table. “Nous savons que certains joueurs prévoient d’attaquer l’Iran. Mais nous nous opposons à toute étape unilatérale et à [une] solution militaire à la crise nucléaire”.

La Russie a pris le contrôle de deux champs aériens en Géorgie d’où étaient prévues des frappes contre l’Iran. Les forces russes ont aussi vraisemblablement récupéré des armes et des drones espions israéliens qui auraient été utiles à la surveillance de cibles iraniennes potentielles [23] ».

Le même journal, citant Dmitry Rogozin affirmant que le renseignement militaire russe avait saisi des documents prouvant que Washington avait entamé « des préparations militaires actives sur le territoire géorgien » pour des frappes aériennes contre l’Iran, a ajouté des informations concernant l’implication israélienne : « Israël avait fournit à la Géorgie des drones sophistiqués Hermes 450 UAV, de multiples lance-roquettes et d’autre équipement militaire que la Géorgie a utilisé, avec des chars d’assaut géorgiens modernisés fabriqués par les soviétiques, dans son attaque contre l’Ossétie du Sud. Des instructeurs israéliens ont par ailleurs aidé à entraîner des troupes géorgiennes [24] ».

Au lieu de voir les guerres de la dernière décennie – contre la Yougoslavie, l’Afghanistan et l’Irak – et l’expansion concomitante de la présence militaire des États-Unis et de l’OTAN dans ces trois pays et dans plusieurs autres dans leur périphérie comme une série d’événements sans liens, on doit voir la tendance pour ce qu’elle est : une stratégie constante et calculée employant chaque zone de guerre successive comme une rampe de lancement pour une nouvelle agression.

Le Pentagone possède d’importantes bases militaires au Kosovo, en Afghanistan et en Irak qu’il n’a pas l’intention d’abandonner. Les États-Unis et ses alliés de l’OTAN ont des bases en Bulgarie, en Roumanie, au Kirghizstan, au Tadjikistan, en Ouzbékistan, au Koweït, au Bahreïn (où se trouve le quartier général de la 5e flotte de la Marine étatsunienne) et dans d’autre pays à proximité des zones de guerres des dix dernières années qui peuvent servir aux conflits des dix, vingt ou trente prochaines années.

Article original en anglais : Black Sea Crisis Deepens As US-NATO Threat To Iran Grows, le 16 septembre 2009.

Traduction : Julie Lévesque

Notes

1) New York Times, 9 septembre 2009

2) Ibid

3) Russian Information Agency Novosti, 15 septembre 2009

4) Ibid

5) Wikipedia

6) Agence France-Presse, 8 septembre 2009

7) Trend News Agency, 9 septembre2009

8)Minist`re de la Défense de la Géorgie, 14 septembre 2009

9) Turkish Daily News, 30 janvier 2007

10) Secrétaire d’État des États-Unis

11) The Financiarul, 9 septembre 2009

12) Infotag, 11 septembre 2009

13) Bloomberg News, 15 septembre 2009

14) Ibid

15) Stars and Stripes, 15 septembre 2009

16) Ibid

17) Stars and Stripes, 13 septembre 2009

18) Russian Information Agency Novosti, 17 septembre 2008

19) Russia Today, 17 septembre 2008

20) Russian Information Agency Novosti, 1er octobre 2008

21) Fars News Agency, 2 octobre 2008

22) Today.AZ, 20 octobre 2008

23) The Hindu, 13 octobre 2008

24) The Hindu, 19 septembre 2008

 

Source : Mondialisation.ca

La chute du capitalisme, c’est aussi la fin d’une religion

29 sept

Capitalism

La crise qui nous frappe aujourd’hui ne serait rien si elle n’était que structurelle, un simple bug mécanique dans une organisation financière et économique essoufflée. Mais non, on a vu déjà qu’elle avait des prolongations civilisationnelles. On peut aujourd’hui constater qu’elle porte en elle l’étouffante marque du sacré.« La Marque du sacré », c’est le titre d’un livre lumineux du philosophe Jean-Pierre Dupuy (éditions Carnetsnord, 2008, 20 euros), qui inspire très librement la petite analyse à suivre sur la situation apocalyptique qui est aujourd’hui la nôtre.

Jean-Pierre Dupuy traite de la façon dont l’être humain a abusivement ramené sa science, pour se poser en rival de ses vieux dieux défaillants.

On a vu comment sombrèrent les précédentes « croyances » en la matière. Celle du prétendu triomphe de la « Raison pure » si chère aux jacobins de Saint-Just (« l’archange de la Terreur » ! ). Celle de cette « fin de l’Histoire » qui devait consacrer le triomphe du prolétaire universel, selon Hegel et Karl Marx.

Pouvait-il en être autrement avec la dernière « religion » en vogue, celle de l’apothéose par le Marché mondialisé et la Nature matée ? Un simple examen un peu distancié de notre paysage confirme l’étendue du désastre. Et de notre déconvenue.

La marche vers l’apocalypse

Nous prétendions supplanter la nature, la manipuler biologiquement et génétiquement. Et nous en sommes venus à considérer comme hostiles et parfaitement déplacées les manifestations naturelles qu’elle nous oppose : la fonte des glaciers polaires, la multiplications des catastrophes climatiques.

Nous pensions défier les lois de la pesanteur et du temps en applaudissant sans plus de retenues nos champions (les « dieux du stade » ! ) « chargés » comme des bourricots. Nous ne faisons même plus mine de nous offusquer de leur dopage éhonté à tous les niveaux et dans toutes les disciplines sans distinction.

Nous avons sacrifié l’apprentissage de l’art de vivre, de la souffrance et de la mort (ce petit « problème à régler »), au culte frénétique et « morbide » de la santé éternelle.

Nous nous sommes abandonnés au régulation d’un Marché, création diabolique des grands prêtres qui nous gouvernent.

Nous nous prosternons au pied d’une croissance destructrice

Nous avons durablement sacrifier l’idée même de démocratie sur l’autel du sacro-saint Argent et des grands-messes médiatiques télévisées.

Nous avons mondialisé le Marché. Nous l’avons divinisé en lui conférant d’autorité un caractère irrémédiable et en lui attribuant le qualificatif définitif de « modernité ».

Nous nous prosternons au pied d’une croissance destructrice et parfaitement dénuée de sens.

Comble du comble, nous avons poussé l’absurde jusqu’à inventer les moyens de notre propre auto-destruction : l’arme nucléaire. Dont il est à nouveau question si brûlante ces derniers temps avec la supposée menace iranienne.

Menace très possible au demeurant, mais pour l’heure, c’est nous qui l’avons, la bombe. Nous qui l’avons utilisée sans l’ombre d’un remords. Hiroshima, Nagasaki, vous avez oublié ? Par ceux-là même qui aujourd’hui prêchent le Bien contre le Mal en massacrant des milliers de civils sous leurs bombardements aveugles.

Mais voilà que tout s’est déréglé.

La panique

Bien des indices montrent que la nature s’est mise en tête de botter ces culs qui voulaient péter plus haut qu’il n’est séant.

Préfigurées par l’effondrement des tours de Manhattan (devenues Ground Zero… du nom de l’endroit précis où explosa la première bombe atomique de l’histoire de l’humanité, le 16 juillet 1945 au Nouveau-Mexique), d’inquiétantes fissures apparaissent qui menacent nos temples.

Dans la mesure où plus personne n’y croit, la hiérarchie des valeurs qui en consolidaient les fondations se disloque. Or, écrit Jean-Pierre Dupuy, « la crise qui accompagne l’effondrement d’un ordre hiérarchique porte un nom : la panique. »

Alors, nous retournons à nos habituels démons. A commencer par ces boucs émissaires (l’émigré, le sans-papier, le musulman de service…) sur lesquels nous soulageons nos nerfs mis à rude épreuve en tentant d’oublier notre impuissance et l’horreur qui nous menace.

Nos grands prêtres se réunissent en conclave (G20) et entonnent des hymnes extasiés au miracle qui seul peut désormais les sauver (la « reprise »).

Les fidèles, laissés sans repères et englués dans les croyances qu’on leur a inculquées (la valeur-travail, la récompense par le mérite et le sens de l’effort…) sont frappés d’hébétude comme statuts de sel en Sodome et Gomorrhe.

Je sens que tu te braques, cher lecteur. Trop, c’est trop, n’est-ce pas ?

Une partie de toi cherche à nier l’évidence. (« Même lorsque nous savons que la catastrophe est devant nous, nous ne croyons pas ce que nous savons », écrit Jean-Pierre Dupuy.)

Une autre partie de toi voudrait faire taire ces prédictions cataclysmiques qui te dégringolent dessus comme des bombes israéliennes sur Gaza.

Remarque, je comprends et partage ton désarroi. Mais pourquoi se formaliser de ce qui nous arrive, et qui était si prévisible ?

D’abord, au regard du cosmos, la tragédie qui nous frappe est tout juste à la mesure de notre indifférence devant le massacre des milliers d’insectes sur nos parebrises quand nous partons en week-end dans nos petites autos.

Ils sont crétins, aussi, ces insectes. Depuis le temps, ils auraient quand même pu comprendre qu’ils ne devaient plus papillonner au-dessus de ces langues de bitume vrombissantes, malodorantes et suffocantes. Qu’il leur fallait mieux rester sur les bas-côtés. Prendre la tangente.

Il est grand temps de nous comporter comme des insectes intelligents, ami lecteur : plutôt que de nier les évidences que nous pressentons, de pleurnicher stupidement sur notre pitoyable sort, essayer de trouver quelques échappées belles à notre portée.

L’arche de Noé

Jean-Pierre Dupuy termine son ouvrage en nous exposant la magnifique parabole de Noé, utilisée par un de ses maîtres à penser, Günther Anders :

Noé « fatigué de jouer les prophètes de malheur », sans que personne ne le prenne au sérieux, s’en fut par les chemins annoncer le déluge comme définitivement acquis aux passants médusés, en les avisant qu’ils étaient eux-mêmes déjà morts.

Gueule de l’auditoire qui demanda à cet étrange bonimenteur quand avait eu lieu ce drame funeste.

« Demain (répondit Noé). Si je suis devant vous, c’est pour inverser le temps, pour que cela [le déluge, ndlr] devienne faux. »

Lors d’un récent entretien sur France Inter, Jean-Pierre Dupuy concluait en affirmant que seule une prise de conscience aigue de l’apocalypse en cours permettrait à l’humanité de trouver les solutions pour y échapper.

Tu vois, lecteur, c’est très simple. Il ne tient qu’à toi de ne plus nier stupidement ce qui te mange les yeux et d’embarquer dare-dare sur les arches du salut qui se présenteront à toi.

Ces arches, heureusement, existent déjà. Ce sont celles que tu qualifies encore bêtement de « marginales » parce qu’elles naviguent encore hors de tes sentiers battus. Déjà loin de ta « religion » dévastée.

Nous voyons bien que devant la menace, les mentalités changent peu à peu. Nous constatons jour après jour, de gré ou contraints, que des chemins parallèles s’entrouvrent. La nature a horreur du vide, sais-tu ?

Les Amap et toutes ces organisations parallèles (que rejoindront forcément un jour, sauf à disparaître, nos producteurs laitiers et tous leurs confrères de l’agriculture aujourd’hui saignés à blanc par les réseaux de la « grande distribution »), toutes ces associations de l’ombre qui suppléent aux carences des services publics, ce système D et d’entraide qui renaît toujours quand il s’agit de pallier au marasme collectif…

Enfin bon, voilà, pèlerin. Tu es fixé, maintenant, j’espère. Tu fais comme tu veux.

 

Source : Rue89

Appel à la Résistance

28 sept

 

www.lesinsoumis.org

http://forums.lesinsoumis.org

Kassovitz a la haine et le fait savoir

28 sept

Par Hicham Hamza

Coup de boule de Mathieu Kassovitz, l‘homme qui a brisé la loi du silence sur le 11-Septembre. Traité de négationniste, l’acteur-réalisateur tient tête en déposant plainte pour diffamation publique à l’encontre de quatre médias dont l’Express et le Journal du Dimanche. En exclusivité, Oumma vous révèle l’identité des deux autres.

Mathieu KassovitzLa caravane est passée et les nouveaux chiens de garde n’ont pas manqué d’aboyer. La semaine dernière, dans l’émission Ce soir ou jamais de Frédéric Taddeï, le réalisateur de La Haine, Mathieu Kassovitz, estimait  « obligatoirement questionnable » la version officielle du 11-Septembre après avoir dénoncé les expéditions guerrières et la « diabolisation de l‘Islam » qui avaient suivi les attentats. Au lendemain de ses déclarations, ô combien politiquement incorrectes, le trublion a été dépeint en dangereux complotiste par divers journalistes à la plume assassine, peu soucieux des nombreuses zones d’ombre de l’affaire.

Le pompon de l’esbrouffe a été remporté par Renaud Revel, rédacteur en chef de l’Express, qui n’avait pas hésité -c’est dans l’air du temps- à comparer le comédien engagé à l’historien Robert Faurisson. Assimiler le descendant d’une famille de déportés, et parrain du collectif  Devoirs de mémoire, à un négationniste patenté, voilà qui ne manque pas de sel. Cet amalgame abject consistant à mettre sur un même plan l’analyse critique du récit politico-médiatique du 11-Septembre et la négation de la Shoah a régulièrement d’illustres défenseurs parmi les faiseurs d’opinion, tel le directeur de Libération, Laurent Joffrin, qui a repris à son compte la même escroquerie intellectuelle lors d’une interview accordée à une radio suisse.

 

Propagandistes contre conspirationnistes

 Se rendant sans doute compte de sa bévue, Revel a tenté, par la suite, de relativiser, au micro de l’expert en investigation, Jean-Marc Morandini, le révisionnisme imputé à Kassovitz, en affirmant qu’il n’était pas, certes, comparable à celui relatif à la seconde guerre mondiale. Trop tard : Revel sera bel et bien poursuivi en justice. On remarquera pour l’occasion la gêne de son hebdomadaire incriminé sur le sujet, l’Express, qui a d’abord relayé vendredi à 18h l’information AFP du dépôt de plainte de manière neutre, avant de pondre, une heure plus tard, un autre papier plus orienté, sous la rubrique intitulée « conspirationnisme », où la différence de ton apparaît dès le titre de l’article : après avoir indiqué dans sa première version de l’info que Kassovitz « poursuit en diffamation », l’Express rectifie subtilement le tir en titrant dans le second papier : « S’estimant diffamé, Kassovitz contre-attaque ». Quel paranoïaque, décidément, ce Kassovitz, à « s’estimer » diffamé pour de telles peccadilles…

Quant à la médaille de la médiocrité journalistique, nulle hésitation : le second heureux élu à la poursuite judiciaire se nomme Lilian Massoulier, auteur d’un blog sur le site du Journal du Dimanche. Ce délicat chroniqueur l’accusait, ni plus ni moins, que de « redonner des couleurs à Goebbels » en raison de l’affirmation, déclarée à l’antenne, de Kassovitz pour qui l’adage associé à la propagande nazie, « plus le mensonge est gros, plus il passe », pouvait éventuellement s’appliquer au récit conventionnel des attentats du 11-Septembre. Le JDD, ayant saisi depuis l’ampleur de la gaffe commise par leur scribouillard, a fait retirer l’article mais une capture d’écran du papier délictueux est toujours visible sur Internet.

 

Facebook, plus fort que l’AFP

La nouvelle d’un dépôt de plainte à l‘encontre de l‘Express et du JDD, annoncée de source judiciaire, a été publiée par l’AFP vendredi vers 16h. Mais cette information circulait déjà la veille, au soir, sur le web, à travers certains sites  : en effet, le réalisateur avait annoncé en primeur sur sa page Facebook, jeudi dès 19h, qu’il  « poursuit en justice 4 journalistes et leur média  pour diffamation ». Ses 600 amis sur le fameux site de réseau social ont donc appris, avant les rédactions, la contre-attaque de Kassovitz. Depuis la diffusion de l’entretien de Taddeï, celui qui « s’estime diffamé », pour reprendre l’expression fallacieuse de l’Express, n’avait pas fait de commentaire dans la presse sur ses déboires.

