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Israël, vers un renversement d’alliance

Dans Avigdor Liebermann, États-Unis, Barack H. Obama, Chine, Israël, Moyen-Orient, Russie, Technologie, Tsahal le 30 septembre 2009 à 13:56

Par Christian Bouchet

Avigdor Liberman

Selon un récent sondage du Jerusalem Post seuls 4% des Israéliens estiment que le nouveau président américain Barack Obama mène une politique qui leur soit favorable et un peu plus de la moitié des personnes (51%) interrogées dans le cadre de ce sondage pensent que la nouvelle administration américaine est « plus pro-palestinienne que pro-israélienne », 35% estimant qu’elle est neutre. Ces résultats sont à mettre en regard avec ceux d’un autre sondage effectué durant la présidence de George Bush. 88% des Israéliens considéraient alors l’administration Bush comme pro-israélienne, 7% la jugeaient neutre et 2% l’étiquetaient comme « pro-palestinienne ».

Si la politique suivie par Barack Obama au Proche-Orient, depuis son accession à la présidence, agace les israéliens de la rue, il va sans dire que dans les milieux diplomatiques et militaires du pays l’inquiétude est encore plus grande. Si aucune rupture inéluctable n’est encore survenue, certains analystes de l’État sioniste pensent cependant que la situation peut notablement s’aggraver et conduire à un dangereux isolement d’Israël sur la scène internationale.

D’où la volonté de certains des officiers généraux de Tsahal, parmi les plus influents, de mettre en place des plans d’action en direction des deux autres grands – la Chine et la Russie – en vue de diversifier les alliances stratégique du pays.

Les relations économiques et militaires entre les Chinois et les Israéliens ne sont pas récentes. Elles ont par contre toujours été caractérisées par une extrême discrétion et comme le relate un document de la Chambre de Commerce France Israël « Pour connaître réellement se qui se passe entre les deux pays il faut posséder en Israël le plus haut niveau sécuritaire. Les israéliens ne veulent pas que leurs alliés américains en sachent trop. » Cependant, de temps à autre un article, en apparence anodin, paraît sur cette coopération anonyme : une nouvelle ligne régulière de EL-AL qui ouvre entre les deux pays; une visite de militaires Chinois à Jérusalem; une déclaration de l’Ambassadeur Chinois en poste à Tel-Aviv dans un magazine; une visite officielle de généraux israéliens à Pékin…

Cependant, si la coopération bi-nationale est bien réelle, elle ne semble concerner encore que des aspects économiques, le meilleur exemple en étant l’accord de coopération de 200 millions de dollars qu’a signé, en 2008, le gouvernement de la province chinoise de Jiangxi avec Israël. On sait aussi qu’Israël attire de plus en plus de firmes multinationales chinoises spécialisées dans le domaine de la construction et des infrastructures et que la Chine et Israël réalisent ensemble un courant d’affaires de 4,5 milliards de dollars, dont une part notable concerne des marchés de ventes d’armes, secteur dans lequel la Chine est l’un des trois principaux acheteurs d’Israël.

Si l’importance des relations économique avec la Chine est grande, au niveau diplomatique c’est cependant vers la Russie que regardent les militaires israéliens afin de conclure une alliance alternative.

Leur meilleur allié dans cette affaire est Avigdor Liberman, le très contesté ministre des Affaires étrangères d’origine russe. Sa stratégie est transparente : construire une alliance profonde avec son pays natal et dans la foulée faire passer l’alliance USA-Israël au second rang. En cela, il est aidé par un phénomène démographico-sociologique particulier : le million de juifs russes qui a émigré en Israël dans les années 1990 détient de plus en plus de responsabilités gouvernementales et compte maintenant des représentants au cœur de l’appareil d’État. Un nombre important d’entre eux ont gardé des liens familiaux ou affectifs avec la Russie et se sentent mille fois plus proche d’elle que des USA, ils sont donc extrêmement favorables à la mise en oeuvre d’une coopération politique, technologique et militaire solide entre leur pays de naissance et leur pays d’élection.

Ce n’est donc pas du tout par hasard que Shimon Péres s’est rendu en août à Moscou. Ce n’est pas non plus par hasard qu’il y a abordé des sujets auxquels les américains ont toujours été très hostiles (achat d’armement, transfert de technologie et de savoir-faire israélien vers la Russie dans des domaines sensibles : drones, avionique, nanotechnologie, nucléaire, etc.)

Si des accords venaient à être conclus, toute la région y gagnerait sans aucun doute en stabilité car les bonnes relations qu’entretiendrait alors Moscou avec la Syrie, l’Iran et … Israël, seraient de nature à modifier notablement la donne au Proche-Orient. Cela réduirait à néant le projet d’un « Nouveau Moyen-Orient », feuille de route militaire yankee au Moyen-Orient à laquelle le Département d’État n’a pas totalement renoncé et qui consiste à créer un champ d’instabilité, de chaos, et de violence, s’étendant du Liban, de Palestine et de la Syrie, à l’Irak, au golfe Persique, à l’Iran et aux frontières de l’Afghanistan tenu par l’OTAN permettant de redessiner la carte du Moyen-Orient en fonction des besoins et objectifs géostratégiques de l’Oncle Sam.

C’est ce que crains, bien sur, le Département d’État. Et c’est, vraisemblablement, ce qui explique que la police israélienne a très récemment clos une enquête qui durait depuis trois ans et recommandé l’inculpation d’Avigdor Lieberman pour fraude, obstruction à la justice, harcèlement et blanchiment d’argent… Alors que dans le même temps la presse de « gauche » se déchaîne d’une manière hystérique contre lui car il a eu l’outrecuidance d’exiger – ce qui semble pourtant la moindre des choses – que tous les candidats au poste de diplomate aient effectué leur service militaire…

Il n’y a pas, en effet, qu’en Europe que le parti américain compte des auxiliaires zélés, et on ne manque pas de petits Quisling à Tel-Aviv comme à Paris ou à Bruxelles.

 

Source : Geostrategie.com

La crise de la mer Noire s’enlise; l’Iran fait face à la menace grandissante des États-Unis et de l’OTAN

Dans Abkhazie, AIEA, Analyse, Armement, Azerbaïdjan, États-Unis, Barack H. Obama, Benyamin Netanyahou, Caucase, Dimitri Medvedev, Europe, Géorgie, Ingérence, Insurrection, Iran, Israël, Mahmoud Ahmadinejad, Mer Caspienne, Mer Noire, Mikheil Saakashvili, Moldavie, Moyen-Orient, Nucléaire, ONU, Ossétie du Sud, OTAN, Pétrole, Pentagone, République Islamique d'Iran, Russie, Transnistrie, Tsahal, US Army, Vladimir Poutine le 30 septembre 2009 à 12:52

Par Rick Rozoff

Stop NATO

Stop NATO

Alors que Washington annonce, en paroles et en gestes, qu’il planifie d’éventuelles frappes militaires contre l’Iran, la tension monte sur la mer Noire avec la menace d’un autre conflit entre les États-Unis, la Géorgie, État client de l’OTAN, et la Russie.

Le 9 septembre on pouvait lire dans le New York Times qu’« un an à peine après qu’ils sont allés en guerre, la tension croissante entre la Russie et la Géorgie concernant des droits de visite dans une région séparatiste de la Géorgie a créé un nouveau théâtre potentiel pour un conflit [1] ». L’article faisait référence à la récente saisie de plusieurs navires par la Géorgie au large des côtes abkhazes de la mer Noire, apparemment 23 au total cette année.

Le président de l’Abkhazie Sergei Bagapsh a ordonné à la marine de son pays de confronter et, si cela s’avère nécessaire, de couler les navires de la marine et de la garde côtière de la Géorgie en réaction à la saisie forcée de navires civils en eaux neutres par cette dernière, en appelant ces actions par leur nom – piraterie. La marine et la garde côtière géorgiennes sont entraînées par les États-Unis et l’OTAN.

Le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères a souligné les dangers inhérents aux récentes provocations de la Géorgie en prévenant « qu’elles risquent d’aggraver la situation militaire et politique dans la région et pourraient résulter en de sérieux incidents armés [2]. »

Le 15 septembre la Russie annonçait que ses gardes frontaliers détiendront tous les navires violant les frontières maritimes de l’Abkhazie […] [3] »

La Russie aurait non seulement le droit, mais serait dans l’obligation de fournir une telle aide à l’Abkhazie voisine puisque « selon les traités d’assistance mutuelle signés en novembre dernier, la Russie s’est engagée aider l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud à protéger leurs frontières et les signataires se sont accordé le droit d’établir des bases militaires sur leurs territoires respectifs [4] ».

En tentant d’exécuter un blocus maritime contre l’Abkhazie, l’actuel régime géorgien de Mikheil Saakashvili est tout à fait conscient que la Russie est tenue de réagir en raison du traité et de ses intérêts nationaux – la Cour pénale internationale prévoit inclure cette année les blocus des ports et des côtes dans sa liste d’actes de guerre [5]. Ayant subi une cuisante défaite lors de sa dernière escarmouche avec la Russie, la guerre de cinq jours en août l’an dernier, Tbilissi ne risquerait jamais de poser des gestes comme elle le fait actuellement sans le soutien des États-Unis et de l’OTAN.

Des jours après la fin de la guerre de 2008, l’ancien sénateur étatsunien et actuel vice-président Joseph Biden a pris un vol pour la capitale géorgienne afin de promettre 1 milliard de dollars d’aide au pays, faisant de la Géorgie le troisième plus important bénéficiaire de l’aide étrangère étatsunienne après l’Égypte et Israël.

Des navires de guerre des États-Unis et de l’OTAN ont afflué sur la mer Noire en août 2008 et des navires étatsuniens ont visité les villes portuaires géorgiennes de Batoumi et Poti pour livrer ce que Washington a décrit comme étant de l’aide civile. Des sources russes soupçonnaient toutefois que ces navires contenaient de l’équipement militaire destiné à remplacer celui perdu dans le conflit.

Moins d’un mois après la fin de la guerre, l’OTAN a envoyé une délégation en Géorgie pour « évaluer les dommages faits aux infrastructures militaires à la suite d’une guerre de cinq jours entre Moscou et Tbilissi […] [6] ».

Lors d’une rencontre en décembre, les ministres des affaires étrangères de l’OTAN ont convenu d’un Programme national annuel pour la Géorgie et au cours du même mois Washington a annoncé la création de la Charte de partenariat stratégique américano-géorgienne.

