Archive | mai, 2009

La confrontation USA-Israël : jusqu’au nucléaire (israélien) ?

30 mai

Obama US Mideast

Source : ReOpen911

Les indications concernant une perspective d’affrontement très sérieux entre les USA et Israël continuent à apparaître dans divers commentaires. On a déjà vu l’un des commentaires de Wayne Madsen (1) concernant Dennis Ross (2). L’information de Madsen semble clairement se confirmer, non par d’autres appréciations, mais par des faits sur le fonctionnement du département d’Etat (absence de Ross à la dernière réunion “5+1” sur le nucléaire iranien). Cela donne du crédit aux informations de Madsen dans ce domaine.

Le même Madsen, sur OnLine Journal le 13 avril 2009, donne des précisions beaucoup plus générales, qui fixent la potentialité fondamentale de cet affrontement. Le crédit de Madsen semble concerner des sources extrêmement précises au département d’Etat, lequel s’avère très actif dans cette nouvelle orientation. Pour autant, et c’est un signe particulièrement significatif, les autres centres de pouvoir de l’administration Obama, le NSC (National  Sécurity  Counsil), le vice-président Biden, voire le Pentagone et même la CIA, semblent suivre cette même ligne. Ce qui se dessine est une sorte de “révolte silencieuse” générale de la bureaucratie de sécurité nationale contre l’omniprésence et l’omnipotence de l’influence d’Israël dans la politique US durant les années GW Bush.

Plusieurs éléments ponctuels, outre l’arrivée de l’administration Obama bien sûr, expliquent cette évolution éventuelle.

  • La transformation du Lobby (le lobby pro-israélien) (3) en une machinerie d’extrême-droite directement sous l’influence du ministre des Affaires étrangères Lieberman (4). Cela rejoint l’appréciation de l’ambassadeur Freeman, dont le départ a mis au jour d’une façon quasiment officielle l’influence du Lobby. Commentant sa déclaration de renonciation à son poste de président du National Intelligence Council, Freeman avait déclaré que sa seule faute dans cette déclaration avait été de parler de Lobby pro-Israël, et non de ce qu’il est, le Lobby pro-Lieberman.

«State Department sources are now convinced that what has been called the “Israel Lobby” in Washington will soon morph into an even more problematic “Likud/Lieberman Lobby” that will push a pro-war and pro-settler policy within the Congress and the Barack Obama administration. This new and more aggressive lobby will particularly use its control over Representatives Steve Israel (D-NY) and Mark Kirk (R-IL), as well as Senator Charles Schumer (D-NY), to ensure that Israel’s new policies are conveyed to and acted upon by White House Chief of Staff Rahm Emanuel and Obama senior policy adviser David Axelrod.»

(NDT – Les sources au Département d’Etat sont désormais convaincues que ce qu’on appelait à Washington le “Lobby israélien” se transformera sous peu en un “Lobby Likoud/Lieberman” bien plus problématique, ce qui provoquera une politique de pro-guerre et de pro-colon au sein du Congrès et de l’administration Obama. Ce nouveau lobby, plus agressif, exercera plus particulièrement son contrôle sur les députés Steve Israel (D-NY) et Mark Kirk (R-IL) tout comme sur le sénateur Charles Schumer (D-NY) afin de s’assurer que la nouvelle politique d’Israël soit transmise et appliquée à la Maison-Blanche par le Secrétaire général Rahm Emanuel et le Conseiller en chef David Axelrod. – Traduction : apetimedia)

  • Ce même Lieberman est vu par les sources de Wadsen au département d’Etat comme un homme extrêmement dangereux qui représente un potentiel de très grave danger pour la politique US : «The new Likud/Yisrael Beiteinu government of Israel is pushing an agenda that runs counter to longstanding U.S. policies in the Middle East. Yisrael Beiteinu party Chairman Avigdor Lieberman, the new Israeli foreign minister, is seen by one State Department source as an “Eastern European fascist who practices racism.”»

(NDT – ” Le nouveau gouvernement israelien de Beiteinu Likoud/Israël incite à mettre les compteurs en marche pour une politique durable au Moyen-Orient.  Une source au Département d’Etat considère Avigdor Lieberman, président du parti Yisrael Beiteinu, nouveau ministre israélien des Affaires étrangères, comme un fasciste de l’Europe de l’Est raciste.” – Traduction : apetimedia)

Les deux points que Madsen considère comme des points d’affrontements extrêmement explosifs sont la question du Hamas et la question nucléaire, – mais, surtout, la question du nucléaire israélien…

• Sur la question du Hamas, les sources de Madsen jugent que les USA vont être nécessairement conduits à établir un dialogue avec le Hamas comme seule force représentative sérieuse des Palestiniens. La politique d’Obama des deux Etats conduit à cette évolution. Cette même évolution conduirait même à modifier complètement l’appréciation US du Hezbollah :

«…The term of Palestinian President Mahmoud Abbas has elapsed and actual legitimate power in Palestine belongs to Hamas. This political fact means that the United States has no choice but to talk directly to Hamas.

»There is also the issue of Hamas being a party that favors the ballot box over traditional Middle East power grabs, whether they are by princes, generals, religious figures, or plain thugs. According to State Department sources, Hamas has even lectured Lebanon’s Hezbollah, which they claim in the past was generally opposed to achieving power through elections in Lebanon, to become more democratic. That change has occurred, according to the sources, with Hezbollah now fully engaged in the democratic process.»

 (NDT – “Le temps accordé au Président palestinien Mahmoud Abbas est écoulé; en Palestine, le pouvoir légitime  appartient désormais au Hamas. Ce fait politique signifie que les Etats-Unis n’ont d’autre choix que de traiter directement avec le Hamas. Le fait que les urnes favorisent le parti Hamas au-delà des traditionnelles luttes de pouvoir au Moyen-Orient, que ce soit par des princes, des généraux, des personnalités religieuses ou de simples brutes est problématique. Selon des sources au Département d’Etat, le Hamas a même sermonné Le Hezbollah libanais, dont on affirmait par le passé qu’il était opposé à la prise du pouvoir par (le biais) des élections au Liban, pour devenir plus démocratique. Selon les sources, ce changement s’est produit : le Hezbollah est totalement engagé dans le processus démocratique.” – Traduction : apetimedia)

  • Le deuxième point d’affrontement est absolument explosif. Il concerne les questions, liées entre elles, du nucléaire iranien, de la solution recherchée pour résoudre ce problème, avec l’hypothèse que cette solution serait d’une façon ultime l’établissement d’une zone dénucléarisée au Moyen-Orient. Cela signifie une attaque directe contre l’arsenal nucléaire de 200 têtes d’Israël. Nous mettons en exergue une phrase d’une source de Madsen, qui met en évidence la simplicité explosive du problème telle que certains la voient au département d’Etat.

«Another confrontation that looms between the United States and Israel concerns Israel’s 200 nuclear weapons. With the United States engaged in direct nuclear talks with Iran and Saudi Arabia calling for an international regime to supply nuclear fuel for power plants along with safeguards that such technology cannot be converted to weapons development, there is also the likelihood that there will be a major push to create in the Middle East a nuclear-free zone. If the United States buys into such a plan, it will mean Israel will have to dismantle its nuclear arsenal. Given what State Department officials describe as Israel’s suicidal “Masada complex,” such a plan will be next to impossible to enact given the current drift of Israel to more theocratic and right-wing rule. As one State Department source put it, “We cannot address the Iranian nuclear program without addressing the Israeli nuclear weapons program.”»

(NDT – “Une autre confrontation imminente entre les Etats-Unis et Israël concerne les 200 armes nucléaires israeliennes. Les Etats-Unis négociant  à propos du nucléaire avec l’Iran et l’Arabie saoudite appellent à un régime international  qui fournirait du combustible nucléaire aux centrales avec des garanties qu’une telle technologie ne pourrait être convertie pour développer des armes; il est aussi fort probable que l’on veuille créer une zone dénucléarisée au Moyen-Orient. Si les Etats-Unis s’investissent dans un tel programme, cela signifie qu’Israël devra démanteler son arsenal nucléaire. Selon ce que décrit une source au Département d’Etat comme étant ” le complexe Masada” suicidaire israélien, un tel programme sera presque impossible à mettre en place à cause du courant général en Israël qui appelle à plus de règlements théocratiques et de l’aile droite. Comme l’a avancé une source du Département d’Etat, “On ne peut parler du programme nucléaire iranien sans parler du programme d’armes nucléaires israélien.”)

  • Enfin, un autre aspect des tensions américano-israéliennes en train de se développer concerne les rapports entre les services de renseignement. Jusqu’ici, l’aspect déséquilibré et polémique de ces relations, avec le comportement souvent manœuvrier et trompeur du Mossad vis-à-vis de la CIA, a toujours été occulté (bien qu’un certain nombre d’agents du Mossad, ou sympathisants, aient été poursuivis pour espionnage des matières de sécurité nationale US). Madsen semble avancer que cette situation pourrait bien ne plus durer.

«U.S. intelligence officials are also prepared to stop considering intelligence that comes to the CIA and other agencies from Mossad and other Israeli intelligence elements. The new team taking over at the Directorate of National Intelligence and the CIA are acutely aware that the Israelis have, as one insider put it, ”a long history of deceptive dissemination of disinformation” to U.S. intelligence officials, adding that while some foreign sources have “inadvertently provided bad intelligence, Israel has been deliberately dishonest.”»

(NDT – “Les officiels du Renseignement sont également préparés à interrompre (leurs services) en considération des renseignements qui parviennent du Mossad et d’autres éléments du renseignement israéliens, à la CIA et à d’autres agences. La nouvelle équipe qui prend place au sein du Directorat du Renseignement National et à la CIA est consciente que les Israéliens ont une longue histoire de diffusion d’infos mensongères aux officiels du Renseignement américain; tandis que des sources étrangères ont donné de mauvais renseignements par inadvertance, Israël a été délibérément malhonnête.”)

Source : dedefensa.org Traduction : apetimedia pour ReOpenNews (1) Wayne Madsen : écrivain, chroniqueur et  journaliste d’investigation basé à Washington. (2) Dennis Ross : auteur américain, homme politique démocrate, ce qui ne l’a pas empêché de travailler avec George Herbert Walker Bush;  a participé à l’acccord intermédiaire sur la Cisjordanie et la Bande de Gaza en 1995 ainsi qu’ au Protocole d’Hebron  en 1997. A favorisé le Traité de paix israéélo-jordanien tout comme le dialogue entre Israël et la Syrie (3) Voir à ce propos l’article de ReopenNews (4) Joseph I. Lieberman : sénateur démocrate, un faucon, partisan de la guerre en Afghanistan et en Irak, refuse le retrait des troupes en Irak. Surnommé le “chien-chien du Présdent G. W. Bush. En 2006, crée son propre parti, siège au Congrès en tant qu’indépendant. Fervant soutien du Républicain J. McCain, critique ouvertement Obama.

La dystopie Obama, le cauchemar étasunien.

25 mai

obama

La dystopie Obama, le cauchemar étasunien.

Manipulation, propagande, magie des images et de la communication
par Andrew Hughes

Après les huit années du cauchemar Bush-Cheney, durant lequel nous avons vu la destruction arbitraire de l’Afghanistan et de l’Iraq, la négation cynique des principes séculaires visant à protéger les plus élémentaires droits de l’homme, et une politique étrangère digne de Genghis Khan, est arrivé le « Grand Espoir Noir, » en la personne de Barack Obama. La conscience collective mondiale s’est tournée naïvement vers ce qui était présenté comme une nouvelle ère de paix, de changement et de confiance envers le gouvernement.

Jamais avant nous n’avions vu un recours aussi accompli envers la manipulation, la propagande, la magie de l’image et de la communication, pour vendre au public un homme qui allait prendre le relais de Bush, et participer avec lui à la course à la destruction de l’économie, des droits du peuple, et aider à la naissance d’une nation entièrement contrôlée par ceux qui ont toujours été en embuscade dans l’ombre du pouvoir. Le « changement » a été promis et a été accordé sous la forme de l’aggravation d’une anomalie de développement cauchemardesque.

Sans justification, les promesses ont été rompues. Le même jargon juridique astucieux, qui infestait l’administration Bush, en la personne de John Yoo et d’Alberto Gonzalez, sert de nouveau à refuser la justice aux détenus de Guantanamo. Il a été utilisé pour justifier la torture, détruire davantage la Constitution et surveiller encore illégalement le citoyen étasunien.

 Le président, qui a tendu une main pacifique au monde musulman, a massacré des centaines de Pakistanais, hommes, femmes et enfants. Le président, qui a promis le devoir de rendre compte du gouvernement pour ses actions, a pourvu son personnel de lobbyistes, banksters et bellicistes. Son ministre de la Justice refuse d’engager des poursuites judiciaires contre ceux qui ont commis les pires crimes de guerre de l’histoire moderne, et couvre toujours juridiquement les criminels qui ont torturé en toute impunité.

 Le pays a été en outre ruiné par le détournement continu de l’argent du contribuable, tandis que, à Wall Street, les donateurs de la campagne présidentielle d’Obama reçoivent leur compensation. Obama reste là à ne rien faire pendant que Bernancke déclare que la Réserve fédérale privée n’a aucun compte à rendre au Congrès ou au public étasunien. Le contribuable étasunien en est désormais pour 14,3 billions de dollars de sa poche, et ça monte. Les saisies et le chômage augmentent sans qu’aucune mesure significative de l’administration ne soulage les symptômes, peu importe les conséquences. La nouvelle image des États-Unis montre des villes de tentes, de longues files devant la soupe populaire, des shérifs expulsant des milliers de jeunes et de moins jeunes de leur maison, des villes autrefois prospères tombant dans un silence étrange, et une population de plus en plus désabusée.

 La « guerre contre le terrorisme » s’est transformée en quadrillage de contrôle d’une population de plus en plus lucide. Le germe de ceci avait déjà été mis en place par Bush, avec le Patriot Act, le Patriot Act 2, la loi sur les commissions militaires et les nombreux décrets qui étranglent ce qui reste du Posse Comitatus et de la Constitution.

 Le ministère de la Sécurité intérieure définit désormais comme « terroristes » ceux qui croient en la Constitution, au premier, deuxième et quatrième amendements. Les anciens combattants de retour font la cible d’un déni des droits que leur accorde le deuxième amendement. Une Terrorist Watchlist (liste des terroristes sous surveillance) de plus de un million de noms, et en croissance rapide, sert de base pour refuser aux citoyens le droit de voyager et travailler.

 Obama est aujourd’hui en train de songer à l’idée d’une détention indéfinie, sans jugement, pour le citoyen étasunien. Et cela de la part d’un professeur en Constitution ! Il y a au Congrès des projets de loi pour criminaliser la liberté d’expression sur Internet grâce au Cyberbullying Act, qui pénalisera la pensée criminelle humaine. Exactement comme le Patriot Act, ça se transformera en criminalisation de la liberté d’expression politique et de toute critique contre le gouvernement.

 Le « cyberterrorisme » sert de prétexte pour mettre la réglementation gouvernementale dans le dernier bastion de l’information impartiale. Washington, réalisant qu’il est de plus en plus difficile de s’en tirer avec ses ordres fascistes, s’active vers le contrôle de terrain. La population devient de plus en plus consciente du genre de « changement » qu’Obama avait l’intention d’apporter.

Il y a une résistance croissante au niveau national, avec plusieurs invoquant les droits que leur accorde le 9ème et 10ème amendements, dans une démarche courageuse pour que le Vampire fédéral cesse le drainage des dernières gouttes de sang, des derniers vestiges de Liberté et d’Espoir.

C’est dans cette anomalie de développement cauchemardesque que se trouvent les États-Unis aujourd’hui, et chaque jour amène de nouvelles atteintes contre la liberté et la raison. La structure du contrôle total de la population, de l’économie et des médias, est en cours de développement dans le cadre de l’inflation incessante du pouvoir gouvernemental. Obama est assis au sommet de son nouvel Empire, toujours souriant de manière peu sincère à en être écœurant, entouré de ses courtisans aguerris, qui travaillent depuis des décennies à faire entrer les États-Unis dans cette nouvelle ère du nouvel ordre mondial.

Article original : America’s Nightmare: The Obama Dystopia, Manipulation, propaganda, imagery & PR wizardry, publié le 24 mai 2009.

Traduction : Pétrus Lombard.

Articles de Andrew Hughes publiés par Mondialisation.ca

la Prise du Pouvoir

23 mai

Devenez le changement que vous voulez voir dans le monde... Gandhi

Chapitre 2 : « la Prise du Pouvoir »

« En vertu de leurs pleins pouvoirs, les représentants prétendaient diriger la Terreur à leur gré : tantôt, ils collaborèrent avec les terroristes du cru; tantôt, ils les contrecarrèrent. » Lefebvre, Révolution française, 1963. Si ce ne sont les idéaux d’égalité car sous l’épiderme le même sang coule dans les veines de tous les êtres humains, d’éducation étant donné que la connaissance appartenant à tous les individus profite à son avancement et d’écologie parce que la race humaine n’a qu’une seule terre qui lui fournit ses ressources pour vivre, quel autre plus grand combat vaut-il la peine de se battre si ce n’est rendre à la liberté toutes ses lettres de noblesse ? Une valeur aussi fondamentale de l’humanité en quête d’épanouissement que le respect des principes d’une société éduquée tout comme un travail de tolérance envers les traditions religieuses. Voici un exemple concret d’intolérance. Une personne censée ne dessine pas d’odieuses caricatures d’un prophète quand premièrement, au même moment dans le monde le dogme de cet homme saint, interdisant toute illustration du prophète, est bien plus que dévalorisé, profané et instrumentalisé pour autoriser des exactions barbares au-delà de l’inqualifiable lorsque l’histoire humaine est amplement saturée de ces mêmes actes de violences impérialistes. Et deuxièmement, l’assimilation totale des croyants de ce dogme à une caste active estimée extrêmiste par des politiques les combattant qui a été décrite ou volontairement exprimée dans ces dessins avilissants. C’est l’assurance de tirer profit de l’opinion publique au devant d’un clash des civilisations voulu par des puissances conspiratrices dans l’ombre de ces gouvernements belliqueux et le

membres du lobby AIPAC

membres du lobby AIPAC

désir pour l’auteur d’en retirer une certaine réputation ainsi que le profit d’un outrage condamnable ou non mais qui fera couler beaucoup d’encre. Ce n’est pas de la liberté d’expression et d’opinion dont il est question mais une incitation irrespectueuse voire haineuse au constat des différences éthniques jugées d’avance primitives par l’inculte qui réfléchit surtout avec ses yeux et ses oreilles plutôt que son cerveau et qui va bâtir sa position sans en faire tout le tour du problème. L’expression jeter de l’huile sur le feu signifie exciter des passions déjà très vives et résume clairement cette situation. Ailleurs dans un pays laïc anciènement colonisateur et qui aujourd’hui crache littéralement sur l’immigration des fils colonisés parqués en grand nombre dans des classeurs, des caricaturistes satiriques n’enveniment pas cette situation explosive en utilisant cette expression au nom d’un prétendu combat, et/ou soutien, sous le couvert d’une impartialité séculière et sous l’égide des droits protégés par des lois faussées. « La justice des sociétés humaines n’est que le reflet des vices qui accablent l’ensemble des membres qui composent ces sociétés, c’est pour cette raison que le vocable de «justice» ne désigne qu’une administration et jamais la Vertu Cardinale connue sous le même nom de Justice. » Claude le Moal. Civilisé, le vrai débat en pleine connaissance de cause permet d’offrir de réelles considérations des deux camps réunis autour d’une table. L’abus du libre-arbitre est de part son côté inhumain l’écho d’une société mal éduquée sur laquelle, d’un calcul machiavélique, le malin saura tira son épingle du jeu. Personne en ce bas monde chaotique n’a le droit de se prétendre au service du public pour régresser le mental des citoyens au-lieu d’interagir pour l’évolution des pensées et le progrés de nature humaine sauf si cette régression intellectuelle est au centre d’une manipulation mentale. Pareillement au merchandising, les chaînes télévisées et canaux de radio en guerre d’audimat sont si riches d’exemples.