Par contre, il a régulièrement utilisé Facebook pour exprimer à ses amis et fans tout le mal qu’il pensait des médias, coupables à ses yeux d’incompétence et de légèreté sur le 11-Septembre. A la date du 20 septembre, il défiait ainsi « n’importe quel journaliste et média de pouvoir prouver de façon précise et claire que la version officielle de la commission 911 est la vérité », avant d’ajouter, excédé, à l’adresse des journalistes : « Faites votre travail au lieu de baver sur ceux qui le font à votre place. Vous êtes des lâches sans éthique et sans morale ». Une rancoeur vigoureuse et ancienne : Kassovitz complète le propos sur sa page Facebook, indiquant qu’il avait « déjà dénoncé » les médias en 1997 avec son film Assassin(s) et qu’il continue, « aujourd’hui encore ». Seuls Frédéric Taddeï et Eric Zemmour défendront publiquement, au sein de la profession, le droit au doute exprimé par le réalisateur.


Au bal de l’outrance

L’avocat de Mathieu Kassovitz, William Bourdon, a  fait également savoir à l’AFP que deux nouvelles plaintes allaient suivre dans les prochains jours. Contacté directement, le réalisateur a consenti à dévoiler à l’auteur de ces lignes, avant les autres « journalistes officiels » dont il se méfie particulièrement, une partie du mystère : les deux autres médias dans le collimateur sont France 5 et France Info. Après les groupes privés (Express-Roularta et JDD-Lagardère), c’est donc au service public d’être à son tour poursuivi en justice pour diffamation. Démarche rarissime, et courageuse de la part d’un artiste, également producteur, dont les contrats et la promotion peuvent souvent dépendre du bon vouloir de France Télévisions ou de Radio France.

Sur la chaîne France 5, censée être dédiée à l‘éducation et au savoir , c’est la chroniqueuse Nathalie Lévy qui avait, effectivement, fait tout en finesse et en pédagogie, dans l’émission C à vous, par l’usage de ces mots  : « Kassovitz en Faurisson du 11-Septembre, ça fait froid dans le dos, quand même ! ».

La bêtise odieuse de certains commentateurs provoque parfois le même effet glacial au niveau de l‘échine…Lors de ce débat de pacotille, s’est illustré un autre coupeur de têtes, Nicolas Poincaré, possédé par l’esprit inquisiteur de Torquemada et décidément acharné contre Kassovitz, puisqu’il a réitéré son verbiage offensif dans une émission matinale diffusée sur France Info et présentée par David Abiker, à la fin de laquelle il poussera l‘ignominie jusqu’au bout. En digne émule de Joseph McCarthy, il conclura sa diatribe en s’en prenant sournoisement au responsable de l’entretien détonant, Frédéric Taddeï, accusé sans vergogne de connivence idéologique avec le réalisateur. A noter qu’Abiker, qui reproche, de manière saugrenue, au réalisateur d’avoir mis « en débat la réalité du 11-Septembre » aura, lui aussi, utilisé sa page Facebook pour commenter le sujet du jour et caricaturer Mathieu Kassovitz, avec le recours au langage pathologique, se gaussant du « cas-sovitz »…Sur la même station de radio, Patrice Bertin, l’ex-patron de la rédaction de France Inter, n’a pas hésité, pour sa part, à traiter Kassovitz de « révisionniste », allant jusqu’à faire une allusion, à peine voilée, à Jean-Marie Le Pen et son « point de détail ».


MediaDelirium Tremens

Le délire n’a plus de limites sur certaines antennes. Sur Europe 1, le chroniqueur Frédéric Bonnaud, en tandem loufoque avec Jean-Marc Morandini, a développé le plus sérieusement du monde sa propre théorie du complot selon laquelle l’interview de Kassovitz par Taddeï était en réalité, tenez-vous bien, un coup monté pour faire de l’audience à l’antenne et du buzz sur le web. La station Lagardère comme dernier refuge d’une nouvelle espèce de conspirationnistes radiophoniques, qui l’eût cru ?

Au-delà de ce lynchage médiatique, récurrent dès qu’une personnalité publique revendique l’exercice du doute méthodologique sur le déroulement des attentats de Manhattan et du Pentagone, il sera intéressant d’observer l’évolution de la procédure judiciaire inaugurée avec aplomb par Mathieu Kassovitz. Si la diffamation est reconnue, une jurisprudence en la matière sera établie, libérant la parole critique sur le sujet tabou ; à l’inverse, si la plainte devait être rejetée, il est à craindre que l’omerta ne se renforce, diabolisant davantage quiconque osera pointer du doigt les multiples incohérences et anomalies relatives à la mythologie officielle du 11-Septembre.

Derrière le bras de fer qui alimentera la rubrique people, il en va surtout de la liberté d’expression en France, de ses bastions de résistance comme de sa trahison permanente par ceux, en première ligne, qui sont censés pourtant la défendre : les journalistes. « C’est l’histoire d’une société qui tombe et qui, au fur et à mesure de sa chute, se répète sans cesse pour se rassurer : jusqu’ici, tout va bien, jusqu’ici, tout va bien », pourront-ils également clamer, à l’instar du narrateur du film La Haine, qui concluait la scène culte par ces mots : « Ce qui compte, c’est pas la chute…C’est l’atterrissage ». Les effondrements du World Trade Center n’ont pas fini de causer leur ravage.

 

 

Source

Autres boniments, autres fumisteries

28 sept
Par Paul Craig Roberts

Obama Ahmadinejad

G 20 : Mensonges et déceptions

Les ministres du G20 ont qualifié de succès leur réunion à Pittsburgh, mais, comme le signale Rob Kall sur OpEdNews.com, la principale réussite de la réunion fut de transformer Pittsburgh en « ville fantôme, vidée de ses travailleurs et piétons habituels, mais pleine à craquer de plus de 12.000 policiers SWAT* des quatre coins des États-Unis. »

Les dirigeants des pays du G20, qui représentent 85% du revenu mondial, ne peuvent se réunir dans une ville étasunienne sans 12.000 flics équipés comme les troupes d’assaut de l’empereur dans Star Wars. Et le régime étasunien se plaint de l’Iran.

À propos de l’Iran, les criailleries du gouvernement ont atteint de nouvelles hauteurs de stridence. Le 25 septembre, Obama a dit : « L’Iran enfreint les règles que toute nation doit respecter. » Les chefs des États fantoches, britannique, français, allemand et américain, ont ajouté leur grain de sel, donnant trois mois au gouvernement iranien pour qu’il satisfasse aux demandes de la « communauté internationale, » et renonce, en tant que signataire du traité de non-prolifération, à son droit à l’énergie nucléaire. Au cas où vous ne le sauriez pas, le l’expression « communauté internationale » est l’abréviation pour États-Unis, Israël et Europe, la poignée de pays riches et arrogants qui oppriment le reste du monde.

Qui enfreint ses obligations ? L’Iran ou les États-Unis ?

L’Iran insiste pour que le traité de non-prolifération qu’il a signé soit respecté par le régime étasunien, qui en est l’auteur et qui l’a préconisé. Mais le régime étasunien, aujourd’hui embarqué dans trois guerres d’agression et d’occupation, avec des troupiers dans un certain nombre d’autres pays, maintient que, bien qu’il n’envahisse et n’occupe aucun pays, on ne peut pas se fier à un Iran doté de compétences en matière d’énergie nucléaire, car cette capacité pourrait mener plus tard à un armement nucléaire, comme celui d’Israël, de l’Inde, et du Pakistan, tous non-signataires du traité de non-prolifération nucléaire, des pays qui, contrairement à l’Iran, n’ont jamais été soumis aux inspections de l’AIEA. D’ailleurs, en ce moment même, le régime d’Israël couine et beugle « antisémite » à la suggestion d’être soumis aux inspections de l’AIEA. L’Iran est assujetti aux inspections de l’AIEA depuis des lustres.

Conformément à ses obligations en vertu du traité, le 21 septembre l’Iran a révélé à l’Agence internationale de l’énergie atomique la construction d’une nouvelle installation nucléaire. Le Premier ministre britannique, Gordon Brown, a transformé la confidence de l’Iran en « tromperie en série, » et a déclaré : « Nous ne laisserons pas enterrer cette affaire. »

Quelle affaire ? Pourquoi Gordon Brown pense-t-il que la déclaration de l’Iran à l’AIEA est une tromperie. Ce Premier ministre britannique demeuré veut-il dire que l’Iran prétend construire une installation, mais que ce n’est pas le cas, et, en le prétendant, il trompe ainsi le monde ?

Sorti de la bouche d’un Obama ne voulant pas être en reste d’ineptie, le double langage orwellien a conclu : « Le gouvernement iranien doit maintenant démontrer par des actes ses intentions pacifiques ou être tenu de rendre des comptes devant les chartes et le droit internationaux. »

L’effronterie se joue de l’esprit. Voilà un Obama, avec des troupiers engagés dans des guerres en Irak, en Afghanistan et au Pakistan, exigeant qu’une nation pacifique, en guerre avec personne, « démontre ses intentions pacifiques ou soit tenue de rendre des comptes devant les chartes internationales et le droit international. »

C’est le régime étasunien et ses États fantoches de l’OTAN, et évidemment l’État militariste d’Israël, qui doivent être tenus de rendre des comptes devant le droit international. Selon le droit international, les États-Unis, ses pantins de l’OTAN et Israël sont des régimes de criminels de guerre. Il n’y a aucun doute là-dessus. Le dossier est parfaitement clair. Les États-Unis, Israël et les États fantoches de l’OTAN ont commis des agressions militaires, exactement comme l’a fait l’Allemagne du Troisième Reich, et ils ont assassiné un grand nombre de civils. Adoptant le script du Fuhrer, « les grandes républiques démocratiques » justifient leurs actions désorganisatrices par des mensonges et des fourberies.

Rudy Giuliani, l’ancien procureur qui a monté un coup contre des victimes bien en vue afin d’avoir un nom reconnu pour sa carrière politique, a fait un speech en faveur d’un rassemblement contre l’Iran à New York le 25 septembre. Selon Richard Silverstein d’AlterNet, le rassemblement était sponsorisé par un groupe de lobbying israélien et une organisation ayant des liens avec une organisation terroriste iranienne (sans doute financée par le régime étasunien) qui appelle au renversement violent du gouvernement iranien.

Les démarches faisant monter pression en faveur d’actes de guerre contre l’Iran se poursuivent malgré les déclarations répétées de l’AIEA, de l’inexistence d’indice de programme d’armement nucléaire iranien, et malgré la réaffirmation des agences de renseignement étasuniennes, de l’abandon il y a des années du programme d’armement nucléaire en Iran.

Pendant ce temps-là, le régime étasunien et israélien, si soucieux du droit international et de faire rendre des comptes aux pays qui le violent, ont déménagé le rapport du juge Richard Goldstone pour le mettre hors d’atteinte du Conseil de sécurité.

Pourquoi ?

Le rapport du juge Goldstone constate qu’Israël s’est rendu coupable de crimes de guerre lors de ses terribles attaques militaires contre des civils et des infrastructures civiles à Gaza.

Les continuelles démarches de diabolisation de l’Iran, de la part des deux États bellicistes du monde, les États-Unis et Israël, ont été abordées par Ahmadinejad dans son discours à l’Assemblée générale des Nations Unies (le 23 septembre). Ahmadinejad a parlé des atteintes contre la dignité humaine et les valeurs spirituelles pour les intérêts matérialistes égoïstes des Etats-Unis et leurs États fantoches. À la poursuite de leur hégémonie « sous couvert de liberté, » les États-Unis et leurs marionnettes recourent « aux méthodes les plus abjectes de l’intimidation et de la tromperie » pour dissimuler qu’ils sont « les premiers à violer » les principes fondamentaux qu’ils préconisent et imposent aux autres.

Pourquoi, a demandé Ahmadinejad à l’Assemblée générale des Nations Unies, les pays du monde sont assis-là pendant qu’Israël massacre et dépossède le peuple palestinien ?

Pourquoi, a demandé Ahmadinejad, les pays du monde sont assis-là pendant que les États-Unis expédient des troupiers au Moyen-Orient, à des milliers de miles de chez eux, « propageant la guerre, le sang, l’agressivité, la terreur et l’intimidation dans toute la région, » tout en faisant porter le chapeau de cela aux pays qui subissent l’agression flagrante de l’Occident ?

Ahmadinejad a dit à l’Assemblée générale ce que la plupart des représentants de l’ONU savent déjà, que « l’égoïsme et la cupidité insatiable ont pris la place des principes humanitaires comme l’amour, le sacrifice, la dignité et la justice… Le mensonge a remplacé l’honnêteté, l’hypocrisie a relayé l’intégrité et l’égoïsme s’est substitué au sacrifice. La tromperie en affaires étrangères est qualifiée de prévoyance et de qualité d’homme d’Etat, le pillage des richesses d’autres nations est baptisé mesure de développement, l’occupation est dite être un cadeau favorisant la liberté et la démocratie, et les nations sans défense sont soumises à la répression au nom de la défense des droits de l’homme. »

Cela ne pouvait pas être dit plus clairement. Pourtant, si le discours d’Ahmadinejad est rapporté aux États-Unis par la presse écrite et la télévision, ses déclarations seront prises hors contexte et serviront à rendre furieux les conservateurs et les Sionistes chrétiens afin de les unir derrière Obama et les Israéliens pour attaquer l’Iran.

Comme Rome, les États-Unis seront heureux seulement quand ils seront face à tant d’ennemis et de guerres qu’ils ne pourront survivre.

 

* Ndt : SWAT est l’abréviation de Special Weapons And Tactics ou armes et tactiques spéciales.

Texte original en anglais: More Lies, More Deception vdare.com/roberts/090925_g20.htm, le 25 septembre 2009.

Traduction : Pétrus Lombard

Paul Craig Roberts fut ministre des Finances adjoint dans l’administration Reagan. Il est coauteur de The Tyranny of Good Intentions. Il peut être contacté à l’adresse : PaulCraigRoberts@yahoo.com.

Une guerre contre l’Iran. Le compte à rebours s’accélère (+ vidéo)

28 sept

Par Jules Dufour

Iran After Iraq

Les maîtres du monde se préparent pour une autre conquête: une guerre contre l’Iran afin de reprendre le contrôle de ce pays. Les nombreux gestes posés récemment en ce sens par les grandes puissances nucléarisées, les Déclarations sur le désarmement nucléaire global dans l’enceinte de l’ONU, les justificatifs pour des sanctions additionnelles invoqués tels que la construction en secret annoncée d’une nouvelle usine de production de combustible nucléaire, la poursuite du processus de diabolisation du régime de Téhéran et de son président sont autant d’indices précurseurs d’une mobilisation sans précédent des pays nucléarisés contre l’Iran. Quel est le scénario le plus vraisemblable en préparation ? Une attaque ciblée des installations nucléaires iraniennes? Une série de raids aériens effectués contre les principales villes du pays afin de détruire les actifs industriels ? Une infiltration dans les milieux politiques afin de déstabiliser les institutions nationales ? Créer une atmosphère propice aux violences urbaines ? L’imposition de sanctions encore plus sévères ? Voilà autant de voies qui sont sans doute susceptibles d’être examinées depuis un certain temps par les stratèges occidentaux.

« Le président Barack Obama, en effet, a sommé vendredi l’Iran de faire toute la lumière sur ses activités nucléaires à une réunion cruciale prévue le 1er octobre et prévenu la République islamique que le monde était plus uni que jamais pour l’empêcher d’avoir la bombe atomique » (http://www.cyberpresse.ca). Il a déclaré par la même occasion : « L’Iran viole les règles que toutes les nations doivent suivre, mettant en danger le régime de la non-prolifération…et la sécurité du monde » (Le Devoir).

Il a ajouté à l’instar de son prédécesseur à la Maison-Blanche : « J’ai toujours dit que nous n’écartons aucune option quand il s’agit des questions de sécurité nationale américaines, mais je veux à nouveau insister sur le fait que ma préférence va à une solution diplomatique », a-t-il dit lors d’une conférence de presse. (Cyberpresse).

