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Le gouvernement américain pourrait ordonner la fermeture des banques américaines en Septembre

Dans Analyse, États-Unis, Bankster, Capitalisme, Crise Financière, Dollar, Euro, Europe, FMI, G20, Mondialisation, Nouvel Ordre Mondial, NWO, OMC, UE, Wall Street le 30 juin 2009 à 17:57

burntdollar

 Bob Chapman spécialiste financier, réputée pour sa fiabilité en matière d’information économique et financière prévoit que le gouvernement américain pourrait annoncer la fermeture des banques américaines. Cette décision pourrait intervenir en Septembre. (en rapport avec la situation géographique de l’ambassade)

Des sources bien placées ont indiqué à Bob Chapman que certaines ambassades américaines se débarrassent du dollar américain par l’achat massif de devises locales.

« Certaines ambassades américaines sont invités à acheter des quantités massives de devises locales » a indiqué Harry Schultz. « suffisamment pour que ces ambassades puissent tenir un an »

Harry Schultz, qui dirige la publication d’une revue financière, économique, et géopolitique sur Internet pensent que l’élite mondial est en train d’orchestrer la fermeture des banques, dont la durée serait indéterminée , et ce dans le but de remettre de l’ordre dans le secteur bancaire et d’imposer de nouvelles règles financières.

Le 5 Mars 1933, alors que la situation économique américaine avait plongé dans la Grande Dépression, le Président Franklin Roosevelt, fraichement élu, avait ordonné la fermeture des banques pour 4 jours. Roosevelt avait ainsi entériné une loi d’urgence financière. Adoptée par le congrès américain, la loi avait conféré au gouvernement des pouvoirs d’exception pour restaurer le bon fonctionnement des établissements financiers.

Cette loi avait aussi permis au secrétaire d’état au trésor américain d’obliger les citoyens et les entreprises à renoncer à l’utilisation de l’or, pour l’adoption obligatoire de la monnaie papier pour les achat et les échanges commerciaux.

Le 10 mars de cette même année, Rossevelt avait émis un arrêté présidentiel, visant à interdire tout envoi et exportation d’or à l’étranger. L’arrêté présidentiel visait aussi à prohiber les opérations d’échanges de quantités d’or contre de l’argent (papier).

En clair, cette loi était la plus grande escroquerie de l’histoire, jusqu’à maintenant.

Comme le fit remarquer Schultz, une nouvelle fermeture des banques serait susceptible de mener aussi à une dévaluation du dollar américain. « Mais le dévaluer contre quoi ? l’euro ? j’en doute !. L’or ? peut-être ! ou peut être contre les droits de tirages internationaux du FMI ?(qui constituent un panier de devises internationales, une sorte de monnaie d’échange internationale déjà en vigueur)

Ce n’est pas un secret ! l’élite ambitionne d’établir une monnaie mondiale depuis longtemps. En 2007, Ben Steil, le directeur du bureau« économie internationale » auprès du CFR (Council on Foreign Relations) avait indiqué que le dollar et l’euro sont des devises temporaires « Ce sont les marchés financiers qui permettent au dollar américain d’être une monnaie utilisé dans le monde entier. Ce que les marchés financiers donnent, les marchés financiers peuvent aussi le reprendre !. Si les marchés décident d’abandonner le dollar américain, le dollar américain s’effondrera alors les marchés décideront de privatiser la monnaie sur leurs propres décisions ».

Les Bankstères veulent aussi mettre un terme aux souverainetés nationales parce qu’une monnaie mondiale exige la suppression des politiques monétaires nationales qu’adoptent chaque pays.

Richard Haas, président du CFR, avait déclaré : « Les états doivent être préparé à abandonner leurs souverainetés au profit des institutions internationales, dès que ces dernières seront prêtes à prendre la relève »

M. Schultz pense qu’une fermeture des banques américaines ne serait que la suite logique du programme établi par l’élite crapuleuse international. Lorsque Roossevelt avait décidé de fermer les banques, « Des milliers de banques n’ont plus jamais rouverts ! C’était un moyen détourné de les fermer définitivement. Je pense que la même chose se produirait aujourd’hui. Des milliers de banques ont peu ou pas de valeurs, et sont criblés de dettes »

L’administration Obama, a proposé un plan qui confère à la Réserve Fédérale américaine des pouvoirs de régulation totale sur l’économie américaine. Les nouvelles règles de la Réserve fédérale permettront de briser toutes les entreprises ou activités qui menaceraient les intérêts monopolistiques des Banques américaines.

Le plan de régulation financière d’Obama n’est rien d’autre que la prise d’assaut des états unis par le cartel des banques privées et ces dernières usurperont les pouvoirs des institutions existantes , qui sont actuellement accusés d’être les responsables de la crise financière. Elles sont vouées à être supplanter par la Réserve Fédérale qui fera la pluie et le beau temps, comme bon lui semble.

La fermeture des banques mènerait tout droit à la dévaluation du dollar américain, et la mise en place d’une monnaie supranationale qui permettra l’asservissement de bon nombre d’entre nous.

Si les prédictions de Monsieur Schultz s’avèrent réelles, alors nous devrions nous attendre à des émeutes de grande importance et à ce que la loi martiale soit décrétée.

Reproduction autorisée pour les bloggers à condition de citer clairement SpreadTheTruth.fr

Plus de cinquante ans de « coups tordus » : L’équipe de choc de la CIA

Dans Afghanistan, AfPak, Al Qaïda, Armement, Armes de Destruction Massives, Ayatollahs, États-Unis, Barack H. Obama, Basiji, Big Brother, Capitalisme, CIA, DARPA, Drone, Espionnage, FSB, Guerre, Guerre contre le Terrorisme, Hacker, Ingérence, Insurrection, Irak, Iran, Islam, Israël, Mahmoud Ahmadinejad, Mondialisation, Moyen-Orient, Nucléaire, OTAN, Pakistan, Pentagone, Propagande, Russie, Surveillance, Talibans le 29 juin 2009 à 22:58
Par Hernando Calvo Ospina

cia
Si l’on a retenu la présence massive de Cubains de l’exil dans la tentative d’invasion de la baie des Cochons en 1961, on connaît moins leur rôle dans les opérations ultérieures de la Central Intelligence Agency (CIA). Du Chili au Nicaragua en passant par le Vietnam, à travers coups d’Etat, assassinats de dirigeants, trafics d’armes et de drogue, ils ont été l’un des instruments les plus secrets et les plus meurtriers de la politique étrangère américaine.

« Notre seul délit a été de nous donner nos propres lois, notre crime a été de les appliquer à l’United Fruit. » Elu président du Guatemala en 1951, Jacobo Arbenz, entre autres mesures progressistes, promulgue une réforme agraire. Le 4 mars 1953, il exproprie partiellement la compagnie bananière américaine United Fruit, la privant de 84 000 hectares sur 234 000. Les 17 et 18 juin 1954, une armée mercenaire venue du Nicaragua et du Honduras pénètre au Guatemala et, le 27 juin, renverse Arbenz. Le secrétaire d’Etat américain John Foster Dulles et son frère Allen, directeur de la Central Intelligence Agency (CIA), sont alors tous deux actionnaires de l’United Fruit ! L’opération — nom de code PB/Success — a bénéficié de la participation active d’une « équipe de choc » de la CIA qui va traverser les décennies.

Venant après le renversement en Iran du dirigeant nationaliste Mohammad Mossadegh, le 19 août 1953, PB/Success fait à la CIA une réputation d’invincibilité et devient un modèle pour ses opérations clandestines dans le monde entier. En mars 1960, le président Dwight Eisenhower donne son feu vert à une nouvelle action destinée, cette fois, à déstabiliser Cuba, où la révolution a triomphé le 1er janvier 1959. La plupart des agents qui ont participé au renversement d’Arbenz se retrouvent responsables du « projet Cuba ». Il s’agit notamment, et à leur tête, de Richard Bissell, numéro deux de la CIA ; de Tracy Barnes, qui assume la constitution de la Cuban Task Force ; de David Atlee Phillips, responsable de la guerre psychologique ; de Howard Hunt, chargé de former le « gouvernement cubain provisoire ». Deux jeunes gens se joignent au groupe : M. Porter Goss, officier du contre-espionnage de l’armée, et M. George Herbert Walker Bush (1). Ce dernier aide à « recruter des exilés cubains pour l’armée d’invasion de la CIA (2) ».

Le 17 avril 1961, les quelque mille cinq cents hommes de cette armée, la brigade 2506, débarquent dans la baie des Cochons. Après leur défaite, en moins de soixante-dix heures, les numéros un et deux de la CIA, Dulles et Bissell, doivent démissionner.

Ulcéré par cette déroute, le président John F. Kennedy octroie un pouvoir exorbitant à l’Agence, décision qui affectera les affaires du monde pendant longtemps (3). Ministre de la justice et frère du président, Robert Kennedy supervise une nouvelle agression contre Cuba. Miami devient l’épicentre de la plus grande opération paramilitaire — JM/WAVE — jamais montée sur le sol américain. A sa tête, Theodore « Ted » Shackley et M. Thomas « Tom » Clines. Le groupe reçoit notamment le renfort du général Edward Lansdale, arrivé d’Indochine, où il a travaillé avec les services secrets français impliqués dans la guerre coloniale ; de M. Richard Secord, officier de l’US Air Force ; et de David Sánchez Morales, officier du contre-espionnage de l’armée.

Formés à la contre-guérilla

Lorsque, le 14 octobre 1962, éclate la « crise des fusées », Washington exige que les missiles balistiques installés par l’Union soviétique à Cuba soient retirés. Moscou cède, à condition que les Etats-Unis s’engagent à ne pas envahir l’île (et à renoncer à leurs propres missiles en Turquie). Kennedy accepte et ordonne de démanteler JM/WAVE.