Conclusion : politique mensongère, ingérence gouvernementale, scandale chronique, sélection sectaire, information subliminale, justice fallacieuse, péché nominal, commerce capitaliste, en marge de la civilisation terrienne en quête d’un nouvel humanisme salvateur par excellence, la profusion des défaillances perpétuelles prouvent que le système a atteint ses limites et entraînent inlassablement la société contemporaine dans un maëlstrom.

6_20

Préambules

Depuis le début de l’humanité et ses premières cités jusqu’à l’époque post-industrielle aux grandes métropoles, guerre, paix et révolution formaient la spirale de la violence des empires historiques avant de connaître leur funeste déclin et à laquelle il faut y mettre fin définitivement grâce à l’idéologie des démocraties fortes comportant obligatoirement leur peuple pour soutenir les efforts et participer aux oeuvres des chefs de la nation. Une révolution complète du système ne nécessite pas forcément une guerre mondiale pour l’instauration d’une paix sur Terre. Ville après ville, pays après pays, continent après continent, le changement profond est réalisable en suivant le principe des vases communicants et en ayant recours à l’entraide internationale comme lors des catastrophes naturelles. La nationalisation de type intérêt national ou la naturalisation idéologique de certaines richesses stratégiques ont déjà commencé dans certains pays longtemps pillés comme la Bolivie et le Venezuela. Malgré toutes ces années d’acharnement des humanistes, pacifistes, socialistes et utopistes, la prise de pouvoir aux mains des impérialistes entraînera irréfutablement son triste lot de batailles cruciales à tous les échelons fondateurs de la nouvelle société future. Dans le contexte de guerres économique et psychologique, les révolutionnaires ne s’en prennent pas directement à un gouvernement mais aux fondations qui permettent à la nation de vivre. « L’art de la guerre, c’est de soumettre l’ennemi sans combat. Lorsque l’ennemi est uni, divisez-le; et attaquez là où il n’est point préparé, en surgissant lorsqu’il ne vous attend point. Telles sont les clefs stratégiques de la victoire, mais prenez garde de ne point les engager par avance. » Sun Zi, l’Art de la Guerre. Il faut amener l’adversaire à penser qu’il est

OGM, une guerre économique

OGM, une guerre économique

en position de faiblesse. La guerre psychologique est caractérisée, dans sa pratique, par l’effet de surprise psychique et l’effet de choc physique, effets répercutés et amplifiés par la propagande. « Contrairement à la “guerre économique”, qui est menée par des États contre d’autres États, le “terrorisme économique” serait mené par des entités transnationales ou non-gouvernementales. Elle supposerait des actions variées, coordonnées et sophistiquées, ou des actes massifs de déstabilisation pour désorganiser la stabilité économique et financière d’un État, d’un groupe d’États ou d’une société (telle une société occidentale à l’économie de marché) pour des motifs idéologiques ou religieux. Ces actions, si menées, pourraient être violentes ou non. Elles pourraient avoir des effets immédiats ou infliger des effets psychologiques qui à leur tour peuvent avoir des conséquences économiques. » Centre de Politique de Sécurité, Genève. 2005.

6_20
les Communications

La quasi globalité des réseaux de télécommunications utilisent des bandes Hz, MHz ou GHz. Elles sont invisibles à l’oeil nu mais pas les antennes, les paraboles, etc, et peuvent être captées pour certaines en disposant de l’équipement adéquat, détruites pour mettre fin au lavage de cerveau

antenne-relais BTS maquillée en arbre

antenne-relais BTS maquillée en arbre

 orchestré par les médias. A l’heure du digital et de l’Internet sans fil dans une société placée constamment sous des systèmes de surveillance de plus en plus sophistiqués, pour réduire l’échange d’informations entre les villes et au sein même d’une métropole, il faut bloquer, brouiller dans le jargon, les innombrables réseaux de télécommunications qui sont en grande majorité transmises aujourd’hui au moyen de satellites tel que le GPS, le câble, et les coordinateurs MSC (Mobile Switching Center) prennant en charge plusieurs contrôleurs de station de base BSC (Base Station Controller) qui commandent les névralgiques stations de gestion des antennes-relais BTS (Base Transceiver Station) detéléphonie mobile GSM, GPRS, UMTS visibles un peu partout, sur des toits et des pylônes. Les forces de l’ordre et de sécurité civile exploitent des réseaux spéciaux et utilisent des antennes particulières identifiables avec une bonne paire de jumelles. En France, le réseau ACROPOL (Automatisation des Communications Radiotéléphoniques Opérationnelles de POLice) est le système de communications radio dela Police nationale française. ANTARES (Adaptation Nationale des Transmissions Aux Risques Et aux Secours) représente le réseau numérique des services publics qui participent aux missions de sécurité civile, et est destiné à l’interopérabilité des sapeurs-pompiers, des unités de la sécurité civile, du déminage, des moyens aériens (hélicoptères, avions, Canadair, …), des unités militaires, le SAMU, dela police (ACROPOL) et de la gendarmerie (RUBIS et CORAIL NG).

antenne ACROPOL

antenne ACROPOL

SYRACUSE (SYstème de RAdioCommunication Utilisant un SatellitE) est le nom du programme français de satellites de télécommunication militaires. Onyx pour la Suisse, Echelon pour les Etats-Unis, Frenchelon est un système d’espionnage des télécommunications opéré par la France qui est géré par la DRM et la DGSE. La plus importante des stations d’écoute est à Domme, près de Sarlat, dans le Périgord, les autres étant réparties entre la métropole (Les Alluets-le-Roi-Feucherolles, Mutzig, fort du Mont-Valérien, plateau d’Albion, Saint-Laurent-de-la-Salanque, Cap d’Agde, presqu’île de Giens, Solenzara, Filley et Dieuze) et l’outre-mer. Ces informations découvertes facilement sur Internet nous amènent à poser cette citation de l’éminent scientifique Jean-Pierre Petit : « S’ils veulent bien nous montrer ça, imaginez alors ce qu’ils cachent. »

  • Dans le doute d’une triangulation, éteignez le téléphone mobile ou mieux, enlevez la batterie.
  • Si vous approchez votredestination sensible, n’utilisez pas votre téléphone à moins de dix kilomètres dans les espaces urbains et à moins de vingt à trente kilomètres dans les espaces ruraux. Ceci permet d’éviter qu’unepiste téléphonique soit associée à tel endroit et tel jour.
  • Pour l’anonymat absolu, ne prenez pas de téléphone ou prêtez-le et qu’il soit utilisé avant, pendant et après l’action pour créer l’illusion d’un alibi.
  • Si vous devez faire un appel sensible, utilisez un téléphone public. Si vous êtes associé à la personne qui est à l’autre bout du fil et que le contenu (pas seulement les données) de ses appels est sur écoute, votre emplacement tel jour à tel heure sera découvert.
  • En cas de communication inévitable, essayer de contacter le personne a l’aide d’intermédiaires pour rendre le pistage plus difficile.
  • Utiliser des expressions codées pour éviter le filtrage par la liste des mots spécifiques.
  • Favoriser le talkie-walkie sur de courtes distances ou la CB malgré le risque d’interception.
  • Utiliser le morse avec des lampes de poche ou autres moyens de communication telle que la sirène d’ambiance.

6_20

les Energies

Dans les pays industrialisés à l’époque nucléaire, l’électricité, le gaz et le pétrole forment l’ensemble des énergies stratégiques directement

Câbles électriques à haute tension à proximité d'un transformateur électrique de distribution.

Câbles électriques à haute tension à proximité d'un transformateur électrique de distribution.

 exploitées aussi bien dans le civil qu’au sein des forces de l’ordre et chez les militaires. L’électricité et le gaz pour des infrastructures fixes comme les bâtiments et les variantes du pétrole pour lesstations mobiles tels que les véhicules ayant parfois recours au carburant GPL, LPG en Belgique.

 Consommant d’énormes quantités en milieu urbain, les infrastructures fixes nécessitent des approvisionnements constants par le biais d’un réseau électrique. Aériennes, souterraines ou sous-marines, les lignes à haute tension sont les lignes principales des réseaux de transport d’électricité reliées par des postes électriques et des transformateurs, toutes deux équipées d’alarme, à une centrale électrique, hydroélectrique, nucléaire et thermique, pour ne citer que les types conventionnels, et présente en grand nombre autour d’une ville selon

un petit transformateur électrique

un petit transformateur électrique

différents facteurs, densité de population, éclairage, taille, zoning industriel, etc. La coupure, la panne ou la surcharge électrique constituent d’énormes problèmes pour toute infrastructure possédant, et dépendant, une grande quantité d’appareils électroniques, pour ainsi dire la globalité des équipements, et étant dépourvue de générateur de secours et/ou d’un réseau alternatif. Combien de réveils ne sonneraient pas au matin si la panne électrique d’un bloc survenait durant la nuit ? Sans électricité, aucun train, tram et métro ne pourraient se déplacer comme les avions de décoller et atterrir.

Dans un schéma presque similaire quand à l’installation et la distribution par le support de stations de compression, les importantes stations d’interconnexion et en bout de ligne les postes de livraison, les gazoducs enfouis sous-terre soit à environ un mètre de profondeur dans les zones habitées, soit posés à même le sol en zone désertique et isolée, réflètent une grande vulnérabilité de part le réseau de canalisations immensément long, peu sécurisé et balisé par des bornes. Ce n’est pas le cas des pipelines de pétrole brut en direction des raffineries avec l’aide des stations de pompage. D’une

oléoduc de surface

oléoduc de surface

 importance géopolitique majeure, les oléoducs sontplacés sous la surveillance aérienne et terrestre (caméra de sécurité, détecteur de mouvement, ...) des entreprises pétrolières. En plus des supertankers pétroliers et sites portuaires, trois types d’oléoducs sont couramment utilisés : les oléoducs basiques, en surface de la terre et surélevé, les oléoducs sous-terrains et les oléoducs sous-marins bien qu’il existe également le transport par voies ferrovières dans des wagons citernes et letransport critique par camions consacrés principalement pour les produits finis et équipés de transpondeur permettant de localiser le véhicule. Les oléoducs sont potentiellement dangereux pour l’environnement (effet de serre, nappes phréatiques, ...) en cas de rupture ou de fuite. Les aménagements effectués sont aussi responsable de la destruction de l’environnement : pour y placer les tubes ainsi que leurs routes de suivi mais aussi pour placer les édifices afin de monter le pétrole en pression, situées tous les 60 à 100 km, et

vanne d'un gazoduc

vanne d'un gazoduc

constituant un risque en cas d’obturation de la canalisation très compliquée à réparer en plus de l’arrêt de la conduite. Dans une station de pompage relais régulée à distance par ordinateur et de manière automatique, le moteur des compresseurs destiné à augmenter la pression exploite de l’énergie électrique. La vitesse de déplacement du pétrole dans un oléoduc est d’environ 7 km/h tandis que le transport du gaz à haute pression véhicule entre 16 et 100 bar. Il va sans dire que l’emploi de la pelle et la pioche est préférable au bruyant marteau-piqueur pour réduire le risque de se faire repérer.

Au fondement de l’origine de la vie, présente à 65% dans le corps humain, recouvrant près de 70% dela surface de

le circuit de l'eau

le circuit de l'eau

 la Terre et la plus dévastatrice des éléments de la nature, l’eau est un facteur énergétique géopolitique stratégique dans de nombreux domaines comme l’agriculture, l’alimentation et l’industrie. La distribution d’eau potable est un service public gérée au niveau communal, souvent par une société privée. Son réseau souterrain est le plus dense de tous car il inclus un premier système d’épuration des eaux naturelles transformées en eau potable et un second pour le traitement des eaux usées dans de longs processus nécessitant une station de pompage et centre de traitement dans le premier cas et une station d’épuration pour le second. En milieu urbain, un réseau d’égout représente un investissement très élevé. Son entretien technologique habituel par des boules de curage propulsées par le flux d’eau recure la canalisation. Le blocage d’une boule de curage dans

une boule de curage

une boule de curage

la canalisation réduit grandement l’écoulement en aval et augmente la pression en amont. Son entretien manuel se fait par l’exploitation de beaucoup de ressources humaines et matérielles, les bateaux-vannes et les wagons-vannes sont mécaniques et non électriques à cause du danger d’électrocution. Lorsqu’il y a de fortes pluies au-dessus d’une ville, le

plan d'un bateau-vanne

plan d'un bateau-vanne

débit est considérable car les égouts écoulent à la fois les eaux pluviales que les eaux usées. Le bouchage des égouts produit des désagréments olfactifs désagréables. La menace d’une attaque psychologique à l’encontre des infrastructures produisant de l’eau potable, en particulier les réservoirs et châteaux d’eau, pèse sur la population. Il existe plus d’une pollution non-toxique pour l’Homme. Comme la tomate, la grenadine est un sirop de couleur rouge. Grossière idée saugrenue considérée comme une mauvaise blague ou perçue tel un acte insurrectionnel dans le cadre d’une campagne de discrédit contre le pouvoir en place incapable de sécuriser les plus élémentaires infrastructures ? « L’Éternel dit à Moïse : Dis à Aaron : Prends ta verge, et étends ta main sur les eaux des Égyptiens, sur leurs rivières, sur leurs ruisseaux, sur leurs étangs, et sur tous leurs amas d’eaux. Elles deviendront du sang : et ily aura du sang dans tout le pays d’Égypte, dans les vases de bois et dans les vases de pierre. Moïse et Aaron firent ce que l’Éternel avait ordonné. Aaron leva la verge, et il frappa les eaux qui étaient dans le fleuve, sous les yeux de Pharaon et sous les yeux de ses serviteurs; et toutes les eaux du fleuve furent changées en sang. » Livre de l’Exode, chapitre 7 : 19 et 20.

6_20

les Transports

Hormis la destruction catégorique par le feu et les multiples possibilités de sabotage directement exécutés au sein des dépôts comme la crevaison des pneus ou la section des nombreux câbles sous le véhicule, les points communs du transport routier des marchandises et du transport routier des personnes résident principalement dans le carburant dont les dépôts des transports en commun possèdent leur propre

un aiguillage et son appareil de voie

un aiguillage et son appareil de voie

pompe à essence, le personnel qui dans l’impossibilité de travailler se fera tout de même dédommager pour sa ou ses journées perdues et enfin, les routes pouvant s’avérer impraticables en cas d’un trou béant telle une large tranchée assez profonde pour empêcher les roues de traverser l’obstacle ou tel un affaissement souterrain à cause de galeries creusées depuis les caves d’un bâtiment ou dans les égouts. En ce qui concerne les moyens de locomotion utilisant des voies ferrées, tout type de chemin de fer présente deux faiblesses substancielles : a) les aiguillagescommandés à distance pouvant être doublement bloqués par plusieurs objets solides placés entre les rails de l’aiguillage et la coupure des fils électriques reliés à l’appareil de voie qui gère l’aiguillage. b) les caténaires suspendues par un pylône en acier ou en béton endommageable par un choc violent voir abattu tel un arbre, soit

profil aérien de contact et caténaire

profil aérien de contact et caténaire

 fixés par un profil aérien de contact à l’aide d’un bras d’accrochage vissé par des boulons d’attache à une paroi horizontale ou verticale comme dans les tunnels des métros. Dans le cas du transport aérien, les avions sont sans cesse en activité et ne retournent au dépôt que lors d’une profonderévision technique. Toutefois, une inspection assez minutieuse a lieu avant chaque départ notamment sur les ailes et la structure porteuse des ailes, le fuselage, l’habillage moteur ainsi que tous les composants très importants des 3 trains d’atterrisage (5 pour les gros porteurs Boeing 747 et Airbus A380) qui supportent l’avion, au sol, selon leur centre de gravité. La perte d’équilibre de l’un des 2 trains principaux légèrement à l’arrière du centre de gravité peut entraîner de sérieux dégâts à l’aile et aux réacteurs du côté du train d’atterrisage endommagé jusqu’à l’embrasement du kérosène dans les réservoirs placés dans les ailes et avoir pour effet l’explosion de l’appareil. « J’appelle sabotage négatif celui qui se révèle préjudiciable aux usagers, aux consommateurs et pas au patronat. Et sabotage positif celui qui, à l’inverse, vise le patronat à la caisse. » Émile Pouget.6_20
les Citoyens

Boycott des produits israéliens

Boycott des produits israéliens

Dans le cadre d’une stratégie de provocation qui veut que l’on communique à l’avance aux autorités compétentes les actions futures, le boycott, la grève, la manifestation, la pétition, la publicité sont des mesures de mobilisation pour favoriser l’appui de l’opinion publique à sa cause et le recrutement de nouveaux membres au sein du collectif. Il faut pousser la population à comprendre le bien fondé de la démarche. Le droit à la désobéissance civile demeure une forme extrême de combat pour les libertés publiques. Lorsque ce droit n’est ou ne sera plus autorisé, oppressé et devenu intoléré, la démocratie s’est ou se sera transformée en une dictature. « La désobéissance est ” civile ” en ce sens qu’elle n’est pas ” criminelle “, c’est-à-dire qu’elle respecte les principes, les règles et les exigences de la ” civilité “ ». Jean-Marie Muller, Une manière civilisée de désobéir, 2006.

Mohandas Gandhi proposait les règles suivantes dans sa lutte non-violente :

  1. Un résistant civil ne doit pas avoir de colère.
  2. Il supportera la colère de l’opposant, ainsi que ses attaques sans répondre. Il ne se soumettra pas, par peur d’une punition, à un ordre émis par la colère.
  3. Si une personne d’autorité cherche à arrêter unrésistant civil, il se soumettra volontairement à l’arrestation, et il ne résistera pas à la confiscation de ses biens.
  4. Si unrésistant civil a sous sa responsabilité des biens appartenant à d’autres, il refusera de les remettre, même au péril de sa vie. Mais il nerépondra pas à la violence.

Selon José Bové, il y a six critères à réunir pour caractériser un acte de désobéissance civile : Revolucion

  1. C’est un acte personnel et responsable : il faut connaître les risques encourus et ne pas se soustraire aux sanctions judiciaires.
  2. C’est un acte désintéressé : on désobéit à une loi contraire à l’intérêt général, non par profit personnel.
  3. C’est un acte de résistancecollective : on mobilise dans l’optique d’un projet collectif plus large.
  4. C’est un acte non violent : on a pour but de convertir à la fois l’opinion et l’adversaire, non de provoquer une répression ou une réponse armée; toute attaque aux biens ne peut avoir qu’une dimension symbolique.
  5. C’est un acte transparent : on agit à visage découvert.
  6. C’est un acte ultime : on désobéit après avoir épuisé les recours du dialogue et les actions légales.