Puis, le cortège des menaces a suivi: « Je crois que l’Iran est prévenu: quand nous les rencontrerons le 1er octobre (à Genève), il va falloir qu’ils fassent toute la lumière et il va falloir qu’ils fassent un choix, a-t-il dit ». Le président a prévenu l’Iran qu’il allait au-devant de nouvelles sanctions s’il ne s’exécutait pas. Il a dit avoir observé cette semaine « une démonstration d’unité sans précédent » à l’Assemblée générale des Nations unies et au sommet des pays avancés et des grandes économies émergentes à Pittsburgh. Une telle « solidarité n’est pas courante. Quiconque a suivi les réponses qu’on faisait à l’Iran aurait douté il y a seulement quelques mois qu’une réaction aussi rapide était possible », a-t-il dit. Les mêmes propos ont été tenus par le président français, Nicolas Sarkozy : « Nous sommes face à un défi lancé à la communauté internationale. Si d’ici au mois de décembre il n’y a pas de changement profond de politique de la part des dirigeants iraniens des sanctions devront être prises. Tout, absolument tout, doit être mis sur la table » (L’Iran s’invite au G20, Le Journal de Québec, le 26 septembre 2009, p. 32).

Pourquoi cette offensive contre l’Iran s’est-elle intensifiée au cours des dernières semaines ? Pourquoi y a t-il urgence d’agir maintenant ? Il est permis de trouver, en partie, une réponse dans les éléments suivants : Le retrait des troupes étatsuniennes de l’Irak peut être vu comme une défaite qu’il importe de faire oublier par un détournement de l’opinion publique vers la question du programme nucléaire de l’Iran, la descente aux enfers des contingents de la coalition en Afghanistan et le SOS lancé par le général Stanley A. McChrystal pour des renforts substantiels (entre 10 000 et 15 000 soldats de plus) devant être déployés d’urgence (Secretary of Defense Memorandum 26 June 2009. Initial United States Forces – Aghanistan (USFOR-A) Assessment), la pression exercée par Israel pour une intervention militaire contre l’Iran par les États-Unis à la suite des déclarations répétées du président de l’Iran concernant l’Holocauste et l’existence même d’Israel, la construction d’une seconde usine de production de combustibles nucléaires et, enfin, la mobilisation de ressources considérables pour la guerre pouvant entraîner des retombées significatives sur l’économie des principaux pays producteurs et exportateurs d’armements.

L’Iran. Une menace d’envergure mondiale ?

Cette question est posée depuis des années. En quoi l’Iran peut-il être une menace suffisamment élevée pour l’ensemble des pays du monde pour obliger la conception d’une stratégie en vue de l’anéantir ? Quels sont les fondements de la profonde appréhension de la part des pays occidentaux vis-à-vis du programme de développement nucléaire de l’Iran ? Les enquêtes sur le terrain des inspecteurs de l’Agence internationale de l’Énergie atomique (AIEA) n’ont pas permis d’en arriver à la conclusion formelle que l’Iran était sur le point de construire une bombe atomique. À l’intérieur du débat concernant le bouclier antimissile des craintes ont été formulées par les tenants de ces dispositifs de défense ou d’interception sur les capacités de l’Iran de disposer bientôt d’armements nucléaires. C’est ainsi que ceux-ci, dans le doute, ont recommandé alors d’installer un parapluie protecteur pour contrer cette menace potentielle et ce à n’importe lequel prix.

Cette crainte est alimentée sans cesse par les adeptes de la défense antimissile, mais elle reste au niveau des soupçons. Selon eux, l’Iran possèderait tous les éléments lui permettant de construire une bombe nucléaire et il possède les vecteurs de courte et de moyenne portée capables d’atteindre de nombreuses cibles sensibles de façon efficace, y compris le territoire de l’État hébreu. Ce qu’il importe pour les puissances occidentales c’est de maintenir un doute fondé sur des faits vraisemblables (vérifiés ou non) dans l’esprit de la population des pays nucléarisés. Ce doute pourrait par conséquent être suffisant pour préparer une intervention armée et de la justifier.

Le support de la Russie et de la Chine

L’abandon par les Etats-Unis du projet de bouclier antimissile en Pologne et en République tchèque annoncé le 17 septembre dernier laissant place à un autre dispositif plus souple, soit un bouclier antimissile doté d’intercepteurs de courte et de moyenne portée et l’invitation adressée à la Russie lui demandant de collaborer avec l’OTAN pour mettre au point un système commun de défense antimissile seraient des gestes posés par les Étatsuniens destinés à réchauffer leurs relations avec la Russie et obtenir ainsi de sa part un appui dans la prise de contrôle de l’Asie centrale et éventuellement de celle de l’Iran .

Ce qui a été recherché lors de la dernière réunion du Conseil de sécurité et durant le Sommet de Pittsburgh c’est l’aval tacite de la Russie et de la Chine aux décisions prises par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni concernant la question du nucléaire iranien. Le président de la Russie, Dmitri Medvedev, de même que le Premier Ministre de la Chine, Wen Jiabao, ont ainsi exprimé qu’ils n’étaient pas en désaccord avec le principe de l’imposition de sanctions contre l’Iran. C’est ainsi que les forces impériales arrivent à un consensus quand il en va de leurs prérogatives et de leurs intérêts communs. Selon le président Obama « non seulement les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont rendu publics les nouveaux manquements iraniens aux obligations internationales, mais «on a aussi vu la Chine et la Russie publier des communiqués appelant à une enquête immédiate», a-t-il dit » (Cyberpresse).

Conclusion 

Si les nombreux reproches faits à l’Iran concernant le volet militaire non dévoilé de son programme de développement nucléaire s’avèrent fondés, si des actes de soumission de la part des Iraniens ne sont pas posés face aux diktats des pays occidentaux la méfiance à l’égard de l’État iranien ne pourra que s’accentuer en Occident au cours des prochains mois. Il est à craindre alors que l’option militaire soit envisagée comme étant la seule voie pour résoudre cette crise générée par les grandes puissances.

Ce qui est sur la table c’est la question globale de la transparence concernant les arsenaux nucléaires. Dans les faits, les membres du Club nucléaire et les autres pays nucléarisés ne présentent pas toutes les composantes de leur programmes de développement de leurs armements nucléaires et de leurs projets de transferts des technologies nucléaires. Cette situation a d’ailleurs été déplorée à plusieurs reprises par le secrétaire général de l’ONU. Ce qui est en jeu est le comportement des pays nucléarisés eux-mêmes qui ne respectent pas les dispositions du Traité de Non Prolifération nucléaire (TNP). Dans un tel contexte, ce qui réclamé par l’Iran c’est d’abord des gestes concrets de la part des grandes puissances concernant le désarmement nucléaire. Un monde sans armes nucléaires sera possible quand le principe de l’équité sera respecté. La politique de deux poids deux mesures préconisée par l’Occident ne peut que nous entraîner tous dans l’impasse et le chaos et c’est la raison pour laquelle l’on souhaite en arriver, le plus tôt possible, à la conclusion d’un «Traité de désarmement général et complet sous strict contrôle international».

Références

ANONYME. 2009. L’Iran s’invite au G20. Le Journal de Québec, le 26 septembre 2009, p. 32.

AFP. 2009. Nucléaire iranien: une histoire d’espions qui soulève bien des questions. Cyberpresse, le 25 septembre 2009. En ligne : http://www.cyberpresse.ca/international/200909/25/01-905597-nucleaire-iranien-une-histoire-despions-qui-souleve-bien-des-questions.php

AFP. 2009. Obama n’écarte pas l’option militaire face à l’Iran. Cyberpresse. Le 25 septembre 2009. En ligne : http://www.cyberpresse.ca/international/etats-unis/200909/25/01-905686-obama-necarte-pas-loption-militaire-face-a-liran.php

DINUCCI, Manlo. 2009. Israël est en train de préparer l’attaque contre l’Iran. Il Manifesto. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM), le 18 juillet 2009. En ligne : http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=14434

DUFOUR, Jules. 2009. Une guerre mondiale au secours de l’Empire américain. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 3 mars 2009. En ligne: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=12533

DUFOUR, Jules. 2009. Le grand réarmement planétaire. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 5 mai 2009. En ligne: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=13162

DUFOUR, Jules. 2009. L’ingérence de l’Occident dans les élections iraniennes. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 23 juin 2009. En ligne: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=14059   

DUFOUR, Jules. 2009. Washington se dit prêt à négocier avec l’Iran. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 12 juillet 2009. En ligne: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=14338

DUFOUR, Jules. 2009. Les États-Unis et le désarmement nucléaire. Appel à l’armistice avant la chute de l’empire? Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 15 septembre 2009. En ligne : http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=15224

FELLER, Ben et George Jahn. 2009. Obama, Sarkozy et Brown accusent l’Iran de construire en secret une usine nucléaire. Journal Le Devoir, 26 et 27 septembre 2009, p. A9. En ligne : http://www.ledevoir.com/2009/09/26/268803.html

FRANCE. DIPLOMATIE. 2009. Question nucléaire. Rapport de l’AIEA concernant le programme nucléaire iranien (31 août 2009). En ligne : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo_833/iran_420/question-nucleaire_4050/rapport-aiea-concernant-programme-nucleaire-iranien-31.08.09_76088.html

Le MONDE. 2009. Après quatre rendez-vous internationaux la «philosophie» diplomatique de Barack Obama. Journal Le Devoir, les 18 et 19 juillet 2009. En ligne : http://www.ledevoir.com/2009/07/18/259507.html

LÉVESQUE, Claude. 2009. Le nouveau consensus sur le nucléaire. Un nouveau pas vers le désarmement a-t-il été franchi par l’ONU? Journal Le Devoir, 26 et 27 septembre 2009, p. C2. En ligne : http://www.ledevoir.com/2009/09/26/268760.html

McKRYSTAL, Stanley A. 2009. Secretary of Defense Memorandum 26 June 2009. Subject : Initial United States Forces – Afghanistan (USFOR-A) Assessment. Juin 2009. 66 pages.

NABA, René. 2009. Iran-Israel : Les enjeux sous-jacents de la confrontation. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 11 septembre 2009. En ligne  http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=15165

RUDMIN, Floyd. 2008. Les conséquences des bombardements sur les installations nucléaires de l’Iran. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 30 avril 2008. En ligne : http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=8851

 

Source : Mondialisation.ca

 

Gros plan sur les manoeuvres politiques entamées par Washington à l’échelon international afin de contrer l’ascension de l’Iran parmi les puissances régionales du Moyen-Orient. Mais quels sont les objectifs réels de George Bush ? Pourquoi entretient-il les tensions ? De quels moyens de riposte dispose vraiment Téhéran ? Une enquête de Florent Chevolleau pour Jeudi Investigation.

Première partie

 

Deuxième partie

 

Troisième partie

Le monde en 2020 selon la C.I.A.

27 sept

C.I.A.

www.globeco.fr/CIA.htm
  
Pour vous, et pour moi aussi jusqu’à récemment, la CIA (Central Intelligence Agency) était sans doute un organisme mystérieux fermé  à toute publication sur Internet ; eh bien, détrompons-nous : non seulement la CIA a un site Internet, mais encore on peut y trouver des informations très intéressantes pour tous ceux qui, à l’image des lecteurs de GLOBECO, veulent comprendre le monde d’aujourd’hui et de demain …

Ainsi, cette vénérable institution vient de publier, sous le timbre de son « Conseil national de l’intelligence » (eh oui !) une étude passionnante de 123 pages qui s’appelle : « Projet 2020 du conseil national de l’intelligence » (en Anglais : « National Intelligence Council’s 2020 project »), que vous pouvez trouver très facilement in extenso sur le site de la CIA ; à vrai dire, ce n’est pas la première fois que la CIA se livre à cet exercice : dans le numéro de GLOBECO consacré à 2020, j’avais déjà fait mention de ces travaux que la CIA renouvelle tous les 5ans ; la dernière fois, l’étude concernait 2015 ; cette fois, l’horizon est 2020. 

La méthode est toujours la même : la CIA désigne deux ou trois « chefs de projet » parmi les plus prestigieux des chercheurs du monde entier, ou du moins des Etats Unis ; ces derniers s’entourent eux-mêmes des meilleurs « stratèges »  mondiaux, et pas seulement américains ni occidentaux, concernant les grands problèmes du monde actuel ; ils tiennent des journées de travail dans toutes les grandes régions du monde, depuis l’Inde et l’Afrique du Sud jusqu’à la Hongrie et le Chili, et il en sort un rapport très argumenté, agrémenté d’un résumé très bien fait d’une dizaine de pages qui vous évitera de lire le texte entier si vous êtes pressé ou si vous lisez difficilement l’Anglais ; GLOBECO vous offre une autre solution : lire cet article, soit pour solde de tout compte, soit pour vous donner envie de lire le texte ou du moins son résumé.

  Quelles sont donc les grandes tendances (trends) qui marqueront le monde de 2020 ?

1 - Première « mégatendance » (megatrend) : la mondialisation

Sans aucun doute, c’est la mondialisation qui sera la marque principale du monde de 2020, dans la mesure où elle  influencera tous les autres aspects ; cette mondialisation est considérée comme inéluctable, sauf guerre ou crise économique majeure, et elle aura des conséquences bénéfiques : en particulier, la création mondiale de richesses devrait être supérieure en 2020 de 80 % par rapport  ce qu’elle est aujourd’hui, mais elle ne sera pas uniformément répartie et des régions entières comme l’Afrique subsaharienne resteront à la traîne.
 

Les auteurs du rapport considèrent que cette croissance  supplémentaire et très importante pourra se faire sans que se posent des problèmes insupportables de disponibilité en énergie ou d’environnement : les chercheurs et les industriels seront dans ces domaines plus efficaces que les gouvernements.

Autre point fort du rapport : les pays  qui profiteront le plus de la mondialisation seront  ceux qui sauront mettre en œuvre et développer les nouvelles technologies de l’information, mais plus encore les biotechnologies et les nanotechnologies.
      

Les lecteurs de GLOBECO n’auront aucune peine à suivre les auteurs du rapport sur ce premier point : GLOBECO a été créé il y a près de 10 ans en partant de l’idée que la mondialisation serait la tendance majeure du début du 21 ème  siècle.

2 – Deuxième grande tendance des années qui viennent : l’émergence de la Chine et de l’Inde.

Le 21ème siècle sera celui de l’Asie, comme le 20ème a été celui des Etats Unis, et la mondialisation sera de moins en moins occidentale et de plus en plus asiatique  : telle est la conviction de nos auteurs, non seulement pour des raisons démographiques, mais aussi parce que la Chine et l’Inde auront acquis en 2020 une puissance économique, financière, technologique  et militaire telle que ces deux pays surpasseront, par exemple, n’importe quel pays européen en influence et en pouvoir.

Le rapport indique également que le Brésil et l’Indonésie pourraient être les grands gagnants du bouleversement mondial des années à venir ; par contre, l’Union européenne, la Russie et le Japon devraient perdre de l’influence dans le grand jeu mondial, notamment du fait de leur déclin démographique.

Le résultat devrait être un bouleversement complet des notions qui sont aujourd’hui les nôtres concernant les rapports Nord-Sud, Est Ouest, pays alignés et non alignés, pays développés et pays en développement : un nouveau monde est en train de naître sous nos yeux !

Pourtant, en 2020, une réalité existera toujours : la prépondérance des Etats Unis, mais leur puissance  pourrait et devrait être érodée par les nouveaux acteurs mondiaux venus d’Asie.

3 – Troisième grande tendance : des « gouvernances » plus difficiles et une insécurité envahissante

Les Etats continueront à être la base de la puissance  et de la gouvernance mondiale, mais il leur sera de plus en plus difficile d’exercer leur pouvoir : la mondialisation, notamment avec Internet,  rendra plus ardu l’exercice du pouvoir national, pendant que les grandes entreprises mondiales et les ONG auront de plus en plus de pouvoirs et de moyens, aux dépens des Etats condamnés par la démocratie à lorgner le court terme.