Cette semaine, une délégation d’importants experts de l’OTAN en défense et en logistique s’est rendue en Géorgie le 9 septembre « pour promouvoir le développement des Forces armées géorgiennes [7] ». Le 14 septembre, des représentants officiels de haut rang du George C. Marshall European Center for Security Studies des États-Unis sont arrivés aux quartier général du ministère de la Défense géorgien « afin d’étudier des questions de coordination interdépartementale dans la gestion du secteur de la sécurité et de la révision de la sécurité nationale [8]. »

L’intégration militaire continue par le Pentagone et l’OTAN de la Géorgie et l’Azerbaïdjan voisin, qui a également une frontière avec l’Iran, est intégralement liée aux plans militaires d’ensemble en mer Noire et dans tout le Caucase et, de manière encore plus sinistre, aux projets conjoints de guerre contre l’Iran. Par ailleurs l’Université Georgetown de Washington sera l’hôte d’une conférence le 18 septembre sur le partenariat stratégique entre les États-Unis et l’Azerbaïdjan : Les critères bilatéraux et régionaux.

Déjà en 2007, des reportages à ce sujet ont fait surface dans les réseaux d’information bulgare et roumain. Novinite (Sofia News Agency) rapportait que le Pentagone « pourrait utiliser ses deux bases aériennes en Bulgarie ainsi qu’une base aérienne sur la côte roumaine de la mer Noire pour lancer une attaque contre l’Iran […] [9].

Il s’agit des bases aériennes de Bezmer et de Graf Ignitievo en Bulgarie et de celle de Mihail Kogalniceanu près de la ville roumaine de Constanza sur le mer Noire.

Le Pentagone a en tout sept nouvelles bases en Bulgarie et en Roumanie, et en plus du stationnement d’avions de guerre, F-15, F-16 et A-10 Thunderbolts, il a de 3000 à 5000 troupes déployées dans les deux pays en tout temps. Washington a également établi les quartiers généraux permanents de sa Force opérationnelle interarmées Est (FOIE) à la base aérienne de Mihail Kogalniceanu en Roumanie.

Un site web du gouvernement étatsunien donne les détails suivants à propos de la Force opérationnelle interarmées Est : « Toutes les opérations d’entraînement de l’Armée et des Forces aériennes des États-Unis en Roumanie et en Bulgarie seront sous le commandement de la FOIE, laquelle est commandée par le USEUCOM [Commandement des forces des États-Unis en Europe]. Située en Roumanie et en Bulgarie, la FOIE comprendra un petit quartier général permanent (en Roumanie) composé d’environ 100 à 300 employés qui superviseront les rotations des unités de l’Armée étatsunienne de la taille d’une brigade, ainsi que les déploiements de troupes dédiées au maniement d’armes des Forces armées étatsuniennes (Weapons Training Deployments, WTD). L’accès aux installations de formation aériennes et terrestres roumaines et bulgares donnera l’opportunité aux forces de la FOIE de s’entraîner et d’interagir avec les forces militaires à travers la zone entière de 92 pays sous la responsabilité de l’USEUCOM. Les Forces terrestres des États-Unis en Europe (USAREUR) et les Forces de l’armée de l’air des États-Unis en Europe (USAFE) sont impliquées activement dans l’établissement de la FOIE [10]. »carte de l'Anneau d'Asie Centrale

Les quatre bases militaires en Roumanie et les trois bases en Bulgarie auxquelles le Pentagone et l’OTAN ont obtenu un accès indéterminé depuis que les deux pays ont été incorporés à l’OTAN en 2004 permettent des opérations d’ensemble : des déploiements d’infanterie dans la zone et en direction des cibles afghane et irakienne, des pistes pour les bombardiers et les avions de combat à réaction, des convenances de carénage pour les navires de guerre des États-Unis et de l’OTAN incluant des croiseurs Aegis équipés de missiles intercepteurs, des terrains d’entraînement pour les forces spéciales occidentales et les forces armées étrangères s’intégrant à l’OTAN.

S’ajoutant aux bases et aux troupes fournies par la Turquie et la Géorgie – et dans le futur par l’Ukraine – les sites bulgares et roumains sont une composante intégrante des projets des États-Unis et de leurs alliés de transformer la mer Noire en territoire de l’OTAN. Seul le littoral russe ne serait pas contrôlé par l’Alliance, ainsi que celui de l’Abkhazie récemment indépendante, ce qui rend le contrôle de ce pays si essentiel.

La semaine dernière le ministre roumain de la Défense a annoncé l’intention de son pays d’acquérir entre 48 et 54 avions de combat à réaction de nouvelle génération – des F-16 et des F-35 étatsunien ont été mentionnés – dans le cadre d’« une nouvelle stratégie d’acquisition d’avions polyvalents, ce qui signifie d’abord l’achat d’avions pour procéder à la transition vers la cinquième génération d’équipement, dans les 10 à 12 prochaines années [11] ».

Avec le récent changement de gouvernement dans l’ancienne république soviétique de Moldavie, dans la foulée de la violente « révolution Twitter » en avril, le nouveau speaker parlementaire Mihai Ghimpu a parlé ouvertement de la fusion du pays avec la Roumanie voisine, c’est-à-dire de son absorption par cette dernière. La Transnistrie [République moldave de Transnistrie] s’est séparée de la Moldavie en 1990 justement en raison du danger d’être intégrée à la Roumanie. Des combats ont suivi, lesquels ont coûté la vie à quelque 1500 personnes.

La Roumanie est maintenant membre de l’OTAN. Si une guerre civile éclatait en Moldavie et/ou que le combat s’intensifiait entre la Moldavie et la Transnistrie, et que la Roumanie envoyait des troupes — ce qui presque certain – l’OTAN peut invoquer la clause militaire de son Traité, l’Article 5, pour intervenir. La Transnistrie compte1200 Gardiens de la paix russes.

Le voisin de la Transnistrie à l’est est l’Ukraine, liée à la Moldavie par l’alliance GUAM concoctée par les États-Unis (Géorgie, Ukraine, Azerbaïdjan, Moldavie), laquelle collabore à l’exécution d’un blocus contre la Transnistrie. Le président ukrainien Viktor Yushchenko, dont la popularité est actuellement dans les monochiffres, est déterminé à entraîner son pays dans l’OTAN à l’encontre d’une opposition nationale massive et l’on peut compter sur lui pour attaquer la Transnistrie à l’est si un conflit éclatait.

Une source d’information moldave a cité la semaine dernière un leader de l’opposition émettant ce terrible avertissement : « Les minorités ethniques de Moldavie sont formellement contre une union avec la Roumanie. Si nous, qui ne sommes pas d’ethnie moldave, devons défendre le statut d’État de la Moldavie, nous trouverons alors de puissants alliés en dehors de la Moldavie, incluant la Russie. Avec elle, l’Ukraine, la Turquie et la Bulgarie seraient impliquées dans cette bataille. L’année dernière nous avons tous été témoins de la façon dont la Russie a défendu les intérêts de ses ressortissants en Ossétie du Sud et en Abkhazie. Pourquoi croirait-on qu’en cas de guerre civile en Moldavie, la Russie regarderait tout bonnement ses ressortissants mourir? Notre tâche est de prévenir de tels développements [12]. »

En effet, toutes les régions de la mer Noire et du Caucase pourraient s’enflammer si les mandataires occidentaux du GUAM lançaient une attaque sur n’importe quel des soi-disant pays des conflits gelés, soit la Géorgie sur l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud, l’Azerbaïdjan sur le Nagorny-Karabagh et la Moldavie et l’Ukraine sur la Transnistrie. Il se pourrait que les quatre pays soient attaqués simultanément et à l’unisson.

Une attaque contre l’Iran, qui possède une frontière commune avec l’Azerbaïdjan et l’Arménie, offrirait cette opportunité. Cette dernière étant la protectrice du Nagorny-Karabagh deviendrait immédiatement belligérante si l’Azerbaïdjan entamait des hostilités militaires contre le Karabagh.

Le 15 septembre les reportages révélaient que le Bipartisan Policy Center à Washington, DC, fondé en 2007 par l’ancien leader de la majorité au Sénat Howard Baker, Tom Daschle, Bob Dole et George Mitchell, a publié un rapport indiquant en partie que « si des sanctions rigoureuses ne poussent pas la République islamique à démontrer de la sincérité dans les négociations et à abandonner ses activités d’enrichissement [d’uranium], la Maison-Blanche devra commencer à envisager sérieusement l’option d’une frappe militaire menée par les États-Unis contre les installations nucléaires iraniennes [13] ».

Les auteurs du rapport sont Charles Robb, ancien sénateur démocrate de Virginie, Daniel Coats, ancien sénateur républicain de l’Indiana et le général à la retraite Charles Wald, ancien commandant adjoint du Commandement des forces des États-Unis en Europe.

L’Iran aurait 60 jours pour essentiellement abandonner son programme électronucléaire civil. S’il ne capitule pas, l’administration Obama devrait « se préparer de façon manifeste à toute option militaire [incluant] le déploiement d’un groupe aéronaval additionnel au large des eaux iraniennes et à la conduite d’exercices conjoints avec les alliés des États-Unis [14] ».

Installations Nucléaires IraniennesLe principal réacteur nucléaire iranien est en construction à Bushehr et serait une cible principale de toute attaque de missile ou de tout bombardement de la part des États-Unis et d’Israël. En 2006, 3700 experts et techniciens russes, et leurs familles, vivaient dans les environs de ces installations. 

Depuis les huit dernières années, on présume que les États-Unis lanceraient une attaque militaire contre l’Iran d’un porte-avion stationné dans le golfe Persique et qu’Israël le ferait à l’aide de bombardiers à longue portée en survolant l’Irak et la Turquie.

Durant cette période, les États-Unis et leurs alliés de l’OTAN ont également gagné l’accès aux bases aériennes en Irak, en Afghanistan et au Pakistan (au Baloutchistan, aux frontières de l’Iran) au Kirghizstan et au Tadjikistan, en plus des bases qu’ils possèdent déjà en Turquie.

Washington et Bruxelles ont aussi étendu leur présence militaire en Bulgarie, en Géorgie et en Roumanie sur la mer Noire, ainsi qu’en Azerbaïdjan sur la mer Caspienne, au long de la frontière nord-est de l’Iran.

Des plans d’agression militaire massive contre l’Iran pourraient alors comprendre des frappes aériennes et des frappes de missiles provenant d’endroits bien plus près du pays que ce que l’on soupçonnait auparavant.