Les actions de résistance pacifique du mouvement altermondialiste lors des « contre-sommets », ou des ateliers de formation à la désobéissance civile sont suivis par les militants de cette mouvance afin d’apprendre des techniques illégales non-violentes et les attitudes à tenir en cas d’arrestation démontrent que la désobéissance civile est une ” arme” à part entière des altermondialistes. La désobéissance civile vise à appeler aux débats publics et, pour ce faire, elle en appelle à la conscience endormie de la majorité plutôt qu’à l’action violente. C’est un des traits qui

les Blacks Blocs

les Blacks Blocs

 la distingue de la révolution, qui pour arriver à ses fins peut potentiellement en appeler à la force. C’est le cas des Blacks Blocs apparus dans les années 1980 privilégiant les actions directes de destruction de banques, de bâtiments d’institutions officielles ou de sociétés multinationales, magasins, caméras devidéo-surveillance et tout ce qui s’attache de près ou de loin à la loi du marché du système capitaliste mondial. Anarchistes masqués ou casseurs pitoyables n’ayant aucune peur de se mesurer aux forces de l’ordre, la mouvance autonome internationale des Blacks Blocs est considérée par les mouvements pacifiques et altermondialistes de contre-productive durant les manifestations. Néanmoins, les activistes d’un Black Bloc suivent des principes. Ils refusent de mettre en danger les autres manifestants des autres mouvements de contestation, certains vont jusqu’à la mission de les protéger et parfois leurs permettent d’accéder à des zones restreintes par les forces de l’ordre. Qui plus est, la solidarité au sein d’un Black Bloc est le ciment permettant sa cohésion : la tentative d’arrestation d’un membre par les forces de l’ordreentraînera une action immédiate des autres membres pour le libérer. Pour les Blacks Blocs, ils savent que le dialogue est pratiquement impossible vu les moyens de leur adversaire pour détourner la vérité et s’accaparer l’opinion publique. « On vit dans une époque, dans une société d’hyperconsommation, où tout est mis en spectacle, et je crois que c’est un bouquin qui remet complètement et radicalement en cause le contrôle et l’État, et qui propose de ne pas vivre dans l’ère de la marchandise. Et de vivre libre. » Hakim Bey, TAZ, 1991.

6_20

Conclusion

Depuis la fin desannées 1980, la place de l’État change radicalement, sous l’effet conjugué de la mondialisation et de la construction européenne. Les États perdent une partie de leur pouvoir :

  • La mondialisation, surtout dans ses aspects économiques, augmente la contrainte extérieure et diminue le pouvoir d’intervention des États dans l’économie mondiale face aux marchés financiers.
  • En Europe, les États se désengagent de l’économie en privatisant les entreprises publiques. Les directives européennes s’imposent dans de plus en plus de secteurs d’activité.
  • En Europe, les États n’interviennent plus autant dansla prise de décision publique; ils perdent de leur pouvoir « par le haut », avec la construction européenne.
  • En France, l’État perd son pouvoir « par le bas », avec la décentralisation et l’augmentation du pouvoir des régions.

le travailleur, la clef de voûte d'une entreprise
le travailleur, la clef de voûte d’une entreprise

En quête de cette destination idéale, la mer de la tranquilité, pour le bien commun, la barque démocratique qui transporte la population d’une nation est gouvernée par un chef d’État droit, juste, sage et tous ses matelots ministériels à l’écoute des citoyens et au service du peuple mais est en revanche dirigée par les patrons d’entreprise derrière la machine économique. Quand ce moteur tombe volontairement en panne à cause du profit généré par les lobbys industriels et/ou/avec des choix politiques, le bateau ne peut plus avancer et si le dialogue ne peut dès lors s’installer entre les parties pour aboutir à des mesures concrètes alors la mutinerie contre les officiers d’équipage demeure l’ultime solution logique et inévitable sinon c’est le navire qui risque de sombrer. Au-delà de tout soupçon de révolution imminente, pris dans la tempête de la crise financière et tourné vers ses propres problèmes en parfait égoïste, le commun des mortels des populations des pays de l’Occident aveuglées par les discours médiatiques et les prévisions hasardeuses des mêmes dirigeants qui ont conduit à cette situation, ne peut imaginer le pire pour les enfants de demain. Il ne peut pas voir arriver l’État policier qui a commencé à s’installer voici des années sous l’égide de sa propre

la fin du Nouvel Ordre Mondial

la fin du Nouvel Ordre Mondial

 sécurité dans la Guerre au Terrorisme qui résultera sur la fin des libertés individuelles. Malgré le qualificatif injuste de bétail, il ne peut pas concevoir non plus la concentration omnipotente des pouvoirs entre les mains obscures de la tyrannie du Nouvel Ordre Mondial. Il en revient par conséquent à l’entendement avisé et opposé à ce régime totalitaire ayant la mainmise sur tous les organes onusiens de réveiller les masses endoctrinées. De s’unir en priorité absolue à tous les niveaux régional, national et international dans le but de préparer la résistance face aux castes élitistes. De poursuivre sans relâche la guerre de l’information, en commençant déjà à songer à pourvoir une alternative au réseau Internet dont la grave menace d’une coupure plane sur lui. On ne le répétera jamais assez, prévenir c’est guérir et agir dans un monde incertain ne laissant plus de place à l’erreur ni aux compromis, c’est tenté d’offrir un autre avenir aux prochaines générations. Un avenir qui observera les maintes époques noires de l’histoire de l’humanité et honoreront le sagace patriotisme des soldats de la liberté, défenseurs de la justice et gardiens des véritables valeurs vertueuses de la vie.

Saïd Ahmiri

Source : Wikipedia

Comment contourner les systèmes de traçabilité ?

21 mai

big-brother

 

Comment contourner les systèmes de traçabilité ?

Brian Gladman est un ancien directeur des communications électroniques stratégiques du ministère de la Défense britannique et de l’OTAN. Ian Brown, un cryptographe anglais membre de l’ONG Privacy International. En l’an 2000, ils rendaient public un texte expliquant comment contourner, en toute légalité, les diverses mesures de “cybersurveillance” adoptées par les législateurs. Ces techniques s’avéreraient en effet “techniquement ineptes et inefficaces à l’encontre des criminels” et risqueraient, a contrario, de “saper le droit à la vie privée et à la sécurité des citoyens et du marché”. Leur démarche est d’autant plus salutaire que les gouvernements se contentent  généralement, au mieux, d’expliquer que toute action informatique laisse des traces, et que l’on est de toute façon surveillé (mais sans jamais, étrangement, expliquer comment s’en protéger), au pire, de passer des lois sécuritaires renforçant cette cybersurveillance, contribuant d’autant à créer un climat de peur, loin du climat de confiance nécessaire à toute démocratie.

Mots clefs : internet, vie privée, sécurité, anonymat, pseudonymat, surveillance

Introduction

En l’an 2000, Brian Gladman, ancien directeur des communications électroniques stratégiques du ministère de la Défense britannique et de l’OTAN, et Ian Brown, un cryptographe anglais membre de l’ONG Privacy International, rendaient public un texte expliquant comment contourner, en toute légalité, la RIP Bill britannique (1). Pour eux, cette loi visant à renforcer les moyens de surveillance et de contrôle des internautes s’avérait “techniquement inepte et inefficace à l’encontre des criminels” et risquait, a contrario, de “saper le droit à la vie privée et à la sécurité des citoyens et du marché”. Partant du constat que les terroristes, et autres criminels, n’ont que faire de respecter la loi, Gladman et Brown avaient ainsi détaillé un certain nombre de moyens visant à aider les citoyens à apprendre à communiquer sur l’internet en toute confidentialité. Leur démarche est d’autant plus salutaire que les gouvernements se contentent généralement, au mieux, d’expliquer que toute action informatique laisse des traces et que l’on est de toute façon surveillé, au pire, de passer des lois sécuritaires renforçant cette
cybersurveillance. Etrangement, ils n’expliquent jamais comment, concrètement, protéger sa vie privée sur l’internet, contribuant d’autant à créer un climat de peur, loin du climat de confiance nécessaire à toute démocratie. Huit ans plus tard, l’analyse de Gladman & Brown n’a rien perdu de sa pertinence. On ne compte plus les mesures sécuritaires substituant la suspicion de culpabilité à la présomption d’innocence. La France a elle aussi légiféré, dans la foulée des attentats de 2001, afin de placer sous surveillance, et “par principe”, l’ensemble des internautes. Dans le même temps, de nouveaux outils et logiciels sont également apparus, qui renforcent, et facilitent, les moyens de lutter, en toute légalité, contre ce type d’atteintes à la vie privée.

Surveillance des internautes : vers la présomption de culpabilité

Le 15 septembre 2001, un article de Libération (2) avance que les terroristes auraient communiqué via l’internet en cachant leurs messages secrets dans des photos pornos, rendant impossible leur détection. La technique utilisée mêle stéganographie et cryptographie. Ces deux techniques n’ont rien de propre à l’internet. La première consiste à cacher l’existence même du message. Alfred de Musset et George Sand avaient ainsi pour masquer leurs propos licencieux dans des poèmes d’apparence romantique, et d’innombrables enfants se sont essayés à l’encre invisible. La cryptographie, elle, consiste à transformer les caractères du message en un amas indéchiffrable, sauf à disposer de la clef de déchiffrement. Elle a servi à nombre de diplomates et espions, depuis des siècles, et a gagné en popularité depuis qu’un mathématicien américain, Phil Zimmermann, a créé Pretty Good Privacy (PGP), un logiciel de cryptographie grand public que les autorités américaines avaient cherché, en vain, au milieu des années 90, à interdire. Dans le monde entier, des internautes s’étaient en effet ligués pour soutenir PGP, car c’est le seul moyen de converser, en tout confidentialité, sur l’internet. Un e-mail y est en effet aussi peu protégé que ne l’est une carte postale.

Mais revenons-en à cette affaire de “porno-terrorisme”, qui fut relayée dans nombre de journaux, radios et télévisions (3). Elle émanait d’un journaliste américain qui, dans USA Today, avançait en février 2001 (4) tenir l’information de “sources officielles”. Personne ou presque ne releva alors qu’il était improbable que des fondamentalistes musulmans, qui (Contourner les systèmes de traçabilité – Jean Marc Manach 2)abhorrent la pornographie, puissent s’en servir pour communiquer, à l’exception des échos, qui avancèrent que “D’aucuns voient dans ces informations une manipulation des autorités américaines visant à accroître le contrôle de l’information circulant sur le Net au dépend de la liberté d’expression” (5). De fait, dans les jours qui suivirent, le Congrès adopta un amendement facilitant la surveillance électronique des individus, sans mandat judiciaire, ouvrant la voie à de nombreuses lois visant explicitement à généraliser la cybersurveillance des chappatte_surveillance_internettélécommunications, et des individus. Quelques années plus tard, on découvrit que le journaliste à l’origine de cet article avait bidonné un certain nombre de ses articles (6). Aucune preuve n’est par ailleurs parvenu à étayer le fait que les terroristes du 11 septembre aient communiqué via l’internet, et encore moins au moyen d’outils de stéganographie ou de cryptographie. Mais qu’importe, le message était passé, la stéganographie et la cryptographie avait été diabolisée, et l’opinion publique préparée à accepter de voir réprimer tout ce qui peut permettre aux terroristes de communiquer en toute confidentialité. Quitte, pour cela, à criminaliser le fait, pour tout internaute, de chercher à protéger sa vie privée.

En novembre 2001, le Parlement adoptait la Loi sur la Sécurité Quotidienne (LSQ). Rédigée bien avant les attentats, elle fut modifiée, en urgence, afin d’y ajouter un certain nombre d’articles présentés comme anti-terroristes. Ses mesures les plus liberticides furent qualifiées d’anticonstitutionnelles par plusieurs juristes. Mais le Conseil Constitutionnel n’en fut pas saisi, les parlementaires cherchant surtout rassurer l’opinion publique. Le sénateur socialiste Michel Dreyfus-Schmidt, reconnut d’ailleurs, dans un lapsus lourd de sous-entendus, que la France sortait peu ou prou de l’état de droit : « Il y a des mesures désagréables à prendre en urgence, mais j’espère que nous pourrons revenir à la légalité républicaine avant la fin 2003 » (7). Deux ans plus tard, à l’occasion du vote de la Loi pour la Sécurité Intérieure (LSI), les dispositions les plus critiquées de la LSQ furent prolongées sine die, sans qu’aucun bilan ne soit tiré de leur application, et contrairement à ce que la LSQ précisait pourtant expressément. La vidéosurveillance a beau se généraliser et se développer, on n’en est pas encore au stade où la loi obligerait tout un chacun à accepter le port d’une caméra filmant ses activités 24h/24. De même, le placement sous surveillance électronique mobile (PSEM), ou « bracelet électronique » GPS ou GSM, est pour l’instant réservé aux seuls délinquants sexuels et violents, ainsi qu’aux personnes faisant l’objet de mesures d’adaptation de leur peine, et ils doivent être consentants. La généralisation, à l’ensemble de la population, de telles mesures serait bien évidemment indigne de notre démocratie, et, sauf à abolir les Droits de l’homme, très certainement contraire à nos principes républicains et constitutionnels. Sur l’internet, il n’en est rien. La LSQ a érigé en principe la surveillance, a priori, de tous les internautes. Les fournisseurs d’accès à l’internet (FAI) sont en effet tenus de conserver, pendant un an, la trace de leurs activités afin de permettre aux autorités, sur requête judiciaire, de fouiller dans leur passé. Il leur est ainsi possible de savoir ce que les internautes ont fait, quand, pendant combien de temps, à qui ils ont écrit, au sujet de quoi : la liste des traces à conservées (appelés “données de connexion” ou “logs”) est un véritable inventaire à la Prévert (8), et couvre à peu près tout ce que l’on peut faire sur l’internet, à l’exception du “contenu” de leurs e-mails et des fichiers consultés ou échangés ce qui s’apparenterait à une mise sur écoutes personnalisée, ce que la loi n’est pas, puisqu’elle prévoit de surveiller tout le monde, tout le temps.

internet_lieu_travail_1

Evoquant le fichage (Contourner les systèmes de traçabilité – Jean Marc Manach 3) généralisé de la population par la gendarmerie nationale, Louis-Marie Horeau, journaliste du Canard Enchaîné, évoquait ainsi, en 1981, “la recette bien connue de la chasse aux lions dans le désert : on passe tout le sable au tamis et, à la fin, il reste les lions…” En somme, et à la manière des bracelets électroniques, il est possible de retracer le parcours des internautes, de savoir où ils sont allés, quels sites ils ont consultés, sur quels serveurs ils se sont connectés et, par triangulation, qui ils y ont rencontrés. A la manière d’une caméra de vidéosurveillance filmant, non pas des lieux comme d’ordinaire, mais les agissements des personnes nomément désignées, il est aussi possible de savoir ce qu’ils y ont fait, s’ils se sont contentés de lire, ou s’ils ont échangés ou publiés des fichiers et, partant, quels fichiers ont ainsi été partagés, avec qui. Si l’on poursuit la logique de Michel Dreyfus-Schmidt, nous ne sommes toujours pas revenu à la “légalité républicaine”.  Mais personne ou presque n’a réagi, ni au moment de l’adoption de la LSQ, ni lorsque ses mesures “exceptionnelles” ont été prolongées sine die avec la LSI, ni vraiment depuis. Elles renversent pourtant la présomption d’innocence en faisant de tout internaute un suspect en puissance. La seconde mesure expressément dédiées à l’internet adoptée lors de la LSQ concerne la cryptographie, qui bénéficiait d’une longue tradition législative : jusqu’en 1999, elle était assimilée à une arme de guerre, et son utilisation par le grand public interdit (sauf à utiliser un niveau de protection suffisamment bas pour permettre aux autorités de le “casser”). Las : pour favoriser le développement du commerce électronique, le gouvernement avait été contraint de libéraliser son utilisation. La cryptographie étant le seul moyen de protéger, de façon fiable, la circulation d’information sur l’internet, la France ne pouvait décemment pas se mettre au ban du marché mondial. Au grand dam des intérêts militaires et policiers, qui voyaient d’un mauvais oeil cette légalisation d’un moyen permettant à tout un chacun de communiquer sans qu’ils puissent prendre connaissance des contenus échangés. La LSQ décida donc que l’utilisation d’outils de cryptographie serait désormais considérée comme une “circonstance aggravante”, et que ses utilisateurs seraient passibles de deux ans de prison, et 30 000 euros d’amende, s’ils refusaient de déchiffrer les messages chiffrés échangés. La LSI porta la peine à trois ans de prison, et 45 000 euros d’amende. Qu’importe le fait qu’un terroriste, qui risque la prison à vie, serait plutôt enclin à ne pas révéler le contenu de ses messages et se contenter de ces trois ans de prison. La loi autorise également les juges à recourir aux “moyens de l’État soumis au secret de la Défense nationale” pour décrypter des informations chiffrées. Les rapports d’expertise sont donc classifiés et ne peuvent faire l’objet d’aucun recours; ce qui avait d’ailleurs été perçu, dans les milieux du renseignement français, comme un excellent moyen de pouvoir fabriquer des preuves sans possibilité, pour l’accuser, de les contester. Une mesure qui, à n’en pas douter, pourrait être dénoncée par la Cour Européenne des Droits de l’Homme, et qui, une fois de plus, s’attaque à la présomption d’innocence. Tout utilisateur d’outils de cryptographie se retrouve en effet, sinon potentiellement suspect, tout du moins placé sous une épée de Damoclès dont il ne pourrait s’extirper si les autorités, pour quelque raison que ce soit, décidaient de s’intéresser à lui. Car la charge de la preuve est désormais inversée : ce n’est plus aux forces de l’ordre d’arriver à prouver la culpabilité d’un quidam, mais à celui-ci d’amener la ou les preuves de son innocence. On aurait pu craindre une vague de “dommages collatéraux”. Il n’en est rien : ces articles (Contourner les systèmes de traçabilité – Jean Marc Manach 4) de loi ne sont quasiment pas utilisés, ou n’ont pas entraîné de jurisprudence ou d’”affaires” particulières, pour l’instant tout du moins. Restent que le risque est inscrit dans les tables de loi, et que les menaces, elles, sont multiples. Employeur soupçonneux, collègue indélicat, conjoint jaloux, parents suspicieux… de nombreuses sociétés, notamment aux USA, font commerce d’outils spécifiquement dédiés à la surveillance, sinon à l’espionnage, des internautes. Plusieurs affaires ont révélé que des policiers avaient vendus à des tiers des informations issues des fichiers accessibles aux seuls officiers de police judiciaire. Le secteur de l’intelligence économique, en plein développement, a recruté nombre d’anciens policiers ou membres des services de renseignement qui, pour certains, n’hésitent pas à utiliser des méthodes barbouzardes. Un rapport des Renseignements Généraux estime qu’une entreprise sur quatre est ou a été touchée par l’espionnage industriel (9). Et la DST, depuis des années, fait le tour des PMI-PME afin de leur expliquer qu’en temps de “guerre économique”, il convient d’apprendre à se protéger des puissances étrangères et des concurrents malintentionnés. Rien ne saurait donc détourner les citoyens du droit à leur vie privée, et donc des outils et méthodes permettant de se prémunir contre tout type de cybersurveillance.