L’autre grande difficulté viendra de l’émergence d’une contestation de la démocratie et des valeurs occidentales par l’Asie,  par l’Islam et par des mouvements religieux attachés à privilégier le choc des civilisations plutôt que l’avènement de la démocratie libérale ; encore heureux si ces mouvements contestataires d’inspiration ethnique ou religieuse ne se procurent pas, d’ici à 2020, des armes de destruction massive, notamment chimiques ou biologiques plutôt que nucléaires. Le rapport évoque ouvertement un risque de recul de la démocratie dans le monde, même s’il est assez confiant sur l’évolution de la Chine dans ce domaine.

Plus difficile sera également la gouvernance au  niveau international ; visiblement, pour les auteurs du rapport, l’ONU et son immense machine, qualifiée d’obsolescente,  ne sont pas capables de faire face à tous ces dangers qui incluent la grande criminalité internationale  !

Du coup, le risque d’une insécurité envahissante existe bien, même si le monde sera plus riche grâce à la mondialisation ; le choc de cette dernière et les bouleversements qu’elle implique seront tels en effet que même les classes moyennes des pays développés seront touchées par les délocalisations ; la conséquence sera une grande instabilité, du fait que les gouvernements risquent d’être plus faibles, que les économies des pays développés croîtront moins vite, que les mouvements religieux exploiteront ces situations et que les jeunes sans avenir des pays pauvres seront disponibles pour suivre n’importe quel extrémiste.
 

Certes, il n’y a pas a priori de risque d’escalade vers un grand conflit mondial, mais on ne peut exclure des conflits militaires régionaux, non seulement au Moyen Orient, mais aussi au Cachemire, entre les deux Corée  et dans le détroit de Formose entre la Chine et Taïwan.
 

Face à cette situation, il appartiendra aux Etats Unis de tisser des relations plus confiantes avec l’Union européenne et plus fortes avec les grandes nations asiatiques, mais il faut également savoir que, d’ici à 2020, les Etats Unis seront toujours les seuls à pouvoir s’opposer réellement aux mouvements terroristes et à pouvoir maintenir ou rétablir la paix dans les endroits les plus dangereux de la planète ; pour les auteurs du rapport, cela requiert une profonde réflexion sur les moyens de mettre en place  un nouvel ordre international !

– Les 4 scénarios

Le premier scénario est intitulé  « Davos world » : c’est un monde où la croissance, le développement et la démocratie l’emportent sur tout le reste et où la pauvreté, la misère et la violence ont de moins en moins de place ; c’est le scénario optimiste par excellence ;

Le second scénario est intitulé : « Pax americana » : dans ce scénario, les Etats Unis accentuent leur rôle de gendarme du monde et éteignent l’un après l’autre les incendies qui naissent ici et là ;

Le troisième scénario est intitulé : « A new califate » : dans ce scénario, les musulmans constituent une vraie puissance mondiale capable de rivaliser avec l’Occident considéré comme un ennemi ;

Le quatrième scénario est intitulé : « Cycle for fear » ; dans ce scénario, les mesures de sécurité sont poussées à un tel point dans le monde qu chacun se demande s’il ne vit pas dans un monde digne d’Orwell !

Le rapport indique que ces 4 scénarios ne sont pas exclusifs et qu’ils peuvent interférer les uns avec les autres.

5 – Quelques remarques

Globalement, je suis d’accord avec les conclusions de ce rapport, comme en témoigne tout ce que j’ai écrit dans GLOBECO et dans les articles rassemblés sur mon site Internet (www.globeco.fr) sous la rubrique : « Il ne faut pas désespérer la planète. »
 

Quelques remarques, voire quelques critiques, me paraissent cependant pouvoir être faites : 

D’abord, il me semble que les éléments démographiques ne sont pas assez présents dans le rapport ; certes, ces éléments sont pris en compte pour expliquer la plus grande  influence probable de la Chine et de l’Inde et la moindre influence probable de l’Europe, du Japon et de la Russie, mais ils n’entrent pas en ligne de compte mondialement ; or, il est bien certain que le problème se posera de plus en plus au niveau mondial, au fur et à mesure qu’on s’approchera du maximum de population mondiale, c’est à dire entre 2050 et 2060 ; on n’y est pas encore mais il serait dommage de l’ignorer ; vous pouvez consulter à ce sujet mon article intitulé ; « Démographie mondiale, attention, danger ! » sur mon site Internet www.globeco.fr, rubrique : « il ne faut pas désespérer la planète ».

Ensuite, les comparaisons entre pays sont faites à partir de chiffres en dollars calculés selon la méthode des dollars courants ; il me semble qu’il serait préférable de prendre la méthode de la parité de pouvoir d’achat, qui permet de mieux comparer les pays entre eux ; ainsi, si on prenait la méthode des dollars en parité de pouvoir d’achat, on verrait que le PIB global de la Chine risque de dépasser le PIB des Ets Unis avant 2025, ce qui ne se voit pas du tout si on choisit exclusivement l’autre méthode !

De la même façon, je suis surpris que le rapport mette sur le même pied l’émergence de la Chine et de l’Inde en tant que puissances économiques ; en réalité, la puissance économique chinoise sera pratiquement au même niveau que celle des Etats Unis dès 2020-2025, mais il faudra attendre au moins 10 ans de plus pour que l’Inde se retrouve au même niveau que les Etats Unis en termes de puissance économique globale ; par ailleurs, je ne suis pas sûr que le Brésil et l’Indonésie accèdent en 2020 au statut de grande puissance mondiale ; il y a tellement d’incertitudes concernant le développement de ces deux pays !

Autre surprise : le rapport me paraît traiter avec un certaine désinvolture le changement climatique : point n’est besoin d’être un ayatollah de l’écologie pour savoir qu’il s’agit d’un vrai problème et que les Etats Unis devraient s’en soucier dès à présent comme nous tous !

Enfin, le rapport passe également sous silence les risque économiques que font courir au monde les déficits budgétaires et commerciaux des Etats Unis ; pourtant, il s’agit là sans doute d’un des dangers principaux de crise économique et financière grave que court notre monde : pourquoi l’ignorer ?

Pierre le Roy
Directeur de GLOBECO
www.globeco.fr

Quand l’Amérique compare Obama à Hitler

27 sept

Par Armelle Vincent

Hitler scandant le slogan d'Obama

Je descendais Artesia boulevard cet après-midi lorsque, devant le bureau de poste, j’ai vu deux hommes jeunes, un noir et un blanc, debout sous des parasols, encadrant deux affiches effarantes. L’une montrait Obama avec une fine moustache et la légende « I’ve changed ». Sur l’autre, on voyait le président américain et le gouverneur californien Arnold Schwarzenegger, portant aussi moustache, et en grosses lettres noires « Stop your Hitler policy or we will impeach you » (Mettez fin à votre politique hitlérienne ou nous lancerons une procédure de destitution contre vous).

Sur le trottoir était dressée une table de pique-nique avec une pile de magazines dessus. Le gros titre d’une couverture disait : « Act Now to Stop Obama’s Nazi Health Plan ! » (agissez maintenant pour stopper la réforme nazie de la santé d’Obama). Il était accompagné d’une autre photo d’Obama en bras de chemise à côté d’un Hitler hilare.

Je me suis arrêtée pour parler aux deux hommes, Jared et Hussein de leur petit nom. On a tous vu ces affiches absurdes dans les journaux et à la télé. Mais je dois dire que les découvrir sur une artère de Redondo Beach m’a fait froid dans le dos. Pourtant, le pire était encore à venir.

Obama Hitler« Comment osez-vous comparer Obama à Hitler ? », ai-je demandé aux deux sbires de Lyndon Larouche, puisque c’est pour ce personnage secondaire extravagant de la politique américaine, grand consommateur de théories du complot, que Jared et Hussein travaillent.

« C’est simple », a répondu Hussein. « Obama veut mettre en place des commissions de la mort (les fameux “death pannels”). C’est comme ça que Hitler a commencé. En assassinant des gens de son propre peuple. »

Les médias ont transformé les Américains en zombies. Obama est une marionnette dont le but est de détruire son pays, expliquent en cœur Jared et Hussein. Des bureaucrates décideront de la vie et de la mort des personnes âgées.

Un homme, la soixantaine, sort de la poste. Hussein l’interpelle :

- Voulez-vous nous aider à nous débarasser d’Obama ? lui demande-t-il.

- Que faut-il que je fasse ? rétorque le passant.

 

Hussein lui débite son speech sur les similitudes entre Obama et Hitler. L’homme ne bronche pas. Au contraire.

- Ces affiches ne vous offensent-elles pas ? je lui demande.

- Pas du tout. Je trouve qu’elles décrivent assez bien la réalité. Obama est un dictateur, une espèce de socialiste. Il veut détruire notre système de santé.

 

- Mais il n’y a rien dans le texte de la réforme qui parle de commissions de la mort !

 

- Non, mais il suffit de lire entre les lignes.

 

Pendant ce temps, Jared essaie d’attirer les passants en criant des trucs du style « Obama veut euthanasier vos parents », « Obama veut vous tuer », « Voulez-vous mettre Obama sous la supervision d’un adulte ? » ou encore « Vous voulez mettre un coup de pied au cul à Obama ? »

Personne ne semble choqué. Presque tous les passants s’approchent de la table de pique-nique et jettent un oeil sur la pile de magazines. La juxtaposition d’Obama et de Hitler ne semble indisposer personne.

Après avoir écouté attentivement la tirade de Jared, une jeune femme demande un complément d’informations.

- Merci de m’informer, dit-elle. Vous parlez de questions que je ne connais pas bien. Mais je ne demande qu’à en savoir plus. Pouvez-vous me donner de la documentation ?

 

Et la voilà qui repart avec la photo d’Obama déguisé en Hitler sous le bras.

Flippant…

Je demande à Jared et Hussein s’ils ont fait bonne recette aujourd’hui. « Assez bonne pour que nous ayons décidé de revenir », répond Hussein. Ont-ils rencontré une quelconque hostilité ?

- Oui, une fois dans l’après-midi, rigole Hussein. Une vieille femme qui a fait un scandale en m’accusant d’être un traître à ma race. Elle était dans tous ses états. Elle a même appelé la police.

 

Apparemment, trois agents de police sont venus voir de quoi il s’agissait. La vieille dame en a pris pour son grade.

- On est dans un pays qui défend encore la liberté d’expression, explique Jared.

 

Photo : Hitler avec le slogan d’Obama et Obama grimé en Hitler sur une affiche (Cleanmachine/Flickr. D.C.Atty/Flickr). L’affiche de Larouche comparant Obama à Hitler (DR).

Source : Rue89

Obama face aux guerres saintes du Moyen-Orient

27 sept

Par William Pfaff

Les mythes et les traditions recueillis dans les écrits que les religions attribuent aux dieux et aux prophètes sont doués d’une force incomparable. En autorisant les hommes à croire qu’ils accomplissent une volonté supérieure, ils peuvent démultiplier les énergies, à hauteur de l’abandon du sens critique. Lorsque c’est le cas, le pire est à craindre. Notant que « Benjamin Netanyahu n’a pas été élu pour négocier une solution allant à l’encontre de [la] volonté divine, mais pour prévenir toute résolution du conflit en bloquant toute perspective de négociation », l’historien William Pfaff s’interroge sur les chances de succès d’Obama au Moyen Orient et les conséquences éventuelles d’un nouvel échec du processus de paix.

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Antiwar

Il semble qu’une erreur ait été commise lorsque le président Barack Obama a nommé l’ex-sénateur George J. Mitchell en tant que représentant spécial, chargé de trouver une issue à l’impasse où se trouve le conflit israélo-palestinien.

Le président et M. Mitchell paraissent avoir cru que ce problème puisse relever d’une négociation entre deux parties catégoriquement opposées mais finalement réconciliables.

C’était sans doute une hypothèse raisonnable. D’autant plus que le succès le plus remarquable de George Mitchell avait été obtenu en Irlande du Nord, où il avait joué le rôle d’intermédiaire entre le gouvernement Clinton, l’IRA provisoire et les loyalistes d’Irlande du Nord.

Le conflit entre ces deux communautés était à l’origine religieux – comme c’est le cas au Moyen-Orient aujourd’hui – mais s’était cristallisé en un nationalisme intransigeant, relevant principalement de la revendication territoriale, qui donnait lieu à d’abominables affrontements motivés par une bataille vieille de quatre siècles. C’était à la fois absurde et criminel, donc soluble. Car même les plus extrémistes de chaque camp pouvaient finalement en convenir.

A Jérusalem, les techniques de M. Mitchell, visant à établir la confiance, sérier les problèmes, rechercher des compromis raisonnables sur les questions accessoires afin de rapprocher les points de vues sur celles qui sont essentielles, n’ont été qu’une perte de temps. Ce conflit relève d’autre chose : un commandement expresse de Dieu enjoignant au peuple juif de retourner occuper Jérusalem et la Cisjordanie palestinienne.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu n’a pas été élu pour négocier une solution allant à l’encontre de cette volonté divine, mais pour prévenir toute résolution du conflit en bloquant toute perspective de négociation.

L’Irlande était déchirée par un conflit nationaliste et non pas religieux, qui pouvait donc être résolu, in fine. George Mitchell y avait le rôle d’un facilitateur. Ce qu’a révélé la réunion entre Barack Obama et Benjamin Netanyahu la semaine dernière, c’est que le défi à la volonté divine n’est pas négociable pour Israël. Benjamin Netanyahu ne fait pas mystère de sa position, mais la partie américaine ne l’a pas pris au sérieux, pensant qu’il pourrait être remplacé, si nécessaire.

Cela pourrait être le cas, mais pourrait également entraîner la défaite du parti Démocrate en 2010, et peut-être en 2012, prix à payer pour un éventuel règlement du conflit au Moyen-Orient, sans pour autant écarter l’éventualité d’un échec.

Les colonies juives en Cisjordanie sont bâties parce que l’on prête à Dieu la volonté qu’elles le soient, et qu’il ait chargé cette génération de colons d’occuper la Terre Sainte et d’évincer ses occupants palestiniens. Que le premier ministre Netanyahou le croie ou non n’a aucune importance. C’est ce que croient ceux qui l’ont élu.

Barack Obama est de ce fait confronté à un choix fondamental. Veut-il parvenir à un règlement du conflit, au prix d’un tel risque ? Si tel est le cas, il doit faire savoir au Premier Ministre Netanyahu qu’Israël doit tenir la promesse qu’il a faite à plusieurs reprises depuis la conquête des territoires palestiniens et de Jérusalem en 1967, et évacuer les colons qui occupent illégalement la Cisjordanie et Jérusalem.

Pour y parvenir, il peut faire preuve ou non de doigté. Il pourrait commencer par informer le Premier ministre que les États-Unis ne s’opposent pas à ce que le rapport de l’ONU sur les crimes de guerre de Gaza suive son cours, même si cela devait conduire à la Cour pénale internationale. Il peut également suspendre les soutiens financiers et politiques accordés à Israël. Mais il doit obtenir des résultats, et rapidement.

S’il permet à Israël de continuer à tergiverser, et à démontrer qu’il ne mettra pas fin à l’occupation de la Cisjordanie, Obama va décevoir les attentes les plus fortes qui soient nées entre juifs et arabes depuis 1967 pour une résolution du conflit israélo-palestinien.

Dans ce cas, on pourrait assister à une nouvelle intifada, encore plus violente, et à une résurgence de la violence et du terrorisme dans la région. Ou peut-être ne se passera-t-il rien. Dans ce cas, l’apartheid d’Israël se poursuivra, et la population de la Palestine va continuer à croitre, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des frontières légales d’Israël.

Les dirigeants palestiniens, le peuple, le Hezbollah, les dirigeants du Hamas et les soutiens arabes des palestiniens, tout comme les Israéliens eux-mêmes, en décideront et devront en assumer les répercussions.

Mais il faut s’attendre à d’autres conséquences. La situation actuelle de guerre généralisée de basse intensité, de terrorisme, d’hostilité institutionnalisée des musulmans contre les États-Unis et contre les américains se poursuivra et sans aucun doute s’aggravera.