La American Defense Security Cooperation Agency a annoncé la semaine dernières qu’elle prévoyait fournir à la Turquie, le seul pays membre de l’OTAN à avoir une frontière commune avec l’Iran, des missiles intercepteurs de théâtre, à savoir la version améliorée à plus grande portée des PAC-3 (Patriot Advance Capability-3), d’une valeur de près de 8 milliards de dollars. Le projet comprend la livraison de presque 300 missiles Patriot destinés à être déployés dans 12 postes de commande en Turquie.

En juin, le gouvernement turc a confirmé que les avions AWACS (système aéroporté d’alerte et de contrôle) de l’OTAN seraient déployés dans la province turque de Konya.

La dernière fois que des missiles Patriot et des AWACS ont été envoyés en Turquie, c’était à la fin de 2002 et au début de 2003, pour la préparation de l’invasion de l’Irak.

Le 15 septembre, le journal des Forces armées étatsuniennes, le Stars and Stripes, a fait paraître un article intitulé « Les forces étatsuniennes et israéliennes testeront la défense antimissiles pendant que l’Iran est dans la tourmente » (U.S., Israeli forces to test missile defense while Iran simmers). L’article comprenait ces détails sur les jeux de guerre biannuels Juniper Cobra : « Quelque 1000 troupes du Commandement des forces des États-Unis en Europe seront bientôt déployées en Israël pour un exercice de défense antimissiles de grande échelle avec les forces israéliennes. »

Cette année, Juniper Cobra se tient en même temps que des préoccupations constantes sur le programme nucléaire iranien, qui fera l’objet de discussions en octobre.

Les troupes étatsuniennes des quatre agences travailleront conjointement avec le même nombre de troupes des forces de la Défense israélienne et participeront à des jeux de guerre simulés par ordinateur […] Pendant l’exercice Juniper Cobra du mois prochain, diverses technologies de défense antimissiles et de défense aérienne seront testées, y compris la bande x contrôlée par les États-Unis [15]. »

Le même article nous informait que cet exercice était l’aboutissement d’une montée en puissance qui avait lieu depuis des mois.

« En avril une centaine de troupes basées en Europe ont pris part à un exercice de défense antimissiles incorporant pour la première fois le système de radar étatsunien déployé au pays en octobre 2008. La bande x étatsunienne est destinée à donner à Israël une alerte rapide advenant un lancement de missile de l’Iran. Depuis près d’un an, une alliance de troupes et d’entrepreneurs étatsuniens gèrent une opération quotidienne de la bande x sur la base aérienne de Nevatim dans le désert de Néguev [16]. »

La même publication révélait deux jours auparavant que le Pentagone a mené la semaine dernière en Allemagne un exercice de contre-insurrection à grande échelle avec la 173e brigade aéroportée et le 12e Combat Aviation Brigade, « le plus important exercice de la sorte jamais effectué par les militaires étatsuniens à l’extérieur des États-Unis […] [17] ». Les deux unités doivent être déployées respectivement en Afghanistan et en Irak, mais pourraient être déplacées en Iran, si cela s’avérait nécessaire. 

Le rôle que les États et clients de l’OTAN situés sur les côtes de la mer Noire pourraient jouer dans un assaut multinational et multi-vectoriel sur l’Iran a été démontré dans la foulée de la guerre russo-géorgienne l’an dernier.

Lors d’une conférence de presse aux quartiers généraux de l’OTAN à Bruxelles il y a un an, l’ambassadeur russe à l’OTAN Dmitry Rogozin « a dit que le renseignement russe avait obtenu de l’information indiquant que l’infrastructure militaire géorgienne pourrait être utilisée pour un soutien logistique des troupes étatsuniennes si elles lançaient une attaque contre l’Iran [18] ».

Rogozin aurait également dit qu’« actuellement l’OTAN s’affaire en Géorgie à restituer sa capacité à surveiller son espace aérien, en d’autres mots, à reconstituer tout le système de localisation et de défense antimissiles détruit par l’artillerie russe ».

« [La restitution des systèmes de surveillance et des bases aériennes en Géorgie] est destinée à un soutien logistique de certaines opérations aériennes de l’Alliance en entier ou des États-Unis en particulier dans cette région. La reconstruction rapide du champ d’aviation et de tous les systèmes prouve qu’une opération aérienne est planifiée contre un autre pays situé non loin de la Géorgie [19]. »

Au début d’octobre l’an dernier, Nikolai Patrushev, secrétaire du Conseil de sécurité russe « a décrit la politique d’augmentation de la présence militaire des États-Unis et de l’OTAN en Europe de l’Est comme une quête de supériorité militaire stratégique sur la Russie. Le représentant officiel a ajouté que les États-Unis auraient besoin d’alliés dans la région si le pays décidait d’attaquer l’Iran [20] ».

Patrushev a affirmé : «  S’ils décident d’attaquer l’Iran avec des missiles et des bombes, les États-Unis auront besoin d’alliés loyaux. Et si la Géorgie est impliquée dans cette guerre, cela représentera une menace additionnelle pour la sécurité nationale de la Russie [21]. »

Plus tard en octobre dernier, un site web azerbaïdjanais rapportait que 100 avions à réaction de l’Armée de l’air iranienne faisaient des exercices près de la frontière du pays et que « des sources militaires des États-Unis avaient signalé que des territoires en Azerbaïdjan et en Géorgie pourraient servir à attaquer l’Iran […] [22] ».

Le journaliste indien Atul Aneja écrivait le même mois dans The Hindu à propos des effets de la guerre russo-géorgienne d’août l’an dernier et donnait cette information : « Les assertions militaires de la Russie en Géorgie et une démonstration de puissance dans certaines parties de l’Asie de l’Ouest [Moyen-Orient], combinées aux préoccupations politiques et économiques de Washington, semblent avoir anticipé les chances d’une frappe prochaine contre l’Iran ».

À la suite des actions de la Russie en Ossétie du Sud et en Abkhazie, le président russe Dimitri Medvedev a reconnu que Moscou était conscient que de sérieux plans d’attaque contre l’Iran étaient sur la table. “Nous savons que certains joueurs prévoient d’attaquer l’Iran. Mais nous nous opposons à toute étape unilatérale et à [une] solution militaire à la crise nucléaire”.

La Russie a pris le contrôle de deux champs aériens en Géorgie d’où étaient prévues des frappes contre l’Iran. Les forces russes ont aussi vraisemblablement récupéré des armes et des drones espions israéliens qui auraient été utiles à la surveillance de cibles iraniennes potentielles [23] ».

Le même journal, citant Dmitry Rogozin affirmant que le renseignement militaire russe avait saisi des documents prouvant que Washington avait entamé « des préparations militaires actives sur le territoire géorgien » pour des frappes aériennes contre l’Iran, a ajouté des informations concernant l’implication israélienne : « Israël avait fournit à la Géorgie des drones sophistiqués Hermes 450 UAV, de multiples lance-roquettes et d’autre équipement militaire que la Géorgie a utilisé, avec des chars d’assaut géorgiens modernisés fabriqués par les soviétiques, dans son attaque contre l’Ossétie du Sud. Des instructeurs israéliens ont par ailleurs aidé à entraîner des troupes géorgiennes [24] ».

Au lieu de voir les guerres de la dernière décennie – contre la Yougoslavie, l’Afghanistan et l’Irak – et l’expansion concomitante de la présence militaire des États-Unis et de l’OTAN dans ces trois pays et dans plusieurs autres dans leur périphérie comme une série d’événements sans liens, on doit voir la tendance pour ce qu’elle est : une stratégie constante et calculée employant chaque zone de guerre successive comme une rampe de lancement pour une nouvelle agression.

Le Pentagone possède d’importantes bases militaires au Kosovo, en Afghanistan et en Irak qu’il n’a pas l’intention d’abandonner. Les États-Unis et ses alliés de l’OTAN ont des bases en Bulgarie, en Roumanie, au Kirghizstan, au Tadjikistan, en Ouzbékistan, au Koweït, au Bahreïn (où se trouve le quartier général de la 5e flotte de la Marine étatsunienne) et dans d’autre pays à proximité des zones de guerres des dix dernières années qui peuvent servir aux conflits des dix, vingt ou trente prochaines années.

Article original en anglais : Black Sea Crisis Deepens As US-NATO Threat To Iran Grows, le 16 septembre 2009.

Traduction : Julie Lévesque

Notes

1) New York Times, 9 septembre 2009

2) Ibid

3) Russian Information Agency Novosti, 15 septembre 2009

4) Ibid

5) Wikipedia

6) Agence France-Presse, 8 septembre 2009

7) Trend News Agency, 9 septembre2009

8)Minist`re de la Défense de la Géorgie, 14 septembre 2009

9) Turkish Daily News, 30 janvier 2007

10) Secrétaire d’État des États-Unis

11) The Financiarul, 9 septembre 2009

12) Infotag, 11 septembre 2009

13) Bloomberg News, 15 septembre 2009

14) Ibid

15) Stars and Stripes, 15 septembre 2009

16) Ibid

17) Stars and Stripes, 13 septembre 2009

18) Russian Information Agency Novosti, 17 septembre 2008

19) Russia Today, 17 septembre 2008

20) Russian Information Agency Novosti, 1er octobre 2008

21) Fars News Agency, 2 octobre 2008

22) Today.AZ, 20 octobre 2008

23) The Hindu, 13 octobre 2008

24) The Hindu, 19 septembre 2008

 

Source : Mondialisation.ca

La chute du capitalisme, c’est aussi la fin d’une religion

Dans Altermondialiste, Analyse, États-Unis, Bankster, Brésil, Capitalisme, Chine, Crise Financière, Dollar, Euro, FMI, France, G20, Goldman Sachs, Inde, Japon, Mondialisation, Néolibéralisme, Occident, Royaume-Uni, Russie, Wall Street le 29 septembre 2009 à 11:39

Capitalism

La crise qui nous frappe aujourd’hui ne serait rien si elle n’était que structurelle, un simple bug mécanique dans une organisation financière et économique essoufflée. Mais non, on a vu déjà qu’elle avait des prolongations civilisationnelles. On peut aujourd’hui constater qu’elle porte en elle l’étouffante marque du sacré.« La Marque du sacré », c’est le titre d’un livre lumineux du philosophe Jean-Pierre Dupuy (éditions Carnetsnord, 2008, 20 euros), qui inspire très librement la petite analyse à suivre sur la situation apocalyptique qui est aujourd’hui la nôtre.

Jean-Pierre Dupuy traite de la façon dont l’être humain a abusivement ramené sa science, pour se poser en rival de ses vieux dieux défaillants.