 
Des outils contre la cybersurveillance : les couteaux suisses de la vie privée

F_la_police_jpgLes LiveCD. Il est souvent impossible, notamment en entreprise, d’installer de logiciels, au nom d’impératifs de sécurité considérant les utilisateurs comme autant de failles potentielles dans le dispositif de sécurité. En sécurité informatique, l’adage veut en effet que la principale faille de sécurité se trouve entre la chaise et le clavier. De fait, on ne compte plus le nombre de portables “perdus”, volés, de virus introduits via l’ordinateur portable d’un employé qui l’avait ramené chez lui et utilisé au mépris des consignes de sécurité. On a aussi vu apparaître, ces dernières années, des logiciels espions spécialement dédiés aux clefs USB : certains, installés sur les PC, permettent de copier furtivement tout ou partie de la clef USB qui vient d’y être insérée, d’autres, a contrario, installés sur des clefs USB, copient certains des fichiers contenus dans le PC dans lequel elles ont été enfichées. Michel Bouissou fut probablement l’un des tous premiers à proposer “la” solution permettant d’utiliser un ordinateur sans y laisser de trace, et sans risquer d’y être piégé par des logiciels espions ou installés au préalable. Cet informaticien très attaché aux droits de l’homme a créé, en 2003, la Knoppix-MIB (10), un “LiveCD” dédié à la protection de la vie privée. Un LiveCD, ou “CD bootable”, est un CD-Rom que l’on insère dans son PC et qui, lorsqu’on redémarre l’ordinateur, permet d’utiliser le système d’exploitation libre GNU/Linux qui y a été gravé. Conçu pour permettre aux néophytes de découvrir Linux sans rien avoir à installer, il connaît depuis de nombreuses déclinaisons, dont plusieurs orientées sécurité. Certains experts judiciaires s’en servent ainsi pour “autopsier” un ordinateur sans en manipuler les fichiers. En effet, si les LiveCD reposent sur les ressources matérielles des PC sur lesquels ils tournent, ils n’en touchent pas les composantes logicielles, et sont insensibles aux virus informatiques du fait qu’ils tournent sous GNU/Linux, et que l’on ne peut rien installer sur le CD une fois celui-ci gravé. La Knoppix-MiB permet aussi de se créer un répertoire personnel persistant chiffré sur une clef USB ou encore sur l’ordinateur utilisé afin d’y stocker ses fichiers. Mieux : selon la règle de la “déniabilité plausible”, il est possible à l’utilisateur de nier que s’y trouve quoi Contourner les systèmes de traçabilité – Jean Marc Manach 5 que ce soit d’autre qu’une suite de nombres aléatoires non significatifs. Apparu depuis, AnonymOS (11) est lui aussi un LiveCD destiné, comme son nom l’indique, à protéger l’anonymat de son utilisateur, mais basé sur OpenBSD, l’un des systèmes d’exploitation les plus sécurisés qui soient. AnonymOS dispose d’un autre avantage : car si les LiveCD protègent l’utilisateur de ceux qui chercheraient à espionner l’ordinateur utilisé, ils ne le protègent pas de la cybersurveillance effectué par les FAI… sauf à utiliser TOR (voir plus bas), ce qu’AnonymOS propose par défaut. Contourner la censure, le filtrage et la surveillance du web. C’est probablement la chose la plus facile à faire. Il existe une foultitude d’anonymiseurs permettant d’accéder aux contenus dont l’accès est filtré ou censuré pour les internautes venant de tel ou tel pays, ou de telle ou telle société (12). C’est un sport international aussi bien pratiqué par les étudiants américains dont l’accès internet est filtré que par les internautes chinois ou tunisiens dont le web est censuré. Le principe est de se connecter, de manière sécurisée (le “s” du https) à un anonymiseur et d’y entrer l’URL du site que l’on veut visiter. Le FAI saura, certes, que l’on a consulté l’anonymiseur, mais pas quels sites ont ensuite été visités. On peut aussi utiliser TOR, un logiciel conçu par l’Electronic Frontier Foundation (13), dont il existe une extension pour le navigateur Firefox. Son principe est similaire, sauf qu’au lieu de passer par “un” anonymiseur, l’internaute passe par l’ordinateur d’un autre utilisateur de TOR, sur le modèle du peer-to-peer, rendant encore plus difficile la cybersurveillance. Concrètement, il suffit de télécharger l’extension TOR pour Firefox et de cliquer sur un petit bouton lorsque l’on veut commencer à protéger sa navigation. Seul inconvénient : la navigation peut s’en trouver quelque peu ralentie…

 
Sécuriser ses mails, chats et messageries instantanées

Pour se faire, on privilégiera l’utilisation d’un webmail sécurisé “étranger” au courrier électronique de son FAI “bien français”. De préférence, on choisira un service qui propose la connexion par webmail sécurisé entre ses serveurs et son ordinateur (tel que hushmail.com, qui propose également de crypter les e-mails), de sorte que les données ne soient pas transmises “en clair”, mais chiffrées (reconnaissable au ‘s’ de https ://, ainsi qu’au cadenas fermé dans la barre d’état de votre navigateur) et ne puissent donc être lisibles ni interprétables dans les fichiers logs de son FAI. Plutôt que d’utiliser une messagerie instantanée propriétaire, on utilisera Pidgin, une logiciel « libre » compatible avec ICQ/AIM, Yahoo! et Windows Live Messenger, qui propose un module cryptographique permettant de chiffrer la communication. Il est aussi possible d’utiliser Skype, qui propose lui aussi le chiffrement de la conversation, mais avec un algorithme propriétaire et secret ne permettant pas de savoir jusqu’où il est fiable, ou pas. Par défaut, on privilégiera les logiciels “libres”. En matière de sécurité informatique, et à défaut d’être un informaticien hors pair, on est en effet obligé de faire confiance à l’éditeur de logiciel, et d’être assuré que ce dernier ne contient pas de porte dérobée (“backdoor”, en anglais). Or, on ne peut accéder aux codes sources des logiciels propriétaires. Il n’est donc pas possible d’en vérifier l’intégrité, contrairement aux logiciels libres qui, surtout lorsqu’ils traitent de sécurité, font l’objet d’une surveillance constante de la part de la communauté. Le mieux est encore d’installer un système d’exploitation GNU/Linux, une procédure considérablement facilitée ces dernières années, et à la portée de toute (Contourner les systèmes de traçabilité – Jean Marc Manach 6) personne ayant déjà installé un logiciel et un tant soit peu familiarisé avec l’informatique.

Crypto, stégano & Co : quand les coffres-forts deviennent virtuels

GnuPG (ou GPG), dont le développement a été financé par le gouvernement allemand, supplante dorénavant PGP en matière de chiffrement des e-mails. Son principe, dit de cryptographie à clefs publiques, repose sur la création d’une paire de clef : une clef publique, que l’on rend accessible à ses correspondants (pour qu’ils puissent vous écrire), et une clef privée, protégée par un mot de passe et que l’on doit précieusement conserver à l’abri de tout regard indiscret (pour que vous puissiez déchiffrer les données cryptées qui vous sont envoyées). En d’autres termes, la clef publique est comme un coffre-fort que l’on laisse ouvert de sorte qu’un tiers puisse y mettre des données, avant que d’en claquer la porte. Seul le détenteur de la clef privée peut ouvrir ledit coffre-fort, une fois fermé. C’est une évidence qui semble avoir échapper auxsurveillance_internet législateurs, mais il suffit de changer régulièrement de clef pour pallier, en partie, à l’obligation de déchiffrement. Il est aussi possible de donner une date d’expiration à sa clef : une fois périmée, elle ne pourra plus servir. De même, il est possible de “révoquer” sa clef, ou encore se doter de clefs à usage unique. Autre évidence, un fichier qui n’existe plus ne peut être déchiffré. Encore faut-il l’effacer définitivement, ce qui n’est pas le cas si l’on se contente de le “jeter à la corbeille”. A la manière des destructeurs de documents utilisés en entreprise, il existe des logiciels d’écrasement sécurisé des données, tels qu’Eraser ou Wipe. La cryptographie ne permet pas, cela dit, de masquer l’existence des données chiffrées. On peut ainsi opter pour des outils de stéganographie, qui permettront de camoufler les fichiers à protéger dans d’autres fichiers plus anodins (images ou sons, par exemple). On pourra aussi créer un coffre-fort électronique afin d’y entreposer les données que l’on voudrait sécuriser, ou encore chiffrer tout ou partie d’une partition de disque dur à cette intention, ce que propose de faire, très facilement, les principales distributions GNU/Linux. Avantage de cette dernière option : elle permet, elle aussi, la “déniabilité plausible”. Le chiffrement de tout ou partie d’un disque dur ne peut cela dit se concevoir que dans le cadre d’une politique globale de sécurité.

Conclusion

Bruce Schneier, l’une des personnalités les plus respectées des milieux de la sécurité informatique, n’a de cesse de le répéter : la sécurité est avant tout un processus, pas un produit. Aucune solution n’est fiable à 100% et rien ne sert, par exemple, d’installer une porte blindée si on laisse la fenêtre ouverte. Il convient d’autre part de ne jamais oublier qu’en matière informatique en générale, et sur l’internet en particulier, l’anonymat n’existe pas. Il arrive fatalement un moment où l’on se trahit, où l’on commet une erreur, ou, plus simplement, où l’on tombe sur quelqu’un de plus fort que soi. La sécurité informatique est un métier, elle ne s’improvise pas. En attendant, on peut raisonnablement espérer garantir un pseudonymat de bon aloi, si tant est que l’on adopte une bonne “hygiène” du mot de passe (14), que l’on mette à jour ses logiciels régulièrement (et son antivirus quotidiennement) et, plus globalement, que l’on se forme aux rudiments de la sécurité informatique. Quelques éléments de bon sens (Contourner les systèmes de traçabilité – Jean Marc Manach 7) ne nuiront pas : se doter d’un fonds d’écran protégé par un mot de passe (histoire de se protéger des pauses pipi ou déjeuner), utiliser le “clavier virtuel” de son PC afin d’éviter le risque posé par les keyloggers (enregistreurs des touches tapées au clavier), effectuer des sauvegardes régulièrement (et les entreposer dans un lieu sécurisé), ne pas hésiter à se créer de multiples identités ou encore… de préférer, au courrier électronique, le courrier papier (qui, lui, n’est pas systématiquement surveillé). Comme le rappelle l’article 1er de la LSQ : “La sécurité est un droit fondamental. Elle est une condition de l’exercice des libertés et de la réduction des inégalités.” CQFD.

20070403-115114-g

 

De Nadia Ouertani

Notes :
1. “Ways to Defeat the Snooping Provisions in the Regulation of Investigatory Powers Bill”,
by Ian Brown and Brian Gladman : http://www.fipr.org/rip/RIPcountermeasures.htm. A
noter que cet article est aussi adapté d’une version francisée dudit manuel, “LSQ : sortez
couvert ! ou Comment passer outre la cybersurveillance et les mesures anti-crypto de la
LSQ…” : http://www.bugbrother.com/archives/sortezcouvert.html
2. “Pornoterrorisme : Messages islamistes cryptés sur des sites impies”, par Edouard
Launet, le 15/09/2001
3. “Terrorisme : les dessous de la filière porno”, par Jean Marc Manach, le 27/09/2001 :
http://www.lsijolie.net/article.php3?id_article=60
4. “Terror groups hide behind Web encryption”, by Jack Kelley, USA Today, le 05/02/2001
5. “L’encre sympathique à l’heure d’Internet”, par Emmanuel Paquette, le 24/09/2001
6. « Ex-USA TODAY reporter faked major stories », by Blake Morrison, USA Today
(3/19/2004)
7. “L’ère du soupçon”, par Bb), lundi 8 juillet 2002 : http://www.lsijolie.net/article.php3?
id_article=123
8. « Les opérateurs Internet et télécoms devront conserver plus de données », par Charles
de Laubier, Les Echos, le 19/02/2008
9. « Espionnage économique : La France pillée », par Jean-Jacques Manceau,
l’Expansion.com, le 25/10/2006
10. Knoppix-MiB : http://www.vie-privee.org/comm173 ou http://www.bouissou.net
11. AnonymOS http://kaos.to/cms/projects/releases/anonym.os-livecd.html
12. cf cette longue liste en anglais : http://www.freeproxy.ru/en/free_proxy/cgi-proxy.htm
13. Tor : Un système de connexion anonyme à Internet,
http://www.torproject.org/index.html.fr
14. Hygiène du mot de passe : http://www.bugbrother.com/security.tao.ca/pswdhygn.html
Contourner les systèmes de traçabilité – Jean Marc Manach 8

Le Pentagone se prépare à la guerre contre l’ennemi : la Russie

20 mai

 

55492719
Le Pentagone se prépare à la guerre contre l’ennemi : la Russie

« Aujourd’hui la situation est beaucoup plus sérieuse qu’avant août 2008. […] Si la guerre éclate à nouveau, elle ne se limitera pas au Caucase.

[…] Le nouveau président des États-Unis n’a pas apporté de changement crucial en ce qui a trait à la Géorgie, mais en raison de son rôle dominant au sein de l’OTAN, il insiste toujours sur l’adhésion rapide de ce pays à l’alliance. Si celle-ci se concrétise, le monde fera face à une menace bien plus grave que les crises de la guerre froide.

[…] Dans ce nouveau contexte, la guerre de la Géorgie contre l’Ossétie du Sud pourrait facilement devenir la guerre de l’OTAN contre la Russie. Il s’agirait d’une troisième guerre mondiale. » (Irina Kadzhaev, politologue sud-ossète, South Ossetia Information Agency, avril 2009)

Le 12 mai, James Mattis, Commandant suprême allié Transformation (SACT) et commandant du U.S. Joint Forces Command (Commandement de la force interarmées) a prononcé un discours à un symposium de trois jours appelé Joint Warfighting 09 à Norfolk en Virginie, où se trouve la Commandement allié Transformation (ACT) de l’OTAN. « Je viens avec un sentiment d’urgence. L’ennemi aussi tient des réunions dans le même esprit », a-t-il affirmé. [1]

Un journal local a résumé son discours :

« Le Commandant Mattis a décrit un avenir où les guerres n’auront pas de débuts ni de fins précises. Une grande stratégie et un cadre politique pouvant guider la planification militaire sont nécessaires », a-t-il ajouté. [2]

Pour des raisons qui se veulent sans aucun doute diplomatiques, il a omis d’identifier qui est l’« ennemi ». Une suite d’événements récents, ou plutôt l’intensification d’événements en cours, indiquent toutefois de quelle nation il s’agit.

Le 7 mai dernier, durant un déjeuner du Defense Writers Group, le chef du US Strategic Command, le général Kevin Chilton, a déclaré aux reporters que « la Maison-Blanche maintient l’option de répondre par la force – peut-être même avec des armes nucléaires – si une entité étrangère dirige une cyberattaque neutralisant les réseaux informatiques étatsuniens […] ».

Un compte-rendu de son discours ajoute que « le général a insisté pour que toutes les options de frappe, y compris les frappes nucléaires, demeurent à la disposition du commandant en chef pour défendre la nation des cyberattaques. »

M. Chilton «  a dit qu’il ne pouvait pas exclure la possibilité d’une salve militaire contre des pays comme la Chine, même si Pékin possède des armes nucléaires » [3], bien que la première cible probable de présumées représailles à des cyberattaques, elles aussi présumées, serait un autre pays déjà identifié comme tel par des officiels militaires : la Russie.

À la fin avril et au début mai 2007, le gouvernement d’Estonie, membre de l’OTAN depuis 2004 et dont le président était et demeure Toomas Hendrik Ilves, né en Suède et élevé aux États-Unis (où il a travaillé pour Radio Free Europe), rapportait des attaques sur des sites web de son pays, pour lesquelles la Russie fût blâmée.

Cela fait plus de deux ans et aucune preuve n’a été présentée pour prouver le bien-fondé de l’allégation voulant que des pirates informatiques russes, encore moins le gouvernement russe lui-même, étaient derrière ces attaques. Cette allégation demeure malgré tout un article de foi dans les médias et parmi des officiels étatsuniens et occidentaux.

La réponse des autorités étatsuniennes a d’abord été si soudaine et sévère, même avant que des enquêtes ne soient menées, pour fortement donner à penser que si les attaquent n’avaient pas été organisées, elles auraient dû être inventées.

Tout de suite après, le secrétaire de la force aérienne, Michael W. Wynne, affirmait : « La Russie, notre puissant rival de la guerre froide, semble avoir été la première à s’engager dans la conduite de la guerre informatique. »

La source d’information des Forces aériennes des États-Unis d’où est tirée cette citation ajoutait que les événements s’étant produits quelques jours plus tôt en Estonie « avaient lancé une succession de débats au sein de l’OTAN et de l’Union européenne concernant la définition d’une opération militaire autorisée et ce pourrait bien être le premier test de l’application de l’article V de la Charte de l’OTAN concernant la défense collective dans le champ non cinétique. [4]

L’article 5 de la Charte de l’OTAN est une clause de défense militaire collective, en fait une clause de guerre, utilisée pour la première et seule fois pour soutenir la guerre prolongée et progressive en Afghanistan. 

La référence que l’on y a faite à l’époque n’est pas à prendre à la légère.

En visite en Estonie en novembre dernier, le chef du Pentagone Robert Gates a rencontré le premier ministre du pays, Andrus Ansip et a « discuté du comportement russe et de la nouvelle coopération sur la cybersécurité ».

On a rapporté que « M. Ansip a affirmé que l’OTAN opérera selon le principe de l’article 5 du traité de l’alliance, lequel stipule qu’une attaque visant un allié constitue une attaque visant tous les membres ». « Nous sommes convaincus que l’Estonie, en tant que membre de l’OTAN, sera très bien défendue » a-t-il ajouté. [5]

Il est révélateur que l’on continue à mentionner l’article 5 de l’OTAN à répétition un an et demi après les attaques présumées alors qu’aucune autre n’est survenue entre-temps.

Au début de ce mois-ci, le Pentagone a annoncé qu’il lançait ce qu’il appelle la « force guerrière numérique du futur » à Fort Meade au Maryland, sous le contrôle du U.S. Strategic Command, dont le chef cité plus tôt, Kevin Chilton, menace d’utiliser la force, y compris les armes nucléaires.

L’initiative a été décrite comme suit dans un reportage :

« Le lieutenant-général Keith Alexander, également commandant à la tête de la cyberguerre, a déclaré que les États-Unis sont déterminés à mener l’action mondiale d’utilisation de la technologie informatique afin de dissuader ou de vaincre des ennemis […] » [6]

Le Pentagone est une synecdoque pour le département de la Défense et tout ce qui est relié à ses activités est enveloppé dans le même euphémisme, donc lorsqu’ils seront questionnés, les États-Unis maintiendront que leur nouveau projet de guerre numérique ne servira qu’à des fins défensives. Toute nation et toute personne ayant fait les frais des actions du département étatsunien de la Défense est plus avisée. La raison d’être de ce nouveau commandement de cyberguerre étatsunien repose sur une supposée menace russe émanant d’un incident non militaire survenu dans un pays balte il y a plus de deux ans. Ce commandement sera utilisé pour paralyser les systèmes informatiques de toute nation ciblée par un assaut militaire direct, la rendant ainsi sans défense, et sera particulièrement efficace dans le cadre de la planification des premières frappes provenant de l’espace et des guerres spatiales (boucliers antimissile, missiles intercepteurs).