Aux USA, ceux qui sont convaincus que leur pays doit dominer le Moyen-Orient verront leur influence s’accroître. Il s’agirait, en quelque sorte, d’une restauration de la vision du rôle de leader des USA et des conceptions en vigueur sous George W. Bush.

Les gouvernements et l’opinion publique européenne se désolidariseront des politiques pro-israéliennes des USA. On verra se développer toutes sortes de sanctions contre Israël, et sans aucun doute des boycotts visant la culture, le sport, les brevets israéliens, à l’image de ceux qui sont déjà envisagés dans certains cercles occidentaux.

L’émigration des jeunes israéliens, des talents, de ceux qui n’acceptent plus – qui existe déjà – va aller croissante… Mais cessons là de spéculer sur l’avenir.

 

Traduction : Contre Info

Tarik Ramadan vs Éric Zemmour (vidéo)

27 sept

Débat politico-religieux autour du nouveau livre du professeur Tarik Ramadan ” Mon intime conviction ” ainsi que sur la laïcité, les musulmans de France, le voile islamique, la Charia et la burqa notamment, face au journaliste Éric Zemmour et l’éditeur Éric Naulleau de l’émission On n’est pas couché de Laurent Ruquier du samedi 26/09/09.

Première partie

 

Deuxième partie

 

Troisième partie

Michael Ruppert analyse “Le grand échiquier” de Brzezinski (vidéo)

26 sept

Michael Ruppert décrypte “Le grand échiquier” le livre de Zbigniew Brzezinski paru en 1997. Brzezinski est un des conseillers en politique extérieur du président actuel des Etats-Unis, Barack Obama. Il est membre d’organisations privées telles que le Bilderberg et le Council on Foreign Relations (Conseil des relations étrangères) et co-fondateur avec David Rockefeller de la Commission Trilatérale.

Nucléaire iranien : Obama, Brown & Sarkozy haussent le ton !

26 sept

Nouveau site iranien: Le trio américano-franco-britannique crache sa colère
Iranian NuclearAprès l’annonce de la construction par l’Iran d’un nouveau centre d’enrichissement d’uranium sur son territoire, les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont saisi l’occasion pour hausser une nouvelle fois le ton contre l’Iran.

Selon eux, les caractéristiques de ce site ne sont pas cohérentes avec une finalité civile. Ils ont réclamé que les Iraniens accordent aux inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique l’accès à ce site, qui se trouverait près de la ville de Qom, au sud de Téhéran.

Ils ont également sommé Téhéran de faire toute la lumière sur ses activités nucléaires à la réunion du 1er octobre à Genève, faute de quoi il ne pourra plus échapper à de nouvelles sanctions.

Rompant avec les obligations économiques du sommet du G20 à Pittsburgh (est des Etats-Unis) pour apparaître avec le Français Nicolas Sarkozy et le Britannique Gordon Brown dans une manifestation d’unité internationales, Obama a qualifié l’usine de “défi direct” lancé aux règles mondiales contre la prolifération.
 
“Nous attendons de l’AIEA qu’elle enquête immédiatement sur ces informations inquiétantes”, a dit le président Barack Obama.
 
Lors d’une apparition ultérieure seule devant la presse, Obama a répété la position de principe des Etats-Unis en refusant d’écarter un recours à la force militaire contre l’Iran. Si la diplomatie ne marche pas, “nous sommes dans une position bien plus favorable, par exemple pour appliquer des sanctions qui font mal”, a-t-il menacé.
Sarkozy a, de son coté, prévenu que “si d’ici décembre, il n’y a pas de changement profond de la politique iranienne, des sanctions devront être prises, il en va de la paix et de la stabilité”.

Le ministre britannique des Affaires étrangères David Miliband a, pour sa part, estimé, ce samedi, que la priorité devait être donnée à la diplomatie pour régler la question du nucléaire iranien, tout en refusant d’exclure la possibilité d’une action militaire. 

Quant aux russes et aux chinois, ils se sont démarqués de la position du trio américano-franco-britannique.

Pour le président russe, Dmitri Medvedev, l’Iran va donner une “preuve convaincante” de ses intentions pacifiques en matière nucléaire, lors de sa réunion jeudi à Genève avec le groupe 5+1.
 M. Medvedev qui n’a pas prononcé le mot de sanctions, a appelé l’Iran à coopérer” avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
 
“Il nous faut créer pour l’Iran des conditions confortables, de telle sorte que quand il commence à coopérer, on commence un système d’encouragements” avec “des gels” des sanctions “en échange d’un gel” de l’enrichissement d’uranium, a-t-il dit, lors d’un point de presse à l’issue du sommet du G20 à Pittsburgh (Etats-Unis).
La Chine a de son coté espéré que l’Iran va coopérer avec l’AIEA sur ce dossier”.

Coté iranien, le président Mahmoud Ahmadinejad a répliqué à ces accusations en affirmant que ce site est “parfaitement légal. Nous avons informé l’AIEA à l’avance. Nous devrions être encouragés pour cela”. “Ils accusent un gouvernement indépendant sans se documenter”, a-t-il ajouté.

M. Ahmadinejad a, en outre, exhorté le président américain à s’excuser pour avoir accusé l’Iran d’avoir violé les règlements internationaux.

 
Le chef du nucléaire iranien, Ali Akbar Salehi, a pour sa part indiqué que le fait que Téhéran ait dévoilé ce centre montrait qu’il n’était “pas secret” et illustrait la volonté de “coopération” avec les experts internationaux.
Notons que l’Iran a informé l’Agence internationale de l’énergie atomique dans un courrier le 21 septembre qu’un nouveau centre d’enrichissement (d’uranium) est en construction sur son territoire”, en plus de celui de Natanz.
 
Dans sa lettre, l’Iran indique que “le niveau d’enrichissement ira jusqu’à 5%”. Ce niveau est insuffisant, selon les experts, pour servir dans la fabrication d’armes atomiques.

 

Gates: une offensive contre l’Iran ne ferait que ” gagner du temps “

 
GatesLe secrétaire américain à la Défense Robert Gates a jugé vendredi qu’une éventuelle offensive militaire contre l’Iran ne ferait que faire “gagner du temps” aux Etats-Unis et à leurs alliés.
 
Il a par ailleurs indiqué dans une interview à CNN qu’une éventuelle offensive contre Téhéran retarderait “d’un à trois ans” la poursuite du programme nucléaire de Téhéran.
 
L’administration Obama, a poursuivi Gates, n’exclut certes pas le recours aux armes pour forcer la République islamique à suspendre l’enrichissement d’uranium. Mais, a-t-il dit, le temps est encore à la diplomatie et à de nouvelles sanctions.
 
“La seule façon de ne pas se retrouver avec un Iran en possession de l’arme nucléaire est que le gouvernement iranien comprenne que concevoir une telle arme affaiblirait la sécurité (du pays), au lieu de la renforcer”, a estimé Robert Gates.
 
Dans l’émission “This Week” de la chaîne ABC de laquelle il était aussi l’invité, Gates a avancé que “les Iraniens ont l’intention de se doter de l’arme nucléaire”, mais il a souligné que des “doutes” subsistaient sur leur volonté d’y travailler.

 

 Liebermann : Israël réclame une réponse ” sans équivoque “

 
LiebermannLa révélation de l’existence d’un second site d’enrichissement d’uranium en Iran nécessite “une réponse sans équivoque” du groupe 5+1, lors de la réunion avec Téhéran le 1er octobre, c’est ce qu’a déclaré, ce samedi, le ministre israélien des Affaires Etrangères, Avigdor Lieberman, à la radio publique.
 
Selon Lieberman “les révélations sur ce second site d’enrichissement nucléaire en Iran prouvent sans le moindre doute que ce pays veut s’équiper de l’arme atomique.
 
Il a prétendu qu’”il est à présent clair que le nucléaire iranien, c’est le problème du monde entier et pas seulement d’Israël”(qui possède le plus grand arsenal nucléaire dans la région).
 
“Sans perdre de temps, il faut œuvrer au renversement du régime fou de Téhéran”, a encore conclu Lieberman.
 
L’Iran et les six pays impliqués dans le dossier nucléaire iranien (Allemagne, France, Grande-Bretagne, Russie, Chine et Etats-Unis) doivent se retrouver à Genève le 1er octobre.

 

Source : Al-ManarTV

La « responsabilité de protéger » : une façade légale pour légitimer l’ingérence ?

26 sept
Le combat de Miguel d’Escoto Brockmann à l’ONU
 
par Silvia Cattori
Responsability to protect
La « communauté internationale » – c’est-à-dire, en pratique, les États occidentaux – ne se sont jamais montrés capables de protéger les populations menacées par des carnages de masse. Avant la fin de son mandat, le président de l’Assemblée générale des Nations Unies, M. Miguel d’Escoto Brockmann, très préoccupé par la nouvelle doctrine appelée « responsabilité de protéger » —et présentée par les grandes puissances comme un moyen d’éviter que des crimes de masse ne se reproduisent— a invité à en débattre à l’ONU des intellectuels de renoms comme Jean Bricmont et Noam Chomnsky. En effet, au lieu de protéger les peuples, cette doctrine acceptée avec « enthousiasme » par les pays occidentaux en 2005, risque de contribuer à les exposer à de nouveaux massacres. Car les idéologues qui l’ont préconisée semblent vouloir s’en servir pour légitimer des interventions militaires. En clair : faire inscrire le « droit d’ingérence humanitaire » dans le droit international. M. Bricmont a eu la gentillesse de répondre à nos questions sur les implications de ce concept, et de nous rappeler pourquoi il est important que cette « responsabilité de protéger » continue de faire débat.
 

Réseau Voltaire

Miguel d’Escoto BrockmannMiguel d’Escoto Brockmann prêtre catholique et théologien de la libération. Membre du Front sandiniste de libération nationale, il fut ministre des Affaires étrangères du Nicaragua (1977-90) et président de la 63e session de l’Assemblée générale de l’ONU (2008-09).

 

Silvia Cattori : Au travers de votre intervention à l’ONU [1], on prend conscience des dangers que le concept de « responsabilité de protéger » -désigné par l’abréviation R2P (responsibility to protect) –comporte pour les pays faibles. On aimerait mieux comprendre qui est à l’origine de cette doctrine qui suscite votre appréhension ? Qui en sont les véritables inspirateurs ?

Jean Bricmont  [2] : Après la guerre du Kosovo, en 1999, la question de la justification de « l’intervention humanitaire » fut posée. Une commission a été mise sur pied et un groupe d’experts, sous la co-direction de Gareth Evans [3] et de Mohamed Sahnoun [4], a produit un rapport qui mettait en avant le concept de la « responsabilité de protéger ».

Ce concept a été adopté par les chefs d’État au Sommet mondial de l’ONU en 2005 [5]. L’idée de protéger est séduisante. Mais peut-on intervenir n’importe où et n’importe quand ? Et comment cette responsabilité va-t-elle être mise en pratique ?

La déclaration de 2005 commence par affirmer que la responsabilité de protéger les populations du génocide, des crimes de guerre, du nettoyage ethnique et des crimes contre l’humanité incombe avant tout aux États sur le territoire desquels ces crimes se produisent. Et que, là où les États échouent, la communauté internationale doit les aider mais pas nécessairement militairement. Le problème est que, si cette aide non militaire échoue également, alors l’intervention militaire devient justifiée.

De la part des États, on note, en gros, trois positions au sujet de cette proposition.

Il y a la position des États Unis et de l’Union européenne qui sont totalement acquis à ce concept de la responsabilité de protéger, y compris en mettant l’accent sur l’intervention militaire.

Il y a la position du mouvement des non alignés et de la plupart des États du Tiers Monde qui sont favorables en paroles mais qui disent que tout cela doit se faire dans le respect de la Charte de l’Onu et de la souveraineté nationale. Ils sont très critiques quant au fonctionnement du Conseil de sécurité, et très inquiets quant à cette possibilité d’intervention ; comme la Chine, ils insistent sur la nécessité de protéger la souveraineté et sur le fait qu’il ne faut en aucun cas que cela soit utilisé pour remettre en question la souveraineté nationale.
Il y a la position d’États comme l’Équateur, la Bolivie, le Venezuela, le Nicaragua, qui sont très critiques quant à cette déclaration, et s’interrogent sur la signification d’une doctrine qui met en avant cette responsabilité de protéger mais qui par ailleurs, met de côté d’autres questions importantes pour la protection des peuples, les problèmes économiques par exemple.

Les défenseurs du concept de la responsabilité de protéger disent aussi qu’il faut éviter qu’un membre permanent puisse poser un veto quand il ne s’agit pas de questions « vitales pour lui ». Il est évident que la Russie aurait mis son veto dans le cas du Kosovo et que les États Unis auraient fait de même dans le cas de l’intervention russe en Ossétie du Sud. Les défenseurs de la responsabilité de protéger voudraient empêcher, au moins moralement, de tels vetos (en tout cas ceux pouvant provenir de la Russie ou de la Chine)

Il y a une grande hypocrisie de la part des partisans de la responsabilité de protéger quand ils affirment qu’ils veulent renforcer la souveraineté nationale en forçant les États à respecter et à protéger leurs populations.

Est-ce qu’Abraham Lincoln protégeait la population du Sud des États-Unis pendant la guerre de sécession ? Non. Quand il y a une guerre civile, un conflit ethnique, un gouvernement ne peut plus protéger la population. Le gouvernement afghan ne protège pas les Afghans qui vivent dans les zones sous contrôle des talibans. Dans ces cas, l’intervention extérieure peut être légitimée par cette notion de responsabilité de protéger (évidemment, en Afghanistan, l’intervention existe déjà et ne protège personne).

Silvia Cattori : Dans son discours d’adieu à l’Assemblée générale [6] M. Miguel d’Escoto Brockmann fait l’éloge du panel qui a contribué à éclairer les implications du concept de « responsabilité de protéger ». En vous invitant, ainsi que Noam Chomsky, à vous exprimer sur ce concept à New York, cherchait-il à rendre les États membres mieux conscients de ses possibles dérives ?

Jean Bricmont : En organisant cette table ronde, M. Miguel d’Escoto Brockmann souhaitait élargir le débat et mettre en exergue les risques inhérents à la responsabilité de protéger. Pour un certain nombre de délégations, entendre des interventions critiques qui vont dans le sens de leurs doutes, cela peut renforcer leurs positions.

Le but de mon intervention a été de dire qu’il est très difficile de promouvoir cette responsabilité de protéger dans un climat international où il n’y a pas d’égalité entre les pays occidentaux et le reste du monde. En effet, à cause de cela, il n’y a pas de relation de confiance entre les pays du nord et du sud et, par conséquent, la responsabilité de protéger ne peut pas être appliquée, car les États visés utiliseront la souveraineté nationale comme bouclier contre l’ingérence, dont ils se méfient à juste titre. Seul un climat de confiance, qui présuppose une égalité entre États, dont nous sommes très éloignés, pourrait rendre cette responsabilité de protéger réellement applicable.

Comme on a pu le voir dans le cas du Soudan, les pays africains s’opposent à des poursuites, comme celles initiées par la Cour Pénale Internationale contre le président Al Bashir, dès lors qu’elles paraissent s’inscrire dans la logique du « deux poids, deux mesures ».
Cette responsabilité de protéger risque fort d’augmenter les tensions idéologiques. Nous avons vu ce qui s’est passé quand la Russie, en intervenant en Géorgie, a invoqué la responsabilité de protéger les ressortissants russes vivant en Ossétie du Sud. Cette intervention des Russes dans un pays que l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) tente d’inclure dans sa sphère d’influence a été fortement critiquée par les médias en Occident. Par conséquent, la responsabilité de protéger est interprétée très différemment dans différentes parties du monde, ce qui crée évidemment des tensions.

Silvia Cattori : Qu’est-ce qui différencie la « responsabilité de protéger » du « droit d’ingérence humanitaire » ?