On a vu comment sombrèrent les précédentes « croyances » en la matière. Celle du prétendu triomphe de la « Raison pure » si chère aux jacobins de Saint-Just (« l’archange de la Terreur » ! ). Celle de cette « fin de l’Histoire » qui devait consacrer le triomphe du prolétaire universel, selon Hegel et Karl Marx.

Pouvait-il en être autrement avec la dernière « religion » en vogue, celle de l’apothéose par le Marché mondialisé et la Nature matée ? Un simple examen un peu distancié de notre paysage confirme l’étendue du désastre. Et de notre déconvenue.

La marche vers l’apocalypse

Nous prétendions supplanter la nature, la manipuler biologiquement et génétiquement. Et nous en sommes venus à considérer comme hostiles et parfaitement déplacées les manifestations naturelles qu’elle nous oppose : la fonte des glaciers polaires, la multiplications des catastrophes climatiques.

Nous pensions défier les lois de la pesanteur et du temps en applaudissant sans plus de retenues nos champions (les « dieux du stade » ! ) « chargés » comme des bourricots. Nous ne faisons même plus mine de nous offusquer de leur dopage éhonté à tous les niveaux et dans toutes les disciplines sans distinction.

Nous avons sacrifié l’apprentissage de l’art de vivre, de la souffrance et de la mort (ce petit « problème à régler »), au culte frénétique et « morbide » de la santé éternelle.

Nous nous sommes abandonnés au régulation d’un Marché, création diabolique des grands prêtres qui nous gouvernent.

Nous nous prosternons au pied d’une croissance destructrice

Nous avons durablement sacrifier l’idée même de démocratie sur l’autel du sacro-saint Argent et des grands-messes médiatiques télévisées.

Nous avons mondialisé le Marché. Nous l’avons divinisé en lui conférant d’autorité un caractère irrémédiable et en lui attribuant le qualificatif définitif de « modernité ».

Nous nous prosternons au pied d’une croissance destructrice et parfaitement dénuée de sens.

Comble du comble, nous avons poussé l’absurde jusqu’à inventer les moyens de notre propre auto-destruction : l’arme nucléaire. Dont il est à nouveau question si brûlante ces derniers temps avec la supposée menace iranienne.

Menace très possible au demeurant, mais pour l’heure, c’est nous qui l’avons, la bombe. Nous qui l’avons utilisée sans l’ombre d’un remords. Hiroshima, Nagasaki, vous avez oublié ? Par ceux-là même qui aujourd’hui prêchent le Bien contre le Mal en massacrant des milliers de civils sous leurs bombardements aveugles.

Mais voilà que tout s’est déréglé.

La panique

Bien des indices montrent que la nature s’est mise en tête de botter ces culs qui voulaient péter plus haut qu’il n’est séant.

Préfigurées par l’effondrement des tours de Manhattan (devenues Ground Zero… du nom de l’endroit précis où explosa la première bombe atomique de l’histoire de l’humanité, le 16 juillet 1945 au Nouveau-Mexique), d’inquiétantes fissures apparaissent qui menacent nos temples.

Dans la mesure où plus personne n’y croit, la hiérarchie des valeurs qui en consolidaient les fondations se disloque. Or, écrit Jean-Pierre Dupuy, « la crise qui accompagne l’effondrement d’un ordre hiérarchique porte un nom : la panique. »

Alors, nous retournons à nos habituels démons. A commencer par ces boucs émissaires (l’émigré, le sans-papier, le musulman de service…) sur lesquels nous soulageons nos nerfs mis à rude épreuve en tentant d’oublier notre impuissance et l’horreur qui nous menace.

Nos grands prêtres se réunissent en conclave (G20) et entonnent des hymnes extasiés au miracle qui seul peut désormais les sauver (la « reprise »).

Les fidèles, laissés sans repères et englués dans les croyances qu’on leur a inculquées (la valeur-travail, la récompense par le mérite et le sens de l’effort…) sont frappés d’hébétude comme statuts de sel en Sodome et Gomorrhe.

Je sens que tu te braques, cher lecteur. Trop, c’est trop, n’est-ce pas ?

Une partie de toi cherche à nier l’évidence. (« Même lorsque nous savons que la catastrophe est devant nous, nous ne croyons pas ce que nous savons », écrit Jean-Pierre Dupuy.)

Une autre partie de toi voudrait faire taire ces prédictions cataclysmiques qui te dégringolent dessus comme des bombes israéliennes sur Gaza.

Remarque, je comprends et partage ton désarroi. Mais pourquoi se formaliser de ce qui nous arrive, et qui était si prévisible ?

D’abord, au regard du cosmos, la tragédie qui nous frappe est tout juste à la mesure de notre indifférence devant le massacre des milliers d’insectes sur nos parebrises quand nous partons en week-end dans nos petites autos.

Ils sont crétins, aussi, ces insectes. Depuis le temps, ils auraient quand même pu comprendre qu’ils ne devaient plus papillonner au-dessus de ces langues de bitume vrombissantes, malodorantes et suffocantes. Qu’il leur fallait mieux rester sur les bas-côtés. Prendre la tangente.

Il est grand temps de nous comporter comme des insectes intelligents, ami lecteur : plutôt que de nier les évidences que nous pressentons, de pleurnicher stupidement sur notre pitoyable sort, essayer de trouver quelques échappées belles à notre portée.

L’arche de Noé

Jean-Pierre Dupuy termine son ouvrage en nous exposant la magnifique parabole de Noé, utilisée par un de ses maîtres à penser, Günther Anders :

Noé « fatigué de jouer les prophètes de malheur », sans que personne ne le prenne au sérieux, s’en fut par les chemins annoncer le déluge comme définitivement acquis aux passants médusés, en les avisant qu’ils étaient eux-mêmes déjà morts.

Gueule de l’auditoire qui demanda à cet étrange bonimenteur quand avait eu lieu ce drame funeste.

« Demain (répondit Noé). Si je suis devant vous, c’est pour inverser le temps, pour que cela [le déluge, ndlr] devienne faux. »

Lors d’un récent entretien sur France Inter, Jean-Pierre Dupuy concluait en affirmant que seule une prise de conscience aigue de l’apocalypse en cours permettrait à l’humanité de trouver les solutions pour y échapper.

Tu vois, lecteur, c’est très simple. Il ne tient qu’à toi de ne plus nier stupidement ce qui te mange les yeux et d’embarquer dare-dare sur les arches du salut qui se présenteront à toi.

Ces arches, heureusement, existent déjà. Ce sont celles que tu qualifies encore bêtement de « marginales » parce qu’elles naviguent encore hors de tes sentiers battus. Déjà loin de ta « religion » dévastée.

Nous voyons bien que devant la menace, les mentalités changent peu à peu. Nous constatons jour après jour, de gré ou contraints, que des chemins parallèles s’entrouvrent. La nature a horreur du vide, sais-tu ?

Les Amap et toutes ces organisations parallèles (que rejoindront forcément un jour, sauf à disparaître, nos producteurs laitiers et tous leurs confrères de l’agriculture aujourd’hui saignés à blanc par les réseaux de la « grande distribution »), toutes ces associations de l’ombre qui suppléent aux carences des services publics, ce système D et d’entraide qui renaît toujours quand il s’agit de pallier au marasme collectif…

Enfin bon, voilà, pèlerin. Tu es fixé, maintenant, j’espère. Tu fais comme tu veux.

 

Source : Rue89

Appel à la Résistance

Dans CFR, Group Bilderberg, Illuminati, New World Order, Nouvel Ordre Mondial, NWO le 28 septembre 2009 à 19:10

 

www.lesinsoumis.org

http://forums.lesinsoumis.org

Kassovitz a la haine et le fait savoir

Dans 11 Septembre 2001, Analyse, États-Unis, Conspirationniste, Facebook, France, George W. Bush, Guerre contre le Terrorisme, GWOT, Internet, Israël, Liberté d'Expression, Manipulation, Propagande, Révisionnisme, Sionisme, Théorie du Complot le 28 septembre 2009 à 18:07

Par Hicham Hamza

Coup de boule de Mathieu Kassovitz, l‘homme qui a brisé la loi du silence sur le 11-Septembre. Traité de négationniste, l’acteur-réalisateur tient tête en déposant plainte pour diffamation publique à l’encontre de quatre médias dont l’Express et le Journal du Dimanche. En exclusivité, Oumma vous révèle l’identité des deux autres.

Mathieu KassovitzLa caravane est passée et les nouveaux chiens de garde n’ont pas manqué d’aboyer. La semaine dernière, dans l’émission Ce soir ou jamais de Frédéric Taddeï, le réalisateur de La Haine, Mathieu Kassovitz, estimait  « obligatoirement questionnable » la version officielle du 11-Septembre après avoir dénoncé les expéditions guerrières et la « diabolisation de l‘Islam » qui avaient suivi les attentats. Au lendemain de ses déclarations, ô combien politiquement incorrectes, le trublion a été dépeint en dangereux complotiste par divers journalistes à la plume assassine, peu soucieux des nombreuses zones d’ombre de l’affaire.

Le pompon de l’esbrouffe a été remporté par Renaud Revel, rédacteur en chef de l’Express, qui n’avait pas hésité -c’est dans l’air du temps- à comparer le comédien engagé à l’historien Robert Faurisson. Assimiler le descendant d’une famille de déportés, et parrain du collectif  Devoirs de mémoire, à un négationniste patenté, voilà qui ne manque pas de sel. Cet amalgame abject consistant à mettre sur un même plan l’analyse critique du récit politico-médiatique du 11-Septembre et la négation de la Shoah a régulièrement d’illustres défenseurs parmi les faiseurs d’opinion, tel le directeur de Libération, Laurent Joffrin, qui a repris à son compte la même escroquerie intellectuelle lors d’une interview accordée à une radio suisse.