La révolution cubaine n’en amène pas moins Washington à modifier radicalement sa stratégie de sécurité régionale. La restructuration des armées latino-américaines commence, et un centre d’entraînement et d’endoctrinement — l’Ecole des Amériques — voit le jour dans la zone américaine du canal de Panamá. Lorsque Kennedy est assassiné, le 22 novembre 1963, à Dallas (Texas), sa doctrine de sécurité nationale est déjà en place. Le renversement du président brésilien João Goulart, le 31 mars 1964, donne le signal d’une série de coups d’Etat et marque le début des disparitions et tortures d’opposants politiques, de façon massive et sophistiquée.

Cette nouvelle stratégie ne peut négliger l’expérience des agents cubains de la JM/WAVE, ni celle de certains des mille cent quatre-vingt-neuf hommes capturés lors de la tentative d’invasion de la baie des Cochons et de retour aux Etats-Unis en décembre 1962 (4). Environ trois cents d’entre eux, quasiment tous cubains (puis, dans la plupart des cas, cubano-américains par l’obtention de la nationalité du pays d’accueil), reçoivent une formation d’officier dans les académies d’opérations spéciales de Fort Benning (Georgie), Fort Mayers (Floride), Fort Peary (Virginie), etc. D’autres sont envoyés à Fort Gulick (Ecole des Amériques), pour être formés à la contre-guérilla. Ils s’appellent José Basulto, Jorge Mas Canosa (5), Francisco « Pepe » Hernández (6), Luis Posada Carriles, Félix Rodríguez Mendigutía, etc. Censés ne jamais émerger de l’anonymat, leurs noms défraieront bientôt régulièrement la chronique. « L’Amérique du Sud sera le “Far West” où ils tiendront le rôle de pionniers (7) » ; et, par leurs actions clandestines, ils « brilleront » même bien au-delà.

Par exemple, dans l’ex-colonie belge du Congo. Ils y débarquent fin 1962 pour fournir, entre autres, un soutien aérien aux forces du futur dictateur Joseph-Désiré Mobutu. Les avions appartiennent à Air America, compagnie récemment constituée et propriété de la CIA. Au sol, les hommes constituent la compagnie 58, chargée de pister et de poursuivre, sans succès, Ernesto Che Guevara et un petit groupe de révolutionnaires cubains. A la demande de Laurent-Désiré Kabila, le Che est en effet arrivé fin avril pour conseiller en techniques de guérilla ceux qui combattaient Mobutu (8).

Cette équipe de choc se renforce définitivement au Vietnam. Elle reprend et développe les méthodes des forces spéciales françaises vaincues, en finançant des opérations sales avec l’argent du trafic d’opium laotien et birman (là encore avec les avions d’Air America). On retrouve les hommes de JM/WAVE : Shackley, Clines, Sánchez Morales, Secord, « Ed » Dearborn, Rodríguez Mendigutía, en compagnie de M. Donald Gregg, inspecteur des agents de la CIA ; de M. John Dimitri Negroponte, « conseiller politique » de toute l’opération ; du général John Singlaub, ancien chef de la CIA en Corée ; de Lansdale, chargé des opérations depuis le Pentagone ; et de M. Oliver North, du service de renseignement de l’US Navy. En 1968, William (« Bill ») Colby est envoyé sur place pour diriger l’Accelerated Pacification Campaign (nom de code : Phoenix). Objectif : terroriser la population civile afin de neutraliser la résistance vietnamienne. En presque quatre ans, environ quarante mille suspects seront tués.

C’est toutefois sur un autre continent que l’équipe va connaître son succès le plus spectaculaire. En mars 1967, parmi la vingtaine d’hommes des forces spéciales américaines qui débarquent en Bolivie pour poursuivre Che Guevara, figure le Cubain Rodríguez Mendigutía. Lorsque le Che, blessé, est capturé le 8 octobre 1967, c’est lui qui transmet l’ordre de le tuer.

Trois ans plus tard néanmoins, la CIA ne peut éviter l’élection du socialiste Salvador Allende à la présidence du Chili. Richard Nixon ordonne à l’Agence d’empêcher son entrée en fonctions. L’équipe envoyée sur place échoue, mais parvient à assassiner le commandant en chef des forces armées, le général René Schneider, loyal à Allende. Son successeur s’appellera Augusto Pinochet. De nouveau, Phillips et Sánchez Morales figurent parmi les responsables des opérations sur le terrain. Devenu chef de la direction de l’Hémisphère occidental de la CIA grâce à son travail sur Cuba et au Vietnam, Shackley est chargé de la déstabilisation du gouvernement. Il nomme Clines pour qu’il se concentre sur le « cas Allende (9) ». Sous-directeur des opérations spéciales, Colby chapeaute l’ensemble. L’organisation de la campagne internationale de diffamation contre le gouvernement Allende incombe à l’ambassadeur américain auprès de l’Organisation des Nations unies (ONU) : M. Bush.

Allende éliminé en septembre 1973, Pinochet au pouvoir, tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes si… La CIA devient un objet de scandale et voit ses ailes rognées, une bonne partie de ses crimes étant révélée par la presse et par les commissions d’enquête parlementaires Church (10) et Rockefeller (11). Qu’à cela ne tienne. L’Agence « délègue » une bonne partie de ses actions aux services avec lesquels elle collabore dans le cadre de l’opération « Condor » (12) et à ses agents cubains du Commando d’organisations révolutionnaires unies (CORU). Celui-ci a été fondé en République dominicaine, en mai 1976, sur instructions de la CIA, dirigée du 30 janvier 1976 au 20 janvier 1977 par M. Bush.

A la tête du CORU, dont le financement provient surtout du trafic de drogue (13), se trouvent MM. Orlando Bosch et Posada Carriles. Depuis Caracas (Venezuela), ils organisent l’attentat qui, le 6 octobre 1976, détruit en vol un avion de la Cubana de Aviación (soixante-treize morts). Mais, peut-être parce qu’il a été commis en plein Washington, le crime du binôme Condor-CORU qui causera le plus d’émoi sera, le 21 septembre, l’assassinat de l’ex-ministre des affaires étrangères d’Allende, Orlando Letelier.

Parmi les cinq hommes ultérieurement détenus figurent trois vétérans du « projet Cuba ». La CIA de M. Bush fait son possible pour entraver l’enquête et occulter les preuves. Devenu président, le même Bush amnistiera les coupables, lesquels n’auront passé que quelques années en prison. L’un d’entre eux, M. Guillermo Novo Sampol, sera arrêté au Panamá, le 17 novembre 2000, en compagnie de M. Posada Carriles, alors qu’ils préparent un attentat à la bombe contre M. Fidel Castro, en visite dans ce pays. Condamnés à huit ans de prison le 20 avril 2004, ils seront amnistiés le 25 août suivant par la présidente panaméenne Mireya Moscoso, grande amie des Etats-Unis.

Drogue contre armes

Entre-temps, la guerre de basse intensité de Washington contre le Nicaragua a réuni la plupart de ces agents. Le vice-président Bush supervise les opérations, tandis que MM. Gregg et North, ancien du Vietnam, dirigent le complot. Ambassadeur des Etats-Unis au Honduras — on l’y appelle « le proconsul » —, M. Negroponte transforme ce pays en une plate-forme militaire d’agression, tandis que les escadrons de la mort de l’armée hondurienne — le bataillon 3-16 — répriment l’opposition. Passé de la Bolivie aux rizières asiatiques puis au Salvador, M. Rodríguez Mendigutía ravitaille les contre-révolutionnaires nicaraguayens (la contra) — assisté par M. Posada Carriles (et par M. Basulto en territoire nicaraguayen). Pour lui confier cette mission, la CIA et les milieux anticastristes de Miami ont organisé l’évasion (août 1985) de M. Posada Carriles de la prison vénézuélienne où il avait été incarcéré après l’attentat contre l’appareil de la Cubana de Aviación.

Tout soutien financier aux contras ayant été interdit par le Congrès américain, le vice-président Bush récolte des fonds tous azimuts et par tous les moyens. La vente illégale d’armes à l’Iran, par l’intermédiaire d’Israël, débouchera en 1986 sur le scandale de l’« Iran-contragate ». M. Bush devenu président, la commission du Sénat dirigée par M. John Kerry démontrera l’existence d’une alliance entre la CIA et la mafia colombienne (14). Au Costa Rica, en juillet 1989, MM. North et Secord, entre autres membres des cercles du pouvoir américain, seront formellement accusés d’être responsables du réseau « drogue contre armes » organisé dans ce pays pendant la guerre antisandiniste…

Epurée par le président James Carter à la mi-août 1978, régulièrement mise en cause par des commissions d’enquête officielles ou la déclassification de ses archives (en particulier sous l’administration de M. William Clinton), la CIA, depuis sa naissance en juillet 1947, a certes connu des hauts et des bas. Toutefois, tous ceux qui ont participé aux actions clandestines du groupe de choc constitué en 1954 et élargi au fil des années ont bénéficié d’une constante : l’impunité. Pour n’en citer que quelques-uns, MM. Posada Carriles et Bosch vivent en liberté à Miami. M. Rodríguez Mendigutía, qui fit exécuter le Che, réside dans cette même ville, où il dirige une entreprise de conseil en sécurité. Après avoir été le premier ambassadeur des Etats-Unis en « Irak libéré », puis avoir passé vingt mois comme super-patron des services de renseignement américains, M. Negroponte est devenu numéro deux du département d’Etat en janvier 2007. Quant à M. Porter Goss, présent dans le « projet Cuba » dès 1960, il fut directeur de la CIA de septembre 2004 à mai 2006.

 


Notes

 

(1) Il ne sera question dans cet article que de M. George Bush père.

(2) Common Cause, Washington DC, 4 mars 1990.

(3) William Colby, Trente Ans de CIA, Presses de la Renaissance, Paris, 1978.

(4) Ils ont été échangés par Cuba contre 54 millions de dollars d’aliments et de médicaments.

(5) Futur président de la Fondation nationale cubano-américaine (FNCA), principale organisation anticastriste basée à Miami, qu’il dirigera jusqu’à sa mort en novembre 1997. La FNCA a été impliquée, entre autres, dans la vague d’attentats qui a affecté La Havane en 1997.