Jean Bricmont : C’est un peu une nouvelle version de l’ingérence humanitaire, mais formulée de façon à la rendre compatible avec la charte de l’ONU, c’est-à-dire en laissant en fin de compte le Conseil de Sécurité décider ou non de l’intervention. Des juristes, comme Barbara Delcourt, ont fait des analyses détaillées montrant qu’il n’y a pas de grande différence sur le plan purement légal par rapport à la situation antérieure [7]. Le droit d’ingérence humanitaire est un concept idéologique, introduit par l’Occident, sans aucune base légale. Ce concept a été rejeté par tous les pays du sud. La responsabilité de protéger est formulée de façon à respecter les principes de l’ONU, c’est-à-dire la nécessité d’une autorisation préalable du Conseil de Sécurité avant toute intervention militaire. Mais, formulé ainsi, ce n’est pas réellement neuf, parce qu’avant l’introduction de la responsabilité de protéger, le Conseil de sécurité pouvait déjà autoriser une intervention en cas de génocide, par exemple.

Je ne suis évidemment pas opposé à l’idée de prévenir des catastrophes humanitaires par des efforts diplomatiques. Mais ce qui me parait problématique ce sont les effets idéologiques : on va renforcer encore l’idée du droit d’ingérence, même si, légalement, ce n’est pas ce que dit la responsabilité de protéger. Et d’autre part, comme le font remarquer la Bolivie et le Venezuela, rien n’est dit sur la situation intolérable dans laquelle on a laissé la population de Gaza. C’est d’ailleurs assez extraordinaire de constater que ce sont des pays « chrétiens », éloignés de la région, qui évoquent la situation catastrophique dans laquelle Gaza est laissée ; alors que des pays « frères » comme l’Égypte ne disent presque rien.

Silvia Cattori : Puisque l’ONU était déjà dotée d’outils institutionnels pour protéger les peuples, ne s’agissait-il pas là, tout simplement, d’inscrire le « droit d’ingérence humanitaire », dans le droit international, c’est-à-dire de légitimer le droit de faire la guerre ?

Jean Bricmont : Oui et non. Non, si l’on prend le texte à la lettre ; oui si l’on pense aux effets idéologiques. Par ailleurs, il est significatif que, dans la version en langue anglaise du rapport Evans-Sahnoun, on lit que des organisations régionales peuvent intervenir dans « le cadre de leur compétence », en obtenant l’aval du Conseil de sécurité a posteriori (subsequent en anglais-voir point 3-E-2 du synopsis). Alors que, dans la version française, il est dit qu’il faut l’accord préalable du Conseil de sécurité. La question est de savoir si l’intervention doit obtenir l’aval du Conseil de sécurité a priori ou a posteriori. Il y a là une grande différence.

Silvia Cattori : Aussi longtemps que les membres permanents du Conseil de sécurité ne sont pas capables d’exercer leurs responsabilités en matière de respect du droit international, comme on l’a vu en Palestine occupée où les résolutions de l’ONU ont été impunément violées depuis 61 ans par Israël, on ne voit pas pourquoi les pays faibles devraient leur confier une nouvelle responsabilité ?

Jean Bricmont : C’est précisément ce que j’ai essayé de rappeler dans mon intervention [8]. L’ONU, avant de se charger d’une nouvelle mission, ferait bien de remplir sa mission première qui est le maintien de la paix et le respect du droit international. Il était d’ailleurs assez surréaliste d’écouter les discours sur la responsabilité de protéger de la part des délégués européens ; ils répétaient tous la même chose.

Pourquoi ne s’occupent-ils pas d’abord de réaliser ce qu’ils sont supposés faire depuis 60 ans (c’est-à-dire, faire respecter le droit international par les États puissants), plutôt que de promettre d’accomplir de nouvelles tâches ?

Silvia Cattori : Il y a donc, selon M. d’Escoto Brockmann, un besoin urgent d’informer correctement les gens ; de mobiliser l’opinion mondiale sur le peu de confiance qu’on peut accorder à cette soi-disant « protection » ?

Jean Bricmont : Ce n’est que le début, le débat va continuer. C’était bien l’intention de M. d’Escoto Brockmann : relancer le débat sur cette question problématique de la protection et surtout ne pas laisser croire que c’était une affaire entendue. Le problème, comme je l’ai déjà mentionné, est celui des médias. Ils appuient toujours sans réserve la position des Occidentaux et interprètent la responsabilité de protéger comme étant une légitimation de l’ingérence humanitaire.

Cela dit, je ne pense pas que, dans l’immédiat, il y ait de grands dangers liés à la responsabilité de protéger, hormis l’aspect idéologique. L’ère Bush a été un tel désastre que le Pentagone n’est pas pressé d’ouvrir de nouveaux conflits et de se lancer dans de nouvelles aventures.

Silvia Cattori : Cette collusion entre le Conseil de sécurité, chargé de la paix, avec une instance militaire qui, pour les peuples palestinien, irakien, afghan, incarne la cruauté de l’occupant, ne peut qu’inspirer une large méfiance. Le ministre des Affaires étrangères russe, Serguei Lavrov, n’a-t-il pas eu raison de dénoncer [9] des négociations secrètes entre les secrétaires généraux de l’ONU et de l’OTAN, Ban Ki-Moon et de Jaap de Hoop Scheffer ; ainsi que la signature d’une Déclaration de collaboration, le 23 septembre 2008, sans consulter les États membres de l’ONU ?

Jean Bricmont : Il y a eu, en effet, un accord très discutable entre le Secrétaire général de l’ONU et le secrétaire général de l’OTAN. Il y a cette déclaration de Ban Ki-Moon qui affirme que l’ONU et l’OTAN poursuivent les mêmes objectifs de maintien de la paix. Cela est inadmissible mais ce n’est pas lié directement, je crois, à la responsabilité de protéger. Cela démontre néanmoins la vassalisation de l’ONU par les États-Unis.

Silvia Cattori : N’est-ce pas un facteur supplémentaire qui aggrave les risques de dérive ?

Jean Bricmont : Depuis des décennies, le droit international classique, celui issu de la Deuxième Guerre mondiale et de la décolonisation, est constamment attaqué au nom de la « défense des droits de l’homme », parce que ce droit est fondé sur le principe de non ingérence et du respect de la souveraineté nationale. C’est ce respect qui était l’aspiration fondamentale des pays victimes des invasions dues aux régimes fascistes, ainsi que des pays nouvellement décolonisés.

Depuis les années 80, les tragédies humaines bien réelles qui se sont produites dans les pays ayant obtenu récemment leur indépendance sont utilisées par les pays puissants (et, peut-être plus encore, par nos intellectuels médiatiques) pour plaider en faveur d’un droit d’ingérence, c’est-à-dire d’une destruction des principes même du droit international classique. La « responsabilité de protéger » est une sorte d’astuce juridique qui tente d’insérer ce droit d’ingérence dans le droit international, alors que les principes de ce droit rejettent fermement l’ingérence. On se trouve dans une situation ambigüe, avec deux lectures (au moins) de cette responsabilité, l’une au Nord, qui y voit une sorte de légitimation du droit d’ingérence, l’autre au Sud, qui exige que l’application de cette responsabilité respecte la charte de l’ONU.

Le problème est que tout cela creuse un peu plus le fossé idéologique qui sépare le Nord et le Sud, renforce encore, si c’est possible, la bonne conscience occidentale et crée une image d’Épinal, où la complexité des problèmes du monde est réduite l’action de quelques dirigeants (Mugabe, Ahmadinejad, Al Bashir, Chavez, Castro etc.) qui n’auraient d’autre désir que de se « maintenir au pouvoir », de « violer les droits de l’homme » ou de « commettre un génocide ». Le monde a avant tout besoin de paix, de désarmement et de détente. Et, pour cela, il faut commencer par se débarrasser des simplismes de la pensée occidentale.

Silvia Cattori: Nous vous remercions.

 

Source : Réseau Voltaire

Que se passait-il sur la planète ?

25 sept

pandemie A/H1N1

Fiction

Depuis des mois, les gouvernants nous prédisaient une grippe, qui n’en finissait pas de se faire attendre. Un pays avait même lancé la construction d’une unité de fabrication de vaccins, avant la déclaration officielle du début de l’épidémie. Bravo, quelle prévoyance, pour une fois que des politiques prévoyaient quelque-chose. Dans l’hémisphère sud, qui était dans l’hiver, pas de pandémie. Pas de chance. A croire que le virus fantôme, préférait l’hémisphère nord.

En fait, il était simple de déclarer une pandémie, sans agent pathogène, il suffisait de l’annoncer, dans tous les médias contrôlés, c’est-à-dire tous les médias. Un fois les populations apeurées, vous communiquiez une liste des symptômes, correspondant à un vague état grippal. Vous augmentiez ensuite le degré de panique, en annonçant les premiers morts. Les gens couraient dans les hôpitaux, au moindre symptôme grippal. Les services d’urgences étaient vites saturés. Voilà, le « fléau » était né.

Vous prédisiez une date du pic de contagion, en faisant très attention que les périodes de vaccination prévues, ne correspondent pas à la période d’une fête religieuse, le Ramadan par exemple. C’est normal, cela risquait d’attirer l’attention des musulmans, sur ce vaccin, qui contenait des virus inactivés, dont certains gènes, provenaient nécessairement de l’ADN du virus du porc initial. Imaginez le scandale, des musulmans, n’oublions pas les juifs, se faire injecter dans le corps, des gênes de virus porcin. Fini cette fabuleuse campagne planétaire de vaccination.

La grande masse des populations occidentales, vaquait à ses occupations, entre le stress du travail, les problèmes financiers, la survie et les émissions télévisées débilitantes. Attendant l’injection salvatrice, comme des robots dociles, obéissants Le meilleur des mondes. Une autre composante de la population, minoritaire, plus indépendante, plus libre de ses pensées, se posait des questions : Qu’est-ce que tout ce remue-ménage ? Où sont tous les contaminés annoncés ? Les personnes, atteintes du soi-disant virus, se remettaient parfaitement, ou était le danger ? Les quelques décès annoncés, étaient dus à d’autres maladies, pourquoi créer un amalgame ? Quel était le but caché de la vaccination planétaire ?

Que de questions…

Les hypothèses allaient bon train.

Certains pensaient que le vaccin, donnant l’apparence d’être réalisé à la va-vite, était toxique. Qu’il contenait divers ingrédients, comme du squalène, des sels l’aluminium, du mercure, reconnus pour leur grande neurotoxicité. Le squalène ayant même été interdit, par un grand pays, pour ses dégâts neurologiques reconnus.
(http://vactruth.com/2009/09/11/ingredients-found-in-spermicides-cleaners-and-cosmetics-along-with-thimerosal-and-squalene-present-in-experimental-h1n1-vaccine/)

On avait même intercepté, in extrémiste, des souches dangereuses, destinées à produire ce vaccin de masse. Ces souches contenaient un cocktail de plusieurs virus activés, dont la recombinaison dans le corps humain, aurait produit un virus mortel. Désinformation ? Vérité ? Y avait-il volonté des élites de la planète, de faire mourir, ou de rendre invalide, une grande partie de l’humanité. Eugénisme ? Solution à la surpopulation ? Prise de contrôle des peuples, au moyen de la loi martiale ? Faire endosser à la « pandémie », l’effondrement financier planétaire imminent ?
(http://www.pandemiedegrippe.com/2009/03/01/le-vaccin-contre-la-grippe-de-baxter-contenait-les-virus-h5n1-et-h3n2/)

Une ancienne rengaine orwellienne, récurrente, annonçait la création d’un gouvernement unique, planétaire. Le vaccin serait l’agent, permettant l’injection de micro-puces intelligentes. Ces puces permettant le « mind control », c’est-à-dire l’influence directe sur notre cerveau, notre système endocrinien. L’humanité transformée en moutons obéissants. L’injection des puces, n’était pas incompatible avec la toxicité du vaccin.
Les puces seraient alimentées par les ondes radioélectriques des téléphones portables, des émetteurs, du WiFi. Un système de contrôle avait été installé dans le grand nord de la terre. De vastes antennes, enverraient leurs ondes, réfléchies sur les chemtrails, influencant les robots humains. Fiction ?
(http://www.newsoftomorrow.org/spip.php ?article6426)

Une autre hypothèse, encore plus inouïe, était liée au détournement du LHC (Grand collisionneur de hadrons du CERN) La prise de contrôle du LHC, par un organisme supranational, aurait permis de courber l’espace-temps. L’expérimentation nous donnait une vision de l’avenir proche de l’humanité. Nous étions à la veille de mutations génétiques, probablement dues aux rayonnements cosmiques, qui bombardaient la terre. Les humains allaient acquérir des facultés supra mentales. Il en découlerait une perte de dépendance des foules, par rapport à toute forme d’autorité. Les humains, n’ayant aucune maîtrise, sur leurs nouvelles capacités, se rebelleraient, des émeutes éclateraient sur toute la planète, il s’ensuivrait des guerres terribles, annihilant 90% de la planète.
Que fallait-il faire pour éviter le désastre ? Injecter aux humains des plasmides, permettant une reconfiguration génétique, contrant les mutations futures de l’ADN. Quoi de plus pratique qu’une vaccination planétaire. Les élites ne seraient pas vaccinées, afin de disposer de ces nouveaux pouvoirs.
Mais ce scénario paraissait impossible, trop énorme, délirant. Comme de penser, au Xème siècle, à aller sur la lune. Impossible ! Impensable, inconcevable !

Le temps était compté, l’échéance de la vaccination approchait, que faire ?

 

Source : News of Tomorrow

Huit ans de bourbier afghan

25 sept

Par Gabriel Kolko

Durant la période coloniale, les puissances occidentales ont tracé à dessein des Etats sans cohésion – à coup de règles et de crayons rouge agités par des diplomates raturant nerveusement des mappemondes – rassemblant ici des populations hétérogènes, divisant là arbitrairement un peuple par une frontière, et choisissant bien souvent de mettre à la tête de ces puzzles instables une minorité, forcément en situation d’insécurité, et qui n’aurait, pensait-on, d’autre recours que de se tourner vers l’ancienne puissance coloniale pour garantir un pouvoir structurellement contesté et fragile. Ce « modèle », qui n’est pas sans analogie avec celui de l’Europe des dynasties féodales puis aristocratiques – et de ses guerres incessantes – est à l’origine de la plupart des conflits du monde contemporain. Par une ironie amère de l’histoire, les Etats-Unis se sont jetés sans les comprendre au cœur de deux de ces chaudrons hérités de notre inconséquence : l’Irak et l’Afghanistan, où les forces occidentales sont embourbées depuis huit ans. Quelle est la mission de ces armées ? Traquer Ben Laden ? S’il est encore vivant, c’est au Pakistan, pas en Afghanistan. Installer la démocratie, promouvoir le droit des femmes ? Qui pourrait décemment oser affirmer que le droit à l’usage du vernis à ongle – comme aime à le rappeler le Président Sarkozy – sera garanti par les fusils et les bombardements occidentaux ? Combattre les talibans ? Leur lutte traduit d’abord et avant tout le rejet des pachtounes pour l’occupation étrangère et le pouvoir corrompu et tribal de Karzaï. L’historien Gabriel Kolko analyse ici les raisons de l’échec annoncé du corps expéditionnaire occidental en Afghanistan.

retour d'un soldat mort

Counter Punch

Les États-Unis ne savaient pas à quels désastres multiples ils s’exposaient lorsqu’ils sont entrés en guerre en Afghanistan, le 7 Octobre 2001. Ils subiront à terme – peut-être dans plusieurs années – le même sort qu’Alexandre le Grand, les Britanniques, et la défunte Union soviétique.

Ce que l’on désigne sous le nom d’« Afghanistan » est en réalité un ensemble de tribus et groupes ethniques – les Pachtounes, les Tadjiks, les Ouzbeks, et d’autres encore. Le pays compte sept grands groupes ethniques, doté chacun de sa propre langue. Il existe également 30 langues mineures. Les pachtounes représentent 42% de la population et les talibans viennent de leurs rangs. Les frontières de l’Afghanistan sont contestées et très poreuses. L’organisation Al-Qaïda est la plus forte dans les régions pachtounes situées au nord du Pakistan et en Afghanistan. « Le destin de l’Afghanistan et du Pakistan sont inextricablement liés », avait déclaré le président George Bush en décembre 2007. Cette situation rend cette guerre bien plus complexe, entre autres parce que l’énorme aide militaire envoyée au Pakistan est le plus souvent mal utilisée.