 

Propagandistes contre conspirationnistes

 Se rendant sans doute compte de sa bévue, Revel a tenté, par la suite, de relativiser, au micro de l’expert en investigation, Jean-Marc Morandini, le révisionnisme imputé à Kassovitz, en affirmant qu’il n’était pas, certes, comparable à celui relatif à la seconde guerre mondiale. Trop tard : Revel sera bel et bien poursuivi en justice. On remarquera pour l’occasion la gêne de son hebdomadaire incriminé sur le sujet, l’Express, qui a d’abord relayé vendredi à 18h l’information AFP du dépôt de plainte de manière neutre, avant de pondre, une heure plus tard, un autre papier plus orienté, sous la rubrique intitulée « conspirationnisme », où la différence de ton apparaît dès le titre de l’article : après avoir indiqué dans sa première version de l’info que Kassovitz « poursuit en diffamation », l’Express rectifie subtilement le tir en titrant dans le second papier : « S’estimant diffamé, Kassovitz contre-attaque ». Quel paranoïaque, décidément, ce Kassovitz, à « s’estimer » diffamé pour de telles peccadilles…

Quant à la médaille de la médiocrité journalistique, nulle hésitation : le second heureux élu à la poursuite judiciaire se nomme Lilian Massoulier, auteur d’un blog sur le site du Journal du Dimanche. Ce délicat chroniqueur l’accusait, ni plus ni moins, que de « redonner des couleurs à Goebbels » en raison de l’affirmation, déclarée à l’antenne, de Kassovitz pour qui l’adage associé à la propagande nazie, « plus le mensonge est gros, plus il passe », pouvait éventuellement s’appliquer au récit conventionnel des attentats du 11-Septembre. Le JDD, ayant saisi depuis l’ampleur de la gaffe commise par leur scribouillard, a fait retirer l’article mais une capture d’écran du papier délictueux est toujours visible sur Internet.

 

Facebook, plus fort que l’AFP

La nouvelle d’un dépôt de plainte à l‘encontre de l‘Express et du JDD, annoncée de source judiciaire, a été publiée par l’AFP vendredi vers 16h. Mais cette information circulait déjà la veille, au soir, sur le web, à travers certains sites  : en effet, le réalisateur avait annoncé en primeur sur sa page Facebook, jeudi dès 19h, qu’il  « poursuit en justice 4 journalistes et leur média  pour diffamation ». Ses 600 amis sur le fameux site de réseau social ont donc appris, avant les rédactions, la contre-attaque de Kassovitz. Depuis la diffusion de l’entretien de Taddeï, celui qui « s’estime diffamé », pour reprendre l’expression fallacieuse de l’Express, n’avait pas fait de commentaire dans la presse sur ses déboires.

Par contre, il a régulièrement utilisé Facebook pour exprimer à ses amis et fans tout le mal qu’il pensait des médias, coupables à ses yeux d’incompétence et de légèreté sur le 11-Septembre. A la date du 20 septembre, il défiait ainsi « n’importe quel journaliste et média de pouvoir prouver de façon précise et claire que la version officielle de la commission 911 est la vérité », avant d’ajouter, excédé, à l’adresse des journalistes : « Faites votre travail au lieu de baver sur ceux qui le font à votre place. Vous êtes des lâches sans éthique et sans morale ». Une rancoeur vigoureuse et ancienne : Kassovitz complète le propos sur sa page Facebook, indiquant qu’il avait « déjà dénoncé » les médias en 1997 avec son film Assassin(s) et qu’il continue, « aujourd’hui encore ». Seuls Frédéric Taddeï et Eric Zemmour défendront publiquement, au sein de la profession, le droit au doute exprimé par le réalisateur.


Au bal de l’outrance

L’avocat de Mathieu Kassovitz, William Bourdon, a  fait également savoir à l’AFP que deux nouvelles plaintes allaient suivre dans les prochains jours. Contacté directement, le réalisateur a consenti à dévoiler à l’auteur de ces lignes, avant les autres « journalistes officiels » dont il se méfie particulièrement, une partie du mystère : les deux autres médias dans le collimateur sont France 5 et France Info. Après les groupes privés (Express-Roularta et JDD-Lagardère), c’est donc au service public d’être à son tour poursuivi en justice pour diffamation. Démarche rarissime, et courageuse de la part d’un artiste, également producteur, dont les contrats et la promotion peuvent souvent dépendre du bon vouloir de France Télévisions ou de Radio France.

Sur la chaîne France 5, censée être dédiée à l‘éducation et au savoir , c’est la chroniqueuse Nathalie Lévy qui avait, effectivement, fait tout en finesse et en pédagogie, dans l’émission C à vous, par l’usage de ces mots  : « Kassovitz en Faurisson du 11-Septembre, ça fait froid dans le dos, quand même ! ».

La bêtise odieuse de certains commentateurs provoque parfois le même effet glacial au niveau de l‘échine…Lors de ce débat de pacotille, s’est illustré un autre coupeur de têtes, Nicolas Poincaré, possédé par l’esprit inquisiteur de Torquemada et décidément acharné contre Kassovitz, puisqu’il a réitéré son verbiage offensif dans une émission matinale diffusée sur France Info et présentée par David Abiker, à la fin de laquelle il poussera l‘ignominie jusqu’au bout. En digne émule de Joseph McCarthy, il conclura sa diatribe en s’en prenant sournoisement au responsable de l’entretien détonant, Frédéric Taddeï, accusé sans vergogne de connivence idéologique avec le réalisateur. A noter qu’Abiker, qui reproche, de manière saugrenue, au réalisateur d’avoir mis « en débat la réalité du 11-Septembre » aura, lui aussi, utilisé sa page Facebook pour commenter le sujet du jour et caricaturer Mathieu Kassovitz, avec le recours au langage pathologique, se gaussant du « cas-sovitz »…Sur la même station de radio, Patrice Bertin, l’ex-patron de la rédaction de France Inter, n’a pas hésité, pour sa part, à traiter Kassovitz de « révisionniste », allant jusqu’à faire une allusion, à peine voilée, à Jean-Marie Le Pen et son « point de détail ».


MediaDelirium Tremens

Le délire n’a plus de limites sur certaines antennes. Sur Europe 1, le chroniqueur Frédéric Bonnaud, en tandem loufoque avec Jean-Marc Morandini, a développé le plus sérieusement du monde sa propre théorie du complot selon laquelle l’interview de Kassovitz par Taddeï était en réalité, tenez-vous bien, un coup monté pour faire de l’audience à l’antenne et du buzz sur le web. La station Lagardère comme dernier refuge d’une nouvelle espèce de conspirationnistes radiophoniques, qui l’eût cru ?

Au-delà de ce lynchage médiatique, récurrent dès qu’une personnalité publique revendique l’exercice du doute méthodologique sur le déroulement des attentats de Manhattan et du Pentagone, il sera intéressant d’observer l’évolution de la procédure judiciaire inaugurée avec aplomb par Mathieu Kassovitz. Si la diffamation est reconnue, une jurisprudence en la matière sera établie, libérant la parole critique sur le sujet tabou ; à l’inverse, si la plainte devait être rejetée, il est à craindre que l’omerta ne se renforce, diabolisant davantage quiconque osera pointer du doigt les multiples incohérences et anomalies relatives à la mythologie officielle du 11-Septembre.

Derrière le bras de fer qui alimentera la rubrique people, il en va surtout de la liberté d’expression en France, de ses bastions de résistance comme de sa trahison permanente par ceux, en première ligne, qui sont censés pourtant la défendre : les journalistes. « C’est l’histoire d’une société qui tombe et qui, au fur et à mesure de sa chute, se répète sans cesse pour se rassurer : jusqu’ici, tout va bien, jusqu’ici, tout va bien », pourront-ils également clamer, à l’instar du narrateur du film La Haine, qui concluait la scène culte par ces mots : « Ce qui compte, c’est pas la chute…C’est l’atterrissage ». Les effondrements du World Trade Center n’ont pas fini de causer leur ravage.

 

 

Source

Autres boniments, autres fumisteries

Dans AIEA, AIPAC, Analyse, Armes de Destruction Massives, États-Unis, Barack H. Obama, Benyamin Netanyahou, Europe, France, G20, Gordon Brown, Holocauste, Iran, Israël, Mahmoud Ahmadinejad, Manipulation, Moyen-Orient, Nicolas Sarkozy, Nucléaire, Occident, ONU, OTAN, Propagande, République Islamique d'Iran, Royaume-Uni, Shoah, Sionisme, UE le 28 septembre 2009 à 17:17
Par Paul Craig Roberts

Obama Ahmadinejad

G 20 : Mensonges et déceptions

Les ministres du G20 ont qualifié de succès leur réunion à Pittsburgh, mais, comme le signale Rob Kall sur OpEdNews.com, la principale réussite de la réunion fut de transformer Pittsburgh en « ville fantôme, vidée de ses travailleurs et piétons habituels, mais pleine à craquer de plus de 12.000 policiers SWAT* des quatre coins des États-Unis. »

Les dirigeants des pays du G20, qui représentent 85% du revenu mondial, ne peuvent se réunir dans une ville étasunienne sans 12.000 flics équipés comme les troupes d’assaut de l’empereur dans Star Wars. Et le régime étasunien se plaint de l’Iran.

À propos de l’Iran, les criailleries du gouvernement ont atteint de nouvelles hauteurs de stridence. Le 25 septembre, Obama a dit : « L’Iran enfreint les règles que toute nation doit respecter. » Les chefs des États fantoches, britannique, français, allemand et américain, ont ajouté leur grain de sel, donnant trois mois au gouvernement iranien pour qu’il satisfasse aux demandes de la « communauté internationale, » et renonce, en tant que signataire du traité de non-prolifération, à son droit à l’énergie nucléaire. Au cas où vous ne le sauriez pas, le l’expression « communauté internationale » est l’abréviation pour États-Unis, Israël et Europe, la poignée de pays riches et arrogants qui oppriment le reste du monde.

Qui enfreint ses obligations ? L’Iran ou les États-Unis ?

L’Iran insiste pour que le traité de non-prolifération qu’il a signé soit respecté par le régime étasunien, qui en est l’auteur et qui l’a préconisé. Mais le régime étasunien, aujourd’hui embarqué dans trois guerres d’agression et d’occupation, avec des troupiers dans un certain nombre d’autres pays, maintient que, bien qu’il n’envahisse et n’occupe aucun pays, on ne peut pas se fier à un Iran doté de compétences en matière d’énergie nucléaire, car cette capacité pourrait mener plus tard à un armement nucléaire, comme celui d’Israël, de l’Inde, et du Pakistan, tous non-signataires du traité de non-prolifération nucléaire, des pays qui, contrairement à l’Iran, n’ont jamais été soumis aux inspections de l’AIEA. D’ailleurs, en ce moment même, le régime d’Israël couine et beugle « antisémite » à la suggestion d’être soumis aux inspections de l’AIEA. L’Iran est assujetti aux inspections de l’AIEA depuis des lustres.