(6) Actuel président de la FNCA.

(7) Jean-Pierre Gillet, Les Bérets verts. Les commandos de la CIA, Albin Michel, Paris, 1981.

(8) Le Che et ses hommes se retireront en novembre 1965.

(9) David Corn, Blond Ghost : Ted Shackley and the CIA’s Crusades, Simon & Schuster, New York, 1994.

(10) Congrès américain, « Select committee to study governmental operations with respect to intelligence activities », 1976.

(11) Publié le 10 juin 1975, sous la présidence de Gerald Ford (1974-1977), le rapport Rockefeller accuse la CIA d’activités illégales « depuis vingt ans ». Les anciens présidents Lyndon Johnson (1963-1969) et Nixon (1969-1974) sont mis en cause.

(12) Coopération des services secrets des dictatures du sud du continent pour la répression et l’assassinat des opposants politiques.

(13) Peter Dale Scott et Jonathan Marshall, Cocaine Politics. Drugs, Armies, and the CIA in Central America, University of California Press, Los Angeles, 1991.

(14) Ibid.


Hernando Calvo Ospina : Journaliste. Auteur de Sur un air de Cuba, Le Temps des cerises, Pantin, 2005, de Rhum Bacardi. CIA, Cuba et mondialisation, EPO, Bruxelles, 2000, et de Colombie. Derrière le rideau de fumée. Histoire du terrorisme d’Etat , Le Temps des cerises, Pantin, 2008.

 

Articles de Hernando Calvo Ospina publiés par Mondialisation.ca

L’ayatollah Khatami prône de sévères châtiments pour les leaders des fauteurs de troubles

Dans Ali Khamenei, Ayatollahs, États-Unis, Barack H. Obama, Basiji, CIA, Gardiens de la Révolution Islamique, Ingérence, Iran, Islam, Islamophobie, Mahmoud Ahmadinejad, Mir Hossein Moussavi, Mohammad Khatami, Moyen-Orient, Neda Agha-Soltan, Propagande, Qom, République Islamique d'Iran, Rouhollah Khomeiney le 28 juin 2009 à 11:00

Khatami

Téhéran, le 26 juin 2009

L’imam provisoire de la prière de vendredi de Téhéran, l’ayatollah Ahmad Khatami, a prôné des châtiments exemplaires à l’encontre des leaders à l’origine des récents troubles survenus dans les rues en Iran.

«Les leaders des récents troubles survenus dans la rue sont soutenus par les Etats-Unis et Israël ; nous lançons un appel à la justice pour condamner sévèrement ces personnes de sorte que cela serve de leçons à d’autres» a martelé l’ayatollah Khatami dans son deuxième sermon de la prière de vendredi devant de nombreux fidèles réunis sur le campus de l’université de Téhéran.
L’ayatollah Khatami a déclaré que les fauteurs de troubles et leurs leaders devraient savoir que toute discussion concernant l’annulation des résultats des dernières élections présidentielles est injuste et que la nation iranienne ne se rendra pas sous la pression.
Du point de vue de la jurisprudence, l’ayatollah Khatami a évoqué le « Moharebeh » ( crime important commis à l’encontre de l’Islam et de l’état islamique) ; et quiconque se rend coupable d’un tel crime, l’Islam envisage la punition la plus dure pour cette personne » a précisé l’ayatollah Khatami, en dénonçant le récent malaise qui secoue la rue, les sabotages, les feux perpétrés contre les mosquées et les autobus, la destruction des biens publics et l’insécurité qui règne, la panique sociale et le harcèlement de la nation iranienne.
Il a alors remercié la police et les forces de sécurité, particulièrement les Basidjis, pour leurs efforts implacables afin de réprimer les agitations et de garantir la sécurité, souhaitant le prompt rétablissement des blessés.
Il a invité le gagnant et les candidats qui ont perdu de revenir à davantage de morale, de faire preuve de patience et d’adopter des comportements rationnels.
Tout en exprimant sa joie après la participation massive de 40 millions d’électeurs aux récentes élections présidentielles du 12 juin dernier, l’ayatollah a indiqué qu’il s’agit de respecter les directives du guide suprême de la révolution islamique, l’ayatollah Ali Khamenei et d’observer la loi.
«Quelques 40 millions (soit plus de 85 pour cent) de citoyens se sont fortement mobilisés aux élections présidentielles garantissant ainsi la force et la dignité du système» a-t-il souligné tout en poursuivant que la République Islamique d’Iran a démontré qu’elle est le porteur étendard de la démocratie religieuse parce que durant 30 ans, après la victoire en 1979 de la révolution islamiques, 30 élections se sont tenues dans le pays, ce qui traduit un niveau élevé de démocratie religieuse.
«Un des outils de la démocratie est la protestation. Toutes les élections ont soulevé de nécessaires protestations à chaque occasion. Les protestations doivent se faire par le biais des canaux légaux ; le droit de manifester est un droit légal qui doit emprunter une voie légale qui n’est autre que celle du Conseil des gardiens de la révolution».
Il a par la suite rejeté les recours de fraude déposés dans le cadre des élections présidentielles, soulignant que si la différence de voix était d’un million, alors elle aurait pu déboucher sur un conflit, mais une différence de voix portant sur 11 millions de votes écarte tout doute.
Ailleurs dans son sermon, l’ayatollah Khatami a dénoncé les politiques « déloyales» des médias des Etats-Unis :« les médias occidentaux ont fait preuve d’une très grande trahison. Prenant l’exemple de Neda Agha-Soltan, Ahmad Khatami a dénoncé les fauteurs de troubles qui ont tué Neda pour ensuite accuser le régime islamique.
“Regardez l’affaire de cette dame qui a été tuée et pour laquelle le président américain Barack Obama a versé des larmes de crocodiles. N’importe qui voyant ce film comprend que ce sont les émeutiers qui ont monté de toutes pièces cette histoire “, a-t-il affirmé.
« Le secrétaire général de l’ONU s’est dit inquiet, pourquoi n’a-t-il pas montré davantage d’inquiétude après le massacre de quelques 400 enfants à Gaza, de plus de 100 femmes tuées également à Gaza et les crimes quotidiens perpétrés en Irak et en Afghanistan » a déclaré l’ayatollah Khatami.
« L’ONU n’est pas l’organisation des nations mais plutôt celle des gouvernements ; les nations devraient rechercher un vrai ONU » a poursuivi l’imam provisoire de la prière de vendredi tout en critiquant durement les Etats-Unis et certains états européens, comme le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne, pour leurs récentes déclarations anti-iraniennes.
«Le gouvernement américain défend les droits de l’Homme en dépit des violations flagrantes de ces mêmes droits de l’Homme. « Vos crimes à Guantanamo et Abou Ghraib n’ont pas été encore oubliés même si vous prétendez toujours défendre les droits de l’Homme » a dénoncé l’ayatollah en s’adressant aux responsables américains

Concluant son sermon, l’ayatollah Khatami a dénoncé les récents agissements naïfs de certains états européens témoignant d’un manque évident de maturité politique

« Le monde devrait savoir que notre grande révolution islamique n’est pas le moins du monde effrayée de toutes les vagues qui surgissent et opposera une ferme résolution en défendant toutes ses valeurs».

 

Source : Irna

Une hystérique propagande contre l’Iran

Dans Ali Khamenei, Analyse, Ayatollahs, États-Unis, Barack H. Obama, Basiji, Benyamin Netanyahou, CIA, Gardiens de la Révolution Islamique, Ingérence, Insurrection, Iran, Islam, Israël, Mahmoud Ahmadinejad, Mir Hossein Moussavi, Moyen-Orient, Nucléaire, Qom, Rouhollah Khomeiney le 24 juin 2009 à 18:52

 

2285777762_bfa9ddc82cLes pays capitalistes se déchaînent en ce moment contre l’Iran. Les États-Unis et l’Europe essentiellement, c’est-à-dire des pays impérialistes, mènent une intense propagande contre la République Islamique d’Iran.

Les résultats des élections ne sont qu’un grossier prétexte. Le monde entier et notamment les peuples opprimés savent que ces pays ont soutenu des dictateurs et des dictatures les plus féroces. Commençons par l’Amérique latine : Artur da Costa e Silva au Brésil, Augusto Pinochet au Chili, Juan Carlos Onganía et Videla en Argentine, le régime somoziste au Nicaragua, Maximiliano Hernández Martínez au Salvador, le régime de Fulgencio Batista à Cuba, de Marcos Pérez Jiménez au Venezuela, de Banzer en Bolivie etc. En Asie on peut trouver Soeharto en l’Indonésie, Marcos aux Philippines, Musharraf au Pakistan. En Afrique on peut citer, entre autres, Hosni Moubarak en Egypte, Gnassingbé Eyadéma au Togo, Idriss Déby au Tchad, Denis Sassou N’Guesso au Congo, Paul Biya au Cameroun sans oublier le fidèle serviteur de l’impérialisme français Omar Bongo. Ce dernier résume à lui seul le comportement de l’impérialisme français en Afrique. Le 16 juin 2009 aux obsèques de ce dictateur, qui a ruiné son pays et son peuple, Nicolas Sarkozy l’actuel président de la République et l’ancien président Jacques Chirac ont été hués par la population gabonaise. Car elle sait que la politique de ces deux hommes et celle de tous les présidents français depuis qu’Omar Bongo est au pouvoir et même avant sont largement sources de sa misère alors que le pays regorge de richesses : « La France est ingrate.
Bois, pétrole, manganèse, on vous a tout donné » scandaient les gabonais ou encore « On ne veut plus de vous, partez ! ». Les grands médias français, s’ils ont évoqué cette visite, ont été très discrets sur l’hostilité de la population à l’égard de Sarkozy et de Chirac, car ils préfèrent parler des élections iraniennes.