Pire encore, le Pakistan dispose de 70 à 90 armes nucléaires et les États-Unis craignent que certaines d’entre-elles puissent tomber dans les mains d’extrémistes islamiques. Au moins trois quarts des approvisionnements essentiels pour l’effort de guerre de l’Amérique et de ses alliés passe par le Pakistan, et ces convois sont souvent attaqués. En outre, une majorité importante et toujours croissante de Pakistanais se méfient des intentions américaines. Le rapprochement des Etats-Unis avec New Delhi qui a eu lieu après 2007 et a permis un renforcement considérable de la puissance nucléaire indienne, a rendu le Pakistan beaucoup plus réticent aux injonctions de Washington.

La situation en Afghanistan est totalement inextricable, à l’image de son terrain montagneux. Ses principaux problèmes sont d’ordre politique, social et culturel – en grande partie parce que la Grande-Bretagne, a créé arbitrairement ce pays. Il n’y a pas de solution militaire durable à ses nombreux problèmes. Comme au Vietnam, les Etats-Unis peuvent gagner des batailles, mais ils n’ont aucune stratégie pour gagner cette guerre.

Par-dessus tout, l’environnement géo-politique régional est déterminant. Il met en jeu les relations Indo-Pakistanaises, et ce facteur sera déterminant, quoi que fassent les États-Unis et leurs alliés. Le Pakistan considère qu’il est de son intérêt vital que soit installé en Afghanistan un gouvernement ami – quel qu’il soit. Islamabad ne transigera pas sur ce principe. Pour l’armée pakistanaise, l’Inde reste la préoccupation centrale, et bien que l’armée soit opposée à Al-Qaïda et à ses partisans d’origine arabe, elle entretient de bonnes relations avec les talibans luttant contre Karzaï – et avait collaboré avec eux lorsqu’ils combattaient les Soviétiques.

Le pouvoir d’Hamid Karzai, le président afghan en titre, ne s’exerce guère au-delà de Kaboul. De nombreux responsables américains sont choqués par son inefficacité et sa corruption, mais la plupart d’entre eux, comme c’était le cas au Sud-Vietnam, sont finalement prêts à tolérer ces manquements. Les Pakistanais considèrent que Karzai est une marionnette des Indiens, et bien que de très nombreux dirigeants du pays manifestent une aversion pour le séparatisme pachtoune ou les talibans, ils redoutent l’Inde encore plus. Leur armée est structurée pour un affrontement avec l’Inde, pas pour mener une contre-insurrection contre les talibans et leurs alliés qui opèrent à l’intérieur des frontières du Pakistan.

Karzaï, un pachtoune qui est néanmoins beaucoup plus proche des Tadjiks et des Ouzbeks, est effectivement très amical envers l’Inde. L’aide étrangère reçue en provenance d’Inde par son gouvernement dépasse le milliard de dollars. Sa « réélection » au début du mois – survenue à un moment où il est de plus en plus impopulaire – a été accusée d’être entachée de fraude. L’ancien président Jimmy Carter a déclaré que « Hamid Karzai avait volé cette élection. »

Ce n’est là qu’une partie de la situation dans laquelle les États-Unis se sont embourbés depuis huit ans. La stratégie d’escalade d’Obama fera face à une résistance croissante à la fois en Afghanistan et de la part du Congrès américain et de l’opinion publique. Il y a aujourd’hui plus de 100 000 soldats étrangers en Afghanistan, principalement américains, et en augmenter le nombre ne changera pas la situation. Cinquante-huit pour cent de la population américaine se déclarait contre la guerre en Afghanistan en septembre de cette année, et dans certains pays de l’OTAN – notamment l’Allemagne, la Grande-Bretagne et Italie – l’opposition à la guerre augmente. Ces pays ne pourront pas envoyer des troupes bien plus nombreuses pour y combattre. D’influents sénateurs américains s’interrogent sur la stratégie d’Obama. Ils ne sont encore qu’une petite minorité, mais leur prise de position montre que la guerre devient de plus en plus impopulaire aux USA.

La stratégie d’Obama pour gagner la guerre est beaucoup trop complexe pour réussir et de plus il est tributaire de facteurs sur lesquels il n’exerce que peu de contrôle. Parmi ceux-ci, et non le moindre si l’on en croit l’avis d’un de ses principaux conseillers, Bruce Riedel, « le conflit israélo-palestinien [qui] est la question centrale et déterminante pour Al Quaida. » En fin de compte, cette question devra être réglée, mais les chances d’y parvenir sont quasiment inexistantes. Zbigniew Brzezinski, qui fut le conseiller pour la Sécurité Nationale du président Jimmy Carter, a averti à plusieurs reprises Obama que « nous courons le risque de connaître le même … sort que les soviétiques. » L’auteur de l’ouvrage le « Piège Afghan » doit savoir de quoi il parle.

Cependant, Obama va vraisemblablement choisir l’escalade. Outre le fait de mettre en jeu la « crédibilité » de la puissance américaine, la plupart des officiers supérieurs américains pensent, pour citer le Chef d’état-major interarmées, l’amiral Mike Mullen, que « l’effort principal de notre orientation stratégique sur le plan militaire doit désormais porter sur l’Afghanistan. » Quelques officiers, dépourvus d’influence pour la plupart, pensent que cela conduira au désastre, et le commandant militaire américain en Afghanistan a averti qu’à défaut d’un renforcement rapide des effectifs dans un délai d’un an la guerre « se conclura probablement en échec. »

Obama croit qu’il va gagner la guerre grâce à l’escalade – une illusion qui régnait également durant la vaine guerre menée au Vietnam. Il pense également qu’il peut « Afghaniser » la guerre – tout comme Nixon pensait pouvoir « Vietnamiser » ce conflit – même si les recrues de l’armée de Karzaï manifestent peu de motivation en dehors de percevoir leur salaire, et ne sont guère à la hauteur des talibans, qui sont une organisation cloisonnée et complexe, et qui aujourd’hui dominent une grande partie du pays.

Une majorité croissante de la population afghane s’oppose désormais aux efforts de guerre des États-Unis, car ils se sont traduits par un nombre terrible de victimes civiles, sans pour autant obtenir de succès militaires décisifs. « La mission est sur le point d’échouer, » lisait-on l’été dernier dans la revue « Paramètres », une publication trimestrielle de l’armée américaine.

Et c’est sans doute une litote.

 

Traduction : Contre Info

False Flag

25 sept

Selon Wikipedia, les opérations false flag (« sous faux pavillon » ou « sous fausse bannière ») sont des actions menées avec utilisation des marques de reconnaissance de l’ennemi, dans le cadre d’opérations spéciales.

Cas célèbres

  • Le 18 juillet 64, Néron accusé par certains d’avoir déclenché le grand incendie de Rome accuse lui-même les chrétiens, alors considérés comme de dangereux illuminés sectaires, d’en être les coupables. Cette opération mènera à la persécution des chrétiens sous l’Empire romain.
  • L’incident de Mukden en 1931, planifié par les Japonais qui accusèrent les Chinois d’avoir perpétré l’attentat, donnant ainsi le prétexte à l’invasion immédiate du sud de la Mandchourie par l’armée impériale japonaise.
  • L’incendie du Reichstag en 1933 par un communiste isolé Marinus Van der Lubbe, fut longtemps sujet à controverse, car prétexte immédiat à l’écrasement du Parti communiste d’Allemagne par les nazis tout fraîchement au pouvoir. En marge de la version officielle, on suspecte donc autant un complot des nazis, lesquels pourraient avoir eux-mêmes contribué à l’incendie. L’hypothèse est d’autant plus probable, qu’arrivé à Berlin depuis plusieurs jours, Van der Lubbe a essayé plusieurs fois d’incendier des bureaux de poste et commissariats sans y parvenir, alors que le Reichstag a été ravagé par les flammes.
  • L’incident de Gleiwitz en 1939, monté de toutes pièces par les Allemands pour servir de prétexte à l’invasion de la Pologne par l’Allemagne.
  • En septembre 1942, trois détachements du Long Range Desert Group, commandés par le colonel Stirling, avaient investi Tobrouk dans le but d’enlever Erwin Rommel, le commandant du Deutsches Afrika Korps. L’opération échoua du fait que, la veille, un membre du détachement sous uniforme ennemi chargé de l’enlèvement, un israélite d’origine allemande, avait été reconnu par un officier de l’Afrika Korps. Arrêté et interrogé, il avait livré suffisamment d’informations pour que l’opération tourne au fiasco pour les Britanniques. Bien qu’ils aient combattu sous uniforme allemand, les captifs furent traités en prisonniers de guerre.
  • Le 13 octobre 1944, des rangers de l’OSS du général Donovan s’étaient emparés des postes fortifiés contrôlant le couloir d’Aix-la-Chapelle en combattant sous l’uniforme allemand. C’est, selon Otto Skorzeny, ce qui donna l’idée à Hitler de l’opération Greif.
  • L’une des plus célèbres opérations false flag, baptisée Griffon, partie de l’offensive Rundstedt du 16 décembre 1944, dite bataille des Ardennes, était dirigée par le colonel SS Otto Skorzeny. Montées sur Jeeps, huit équipes de quatre hommes chacune s’étaient infiltrées loin derrière les lignes américaines et avaient semé le désordre, et parfois la panique, par leurs fausses indications et informations. Pour avoir commandé cette opération commando, Otto Skorzeny fut poursuivi, ainsi que ses hommes, pour crime de guerre et subit un procès à Dachau (il fut acquitté, les ordres donnés ayant été de quitter l’uniforme américain avant d’engager tout combat).
  • Lors de l’opération Susannah en 1954 (connue aussi sous le nom d’affaire Lavon), un réseau israélien constitué de 13 juifs égyptiens commit une série d’attentats à la bombe incendiaire contre des édifices britanniques et américains au Caire et à Alexandrie. L’objectif était que ces actes de terrorisme soient attribués aux nationalistes égyptiens afin d’empêcher tout rapprochement entre l’Égypte nassérienne et les puissances anglo-saxonnes.
  • L’incident du USS Liberty désigne une attaque opérée par l’armée israélienne pendant la Guerre des Six Jours, le 8 juin 1967 sur l’USS Liberty, navire de l’US Navy destiné à collecter de l’information et équipé par la NSA. L’attaque a été menée par des avions et des bateaux torpilleurs israéliens et causa la mort de 34 soldats américains, en blessant au moins 171.
  • L’opération Northwoods en 1962, qui consistait notamment en l’organisation d’une série d’attentats contre les États-Unis par l’état-major interarmées américain lui-même, de manière à en imputer la responsabilité au régime cubain. Le but était de justifier aux yeux de l’opinion américaine une intervention des forces armées américaines contre Cuba et d’obtenir l’appui diplomatique, voire militaire, des nations occidentales. L’opération Northwoods, révélée par des documents officiels déclassifiés en 1997, ne fut jamais mise en œuvre car le président J.F. Kennedy s’y opposa.
  • Le prétendu groupe sioniste « Mouvement d’action et défense Masada », qui a pratiqué un attentat à la bombe contre une librairie parisienne de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) en octobre 1972, et deux autres attentats à Cannes et à Nice en 1988 était en réalité un groupe néo-nazi, dont les membres ont été arrêtés en 1989, qui cherchaient à attiser la haine en France entre juifs et musulmans de France en utilisant ces attentats false flag.
  • Selon plusieurs transfuges du FSB (successeur du KGB) dont Alexandre Litvinenko, la série d’attentats dans la région de Moscou qui, pendant deux semaines en 1999, détruisit plusieurs immeubles d’habitation faisant près de 300 morts, serait une opération false flag qui aurait été organisée par les services secrets russes (soupçons augmentés par l’interception d’un attentat par la police locale de Riazan, tentative d’attentat revendiquée ensuite comme exercice par le FSB). Opération false flag ou non, cette vague d’attentats attribués aux Tchétchènes traumatisa la population russe et servit de prétexte au déclenchement de la seconde guerre de Tchétchénie.
  • L’attentat du 8 mai 2002 à Karachi commis par des islamistes, et initialement attribué à Al Qaida, s’est révélé être initié et organisé par l’ISI, les services secrets pakistanais.

Pour celles et ceux qui réfutent catégoriquement la possibilité d’un éventuel complot malgré la somme de toutes les enquêtes indépendantes (et non-officielles) qui ont eu lieu durant ces huit dernières années, voici une compilation d’incohérences et de pures coïncidences survenues dans les mois et les semaines précédants les attentats du 11 septembre 2001. Opération false flag ou pas ? 

 

Source : Wikipedia

L’influence de l’Inde en Afghanistan dérange Washington

25 sept

Par Marie-France Calle

Dans son rapport sur l’évaluation de la situation en Afghanistan, le général Stanley McChrystal relève que “l’influnce croissante de l’Inde dans ce pays ne manquera pas d’exacerber les tensions régionales”. Une petite phrase qui n’a pas échappé à Delhi. Les Etats-Unis demanderont-ils à l’Inde de faire “profil bas” en Afghanistan afin de rassurer le Pakistan ? Washington a plus besoin que jamais de l’aide d’Islamabad pour lutter contre les rebelles aux marches de l’Afghanistan.  

général Stanley McChrystalLa rhétorique est bien rodée et, au fond, la remarque du Commandant des forces alliées en Afghanistan n’est pas un scoop. Oui, les Indiens sont présents en Afghanistan, pays auquel ils fournissent une aide au développement substantielle et où ils entraînent la police; oui, les Pakistanais voient cette coopération d’un très mauvais oeil, jugeant que Delhi est en train de grignoter leur “profondeur stratégique” en Afghanistan. Au-delà, ils accusent l’Inde d’entraîner et de soutenir les insurgés de tous poils, y compris les talibans, à partir du territoire afghan.

C’est pourtant la première fois qu’un haut gradé américain s’exprime aussi clairement sur l’embarras que peut représenter la présence indienne en Afghanistan pour les Etats-Unis. “L’influence économique et politique de l’Inde en Afghanistan est en pleine expansion, et comprend aussi bien des efforts significatifs pour le développement du pays que des investissements financiers. De surcroît, l’actuel gouvernement afghan est perçu par Islamabad comme étant pro-indien”, relève le rapport McChrystal. Poursuivant : “Si les activités  de l’Inde profitent largement au peuple afghan, cette influence indienne, qui va croissant en Afghanistan, ne pourra qu’exacerber  les tensions régionales et encourager le Pakistan à prendre des contre-mesures, en Afghanistan ou en Inde”.

Des “contre-mesures” ? Que faut-il lire sous ce terme technique ? Des attentats, sans doute, qui risqueraient d’enflammer la région ; ou, pour le moins, un redéploiement d’une partie des forces pakistanaises stationnées à la frontière avec l’Afghanistan, vers celle avec l’Inde. En clair, une “distraction” de l’armée pakistanaise, insupportable pour Washington.

  • Des attentats, il y en a eu. A Kaboul, contre l’ambassade de l’Inde, en juillet 2007, et à Bombay, fin novembre 2008. Dans les deux cas, des “éléments” basés au Pakistan ont été clairement impliqués. Le réseau afghan Haqqani, dans l’attaque de Kaboul ; le Jamaat-ud-Dawa, avatar du Lashkar-e-Taiba (LeT), dans celle de Bombay. Dans les deux cas, aucune preuve, mais de fortes présomptions, ont donné à penser que l’ISI, les services secrets pakistanais, étaient complices. Mais, et c’est le quotidien The Hindu qui le relève, McChrystal reste très prudent sur ce point. “Les insurgés et les groupes extrêmistes (basés au Pakistan) utilisant la violence seraient, croit-on savoir, aidés par quelques éléments au sein de l’ISI”, se borne-t-il à écrire.
  •  Des renforcements militaires aux frontières avec l’Inde, il y en a eu aussi. Le général-président Musharraf les a même approuvés, ou orchestrés, il vient d’ailleurs d’en faire l’aveu. Au grand dam de Washington.