Conformément à ses obligations en vertu du traité, le 21 septembre l’Iran a révélé à l’Agence internationale de l’énergie atomique la construction d’une nouvelle installation nucléaire. Le Premier ministre britannique, Gordon Brown, a transformé la confidence de l’Iran en « tromperie en série, » et a déclaré : « Nous ne laisserons pas enterrer cette affaire. »

Quelle affaire ? Pourquoi Gordon Brown pense-t-il que la déclaration de l’Iran à l’AIEA est une tromperie. Ce Premier ministre britannique demeuré veut-il dire que l’Iran prétend construire une installation, mais que ce n’est pas le cas, et, en le prétendant, il trompe ainsi le monde ?

Sorti de la bouche d’un Obama ne voulant pas être en reste d’ineptie, le double langage orwellien a conclu : « Le gouvernement iranien doit maintenant démontrer par des actes ses intentions pacifiques ou être tenu de rendre des comptes devant les chartes et le droit internationaux. »

L’effronterie se joue de l’esprit. Voilà un Obama, avec des troupiers engagés dans des guerres en Irak, en Afghanistan et au Pakistan, exigeant qu’une nation pacifique, en guerre avec personne, « démontre ses intentions pacifiques ou soit tenue de rendre des comptes devant les chartes internationales et le droit international. »

C’est le régime étasunien et ses États fantoches de l’OTAN, et évidemment l’État militariste d’Israël, qui doivent être tenus de rendre des comptes devant le droit international. Selon le droit international, les États-Unis, ses pantins de l’OTAN et Israël sont des régimes de criminels de guerre. Il n’y a aucun doute là-dessus. Le dossier est parfaitement clair. Les États-Unis, Israël et les États fantoches de l’OTAN ont commis des agressions militaires, exactement comme l’a fait l’Allemagne du Troisième Reich, et ils ont assassiné un grand nombre de civils. Adoptant le script du Fuhrer, « les grandes républiques démocratiques » justifient leurs actions désorganisatrices par des mensonges et des fourberies.

Rudy Giuliani, l’ancien procureur qui a monté un coup contre des victimes bien en vue afin d’avoir un nom reconnu pour sa carrière politique, a fait un speech en faveur d’un rassemblement contre l’Iran à New York le 25 septembre. Selon Richard Silverstein d’AlterNet, le rassemblement était sponsorisé par un groupe de lobbying israélien et une organisation ayant des liens avec une organisation terroriste iranienne (sans doute financée par le régime étasunien) qui appelle au renversement violent du gouvernement iranien.

Les démarches faisant monter pression en faveur d’actes de guerre contre l’Iran se poursuivent malgré les déclarations répétées de l’AIEA, de l’inexistence d’indice de programme d’armement nucléaire iranien, et malgré la réaffirmation des agences de renseignement étasuniennes, de l’abandon il y a des années du programme d’armement nucléaire en Iran.

Pendant ce temps-là, le régime étasunien et israélien, si soucieux du droit international et de faire rendre des comptes aux pays qui le violent, ont déménagé le rapport du juge Richard Goldstone pour le mettre hors d’atteinte du Conseil de sécurité.

Pourquoi ?

Le rapport du juge Goldstone constate qu’Israël s’est rendu coupable de crimes de guerre lors de ses terribles attaques militaires contre des civils et des infrastructures civiles à Gaza.

Les continuelles démarches de diabolisation de l’Iran, de la part des deux États bellicistes du monde, les États-Unis et Israël, ont été abordées par Ahmadinejad dans son discours à l’Assemblée générale des Nations Unies (le 23 septembre). Ahmadinejad a parlé des atteintes contre la dignité humaine et les valeurs spirituelles pour les intérêts matérialistes égoïstes des Etats-Unis et leurs États fantoches. À la poursuite de leur hégémonie « sous couvert de liberté, » les États-Unis et leurs marionnettes recourent « aux méthodes les plus abjectes de l’intimidation et de la tromperie » pour dissimuler qu’ils sont « les premiers à violer » les principes fondamentaux qu’ils préconisent et imposent aux autres.

Pourquoi, a demandé Ahmadinejad à l’Assemblée générale des Nations Unies, les pays du monde sont assis-là pendant qu’Israël massacre et dépossède le peuple palestinien ?

Pourquoi, a demandé Ahmadinejad, les pays du monde sont assis-là pendant que les États-Unis expédient des troupiers au Moyen-Orient, à des milliers de miles de chez eux, « propageant la guerre, le sang, l’agressivité, la terreur et l’intimidation dans toute la région, » tout en faisant porter le chapeau de cela aux pays qui subissent l’agression flagrante de l’Occident ?

Ahmadinejad a dit à l’Assemblée générale ce que la plupart des représentants de l’ONU savent déjà, que « l’égoïsme et la cupidité insatiable ont pris la place des principes humanitaires comme l’amour, le sacrifice, la dignité et la justice… Le mensonge a remplacé l’honnêteté, l’hypocrisie a relayé l’intégrité et l’égoïsme s’est substitué au sacrifice. La tromperie en affaires étrangères est qualifiée de prévoyance et de qualité d’homme d’Etat, le pillage des richesses d’autres nations est baptisé mesure de développement, l’occupation est dite être un cadeau favorisant la liberté et la démocratie, et les nations sans défense sont soumises à la répression au nom de la défense des droits de l’homme. »

Cela ne pouvait pas être dit plus clairement. Pourtant, si le discours d’Ahmadinejad est rapporté aux États-Unis par la presse écrite et la télévision, ses déclarations seront prises hors contexte et serviront à rendre furieux les conservateurs et les Sionistes chrétiens afin de les unir derrière Obama et les Israéliens pour attaquer l’Iran.

Comme Rome, les États-Unis seront heureux seulement quand ils seront face à tant d’ennemis et de guerres qu’ils ne pourront survivre.

 

* Ndt : SWAT est l’abréviation de Special Weapons And Tactics ou armes et tactiques spéciales.

Texte original en anglais: More Lies, More Deception vdare.com/roberts/090925_g20.htm, le 25 septembre 2009.

Traduction : Pétrus Lombard

Paul Craig Roberts fut ministre des Finances adjoint dans l’administration Reagan. Il est coauteur de The Tyranny of Good Intentions. Il peut être contacté à l’adresse : PaulCraigRoberts@yahoo.com.

Une guerre contre l’Iran. Le compte à rebours s’accélère (+ vidéo)

Dans Afghanistan, AIEA, AIPAC, Ali Khamenei, Analyse, Armes de Destruction Massives, Axe du Mal, États-Unis, Barack H. Obama, Benyamin Netanyahou, Bernard Kouchner, Chine, Conseil de Sécurité, France, G20, Gardiens de la Révolution Islamique, Gordon Brown, Guerre, Holocauste, Irak, Iran, Israël, Mahmoud Ahmadinejad, Manipulation, Moyen-Orient, Négationnisme, Nicolas Sarkozy, Nucléaire, ONU, PNAC, Propagande, Qom, République Islamique d'Iran, Royaume-Uni, Russie, Shoah, Tsahal, US Army, Vidéo le 28 septembre 2009 à 16:04

Par Jules Dufour

Iran After Iraq

Les maîtres du monde se préparent pour une autre conquête: une guerre contre l’Iran afin de reprendre le contrôle de ce pays. Les nombreux gestes posés récemment en ce sens par les grandes puissances nucléarisées, les Déclarations sur le désarmement nucléaire global dans l’enceinte de l’ONU, les justificatifs pour des sanctions additionnelles invoqués tels que la construction en secret annoncée d’une nouvelle usine de production de combustible nucléaire, la poursuite du processus de diabolisation du régime de Téhéran et de son président sont autant d’indices précurseurs d’une mobilisation sans précédent des pays nucléarisés contre l’Iran. Quel est le scénario le plus vraisemblable en préparation ? Une attaque ciblée des installations nucléaires iraniennes? Une série de raids aériens effectués contre les principales villes du pays afin de détruire les actifs industriels ? Une infiltration dans les milieux politiques afin de déstabiliser les institutions nationales ? Créer une atmosphère propice aux violences urbaines ? L’imposition de sanctions encore plus sévères ? Voilà autant de voies qui sont sans doute susceptibles d’être examinées depuis un certain temps par les stratèges occidentaux.

« Le président Barack Obama, en effet, a sommé vendredi l’Iran de faire toute la lumière sur ses activités nucléaires à une réunion cruciale prévue le 1er octobre et prévenu la République islamique que le monde était plus uni que jamais pour l’empêcher d’avoir la bombe atomique » (http://www.cyberpresse.ca). Il a déclaré par la même occasion : « L’Iran viole les règles que toutes les nations doivent suivre, mettant en danger le régime de la non-prolifération…et la sécurité du monde » (Le Devoir).

Il a ajouté à l’instar de son prédécesseur à la Maison-Blanche : « J’ai toujours dit que nous n’écartons aucune option quand il s’agit des questions de sécurité nationale américaines, mais je veux à nouveau insister sur le fait que ma préférence va à une solution diplomatique », a-t-il dit lors d’une conférence de presse. (Cyberpresse).

Puis, le cortège des menaces a suivi: « Je crois que l’Iran est prévenu: quand nous les rencontrerons le 1er octobre (à Genève), il va falloir qu’ils fassent toute la lumière et il va falloir qu’ils fassent un choix, a-t-il dit ». Le président a prévenu l’Iran qu’il allait au-devant de nouvelles sanctions s’il ne s’exécutait pas. Il a dit avoir observé cette semaine « une démonstration d’unité sans précédent » à l’Assemblée générale des Nations unies et au sommet des pays avancés et des grandes économies émergentes à Pittsburgh. Une telle « solidarité n’est pas courante. Quiconque a suivi les réponses qu’on faisait à l’Iran aurait douté il y a seulement quelques mois qu’une réaction aussi rapide était possible », a-t-il dit. Les mêmes propos ont été tenus par le président français, Nicolas Sarkozy : « Nous sommes face à un défi lancé à la communauté internationale. Si d’ici au mois de décembre il n’y a pas de changement profond de politique de la part des dirigeants iraniens des sanctions devront être prises. Tout, absolument tout, doit être mis sur la table » (L’Iran s’invite au G20, Le Journal de Québec, le 26 septembre 2009, p. 32).