Sarkozy et Chirac ne représentaient pas la France à l’enterrement du dictateur, mais la bourgeoisie française. Le journal Le Monde du 16 juin décrivait ainsi l’hommage rendu par les patrons français à Omar Bongo : « des centaines de couronnes mortuaires sont empilées sous des tentes face à l’océan. Axa, Bolloré ou Air France y adressent leurs condoléances et leurs « regrets éternels ». L’une d’elles a été déposée par l’ancien patron d’Elf, Loïk Le Floch-Prigent en personne au nom de sa société pétrolière Pilatus Group ».

« L’ampleur de la fraude est proportionnelle à la violence de la réaction » déclarait Sarkozy du palais présidentiel devant le cercueil de son ami dictateur, Omar Bongo, en parlant des élections iraniennes. On peut être à la fois démocrate et ami des dictateurs !

Toutes ces dictatures ont été installées avec l’aide des États-Unis, de la France, de la Grande Bretagne (en se rendant complice des coups d’État ou en validant des élections truquées). Ils leur apportent un soutien économique, financier et militaire décisif sans lequel ces régimes ne peuvent survivre. Ils se taisent également sur les exactions et les violations des droits de l’homme commises par ces dictateurs contre leur propre population.

Donc ce n’est ni la démocratie, ni la régularité des élections, ni les droits de l’homme qui motivent aujourd’hui cette hystérique propagande contre l’Iran, mais bel et bien son programme nucléaire.

Il y a trop de pétrole dans cette région ! Il faut que ces puissances impérialistes puissent accéder sans trop de contraintes ni d’entraves à cette richesse indispensable à leur économie et, partant, aux profits de leurs bourgeoisies. La création de l’État d’Israël dans cette région du monde répond d’abord à cette impérieuse nécessité. Ce n’est pas un hasard si cet État est la seule puissance nucléaire et dont les grands médias n’en parle(du nucléaire israélien) pour ainsi dire jamais. Il joue le rôle du gendarme dans cette région tourmentée. Aucun autre pays du Moyen Orient ne peut développer un programme nucléaire sans qu’Israël et les pays impérialistes, grands et petits, ne réagissent très violemment.

Ainsi en 1981 Israël, qui redoutait que l’Irak ne se dote de l’arme nucléaire, a totalement détruit le réacteur Osirak. Aujourd’hui, il est insupportable pour Israël que l’Iran deviennent à son tour une puissance nucléaire. Il veut garder, vaille que vaille, le monopole sur cette terrible arme conformément aux seuls intérêts des bourgeoisies des pays impérialistes. Détruire les installations nucléaires iraniennes est devenu l’obsession des dirigeants israéliens. Benyamin Netanyahou en fait même la mission de sa vie(1).

Pendant que cette hystérique propagande contre l’Iran se poursuit inlassablement, la bourgeoisie des pays impérialistes, qui possède l’essentiel des grands médias, continue à jeter par milliers des familles d’ouvriers dans le chômage et la misère. Des « plans sociaux » succèdent à d’autres « plans sociaux ». Pire, elle demande même aux salariés de travailler gratuitement(voir le cas de British Airways) ou d’être partiellement payés ! Parler de l’Iran permet aussi de détourner la population des vrais combats à mener et au gouvernement de faire passer, sans trop de résistance, des « réformes » douloureuses pour l’immense majorité de la population.

Les iraniens sont capables, comme les autres peuples, de régler eux-mêmes leurs problèmes. Ils n’ont surtout pas besoin des pays impérialistes dont toute l’histoire est chargée de conquêtes coloniales, de crimes et d’asservissement des peuples.

Mohamed Belaali

les fondements des luttes de pouvoir en Iran

Dans Ali Khamenei, Analyse, Ayatollahs, Basiji, CIA, Gardiens de la Révolution Islamique, Ingérence, Insurrection, Iran, Islam, Mahmoud Ahmadinejad, Mir Hossein Moussavi, Moyen-Orient, Nucléaire, Qom, République Islamique d'Iran, Rouhollah Khomeiney le 24 juin 2009 à 18:12

La lutte au sommet dans les cercles dirigeants iraniens oppose deux factions ayant des conceptions radicalement différentes de la République Islamique, selon Muhammad Sahimi. D’un côté, les héritiers de Khomeiny, défenseurs d’une théocratie constitutionnelle, et de l’autre, appuyés par les Gardiens de la Révolution, des fondamentalistes que Khamenei qualifie de « traditionalistes à la pensée courte, restés à l’âge de pierre. » Pour ces disciples de l’ayatollah Mesbah Yazdi, « peu importe ce que les gens pensent. Ce sont des moutons ignorants ».

Par Muhammad Sahimi, Antiwar, 24 juin 2009

Le monde entier est fasciné par les événements qui se sont déroulés en Iran au cours des dernières semaines. Tout d’abord, on a assisté à une campagne électorale acharnée durant laquelle Mir Hossein Moussavi, le principal candidat réformiste, montait dans les sondages. D’énormes rassemblements ont eu lieu à travers l’Iran en soutien à sa candidature. Pour la première fois depuis la révolution de 1979, les iraniens et les expatriés semblaient être unis dans leur quête pour évincer le président Mahmoud Ahmadinejad.

Le 12 Juin, une heure après que le vote ait pris fin, le ministère de l’Intérieur iranien a appelé le quartier général de Moussavi pour l’informer qu’il allait gagner, et qu’il devait préparer une déclaration de victoire sans triomphalisme, afin de ne pas irriter les supporters d’Ahmadinejad. Puis soudainement, tout a changé. Plusieurs commandants des Gardiens de la Révolution de l’Iran (GRI) se sont rendus au siège de campagne de Moussavi et lui ont dit que sa campagne électorale était une sorte de « révolution de velours », et qu’ils ne l’autoriseraient pas à l’emporter. Ensuite, les résultats des élections truquées ont été annoncés, déclenchant les manifestations qui se poursuivent aujourd’hui.

Mais quel est le pouvoir réel à l’oeuvre derrière cette élection présidentielle truquée, qualifiée de « coup d’Etat électoral » par un porte-parole de Moussavi ? On considère généralement qu’en tant que commandant en chef des forces armées de l’Iran, le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, est le chef de ce coup d’Etat. Mais la question est plus complexe.

Depuis qu’il a été nommé commandant en chef des GRI, il y a trois ans, le major général Mohammad Ali Jafari a fait état de la « menace intérieure » contre la révolution islamique. Il a même réorganisé la garde pour qu’elle soit mieux préparée à faire face à toute révolte. En outre, quelques jours avant les élections du 12 Juin, le responsable de la direction politique des GRI, le Brigadier Général Yadollah Javani, a accusé Moussavi et d’autres réformateurs de tenter de lancer une révolution de couleur ( Moussavi a utilisé le vert comme symbole de sa campagne), et a averti que la garde « l’asphyxierait avant même qu’elle ne naisse ». Les auteurs de ce coup d’Etat sont en fait les membres du haut commandement des GRI. Ils représentent l’aile droite de la deuxième génération des révolutionnaires iraniens.

Cette seconde génération de révolutionnaires avait une vingtaine d’année à l’époque de la révolution iranienne de 1978-1979. Ils ont rejoint les GRI presque immédiatement après la Révolution et mené deux guerres féroces dans les années 1980 : contre les forces de Saddam Hussein, qui avaient envahi l’Iran en septembre 1980, et contre les forces des Moujahidines du Peuple, un groupe armé islamique de gauche qui s’était opposé au Shah. Lorsque les Moujahidines ont commencé à assassiner des dirigeants iraniens en Juin 1981, les jeunes révolutionnaires ont mené une bataille sanglante contre eux, les tuant par milliers, et les ont contraint à s’exiler en Irak, où il ont collaboré avec Saddam Hussein. Les Moujahidines du Peuple sont maintenant catalogués par le Département d’Etat comme une organisation terroriste.

Utilisant la guerre avec l’Irak comme prétexte, les jeunes révolutionnaires islamiques ont également aidé leurs leaders – l’ayatollah Khomeini, Akbar Hashemi Rafsanjani (qui a été élu à la présidence de l’Iran pendant deux mandats en 1989-1997 et reste un homme politique puissant), l’ayatollah Khamenei ( qui a été président dans les années 1980), et d’autres – à imposer une répression politique sévère en Iran, avec pour résultat l’élimination de la scène politique iranienne de tous les groupes politiques laïques, portant un coup terrible au développement de la vie politique du pays.

La guerre avec l’Irak a pris fin en Juillet 1988. Beaucoup de jeunes révolutionnaires islamiques ont soutenu l’exécution de milliers de prisonniers politiques de juillet à septembre 1988 ou sont restés silencieux et n’ont pas protesté. L’ayatollah Khomeiny est ensuite décédé en Juin 1989. Les jeunes révolutionnaires se sont alors scindés en deux camps.

Dans le camp de la gauche islamique on estimait que l’Iran avait besoin d’une politique d’ouverture pour mettre fin à la répression féroce des années 1980. De nombreux membres de ce groupe étaient issus de l’appareil de renseignement et étaient par conséquent parfaitement au courant de ce qui se passait dans la société et sentaient le danger d’une explosion sociale et d’une contre-révolution. Ce sont eux qui sont désormais les leaders du mouvement de réforme.

Les jeunes révolutionnaires du camp opposés étaient les conservateurs. Certains, comme le général Javani et le Général Jafari sont restés dans les GRI après la guerre. D’autres, venant des GRI, comme le président Ahmadinejad, le ministre de l’Intérieur Sadegh Mahsouli, et son principal adjoint Kamran Daneshjou , qui supervisait les élections, ont rejoint l’administration.