“Bien que le rapport McChrystal n’aille pas jusqu’à préconiser une réduction de la présence indienne en Afghanistan, cela est implicite : les Etats-Unis dépendent du soutien d’Islamabad pour la guerre en Afghanistan, la capacité du Pakistan d’utiliser des extrêmistes contre les intérêts américains reste très forte, et l’Inde devrait réaliser que son assistance à l’Afghanistan pourrait provoquer Islamabad et l’amener à prendre des ‘contre-mesures’”, conclut The Hindu.

Faut-il voir dans cet article une “surréaction” indienne à un bref passage du rapport McChrystal ? La lecture d’un autre article publié il y a quelques jours sur le site du quotidien pakistanais Dawn, est édifiant et en dit long sur l’état d’esprit qui règne dans certains milieux pakistanais. Intitulé “l’Inde, l’Afghanistan soutiennent les militants au Pakistan”, il affirme que les commandants talibans capturés récemment par l’armée pakistanaise dans la Vallée de Swat, ont révélé avoir été “entraînés, armés et payés par les services secrets afghans et indiens pour se battre contre les forces de sécurité pakistanaises”.

 

Source : le Figaro

Pas un Français de plus ne doit tomber en Afghanistan !

25 sept

Par Christine Bierre

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Mais qu’attendent donc la France et les autres « alliés » des Etats-Unis pour exiger la remise à plat de la guerre d’Afghanistan et les conditions du départ ? En effet, la révolte de plus en plus grande qui éclate au grand jour aux Etats-Unis contre la politique de Barack Obama et celle de ses prédécesseurs, ouvre les marges de manœuvre politique nécessaires à la remise en question de cette guerre meurtrière.

On peut imaginer, en effet, les pressions que l’administration américaine, embarquée dans une guerre conçue et promue par l’Empire britannique, a pu exercer sur ses « alliés » pour qu’ils consentent à envoyer des dizaines de milliers d’hommes, ainsi que leur propre légitimité politique, à une mort quasi certaine en Afghanistan. Mais que valent ces pressions alors qu’en Afghanistan l’ennemi pénètre partout, rendant toute victoire impossible, et qu’aux Etats-Unis même, la population se révolte contre cette guerre ?

L’administration Obama, qui avait l’intention d’annoncer une nouvelle montée en puissance militaire en Afghanistan en cette rentrée, fait preuve désormais d’une grande prudence, par crainte d’une opinion publique qui a basculé à 57% dans le rejet de la guerre, après les 184 morts du mois d’août, et qui est en pleine mobilisation contre sa réforme de la santé.

On n’est plus au 17 août dernier, lorsque, dans un discours prononcé devant la convention des Veterans for War (anciens combattants) dans l’Arizona, Obama prenait les mêmes accents que Cheney pour lancer : « Cette guerre n’est pas un choix, mais une nécessité. Ceux qui ont attaqué l’Amérique, le 11 septembre, complotent encore contre elle ». « Elle ne sera pas rapide ni facile, mais elle est fondamentale pour la défense de notre peuple » !

Volte-face d’Obama, le 16 septembre dernier, où il déclara que l’envoi de nouvelles troupes n’avait fait l’objet « d’aucune décision immédiate » et que « l’Afghanistan, ce n’est pas le Vietnam ». Le vice-président Biden serait lui aussi de plus en plus réticent, tout comme le général James Jones, conseiller à la Sécurité nationale, qui aurait conseillé au général McChrystal, commandant en chef des forces en Afghanistan, de ne pas demander de renforts de troupes. Par ailleurs, le secrétaire à la Défense, Robert Gates, a insisté ces derniers jours qu’il fallait laisser au Président le temps de réfléchir aux décisions qu’il devait prendre pour la suite de la guerre. Ces questions politiques doivent être évaluées par l’administration et sont « en dehors du domaine d’autorité du général McChrystal », a-t-il déclaré au Washington Post, le 18 septembre dernier.

Bras de fer entre politiques et militaires

Mais les proches de l’administration rapportent qu’un véritable bras de fer a lieu en coulisses entre les militaires en charge du dossier et les civils, les premiers exigeant une augmentation massive des forces et les seconds freinant des quatre fers.

Dans une tentative de forcer la main au Président, le Washington Post a divulgué, le 21 septembre, l’essentiel du rapport remis à Robert Gates le 30 août dernier par le général McChrystal, où il dresse un état des lieux de la situation. Sans chiffrer de nouvelle demande en troupes, le chef des forces de la coalition insiste sur le fait que faute de nouveaux moyens, l’effort tournera à l’échec.Selon des sources du Pentagone citées par la presse, cependant, en plus des effectifs américains de 68000 hommes, McChrystal souhaiterait une augmentation de 10000 à 45000 hommes ainsi qu’un quasi doublement des forces armées et de police afghane, qui passerait en un an et demi de 134000 à 240000 hommes pour l’armée, et de 84000 à 160000 pour la police. Ainsi, les forces déployées atteindraient 600000 en tout, c’est-à-dire un soldat pour 20 habitants !

McChrystal livre une évaluation du terrain d’une grande lucidité : une résistance qui s’accroît, une crise de confiance profonde chez les Afghans par rapport à leur gouvernement et la communauté internationale, une corruption terrifiante, des difficultés particulières où l’avantage est aux rebelles qui combattent sur leur propre sol et bénéficient en outre du soutien de certaines forces et services au Pakistan.

Mais plutôt que de déclarer forfait, le commandant des forces internationales en Afghanistan se prononce en faveur d’une « campagne globale de contre-insurrection ».« Notre stratégie ne peut pas être centrée sur la capture du terrain ou la destruction des forces rebelles. Notre objectif, c’est la population. Notre combat consiste à gager son soutien ».

Retour à la Coloniale

Et voici qu’on découvre avec consternation que cette nouvelle guerre que les Etats-Unis veulent livrer en Afghanistan remet à l’honneur les doctrines de contre-insurrection du lieutenant-colonel David Galula, un Saint-Cyrien français né en Tunisie en 1919, inspiré par certaines méthodes de la Coloniale, allant des Bureaux arabes et des Officiers d’affaires indigènes, créés pour mieux cerner les locaux, aux théories de pacification des populations de longue haleine, telle la tache d’huile de Gallieni.

Galula est beaucoup plus connu aux Etats-Unis qu’en France, car après une carrière militaire qui l’amène, entre-autres, à diriger le 45ème bataillon d’infanterie coloniale en Algérie en 1956, il refait sa vie aux Etats-Unis.En 1962, il intègre Harvard puis la Rand Corporation et publie, en 1964, La Guerre de contre-insurrection : théorie et pratique. Il est aujourd’hui le maître à penser du général Petraeus, à la tête de l’US Central Command en charge de l’Irak et de l’Afghanistan. Dans la préface à la version française du livre de Galula, publiée en 2008 aux éditions Economica, co-présidées par le général Vincent Desportes, Petraeus va jusqu’à comparer l’ouvrage de Galula à celui de Clausewitz, De la guerre !

Or, si cette doctrine cherche à épargner les populations civiles, contrairement à la Révolution des affaires militaires que les Américains ont mise en œuvre ces dernières années —bombardements aériens massifs visant à provoquer le choc et la terreur, sur le modèle des assauts lancés par l’armée israélienne contre le Liban (2006) et Gaza (2008) — il s’agit d’une forme de guerre coloniale beaucoup plus intelligente mais tout aussi impitoyable.

Au cœur de cette doctrine, l’idée que le combat vise à gagner l’adhésion des populations civiles à la cause de l’occupant, d’où la nécessité d’éviter les violences massives envers ces populations, qui ne font que les pousser dans les bras de l’adversaire. Pour cela il faut connaître intimement la culture de ces peuples, leur langue, et installer des responsables locaux pour faire la médiation entre l’occupant et la population.

Distinguer les éléments subversifs des populations — sortir le poisson de l’eau, comme disait Mao Tse Tung — se fait aussi grâce à un maillage serré des populations, qui exige de forces militaires et de police en surnombre et une intense activité de renseignement. Il s’agit d’une guerre très longue, où les populations doivent être convaincues que l’occupant est là de façon définitive.

C’est trop tard !

Outre le grave danger de remettre en selle la guerre de contre-insurrection coloniale, pourquoi ressortir cette stratégie qui s’avéra un cuisant échec à Alger comme au Vietnam, où Johnson l’a tentée ? Elle ne peut pas réussir, répètent des militaires français compétents. Car lorsque l’ennemi s’est infiltré partout, lorsqu’il est uni dans sa volonté de chasser l’occupation étrangère, c’est trop tard, la guerre est perdue !

Qui promeut donc cette follestratégie ? Alors que l’administration Obama hésite, McChrystal a trouvé un soutien de poids dans le Financial Times de Londres. Dans son éditorial du 2 septembre, le quotidien approuvait l’évaluation du général pour qui « le succès est atteignable », ajoutant qu’« Obama aurait raison d’accéder à sa demande » de renforts.

LaRouche, qui exige l’arrêt de cette guerre, accuse : « Depuis la guerre de Sept ans (1757-1763), la politique britannique a consisté à induire les nations visées à s’autodétruire, en les piégeant dans des guerres qu’elles n’ont aucune raison de mener. (…) Fondamentalement, notre ennemi n’est ni les Taliban, ni al-Qaeda (…) Le véritable ennemi, la réelle menace, c’est l’Empire britannique. »

 

Source : Solidarité & Progrès

Des services de moins en moins secrets

25 sept

Par Hugh Carnegy*, Financial Times

Longtemps voilés de mystère, le MI-6 et le MI-5 sortent peu à peu de l’ombre. Va-t-on pour autant pouvoir éclaircir les questions les plus dérangeantes quant à leurs activités ?

MI

Lors de la désignation récente de sir John Sawers comme nouveau directeur du MI-6, les services de renseignements extérieurs britanniques, un document a été envoyé aux médias : il rappelait aux journalistes de ne pas publier sur les agents secrets des renseignements “susceptibles d’aider des terroristes ou des organisations hostiles à identifier une cible”. Rien d’inhabituel dans ce type de consigne, qui s’intègre dans le système britannique de DA-Notice, visant à éviter la publication de renseignements sensibles sur les services secrets et l’armée. A ceci près que, au moment même où la note était envoyée, des millions d’internautes pouvaient découvrir sur la page Facebook de lady Sawers une série de photos montrant sir John (jouant au frisbee sur la plage), sa famille, ses proches et son domicile.

Le culte du secret (et le manque de transparence) caractérise de longue date les services de renseignements britanniques. Alors que le MI-6 a été fondé il y a exactement un siècle, ce n’est qu’en 1992 que l’Etat a pour la première fois reconnu publiquement son existence. Le MI-5, son pendant pour la sécurité intérieure, n’a été véritablement officialisé par une loi qu’en 1989. Une pléthore de livres publiés récemment témoignent de l’amélioration de la transparence des services de renseignements depuis une vingtaine d’années, évolution bien tardive comparée à celle de la CIA, du FBI et d’autres agences américaines, contraintes de rendre compte de leur action. Et ce processus ne s’est pas fait de bon cœur. Mais les services de renseignements britanniques font désormais preuve d’une ouverture qui aurait poussé nombre de leurs agents d’hier à avaler illico leur comprimé de cyanure. Les services de renseignements, y compris le Government Communications Headquarters (GCHQ), chargé de la surveillance électronique, dont l’importance ne cesse de croître, se font tous de plus en plus transparents, à des degrés divers. La fin de la guerre froide, l’essor d’Internet et les exigences croissantes de l’opinion, qui entend savoir ce que ces agences font en son nom, les y ont fortement incités, notamment après leur échec sur la fameuse question des armes de destruction massive en Irak. Mais c’est aussi de leur propre fait que ces agences se mettent à fonctionner ­différemment, parce qu’elles sont confrontées à la mondialisation et à un monde plus complexe.

Les services ont donc désormais leurs sites Internet et leurs attachés de presse ; ils s’expriment publiquement sur eux-mêmes plus que jamais. Il n’en reste pas moins que la collecte de renseignements requiert toujours, par nature, le respect du secret. Les autorités assurent qu’il leur faut impérativement maintenir leurs activités d’espionnage et leurs espions dans la clandestinité, et à plus forte raison lorsqu’il s’agit d’opérations de lutte antiterroriste. Où se trouve donc la frontière entre ce que l’opinion publique a le droit de savoir et ce qui doit nécessairement rester secret ? Cette frontière s’est déplacée, c’est incontestable – mais s’est-elle déplacée suffisamment ? Le système britannique du DA-Notice se trouve au cœur de cette tension entre secret et transparence. Depuis près d’un siècle, un comité conjoint réunissant des représentants de l’Etat et des médias a pour mission d’empêcher que ne soient publiés des renseignements qui pourraient mettre en danger la sécurité nationale – ce qui concerne autant l’armée que les services secrets. Contrairement à la croyance populaire, ce n’est pas (et cela n’a jamais été) une forme de censure imposée. Il s’agit d’un système d’autocensure volontaire : les médias acceptent un ensemble de lignes directrices délimitant des domaines sensibles dont les journalistes tiennent compte avant de publier un article.

Des agents toujours à la limite de la légalité

Il est temps d’apporter une précision : je suis moi-même membre de ce comité. Il comprend cinq fonctionnaires et seize représentants des médias, notamment de Google, et nous nous réunissons deux fois par an au ministère de la Défense autour d’un thé accompagné de gâteaux secs. Drôle de situation pour un journaliste. Certains organes de presse britanniques, en particulier le New Statesman, préfèrent ne pas y participer ; mais, en règle générale, la plupart y siègent.

Paru récemment, Spooks, le livre de Thomas Hennessey et Claire Thomas, retrace l’histoire du MI-5 de façon convaincante. Il rappelle les grands succès de l’agence, notamment les opérations “Double Cross” pendant la Seconde Guerre mondiale, où des agents doubles étaient utilisés pour pratiquer la désinformation envers l’Allemagne et qui connurent leur apogée avec les fausses informations sur le lieu du débarquement de juin 1944. Pour les auteurs, la faiblesse des Britanniques dans la lutte pour le renseignement durant la guerre froide contre l’Union soviétique remonte à 1927 : cette année-là, une opération montée à la va-vite contre l’agence d’espionnage qu’avait Moscou au Royaume-Uni révéla aux Russes que leurs codes avaient été décryptés. Le MI-5 n’y est plus jamais parvenu par la suite. Comme le souligne aussi Spooks, l’agence a commis une erreur fatale : ne jamais avoir reconnu que le communisme exerçait un pouvoir de séduction sur toutes les classes sociales, y compris sur les étudiants de Cambridge comme Kim Philby et Guy Burgess, des agents doubles pour le compte des Soviétiques qui infiltrèrent les services de renseignements britanniques avec une efficacité dévastatrice au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Thomas Hennessey et Claire Thomas font par ailleurs un récit fascinant des opérations menées par le renseignement britannique durant la “guerre sale” en Irlande du Nord : les Britanniques parvinrent à noyauter très efficacement l’IRA et, selon eux, à la vaincre, grâce à des agents placés au plus haut niveau et à des micros installés quasiment jusque sur les fesses des chefs de l’IRA provisoire.

Ce qui nous ramène au manque de transparence des services secrets. Il ne fait guère de doute que les opérations clandestines britanniques en Irlande du Nord ont dû, pour garantir le secret, recourir à l’illégalité et à la brutalité, y compris à des actes terroristes atroces et mortels commis par des agents des services. Pour beaucoup de Britanniques, et même pour la plupart d’entre eux, cela sort très certainement du cadre des actes de ce que les services de renseignements sont en droit de faire en notre nom. La question est d’autant plus importante que de nombreux témoignages accusent les Britanniques de s’être rendus complices d’actes de torture contre des terroristes islamistes présumés. “L’essentiel, écrivent Hennessey et Thomas, est de savoir si les freins et les contrepoids de la démocratie libérale – Etat de droit, conscience individuelle et même intransigeance des institutions face aux abus – suffisent [à garantir la transparence].” Il y a vingt ans, en Grande-Bretagne, la réponse était non. Espérons que le recul de l’opacité, qui s’est fait désirer si ­longtemps, permet aujourd’hui de répondre oui à cette question.

* Un des rédacteurs en chef du Financial Times.

URL de la source : http://www.courrierinternational.co…