Pourquoi cette offensive contre l’Iran s’est-elle intensifiée au cours des dernières semaines ? Pourquoi y a t-il urgence d’agir maintenant ? Il est permis de trouver, en partie, une réponse dans les éléments suivants : Le retrait des troupes étatsuniennes de l’Irak peut être vu comme une défaite qu’il importe de faire oublier par un détournement de l’opinion publique vers la question du programme nucléaire de l’Iran, la descente aux enfers des contingents de la coalition en Afghanistan et le SOS lancé par le général Stanley A. McChrystal pour des renforts substantiels (entre 10 000 et 15 000 soldats de plus) devant être déployés d’urgence (Secretary of Defense Memorandum 26 June 2009. Initial United States Forces – Aghanistan (USFOR-A) Assessment), la pression exercée par Israel pour une intervention militaire contre l’Iran par les États-Unis à la suite des déclarations répétées du président de l’Iran concernant l’Holocauste et l’existence même d’Israel, la construction d’une seconde usine de production de combustibles nucléaires et, enfin, la mobilisation de ressources considérables pour la guerre pouvant entraîner des retombées significatives sur l’économie des principaux pays producteurs et exportateurs d’armements.

L’Iran. Une menace d’envergure mondiale ?

Cette question est posée depuis des années. En quoi l’Iran peut-il être une menace suffisamment élevée pour l’ensemble des pays du monde pour obliger la conception d’une stratégie en vue de l’anéantir ? Quels sont les fondements de la profonde appréhension de la part des pays occidentaux vis-à-vis du programme de développement nucléaire de l’Iran ? Les enquêtes sur le terrain des inspecteurs de l’Agence internationale de l’Énergie atomique (AIEA) n’ont pas permis d’en arriver à la conclusion formelle que l’Iran était sur le point de construire une bombe atomique. À l’intérieur du débat concernant le bouclier antimissile des craintes ont été formulées par les tenants de ces dispositifs de défense ou d’interception sur les capacités de l’Iran de disposer bientôt d’armements nucléaires. C’est ainsi que ceux-ci, dans le doute, ont recommandé alors d’installer un parapluie protecteur pour contrer cette menace potentielle et ce à n’importe lequel prix.

Cette crainte est alimentée sans cesse par les adeptes de la défense antimissile, mais elle reste au niveau des soupçons. Selon eux, l’Iran possèderait tous les éléments lui permettant de construire une bombe nucléaire et il possède les vecteurs de courte et de moyenne portée capables d’atteindre de nombreuses cibles sensibles de façon efficace, y compris le territoire de l’État hébreu. Ce qu’il importe pour les puissances occidentales c’est de maintenir un doute fondé sur des faits vraisemblables (vérifiés ou non) dans l’esprit de la population des pays nucléarisés. Ce doute pourrait par conséquent être suffisant pour préparer une intervention armée et de la justifier.

Le support de la Russie et de la Chine

L’abandon par les Etats-Unis du projet de bouclier antimissile en Pologne et en République tchèque annoncé le 17 septembre dernier laissant place à un autre dispositif plus souple, soit un bouclier antimissile doté d’intercepteurs de courte et de moyenne portée et l’invitation adressée à la Russie lui demandant de collaborer avec l’OTAN pour mettre au point un système commun de défense antimissile seraient des gestes posés par les Étatsuniens destinés à réchauffer leurs relations avec la Russie et obtenir ainsi de sa part un appui dans la prise de contrôle de l’Asie centrale et éventuellement de celle de l’Iran .

Ce qui a été recherché lors de la dernière réunion du Conseil de sécurité et durant le Sommet de Pittsburgh c’est l’aval tacite de la Russie et de la Chine aux décisions prises par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni concernant la question du nucléaire iranien. Le président de la Russie, Dmitri Medvedev, de même que le Premier Ministre de la Chine, Wen Jiabao, ont ainsi exprimé qu’ils n’étaient pas en désaccord avec le principe de l’imposition de sanctions contre l’Iran. C’est ainsi que les forces impériales arrivent à un consensus quand il en va de leurs prérogatives et de leurs intérêts communs. Selon le président Obama « non seulement les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne ont rendu publics les nouveaux manquements iraniens aux obligations internationales, mais «on a aussi vu la Chine et la Russie publier des communiqués appelant à une enquête immédiate», a-t-il dit » (Cyberpresse).

Conclusion 

Si les nombreux reproches faits à l’Iran concernant le volet militaire non dévoilé de son programme de développement nucléaire s’avèrent fondés, si des actes de soumission de la part des Iraniens ne sont pas posés face aux diktats des pays occidentaux la méfiance à l’égard de l’État iranien ne pourra que s’accentuer en Occident au cours des prochains mois. Il est à craindre alors que l’option militaire soit envisagée comme étant la seule voie pour résoudre cette crise générée par les grandes puissances.

Ce qui est sur la table c’est la question globale de la transparence concernant les arsenaux nucléaires. Dans les faits, les membres du Club nucléaire et les autres pays nucléarisés ne présentent pas toutes les composantes de leur programmes de développement de leurs armements nucléaires et de leurs projets de transferts des technologies nucléaires. Cette situation a d’ailleurs été déplorée à plusieurs reprises par le secrétaire général de l’ONU. Ce qui est en jeu est le comportement des pays nucléarisés eux-mêmes qui ne respectent pas les dispositions du Traité de Non Prolifération nucléaire (TNP). Dans un tel contexte, ce qui réclamé par l’Iran c’est d’abord des gestes concrets de la part des grandes puissances concernant le désarmement nucléaire. Un monde sans armes nucléaires sera possible quand le principe de l’équité sera respecté. La politique de deux poids deux mesures préconisée par l’Occident ne peut que nous entraîner tous dans l’impasse et le chaos et c’est la raison pour laquelle l’on souhaite en arriver, le plus tôt possible, à la conclusion d’un «Traité de désarmement général et complet sous strict contrôle international».

Références

ANONYME. 2009. L’Iran s’invite au G20. Le Journal de Québec, le 26 septembre 2009, p. 32.

AFP. 2009. Nucléaire iranien: une histoire d’espions qui soulève bien des questions. Cyberpresse, le 25 septembre 2009. En ligne : http://www.cyberpresse.ca/international/200909/25/01-905597-nucleaire-iranien-une-histoire-despions-qui-souleve-bien-des-questions.php

AFP. 2009. Obama n’écarte pas l’option militaire face à l’Iran. Cyberpresse. Le 25 septembre 2009. En ligne : http://www.cyberpresse.ca/international/etats-unis/200909/25/01-905686-obama-necarte-pas-loption-militaire-face-a-liran.php

DINUCCI, Manlo. 2009. Israël est en train de préparer l’attaque contre l’Iran. Il Manifesto. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM), le 18 juillet 2009. En ligne : http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=14434

DUFOUR, Jules. 2009. Une guerre mondiale au secours de l’Empire américain. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 3 mars 2009. En ligne: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=12533

DUFOUR, Jules. 2009. Le grand réarmement planétaire. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 5 mai 2009. En ligne: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=13162

DUFOUR, Jules. 2009. L’ingérence de l’Occident dans les élections iraniennes. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 23 juin 2009. En ligne: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=14059   

DUFOUR, Jules. 2009. Washington se dit prêt à négocier avec l’Iran. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 12 juillet 2009. En ligne: http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=14338

DUFOUR, Jules. 2009. Les États-Unis et le désarmement nucléaire. Appel à l’armistice avant la chute de l’empire? Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 15 septembre 2009. En ligne : http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=15224

FELLER, Ben et George Jahn. 2009. Obama, Sarkozy et Brown accusent l’Iran de construire en secret une usine nucléaire. Journal Le Devoir, 26 et 27 septembre 2009, p. A9. En ligne : http://www.ledevoir.com/2009/09/26/268803.html

FRANCE. DIPLOMATIE. 2009. Question nucléaire. Rapport de l’AIEA concernant le programme nucléaire iranien (31 août 2009). En ligne : http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo_833/iran_420/question-nucleaire_4050/rapport-aiea-concernant-programme-nucleaire-iranien-31.08.09_76088.html

Le MONDE. 2009. Après quatre rendez-vous internationaux la «philosophie» diplomatique de Barack Obama. Journal Le Devoir, les 18 et 19 juillet 2009. En ligne : http://www.ledevoir.com/2009/07/18/259507.html

LÉVESQUE, Claude. 2009. Le nouveau consensus sur le nucléaire. Un nouveau pas vers le désarmement a-t-il été franchi par l’ONU? Journal Le Devoir, 26 et 27 septembre 2009, p. C2. En ligne : http://www.ledevoir.com/2009/09/26/268760.html

McKRYSTAL, Stanley A. 2009. Secretary of Defense Memorandum 26 June 2009. Subject : Initial United States Forces – Afghanistan (USFOR-A) Assessment. Juin 2009. 66 pages.

NABA, René. 2009. Iran-Israel : Les enjeux sous-jacents de la confrontation. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 11 septembre 2009. En ligne  http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=15165

RUDMIN, Floyd. 2008. Les conséquences des bombardements sur les installations nucléaires de l’Iran. Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 30 avril 2008. En ligne : http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=8851

 

Source : Mondialisation.ca

 

Gros plan sur les manoeuvres politiques entamées par Washington à l’échelon international afin de contrer l’ascension de l’Iran parmi les puissances régionales du Moyen-Orient. Mais quels sont les objectifs réels de George Bush ? Pourquoi entretient-il les tensions ? De quels moyens de riposte dispose vraiment Téhéran ? Une enquête de Florent Chevolleau pour Jeudi Investigation.

Première partie

 

Deuxième partie

 

Troisième partie

Le monde en 2020 selon la C.I.A.

Dans États-Unis, Brésil, Chine, Choc des Civilisations, CIA, Espionnage, G20, Gouvernance Mondiale, Inde, Indonésie, Mondialisation, New World Order, Nouvel Ordre Mondial, NWO, Occident, Pax Americana, PNAC, Réflexion, Russie, UE, Union pour la Méditerranée le 27 septembre 2009 à 18:27

C.I.A.

www.globeco.fr/CIA.htm
  
Pour vous, et pour moi aussi jusqu’à récemment, la CIA (Central Intelligence Agency) était sans doute un organisme mystérieux fermé  à toute publication sur Internet ; eh bien, détrompons-nous : non seulement la CIA a un site Internet, mais encore on peut y trouver des informations très intéressantes pour tous ceux qui, à l’image des lecteurs de GLOBECO, veulent comprendre le monde d’aujourd’hui et de demain …

Ainsi, cette vénérable institution vient de publier, sous le timbre de son « Conseil national de l’intelligence » (eh oui !) une étude passionnante de 123 pages qui s’appelle : « Projet 2020 du conseil national de l’intelligence » (en Anglais : « National Intelligence Council’s 2020 project »), que vous pouvez trouver très facilement in extenso sur le site de la CIA ; à vrai dire, ce n’est pas la première fois que la CIA se livre à cet exercice : dans le numéro de GLOBECO consacré à 2020, j’avais déjà fait mention de ces travaux que la CIA renouvelle tous les 5ans ; la dernière fois, l’étude concernait 2015 ; cette fois, l’horizon est 2020. 