La mort de l’ayatollah Khomeini a eu une autre conséquence à long terme dont les effets se font sentir aujourd’hui. Elle a permis à un groupe islamiste réactionnaire de réémerger. Ce groupe, appelé la société Hojjatiyeh, avait été fondée dans les années 1950 et était farouchement opposé à la foi Bahai et à l’islam sunnite. Il avait même travaillé avec les services secrets du Shah pour lutter contre la propagation du communisme en Iran. Il s’était également opposé à la Révolution de 1979 et au concept de « Valaayat-e-Faghih » (la gouvernance des juristes islamiques) développé par l’ayatollah Khomeini, qui est le fondement de la constitution de l’Iran et du système politique. L’ayatollah Khomeini a interdit l’Hojjatiyeh en 1983 et avait déclaré à leur sujet qu’ils « ne peuvent même pas diriger une boulangerie, et encore moins un pays. »

Après sa réapparition au début des années 1990, l’appellation Hojjatiyeh n’a jamais été utilisée. Ses membres ont commencé a préconiser un gouvernement islamique dirigé par chef suprême non élu, au lieu d’une République islamique. Leur chef actuel est l’ayatollah Mohammad Taghi Mesbah Yazdi, un religieux réactionnaire partisan de la ligne dure, qui s’est ouvertement opposé à toute élection et est le chef spirituel d’Ahmadinejad.

L’ayatollah Mesbah, ainsi qu’il est appelé en Iran, a déclaré : « Peu importe ce que les gens pensent. Ce sont des moutons ignorants ». Il estime que le chef suprême est choisi par Dieu, et que la tâche des ayatollahs qui sont membres de l’Assemblée des Experts (un organe constitutionnel qui choisit le chef suprême) consiste à le découvrir. L’ancien président réformateur Mohammad Khatami a fait référence aux disciples de l’ayatollah Mesbah comme étant des « traditionalistes à la pensée courte, restés à l’âge de pierre. »

Parmi les disciples de l’ayatollah Mesbah, on trouve le ministre du renseignement Gholamhossein Mohseni Ejehei, Mojtaba Hashemi Samareh (un adjoint d’Ahmadinejad), et Ahmadinejad lui-même. En fait, tous les ministres du renseignement iranien depuis la Révolution ont été des élèves de l’ayatollah Mesbah et ont suivi son séminaire à Qom. Bon nombre des hauts commandants des GRI sont ses disciples. La milice Basidj, un groupe paramilitaire, contrôlée par les GRI a également été profondément pénétrée par ses disciples, de même que le pouvoir judiciaire. Depuis qu’il a été élu président en 2005, Ahmadinejad a utilisé à maintes reprises les mots de l’ayatollah Mesbah parlant de « gouvernement islamique d’Iran » plutôt que « République islamique d’Iran. »

Les hommes qui sont derrière ce coup électoral sont donc la deuxième génération de révolutionnaires, dont le chef spirituel est l’ayatollah Mesbah. Deux semaines avant les élections Mesbah a publié une fatwa secrète – dont le contenu a été révélé par certains membres du ministère de l’Intérieur – autorisant l’utilisation de tous les moyens pour réélire Ahmadinejad, donnant ainsi le feu vert pour le trucage des élections.

Mais quels sont les objectifs du coup d’Etat ? Il semble y avoir trois.

L’un est de purger l’ancienne première génération de dirigeants révolutionnaires, y compris le plus important d’entre eux, l’ex président Rafsandjani. Depuis qu’Ahmadinejad l’a battu lors de l’élection présidentielle très disputée de 2005, lui et ses partisans sont d’âpres ennemis de Rafsandjani et de ses partisans. Rafsandjani a fait savoir qu’il pense qu’Ahmadinejad porte préjudice aux intérêts nationaux de l’Iran en raison de sa politique étrangère, de sa rhétorique contre Israël et des déclarations incendiaires sur l’Holocauste.

Mais l’antagonisme contre Rafsanjani a également une dimension économique. Lui et sa famille sont fabuleusement riches et sont favorables à une économie moderne. Et tout comme Ahmadinejad a consolidé la mainmise des GRI sur l’Iran par la nomination de membres du Conseil des ministres, de gouverneurs de province, de généraux et de maires en provenance des rangs des GRI, il veut aussi consolider l’emprise des GRI sur l’économie iranienne. Sous son mandat, les GRI ont remporté plus de 10 milliards de dollars de contrats au cours des quatre dernières années. Les GRI veulent éliminer la concurrence de Rafsandjani et de ses partisans.

Dans son discours de « victoire » du dimanche 14 Juin, Ahmadinejad n’a jamais mentionné une seule fois l’ayatollah Khomeini ou la République islamique. Ainsi, tout comme Deng Xiaoping et ses successeurs ont conservé les photos de Mao Zedong et que Joseph Staline conservait celles de Lénine, tout en agissant contre ce que Mao et Lénine, avaient préconisé, la seconde génération de révolutionnaires conservera les photos de l’ayatollah Khomeini (ainsi que celles de Khamenei) tout en agissant contre ses enseignements, y compris le plus célèbre, « La mesure [ de l’acceptation d’un homme politique] est le vote du peuple ».

Le deuxième objectif du coup d’Etat consiste à rapprocher le pays d’un gouvernement islamique où des élections sans signification pourront être facilement truquées ou manipulées, ce qui détruira l’aspect républicain du système politique iranien. Cela est compris par les réformistes ainsi que par la grande la majorité du peuple iranien, et c’est pourquoi ils résistent à ces élections truquées. Mais les dirigeants du coup d’Etat ne s’attendaient pas à cette résistance.

Le troisième objectif est de commencer les préparatifs pour le remplacement à venir de l’ayatollah Khamenei, que l’on sait malade, par un homme qui a leur confiance. Rafsandjani préside l’Assemblée des Experts qui choisit le chef suprême. Étant donné son rôle important dans la Révolution et son influence, Rafsandjani va jouer un rôle crucial dans ce processus de succession. Ainsi, s’il peut être éliminé, cela ouvrira la voie à l’ayatollah Mesbah Yazdi, ou à l’un de ses disciples, pour devenir le guide suprême.

Il s’agit d’un tournant dans l’histoire contemporaine de l’Iran, et même du Moyen-Orient. Si la seconde génération de révolutionnaires réussit, l’Iran va entrer dans une période de répression politique extrême, qui rendra plus aisé pour le parti de la guerre et le lobby pro-israélien de faire pression pour tenter de convaincre l’opinion que la question du programme nucléaire iranien doit être résolue par des frappes militaires.

Mais si les protestations parviennent à faire annuler les élections truquées, les réformistes et les groupes démocratiques auront une occasion en or de rapprocher beaucoup plus vite l’Iran d’un système politique démocratique, ce qui sera crucial pour la stabilité du Moyen-Orient.

Muhammad Sahimi est universitaire et enseigne à l’université de Californie. Il a publié de nombreux articles sur le programme nucléaire iranien.

Source : ContreInfo

Iran : mouvement populaire et lutte de pouvoirs

Dans Ali Khamenei, Ayatollahs, États-Unis, France, Insurrection, Iran, Islam, Mahmoud Ahmadinejad, Moyen-Orient, Russie le 23 juin 2009 à 16:43

Comment va évoluer la crise iranienne ? Le mouvement populaire qui s’est manifesté dans la rue au lendemain de l’élection paraît s’étioler sous les coups de la répression des miliciens, mais le Grand Ayatollah Montazeri, qui vient d’appeler à trois jours de deuil à partir de mercredi, pourrait lui indiquer une autre voie, celle de la grève et de la désobéissance civile, telles qu’elles avaient été pratiquées à l’époque du Shah. Dans le même temps, à Qom, Rafsandjani – l’homme clé de la situation – est à la manoeuvre en coulisses et tente de rassembler une opposition à la faction réunissant Khamenei, Ahmadinejad et les Gardiens de la Révolution. Si l’issue de ces luttes au sommet et dans la rue reste incertaine, l’embarras d’un pouvoir fragilisé est palpable. Rappelons que Ali Larijani, le président du parlement iranien, qui fait partie du camp conservateur, a lui même admis dimanche sur la chaîne de télévision d’Etat qu’ « une majorité de gens sont d’opinion que les résultats réels de l’élection sont différents de ce qui a été annoncé officiellement. » Pepe Escobar, grand reporter à Asia Times, propose ici sa lecture des derniers développements.

Par Pepe Escobar, Asia Times, 22 juin 2009

En cette période où le sang est répandu dans les rues, où les cris retentissent sur les toits et où les dagues sont dégainées dans les allées du pouvoir, la révolution islamique d’Iran a rendez-vous avec le destin : le défi qui lui est lancé est de célébrer finalement le mariage entre l’islam et la démocratie.

L’ancien président Mohammad Khatami, l’homme du dialogue des civilisations, a manifesté une fois de plus sa stature morale lorsqu’il a fait l’éloge des grandes manifestations silencieuses (qui ont eu lieu avant la répression sanglante), et souligné que les 40 millions d’électeurs iraniens, y compris ceux qui contestent le résultat « officiel », sont les « propriétaires » de la révolution.

Le leader suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, a quant-à lui préféré qualifier cette marée de manifestants de « terroristes ».

Khatami a également décrit Ahmad Jannati, le leader du Conseil des Gardiens qui est favorable au président Mahmoud Ahmadinejad, comme « un arbitre faisant l’objet de suspicion et de plaintes ». La « seule solution », a déclaré Khatami, pour « régler la crise au mieux des intérêts du peuple iranien et des principes de la révolution » serait la création d’une commission impartiale pour examiner les éléments constitutifs d’un truquage des élections. Mir Hossein Moussavi, le candidat malheureux à l’élection présidentielle, considère qu’une telle commission est « un droit », et permettrait de « parvenir à une nouvelle forme de la vie politique dans le pays ».

A l’heure actuelle il n’existe aucune indication que l’oligarchie politico-religieuse qui vient de renforcer son pouvoir en Iran envisage la possibilité de nommer une telle commission.

Montazeri à la rescousse

L’élément clé de la situation pour les prochains jours, est l’appel du Grand Ayatollah Montazeri Hussein à trois jours de deuil en mémoire des victimes, de mercredi a vendredi. L’interprétation qu’en font les progressiste de Téhéran – et parmi l’ intelligentsia des exilés iraniens – est qu’il s’agit d’une référence subtile au code de la désobéissance civile employé en 1979, suggérant aux habitants de se mettre en grève illimitée.