Le jour même où est paru le reportage sur le général Alexander, promettant de « vaincre les ennemis », une autre nouvelle mentionnait qu’« un satellite quasi-classifié a été lancé mardi [12 mai]. Il servira d’ingénierie pionnière pour la technologie de poursuite des missiles balistiques. » [7]

Il s’agissait d’un satellite de Surveillance System Advanced Technology Risk Reduction (STSS-ATRR) (système spatial de poursuite et de surveillance de technologie avancée et de réduction des risques), faisant partie d’un système spatial pour la Missile Defense Agency.

« Les capteurs à bord du satellite STSS-ATRR et au sol communiqueront avec d’autres systèmes pour former une défense contre des missiles balistiques en approche. » [8]

Quelques jours plus tôt, dans un reportage intitulé « Ducommun Incorporé annonce la livraison de nanosatellites à l’Army Space and Missile Defense Command », le fabricant Ducommun, situé en Californie, annonçait que « sa filiale Miltec Corporation avait livré des nanosatellites prêts à être utilisés à la U.S. Army pace and Missile Defense Command/Army Forces Strategic Command (USASMDC/ARSTRAT) à Huntsville en Alabama le 28 avril 2009. »

La livraison constituait « l’aboutissement du premier programme de développement de satellite de l’armée étatsunienne depuis les satellites de télécommunications Courier 1B dans les années 1960 ». [9]

Les satellites militaires utilisés pour neutraliser le potentiel d’une nation rivale, pas vraiment pour lancer une première frappe, mais plutôt pour y répliquer, brouillent la distinction entre les soi-disant projets de bouclier de missiles nés de la Guerre des étoiles et la militarisation complète de l’espace.

Récemment, un commentateur russe le voyait exactement de cette façon :

« Le retrait du Traité sur les missiles antimissile balistique de 1972 a marqué un virage vers les tests et le déploiement d’un système de défense antimissile, dans le but de supprimer le potentiel dissuasif de la Chine et, partiellement, celui de la Russie.

Washington tente toujours d’éliminer les restrictions légales internationales sur la formation d’un système qui pourrait théoriquement le rendre invulnérable face à des représailles, même face à une frappe de riposte en cours d’attaque. » [10]

À cela s’ajoute un autre subterfuge « quasi-classifié » lié à la reprise potentielle des pourparlers entre les États-Unis et la Russie sur le Traité de réduction des armes stratégiques (START).

L’adjointe au secrétaire d’État étatsunienne Rose Gottemoeller a affirmé cette semaine que « les États-Unis ne sont pas prêts à réduire le nombre d’ogives qui ont été retirées des vecteurs de frappe et sont entreposées ». [11]

Donc, en plus des plans visant à déployer des systèmes antimissile au sol, dans les airs et dans l’espace, principalement autour et contre la Russie (en Pologne, en République tchèque, en Norvège, en Grande-Bretagne, au Japon et en Alaska jusqu’à maintenant), le Pentagone gardera des ogives nucléaires en réserve pour l’activation sans fournir de mécanisme de surveillance aux inspecteurs russes et aux négociateurs travaillant à la réduction des armes.

Le 6 mai, Euronews a interviewé le ministre russe des Affaires étrangères Sergei Lavrov, qui a fait une mise en garde : « La façon dont il [le bouclier antimissile balistique étatsunien] est conçu n’a rien à voir avec le programme nucléaire iranien. Il cible les forces stratégiques russes et est déployé dans la partie européenne de la Fédération de Russie. »

La création par les États-Unis du Navy Air and Missile Defense Command (NAMDC) au Naval Support Facility à Dahlgren en Virginie le 30 avril s’ajoute aux inquiétudes de la Russie et d’autres nations.

« NAMDC est l’organisme à la tête de la marine, combinée à l’Integrated Air and Missile Defense (IAMD). NAMDC est le seul centre d’excellence pour la guerre à synchroniser et intégrer les efforts de la marine à travers le champ complet de la défense aérienne et antimissile, comprenant les défenses aérienne, antimissile de croisière et antimissile balistique. » [13]

Les deux dernières semaines regorgent d’histoires dans la même veine et pour attirer l’attention plus près de la Terre, Strategy Page, un site étatsunien, rapportait que selon une source russe, « les États-Unis ont acheté deux chasseurs à réaction Su-27 de l’Ukraine [qui] serviront à entraîner les pilotes militaires étatsuniens, lesquels pourraient faire face à des ennemis à bord de ces avions. L’armée étatsunienne les utilisera pour tester ses radars et son équipement de guerre électronique. » [14]

À ce moment même, le client des États-Unis en Ukraine, le président Viktor Iouchtchenko, dont la cote de popularité est plongée à près de 1 %, a signé une directive pour la préparation à l’adhésion complète à l’OTAN. Quelques jours plus tard, une délégation militaire étatsunienne a visité le pays pour inspecter un réservoir de stockage et planifier « une réforme du système d’entraînement au combat ». [15]

En matière d’entraînement à la guerre contre la force aérienne russe, ce qui s‘est passé en Ukraine n’est que la dernière d’un bon nombre d’actions de ce genre.

Immédiatement après la pleine adhésion du pays à l’OTAN, le 81e escadron de chasse étatsunien s’est rendu à Constanta en Roumanie (pays où le Pentagone a depuis acquis quatre nouvelles bases) afin de s’entraîner au combat contre les MiG-21 russes.

Selon un des pilotes étatsunien présent, « c’était pas mal chouette : on est assis dans un MiG-21 qui décollera dans quelques jours avec un pilote expérimenté aux commandes. C’était un bras de l’Union soviétique et ces pilotes volaient avant qu’elle n’éclate. Ils ont une bonne idée de ce que c’est. » [16]

En juillet de l’année suivante, le 492e escadron de chasse étatsunien était déployé à la base aérienne de Graf Ignatievo en Bulgarie voisine afin que « les forces aériennes de divers pays [aient l’opportunité] de connaître les tactiques et les capacités des aéronefs de l’un et de l’autre. » 

« Au moment où la première semaine d’entraînement prend fin, les pilotes des F-15E Strike Eagles, des MIG-29 et des MIG-21 partagent leurs connaissances sur les aéronefs et les tactiques. »

On cite un colonel des forces aériennes étatsuniennes : « Seulement 2 des 38 membres de l’équipage d’aéronef ont eu la chance de voler aux côtés des MIG. D’ici à ce que l’exercice soit terminé, tout le monde aura eu le temps de voler dans un MIG ou à leurs côtés. [17]

Un mois plus tard, le 22e escadron de chasse expéditionnaire des États-Unis est arrivé en Roumanie pour effectuer les exercices Viper Lance, lesquels « marquaient le premier entraînement de pilotes de F-16 étatsuniens en Roumanie [et] la première fois que des pilotes de MIG-21 et de F-16 volaient en formations pour mener des manœuvres de combat élémentaires, un entraînement au combat aérien avec différents types d’aéronefs, ainsi que des missions d’attaques air-sol ». [18]

La prochaine citation est d’un pilote de F-16 Fighting Falcon :

« Mon vol dans le siège arrière d’un Lancer [MiG-21] constitue une bonne opportunité de voir un aéronef différent et c’est un honneur et un véritable privilège. Je veux voir ce qu’ils voient de leur cockpit et avoir un autre angle de compréhension face à nos adversaires. » [19]

Il y a deux semaines un escadron de combat de l’US Air Force s’est rendu à la base aérienne de Bezmer en Bulgarie. « C’est la première fois qu’un escadron de combat de l’USAFE [United States Air Forces in Europe] se déploie à cet endroit […] Ce qu’il y a de plus gratifiant dans cette expérience, est de savoir que j’aide ces pilotes à s’entraîner pour la guerre », a souligné un des militaires de l’USAFE sur les lieux. [20]

Dans le but de préparer les États-Unis pour le combat aérien contre toute la gamme d’aéronefs militaires russes, l’Inde était invité aux exercices de combat aérien annuels Red Flag en Alaska en 2007, des jeux de guerres « dont l’objectif est de former les pilotes des États-Unis, de l’OTAN et d’autres pays alliés pour de vraies situations de combat.

« Cela comprend l’utilisation d’équipement “ennemi” et de vraies munitions pour des exercices de bombardements. » [21]

L’Inde a fourni six chasseur Sukhoi SU-30MKI, « particulièrement pertinents pour cet exercice puisqu’[ils sont] fabriqués en Russie, donc traditionnellement considérés comme “hostiles” ». [22] 

Le 1er mai, la patrouille aérienne tchèque de l’OTAN entamait sa rotation de six mois dans le ciel balte, au-dessus de l’Estonie, de la Lettonie et de la Lituanie – à cinq minutes de la deuxième plus grande ville russe, Saint-Pétersbourg. À cette occasion, un officiel tchèque se vantait : « La zone que nous protégeons est presque trois fois plus grande que la République tchèque. C’est un avant-poste de l’OTAN. »

Le commandant de la force aérienne lithuanienne, Arturas Leita, a pour sa part annoncé que « les pays baltes demanderaient probablement la prolongation de la mission des forces aériennes au sein de l’OTAN jusqu’en 2018. » [23]

Du 8 au 16 juin, la Suède accueillera une simulation de l’OTAN appelée Loyal Arrow, décrite comme « la plus grande simulation de forces aériennes jamais vue dans la baie de Botnie, située entre la Suède et la Finlande », [24] également à proximité de Saint-Pétersbourg. Un porte-avions britannique et plus de 50 chasseurs y participeront. 

Cet exercice débutera exactement une semaine après la fin des jeux de guerre Cooperative Lancer 09 de l’OTAN menés par les États-Unis en Géorgie, sur le flan sud de la Russie.

En parlant des dangers s’appliquant uniformément à tout ce qui précède, le site web du ministère de la Presse et des Médias de masse de l’Ossétie du Sud citait récemment la mise en garde de la politologue Irina Kadzhaev

« Aujourd’hui la situation est beaucoup plus sérieuse qu’avant août 2008. La menace antérieure ne mettait que l’Ossétie du Sud et l’Abkhazie en danger, mais comme la Russie a reconnu l’indépendance de ces deux États et a conclu des ententes envisageant la présence de ses forces armées sur leurs territoires, si la guerre éclate à nouveau, elle ne se limitera pas au Caucase.

Le nouveau président des États-Unis n’a pas apporté de changement crucial en ce qui a trait à la Géorgie, mais en raison de son rôle dominant au sein de l’OTAN, il insiste toujours sur l’adhésion rapide de ce pays à l’alliance. Si celle-ci se concrétise, le monde fera face à une menace bien plus grave que les crises de la guerre froide.

Dans ce nouveau contexte, la guerre de la Géorgie contre l’Ossétie du Sud pourrait facilement devenir la guerre de l’OTAN contre la Russie. Il s’agirait d’une troisième guerre mondiale. » [25]

 


Notes

 

1) Virginian-Pilot, 13 mai 2009

2) Ibid

3) Global Security, 12 mai 2009

4) Air Force Link, 1er juin 2007

5) U.S. Department of Defense, 12 novembre 2008

6) Associated Press, 5 mai 2009

7) Space Flight Now, 5 mai 2009

8 Pratt & Whitney, 5 mai 2009

9) Ducommun Incorporated, 29 avril 2009

10) Russian Information Agency Novosti, 7 mai 2009

11) Russia Today, 5 mai 2009

12) Euronews, 6 mai 2009

13) Navy News, 30 avril 2009

14) Moscow News, 11 mai 2009

15) National Radio Company of Ukraine, 29 avril 2009

16) Air Force Link, 2 août 2005

17) U.S. Air Forces in Europe, 24 juillet 2006

18) Stars and Stripes 26 août 2006

19) Air Force Link, 17 août 2006

20) Air Force Link, 28 avril 2009

21) Indo-Asian News Service, 26 novembre 2007

22) Avionews (Italy) 28 novembre 2007

23) Czech News Agency, 1er mai 2009

24) Barents Observer, 7 mai 2009

25) Ministry for Press and Mass Media of the Republic of South Ossetia, 27 avril 2009


Article original, Pentagon Preparing For War With The Enemy: Russia, le 14 mai 2009.Traduction : Julie Lévesque pour Mondialisation.ca.  
Rick Rozoff est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.

la Paralysie du Profit

18 mai

photo_1221644343415-1-0_zoom

Chapitre 1 « la Paralysie du Profit »

Lorsque les politiques corrompues par les attentes économiques des vicieuses multinationales perdent la face et que le garant des conditions de vie raisonnable n’est pas plus apte impartialement que intègrement à répondre démocratiquement aux aspirations citoyennes, c’est à la population d’agir aujourd’hui pour garantir ses droits civiques, de réagir au nom du testament pléthorique des parents d’hier et d’intervenir à l’égard de l’héritage probe des enfants de demain. Je cite « Nous ne savons pas, et ne pouvons savoir (audacieusement je dirais que nous n’avons pas besoin de savoir) comment l’humanité vivait il y a des millions, ou même des dizaines de milliers d’années. Mais, de ces temps reculés dont nous avons une connaissance fiable, nous apprenons que l’humanité a vécu en tribus, nations, clans séparés dans lesquels la majorité, se soumettant à l’apparemment inévitable, a rendu possible le règne par la force d’une ou plusieurs personnes d’une minorité. Nous savons cela avec certitude. Une telle organisation de la vie humaine s’est manifestée de manière similaire (sans sous-estimer la diversité extérieure des événements et des personnes) dans tous les pays dont nous avons des bribes d’histoire ancienne. Et une telle conception de la vie, aussi loin que nous remontions, a toujours été considérée comme la base nécessaire à des rapports sociaux harmonieux, tant par les dirigeants que par les dirigés. En conséquence, elle fut partout.» d’après une lettre d’un Hindou à Léon Tolstoï, 1908.

6_20

Préambule

Pour combattre un ennemi invisible mais bien réel tel que le profit, le boycott économique est une tactique limitée à l’image respectueuse des courageux jeunes enfants palestiniens jetant des pierres contre les chars d’assaut Merkava de Tsahal. Le vrai boycott total est symboliquement une terrible arme politique d’un état de droit en plein accord avec sa constitution légitime et sans amendement débattu avec, par et pour les multinationales. Il n’y a pas 36 solutions pour porter un coup dur au profit, il faut prendre le mal à la racine.

Qu’est-ce que le profit à l’échelle d’un modeste ouvrier et humble chef de famille ?

Dans une définition simplifiée. Avant d’atteindre le consommateur et le fameux caddy de la ménagère, le profit, ce ne sont que des marchandises qui transitent d’un site de culture vers une usine de traitement au moyen de nombreux véhicules, du supertanker au chariot élévateur, et dont la valeur palpable stimulée sans les taxes gouvernementales, d’administration, douanières, etc, est négociée selon la demande faite et la quantité

traders

traders

 possible par les cupides traders à la Bourse, l’antichambre scélérate du profit où les bénéfices remplissent les caisses des patrons d’entreprise sans le moindre scrupule pour l’effort des travailleurs au salaire étudiée entre le gouvernement aux abois et les chétifs syndicats qui ne se battent pas assez pour faire valoir la véritable valeur laborieuse des ouvriers qualifiés.

6_20

la Manoeuvre Seigneuriale : « Rébellion »

En dépit d’un ” lock-out” dont la pratique est interdite dans la plupart des pays européens, la plus efficace stratégie primaire d’une paralysie temporaire du profit vise tout d’abord les infrastructures de transition, c-à-d les sites, les usines et les dépôts, et trouve son application directe

sit-in

sit-in

 à l’aide d’un blocus éclair exécutable par des méthodes pacifiques du genre ” sit-in” ou avec des grosses chaînes en étant cadenassés les uns aux autres, ou encore l’emploi des voitures utilisées telles des barricades pour bloquer les différents accès de chargement de marchandises, de déchargement des matières premières ou du zoning industriel tout entier.

- Sauvage en nombre et non-officielle évidemment dans un premier temps, cette tactique insurrectionnelle d’action rapide provoque une certaine précipitation des forces de l’ordre prises au dépourvu, nécessitant un appel majeur de renforts pour libérer les accès autant que pour la gestion des personnes.

- La nécessité d’une préparation aussi méticuleuse que secrète. Un minimum d’assistants responsables équipés de talkie-walkie et un maximum de collaborateurs n’attendant qu’un simple sms codé.

- Inutile de rappeler que la presse doit être prévenue au dernier moment mais se doit d’être présente dès le commencement de l’action.

- Les pertes financières pour l’entreprise se chiffrent en milliers de francs par heure de paralysie d’où l’importance du caractère non-officiel.

6_20

la Manoeuvre Princière : « Insurrection »

La stratégie secondaire visent explicitement toutes les voies de navigation, c-à-d les autoroutes, le réseau ferroviaire, les aéroports et les ports maritimes. Nous entrons dans un cadre où les capacités individuelles ne sont pas à la portée du premier quidam venu car les actions de ces blocus réclament certains moyens lourds mais surtout du personnel breveté et compétents.

blocage routier

blocage routier

- Les axes routiers, les bretelles, les échangeurs et les périphériques ont déjà prouvé plus d’une fois leur grande efficacité par le blocage des semi-remorques comme l’utilisation massive de terre et barils pour obstruer et les gros ballots de paille afin de boucher les passages, toujours dans le but de faire perdre du temps aux forces de l’ordre ainsi que les équipes de déblayage.

- L’occupation imposante des chemins de fer, d’entrée et sortie de gare et d’avantage le bousillage catégorique des caténaires appartiennent déjà à une caste supérieure de méthodes risquées par leur exécution. Les dangers

manifestants sur les voies de chemin de fer

manifestants sur les voies de chemin de fer

 d’électrocution ou du passage d’un train restent omniprésents lors du commencement de l’action. Cependant, un train bloqué à un certain endroit névralgique peut occasionner d’énormes embarras du trafic général et si les gens ne peuvent se rendre à leur travail, personne ne saura faire le boulot à leur place.

- Les invasions en petits groupes indépendants du tarmac des pistes d’un aéroport destiné au fret comme d’une tour de contrôle et l’immobilisation des avions de transport de marchandises constituent aussi un énorme problème pour le planning des horaires de vol régulier prévu des jours voire des semaines à l’avance, sachant que les voies de navigation du trafic aérien sont débattues d’une manière internationale et non nationale, en commun accord avec d’autres aéroports.

- La léthargie des ports maritimes peut se pratiquer aussi bien sur terre par les voies d’accès que sur mer, dans l’entrée du port et en

immobilisation d'un tanker

immobilisation d'un tanker

groupe compact à bord de canoë, jet-ski et bateaux pneumatiques avec le même courage que Greenpeace. Mais aussi le long des canaux dans l’intérieur du pays. L’utilisation implacable de cordes attachées à une bouée solide peut entraîner une panne des hélices du navire et son arrêt immédiat avant que des plongeurs viennent réparer et qui une fois encore situé au bon endroit peut entraîner de graves perturbations du trafic maritime.