La méthode est toujours la même : la CIA désigne deux ou trois « chefs de projet » parmi les plus prestigieux des chercheurs du monde entier, ou du moins des Etats Unis ; ces derniers s’entourent eux-mêmes des meilleurs « stratèges »  mondiaux, et pas seulement américains ni occidentaux, concernant les grands problèmes du monde actuel ; ils tiennent des journées de travail dans toutes les grandes régions du monde, depuis l’Inde et l’Afrique du Sud jusqu’à la Hongrie et le Chili, et il en sort un rapport très argumenté, agrémenté d’un résumé très bien fait d’une dizaine de pages qui vous évitera de lire le texte entier si vous êtes pressé ou si vous lisez difficilement l’Anglais ; GLOBECO vous offre une autre solution : lire cet article, soit pour solde de tout compte, soit pour vous donner envie de lire le texte ou du moins son résumé.

  Quelles sont donc les grandes tendances (trends) qui marqueront le monde de 2020 ?

1 - Première « mégatendance » (megatrend) : la mondialisation

Sans aucun doute, c’est la mondialisation qui sera la marque principale du monde de 2020, dans la mesure où elle  influencera tous les autres aspects ; cette mondialisation est considérée comme inéluctable, sauf guerre ou crise économique majeure, et elle aura des conséquences bénéfiques : en particulier, la création mondiale de richesses devrait être supérieure en 2020 de 80 % par rapport  ce qu’elle est aujourd’hui, mais elle ne sera pas uniformément répartie et des régions entières comme l’Afrique subsaharienne resteront à la traîne.
 

Les auteurs du rapport considèrent que cette croissance  supplémentaire et très importante pourra se faire sans que se posent des problèmes insupportables de disponibilité en énergie ou d’environnement : les chercheurs et les industriels seront dans ces domaines plus efficaces que les gouvernements.

Autre point fort du rapport : les pays  qui profiteront le plus de la mondialisation seront  ceux qui sauront mettre en œuvre et développer les nouvelles technologies de l’information, mais plus encore les biotechnologies et les nanotechnologies.
      

Les lecteurs de GLOBECO n’auront aucune peine à suivre les auteurs du rapport sur ce premier point : GLOBECO a été créé il y a près de 10 ans en partant de l’idée que la mondialisation serait la tendance majeure du début du 21 ème  siècle.

2 – Deuxième grande tendance des années qui viennent : l’émergence de la Chine et de l’Inde.

Le 21ème siècle sera celui de l’Asie, comme le 20ème a été celui des Etats Unis, et la mondialisation sera de moins en moins occidentale et de plus en plus asiatique  : telle est la conviction de nos auteurs, non seulement pour des raisons démographiques, mais aussi parce que la Chine et l’Inde auront acquis en 2020 une puissance économique, financière, technologique  et militaire telle que ces deux pays surpasseront, par exemple, n’importe quel pays européen en influence et en pouvoir.

Le rapport indique également que le Brésil et l’Indonésie pourraient être les grands gagnants du bouleversement mondial des années à venir ; par contre, l’Union européenne, la Russie et le Japon devraient perdre de l’influence dans le grand jeu mondial, notamment du fait de leur déclin démographique.

Le résultat devrait être un bouleversement complet des notions qui sont aujourd’hui les nôtres concernant les rapports Nord-Sud, Est Ouest, pays alignés et non alignés, pays développés et pays en développement : un nouveau monde est en train de naître sous nos yeux !

Pourtant, en 2020, une réalité existera toujours : la prépondérance des Etats Unis, mais leur puissance  pourrait et devrait être érodée par les nouveaux acteurs mondiaux venus d’Asie.

3 – Troisième grande tendance : des « gouvernances » plus difficiles et une insécurité envahissante

Les Etats continueront à être la base de la puissance  et de la gouvernance mondiale, mais il leur sera de plus en plus difficile d’exercer leur pouvoir : la mondialisation, notamment avec Internet,  rendra plus ardu l’exercice du pouvoir national, pendant que les grandes entreprises mondiales et les ONG auront de plus en plus de pouvoirs et de moyens, aux dépens des Etats condamnés par la démocratie à lorgner le court terme.

L’autre grande difficulté viendra de l’émergence d’une contestation de la démocratie et des valeurs occidentales par l’Asie,  par l’Islam et par des mouvements religieux attachés à privilégier le choc des civilisations plutôt que l’avènement de la démocratie libérale ; encore heureux si ces mouvements contestataires d’inspiration ethnique ou religieuse ne se procurent pas, d’ici à 2020, des armes de destruction massive, notamment chimiques ou biologiques plutôt que nucléaires. Le rapport évoque ouvertement un risque de recul de la démocratie dans le monde, même s’il est assez confiant sur l’évolution de la Chine dans ce domaine.

Plus difficile sera également la gouvernance au  niveau international ; visiblement, pour les auteurs du rapport, l’ONU et son immense machine, qualifiée d’obsolescente,  ne sont pas capables de faire face à tous ces dangers qui incluent la grande criminalité internationale  !

Du coup, le risque d’une insécurité envahissante existe bien, même si le monde sera plus riche grâce à la mondialisation ; le choc de cette dernière et les bouleversements qu’elle implique seront tels en effet que même les classes moyennes des pays développés seront touchées par les délocalisations ; la conséquence sera une grande instabilité, du fait que les gouvernements risquent d’être plus faibles, que les économies des pays développés croîtront moins vite, que les mouvements religieux exploiteront ces situations et que les jeunes sans avenir des pays pauvres seront disponibles pour suivre n’importe quel extrémiste.
 

Certes, il n’y a pas a priori de risque d’escalade vers un grand conflit mondial, mais on ne peut exclure des conflits militaires régionaux, non seulement au Moyen Orient, mais aussi au Cachemire, entre les deux Corée  et dans le détroit de Formose entre la Chine et Taïwan.
 

Face à cette situation, il appartiendra aux Etats Unis de tisser des relations plus confiantes avec l’Union européenne et plus fortes avec les grandes nations asiatiques, mais il faut également savoir que, d’ici à 2020, les Etats Unis seront toujours les seuls à pouvoir s’opposer réellement aux mouvements terroristes et à pouvoir maintenir ou rétablir la paix dans les endroits les plus dangereux de la planète ; pour les auteurs du rapport, cela requiert une profonde réflexion sur les moyens de mettre en place  un nouvel ordre international !

– Les 4 scénarios

Le premier scénario est intitulé  « Davos world » : c’est un monde où la croissance, le développement et la démocratie l’emportent sur tout le reste et où la pauvreté, la misère et la violence ont de moins en moins de place ; c’est le scénario optimiste par excellence ;

Le second scénario est intitulé : « Pax americana » : dans ce scénario, les Etats Unis accentuent leur rôle de gendarme du monde et éteignent l’un après l’autre les incendies qui naissent ici et là ;

Le troisième scénario est intitulé : « A new califate » : dans ce scénario, les musulmans constituent une vraie puissance mondiale capable de rivaliser avec l’Occident considéré comme un ennemi ;

Le quatrième scénario est intitulé : « Cycle for fear » ; dans ce scénario, les mesures de sécurité sont poussées à un tel point dans le monde qu chacun se demande s’il ne vit pas dans un monde digne d’Orwell !

Le rapport indique que ces 4 scénarios ne sont pas exclusifs et qu’ils peuvent interférer les uns avec les autres.

5 – Quelques remarques

Globalement, je suis d’accord avec les conclusions de ce rapport, comme en témoigne tout ce que j’ai écrit dans GLOBECO et dans les articles rassemblés sur mon site Internet (www.globeco.fr) sous la rubrique : « Il ne faut pas désespérer la planète. »
 

Quelques remarques, voire quelques critiques, me paraissent cependant pouvoir être faites : 

D’abord, il me semble que les éléments démographiques ne sont pas assez présents dans le rapport ; certes, ces éléments sont pris en compte pour expliquer la plus grande  influence probable de la Chine et de l’Inde et la moindre influence probable de l’Europe, du Japon et de la Russie, mais ils n’entrent pas en ligne de compte mondialement ; or, il est bien certain que le problème se posera de plus en plus au niveau mondial, au fur et à mesure qu’on s’approchera du maximum de population mondiale, c’est à dire entre 2050 et 2060 ; on n’y est pas encore mais il serait dommage de l’ignorer ; vous pouvez consulter à ce sujet mon article intitulé ; « Démographie mondiale, attention, danger ! » sur mon site Internet www.globeco.fr, rubrique : « il ne faut pas désespérer la planète ».

Ensuite, les comparaisons entre pays sont faites à partir de chiffres en dollars calculés selon la méthode des dollars courants ; il me semble qu’il serait préférable de prendre la méthode de la parité de pouvoir d’achat, qui permet de mieux comparer les pays entre eux ; ainsi, si on prenait la méthode des dollars en parité de pouvoir d’achat, on verrait que le PIB global de la Chine risque de dépasser le PIB des Ets Unis avant 2025, ce qui ne se voit pas du tout si on choisit exclusivement l’autre méthode !

De la même façon, je suis surpris que le rapport mette sur le même pied l’émergence de la Chine et de l’Inde en tant que puissances économiques ; en réalité, la puissance économique chinoise sera pratiquement au même niveau que celle des Etats Unis dès 2020-2025, mais il faudra attendre au moins 10 ans de plus pour que l’Inde se retrouve au même niveau que les Etats Unis en termes de puissance économique globale ; par ailleurs, je ne suis pas sûr que le Brésil et l’Indonésie accèdent en 2020 au statut de grande puissance mondiale ; il y a tellement d’incertitudes concernant le développement de ces deux pays !

Autre surprise : le rapport me paraît traiter avec un certaine désinvolture le changement climatique : point n’est besoin d’être un ayatollah de l’écologie pour savoir qu’il s’agit d’un vrai problème et que les Etats Unis devraient s’en soucier dès à présent comme nous tous !

Enfin, le rapport passe également sous silence les risque économiques que font courir au monde les déficits budgétaires et commerciaux des Etats Unis ; pourtant, il s’agit là sans doute d’un des dangers principaux de crise économique et financière grave que court notre monde : pourquoi l’ignorer ?

Pierre le Roy
Directeur de GLOBECO
www.globeco.fr

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