Faire grève est un moyen de protestation plus sûr, et beaucoup plus subversif que de descendre dans la rue et de s’exposer aux coups des miliciens Basiji. Il y a 30 ans, les grèves ont été un élément fondamental pour le succès de la révolution. Montazeri indique également de façon subtile la stratégie permettant de rallier la majorité silencieuse de l’Iran – qui pourrait représenter de 30% à 40% de la population totale. Cette stratégie, appliquée judicieusement au cours des jours et des semaines qui viennent, pourrait transformer le flot des manifestations populaires en un formidable océan.

Comme si une force irrésistible lui chuchotait à l’oreille « M. Montazeri, abattez ce mur [islamique] »

Dans le même temps, dans la rue, le mouvement populaire pleurera ses morts et combattra l’implacable contrôle de toute les technologies modernes en revenant au papier… Bienvenue au retour des Samizdats (publications clandestines à l’époque soviétique) du 21ème siècle.

En l’espace de seulement une semaine, la révolution verte populaire s’est transformée en un mouvement qui va bien au-delà de Moussavi. La colère, la rage, le sentiment d’avoir subi une injustice énorme (qu’il ne faut jamais sous-estimer dans une société chiite), le ressentiment, ont grandi à l’extrême. Le régime a perdu le contrôle de l’arène du débat politique, et la répression a été très brutale. Une idée très simple a finalement vu le jour : nous en avons assez. Vous êtes des menteurs. Mort au dictateur. Allah Akbar. Et nous allons pleurer toutes les nuits sur les toits et nous ne serons pas réduits au silence, jusqu’à ce que vous entendiez le message.

En blâmant les « terroristes », les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne – la réaction de panique de l’oligarchie politico-religieuse est totalement à côté de la plaque. Tout comme le sont de larges secteurs de la gauche occidentale – prisonnières de cette logique erronée du « quiconque lutte contre l’impérialisme américain est mon ami ». Ils ont été dupés – avalant sans discernement la propagande du régime, aveugles à la complexité de la société iranienne, et incapables d’identifier une nouvelle équation politique pour ce qu’elle est. Il est complètement absurde de croire que ce sont des « marionnettes manipulées par l’occident » qui crient Allah Akbar sur tous les toits de l’Iran, ou sont abattus par les miliciens Basiji dans les rues.

Moussavi, Khatami, Montazeri ne sont pas des néo-révolutionnaires (et encore moins des contre-révolutionnaires). Tous acceptent les principes et les institutions de la République Islamique d’Iran, y compris les Gardiens de la Révolution et les milices Basiji, mais ils critiquent « les déviations et les mensonges », selon les termes de Moussavi et Khatami. Ils ne veulent rien d’autre que le « retour de la pureté des principes de la Révolution islamique ». Et ils insistent sur le fait que cela implique toutes les formes de liberté d’expression.

Le peuple iranien rêve maintenant qu’un dialogue permanent et sans entrave s’installe au sein de la société civile. Et ce pas en avant n’est pas nécessairement associé avec l’adoption en Iran de la démocratie libérale occidentale. Les Perses sont suffisamment sophistiqués pour que la question aille bien au-delà. Comme si une feuille de route avait été établie non seulement pour une réédition iranienne post-moderne de la Révolution française, mais aussi pour une Réforme de l’Islam.

Rafsanjani à Qom

Pendant ce temps, les intrigues dans les couloirs de palais se poursuivent. Sans surprise, l’ancien président Hashemi Rafsandjani, déroule son jeu à Qom. Il pourrait ne pas parvenir à co-opter les Gardiens de la Révolution – qui le craignent et le détestent – mais il pourrait gagner à lui d’influents ayatollahs et entreprendre de délégitimer Khamenei. L’entourage du leader suprême a fait savoir sans ambages à Rafsandjani que s’il continuait ses intrigues, lui et toute sa famille seraient en grande difficulté. [2] lorsque qu’il a été choisi comme successeur l’ayatollah Khomeini à la faveur d’intrigues. Il n’a pas le rang de « Marja » ( chef spirituel), et n’est pas considéré comme une référence.

Le problème pour Rafsanjani est qu’il lutte contre un redoutable ennemi : l’ayatollah Mesbah Yazdi, mentor spirituel d’Ahmadinejad, qui a perdu son influence au bénéfice de Rafsanjani lors de la dernière élection pour le Conseil des Experts, à la fin 2006. On a donc à faire une fois encore à une bataille (invisible) entre le « requin » et le « crocodile », surnoms attribués en Iran à Rafsandjani et Yazdi. La chaîne Al-Arabiya, fait état de sources selon lesquelles Rafsandjani chercherait à installer une direction collégiale pour remplacer le chef suprême. Aucun blogueur iranien n’a confirmé l’émergence possible d’un politburo des ayatollahs.

Shah Ali Khamenei

Pour l’instant, l’oligarchie politico-religieuse (Khamenei / Ahmadinejad / Gardiens de la Révolution), qui a consolidé son pouvoir et ses privilèges, a fait très clairement savoir qu’elle souhaite un gouvernement islamique où la souveraineté populaire est réduite à rien. La légitimité tirée de la puissance divine se suffit à elle même. C’est le sens du discours de Khamenei vendredi dernier. Cette oligarchie ne se laissera pas priver de son pouvoir.

Mais au milieu de tous ces événement qui agitent Iran, une chose est certaine. Il est trop tard pour faire marche arrière désormais. Tous les éléments montrent que le mouvement populaire s’installe sur le long terme, quelle que soit la violence des miliciens Basiji, qui sont issus de la classe ouvrière et méprisés par les classes moyennes et supérieures instruites. Et des fissures vont émerger au sommet.

Une autre option serait celle d’une dictature militaire illégitime et brutale d’une mollarchie divisée, appuyé par des légions de miliciens Basiji. Cette solution ne pourrait pas durer.

A Téhéran, des rumeurs insistantes font état d’une aide que le pouvoir recevrait de la Russie et la Chine pour mener sa contre-insurrection. Khamenei, Ahmadinejad et les Gardiens de la Révolution peuvent toujours menacer de transformer Téhéran en Tiananmen et l’emporter – pour l’instant. Mais l’Iran de 2009 n’a rien à voir avec la Chine de 1989.

Moussavi se trouve placé sans qu’il l’ait voulu dans l’œil d’un cyclone de dimension historique. Il suit désormais cette marée humaine. Celle-ci indique que le chef suprême est illégitime. Sa crédibilité en tant qu’autorité religieuse a été et reste fragile. Désormais, sa crédibilité en tant que chef suprême est fragilisée elle aussi.

La thèse centrale défendue par Khamenei, le « velayat-e faqih » (la règle de la jurisprudence), n’a jamais été celle d’une révélation divine (Il a été influencé par la lecture que faisait Khomeini de Platon et d’Aristote). C’est seulement une interprétation chiite de l’islam politique, selon laquelle une jurisprudence islamique voit ses pouvoirs divins et ses règles entourées de gardiens.

Aujourd’hui, les gens disent, « nous en avons assez des gardiens ». Et ils disent aussi que la solution est criée sur les toits. Voilà ce que ce mouvement populaire pense : si Dieu est grand, il va nous permettre d’obtenir la démocratie au sein de l’islam. Quant au leader suprême, il est désormais nu. Moussavi pourrait n’être pas Khomeini. Mais Khamenei rapproche lui-même de façon croissante son image de celle du Shah.

 

Publication originale Asia Times, traduction Contre Info


[1] Cinq membres de la famille de Rafsandjani ont été arrêtés durant plusieurs heures dimanche (ndt)

[2] Docteur en théologie

Mauvais Orient, mauvais Occident

Dans Afghanistan, AfPak, Al Qaïda, Ali Khamenei, Analyse, États-Unis, Barack H. Obama, Benyamin Netanyahou, France, Gaza, Guerre contre le Terrorisme, Hamas, Irak, Iran, Islam, Islamophobie, Israël, Knesset, Mahmoud Ahmadinejad, Moyen-Orient, Nicolas Sarkozy, Sionisme, Tsahal, UE le 21 juin 2009 à 11:32

par Mustapha Cherif

Sur le plan international, les conséquences de cinq événements marquent l’actualité brulante : la guerre criminelle d’Israël contre Gaza, que les puissants de ce monde ont laissés faire, l’arrivée au pouvoir d’une droite voyou au gouvernement israélien, la reconduction contestée du président iranien, à la politique radicale et provocatrice et l’arrivée d’Obama avec son discours du Caire. Que peut-on dire pour l’avenir et déchiffrer ce nouveau visage des USA, qui se présente comme Janus, à double figure ? Il y a de quoi être inquiet, avec en plus un contexte de faillite des régimes arabes, de recul du droit et de convulsions du libéralisme sauvage. Le citoyen musulman, du monde entier, demande aux décideurs occidentaux d’être juste.

Pathétique diversion

Alors qu’il est question de justice, l’accent est aujourd’hui mis sur des questions vestimentaires, et des points culturels. Certes dénoncer l’islamophobie, d’une part, et l’intégrisme, d’autre part, ce n’est pas négligeable tant la méconnaissance, les amalgames et la stigmatisation ont fait des ravages comme diversion. Imaginer qu’actuellement des médias et des hommes politiques français au lieu de s’occuper des soucis de leurs concitoyens débattent, sans honte bue, de la tenue obscurantiste et rarissime en Europe et en Méditerranée, de la « burqua », et disent vouloir aider les musulmans à marcher vers la lumière, c’est ubuesque. La diversion cousue de fil blanc est pathétique, tragico-comique. Obama et l’Occident seront jugés sur la question politique du droit du peuple palestinien à vivre libre et indépendant. Les palestiniens, et derrière eux l’opinion publique internationale, refusent de rester colonisés, asservis, opprimés et promis à un bantoustan sans réelle souveraineté. Sans le règlement de cette question vitale la mondialisation de l’insécurité va s’aggraver et l’horizon restera fermé. Ce n’est pas les régimes arabes sans bases, et corrompus qui vont régler la question de la stabilité.