6_20

la Manoeuvre Royale : « Révolution »

La stratégie tertiaire se situe directement dans les villes et est donc de type guerilla urbaine. Les cibles visées sont aussi bien les grandes zones de profit, c-à-d les banques, les centres commerciaux, les supermarchés et la Bourse que les moyens d’y accéder, c-à-d les principaux lieux de passage, les routes, les transports urbains, les métros, trams, bus et leurs dépôts.

manifestation nocturne

manifestation nocturne

En utilisant le principe d’une escalade des actions aux quatre coins de la ville, en temps et en heure selon une coordination irréprochable, il y a une plus grande probabilité de concentrer les forces de l’ordre dans différents secteurs choisis auparavant plutôt que le déclenchement simultané de toutes les actions. En plus des méthodes et outils utilisés dans la manoeuvre seigneuriale surtout pour le blocage de certains édifices telle que la Bourse, les moyens mis en oeuvre ici pour aboutir à un résultat décisif sont relativement simples et à la portée de tous.

le champ de bataille

état de siège

- Des centaines de pneus à brûler et autres objets facilement inflammables pour engendrer une épaisse fumée opaque que pas mêmes les hélicoptères ne sauraient voir au travers mais non pas utilisés dans ce but, seulement pour déclencher chez le commun du mortel le choc psychologique d’un véritable état de siège.

autopompe

autopompe

- Les clous pour crever les pneus des voitures afin de bloquer les axes pour empêcher l’arrivée des forces de l’ordre, du moins pour ralentir temporairement les autopompes et autres gros engins anti-émeute.

- A défaut de ne vouloir occasionner des dégâts à l’encontre de l’équipement gouvernemental mais pas contre ceux des citoyens, les bennes à ordures et voitures utilisées en barricades dans le but de bloquer directement les accès proches des lieux où sont entreposés les plus gros véhicules policiers.

- Le fait d’utiliser de la peinture ou des voiles épais sur les pare-brise depuis les ponts ou autre niveau surélevé, un peu comme les mâchicoulis des châteaux durant le Moyen-Âge où était déversé de l’huile bouillante, est techniquement assimilé à une embuscade capable de détourner une partie des effectifs des forces de l’ordre.

- L’emploi du masque à gaz par des insurgés rapides pour à la fois contrer la propagation des gaz lacrymogènes et les éloigner. 2968357601_337967d83a

- L’usage d’un gros paravent métallique mobile tel un bouclier par des insurgés forts pour dévier le tir d’autopompe.

- Le légendaire cocktaïl Molotov.

Synthèse

« J’ai mis devant toi une lumière que tu peux suivre, ainsi tu peux courir sans trébucher. » Krishna. Malgré les violences inévitables de très

arrestation d'un insurgé

arrestation d'un insurgé

 grande ampleur qui sont attendues principalement dans cette dernière opération équivalente presqu’au chaos citadin le plus total, dans l’absolu les batailles se doivent de rester propre dans le camp des activistes car le juge suprême est l’opinion publique. Un point sur lequel j’insiste absolument, combattre stratégiquement ne consiste pas à tout casser anarchiquement. La discipline, l’éthique et la moralité sont de rigueur dans une cause louable et vertueuse tel un code de conduite, un ersatz susceptible de déclencher une manoeuvre impériale type ” coup d’État” par l’accomplissement intégral des trois manoeuvres conjointement. Malheureusement, il y a de fortes chances à parier qu’il y aura toujours des débordements minimes ou majeurs à déplorer à cause de la frustration inculquée, la peur subite et la rage transmise. « Nous ne pouvons juger du degré de civilisation d’une nation qu’en visitant ses prisons. » Dostoievski. J’insiste donc sur la priorité de rester maître de ses émotions quoiqu’il arrive à autrui, quoiqu’il se passe autour. Un autre point important, même conscient de la supériorité numérique des activistes, tous ces nombreux actes de grande désobéissance civile engendrent par la suite sur de lourds coûts à tous les niveaux du système par notamment des enquêtes policières sur les responsables de l’événement, des poursuites judiciaires, la fourrière, les frais d’éventuelles blessures physiques et les dégâts pris en charge pour la plupart par les assurances. Il ne faut toutefois pas oublier les possibilités de mise en place de la loi martiale qui suit l’application du décret de

flics anti-émeute

flics anti-émeute

couvre-feu plus que probable. Le maintien de l’ordre peut en effet être un prétexte pour restreindre les libertés individuelles, en particulier le droit à la liberté d’opinion et d’expression. Il est crucial d’aussi rappeler que l’ennemi visé dans ce premier chapitre de traité de stratégie est le profit, non le système en lui-même. Dans une communauté de pays comme l’Union Européenne, un pays dont le gouvernement impuissant s’écroule provoque seulement quelques remous fâcheux au niveau international. Néanmoins, la chute de la Bourse d’un pays instable suscite de sérieuses craintes au sein des autres gouvernements comme des grandes multinationales et plus que le monde actuel, l’histoire des hommes s’en souviendra.

 6_20

« Lorsque dans le cours des événements humains, il devient nécessaire pour un peuple de dissoudre les liens politiques qui l’ont attaché à un autre et de prendre, parmi les puissances de la Terre, la place séparée et égale à laquelle les lois de la nature et du Dieu de la nature lui donnent droit, le respect dû à l’opinion de l’humanité oblige à déclarer les causes qui le déterminent à la séparation. Nous tenons pour évidentes pour elles-mêmes les vérités suivantes : tous les hommes sont créés égaux ; ils sont doués par le Créateur de certains droits inaliénables ; parmi ces droits se trouvent la vie, la liberté et la recherche du bonheur. Les gouvernements sont établis parmi les hommes pour garantir ces droits, et leur juste pouvoir émane du consentement des gouvernés. Toutes les fois qu’une forme de gouvernement devient destructive de ce but, le peuple a le droit de la changer ou de l’abolir et d’établir un nouveau gouvernement, en le fondant sur les principes et en l’organisant en la forme qui lui paraîtront les plus propres à lui donner la sûreté et le bonheur. La prudence enseigne, à la vérité, que les gouvernements établis depuis longtemps ne doivent pas être changés pour des causes légères et passagères, et l’expérience de tous les temps a montré, en effet, que les hommes sont plus disposés à tolérer des maux supportables qu’à se faire justice à eux-mêmes en abolissant les formes auxquelles ils sont accoutumés. Mais lorsqu’une longue suite d’abus et d’usurpations, tendant invariablement au même but, marque le dessein de les soumettre au despotisme absolu, il est de leur droit et de leur devoir de rejeter un tel gouvernement et de pourvoir, par de nouvelles sauvegardes, à leur sécurité future. »

Extrait de la Déclaration d’indépendance des États-Unis d’Amérique, Thomas Jefferson, 4 juillet 1776.

Ahmiri Saïd

Source : Wikipedia

la Guerre de la Liberté

17 mai

5he22uga

La Guerre de la Liberté

« Bonjour, je suis fermement opposé à cette décision car aujourd’hui la FCC renforce la nouvelle élite des médias avec des degrés d’influences inacceptables sur les idées et les informations dont notre société et notre démocratie dépendent. Cette décision donnera à quelques corporations les clés du dialogue civil, un plus grand contrôle sur le choix de la musique, des divertissements et de l’information, et un pouvoir absolu sur ce que le public regarde, lit et entend. La dérégulation de la radio nous donne des enseignements précieux. Quand nous avons dérégulé les radios, nous avons pu constaté des conséquences énormes et pour la plupat sans précédent. La diversité musicale a souffert, la standardisation de la musique a enterré les artistes locaux et originaux qui ont de plus en plus de mal à être diffusés. Les lignes éditoriales sont devenues partiales. La compétition a disparu dès lors que quelques compagnies se sont partagées le marché. Cette expérience devrait nous terrifier considérant que nous risquons de causer à la télé et aux journaux les mêmes ravages qu’à la radio. Cette décision autorisera les grosses compagnies à racheter les journaux locaux et à exercer une influence énorme par le contrôle de 3 chaînes de télé, 8 stations de radio, le câble plus le journal déjà acquis à la cause. Cette décision autorisera les grosses chaînes de télé à racheter les plus petites, leur donnant le contrôle d’un incroyable 80 à 90% de l’audience télévisuelle. Où est le souci de proximité, de diversité et de compétition ? Je vois de la centralisation, pas de la proximité. Je vois de l’uniformité, pas de la diversité. Je vois du monopole, de l’oligopole, pas de la compétition. 90% des chaînes du câble sont aux mains des mêmes géants qui possèdent les chaînes de télé et le système du câble. Plus de chaînes, c’est bien, mais si elles appartiennent toutes aux mêmes personnes, cela n’encourage ni la proximité, ni la diversité, ni la compétition. Et ceux qui pensent qu’Internet à lui seul va nous sauver de ce destin, feraient bien de réaliser que ceux qui détiennent les clés d’Internet sont les mêmes géants qui contrôlent radios, télés, journaux et câble. Les réactions du public face à cette décision est d’un niveau jamais vu à la FCC. Dans les 750 000 commentaires que l’on a reçus, il y a une quasi unanimité contre ce projet : 99,9%. »

Discours du commissaire Michael Coops de la FCC (Federal Communications Commission), le 2 juin 2003 paru dans le documentaire Orwell se retourne dans sa tombe.

Visant explicitement l’empire du magnat Rupert Murdoch propriétaire du New York Post, Wall Street Journal, la chaîne Fox News aux États-Unis et le journal The Times au Royaume-Uni, c’est avec cette introduction avant-gardiste, reflet d’une obscure et obscurantiste époque médiatique qui sombre dans la globalisation despotique en marche vers une dictature mondiale, que j’ouvre ce billet sur le noble combat de la liberté d’expression et la survie de l’un de ses derniers remparts touchant un maximum de personnes à travers le monde, Internet. Pour ma part et sans vouloir ternir le courage des journalistes de la presse indépendante, les livres étant l’autre ultime bastion de dévoiler en profondeur les faciès de la vérité, rien que la vérité qui dérange les élites.

429078442_4316eea154L’histoire de la liberté d’expression se souviendra toujours de la semaine noire du 11 au 17 mai 2009 qui aura notamment vu Hadopi : le projet de loi Création et Internet adopté par 53% des voix de l’Assemblée Nationale, le licenciement arbitraire par la direction de TF1 de l’un de ses employés anti-Hadopi suite à un e-mail du cabinet de la ministre de la Culture et de la Communication Christine Albanel, mettant en évidence de potentiels liens entre la chaîne privée du groupe Bouygues, dont le dirigeant Martin Bouygues fut le témoin du second mariage de Nicolas Sarkozy, et le gouvernement de François Fillon, ainsi que la suppression du compte à Dailymotion du chroniqueur critique LLP alias Le Libre Penseur quelques jours après que le film ” The Obama Deception ” du réalisateur, scénariste, acteur et producteur américain Alex Jones ait été censuré aussi bien sur le site communautaire d’hébergement américain Youtube que Dailymotion créé en mars 2005 par les parisiens Benjamin Bejbaum et Olivier Poitrey. Dans le même registre d’intimidation de la démocratie française d’Émile Zola à l’époque de l’affaire Dreyfus, nous pourrions même rajouter l’empêchement du bus Dieudonné de déposer sa liste antisioniste au ministère de l’Intérieur par 7 cars de CRS sur les Champs-Élysées. J’accuse la ministre de l’Intérieur, de l’Outre-Mer et des Collectivités territoriales, madame Michèle Alliot-Marie de s’être rendue complice, tout au moins par faiblesse d’esprit, d’une des plus grandes iniquités du nouveau millénaire.

censure_1231423658

Rappel, encore un.

La liberté d’opinion et d’expression est généralement considérée comme une liberté fondamentale de l’Homme. Elle est citée à l’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme comme suit : « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. »

De même, dans la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen de 1789  à l’article 11 : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. »

Et pour l’Europe, dans la Convention européenne des droits de l’Homme, Conseil de l’Europe de 1950, à l’article 10 : « 1 Toute personne a droit à la liberté d’expression. Ce droit comprend la liberté d’opinion et la liberté de recevoir ou de communiquer des informations ou des idées sans qu’il puisse y avoir ingérence d’autorités publiques et sans considération de frontière. Le présent article n’empêche pas les États de soumettre les entreprises de radiodiffusion, de cinéma ou de télévision à un régime d’autorisations. »

« 2 L’exercice de ces libertés comportant des devoirs et des responsabilités peut être soumis à certaines formalités, conditions, restrictions ou sanctions prévues par la loi, qui constituent des mesures nécessaires, dans une société démocratique, à la sécurité nationale, à l’intégrité territoriale ou à la sûreté publique, à la défense de l’ordre et à la prévention du crime, à la protection de la santé ou de la morale, à la protection de la réputation ou des droits d’autrui, pour empêcher la divulgation d’informations confidentielles ou pour garantir l’autorité et l’impartialité du pouvoir judiciaire. »

Est-ce que ces droits inaliénables à la démocratie élémentaire s’appliquent également dans le cadre actuel de la Guerre au Terrorisme que livre l’OTAN, et principalement les États-Unis au reste du globe, en particulier l’Eurasie si riche en ressources énergétiques ? Est-ce que ces prémices de non-droit à la liberté d’opinion et d’expression en France représentent l’aube de l’édification d’une version européenne du Patriot Act avant l’ensemble des pays occidentaux d’Europe et de leurs alliés des continents africain, asiatique et océanien ? Dans l’immédiat, ce ne sont pas les plus importantes questions à se poser, pas plus que le pourquoi d’un tel contrôle néfaste des supports de communication trouvant autant ses nombreuses réponses dans l’introduction se résumant à l’influence élitiste et l’endoctrinement public que dans la phrase : ” Si les masses savaient, si on ne leur cachait pas la vérité, elles se révolteraient. ” reprise d’un article de Clovis Casadue paru récemment sur Mecanopolis et dans de nombreux autres sites et blogs, Agoravox, Alterinfo ou encore la Voix des Opprimés, mais dans quel but inavouable cette influence élitiste exerce-t-elle cette régulation autocratique, une véritable mainmise de l’information ? Est-ce pour l’argent ? L’audimat ? La contrevérité ? L’audimat faisant de l’argent, ce serait peut-être bien cette dernière option d’hypocrisie médiatique cherchant froidement à dissimuler des secrets lourds en conséquences gouvernementales qui pourrait à la fois appuyer les réponses de la précédente énigme du pourquoi d’un tel contrôle néfaste que répondre aux vraies raisons recherchées par le gouvernement fantôme de la planète, l’aveuglement de la population mondiale, le musellement des libertés individuelles, les mécanismes antirévolutionnaires de répression systématique et de rejet instinctif de l’opposition, l’esclavage cérébral mais avant tout et surtout, la peur. L’obscurantisme par excellence pour une meilleure gouvernance unilatérale. Des méthodes dictatoriales dignes des plus sombres heures de la Gestapo et du KGB.

 
« Et j’en appelle à tous les gouvernements, aucun d’entre-nous n’en sortira (de la crise financière) en faisant sa propre politique dans son coin, isolé de ce que font les autres. Aucun. Nous avons besoin du dynamisme de chacun, pour deux choses. La première, trouver un nouveau système de régulation. Ce sera l’enjeu du sommet de Londres. Et je puis vous dire une chose. L’Europe aura une position commune, et forte. Et je puis vous dire une deuxième chose. Nous n’accepterons pas un sommet qui ne décidera pas. Et je puis vous dire une troisième chose. On ira ensemble vers ce Nouvel Ordre Mondial. Et personne, je dis bien personne ne pourra s’y opposer. Car à travers le monde, les forces au service du changement sont considérablement plus fortes que les conservatismes et les immobilismes. Nous voulons de la transparence. »

Extrait du discours de Nicolas Sarkozy, le 16 janvier 2009.

dyn010_original_400_400_jpeg_2626972_2aab77ee940ef0618966ddccdc88620b
Le droit à la parole

Dès le début du discours prononcé par le président iranien Mahmoud Ahmadinejad lors de la conférence sur le racisme Durban II qui s’est tenue à Genève notamment boycottée par le pays de la liberté, les États-Unis, les représentants de 23 nations de l’Union Européenne se sont levés et ont quitté la salle en donnant au monde un bel exemple pitoyable de ce que représente la liberté d’expression en 2009. Mais avant cette conférence lors du World Economic Forum qui s’est tenu à Davos le 29 janvier 2009 et malgré tous les enjeux économiques unissant la Turquie et Israël, il y a eu un autre cas analogue de non-respect à la liberté d’expression avec le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan qui a, tel un show pytoresque pour les uns, une preuve de solidarité à l’égard du peuple palestinien pour les autres voir un héros du peuple turc, claqué la porte au WEF après que son temps de parole fut réduit à 12 minutes par le modérateur du forum tandis que le président israélien Shimon Peres avait eu droit à 25 minutes. Autre cas emblématique dans l’émission Ripostes abordant le réintégration de la France dans le commandement de l’OTAN fut celui du sénateur de l’Essonne Jean-Luc Mélenchon et le député atlantiste Pierre Lellouche dans un débat houilleux où le sénateur essayant tant bien que mal de finir ses phrases, sans cesse coupé par le député, dit alors : « Puisque qu’on ne peut pas parler, voilà, parlez tout seul monsieur Lellouche. Vous ressemblez à ceux que vous défendez ! ». Après avoir été traité par deux fois d’être alligné à la CIA qui rétorqua plusieurs fois au sénateur d’être un « Pauvre type ! », je cite Pierre Lellouche : « On serait au 19ième siècle, je vous provoquerais en duel et je vous flinguerais ! Et ce serait mérité ! ». On pourrait tirer comme conclusion hâtive de ces deux dernières phrases menaçantes du grossier député Lellouche sa possible préférence barbare pour l’emploi des armes plutôt qu’un sage dialogue avec le respect mutuel d’écoute d’autrui et de liberté d’expression et d’opinion. De 2004 à 2006, Pierre Lellouche fut le président de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN et depuis mars 2009, le député est le représentant spécial de la France pour l’Afghanistan et le Pakistan.

Internet dans la ligne de mire

Force est de constater que l’étroit lien ancestral d’Internet et le DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency) ne tient plus qu’à censure-internetune prise à Washington DC pour à nouveau reprendre une image mécanopolicienne du confrère Régis Mex dans sa traduction de l’article ” La prise de l’Internet sera bientôt débranchée ” paru sur le site PrisonPlanet, il devient de plus en plus urgent de se battre contre les restrictions des libertés individuelles avec la même ardeur contre la pornographie infantile que le pouvoir d’achat, ou métaphoriquement un Taliban en Afghanistan, mais en même temps pour en retirer un bien d’un mal, ce sont vers les réunions privées, les échanges secrets de données, les débats à huit clos et autres rassemblements anonymes que ces désastreuses restrictions poussent inéxorablement. Paradoxalement, priver le citoyen de ses derniers moyens d’expression risque bel et bien de conduire le monde à une nouvelle élévation du niveau d’insurrection bouillante, peut-être même est-ce là la goutte d’eau qui fera déborder le vase et à ces mots, j’en entend déjà penser : ” Vivement que cela arrive ! ” Il est hélas fort dommage de réaliser à quel point critique nous, humbles internautes, en sommes arrivés pour rédiger ce genre d’articles nécessaires pour la survie et l’utopique demande d’une mise sous tutelle indépendante de ce formidable outil de communication mondiale, de partage de sagesses notoires. Aussi regrettable que devoir crier une fois de plus : ” Aux armes ! Citoyens ! C’est la guerre de la liberté !

Ahmiri Saïd

Sources : Karlzéro.tv, Mecanopolis, Wikipedia.

L’UE, l’OTAN et les États-Unis : l’Alliance du XXIe siècle pour une domination mondiale

13 mai

L’UE, l’OTAN et les États-Unis : l’Alliance du XXIe siècle pour une domination mondiale

feature_jet_1

L’OTAN évolue. D’une alliance face à l’URSS, elle est devenue un élément du bloc occidental, au même titre que l’Union européenne et les États-Unis (bien que ceux-ci en soient eux-mêmes le principal membre). Au-delà de la rhétorique lénifiante, le fait est que ce bloc est constitué par les anciennes puissances coloniales et qu’il déploie aujourd’hui ses troupes dans ses anciennes colonies. Rick Rozoff décrit ici la mise en œuvre progressive de cette domination globale inavouée.

Le sommet de l’OTAN (Srasbourg-Kehl) fut l’occasion d’officialiser le retour de la France au sein du commandement militaire intégré de l’Alliance Atlantique, instance dont elle s’était retirée il y a 43 ans. Il y fut également question de la modernisation du Concept stratégique de 1999 afin de mettre l’accent sur l’intégration militaire OTAN-UE-USA. Enfin, l’Union Européenne a annoncé sa volonté de créer une force opérationnelle de 60 000 hommes constituée notamment de contingents provenant des pays du Nord et capable d’être projetée rapidement à n’importe quel endroit du globe. Intéressons-nous donc aux conséquences qu’auront ces décisions sur les relations entre les principaux centres du pouvoir économique, politique et militaire de l’Occident : l’Union Européenne, l’OTAN et les États-Unis.

Jusqu’à présent, l’opinion prévalant au sein des milieux autorisés repose sur quatre oppositions erronées :
- Le développement de capacités de défense toujours plus ambitieuses de la part de l’Union Européenne fait concurrence, voire pose un réel défi, à l’OTAN et à la stratégie d’alliance transatlantique.
- L’OTAN constitue un contrepoids multilatéral à l’unilatéralisme américain.
- L’Union Européenne est un ardent partisan de solutions diplomatiques et pacifiques quand Washington et l’OTAN se montrent souvent trop prompts à recourir à la force.
- L’UE est l’un des concurrents des États-Unis, si ce n’est le principal, en Europe et de plus en plus à travers le monde.

Si chacun est libre de croire à ces idées reçues, celles-ci se voient contredites constamment par les propos et les actes des décideurs et responsables politiques en Europe et au sein de l’OTAN ainsi que par les stratèges de Washington.

Sur les 27 États-membres de l’UE, 21 ont également ratifié le Traité de l’Atlantique Nord. Les 6 autres, à l’exception de Chypre pour le moment, à savoir l’Autriche, la Finlande, l’Irlande, Malte et la Suède, sont membres du Partenariat pour la Paix de l’OTAN. Parmi ceux-ci, seul le minuscule État de Malte ne dispose pas d’un contingent déployé sous l’égide de l’OTAN en Afghanistan, dans les Balkans ou ailleurs dans le monde.

L’Alliance Atlantique est constituée pour une grande majorité d’États membres de l’Union Européenne, à l’exception de la Norvège, de l’Islande, du Canada et des USA, ces deux derniers n’appartenant pas au continent européen.

S’il arrive que ces trois acteurs majeurs se trouvent en désaccord sur des questions secondaires d’ordre tactique, technique ou de calendrier, ils n’en demeurent pas moins unis sur les principaux enjeux stratégiques.

L’UE et l’OTAN sont officiellement partenaires depuis 1992 et la signature de l’accord Berlin Plus sur la mise en commun des moyens de défense et de renseignement.

Les États membres de l’UE qui n’ont pas encore intégré l’OTAN se trouvent eux aussi affectés par la subordination de l’Europe à l’Organisation puisque la Charte Stratégique de l’Alliance, datant de 1999 et toujours en vigueur actuellement, stipule que les arsenaux nucléaires des USA en particulier, mais également du Royaume-Uni et de la France sont « essentiels au maintien de la paix » et constituent « un lien politique et militaire fondamental entre les membres de l’Alliance en Europe et en Amérique du Nord ».

Suite aux années 1989-1991 qui virent la fin de l’ordre instauré après la Seconde Guerre mondiale en Europe et dans le monde, la dissolution du Pacte de Varsovie et du CAEM (le Conseil d’Assistance Économique Mutuelle), l’effondrement de l’Union soviétique et la partition violente de la Yougoslavie, les principales puissances occidentales s’attelèrent à nouveau à leurs projets de domination mondiale interrompus par deux conflits mondiaux. En ayant tiré les enseignements, elles formèrent un condominium en vue de se partager les ressources du globe, non seulement celles des anciennes colonies, des protectorats et autres territoires sous mandat, mais aussi de régions qui leur étaient restées jusqu’alors inaccessibles, comme l’ancienne URSS.

Pour preuve de cette affirmation, une déclaration du Secrétaire général de l’OTAN Jaap de Hoop Scheffer, il a quatre ans : « L’OTAN et l’UE effectuent de constants progrès dans la coordination du développement de capacités militaires modernes. Je suis convaincu que nous pouvons étendre cette coopération à de nouvelles zones représentant un intérêt pour notre sécurité commune où nous pouvons mettre en valeur notre complémentarité et unir nos efforts. Je veux ici parler de zones clés … telles que le Caucase et l’Asie Centrale. » [1]

Deux mois plus tard, Nicholas Burns, le sous-secrétaire d’État US d’alors, nommé à ce poste après avoir servi comme ambassadeur de Washington auprès de l’OTAN, abonda dans ce sens en se félicitant « de l’appel lancé par le Secrétaire général de l’OTAN Jaap de Hoop Scheffer, à intensifier la coopération entre l’Alliance atlantique et l’UE en vue de garantir la sécurité au-delà des frontières de l’OTAN en Europe, en Afrique et en Asie Centrale. » [2]

Burns a ensuite expliqué la répartition des tâches, telle que conçue à Washington du moins : « Soyons clairs. L’OTAN assure le gros des opérations militaires mais l’Union Européenne se charge du maintien de la paix … » [3]

Au cours d’une conférence sur la sécurité européenne qui se tenait le mois suivant à Berlin, le ministre de la Défense allemand de l’époque Peter Struck enfonça le clou, déclarant qu’il serait « illusoire de concevoir le développement des capacités de défense européennes indépendamment du cadre de l’OTAN » et ajoutant : « l’OTAN et l’UE travaillent actuellement dans le but d’être mieux à même de mener des missions hors de leurs frontières pour s’adapter à des enjeux de sécurité en constante mutation. » [4]

En d’autres termes, l’Union Européenne et l’OTAN considèrent le reste du monde, à l’exception du continent américain traditionnellement vu comme la chasse gardée des USA (encore que certains membres de l’OTAN y interviennent individuellement ou conjointement) comme un théâtre d’opérations légitime.
Cette nouvelle évolution significative par rapport à la situation d’avant 1991 constitue une forme de régression, une résurgence des ambitions coloniales des puissances européennes, le retour de la diplomatie du canon et des baïonnettes destinées à civiliser les « sauvages ».

Le tournant de l’après-Guerre froide a ainsi transformé l’Europe en substance, la ramenant, ainsi que l’Occident en général et toute la sphère d’influence de l’OTAN, à la situation d’avant 1939 voire au XIXe siècle qui connut l’apogée des empires coloniaux européens.

Officieusement, les grandes puissances occidentales ont en effet créé un ordre comparable à celui instauré par les congrès de Vienne en 1815 et de Berlin en 1878.

Le premier eut lieu à la fin des guerres napoléoniennes, peu avant la défaite de Waterloo, et ouvrit la voie à la création de la Sainte Alliance qui devait garantir que jamais plus les idéaux républicains ne feraient vaciller les trônes d’Europe.

Le tournant de 1991 a relancé la lutte contre l’idéologie républicaine, visant cette fois le communisme, les différentes variantes du socialisme ainsi que tout mouvement ou parti politique revendiquant la défense des intérêts des populations, à l’intérieur comme en dehors des frontières de l’Europe, contre les élites internationales dites « euro-atlantistes ».

Le second modèle, celui défini par la Congrès de Berlin, initia le processus de redécoupage des États de la péninsule balkanique et de partition de l’Afrique qui devaient débuter véritablement six ans plus tard à la Conférence de Berlin.

Il est inutile de s’attarder sur les similitudes entre cette époque et les événements récents tant celles-ci semblent évidentes.

La Conférence de Berlin, qui réunit des représentants d’Autriche-Hongrie, de Belgique, de Grande-Bretagne, du Danemark, de France, d’Italie, des Pays-Bas, du Portugal, de Prusse, d’Espagne et de Suède-Norvège, organisa avec le plus absolu cynisme le pillage et le sac du continent africain, notamment le bassin du Congo et la région des Grands Lacs.

Elle dessina également les modèles d’offensives militaires et économiques menées conjointement par les puissances occidentales contre des populations quasiment sans défense, schéma qui devait se répéter en Asie en 1900, lorsque des troupes austro-hongroises, belges, françaises, allemandes, italiennes, japonaises, russes et états-uniennes envahirent la Chine pour mettre un terme à la révolte des Boxers et protéger les intérêts économiques occidentaux.

Pour démontrer la pertinence de ce parallèle, voici ce qu’écrivirent George Robertson et Paddy Ashdown dans les colonnes du Times de Londres en juin dernier « la collaboration multilatérale au niveau européen doit … mettre davantage l’accent sur les questions de défense si elle veut être réellement crédible. Il faut accélérer la constitution d’unités de combat au sein de l’UE, compatibles avec les forces de l’OTAN, et formant la base d’une force anti-insurrectionnelle européenne capable d’intervenir dans des États en proie à la guerre civile ou dans un contexte post-conflictuel. » [5]

Point culminant de cette plaidoirie, cette analyse aussi abrupte qu’édifiante : « Pour la première fois depuis plus de 200 ans, le monde qui se dessine n’est plus intégralement dominé par l’Occident. Si nous voulons influer sur cet environnement plutôt que nous retrouver à sa merci, si nous voulons nous attaquer à certaines menaces liées à la mondialisation, alors un multilatéralisme concret s’impose … »

Que l’on considère ou non comme une nécessité cette volonté des principales puissances occidentales et de leur classe dominante de conserver, reconquérir ou étendre la domination mondiale, leur plan n’en constitue pas moins une véritable stratégie.

Contrairement aux élucubrations d’obscurs universitaires s’évertuant à redessiner le monde depuis le silence feutré de leur bibliothèque, ces déclarations ont eu les honneurs du Times car leurs auteurs ne sont en aucun cas des théoriciens, historiens ou penseurs politiques de second ordre.

Ils sont au contraire les principaux architectes et les exécutants sans pitié de l’ordre qu’ils défendent. Ils ont fait leurs preuves dans l’après-Guerre froide, ou, selon ce qui pourrait être leurs propres termes, dans ce laboratoire postmoderne que furent les Balkans aux cours des années 1990.

Lord George Robertson, ancien ministre britannique de la Défense, membre à vie de la Chambre des Lords et Baron de Port Ellen, fut Secrétaire général de l’OTAN de 1999 à 2004, succédant à Javier Solana, lequel fut par la suite nommé Haut Représentant pour la Politique Étrangère de Sécurité Commune et Secrétaire général du Conseil de l’Union Européenne et de l’Union de l’Europe Occidentale, ce qui équivaut au poste de ministre des Affaires étrangères de l’UE.

Paddy Ashdown fut Haut Représentant international pour la Bosnie-Herzégovine de septembre 2002 à mai 2006 où il se distingua par des méthodes arbitraires, despotiques et impitoyables qui lui valurent le surnom de « vice-roi », justifié en partie parce qu’il était le fils d’un ancien officier de l’Armée des Indes et parce que lui-même incarnait par son style le colonialisme passé et sa résurgence moderne.

Il y a près de quatre ans, la Commission internationale pour les Balkans, créée à l’initiative notamment du German Marshall Fund émit une critique virulente de la politique de l’Union Européenne et des Nations Unies dans les Balkans.

« La commission estime que la démocratie a été bafouée en Bosnie « par l’autorité coercitive » de Paddy Ashdown, le Haut Représentant de l’UE ».

Selon la commission, « les représentants internationaux se mêlent d’ingénierie sociale mais ne rendent aucun compte en cas d’échec de leur politique. Si les usages néocoloniaux des Européens se poursuivent, cela engendrera un mécontentement économique … » [6]

L’an dernier, comme pour le récompenser des faits évoqués, Ashdown se vit confier la succession des anciens maîtres de son père sur le sous-continent indien, un rôle que la presse qualifia à l’époque de « super-émissaire » en Afghanistan et qu’un quotidien britannique décrivit avec une certaine admiration : « Lord Ashdown serait chargé d’unifier les efforts de l’OTAN et des Nations Unis en Afghanistan. Pour cette mission de la plus haute importance, sa candidature devrait recevoir l’appui des responsables de l’OTAN. » [7]

Le gouvernement afghan témoigna moins d’enthousiasme que les partisans d’Ashdown et celui-ci vit finalement sa candidature rejetée, une preuve de l’esprit très « prémoderne » du peuple afghan (pour une définition du terme, voir plus bas).

Car, que le gouvernement de Kaboul ait été ou non informé des antécédents d’Ashdown, aux yeux des Afghans, celui-ci incarnait une version « postmoderne » de l’ancien diplomate britannique et éminence grise de Tony Blair en matière de politique étrangère Robert Cooper.

L’éminence grise en question est l’auteur de deux ouvrages, The Post-Modern State and the World Order (2000) et The Breaking of Nations : Order and Chaos in the Twenty-First Century (2003) et a contribué au premier ouvrage de la collection « Re-Ordering the World » The Long-Term Implications of September 11 (2002).

Cooper est considéré comme le père du « nouvel impérialisme libéral » et fut brièvement le représentant spécial de Tony Blair en Afghanistan suite à l’invasion de 2001.

Tout comme Robertson et Ashdown, il a joué un rôle dans l’élaboration et la mise en œuvre de stratégies et de politiques impérialistes.

Dans son premier livre, The Post-Modern State and the World Order, il classait les pays du monde en trois catégories : les prémodernes, les modernes et les postmodernes, une distinction qui, malgré une formulation légèrement différente, renvoie à la tendance des ses prédécesseurs à diviser le monde entre populations civilisées et sauvages.

Des variantes de cette conception du monde sont réapparues en Occident après la fin la Guerre froide et le nouvel ordre international qui s’est imposé par la suite a permis aux grandes puissances occidentales de se contenter de vagues engagements quant au respect de la majorité nouvellement émancipée de la population mondiale et de ses cultures, souvent plus anciennes et précieuses que celles des anciens colonisateurs et de leurs alliés nord-américains.

Après s’être vu refuser la possibilité de perpétrer la tradition familiale en Afghanistan, Ashdown devint le bras droit de Javier Solana en acceptant la charge de directeur général des affaires politiques et militaires auprès du Secrétariat général du Conseil de l’Union Européenne, position qu’il occupe encore à ce jour.

Cooper est également connu pour son rôle essentiel dans la création de la Politique Européenne de Sécurité et de Défense (PESD), présentée initialement comme Identité Européenne de Sécurité et de Défense lors du sommet des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN à Berlin, en 1996, où il fut convenu que l’Union de l’Europe Occidentale (UEO) superviserait sa création au sein des structures de l’OTAN.

La PESD est aujourd’hui dirigée par le Haut Représentant de l’Union Européenne pour la Politique Étrangère et de Sécurité Commune, Javier Solana, dont le principal collaborateur n’est autre que Robert Cooper. La PESD fut mise à l’épreuve pour la première fois en Macédoine en 2003 quand elle prit la succession de l’OTAN et demeure le principal outil de défense de l’UE.

Seconde victime de la campagne de Yougoslavie de l’OTAN en 1999, la Macédoine fut une première en matière de prise de relai par l’UE des missions d’occupation et de répression de l’OTAN, la force EUFOR Concordia succédant à l’Opération Allied Harmony.

En 2004, l’OTAN céda un nouveau protectorat à l’UE : la Bosnie, où la force de stabilisation SFOR fut remplacée par l’opération EUFOR Althea.

En 2008, l’Alliance Atlantique débuta le transfert du commandement de la KFOR (Kosovo Force), conformément à la résolution 1244 de l’ONU, à la mission EULEX de l’UE, entraînant une vive condamnation de la part de la Serbie et de la Russie.

En novembre de la même année, l’OTAN transmit les rênes de l’opération navale de grande ampleur EUNAVFOR Atalanta dans le Golfe d’Aden et au large de la corne de l’Afrique à l’Union Européenne, ce qui fut décrit comme « une grande première pour l’UE car elle se déroule loin du continent européen … L’opération Atalanta est un projet ambitieux. La zone maritime à contrôler est énorme… » [8]

Ces « missions de civilisation » menées conjointement par l’UE et l’OTAN dans des « zones de non droit » sont en constante expansion dans le monde prémoderne et moderne.

En février de cette année, le président du Comité militaire de l’OTAN Giampaolo Di Paola développa l’idée d’une mission trilatérale UE-OTAN-USA en arguant de « la nécessité d’une nouvelle forme de gouvernance au sein de laquelle l’OTAN, l’UE et d’autres grandes organisations internationales auront un rôle à jouer ». [Quel type de gouvernance mondiale ? Qui sont censés en être les gardiens autoproclamés ? Voilà qui justifie une étude approfondie. Les dirigeants de Bruxelles et de Washington évoquent fréquemment une « communauté internationale » quand l’expression cadre avec leurs discours, et ignorent aussi régulièrement les demandes de la véritable communauté des nations dans le cas contraire.

La population totale des 27 États membres de l’Union Européenne n’excède pas 500 millions d’habitants, soit moins du douzième de la population mondiale.

Si l’on y ajoute la population des États membres de l’OTAN hors UE, les USA, dont les 300 millions d’habitants représentent l’équivalent de 40 % de la population intra-communautaire, le Canada, la Norvège et l’Islande, le total dépasse à peine 800 millions d’âmes, soit moins du septième de la population mondiale.

Les principaux membres de l’UE et de l’OTAN sont les anciennes puissances coloniales : la Grande-Bretagne, la France, l’Espagne, le Portugal, les Pays-Bas et le Danemark ; au nombre des nations s’étant également taillé une « place au soleil » figurent la Belgique, l’Italie et l’Allemagne.

À partir de missions commerciales qui consistèrent rapidement en l’instauration de monopoles avant d’impliquer une occupation militaire pour aboutir à une complète domination économique, politique et militaire, les grandes puissances occidentales s’attribuèrent d’immenses territoires en Asie, en Afrique, en Amérique et en Océanie dont elles firent leurs prés carrés et leurs zones d’influence respectives.

Vestiges de cette époque, de nombreux États membres de l’OTAN et de l’UE conservent des possessions territoriales, principalement des îles et des terres volées aux indigènes.

Parmi ceux-ci, citons la Grande-Bretagne, la France, les Pays-Bas, l’Espagne, le Portugal, le Danemark et les USA.