De la question palestinienne dépend l’avenir de la démocratie dans le monde, tous les peuples sont concernés. Comme hier durant la deuxième mondiale au sujet des juifs victimes de l’innommable, aujourd’hui Nous sommes tous palestiniens est le mot d’ordre secret ou déclaré de centaines de millions de citoyens à travers le monde, y compris des juifs et des israéliens. Cela inquiète nombres d’officines étrangères. Les peuples ne sont pas dupes, ils voient bien qui colonise, réprime, bafoue le droit, la liberté et la dignité des gens, même si en même temps ils condamnent aussi les réactions aveugles. Le discours du président américain, Barack Obama est paradoxal. Il redonne apparemment de l’espoir, mais ses limites, ses non –dits et ses contradictions sont hautement significatifs de la difficulté à changer la situation. Il suffit de voir comment le premier ministre israélien se moque du monde dans son dernier discours en posant cyniquement des conditions humiliantes et impossibles, comment le MAE israélien extrémiste est reçu à Washington et la manière dont la secrétaire d’Etat Clinton ménage « l’allié privilégié ». Le mutisme, encore une fois, et plus encore la complicité et la duplicité d’occidentaux face à l’arrogance des décideurs israéliens désespèrent les plus patients, qui savent qu’à terme tout le monde sera perdant. Qui en prendra conscience ?

La mondialisation de l’insécurité

Un début d’espérance, le discours du Caire, comme nous l’avons déjà souligné, montre que le président américain actuel et son équipe ont compris que l’islamophobie est contre productive et participe à la mondialisation de l’insécurité. Mais ils ne semblent pas avoir compris que ce qui est revendiqué est la justice. Ils ne tirent pas la conclusion que les causes de l’insécurité sont les injustices. La réaction aveugle est injustifiable, mais il faut en cerner les causes. La colonisation féroce en Palestine, on ne le répétera jamais assez, transforme le monde en poudrière. Même si tout est lié, Obama, dans une démarche qui apparaît de diversion, en insistant sur la religion dilue la question centrale, celle de l’occupation de la Palestine. Sur un discours de plusieurs milliers de mot deux phrases en 19 mots liquident la question de la guerre de Gaza, qui a fait 1300 morts dont la majorité des femmes et des enfants. L’impression première à la lecture du discours est celle de l’équilibre entre juifs et palestiniens, mais à bien lire on découvre une politique pernicieuse : Obama envoie un message pour rassurer les israéliens, il ne condamne jamais la colonisation exponentielle et les violences qu’ils commettent à ciel ouvert. A peine s’ils les regrettent, alors que le droit international est irréfragable.

Plus dure sera la chute

Il faut rester vigilants, plus que jamais, car sur le fond rien n’a encore changé. Certes, sur la forme, c’est une ouverture qu’il ne faut pas rater. D’autant que, si sur le fond c’est un mensonge grossier qui court, la vérité, à l’épreuve des faits, le rattrapera vite. On doit contribuer à favoriser le changement vers la démocratisation des  relations internationales et la logique du choc en celle de la symbiose, si on arrive à changer de l’intérieur. Apparemment, ce n’est pas le cas, d’autant que le régime voyou d’Israël et obscur d’Iran, qui s’alimentent, risquent de précipiter le monde vers l’irréparable. Le quotidien israélien Haaretz du 14 juin, explique que la victoire d’Ahmadinejad est ce qu’il y a de mieux pour Israël. Les mots aimables, les soporifiques, la désinformation, et les actions de publiques relations occidentales en direction du monde musulman, commencent à trouver leurs limites. Faute de règlement définitif et juste de la question palestinienne, et partant du rapport entre le Nord et le Sud, une guerre de mille ans, se profile entre un mauvais Orient et un mauvais Occident. Inutile de se voiler la face.

Depuis des décennies, les êtres de bonne volonté tentent de réfuter la propagande de la confrontation nuisible pour tous, de bâtir des ponts, de dialoguer, de retrouver l’amitié judéo-arabe et islamo-chrétienne et de rappeler qu’il n’ y a pas de paix sans justice, mais l’aveuglement des décideurs israéliens, des puissants de ce monde et des extrémistes de tous bords ruinent l’humanité actuelle. Il faut choisir : le droit à l’autodétermination des palestiniens ou le chaos. Les USA et l’Europe assument une lourde responsabilité. Si Barak Obama et les européens ne font que du « cinéma » pour tenter de calmer le monde musulman et asseoir l’hégémonie américano sioniste, l’avenir est sombre. Si par contre, dans l’intérêt général, comme il l’a souligné au Caire, ils font vraiment pression sur les israéliens pour stopper les colonies et démanteler celles qui gangrènent les territoires palestiniens, le monde pourra réinventer une nouvelle civilisation. A cette condition aussi, les extrémistes de tous bords verront leur fond de commerce se tarir, et le régime iranien se retrouvera sans prétexte.

Ce qui se passe en ce moment en Iran, peuple à la civilisation millénaire, avec cette protesta populaire déterminée, qui a obligé Khamenei le « guide de leur « révolution » ce vendredi à monter au créneau, montre que les fissures sont profondes et que tout n’est pas perdu dans le monde musulman qui n’a pas tiré la leçon de la fin tragique du régime irakien et de son chef. Les régimes arabo-musulmans sont coupés de leur peuple. Leurs relais sont artificiels, ou fondés sur la répression. Le moindre mal pour ces pays serait une sorte de despotisme éclairé, dans l’attente d’une culture de la démocratie. Mais même ce « despotisme éclairé » n’existe pas, car les potentats refusent tout changement, marginalisent les élites, ne dialoguent pas et règnent par la violence, en méprisant toutes les formes d’intelligence. Plus dure sera la chute.

MC est président du Forum des Intellectuels Algériens

source : www.mustapha-cherif.net

Dé-dollarisation : le démantèlement de l’empire militaire et financier américain

Dans Analyse, États-Unis, Barack H. Obama, Brésil, BRIC, Capitalisme, Chine, Dimitri Medvedev, FMI, G20, Inde, Iran, Mondialisation, Moyen-Orient, OCS, OTAN, Pentagone, Russie le 18 juin 2009 à 17:37

par Michael Hudson

Les membres de l’Organisation de Coopération de Shanghai, réunis à Iekaterinbourg avec l’Inde et le Brésil, n’ont guère d’autre choix que de rechercher une alternative au dollar, juge l’économiste Michael Hudson. Continuer à financer à crédit la consommation américaine, les dépenses du Pentagone et de ses 750 bases à l’étranger, en accumulant des dollars et des bons du Trésor équivaudrait pour eux à accumuler en parallèle les risques tant financiers que militaires. Ils sont désormais contraints, estime-t-il, d’inventer une voie de sortie du dollar. L’heure est venue pour un monde multipolaire a affirmé le Président russe Medvedev, et le président de la Banque centrale chinoise lui fait écho en déclarant que l’objectif est désormais de créer une une monnaie de réserve internationale qui ne serve pas les intérêts exclusifs des USA. Hudson indique que les autorités américaines se sont vues infliger une fin de non recevoir à leur demande d’assister au sommet de l’OCS. Ce non, dit-il, c’est un mot que les américains vont entendre beaucoup plus souvent à l’avenir.

La ville Russe de Iekaterinbourg, la plus importante à l’est de l’Oural, pourrait désormais être connue comme le lieu où sont morts non seulement les tsars mais aussi l’hégémonie américaine. Non pas uniquement l’endroit où le pilote américain Gary Powers a été abattu en 1960, mais aussi celui où l’ordre financier international dominé par les USA a été mis à bas.

La remise en cause de l’Amérique sera le thème principal des réunions élargies de Iekaterinbourg, en Russie (ex-Sverdlovsk) des 15 et 16 Juin rassemblant le président chinois Hu Jintao, le président russe Dmitri Medvedev et les représentant les six pays de l’ Organisation de Coopération de Shanghai (OCS). Cette alliance regroupe la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Tadjikistan, le Kirghizstan et l’Ouzbékistan. L’Iran, l’Inde, le Pakistan et la Mongolie y ont le statut d’observateurs. Mardi le Brésil s’y joindra pour les discussions commerciales entre les pays du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine). 

Les participants ont assuré à des diplomates américains que leur objectif n’était pas le démantèlement de l’ empire financier et militaire des États-Unis. Ils veulent simplement discuter de l’aide mutuelle, indépendamment du rôle des États-Unis, de l’OTAN ou du dollar américain en tant que support du commerce international. Les diplomates américains se demandent ce que cela signifie vraiment, si ce n’est une étape visant à rendre l’hégémonie américaine obsolète. C’est ce que signifie « monde multipolaire », après tout. Pour commencer, en 2005, l’OCS avait demandé à Washington d’établir un calendrier de retrait de ses bases militaires en Asie centrale. Deux ans plus tard, les pays de l’OCS se sont ralliés officiellement à la position des ex-républiques de la CEI appartenant à l’Organisation du Traité de Sécurité Collective (OTSC), qui avait été fondée en 2002 en tant que contrepoids à l’OTAN. 

Pourtant, la réunion n’a suscité que le désintérêt collectif de la presse aux États-Unis et même en Europe, bien que l’ ordre du jour y soit de remplacer le standard mondial du dollar par un nouveau système financier, ainsi qu’un nouveau système de coopération pour la défense. Un porte-parole du Conseil des Relations Extérieures (Un institut d’études géopolitiques américain, ndt) a déclaré qu’il pouvait difficilement imaginer que la Russie et la Chine puissent surmonter leurs rivalités géopolitiques [2], est fondé sur « un seul grand centre de consommation, financé par un déficit croissant, et donc de plus en plus de dettes, une monnaie de réserve jadis forte et une domination dans le système de l’évaluation des actifs et des risques. » A la racine de la crise financière mondiale, a t-il conclu, il y a le fait que les États-Unis produisent trop peu et dépensent trop. Leurs dépenses militaires sont particulièrement choquantes, comme par exemple le renforcement de l’aide militaire américaine à la Géorgie annoncé la semaine dernière, le bouclier de l’OTAN en Europe de l’Est, et la mainmise des États-Unis dans les régions riches en pétrole comme le Moyen-Orient et l’Asie centrale. 