Ce sont justement ces États qui dénient à tout autre, y compris en Europe, le droit d’exercer une influence sur des régions n’ayant pas fait partie intégrante de leur territoire depuis plusieurs siècles, c’est par exemple le cas de la Serbie avec le Kosovo ou de la Russie avec l’Ukraine.

Les grandes puissances occidentales sont également coupables d’avoir organisé la traite négrière, le plus vaste déplacement forcé de population de toute l’histoire avec entre 10 et 30 millions d’individus déportés de l’autre côté de l’Atlantique entre le XVIe et le XIXe siècle.

Parmi les pays coupables de ce commerce triangulaire figurent la Grande-Bretagne, la France, l’Espagne, le Portugal, les Pays-Bas, le Danemark et, plus tard, les États-Unis.

C’est l’un des fondements obscurs de la communauté transatlantique.

Si des termes et concepts obsolètes et discrédités tels que le « Fardeau de l’homme blanc, » la « Destinée manifeste », une « place au soleil », l’« espace vital » ou un « empire sur lequel le soleil ne se couche jamais » ne sont plus d’usage aujourd’hui, la conception du monde et les objectifs géopolitique qui les sous-tendaient ont bel et bien survécu, ils ont simplement été dépoussiérés et rebaptisés.

Les forces militaires occidentales sont à nouveau présentes sur les territoires qu’elles occupaient jadis et où on ne pensait plus jamais les revoir : les Britanniques présents en Afghanistan, en Irak et en Sierra Leone, les Français intervenant en Haïti, alors que le pays fêtait le bicentenaire de son indépendance, et en Côte d’Ivoire et les États-uniens aux Philippines.

Mais il ne s’agit pas d’une série d’actions isolées menées par les puissances occidentales alliées, ce qui apparaît c’est un réseau international et systématique de déploiements militaires planifiés et coordonnés au service d’objectifs géostratégiques aussi vastes que précis.

Malgré la désapprobation très largement médiatisée que suscita la seconde guerre du Golfe en 2003, les 26 États membres de l’Alliance atlantique ont tous dépêché des personnels en Irak et au Koweït voisin dans le cadre d’une mission d’entraînement de l’OTAN (NTM-I).

Moins de deux ans après le début de l’invasion, l’Alliance annonçait que « le but de l’OTAN est de former cette année un millier d’officiers et d’officiers supérieurs » et que « l’Union Européenne a consenti à former 700 juges, procureurs et gardiens de prison irakiens ». [10]

Plus tard en 2005, Victoria Nuland, l’ambassadrice des Éta ts-Unis auprès de l’OTAN d’alors, ancienne conseillère de Dick Cheney pour les questions de sécurité, déclara : « Nous devons mettre un terme définitif aux rivalités, certaines réelles, d’autres imaginaires, pouvant exister entre l’UE et l’OTAN ».

Selon un site militaire, elle aurait insisté sur la nécessité que « l’OTAN et l’Union Européenne établissent une collaboration plus étroite que par le passé pour faire face à l’ensemble des défis militaires, politiques, d’équipement et de financement auxquels est confronté la communauté de défense transatlantique… » [11]

Le premier ambassadeur US nommé en Afghanistan suite à l’invasion de 2001, James Dobbins, qui dirigeait jusqu’alors l’International Security and Defense Policy Center (ISDP) à la Rand Corporation (un think tank US), exprima une opinion similaire en indiquant : « Il est donc grand temps de cesser de se demander ce que l’OTAN peut faire pour l’UE et de commencer à s’interroger sur ce que l’UE peut apporter à l’OTAN. Et l’Afghanistan est l’endroit tout désigné pour commencer. Les meilleurs résultats ne pourront être obtenus que dans une discussion tripartite impliquant l’OTAN, l’UE et les États-Unis. » [12]

Preuve supplémentaire du fait que l’influence du triumvirat UE-OTAN-USA s’étend bien au-delà des frontières de l’Europe, un mois après les déclarations de Dobbins, Julianne Smith, directrice adjointe des programmes de sécurité internationale au sein du think tank Center for Strategic and International Studies, exprima les regrets suivants lors d’une conférence organisée par le CSIS : « Oui, ils traitent de la situation dans les Balkans mais ça n’est pas encore assez. L’OTAN et l’UE devraient travailler sur la non-prolifération, sur le Caucase, l’Ukraine, la Moldavie – sur le problème dans son ensemble. » [13]

Au cours de la même conférence, Klaus Naumann, ancien directeur du Comité militaire de l’OTAN, en dit peut-être plus qu’il ne l’aurait souhaité en déplorant que « l’Europe soit à nouveau en proie à ses vieilles tentations souverainistes », signifiant ainsi que l’attachement à son pays et à son peuple constitue un obstacle à la consolidation de la domination de l’OTAN et de l’UE en Europe et au-delà. [14]

Le mois suivant, l’ancien Secrétaire général de l’OTAN Javier Solana déclara que la construction d’une défense européenne capable de se déployer à tout point du globe n’avait pas vocation « à remplacer l’OTAN » mais plutôt « à devenir un acteur international plus puissant et mieux à même de constituer un réel partenaire pour les USA », citant les Balkans comme la véritable épreuve de vérité pour le triumvirat « grâce à nos efforts conjoints, avec l’OTAN et les États-Unis… » [15]

Le mois suivant, Klaus Naumann signa un éditorial dans lequel il exigeait que « L’UE prenne les mesures nécessaires pour améliorer ses capacités de conduite des opérations. Les nouvelles unités de l’UE doivent être renforcées par des entraînements réguliers, en adoptant les standards de l’OTAN de préférence… » [Dans le même article, il insistait sur le fait que « les deux organismes élargissent leur coopération stratégique au-delà de la péninsule des Balkans et de l’Afghanistan » et reprenait à son compte les recommandations de Julianne Smith selon lesquelles l’UE et l’OTAN doivent étendre leur champ d’action à d’autres « régions, telles que l’Ukraine ou la Moldavie ». [17]

L’intégration des activités de l’UE et de l’OTAN dans les domaines militaire et de politique étrangère a continué à se développer à un rythme soutenu pendant des années jusqu’à atteindre son paroxysme au sommet de l’OTAN de Bucarest, en avril 2008.

Au cours de ce sommet « la représentante permanente de Washington auprès de l’OTAN Victoria Nuland déclara que la condition du renforcement de l’OTAN était la construction d’une Union Européenne plus forte ». [18]

Un quotidien roumain rapporta : « Un haut responsable états-unien a récemment souligné le fait que, loin d’être vue comme une menace pour l’OTAN, la Politique Étrangère et de Sécurité Commune (PESC) consolidée est une nécessité absolue… » [19]

C’était alors la France qui présidait l’Union Européenne et le président Nicolas Sarkozy s’afficha comme le plus ardent défenseur d’un axe UE-OTAN-USA au sommet de Bucarest.

Même s’il n’en fut pas le seul : « Le président George W. Bush a approuvé jeudi l’idée selon laquelle l’Europe devait bâtir sa propre capacité de défense », a déclaré le président français Nicolas Sarkozy, évoquant un « tournant historique ».

« Le soutien de Bush à une Europe de la défense, selon les termes de Sarkozy, a été exprimé lors d’un sommet des responsables de l’OTAN à Bucarest… » [20]

Dans son discours, Bush répétait une nouvelle fois que « l’OTAN n’est plus une alliance statique… C’est aujourd’hui une alliance expéditionnaire qui projette ses forces sur l’ensemble du globe… » [21]

Son allocution comportait également la désormais traditionnelle dénonciation de l’ordre qui régna en Europe après la Seconde Guerre mondiale : « J’ai indiqué que l’Europe devait surmonter l’héritage amer de Yalta et effacer les frontières artificielles qui ont divisé ce continent pendant trop longtemps ». [22]

Au sujet des relations euro-américaines, une source roumaine a rapporté que « la nature des échanges transatlantiques connaît une mutation profonde en vue de s’adapter au nouveau contexte post-Guerre froide et de préparer une nouvelle forme de partenariat mondial ». [23]

La veille, la même source citait les propos de l’ancien ministre des Affaires étrangères roumain Mircea Geoana : « Ce que nous attendons de ce sommet, c’est … l’émergence d’une nouvelle alliance du XXIe siècle ». [24]

À la fin du sommet, dénonçant une usurpation des fonctions de l’ONU par l’OTAN, le ministre des Affaires étrangères russe Sergei Lavrov déclara : « Ils tentent … de constituer une nouvelle union mondiale autour d’un noyau dur occidental qui s’arrogerait quasiment toutes les prérogatives de l’ONU. » [25]

Avec la France dans le rôle du principal intermédiaire, puisqu’elle assumait alors la présidence de l’Union et avait fait connaître son intention de réintégrer le commandement militaire de l’OTAN, l’intégration militaire UE-OTAN-USA connut un développement sans précédent au cours de l’année écoulée.

Dans une dépêche en date du 10 novembre, le ministre de la Défense français Hervé Morin se félicitait du « renforcement des capacités militaires de l’UE, une condition indispensable à la réintégration de la France au sein de l’OTAN ». [26]

Au cours d’un conseil des ministres européens de la Défense (où la plupart des participants arboraient à la fois les couleurs de l’UE et celles de l’OTAN), Morin donna une idée du rythme de développement de ces capacités : « Je peux vous annoncer qu’au 10 novembre … nous avons effectué des progrès considérables, probablement autant que nous en avions accompli en 10 ans ». [27]

Dans le même temps, Jean-François Bureau, secrétaire général adjoint de l’OTAN, chargé des relations publiques, déclarait que « 21 des 27 états membres de l’UE sont aussi membres de l’OTAN et ces deux organisations agissent conjointement sur les théâtres d’opérations ».

« Du point de vue de l’OTAN, un besoin de coopération accru [avec l’UE] se fait sentir … sur les questions militaires. » [28]

La même source indiquait que, comme en Irak, des personnels militaires de l’UE s’entraînent aussi en Afghanistan.

En décembre dernier, une déclaration préliminaire du Conseil de l’Europe sur le développement des capacités de la Politique Européenne de Sécurité et de Défense [PESD] réaffirmait l’objectif principal : « renforcer le partenariat stratégique entre l’UE et l’OTAN … » [29]

Selon une autre source, les dirigeants de l’UE ont signé une déclaration commune dans laquelle ils « conviennent de la nécessité de renforcer et d’optimiser les capacités de défense et souhaitent collaborer plus étroitement avec l’OTAN ». [30]

Un autre article daté du même jour rapporte en substance les propos du président français Nicolas Sarkozy qui aurait déclaré : « les USA ont cessé de considérer la PESD comme une politique agressive à l’encontre de l’OTAN, le président sortant George W. Bush et le président élu Barack Obama approuvent à présent tous deux la politique de l’UE ».

Il aurait également ajouté : « Il ne s’agit pas de choisir entre les USA et la PESD. Les deux vont de paire ». [31]

Le 9 décembre, le ministre des Affaires étrangères David Miliband et son homologue français Bernard Kouchner ont signé une déclaration commune dans laquelle ils confirment le rôle de soutien de l’UE dans le cadre des engagements militaire des USA et de l’OTAN dans le sud du Caucase ainsi que le caractère interchangeable des rôles joués par l’Union et l’Alliance : « L’Union Européenne a mandaté plus de 200 observateurs civils en Géorgie. Ils sont arrivés quelques semaines après le début des hostilités… (…) Il n’y a pas d’armée européenne à proprement parler ; de même qu’il n’y a pas d’armée de l’OTAN (…) Il existe des armées nationales, qui sont employées, selon les besoins, pour des opérations nationales ou multilatérales, dans le cadre d’initiatives européennes ou de l’OTAN. » [32]

À l’aube du sommet anniversaire des 60 ans de l’OTAN des 3 et 4 avril à Strasbourg et Kehl, le président français Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel ont publié une tribune commune dans Le Monde, appelant à une collaboration et à une intégration plus approfondies entre l’UE et l’OTAN.
A la Conférence annuelle pour la Sécurité qui s’est tenue à Munich le 7 février dernier, le ministre des Affaires étrangères britannique David Miliband a lui aussi appelé à une meilleure intégration des politiques et des actions de l’OTAN et de l’UE et a rappelé la clause d’assistance mutuelle de l’OTAN : « L’OTAN apporte sa contribution à la défense collective. L’article 5 et l’intégration des structures militaires garantissent à chaque allié l’inviolabilité de ses frontières. » [33]

Une source allemande a ainsi rapporté le contenu du discours du vice-président états-unien Joe Biden : « Les Américains veilleront scrupuleusement à ce que le bras de fer avec Téhéran ne vire pas à un affrontement entre l’Iran et les seuls États-Unis. » Le message délivré par Biden à Munich est le suivant : « Chaque pays membre de l’OTAN et chaque État membre de l’UE se trouve désormais impliqué. Tel est le prix de l’ouverture et de la nouvelle coopération transatlantique. ». [34]

En d’autres termes, tous les pays membres de l’OTAN sont liés aux USA par les dispositions de l’article 5, article qui fut invoqué et appliqué pour la première fois après le 11 septembre 2001, et l’UE est aujourd’hui si étroitement connectée à l’OTAN qu’elle se trouve liée par chacune de ses décisions, ainsi que par celles des USA.

Depuis le début de l’année, la République Tchèque assure la présidence de l’Union Européenne.

Lors d’une émission intitulée « Vondra appelle à l’unité de l’UE et de l’OTAN sur la question de la Russie, des missiles et du gaz », le vice-Premier ministre Alexandr Vondra emporta l’adhésion de ses compatriotes sur l’implantation d’une base radar du dispositif anti-missile états-unien en déclarant « Les Européens et les Américains doivent bénéficier du même niveau de sécurité … il est donc essentiel de développer ce système de défense anti-missile. ». [35]

Il n’est pas difficile de comprendre les mécanismes en jeu : l’UE a atteint un tel degré d’intégration que ses décisions politiques, militaires et de sécurité se confondent avec celles de l’Alliance et, étant que donné que, plus qu’un simple membre, les USA sont le fondateur de l’OTAN, l’UE est donc inextricablement impliquée et soumise à la politique de Washington.

Mi-février, le speaker de la Chambre des Représentants Nancy Pelosi s’est rendue en Italie où elle a pris à parti les dirigeants européens au sujet de la guerre en Afghanistan en ces termes : « Nous devons définir nos priorités… L’Italie, l’Union Européenne, les États-Unis, l’OTAN, nous devons tous nous demander où se situent nos intérêts en matière de sécurité… » [36]

Deux jours plus tard, l’Italie annonçait l’envoi de troupes supplémentaires en Afghanistan.

Réunies sous la bannière de l’OTAN, les puissances occidentales se sont arrogé une légitimité pour s’ingérer dans les affaires régionales et internes de pays situés en tout point du globe et le droit exclusif d’employer la force hors de leurs frontières.

Bien qu’il leur arrive de faire appel aux Nations Unies dans le cas d’une offensive contre un état ciblé ou pour justifier une guerre, en amont ou en aval, les dirigeants occidentaux ne reconnaissent aucun rôle à des organisations comme le Mouvement des Non-Alignés (114 membres), l’Union africaine (53 membres), l’Organisation des États Américains (33 membres), la Ligue Arabe (23 membres), l’Organisation de la Conférence Islamique (57 membres), la Communauté des États Indépendants et l’Organisation du Traité de Sécurité Collective, l’organisation de Coopération de Shangaï ou encore l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est.

Elles ne leur reconnaissent aucune légitimité à traiter les défis planétaires ou même à jouer un rôle local ou régional pour le futur des populations de leurs états membres.

Dès lors, comment s’étonner si certains voient dans l’OTAN l’Ordre Teutonique des Aryens du Nord…

En février, des pressions se firent sentir lors d’une session du Parlement Européen en vue de poursuivre l’intégration au sein de l’OTAN.

Ari Vatanen, un parlementaire représentant la France, fut l’un de ceux désignés pour cette mission. Il déclara que l’UE « ne pourra réellement optimiser son potentiel qu’en développant de forts liens transatlantiques et une relation de complémentarité avec l’OTAN ».

Ce à quoi l’eurodéputé allemand Tobias Pfluger répondit : « Tous les efforts visant à renforcer l’OTAN par une collaboration plus étroite avec l’UE accroissent les risques de conflits internationaux. Ils contribueront également à accélérer la militarisation de la politique étrangère européenne et la tendance à recourir à la force au lieu de « résoudre » les conflits ».  [37]

Les positions de Vatanen et de Pfluger ne sont pas simplement opposées, elles s’excluent mutuellement, dans la mesure où aucune ne peut s’accommoder de l’autre et où elles constituent les deux seules alternatives. Il n’y a ni juste milieu ni troisième voie.

L’Europe, comme le monde dans son ensemble, peut décider de laisser croître cette domination en renforçant son alliance militaire internationale, outil de son expansionnisme agressif, le plus important de l’Histoire, ou elle peut choisir de s’organiser en vue de son démantèlement.

Article original en anglais, EU, NATO, US: 21st Century Alliance For Global Domination, publié le 19 février 2009.

Traduction : Thomas Janet pour le Réseau Voltaire.

 


 

[1] NATO International, 31 mars 2005.

[2] Associated Press, 26 mai 2005.

[3] Ibid.

[4] Deutsche Welle, 13 avril 2005.

[5] The Times, 12 juin, 2008.

[6] International Herald Tribune, 29 avril 2005.

[7] The Telegraph, 6 décembre 2007.

[8] Radio Netherlands, 21 novembre 2008.

[9] ADN Kronos International [Italie], 13 février 2009.

[10] San Francisco Chronicle, 21 mars 2005).

[11] Defense News, 23 septembre 2005.

[12] International Herald Tribune, 30 septembre 2005.

[13] Defense News, 14 octobre 2005.

[14] Ibid.

[15] Defense News, 10 novembre 2005.

[16] Daily Times [Pakistan], 1er décembre 2005.

[17] Ibid.

[18] Der Spiegel, 1er avril 2008.

[19] Nine O’Clock News, 31 mars 2008.

[20] Deutsche Presse-Agentur, 3 avril 2008.

[21] USA Today, 1er avril 2008.

[22] Ibid.

[23] Nine O’Clock News, 3 avril 2008.

[24] Nine O’Clock News, 2 avril 2008.

[25] Interfax, 17 avril 2008.

[26] Agence France-Presse, 10 novembre 2008.

[27] Ibid.

[28] United Press International, 12 novembre 2008.

[29] Irish Times, 11 décembre 2008.

Le même communiqué précisait : « Les responsables de l’UE doivent également approuver une déclaration relative au renforcement des capacités de la PESD, qui définira de nouveaux objectifs pour l’EU comme le déploiement de 60 000 hommes dans un délai de 60 jours et de milliers de personnels civils dans le cadre d’une dizaine de missions simultanées ». [[Ibid.

[30] Deutsche Presse-Agentur, 12 décembre 2008.

[31] EUobserver, 12 décembre 2008.

[32] United Kingdom Foreign and Commonwealth Office, 9 décembre 2008.

[33] United Kingdom Foreign & Commonwealth Office, 7 février 2009.

[34] Der Spiegel, 9 février 2009.

[35] Deutsche Presse-Agentur, 7 février 2009.

[36] Agence France-Presse, 16 février 2009.

[37] Parlement Européen, 17 février 2009.

 

Rick Rozoff est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Rick Rozoff publiés par Mondialisation.ca