Le point de friction avec tous ces pays est celui de la capacité qu’ont les États-Unis de faire fonctionner indéfiniment la planche à billets. Le surplus de dépenses d’importations des consommateurs américains par rapport aux exportations, les rachats par les USA de quantités de sociétés étrangères et de biens immobiliers, les dépenses que le Pentagone effectue à l’étranger : tous ces dollars aboutissent dans les banques centrales étrangères. Elles sont ensuite confrontées à un choix difficile : soit recycler ces dollars aux États-Unis en achetant des bons du trésor américains, soit laisser le « marché libre » déterminer le cours de leur monnaie par rapport au dollar – et par là même à déterminer le prix de leurs exportations sur les marchés mondiaux, créant ainsi du chômage et provoquant la faillite d’entreprises.

Lorsque la Chine et d’autres pays recyclent leurs flux de dollar US en achetant des bons du Trésor pour « investir » aux États-Unis, cette accumulation n’est pas vraiment volontaire. Cela ne reflète pas une foi en l’économie américaine qui rémunèrerait l’épargne des banques centrales, ni une quelconque préférence d’investissement, mais tout simplement un manque d’alternatives. Les « marchés libres » à la mode des USA piègent les pays dans un système qui les obligent à accepter indéfiniment des dollars. Mais désormais, ils veulent en sortir.

Cela implique la création d’une nouvelle alternative. Plutôt que de faire simplement « des changements cosmétiques comme certains pays et peut-être les organisations financières internationales pourraient le vouloir », comme l’a dit M. Medvedev à Saint-Pétersbourg : « ce dont nous avons besoin, ce sont des institutions financières d’un type tout à fait nouveau, où ne domineraient ni les problèmes politiques et les motivations [sous-jacentes], ni aucun pays en particulier. »

Lorsque les dépenses militaires à l’étranger ont provoqué le déficit la balance des paiements US et ont conduit les Etats-Unis à abandonner l’étalon or en 1971, les banques centrales se sont trouvées démunies de cet actif traditionnellement utilisé pour solder les déséquilibres des paiements. La solution par défaut a consisté à investir les flux issus des paiements ultérieurs en obligations du Trésor américain, comme si celles-ci étaient « aussi fiables que l’or ». Les banques centrales détiennent maintenant pour 4 000 milliards de dollars de ces obligations dans leurs réserves internationales. Ces prêts ont également financé la plupart des déficits budgétaires du gouvernement américain depuis maintenant plus de trois décennies ! Etant donné que la moitié environ des dépenses discrétionnaires du gouvernement américain est consacrée aux opérations militaires – dont plus de 750 bases militaires à l’étranger et dans des opérations de plus en plus coûteuses dans les pays producteurs de pétrole et ceux qui permettent son transit – le système financier international est organisé de manière à financer le Pentagone, ainsi que les rachats par les États-Unis d’actifs étrangers censés rapporter beaucoup plus que les bons du Trésor que les banques centrales étrangères détiennent.

La principale question à laquelle sont confrontées les banques centrales mondiales est donc de savoir comment éviter d’ajouter encore plus de dollars US à leurs réserves et, par conséquent, de financer encore plus les dépenses qui creusent le déficit des États-Unis – y compris les dépenses militaires à leurs propres frontières ? 

Pour commencer, les six pays de SCO et les pays du BRIC ont l’intention de commercer dans leurs propres monnaies afin de bénéficier mutuellement du crédit que les États-Unis avait monopolisé jusqu’à présent à son profit. À cette fin, la Chine a passé des accords bilatéraux avec l’Argentine et le Brésil pour effectuer leur échanges commerciaux en renminbi, la monnaie chinoise, plutôt qu’en dollar, en livre sterling ou en euros [4]. L’ancien Premier ministre, le Dr. Tun Mahathir Mohamad, m’a expliqué en janvier qu’en tant que pays musulman la Malaisie voulait éviter de faire tout ce qui pourrait faciliter l’action militaire américaine contre les pays islamiques, y compris la Palestine. La nation a trop d’actifs en dollars, ont expliqué ses collègues. Le gouverneur de la Banque centrale chinoise, Zhou Xiaochuan, a écrit officiellement sur son site Internet que l’objectif est maintenant de créer une monnaie de réserve « indépendante d’une nation particulière » [6

À l’heure actuelle, c’est l’épargne étrangère, et non pas celle des américains, qui finance le déficit budgétaire américain en achetant la plupart des bons du Trésor. Cela se traduit par un impôt levé sans la contrepartie d’une représentation des électeurs étrangers sur la manière dont le gouvernement des États-Unis utilise leur épargne forcée. Pour les « diplomates » du système financier , il est donc nécessaire d’élargir le champ d’application de leurs politiques, au-delà du seul marché de secteur privé. Les taux de change sont déterminés par de nombreux facteurs, en plus de celui des « consommateurs brandissant des cartes de crédit » , pour reprendre l’euphémisme habituel qu’utilisent les médias américains à propos du déficit de la balance des paiements. Depuis le 13ème siècle, la guerre a été un facteur dominant dans la balance des paiements des grandes nations – et de leurs dettes. Les obligations d’Etat financent essentiellement des dettes de guerre, dans la mesure ou en temps de paix les budgets ont tendance à être équilibrés. Ceci relie directement le budget de la guerre à la balance des paiements et aux taux de change. 

Les pays étrangers se voient encombrés de reconnaissances de dette qui ne seront pas honorées – dans des conditions telles que s’ils agissent afin de mettre fin au festin américain, le dollar va plonger et leurs avoirs en dollars vont chuter par rapport à leur monnaie nationale et aux autres devises. Si la monnaie chinoise s’apprécie de 10% par rapport au dollar, sa banque centrale enregistrera l’équivalent de 200 milliards de dollars de pertes sur ses 2 000 milliards de dollars.

Cela explique pourquoi, quand les agences de notation envisagent que les titres du Trésor des États-Unis puissent perdre leur notation AAA, elles ne veulent pas signifier que le gouvernement ne serait pas en mesure d’imprimer des dollars papier pour honorer ses dettes. Elles indiquent plutôt que la valeur du dollar va se déprécier internationalement. Et c’est exactement ce qui se passe en ce moment. Lorsque M. Geithner prit un visage grave pour déclarer devant un auditoire à l’Université de Pékin au début du mois de Juin qu’il croyait en un « dollar fort » et que les investissements de la Chine aux États-Unis étaient sûrs, il a été accueilli par des rires sarcastiques [8].

  Même sans contrôle des capitaux, les pays réunis à Iekaterinbourg prennent des mesures pour éviter de recevoir involontairement de plus en plus de dollars. Voyant que l’hégémonie globale des États-Unis ne peut pas se poursuivre en l’absence du pouvoir d’achat qu’ils leur procurent eux-mêmes, ces gouvernements cherchent à hâter ce que Chalmers Johnson a nommé dans son ouvrage « les douleurs de l’empire » : la faillite de l’ordre mondial financier et militaire américain. Si la Chine, la Russie et leurs alliés non-alignés suivent leur propre chemin, les États-Unis ne pourront plus vivre grâce à l’épargne des autres (sous la forme de leurs propres dollars recyclés), ni disposer de cet argent pour financer des dépenses militaires illimitées. 

Des responsables américains voulaient assister à la réunion de Iekaterinbourg en tant qu’observateurs. On leur a répondu : non. C’est un mot que les américains vont entendre beaucoup plus souvent à l’avenir. 

Michael Hudson est un économiste spécialisé dans le domaine de la balance des paiements. Il a été le conseiller économique en chef du candidat Démocrate à la présidentielle Dennis Kucinich. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, dont : « Super Imperialism : The Economic Strategy of American Empire »

source : ContreInfo

[1] Andrew Scheineson, “The Shanghai Cooperation Organization,” Council on Foreign Relations, Updated : March 24, 2009 : “While some experts say the organization has emerged as a powerful anti-U.S. bulwark in Central Asia, others believe frictions between its two largest members, Russia and China, effectively preclude a strong, unified SCO.”

[2] Kremlin.ru, June 5, 2009, in Johnson’s Russia List, June 8, 2009, #8.

[3] Jamil Anderlini and Javier Blas, “China reveals big rise in gold reserves,” Financial Times, April 24, 2009. See also “Chinese political advisors propose making yuan an int’l currency.” Beijing, March 7, 2009 (Xinhua). “The key to financial reform is to make the yuan an international currency, said [Peter Kwong Ching] Woo [chairman of the Hong Kong-based Wharf (Holdings) Limited] in a speech to the Second Session of the 11th National Committee of the Chinese People’s Political Consultative Conference (CPPCC), the country’s top political advisory body. That means using the Chinese currency to settle international trade payments …”

[4] Shai Oster, “Malaysia, China Consider Ending Trade in Dollars,” Wall Street Journal, June 4, 2009.

[5] Jonathan Wheatley, “Brazil and China in plan to axe dollar,” Financial Times, May 19, 2009.

[6] “Another Dollar Crisis inevitable unless U.S. starts Saving – China central bank adviser. Global Crisis ‘Inevitable’ Unless U.S. Starts Saving, Yu Says,” Bloomberg News, June 1, 2009.

[7] Kathrin Hille, “Lesson in friendship draws blushes,” Financial Times, June 2, 2009.

[8] Steven R. Weisman, “U.S. Tells China Subprime Woes Are No Reason to Keep Markets Closed,” The New York Times, June 18, 2008.

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